• LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche) LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche) LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)

     

    Ci-dessus : Au centre, une photo extraite de Licence photo©webmaster"B-E",  http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/image/manoir-de-herenguerville-50_a.JPG ; à droite, une photo aérienne extraite du site Google Earth.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     " Hérenguerville est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 205 habitants (les Hérenguervillais), commune déléguée au sein de Quettreville-sur-Sienne depuis le 1er janvier 2019.

             Le toponyme est attesté sous les formes Erengart villa vers 10252, Herengardisvilla en 1066, Erengervilla au 14e siècle, Hérenguerville en 1793 et Herenquerville en 1801. Il serait issu d'un anthroponyme germanique tel qu'Eringart ou Arengardis et de l'ancien français ville dans son sens originel de « domaine rural » issu du latin villa rustica. (...) 

     

         Le manoir d'Hérenguerville est une ancienne demeure fortifiée, du Moyen Âge, située sur la commune d'Hérenguerville, en Cotentin, dans le département de la Manche en région Normandie (...) au lieu-dit « Le Manoir », à 500 mètres à l'est de l'église, par un chemin creux bordé de chênes et de charmes. " [1]

     

         " Avec son site fortifié et entouré d’eau, dès le 12e siècle, par un étang artificiel et des douves, le manoir s’apparente, en plus petit, au modèle du château de Gratot. La partie la plus ancienne du vieux manoir remonte au 12e siècle. Elle présente toujours sa structure simple de la salle cuisine surmontée d’une chambre haute, que l’on retrouvera dans toute l’architecture seigneuriale anglo-normande. " [2] [4]

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)

     

    Plan de situation du manoir d'Hérenguerville ; blason de la famille de Grosparmy par Gilloudifs

     

    Histoire

     

    Un nom venu de la mer baltique

     

         " Des éléments maçonnés datant de la période gallo-romaine ont été retrouvés dans les fondations des murs d'enceinte. L'occupation antique de ce site fut aussi confirmée, en 1804, par la découverte d'un petit trésor de pièces de monnaies datant des empereurs Constance Chlore et Aurélien. " [1]

     

    Découvertes archéologiques

     

         " En 1804, dans un champ situé au nord de cette commune, on a découvert, dans une fosse creusée pour y planter un pommier, un pot de terre contenant environ 2 litres de médailles romaines de moyen et petit bronze. Elles furent cédées à un marchand de Montmartin pour un mouchoir. Ce marchand les porta à Villedieu pour les livrer au fondeur. Celui-ci en conserva quelques-unes qu'il vendit à M. de Gerville. Elles étaient bien conservées. On y remarquait des Dioclétien, dess Probus, des Maximin et des Constance-Chlore. Dépôt monétaire de la fin du IIIe siècle. " [3]

     

         " Un seigneur venu du Nord, viking ou germanique, Arangardis, laissera son nom - un nom d’origine balte qui pourrait être celui d'un guerrier Yotving, des rives du Niémen en Lituanie - au domaine dont il s'empare : Erangarvilla. Sous les premiers ducs de Normandie, le territoire est alors partagé en deux fiefs nobles dépendants de la vicomté de Coutances. " [4]

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)

     

    Ci-dessus, le manoir vu des douves par Arangardis — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=78121583

     

    La famille de Grosparmy

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     " En 1204, le manoir était aux mains d'un chevalier nommé Jourdain d'Hérenguerville qui, de retour de la quatrième croisade, fit un don à l'abbaye de Savigny. Sa petite-fille Nicole épousa un sire de Grosparmy, neveu du cardinal Raoul de Grosparmy et de son frère Nicolas, chancelier de France et garde des Sceaux du roi Saint Louis. Louis IX fut reçu par les Grosparmy d'Hérenguerville, en 1256, pour servir en personne l'un des grands banquets que ce roi faisait offrir aux pauvres de Normandie. " [1]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Grosparmy par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     " En avril 1256, les Grosparmy reçoivent Saint Louis en Coutançais, lequel visite chaque abbaye et chaque paroisse avec le double objectif de mieux connaître les Normands, fraîchement français, et de réveiller le clergé local. Il demande aux seigneurs d’organiser des banquets pour les pauvres que le roi sert lui-même.

         La cheminée monumentale de la cuisine du vieux manoir, dans la salle sous la chambre haute, date de cet événement. Avec un âtre de 4,43 m, elle est de 50 cm plus large que celle, comparable, de l’abbaye d’Hambye ! (...)

         Resté fidèle au roi de France, Henri de Grosparmy, se fait saisir, en 1418, son fief d’Hérenguerville par Henry V de Lancastre, roi d’Angleterre ; au profit de Guillaume de Lézeaux, puis du capitaine Anglais Thomas Growe. " [4] 

     

    Ci-dessus, portrait de Saint Louis, d'après un manuscrit de 1316 (Archives Nationales, JJ 57). https://www.akg-images.fr/archive/Portrait-de-Saint-Louis--d%27apres-un-manuscrit-de-1316-2UMEBMYMPRJNB.html

     

         " A la fin de la Guerre de Cent Ans, le manoir fut occupé par un capitaine anglais (Thomas Growe) de 1419 à 1450. Il fut rendu aux Grosparmy par acte de main-levée du roi Charles VII, le 9 mars 1451. " [1]

     

         " L’essentiel des bâtiments 15e du manoir, logis et communs, datent de cette période de reconstruction. Deux fleurs de lys sur une fenêtre affichent probablement la fidélité de cette famille à la Couronne, tandis que des fragments d’anciens meneaux gardent des roses. " [4]

     

    Un cénacle d'alchimistes

     

         " A cette génération, Nicolas de Grosparmy pratiquait l'alchimie au manoir. On y voit encore les vestiges de ses fours et la sculpture d'un Mercure sur une fenêtre orientée à l'occident. Ce gentilhomme appartenait au Cénacle de Flers. " [1]

     

         Voir à ce sujet ce lien et ce lien.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     " Pendant qu’ils furent privés de leurs fiefs coutançais, les Grosparmy sont devenus barons de Flers. Or leur nom est associé à la plus grande affaire d’alchimie après celle de Nicolas Flamel : le Cénacle de Flers. Ils ont notamment rédigé deux manuscrits fondamentaux. L’un d’eux se trouve à la bibliothèque de Rennes. Pierre de Mascarel, marquis de Bois-Geffroy, en héritera au 17e siècle. Il est un ancêtre direct des actuels propriétaires du vieux manoir, qui se rattachent par plusieurs souches aux Grosparmy.

         Sur une fenêtre de la façade orientale du vieux manoir, la sculpture d’une tête d’alchimiste vient d’être mise à jour. " [5]

     

    Ci-dessus, sculpture d’une tête d’alchimiste© BDM https://www.le-petit-manchot.fr/cc-08-04-herenguerville-manoir-2/articles/

     

    Berceau du protestantisme bas-normand

     

         " Lors des guerres de religion, le pasteur Godard écrivit à Calvin une lettre signée du manoir d'Hérenguerville, avec la liste des premiers villages du Coutançais où il prêcha la Réforme. Cette lettre, datée du 20 juin 1561, est le plus ancien témoignage de missions protestantes en Basse Normandie. " [1]

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     " Un siècle plus tard, un mariage fait entrer la seigneurie d’Hérenguerville dans la famille Le Cointe, qui détient déjà plusieurs fiefs voisins à Quettreville et Annoville. Dans les archives de Calvin, la première lettre écrite par un pasteur en mission dans la région de Coutances est datée d’Hérenguerville (20 juin 1561) ; année qui vit Montgomery lancer, de Ducey, sa sédition protestante, avec l’aide de quelques gentilshommes locaux. Cela fait déjà quelques années que Jacques Le Cointe, seigneur d’Hérenguerville, est calviniste. Sa fille Ursine et son gendre Julien Davy du Perron ne cesseront de fuir la répression.

