• LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne) LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne) LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)


    Ci-dessus, à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         " Le manoir d'Argentelles est un édifice du 15e siècle situé à Villebadin, dans le département de l'Orne en région Normandie.

     

    Localisation

     

          Le manoir d'Argentelles se situe sur le territoire de la commune de Villebadin, dans le nord du département de l'Orne, dans l'extrême sud de la région naturelle du pays d'Auge. Il s'élève à environ 1 km au sud-est du bourg de Villebadin. " [1]

     

         " Caché au cœur de la Normandie, le manoir d'Argentelles n'est pas des plus vastes mais n'en est pas moins intéressant. L'environnement bucolique met en valeur ce logis flanqué d'une grande tourelle d'escalier coiffée d'une salle à pan de bois. Il a conservé toute son authenticité et on retrouve les grilles en fer, si fréquentes à la fin du Moyen Age, qui protègent les fenêtres du rez-de-chaussée. " [2]

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     " Argentelles avait donné son nom à une petite commune réunie aujourd'hui à celle de Villebadin.

         C'était sous Philippe-Auguste un fief entier relevant du bailliage d'Exmes.

          En 1636, ce fief appartenait à Pierre Lefranc ; en 1780, aux Leprévost : depuis, Argentelles a passé à la famille de Flers.

         Quant à Villebadin, c'était un fief appartenant à Pierre de Villebadan, sous Philippe-Auguste ; un quart de fief à Christophe Monvoisin, en 1636 Un Hue de Lahaye de Villebadin avait suivi Robert Courteheuse à la conquête de Jérusalem, en 1096. " [3]

     

         " En 1821, Villebadin, qui compte alors 38 habitants, absorbe la commune d'Argentelles (197 habitants, à l'est de son territoire) L'église Notre-Dame d'Argentelles (sur Base Mérimée) est détruite consécutivement à la fusion de communes " [4]

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)

     

     Plan de situation du manoir d'Argentelles à Villebadin ; blason de la famille du Mesnil du Buisson https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=blasons&id=7416523&desc=mesnil_du_normandie_sieur_de_saint_deni ; Robert du Mesnil du Buisson a patiemment restauré ce manoir dans les années soixantes.

     

    Historique

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     " Le manoir a été bâti en 1410, pendant la guerre de Cent Ans par Guillot d'Ouilly, officier du roi de France. Composé d'une tour ou d'une palissade circulaire plantée sur une motte entourée de fossés, il constituait, alors, un poste avancé de défense du château fort et de la ville d'Exmes. " [1]

     

         " En 1417 le seigneur d'Argentelles qui fut contraint par les Anglais d'abandonner le manoir était Guillot d'Ouilly, officier du roi de France. Un fief d'Ouilly se trouvait dans l'ancienne paroisse de Saint-Arnoult, contiguë à celle d'Argentelles, tout près d'Exmes.

         En 1418, le roi d'Angleterre fit don d'Argentelles à sire Rolland Leyntall, chevalier, seigneur de Herford, et le nomma gouverneur d'Exmes. Il fut disgracié en 1420, et remplacé par un autre Anglais, Jehan Lanrok.

         Au départ des Anglais en 1449, le manoir revint à Richard d'Escalles qui se dit héritier de Guillot d'Ouilly, alors décédé. En 1475 Richard d'Escalles, seigneur d'Argentelles, était capitaine des francs-archers du duché d'Alençon. " [5]

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     " Aveu en 1455 par Richard Descalles, seigneur d'Argentelles : manoir seigneurial, maisons et édifices clos à fossés, colombier à pied droit de moulin et garenne. Familles Douilly : 14e siècle, Descalles : 1455 à 1561, Le Franc-Berout : 1571 à 1752, La Motte-Ango par vente : 1752 à 1888 " [6]

     

    Ci-dessus, blason de la famille d'Escalles ? https://www.geneanet.org/gallery/?action=search&country=FRA&p=1&place=Le%20Torpt&region=NOR&rubrique=tout&sort=date_added&subregion=F27

     

         " En 1571, le manoir devient la propriété de Jean Le Franc, par mariage.

         Henri IV y fait un séjour en 1591.

         En 1635, le domaine appartient à un descendant de Jean Le Franc, Bonaventure Le Franc. Celui-ci ajoute deux lucarnes à l'édifice, atténuant ainsi son caractère défensif.

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     Au milieu du 18e siècle, le manoir est acquis par le comte de Flers et reste, jusqu'en 1880, à ses descendants.