     

    Ci-dessus blason supposé de la famille Le Cointe par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     Pourtant Ursine sera la mère du plus brillant opposant aux thèses de la Réforme : le cardinal du Perron (Jacques Davy du Perron), célèbre poète proche de Ronsard et à qui le roi Henri IV attribuera sa conversion. Du Perron a passé une partie de son enfance au manoir d’Hérenguerville. " [5]

     

     

    Portrait du Cardinal du Perron © Coll. Dumas de Mascarel https://www.le-petit-manchot.fr/cc-08-04-herenguerville-manoir-2/articles/

     

     

          " En 1690, l'on voit encore quelques tombeaux dans le cimetière calviniste de Hérenguerville. " [3]

     

    Au temps des comtes de Berenger

     

         " Toujours transmis par successions et par mariages jusqu'à la Révolution, le manoir cessa d'être habité par ses seigneurs en 1712. Les marquis de Berenger, qui résidaient au château de Trelly, le perdirent lors de la vente des Biens nationaux. " [1]

     

         Voir la famille de Bérenger à ce lien.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     " En avril 1627, Judith d’Hérenguerville apporte en mariage le manoir à son époux Marc-Antoine de Berenger, d’une puissante famille protestante de la région d’Argentan. Elle sera la dernière à résider au manoir, ses enfants lui préférant celui de Montaigu (également à Hérenguerville) qui venait aussi de son côté.

         Leur petit-fils Jacques-Jean de Berenger abjurera l’hérésie en 1691 et fera un mariage très catholique, devant le chanoine Blouet de Camilly, à Coutances, fils spirituel de saint Jean Eudes.

         En 1712, il laisse le manoir en " fermage et louage " à Jacques Mesnil de la Hamolinière. Le bail décrit le manoir " en total état de ruines ", à restaurer " avant la Saint-Jean ", son colombier (pour six douzaines de pigeons), son portail, son pressoir, les bois d’ajoncs qui l’entourent, le verger de pommiers… " [5]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Bérenger https://fr.geneawiki.com/index.php?curid=167622

     

         " Les terres furent rachetées en 1803 par un soldat de la Grande Armée, le capitaine Lefèvre, lequel construisit une nouvelle maison et abandonna le vieux manoir aux usages agricoles. " [1]

     

         " Ayant émigré en 1792, les Berenger, châtelains de Trelly, par mariage (toujours dans leur descendance), voient le manoir vendu comme Bien national, en Pluviose, An II (1794), à leur fermier Guillaume de la Lande, manoir et dépendances...

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche) LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     Un capitaine en retraite de l’armée napoléonienne, Jean-François Lefebvre, héros de Marengo et de la Grande Armée, rachète le manoir en 1814. Il édifie une nouvelle maison, élégante, et abandonne l’ancien manoir à un usage de dépendances agricoles. Il n'aura qu'un fils, Théophile, époux d'Anastasie Vadet.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     Le 15 mai 1915, à la mort de son petit-fils Gabriel Lefebvre, le partage des biens de ce dernier sera fait entre ses deux filles, Gabrielle et Yvette. Gabrielle reçut la maison du capitaine Lefebvre et Yvette, épouse de Marcel Vadet hérita du vieux manoir, de l'étang, de l'ancienne avenue et des prés attenants. Mme Vadet en est restée propriétaire jusqu'en 1989. " [5]

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1825, Archives de la Manche, http://www.archives-manche.fr/

     

         " Au 20e siècle la restauration du manoir d'Hérenguerville a été entreprise par la famille Dumas de Mascarel, que des liens d'ascendance rattachent aux Grosparmy. " [1]

     

         " En 1963, après avoir été inhabité pendant plus de deux siècles, le vieux manoir fut alors louée par Mme Vadet à un ménage d'agriculteur, Michel et Thérèse Burnel qui y habitèrent en famille, jusqu'à leur retraite.

         C'est alors que, le 30 juin 1989, Yvette Lefebvre choisit de vendre le vieux manoir à son petit-neveu Jean-Marie Quesnel pour lui permettre de s'installer. Mais ce dernier sera victime d'un accident mortel en septembre 1992.

         En août 1995, le vieux manoir fut alors revendu par ses héritiers, sa jeune veuve d'origine irlandaise, ses parents et frères, à Jean-Luc Lebel, de Roncey, lequel le revendra à la famille Dumas de Mascarel, en octobre 2000.

         De son côté, Gabrielle Lefebvre transmit le manoir, édifié par le capitaine de la Grande Armée, à son fils Théophile Quesnel, personnalité du monde agricole français et qui fut maire d'Hérenguerville comme son grand-père.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     Plusieurs liens généalogiques rattachent Bertrand Dumas de Mascarel et son épouse Catherine de Rivière aux Grosparmy d'Hérenguerville. Depuis l'an 2000, ils entreprennent d’importants travaux de restauration pour redonner au vieux manoir son aspect d’origine, notamment avec des couvertures en chaume, sa ceinture de douves en eau et la protection du milieu naturel de l'étang et des prés. " [5]

     

    Ci-dessus, blason de la famille Dumas de Mascarel http://herve.laine-bucaille.pagesperso-orange.fr/noblesse/M/masquerel.htm

     

         " Il a désormais retrouvé son caractère historique et accueilli des concerts et des expositions. Il est aussi le siège de l'association Hauteville House, consacrée aux arts décoratifs de la Haute époque et aux tapisseries appelées bergames. " [1]

     

    Le fief de Hérenguerville

     

         " Entre 1022 et 1026, Richard II, duc de Normandie, fait don aux abbés du Mont Saint-Michel de " la moitié d’Hérenguerville ". Cette abbaye dispute d’ailleurs le patronage de l’église paroissiale, alors sous le vocable de saint Martin, avec celle de La Lucerne. Tandis que les abbayes d’Hambye et de Savigny détiennent aussi des terres sur la paroisse. De cette époque, l’église a notamment gardé son beau porche roman (11e siècle).

         Hérenguerville restera une étape possible sur la route des pèlerins montois venus du nord, notamment les Anglais. Très tôt, les deux fiefs reviendront à des seigneurs laïcs.

         La famille du Manoir prend le nom d’Hérenguerville. L’un de ses membres porte le prénom de Jourdain, souvent donné en souvenir d’un voyage en Terre Sainte. On trouve aussi Jean d’Hérenguerville, en 1220, écuyer, également seigneur d’Hyenville, ainsi que Thomas et Nicolas.

         L’autre fief, qui sera tardivement nommé Montaigu, passe entre les mains des sires de Coulonces et de Poterel. " [4]

     

         " Dans le cours du 17e siècle, on comptait deux fiefs nobles à Hérenguerville : Le fief de Montaigu, un huitième de haubert, le fief de Hérenguerville, aussi un huitième de haubert. " [3]

     

         " Dénommé la Terre d’Hérenguerville en 1519. Sa mouvance est passablement embrouillée : En 1381, 1476, 1519, il relève de la baronnie de Coulonces en la vicomté de Vire ; en 1693, il relève du roi ; en 1749, il est considéré comme arrière-fief du fief du Bouillon lui même mouvant de l'ancienne baronnie de Say inclue dans le marquisat de Marigny.

         Fief et seigneurie assis en la paroisse d’Hérenguerville, quart de fief de chevalier qui se transformera en huitième de fief après 1519 ; simple gage-plège, usage, manoir clos de douves, colombier. Ses possesseurs se confondent avec les seigneurs de la paroisse.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     Pendant la guerre de Cent ans, la seigneurie est confisquée par les anglais En 1452, sa possession retourne à la famille Grosparmy : 1452, Raoul Grosparmy, écuyer, seigneur d’Hérenguerville, fils et héritier de feu Henry Grosparmy, en son vivant écuyer et seigneur dudit lieu, qui bien qu’il tienne sa dite terre en parage du sieur du Bouillon… aveu non fait… Au temps de l’occupation anglaise ledit feu Henry Grosparmy, son père, ne voulant pas demeurer en l’obéissance des anglais mais s’en alla demeurer en l’obéissance du roi, notre dit seigneur et même ledit Raoul Grosparmy son fils en laquelle obéissance il est depuis demeuré et ledit feu Henry Grosparmy allé de vie à trépassement. Le fief fut donné pour leur absence par le roi d’Angleterre à Thomas Browe, anglais qui en avait toujours joui jusque à certain temps que ladite terre avait été tenue par ledit roi d’Angleterre en sa main… En conséquence ordre est donné de restituer audit Raoul Grosparmy la seigneurie de Hérenguerville. " [3]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

          Les seigneurs de la paroisse

     

    • 1381, Robert de Montagu, chevalier

    • 1419 - 1450 possession anglaise (guerre de Cent ans)

    • 1450 – 1458, Raoul Grosparmy

    • 1488 – 1496, Jacques de Grosparmy

    • 1519, Guillaume Le Cointe, écuyer

    • 1567, Jean Le Cointe, écuyer

    • 1597 – 1627, Jacques Le Cointe, écuyer

    • 1642, Jacques de Bérenger, écuyer

    • 1696, Jacques Jean de Bérenger, écuyer

    • 1729, Henri-Scipion de Bérenger, écuyer

    • 1764, Charles-François-Louis de Béranger

    • 1789, Louis -Charles-François de Béranger " [3]

       

    Description

     

            " Entouré, sur trois côtés, par ses douves en eau et un étang bordé de murets, le site a gardé son caractère fortifié. Le manoir est constitué de trois logis mitoyens, construits consécutivement aux 12e, 15e et 16e siècles et d'un ensemble de communs couverts en chaume. (...)

         Du Moyen Âge, il reste les vestiges des murs d'enceinte et des douves. Le logis a gardé de très jolies cheminées, ses plafonds anciens et ses murs chaulés à fresques. L'ensemble des bâtiments présente de beaux exemples de fenêtres et de portes ouvragées et ornées d'accolades.

         Les ruines de l'ancienne grange dîmière qui fermait la cour du Manoir, témoignent que ce fief relevait aussi, en partie, des abbayes du Mont Saint-Michel et de La Lucerne-d'Outremer. " [1] 

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de https://www.cotedeshavres.net/d%C3%A9couvrir/les-communes/h%C3%A9renguerville/

    [3] Extrait de https://fr.geneawiki.com/index.php/50244_-_H%C3%A9renguerville

    [4] Extrait de https://www.le-petit-manchot.fr/cc-08-04-herenguerville-manoir-1/articles/

    [5] Extrait de https://www.le-petit-manchot.fr/cc-08-04-herenguerville-manoir-2/articles/

     

    Bonnes pages :

     

    O https://www.le-petit-manchot.fr/cc-08-04-herenguerville-manoir-1/articles/

    O https://www.le-petit-manchot.fr/cc-08-04-herenguerville-manoir-2/articles/

    O https://fr.geneawiki.com/index.php/Famille_de_B%C3%A9renger

    O http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/manoirs-manche-manoir-a-herenguerville-manoir-de-herenguerville.html

    O http://wikimonde.com/article/Manoir_d%27H%C3%A9renguerville

    O https://www.cotedeshavres.net/d%C3%A9couvrir/les-communes/h%C3%A9renguerville/

    O https://www.ouest-france.fr/normandie/quettreville-sur-sienne-50660/la-decouverte-du-patrimoine-les-toiles-de-bergame-2542907

    O Renault, "Revue monumentale et historique de l’arrondissement de Coutances " in Annuaire du département de la Manche, 1853. https://fr.geneawiki.com/index.php/Canton_de_Montmartin-sur-Mer_(50)_-_Revue_monumentale#H.C3.A9renguerville

    O https://www.jstor.org/stable/24294483?seq=1#page_scan_tab_contents

    O http://nenotvadet.canalblog.com/archives/2013/12/30/28800682.html

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  •      " Angoville est une ancienne commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, devenue le 1er janvier 2019 une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Cesny-les-Sources. (...)  

         Attestée sous la forme Ansgotvilla en 1125. " [1]

     

         " Dans le bois d’Angoville dit de Saint Clair, (...) se situait un château sur la motte féodale de Rouvrou. Ce château possédait des passages souterrains communiquant avec les châteaux de Martainville et de Saint-Germain-Langot. Il n’en reste plus que les douves envahies par la nature. " [2]

     

     

    Ci-dessus : à gauche, motte féodale à Angoville (Calvados-FR) Photographie aérienne par cerf-volant. Kite Aerial Photography. © Décembre 2013, François Levalet www.francoislevalet.fr https://www.flickr.com/photos/levalet/11373272045 ; au centre, une photo aérienne extraite du site Géoportail ; à droite, une photo extraite du site Google Earth.

     

         " Motte élevée vraisemblablement au 11e siècle pour contrôler la route de Thury à Falaise sur le tronçon dit " chemin du roi Louis " [3]

     

        

     

    Plan de situation de la motte de Rouvrou à Anctoville ; blason du Calvados extrait de https://www.wikiwand.com/fr/Armorial_des_communes_du_Calvados

     

    " Motte de Rouvrou

     

    (Coordonnées Lambert : 400 550 X 141250). 

     

         La fortification du Bois de Rouvrou, à Angoville, est l'une des mieux conservées que l'on trouve dans le Cinglais. La motte, malgré diflérents sondages pratiqués à son sommet, est encore en bon état ; une partie de la basse-cour subsiste. L'ouvrage a non seulement été signalé par F. Vaultier (Vaultier F., Recherches historiques sur l'ancien pays de Cinglais ; Voir ce qui a trait à la commune d'Angoville), mais a fait récemment l'objet d'une description détaillée (Doranlo (R.E.), La motte d'Angoville, dans Bull. Soc. Antiqu. de Normandie, LI. 1948-1951. p. 319) ; en outre, s'il n'a pas été signalé sur les plans cadastraux de la commune, il apparaît en revanche de façon très nette sur les photographies aériennes (Cliché I.G.N., Mission Granville-Falaise 1947, n°25). Nous ne reviendrons donc pas sur la description de la motte ; nous remarquerons simplement la confusion faite par R.E. Doranlo, dans I'étude signalée ci-dessus, entre des fortifications de type bien différent : c'est ainsi qu'il compare la motte d'Angoville aux enceintes circulaires du Bois du Bel ou de Sainte-Eugénie (L'ouvrage de Sainte-Eugénie, dans la Forêt de Gouffern, est une enceinte circulaire a basse-cour, beaucoup plus puissante et plus grande que celles que nous avons pu trouver dans le Cinglais. Cf. Rousseau, Le camp de Silly-en-Gouffern dit de Sainte-Eugénie, dans Le Pays d'Argentan, 1936.). 