         S'ensuit alors une longue période d'oubli pendant laquelle le manoir tombe en ruine. " [1]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de la Motte-Ango de Flers par Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Tretinville., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18596776

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     " En 1880 ou peu après, le manoir fut acquis par un marchand de bestiaux qui ne s'intéressait qu'à l'herbe du magnifique pré qui l'avoisine. Le manoir, réduit à un usage agricole ne fut plus entretenu. A la fin du siècle, les toitures étaient en très mauvais état ; dans l'hiver de 1901 à 1902, la grande lucarne de pierre de droite s'effondrait ; celle de gauche subsista encore quelques années. " [7]

     

    Ci-dessus, manoir d'Argentelles sur Base Mérimée.

     

         " En 1960 l’édifice était dans un état de délabrement grave et condamné à une mort certaine.

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne) LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne) LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)

     

    Ci-dessus, à gauche et au centre : Crédits photo Estève, Georges (photographe) - Ministère de la Culture (France) - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine - diffusion RMN http://www.loomji.fr/villebadin-61504/monument/manoir-argentelles-22040.htm

     

    Sauvetage du manoir

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     Alors qu’il était encore enfant, le comte Robert du Mesnil du Buisson venait pique niquer à l’ombre des vieux murs en ruine d’Argentelles en compagnie de ses parents, cousins et amis parmi lesquels se trouvait le jeune Antoine de Saint-Exupéry. Tous déploraient la dégradation de l’édifice qui appartenait à l’époque, à un sieur Marchand qui ne se souciait guère de patrimoine artistique et vendit à des antiquaires des portes sculptées à panneaux gothique flamboyant ainsi que les épis de faîtage des tourelles et les grilles de fenêtre. [8]

     

    Ci-dessus, ruines du manoir d'Argentellles, Orne - litho parue dans la revue l'Illustration 1933.

     

         Sur Robert du Mesnil du Buisson voir ici.

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     Le comte Robert du Mesnil, dès son jeune âge, avait pris la résolution de sauver Argentelles et de lui redonner vie, ce qu’il fit avec courage et ténacité. Dès 1912 (17 ans), élu membre de la S.H.A.O. il sollicite, sans résultat l’attention du président pour Argentelles. Après la grande guerre, élu conseiller municipal de Villebadin, il fait inscrire Argentelles à l’I.S.M.H. en 1926. Les Beaux-arts font la sourde oreille. En 1955, un architecte estime le coût des réparations à dix millions de francs. Une association pour le sauvetage de l’édifice est créée en 1957.

     

    Ci-dessus, blason de la famille du Mesnil du Buisson https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=blasons&id=7416523&desc=mesnil_du_normandie_sieur_de_saint_deni

     

         On commence alors la restauration avec l’aide du Collège d’Enseignement Technique d’Argentan. Grâce à une généreuse donation de la propriétaire, madame Courtonne-Grandière, la société avait pu prendre possession des ruines et y opérer les premiers déblaiements et débroussaillements car l’intérieur, dépourvu de couverture était envahi par la végétation.

         Le 24 Janvier 1961, la société obtient de l’état une subvention d’un million de francs pour la restauration de la tour d’ escalier. Cette première campagne est suivie de plusieurs autres durant les étés de 1964 à 1967 grâce à des subvention du Conseil Général de l’Orne. Tout cet effort a été couronné par le prix « Monuments en péril 1967 », remis à Paris à monsieur le comte robert du Mesnil, le 16 juin 1967, à la maison de l’ORTF, au titre du ministère des affaires culturelles. " [8]

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne) LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne) LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)

     

    Ci-dessus, trois photos extraites de http://www.richesheures.net/epoque-6-15/chateau/61argentelles-general.htm

     

    Architecture

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     " A l'extérieur le château d'Argentelles n'a rien de bien remarquable. C'est une grande maison quadrangulaire avec de petites tourelles aux angles, une autre tour au milieu qui renferme l'escalier et qui s'élargit au sommet en formant un cabinet à six pans construit en bois et en encorbellement, une porte d'entrée ogivale avec quelques nervures, une rangée de machicoulis que les gens du pays appellent assommoirs, et d'étroites barbacanes ; peu de chose pour l'ornement ; rien pour la défense. Ce château a dû être construit au quinzième siècle et restauré au dix-septième. On lit sur deux des fenêtres les dates de 1632 ou 1639.

         L'intérieur est mal distribué, mal éclairé et peu logeable. La porte d'entrée est ornée de rinceaux assez bien sculptés, assez bien conservés, de la renaissance. " [3]

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     " Parmi l'ensemble formé par les manoirs du pays d'Auge, le manoir d'Argentelles présente la particularité d'avoir été construit d'une seule traite. Les seuls ajouts postérieurs à l'édification sont les deux grandes lucarnes du 17e siècle (1632).

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     L'ensemble de l'édifice, construit en pierre, présente un fort caractère défensif. En effet, les quatre tours d'angle sont percées de meurtrières. Chacune des entrées est défendue par des bretèches à mâchicoulis. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont protégées par grilles en fer forgé. Enfin, la tour polygonale, qui abrite un escalier desservant les différents étages, est surmontée d'une chambre de guet. Celle-ci présente la particularité d'être disposée en encorbellement et d'être construite en pan de bois.

         Dans le parc entourant le manoir, un colombier cylindrique du 17e siècle ayant conservé tous ses boulins s'élève sur ce qui était certainement l'ancienne motte castrale. " [1]

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre de 1829, Archives de l'orne, http://archives.orne.fr/

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne) LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)

     

    Ci-dessus : à gauche, photo montrant l'arrière du manoir extraite de http://www.lesamisdelaigle.com/wp-content/uploads/2017/08/sortie-du-25-06-2017-031.jpg; à droite extraite http://www.lesamisdelaigle.com/wp-content/uploads/2017/08/sortie-du-25-06-2017-031.jpg

     

    " Le manoir

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     Né à la veille de la guerre de cent ans, vers 1410, le manoir offre une architecture peu habituelle en Pays d’Auge où règne les pans de bois et le torchis. Une gravure ancienne, œuvre de la Sicotière, nous présente Argentelles dans son état d’ origine avant son délabrement et sa restauration quasi à l’identique. Ce petit château, véritable joyau d’architecture du début du 15e siècle, s’apparente par son style au bâti des manoirs du Pays d’Argentan de la même époque et semble avoir été édifié par un architecte de talent commandité par un riche seigneur. Le logis, établi sur un plan rectangulaire et cantonné de tourelles est construit en moellons de calcaire recouvert d’un enduit ocre, les pierres taillées étant réservées pour la tour d’escalier à pans, couronnée d’un hourd de tuileaux et pans de bois. La porte d’entrée ornée d’une accolade est surmontée d’un tympan en tiers-point où figure un blason muet. Au-dessus, un machicoulis en assurait la défense. Les fenêtres à meneau et traverse sont munies de grilles au rez-de-chaussée. A l’aplomb des baies de l’étage se trouvaient deux lucarnes, de facture plus tardives datées de 1632. Ce gracieux logis possède cependant un système défensif complet qui témoigne de la nécessité de se protéger, à cette époque, d’éventuelles agressions.

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     A l’intérieur, au rez-de-chaussée, se trouve à droite de l’entrée la salle des gardes munie d’une cheminée monumentale de pierre calcaire, la cuisine à gauche possède encore son évier du 15ème . Les poutres et les solives ont été reconstituées en chêne de la forêt du Pin au Haras. Celles de la cave proviennent d’ormes du domaine de Champobert. A l’étage se trouve une grande salle de 18 x 8 mètres autrefois divisée en plusieurs chambres.

         A l’ouest, la chambre dite de Henri IV possède une cheminée du 15ème. Celle de l’est est la chambre dite du « lit de justice ». Ce meuble rare, sorte d’alcôve à baldaquin destinée à un grand lit se trouvait au manoir jusqu’en 1844, où il fût emmené au château des Lettiers près de Gacé, puis à Paris en 1882 dans la collection Achille Fould qui fût vendue vers 1930 et achetée presque toute entière par le musée d’art de Philadelphie. Le meuble y est présenté de telle façon qu‘elle accrédite la légende qui lui confère le rôle de « lit de justice ». On en a fait le baldaquin d’un trône.

         La frise sculptée du baldaquin comprend des figures et des motifs de style flamboyant formant une véritable dentelle de bois. La chambre haute de la tour d’escalier comprend une grande cheminée avec sa taque et ses chenêts gothiques, une porte à quatre panneaux sculptés, gothique flamboyant et une charpente rayonnante, c’est la pièce la plus attrayante du manoir.

     

    Le colombier

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     Tour de défense avancée de la place forte d’Exmes, reconvertie en colombier au 15ème siècle, la construction se situe sur l’ancienne motte féodale qui était à l’origine entourée de douves et ceinturée d’une palissade. Déjà mentionné comme colombier dans le partage des biens de Maurice d’Escalles en 1561 entre ses filles, il semblerait qu’il fût l’œuvre des escales qui avaient hérité du domaine en 1449. Le pigeonnier mesure 7 mètres de diamètre à l’extérieur et 5 mètres à l’intérieur. On y pénètre par une porte étroite après être passé sur un petit pont de bois qui enjambe la douve. Il contient 628 boulins.

         En 1960 à l’état de ruine, couvert de lierre, il offrait des vestiges de charpente révélant la forme générale et une pente de toit de 45 % qui a été respectée lors de restauration effectuée en 1981 et 1982. Le mur a été recrêté et le sol cimenté, en attendant le carrelage. La charpente entièrement refaite en bois ancien a été recouverte de tuiles également anciennes. " [8]

     

    Ci-dessus, à gauche le colombier sur la motte ; au fond le manoir d'Argentelles. Photo extraite de https://www.patrimoine-normand.com/images/m/man/manoir-d-Argententelles.jpg

     

    Le lit de justice

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     " Mais le château renferme une boiserie d'un fini et d'une beauté rares. Nous en donnons plusieurs dessins qui permettent d'en juger : la décrire en détail serait impossible.