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Google Earth.

     

    Ci-dessus, une photo extraite de Les Fortifications de terre et les origines féodales dans le Cinglais par Michel Fixot Publications du CRAHM, 1968 - 123 pages https://books.google.com.ua/books?id=l5_aCg3J2fMC&pg=PA71&hl=fr&source=gbs_toc_r&cad=3#v=onepage&q=Angoville&f=false

     

         La motte d'Angoville s'élève au sommet de la rive méridionale du petit ruisseau de la Planche, qui décrit en cet endroit une large sinuosité, ce qui donne à la fortification une position dominante par rapport au nord et au nord-est. Au pied de l'amorce de basse-cour passe le Chemin du Pont du Vivier qui prend plus loin, vers l'est, le nom de Chemin du Roy Louis, et sur lequel se trouve aussi l'église d'Angoville. Cet axe, de direction est-ouest, semble d'une part rejoindre par Combray le Chemin de Bretagne et, de l'autre, pouvait gagner Clair-Tison. ll a peut-être été l'une des ramifications de la route de Thury à Falaise qui a un tracé difficile a suivre sur les hauteurs des Bois de Saint-Clair. Enfin, on peut douter que le Chemin de Bonneuil à Caen, qui passe entre l'enceinte et l'église, ait été, comme le dit Doranlo, l'axe méridien du Cinglais que cherchait de Caumont : cet axe doit être situé plus à l'ouest, dans la région beaucoup plus peuplée de Placy, Donnay et Pierrefitte-en-Cinglais (La motte d'Angoville constitue un site à surveiller : des défrichements de grande ampleur ont eu lieu ces dernières années tout autour. La vaste entreprise de démolition de talus qui a lieu dans la plaine voisine pourrait un jour ou l'autre valoir quelques dommages à la fortification). " [4]

     

    A proximité :

     

         - " La fontaine Sainte-Anne qui date de 1846.

     

         - L'église Ste-Anne des 12e siècle, 13e siècle et 18e siècle. " [1] :

     

         " Une église du 12ème siècle, l’église Saint Anne, avec un cimetière accueillant des tombes du 17ème siècle, dont celles de la famille Rabache père en fils repose en paix. Plusieurs maires sont issus de cette famille. " [2]

      

     

    Ci-dessus : photo de l'église Sainte-Anne d'Angoville extraite de http://preciosa.eklablog.com/calvados-angoville-a132301918

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de https://www.suisse-normande.com/nos-47-communes/angoville/

    [3] Extrait de http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=14013&NUMBER=8&GRP=0&REQ=%28%2814013%29%20%3aINSEE%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=100&MAX3=100&DOM=Tous

    [4] Extrait de Les Fortifications de terre et les origines féodales dans le Cinglais par Michel Fixot Publications du CRAHM, 1968 - 123 pages  https://books.google.com.ua/books?id=l5_aCg3J2fMC&pg=PA71&hl=fr&source=gbs_toc_r&cad=3#v=onepage&q=Angoville&f=false

     

    Bibliographie :

     

    O Angoville, motte de Rouvrou (M. Fixot, op. cit., pp. 95-97) https://books.google.com.ua/books?id=l5_aCg3J2fMC&pg=PA71&hl=fr&source=gbs_toc_r&cad=3#v=onepage&q=Angoville&f=false

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  • LES REMPARTS DE ST-QUENTIN-DE-BLAVOU/St-JULIEN-S/SARTHE (Orne) LES REMPARTS DE ST-QUENTIN-DE-BLAVOU/St-JULIEN-S/SARTHE (Orne) LES REMPARTS DE ST-QUENTIN-DE-BLAVOU/St-JULIEN-S/SARTHE (Orne)

     

    Ci-dessus, à gauche, une photo extraite du site Google Earth ; au centre, la motte de Saint-Quentin-de-Blavou et à droite, la motte de Saint-Julien-sur-Sarthe, deux photos extraites d'un site néerlandais très complet et fort bien documenté sur les mottes en Europe dont celles de Normandie : http://www.basaarts.nl/vraagbaak.php A droite, il ne s'agit pas des Larry mais de la Motte de Saint-Julien-sur-Sarthe.

     

    Les mottes de Saint-Quentin-de-Blavou et de Saint-Julien-sur-Sarthe :

     

         On trouve sur le territoire de Saint-Quentin-de-Blavou le site d'une motte castrale au lieu-dit la Motte-Saint-Quentin, près du hameau des Larry. A 700 m à l'ouest de celle-ci, à la Motte, se trouve l'emplacement d'une autre motte féodale, située elle sur le territoire de Saint-Julien-sur-Sarthe (ce qui explique que, parfois, on trouve l'indication des mottes de Saint-Quentin-de-Blavou...). [NDB]

     

    LES REMPARTS DE ST-QUENTIN-DE-BLAVOU/St-JULIEN-S/SARTHE (Orne)    LES REMPARTS DE ST-QUENTIN-DE-BLAVOU/St-JULIEN-S/SARTHE (Orne)

     

    Plan de situation des mottes de Saint-Quentin-de-Blavou (La Motte-Saint-Quentin) et de Saint-Julien-sur-Sarthe (La motte) ; blason de la commune de Saint-Quentin-de-Blavou adopté en 2011 extrait de https://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=18587

     

    LES REMPARTS DE ST-QUENTIN-DE-BLAVOU/St-JULIEN-S/SARTHE (Orne) LES REMPARTS DE ST-QUENTIN-DE-BLAVOU/St-JULIEN-S/SARTHE (Orne)

     

    Ci-dessus, à gauche le site de la motte de Saint-Julien-sur-Sarthe (La Motte) et à droite le site de la motte de Saint-Quentin-de-Blavou (La Motte-Saint-Quentin), photos extraites du site Google Earth.

     

         « L'histoire médiévale a fortement marqué la région. La centenie de Corbon, qui apparaît dès le 9e siècle, va constituer le noyau du comté du Perche. C'est à cette époque que les Normands, ou leurs vassaux, cherchent à remonter les cours d'eau et pour se protéger les habitants du Perche vont ériger mottes et châteaux forts. Ces mottes ont été très nombreuses puisqu'il existe une trentaine de toponymes dans la région de Mortagne. Bien qu'elles paraissent à première vue dispersées et isolées, elles constituent en réalité un ensemble défensif dense, le long de la frontière avec la Normandie, matérialisée par le cours de la Sarthe depuis sa source jusqu'à Barville. Il y avait la motte du Jarrier à Champeaux-sur-Sarthe, celle de Longpont à La Mesnière, celle de Poix, de la Motte à Bazoches-sur-Huisne, les mottes de Buré et de Montisambert, celles de Saint Quentin-de-Blavou. Souvent les mottes ont été installées sur les buttes-témoins crétacées, dominant la plaine jurassique. Ce système défensif était complété par de nombreuses places fortes : celle du Mêle-sur-Sarthe, côté normand et qui dépendait des Montgommery, celle de Mortagne, pièce maîtresse du comté du Perche avec Nogent-le-Rotrou, mais aussi celles de Vauvineux à Pervenchères, de Mauves-sur-Huisne, de la Vove qui défendait la vallée de l'Huisne, de Boissy-Maugis qui commandait la vallée de la Commeauche. Des souterrains militaires datant de cette période ont pu être reconnus à la Vove et à Boissy-Maugis.