         Elle offrait, comme on le voit, une sorte de dais surmonté de clochetons, et disposé sans doute dans l'angle d'un appartement de manière à n'offrir que deux côtés saillants et suspendus, au-dessous desquels n'existait, apparemment du moins, ni clôture ni balustrade. Les deux autres côtés étaient garnis de panneaux appliqués au mur et descendant jusqu‘à terre. Le panneau du fond, placé en face du spectateur, était décoré avec une extrême richesse. Il se composait de quatre petits panneaux en largeur et de deux en hauteur, huit en tout, séparés sur le premier côté par des montants admirables, et sur le second par une traverse ornée seulement de moulures très simples. Les ornements sculptés sur le fond des panneaux appartiennent à ce style ogival quartaire, que les savants ont appelé gothique flamboyant à cause de l'analogie de ses contours et de ses ondulations avec des flammes, et qui servait indistinctement à la décoration des fenêtres des églises et à celle des meubles domestiques. Ils sont taillés dans le vif du bois au lieu d'offrir des découpures superposées. Sur les montants, on voit, au milieu de feuillages de vigne du plus vigoureux effet, tantôt engagés jusqu'à mi-corps dans le calice d'une fleur fantastique, tantôt en pied, une foule de personnages : la sainte Vierge et l'enfant Jésus, des rois avec la couronne, des chevaliers avec le casque, semblant élever vers Marie, placée au-dessus d'eux, leurs mains et leurs regards. Deux femmes, au bas du tableau, seules paraissent étrangères à la scène ; l'une cueille une grappe de raisin, l'autre de sa main gracieuse semble envoyer un baiser ; toutes deux élégantes et souples de taille, coiffées simplement de boucles de cheveux et d‘un petit bonnet, la robe entr'ouverte et retombant sur les épaules en large pélerine.

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     Quand au dais ou baldaquin, si riche et si élégant, on ne s'est pas contenté d’en fouiller le bois, de le pétrir, de le découper comme une véritable guipure ; mais sous cette première dentelle on en a glissé une seconde, et tout cela s'agence, se mêle, se double, se divise, se tourne et se retourne à ravir. Les clochetons qui couronnent les montants sont de l’exécution la plus nette et la plus franche ; les choux qui décorent le milieu des panneaux sont, pour ainsi dire, gras et plantureux ; les petites figures en pendentifs sont délicieuses de tout point. Ici c'est un roi, couronne en tête, qui porte des coups furieux avec sa grande épée ; là, une vieille femme avec un bonnet de fou et une quenouille ; ailleurs, un artiste jouant de la trompette avec son derrière, ou bien un jongleur le corps doublé en deux et les pieds touchant à la tète. Tout cela est d'une franchise d'exécution admirable : rien de tâtonné, rien de tremblé ; le coup de gouge descend du haut en bas dela figure comme fait l'ébauchoir dans la terre glaise, accusant et rendant au passage barbe, cheveux, sourcils, hermines, ceintures, aiguillettes, bouffants, crevés, et tous les détails les plus délicats de la figure en du costume. Malheureusement, on a eu la déplorable idée, en posant le baldaquin par terre, de l'appuyer sur ces fragiles fantaisies, et toutes les extrémités sont brisées. Un ange, tenant un écusson sur lequel sont figurés les instruments de la passion, occupait le milieu du dais et de cette cour bouffonne. Il faut encore citer une nichée de souris d'un travail délicieux. Elles sont sept ou huit qui trottent, s'accroupissent, grignotent, se cachent sous des brins de paille, d'herbe et de bois qui se croisent et se tortillent en s'enroulant avec une liberté incroyable.

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     Au-dessous du baldaquin est un plafond formé de tringles de chêne très simples, dessinant des triangles, des carrés et des étoiles. Les intervalles étaient remplis de cuir gauffré et doré dont on voit encore quelques restes.

         On montait au dais par une estrade de deux marches.

         Tel était l'ensemble de ce curieux monument.

     

    Ci-dessus, étude d'Edmond Foulc, rue de Magdebourg Paris, Lit de Justice d’Argentelles à droite https://www.normandythenandnow.com/the-trouble-with-historians-at-the-manoir-dargentelles/

     

         Son origine, on ne la connaît pas ; il est seulement probable qu'il n'a jamais été monté dans l'appartement où il se trouve aujourd'hui : sa destination, on l'ignore. On l'appelle le Lit de Justice d'Argentelles. Pour qui donc, pour quelles circonstances eut été réservé le siège d'honneur placé sous ce dais ? Argentelles n'était le siège d'aucune juridiction. On peut même remarquer une grande analogie entre la forme de ce dais et celle des anciens lits de parade dont les couronnements étaient fort riches et fort curieusement travaillés. Peut-être n'y faut-il donc voir qu'un meuble domestique ordinaire. " [3]

     

     

    La fée et les revenants d’Argentelles

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)    Le manoir ne possède pas moins de trois fantômes : une fée et deux revenant qui ont chacun leur territoire à l’intérieur du manoir si bien qu’il ne se rencontrent pas.

         La fée apparaît dans la chambre du haut de la tour. C’est une bonne et jolie fée, apparaissant dans un nuage vêtue de mousseline verte argentée. Elle aurait selon la légende, exaucé le vœu d’un jeune garçon qui souhaitait avoir un cheval, une charrette et une maison. La fée, d’un coup de baguette, fît apparaître un beau cheval sur lequel le garçon s’enfuit effrayé par un coup de tonnerre accompagnant la disparition de la fée au premier coup de minuit. L’histoire ne dit pas s’il obtint les jours suivants la voiture et la maison.

         Le revenant de la cave serait, selon la tradition populaire, l’ancien seigneur d’Argentelles qui, obligé de fuir rapidement lors de l’occupation anglaise, dû enfouir son trésor, qui était très lourd, espérant le récupérer un jour. Or il mourut au loin sans avoir pu livrer son secret à ses héritiers. Il revient donc, la nuit, dans la cave d’Argentelles pour compter et recompter ses pièces d’or dont on perçoit le tintement.

         La chambre du « lit de justice » est fréquentée par un vieux juge qui vient ainsi pour expier les fautes qu’il a commises en rendant des jugements injustes, soit faute d’examiner les affaires, soit par malice et cupidité. Il se venge en battant les occupant de la chambre qui auraient omis de prendre avec eux des objets bénis pour éloigner les spectres. " [8]

     

    Ci-dessus, photo extraite de http://www.richesheures.net/epoque-6-15/chateau/61argentelles-general.htm

     

    Protection

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)     " L'ensemble de l'édifice est inscrit au titre des Monuments historiques depuis le 2 novembre 1926, les façades et les toitures classées depuis le 20 octobre 1966. " [1]

     

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS D'ARGENTELLES (Orne)" Le château de Villebadin 17-18e s.

         Manoir construit à la fin du règne d'Henri IV, agrémenté d'un groupe important de communs dans la seconde moitié du 18e siècle. De plan en équerre, le bâtiment se compose de deux étages. (...) La gentilhommière est entourée de larges douves, et la plateforme est reliée à l'extérieur par un pont construit sur des arches. (...) Le colombier a conservé tous ses boulins et son échelle tournante. Inscrit MH partiellement " [9]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de http://www.richesheures.net/epoque-6-15/chateau/61argentelles-general.htm

    [3] Extrait de Le département de l'Orne archéologique et pittoresque par Léon de La Sicotière -  Beuzelin, 1845 - 304 pages https://books.google.fr/books?id=AX60J1ME6d4C&dq=manoir+d%27Argentelles+orne&hl=fr&output=text&source=gbs_navlinks_s

    [4] Extrait de http://tourisme.aidewindows.net/orne/villebadin.htm#argentelles

    [5] Extrait de Récits de sorts, de mort et d'après-mort par Michel-Vital Le Bosse - FeniXX - 164 pages  https://books.google.fr/books?id=Q7FYDwAAQBAJ&dq=Guillot+d%27Ouilly&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    [6] Extrait de https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00001715

    [7] Extrait de Le manoir d'Argentelles : Sauvetage d'une œuvre d'art en péril par Robert du Mesnil du Buisson https://books.google.fr/books?id=fH7VDwAAQBAJ&pg=PP7&dq=Robert+du+Mesnil+du+Buisson+Le+manoir+dl%27Argentelles+:+Sauvetage+d%27une+%C5%93uvre+d%27art+en+p%C3%A9ril&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwja2vC0tdvpAhVN1xoKHZ7RDewQ6AEILDAA#v=onepage&q=Robert%20du%20Mesnil%20du%20Buisson%20Le%20manoir%20dl'Argentelles%20%3A%20Sauvetage%20d'une%20%C5%93uvre%20d'art%20en%20p%C3%A9ril&f=false

    [8] Extrait de http://www.lesamisdelaigle.com/?p=1375

    [9] Extrait de https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00110966

     

    Bonnes pages :

     

    O https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00110967

    O http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/manoirs-orne-manoir-a-villebadin-manoir-d-argentelles.html

    O https://www.normandythenandnow.com/the-trouble-with-historians-at-the-manoir-dargentelles/

    O https://books.google.fr/books?id=AX60J1ME6d4C&pg=RA1-PA151&lpg=RA1-PA151&dq=manoir+d%27Argentelles+orne&source=bl&ots=WTD9CJNiWD&sig=ACfU3U2scDr08UzAgQ48j_dNuWva6LsO2w&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj90dimy9npAhUM8hQKHf6oBfE4WhDoATAEegQIChAB#v=onepage&q=manoir%20d'Argentelles%20orne&f=false

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  • LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime) LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime) LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)

     

    Ci-dessus, à gauche, une photo extraite de https://www.revedechateaux.com/fr/le-manoir-d-ango-1245682403/show

     

    Le manoir de Jean Ango à Varengeville-sur-Mer.