         À la fin du 12e siècle le comte du Perche, comme l'évêque de Sées, se rallient à Philippe Auguste. Peu après, en 1204, la Normandie est rattachée à la France, suivie bientôt par le comté du Perche en 1227. » [1]

     

    LES REMPARTS DE ST-QUENTIN-DE-BLAVOU/St-JULIEN-S/SARTHE (Orne) LES REMPARTS DE ST-QUENTIN-DE-BLAVOU/St-JULIEN-S/SARTHE (Orne) LES REMPARTS DE ST-QUENTIN-DE-BLAVOU/St-JULIEN-S/SARTHE (Orne)

     

    Ci-dessus : à gauche, un extrait de la carte de Cassini ; au centre un extrait de la carte d'Etat-Major ; à droite, une photo aérienne ; trois documents extraits du site Géoportail.

     

         " Le territoire est vers 1031 le théâtre d'une bataille entre les troupes du duc de Normandie Robert le Magnifique et celles de Guillaume de Bellême. " [2]

     

         " Selon Guillaume de Jumièges, Robert le Magnifique dut encore affronter vers 1027-1028 une autre rébellion, celle du seigneur de Bellême, Guillaume Ier, qu'il alla assiéger dans sa forteresse d'Alençon. En réalité, le duc cherchait sans doute à reprendre le contrôle de la frontière sud du duché. La famille de Bellême, au contraire, entendait profiter de sa position marginale pour constituer sa propre principauté. Bellême était situé dans le Maine, mais appartenait au diocèse de Sées, en grande partie contrôlé par cette famille. Alençon se trouvait en Normandie, tout près de la Sarthe, qui marquait dans ce secteur la frontière avec le Maine. La famille de Bellême se montrait très turbulente et les nombreux fils de Guillaume Ier lançèrent des raids de pillage à travers la Normandie.
         Les opérations se poursuivirent d'ailleurs dans le Maine, où plusieurs de ces fils trouvèrent la mort dans une bataille rangée qui les opposa à des fidèles du duc, à Saint-Quentin-de-Blavou (canton de Pervenchères, Orne). Guillaume Ier de Bellême apprit la nouvelle alors qu'il était déjà gravement malade. « Profondément touché par la douleur qu 'il ressentait dans son cœur, il mourut aussitôt », nous dit Guillaume de Jumièges. La région retrouva un calme passager, mais de nouveaux troubles devaient se produire après la mort du duc Robert, sous les successeurs de Guillaume Ier, et en particulier sous son fils Guillaume II Talvas. " [3]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de http://ficheinfoterre.brgm.fr/Notices/0252N.pdf

    [2] Extrait de Wikipédia

    [3] Extrait de La Normandie des ducs aux rois : 10e-12e siècle par François Neveux (1944-....). Éditeur : Ouest-France (Rennes) 1998.

     

    Bibliographie :

     

    O Ganivet (Michel). Site oublié : les mottes de Saint-Quentin-de-Blavou et Saint-Julien-sur-Sarthe (site du Larry). Cahiers percherons, n° 53, 1er trim. 1977, pp. 33-35, fig.

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  • LES REMPARTS DE GUERVILLE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE GUERVILLE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE GUERVILLE (Seine-Maritime)

     

         " Guerville est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en Normandie. (...)

         Le nom de la localité est attesté sous la forme Guerrevilla au 12e siècle. (...) Église Saint-Gilles, construite sur le site de l'ancienne du 12e siècle qui a brûlé en 1803. " [1]

     

    LES REMPARTS DE GUERVILLE (Seine-Maritime)     Lorsqu'on parcourt une ville ou un village dont le parcellaire a été conservé, on s'interroge parfois sur l'organisation du réseau des rues et on observe que celui-ci est l'héritier d'un plan radio-concentrique c'est à dire lorsque des quartiers s'organisent à partir en cercles concentriques, depuis un centre-ville à la périphérie. " Ce type de plan a connu un grand succès au Moyen Âge. On le définit habituellement par une enceinte ronde, moins coûteuse à construire et plus courte, donc économisant le nombre des défenseurs, et par la subordination des rues principales à un centre où se trouvent le ou les éléments générateurs de la ville, à savoir une église, une forteresse, un monastère ou tout simplement une place de marché." (Wikipédia) Souvent toutes traces des défenses médiévales ont disparu. Ne subsiste que le réseau de communications et le parcellaire ancien révélé par le cadastre. Tel est, sans aucun doute, le cas de Guerville en Seine-Maritime. [NDB] 

     

    Ci-dessus, cadastre actuel de Guerville extrait du site de Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE GUERVILLE (Seine-Maritime)    LES REMPARTS DE GUERVILLE (Seine-Maritime)

     

    Plan de situation de la haute cour de la basse cour et du bourg castral de Guerville ; blason de la famille de Monchaux https://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=11333

     

         " ... Une dégradation accrue, un comblement souvent accéléré des fossés ainsi qu’un parcellaire plus dense rendent souvent des sites remodelés et partiellement effacés. La compilation d’informations diverses est souvent requise pour saisir les formes générales d’un site, notamment dans les zones où le relevé topographique serait fastidieux et souvent inutile.

     

    LES REMPARTS DE GUERVILLE (Seine-Maritime)     À Guerville (76), une plateforme circulaire de 80 m de diamètre, et surplombant de 2 à 4 m le relief environnant, est largement érodée vers le nord, au contact du village (voir ci-contre). Au nord-est, un fort talus témoigne d’une importante extension dont les formes sont perceptibles par la lecture du parcellaire : deux enclos alignés et tangents à l’enceinte principale donnent une extension de 450 m à l’ensemble. Ce que l’on peut interpréter comme une haute cour, une basse cour, puis un bourg castral. " [2]

     

    Ci-dessus : Guerville, relevé de la fortification. Cadastre de 1823 et hypothèses sur le cadastre médiéval (Bruno Lepeuple). " Les fortifications de terre médiévales de Haute-Normandie. Méthodes et premier bilan du PCR 2004-2008 Mediaeval earth fortifications in Upper Normandy: Methods and first report of PCR 2004-2008 Anne-Marie Flambard Héricher, Gilles Deshayes, Daniel Étienne, Thomas Guérin, Bruno Lepeuple, Jimmy Mouchard et Aude Painchault - p. 225-228

     

    " Le Vieux Château

     

    LES REMPARTS DE GUERVILLE (Seine-Maritime)     Le village de Guerville est établi à l'ouest du plateau séparant les vallées de l'Yeres et la Bresle. L'érosion a créé un éperon qui, en plan, évoque un triangle isocèle. Construit sur la base de ce triangle, le château protège le plateau ensuite voué à l’agriculture. Si vers 1830, on voyait encore quelques restes des murs d'enceinte et de tourelles semi-circulaires, seuls subsistent aujourd'hui le tertre et une petite partie de la contrescarpe. Le parcellaire du village conserve néanmoins le plan de la basse-cour et des aménagements de l'enceinte villageoise.