     

         " Nous voici en présence d'un palais champêtre, qu'un opulent caprice a jeté en pleine culture dans le gros village de Varengeville, à quelques centaines de mètres de la mer, et à douze kilomètres de Dieppe.
         Ils sont assez nombreux encore, dans la Haute-Normandie, ces châteaux imposants, où le corps principal de logis est flanqué de deux longues ailes en retour d'équerre, qui encadrent ainsi la cour d'honneur. Mais le manoir d'Ango, avec ses quatre immenses corps de bâtiment construits à angle droit autour d'une cour entièrement fermée, doit être unique en son genre. " [9]

     

         " Le manoir d'Ango (autrefois Les Maillets) est une demeure Renaissance, situé dans la commune de Varengeville-sur-Mer, dans le département français de la Seine-Maritime, en région Normandie, et édifié par Jean Ango. " [1]

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     " Situé à Varengeville-sur-Mer à 7 km de Dieppe, le palais d'été construit au début du 16e par le plus puissant armateur de l'époque, Jehan Ango, est un incontournable de votre visite à Varengeville-sur-Mer ! Exceptionnelle architecture, le manoir est un juste équilibre entre le style florentin et normand : groupés autour de la cour, qui fût autrefois entourée de fossés, on trouve le corps du logis et les dépendances.
         Au cours de votre visite du manoir, ne manquez pas le magnifique colombier, imposant, orné de brique, silex et grès, il est l'un des plus beaux de France. " [2]

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1819, Archives de la Seine-Maritime, http://www.archivesdepartementales76.net/

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)

     

     Plan de situation du manoir d'Ango à Varengeville-sur-Mer ; il était à l'origine entouré d'eau et accessible par deux portes à l'est  et à l'ouest ; blason de la commune de Varengeville-sur-mer, de gueules à une molette de huit rais d'argent ajourée d'azur, au chef aussi d'argent chargé d'un lion passant du champ, par Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Spedona le 20/08/2008., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4592293 Ce blason aurait été celui de Jean Ango.

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)

    Histoire

     

         " Jean Ango, armateur, gouverneur de Dieppe et conseiller maritime de François Ier, le fit édifier par des artistes italiens de 1530 à 1545. Il l'a habité comme résidence d'été jusqu'à sa mort en 1551. 

         De la partie est, il pouvait voir entrer et sortir ses bateaux du port de Dieppe, ce qui n'est plus possible à cause des nombreuses hêtraies. " [1]

     

    Ci-dessus : le manoir de Jean Ango (Les Maillets), à Varengeville-sur-Mer (Seine-Maritime). Plan restitué du rez-de-chaussée, état vers 1545. a : banc en pierre ; CH : chambre ; Col : colombier ; CU : cuisine ; éc : écurie ; ét : étable ; GM : garde-manger ; Gr : grange ; Po : porche dans-œuvre ; Pr : pressoir ; S : salle pour les serviteurs.Extrait de La demeure noble en Haute-Normandie par Xavier Pagazani in https://books.openedition.org/pufr/8067

     

    Jean Ango

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     " Jehan Ango ou Jean Ango est né à Dieppe en 1480.
         L'activité privée de Jean Ango allie commerce maritime régulier et course contre les Espagnols et les Portugais Ango, qui a été autorisé à armer ses propres navires pour la guerre, aide François Ier dans sa lutte contre Charles Quint et contre l'Angleterre, il contribue à payer la rançon du roi de France fait prisonnier à Pavie (1525). François Ier le fait gouverneur de Dieppe. En outre, il est conseiller du roi pour les affaires maritimes et développe les ports de Rouen, de Honfleur et du Havre.