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1823 (tableau d'assemblage de 1823)

     

    LES REMPARTS DE GUERVILLE (Seine-Maritime)      Le tertre, entaillé au nord-ouest, présente l'aspect d'une plateforme circulaire d'environ 80 m de diamètre surplombant le relief extérieur de 2 m à 4 m. Il était entouré d'un fossé, d'une profondeur d'au moins 5 m, vraisemblablement en eau. Une surélévation sur le pourtour sud de la plateforme pourrait marquer la présence de bâtiments enfouis. Au nord du tertre, un fossé, réutilisé pour y placer une sente, matérialise le tracé de l’ancienne basse-cour en forme de croissant et enveloppant le tiers nord-est du site. L'actuelle rue de l'Église coupe la basse-cour en son milieu, témoignage de l'ancien chemin menant de l'église au château. L'enceinte du bourg est encore visible sur une partie de son tracé sud, le long de l'actuelle rue aux Juifs ; son tracé nord s'est probablement conservé dans une sente reliant la basse-cour à la place de la Mairie.

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1823 (Section B)

     

    LES REMPARTS DE GUERVILLE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE GUERVILLE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE GUERVILLE (Seine-Maritime)

     

    1. blason de la famille de Monchaux https://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=11333 ; 2. blason de la famille des comtes d'Eu de la Maison de Normandie : D'azur, au lion d'or,l'écu semé de billettes d'or par CaranornCette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personnelCette image vectorielle contient des éléments, éventuellement modifiés, qui ont été extraits de : Meuble lion.svg.iLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Caranorn., CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4147414 ; 3. blason de la famille des comtes d'Eu de Brienne par Odejea, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3919569

     

    LES REMPARTS DE GUERVILLE (Seine-Maritime)     Il s’agit d’une zone de défrichement isolant, à partir du milieu du 11e s., la haute forêt d'Eu de celle du Triage. La première mention date de 1130, quand l'archevêque de Rouen fait don d'une pièce de terre située dans une zone nouvellement essartée de la forêt de Guerville. Au milieu du 12e s., la terre de Guerville appartient à Raoul de Monchaux qui l'échange avec Henri Ier comte d'Eu, qui fait probablement construire le château, bien que la tradition attribue cette fondation à Jean Ier de Brienne, comte d'Eu à la fin du 13e s. Les comtes d'Eu vont y séjourner relativement souvent. Le village, vraisemblablement contemporain du château, compte alors cinquante parrochiani ; des portes sont mentionnées en 1240 et un moulin a vent est attesté en 1488. Le talus longeant l'actuelle rue du 1er septembre, anciennement rue Bâtarde, pourrait indiquer un accroissement du bourg dans cette direction. Enfin, des vignes étaient encore cultivées sur la commune à l’extrême fin du 18e s. (Responsable de l’étude et du relevé : Etienne Daniel). " [3]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    Sources :

     

    [1] extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de Les fortifications de terre médiévales de Haute-Normandie. Méthodes et premier bilan du PCR 2004-2008 - Journées archéologiques de Haute-Normandie. Rouen, par François Erlenbach (dir.) ;, Marie-Clotilde Lequoy (dir.) ; et, Muriel Legris (dir.).3-5 avril 2009. Nouvelle édition [en ligne]. Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2010 (généré le 08 novembre 2019). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/purh/6841>. ISBN : 9791024010656. DOI : 10.4000/books.purh.6841.

    [3] Extrait de Étude microtopographique des fortifications de terre de Haute-Normandie - Responsable(s) des opérations : Anne-Marie Flambard-Héricher, Bruno Lepeuple, Daniel Étienne, Gilles Deshayes, Sébastien Lefèvre, Jimmy Mouchard, Thomas Guérin et Aude Painchault - Notice rédigée par : Anne-Marie Flambard-Héricher, Bruno Lepeuple, Daniel Étienne, Gilles Deshayes, Sébastien Lefèvre, Jimmy Mouchard, Thomas Guérin et Aude Painchault – 2006 - https://journals.openedition.org/adlfi/5262#tocto1n7

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  • LES REMPARTS DE COURTEILLES (Eure)    Courteilles a un passé historique dense. Un ancien château fort est mentionné à Courteilles dès la fin du 12e siècle.La route du fossé royal, qui traverse le village, rappelle l’importance de cette fortification (composée d’un fossé et d’un remblai) sur la frontière franco-normande entre 911 (traité de Saint Eloi sur Epte) et la fin de la guerre de Cent ans. L’Avre marque aujourd’hui encore la frontière entre la Normandie et l’Ile de France. [NDB]

     

    Ci-dessus, photo extraite de La Frontière normande de l'Avre : De la fondation de la Normandie à sa réunion au domaine royal (911-1204). Évolution de la maîtrise militaro-économique d'un territoire frontalier par Astrid Lemoine-Descourtieux. http://books.openedition.org/purh/6807

     

         " Très proche, géographiquement et historiquement, de Tillières, le site de Courteilles est aujourd’hui encore peu connu. La famille évolua dans l’ombre de la baronnie de Tillières. À la fin du 12e siècle, le duc de Normandie renforça ses défenses, notamment la basse-cour. Les vestiges présentent encore aujourd’hui une motte tronconique assez raide, entourée de profonds fossés. Les aveux évoquent seulement manoir, chapelle etc., murailles de terre, larges fossés et deux ponts levis. Cette fortification, était située à proximité immédiate des Fossés le Roi. " [1]

     

    LES REMPARTS DE COURTEILLES (Eure)    LES REMPARTS DE COURTEILLES (Eure)

      

    Plan de situation de la motte de Courteilles ; blason de la famille de Courteilles (est-ce le bon ?) par Gilloudifs

     

    LES REMPARTS DE COURTEILLES (Eure)     " Le château de Courteilles (Canton de Verneuil-sur-Avre, dép. de l’Eure), principale fortification de l’Avre entre Verneuil et Tillières, faisait le lien entre ces deux places fortes, tout en restant étroitement dans l’orbite de Tillières. Dans l’histoire des guerres franco-normandes de l’Avre, il trouva sa place en assurant un rôle diplomatique. Ce fut très certainement le lieu choisi « entre Verneuil et Tillières » pour la rencontre entre Richard Cœur-de-Lion et Philippe Auguste du 23 juillet 1194. J.-F. Lemarignier a d’ailleurs rappelé que cette entrevue sur un site frontalier, comme celles plus nombreuses du gué de Saint-Rémy, était une réminiscence de la coutume de « l’hommage en marche ». Si l’accord ne cite pas nommément Courteilles, il est fort prob able qu’elle y eut lieu car le château, comme celui de Tillières, semble avoir été à cette époque entre les mains de Richard. Le souverain le fortifia, comme en témoignent les rôles de l’Échiquier : en 1198, 450 livres y furent attribuées à Robert, clerc, et non au seigneur de Courteilles, dont 300 livres pour « clore de pierre la basse-cour de Courteilles ». La somme est conséquente et montre toute l’importance de la place. " [2]

     

    Ci-dessus, photo extraite de ce même document : La Frontière normande de l'Avre : De la fondation de la Normandie à sa réunion au domaine royal (911-1204). Évolution de la maîtrise militaro-économique d'un territoire frontalier par Astrid Lemoine-Descourtieux. http://books.openedition.org/purh/6807

     

    La guerre franco-anglaise en 1194 :

     