         Mécène, Jean Ango s’entoure d’architectes et d’artistes, italiens surtout. " [3]

     

    Ci-dessus : à gauche, Jean Ango, sa femme et sa fille en prière, miniature du Maître des Heures Ango tirée de son livre d'heures, vers 1514-1515, BNF, NAL392, f.6v. Par Maître des Heures Ango — Cette image provient de la Bibliothèque en ligne Gallica sous l'identifiant ARK btv1b105326038/f16.item, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=54388726 ; à droite, Jehan Ango, buste d'Eugène Bénet, Musée Château de Dieppe par Eugène Bénet (1863–1942) — Musée Château de Dieppe (Municipalité de Dieppe), CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36783766

     

         Jean Ango reçoit en 1534 dans sa maison de Dieppe, la visite de François 1er et de la reine Claude avec toute la cour de Fontainebleau. Le roi lui rend une nouvelle visite à Varengeville-sur-Mer en 1540. Le roi est accompagné cette fois-ci par sa favorite, Diane de Poitiers. [NdB]

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     " En 1525, il fait construire face au quai sa maison de Dieppe, qu’il baptise “ La Pensée ”, archétype de l’ancienne maison normande revue par la Renaissance Italienne : tout en bois sculpté et doré, elle suscite l’admiration de tous.

         Le “ Médicis dieppois ” achète à la famille de Longueil la terre de Varengeville. Entre 1530 et 1542, il y fait construire son château de Varengeville, sorte de palais d’été florentin pour lequel il utilisera beaucoup de matériaux locaux comme le grès, le silex, la brique, sur un domaine d’environ 5 000 hectares à l’origine.

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     À la mort de François Ier, tombé en disgrâce, il est un temps emprisonné (1549), mais il aide en 1550 au siège maritime de Boulogne.
         Ango sait profiter des ressources royales : il est fermier du roi et organise pour le compte de ce dernier des explorations en direction de l'Afrique, de l'Amérique - en 1524, Giovanni Verrazano, capitaine de son navire la Dauphine, longe la côte est et découvre le site de la future New York.
         Endetté, privé de son protecteur, le roi de France, Ango meurt ruiné à Dieppe en 1551. " [3]

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime) LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime) LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)

     

         " Honoré de Balzac l'a mentionné dans son roman Sur Catherine de Médicis comme " le splendide manoir d'Ango ". Des écrivains comme Louis Aragon ou André Breton y ont séjourné. " [1]

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     " À la mort de Jehan Ango, en 1551, le manoir devint la propriété de son filleul, Jacques de Bauquemare. Il passa au 17e siècle dans les mains de Pierre de Guillebert. Incendié en 1789, il fut ensuite vendu comme bien national et devint une exploitation agricole. Laissé à l'abandon durant le 19e siècle, il fut pillé. Classé Monument historique en 1862, il fut successivement la propriété des familles Pewrel, d'Estonville, de Longueil, Schlumberger, Lemaitre et Charaire. André Breton y séjourna en août 1927 et y écrivit " Nadja ". André Breton y accueillit Aragon, qui y écrivit son " Traité du style ", Jacques Prévert, Robert Desnos et Yves Tanguy. " [4]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Bauquemare https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Le_Roux

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     " Breton, après sa rupture avec Simone Kahn, passe seul l'été 1927 au Manoir d'Ango à Varengeville, il y rédige les deux premières parties de Nadja qui sera publié en 1928. Breton a rencontré Nadja en octobre 1926, la voit jusqu'en février 1927, date de son internement psychiatrique définitif. " [5]

     

         " De 1928 à 1976, le manoir a été la propriété de M. et Mme Hugot-Gratry qui ont activement contribué à la restauration du monument. " [1]

     

    Description

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     " Il se présente comme un château fort vu de l'extérieur, mais comme un chef-d'oeuvre de la Renaissance à l'intérieur de la cour, avec sa loggia au décor de pilastres, médaillons et frises d'arabesques. " [6]

     

    Ci-dessus, plan du manoir d'Ango extrait de http://didiertougard.blogspot.com/2017/08/tourisme-en-normandie-le-manoir-dango.html

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     " L’accès au château se faisait, à l’est comme à l’ouest, par deux entrées voûtées, dont une piétonne : il ne reste plus qu’une entrée à l’Ouest, et la voûte piétonne côté Est a été murée. " [3]

     

     

         " Le bâtiment est formé d'un rectangle comprenant au sud la partie noble autour de la cour d’honneur. " [1]

     

    Le châtelet d'entrée

     

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    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     " Le manoir d'Ango a été bâti sur les ruines d'un fortin dont les deux tours ont été conservées et constituent l'entrée de l'édifice. La tour de droite faisait office de chapelle privée, celle de gauche est parée de ses meurtrières. L'entrée piétons se faisait par le petit porche de droite (fenêtre aujourd'hui). Cet ancien porche est surmonté des armoiries de Jehan Ango sur fond d'albâtre. " [7] 

     

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    L'aile sud avec sa loggia

     

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    Ci-dessus, à gauche une lithographie du 19e siècle exécutée d'après Fragonard.