    LES REMPARTS DE COURTEILLES (Eure)     " Au cours de la lutte décisive entre France et Angleterre, Philippe Auguste, profitant de l'absence de Richard Cœur de Lion, conclut, en janvier 1194, un accord avec Jean sans Terre qui lui cédait les châteaux de Gisors, Evreux et Verneuil. Mais Verneuil refusa d'ouvrir ses portes et le roi dut y mettre le siège le 10 mai 1194, déployant contre la ville toutes les ressources de son art militaire et de ses redoutables machines. Guillaume le Breton raconte que les Vernoliens montrèrent en cette occasion le mépris dans lequel ils tenaient le roi de France, accablant de sarcasmes l'image qu'ils avaient peinte de lui sur la porte du Château. Philippe, cependant, au bout de dix-huit jours, quittait brusquement son armée pour aller, avec quelques troupes, venger par le fer et le feu la trahison d'Evreux, où Jean sans Terre, inquiet du retour de son frère, avait fait décapiter les soldats de la garnison française. Entre temps, Richard, revenu en Angleterre, débarquait à Barfleur et fonçait sur Verneuil, dont les Français levaient le siège. Le roi d'Angleterre entra en triomphateur dans la ville et en releva une nouvelle fois les remparts. Philippe Auguste se résigna à la conclusion d'une trêve qui fut signée entre Verneuil et Tillières, sans doute au château de Courteilles. " [3]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE COURTEILLES (Eure)       " Le château d’origine, du type le plus courant dans la petite noblesse c’est-à-dire à donjon sur motte et basse-cour, fut donc renforcé par les considérables investissements de 1198. En 1629 et 1670, ses différents éléments furent énumérés : « Manoir seigneurial, chapelle [...] le tout clos et fermé de grandes fosses avec deux pontz levis, l’un pour entrer audit logis et l’autre aux jardins clos de murailles de terre, contenant deux acres de terre ou environ. »

         Il était donc vaste, cerné de grands fossés et à accès par deux ponts-levis. Le logis proprement dit n’était probablement pas antérieur aux 13e-14e siècles (le relevé présente l’entrée du château sous la forme d’un mur droit percé d’une porte cintrée et épaulé aux angles par une tourelle à un seul niveau. Le château a malheureusement été découpé.). La chapelle a disparu, rendant inutile toute tentative de datation. Enfin, ni la motte ni la tour ne furent évoquées : pourtant d’indéniables vestiges subsistent encore (ill. n° 30 et 31) à l’ouest des ruines du château du marquis Barberie de Courteilles (fin du 18e siècle), avec une motte et son fossé annulaire. Ils furent mentionnés au 18e siècle, dans un Mémoire historique sur Verneuil (Arch. dép. Eure, IV F 174, p. 8 (n. 2) : « On voit encore la butte sur laquelle ce château était bâti. » ), puis oubliés jusqu’aux travaux de A. Baume puis de D. Lepla ( ...hauteur de la motte : 17 m ; largeur du rempart : 9 m ; hauteur du rempart : 4 m.). La hauteur de l’ouvrage et la raideur des pentes, notamment dans la partie occidentale, sont remarquables, montrant un état de conservation probablement proche de l’état initial. De nombreux débris de silex attestent l’existence d’anciennes constructions. La large basse-cour a été englobée dans les remaniements du 18e siècle, mais A. Baume aurait identifié certains pans de murs des communs comme pouvant se rapporter aux travaux de la fin du 12e siècle, cités par l’Échiquier.

         L’aveu de 1707, sensiblement différent, donne des renseignements sur l’environnement du château, notamment le passage à proximité immédiate des « Fossés le Roi » : « Item une autre piesse [...] bornée [...] d’autre côté les fossés royaux, d’un bout le château [...] » Il subsiste encore une voie appelée « route du Fossé Royal ». Ces fossés donnèrent ainsi naissance à un chemin et servent encore de bornement. " [2]

     

    Ci-dessus, un extrait de la carte d'Etat-Major extraite du site Géoportail.

     

    Les fossés royaux :

     

         " Vestiges de la frontière entre la France et la Normandie, ils furent réalisés entre 1158 et 1168. C’est Henri II Plantagenêt, duc de Normandie et roi d’Angleterre, qui a ordonné la construction de cette fortification venant compléter la ligne de châteaux existants, déjà renforcée sous le règne de Henri Ier Beauclerc. Le tracé initial comptait 105 km de long. La terre enlevée pour creuser le fossé (3 à 9 m de profondeur) était rejetée coté Normandie pour former un talus haut (5m) donc infranchissable. Malmenés par la mise en culture et le remembrement, les portions existantes aujourd’hui demeurent dans des zones essentiellement boisées comme c’est le cas à Saint-Christophe-sur-Avre. " [4]

     

     

    Le lignage de Courteilles

     

         On trouvait " le lignage de Courteilles qui fut très tôt associé à Tillières ou aux autres fidèles de l’honneur (cartes no 20). Les sources étant lacunaires, la famille présente quelques périodes obscures : la chronologie mise en place ici est donc relative. Le premier seigneur de Courteilles, Roscellin, témoigna vers 1079-1101 pour la donation de Garin d’Ilou sur les fours de Brezolles. Peut-être représentait-il alors la famille de Tillières. Dans une charte de 1096, où Gilbert de Tillières était présenté comme co-donateur, Guillaume de Courteilles fut témoin de Geoffroy de Bérou ; son fils Richard le fut de nouveau vers 1119. Guillaume de Courteilles assista à une autre donation sur la dîme de Bérou, confirmée par Matthieu de Charnelles. Durant toute la première moitié du 12e siècle, Guillaume apparut souvent dans les actes passés par Gilbert III, dès 1107 pour une donation faite sur Brezolles par Gervais Ier de Châteauneuf. Il témoigna pour Gilbert II et apposa son seing sur la charte de Gilbert III à propos de Gauville (1109). Lorsque Gilbert III consentit à la donation des moulins d’Armentières, Guillaume de Courteilles fut son témoin. Enfin, la charte du rétablissement de Saint-Père sur les moulins de Bérou le mentionne parmi la cour de Gilbert, comme intendant de Simon d’Ilou. Par ailleurs vers 1101-1110, Guillaume de Courteilles apparut à l’ouest de l’honneur comme témoin de l’abbaye de Saint-Père, avec Robert de Tranchevilliers et Foulques d’Armentières – mais sans Gilbert III – lors de la donation de l’église de Chandai, dépendante de la baronnie L’Aigle.

     

    LES REMPARTS DE COURTEILLES (Eure)          Son fils Richard traduisit le même attachement à la famille de Tillières et une participation active aux donations de l’Avre. Vers 1160, il fut également témoin de Raoul d’Ilou récapitulant nombre de concessions faites à la léproserie du Grand Beaulieu par sa famille, Crespin de Nonancourt, Garin de Saint-Rémy, Garin de Malicorne, etc. Toutes ces donations concernaient principalement les alentours de Dampierre, au sud de l’Avre, à proximité immédiate de Courteilles et de Tillières. Par ailleurs, étant données les circonstances, « Richard », cité en 1188 dans une charte de Gilbert V comme sénéchal de Tillières, pourrait bien être ce Richard de Courteilles. Celui-ci fut également lié à des établissements indépendants de Tillières. Il fit ainsi du consentement de ses enfants, Gilbert, Adeline et Marie, des donations à l’abbaye de l’Estrée dès sa fondation (1144), pour lesquelles Tillières n’apparut pas133. Il choisit avec son fils, Gilbert, et « sur le conseil de Richer II de L’Aigle » de faire don de la dîme de Courteilles à la Chaise-Dieu du Theil. Aucun membre de Tillières ne fut présent mais y assistèrent des personnes relevant de son honneur (de Damville, Bourth, Droisy, Nonancourt, la Héruppe, Malicorne, etc.) Le choix a aussi bien pu être motivé par l’alliance matrimoniale de 1159 entre les familles de L’Aigle et de Tillières que par les relations de la famille de Courteilles avec celle de L’Aigle, connues dès 1130 (Chandai). Enfin, dans ces mêmes années apparurent d’autres personnages, apparemment originaires de Courteilles ou cadets de la famille : en 1147, Gaudin de Courteilles fut témoin en la « tour de Chartres » d’une confirmation de Thibault de Chartres pour la léproserie du Grand-Beaulieu et vers 1150, Geoffroy de Courteilles fut témoin d’un accord passé entre l’abbaye de Saint-Père et un prêtre de Saint-Georges.

     

    Ci-dessus carte des dépendances de l’honneur de Tillières au 12e siècle (c. 1120-1190). Lemoine-Descourtieux, Astrid. Primauté de Tillières au XIe  siècle In : La Frontière normande de l'Avre : De la fondation de la Normandie à sa réunion au domaine royal (911-1204). Évolution de la maîtrise militaro-économique d'un territoire frontalier [en ligne]. Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2011 (généré le 07 novembre 2019). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/purh/6820>. ISBN : 9791024010618. DOI : 10.4000/books.purh.6820.

     

         À la fin du 12e siècle, le fief se retrouva apparemment entre les mains de Richard Cœur-de-Lion puisqu’en 1195, le receveur du roi faisait état de 14 sous « du produit de la terre de Gilbert de Courteilles ». D’ailleurs en 1198, il avait pleine autorité comme à Tillières pour mettre la place en défense : les rôles de l’Échiquier signalent que Robert, clerc, reçut du Trésor des sommes importantes (en tout 550 livres) pour, entre autres choses, murer la cour du château. Cependant la famille ne disparut pas et resta ancrée dans la région. En 1198, Gilbert de Courteilles fut témoin d’une charte de l’évêque d’Évreux138. Le 17 mars 1202, alors que Jean sans Terre se trouvait à Verneuil, il attribua une rente à Jean de Courteilles et à son fils Guillaume pour « l’échange » opéré à Courteilles : le roi entendait-il par là indemniser la famille et conserver la place pour son propre compte comme à Tillières ? En comparaison, la rente de 30 livres paraît importante et laisserait peut-être présumer de la taille de la seigneurie de Courteilles. Enfin en janvier 1234, la présence de Guillaume avec Robert de Courtenay, Guillaume des Minières, Robert d’Ivry, Guillaume Crespin etc., au serment de l’archevêque de Rouen d’observer la coutume normande montre que la famille resta en Normandie et retrouva sans doute son fief. Guillaume de Courteilles, son fils, fit encore une donation sur ses possessions de Bourth au prieuré du Désert en 1255.

         En conclusion, nous pouvons affirmer que les documents où figurèrent les membres de la famille de Courteilles les mettent en rapport fréquent avec des familles, des terriroires ou des établissements religieux français et le plus souvent en relation avec son seigneur de Tillières. Outre le fief éponyme de Courteilles et les territoires directement associés, la famille de Courteilles semble avoir eu des intérêts dans le Perche et le Dreugésin. Entre 1101 et 1129, Guidon de Cintray avait fait don à l’abbaye de Saint-Père de la dîme d’Archipenna, dépendance du prieuré de Brezolles. Guillaume de Courteilles semble en avoir hérité puisqu’il fit une tentative pour la reprendre. Il est également attesté que vers 1148, le fief avait des dépendances à Charencey dans le Perche. Il semble donc que la famille ait directement profité de l’avancée de Tillières en terre française et se soit établie sur des territoires relativement dissociés du fief d’origine. " [2]

     

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    LES REMPARTS DE COURTEILLES (Eure)     Entre 1754 et 1762, un nouveau château classique est érigé par Jacques-Dominique de Barberie, marquis de Courteilles et gouverneur de Verneuil. La construction de ce château nécessite la destruction des remparts de Verneuil et le réemploi de ses pierres. En 1849, les héritières, accablées de dettes, vendent à deux spéculateurs qui font aussitôt démolir les trois quart du château afin d’en vendre les matériaux. L’extrémité de l’aile gauche, préservée, est saccagée sous l’Occupation et tombe en ruine. [NDB]

     

    Ci-dessus, gravure du château et du temple par Constant Bourgeois ornant l'ouvrage d'Alexandre de Laborde publié en 1808 http://www.parcsafabriques.org/courteilles/courteilles1.htm

     

         " Courteilles est surtout connue pour son ancien château construit entre 1754 et 1762 par le Marquis de Courteilles. Il fut Conseiller d’Etat et Intendant des Finances, en charge de la manufacture de Sèvres et a laissé son nom à une forme de porcelaine. Le château fut démoli en 1850, après la mort des dames de Courteilles (la comtesse de Rochechouart et la duchesse de Richelieu, fille et petite-fille du marquis. Cette dernière était l’épouse du duc de Richelieu, fondateur d’Odessa et premier ministre sous la restauration). Le parc du château, transformé en jardin à l’anglaise avant la Révolution, contient toujours la plupart des fabriques qui y furent alors édifiées, notamment un petit temple à colonnades et un tunnel de rochers, monuments très en vogue à l’époque. " [5]

     

    LES REMPARTS DE COURTEILLES (Eure)     " Le château de Courteilles (seconde moitié du 18e siècle, détruit en 1849), route départementale 676, inscrit au titre des monuments historiques Inscrit MH (1976, Escalier menant à la terrasse ; orangerie ; fabriques subsistantes du parc), l'architecte étant Antoine Matthieu Le Carpentier.

         Il en subsiste les fabriques telles que petit temple, tunnel de rochers, pavillon Richelieu, tour gothique. Il connut trois occupants ; outre Jean-Dominique de Barberie, marquis de Courteilles, son gendre le comte de Rochechouart (1744-1791) puis le duc de Richelieu. On doit au lithographe Constant Bourgeois trois gravures pour l'ouvrage consacré au château en 1808 et rédigé par Alexandre de Laborde. " [6]

     

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Les petites fortifications de la région de l'Avre (XIe-XIIIe siècles) : essai d'inventaire d'après les sources littéaires, iconographiques et la prospection par Astrid Le moine-Descourtieux – Bulletin n° 92004 Centre de Recherches Archéologiques de Haute-NormandieSociété Normande d’Études Préhistoriques

    [2] Extrait de La Frontière normande de l'Avre : De la fondation de la Normandie à sa réunion au domaine royal (911-1204). Évolution de la maîtrise militaro-économique d'un territoire frontalier par Astrid Lemoine-Descourtieux. Nouvelle édition [en ligne]. Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2011 (généré le 04 novembre 2019). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/purh/6807>. ISBN : 9791024010618. DOI : 10.4000/books.purh.6807.

    [3] Extrait de Le Pays de Verneuil-sur-Avre sous la direction de Francis Glatigny ; [photogr. de Marc de Fromont – Éditeur (Évreux) 1987 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3336543g/f19.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Courteilles%22.texteImage

    [4] Extrait de http://www.normandie-sud-tourisme.fr/wp-content/uploads/2017/10/rando-fosses-royaux.pdf

    [5] Extrait de http://www.inse27.fr/interco/les-communes/courteilles/

    [6] Extrait de Wikipédia

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