     

         " On remarquera que l'aile sud du manoir, qui est une façade d'apparat, n'est pas perpendiculaire au châtelet d'entrée, de façon à être mieux vue par les visiteurs, et est raccourcie par un effet de perspective. " [7]

     

         " Les communs sont dans la partie Sud dont l'étage supérieur, au-dessus de la loggia décorée de fresques, était une galerie de réception. " [1]

     

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    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     " La loggia, alors très en vogue en Italie, a une fonction d'apparat et d'accueil des invités. L'accès se faisait par un escalier à double rampe, qui a disparu au 19ème siècle. C'est sur ce perron que Jehan Ango a accueilli François 1er en 1534.
         Les arcades et la loggia sont encadrées de médaillons représentant Eole, dieu du vent, Ops déesse de l'abondance, François 1er et la reine Claude, enfin les Médicis : le doge de Venise et le pape Jules II.
    La tour est décorée sous chaque fenêtre de dessins en grès et silex différents. En haut sur le côté à droite des fenêtres est dessinée, en pierres plus foncées, une croix.
         Au-dessus de la loggia s'étendait à l'époque, tout au long du bâtiment, une grande pièce d'un seul tenant qui était la salle de réception. Elle comporte cinq grandes fenêtres à meneau côté cour et autant, en vis-à-vis, côté jardins.
         Au milieu du bâtiment, trois petites portes ont été exécutées à Florence dans la pierre de Toscane, remontées sur place et serties dans une tapisserie de silex et de grès.
         À droite, les fenêtres en forme de hublot donnent sur l'« étuve », qui était la salle de bain de l'époque.
         Pour accéder à la loggia, on doit emprunter l'escalier de la tour. De cette tour (que l'on peut gravir jusqu'à la 3ème fenêtre, la partie supérieure devant être réparée), Ango, dit-on, surveillait sa flotte (le plateau était à cette époque moins boisé). (...)

     

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          Le château, construit face à la mer, tourne le dos au midi. C'est pourquoi la façade sud est aveugle, sauf dans sa partie supérieure, qui était occupée par la salle de réception et ses grandes fenêtres Renaissance. De celles-ci, les dames pouvaient suivre la chasse.
    Cette aile sud est remarquable par ses dimensions imposantes (50 mètres de long et 18 mètres de haut). Les murs font deux mètres d'épaisseur à leur base. L'effet monumental est accentué par les raies horizontales formées par les couches de grès et de silex. " [7]

     

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    L’aile est 

     

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    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     " Au-dessus des deux voûtes d'entrée, des médaillons représentent François Ier, dont le visage a été mutilé, et la reine (Éléonore de Habsbourg, sœur de Charles Quint), entourée, de chaque côté, par Jehan Ango et son épouse réunis dans le même médaillon, et par « le bon sauvage ». À droite au-dessus de la porte d'entrée de la tour apparaissent les écussons en forme de coquille Saint-Jacques, qui furent l'emblème de Dieppe au Moyen Âge.
         Les fenêtres à meneau (croisillon) sont typiques de la Renaissance, et sont en calcaire blanc.
         À gauche, du côté du colombier, les petites portes basses étaient celles d'un chenil, autrefois plus profond, qui abritait des chiens de chasse.

         L'aile est comprend trois pièces ouvertes au public dont :

     

    - La pièce d’agrément

     

         Pièce de gauche. Belle cheminée où sont représentés, en haut des pilastres (colonnes), Jehan Ango et son épouse, Anne de Guillebert.

     

    - La cuisine

     

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         Pièce de droite. Cette salle était la cuisine. Les dalles de grès du sol sont d'origine.
         Les repas étaient préparés dans la cheminée ; les pierres incrustées dans le mur du fond de celle-ci faisaient office de plaque de cheminée.
    Les gardes dormaient dans les niches supérieures, de part et d'autre de la cheminée. De cet emplacement, ils surveillaient le porche d'entrée (condamné depuis et remplacé par une pièce). Dans la niche de droite, une tête de chien aux yeux exorbités symbolise la garde. " [7]

     

    L’aile nord

     

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         " Cette partie, qui remonte à l'origine du manoir, était à vocation agricole. Elle abritait jusqu'en 1976 une grange et une étable. Elle a été transformée en salle de réception, qui peut être louée pour des mariages et autres événements (capacité de 300 personnes assises). " [7]

     

    L'aile ouest

     

         " On peut remarquer la façade de l'aile ouest, côté cour, garnie de trois fenêtres Renaissance. " [7]

     

         Une salamandre, symbole de François Ier, recu avec sa cour au manoir, est sculptée sur ses murs. [NdB] 

     

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    Le colombier

     

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    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     " Construit en 1532, le colombier ( le mot « pigeonnier » ne s'utilise que depuis le 17ème siècle ) est alors le plus grand de France (11 mètres de haut et 22 mètres de circonférence). Il se compose de 1 600 boulins (niche abritant un couple de pigeons) pouvant héberger 3 200 pigeons. Le droit de colombage est issu du Moyen Âge. Il était un privilège de la noblesse et le nombre de boulins indiquait la richesse de son propriétaire, ce qui donne une idée de la puissance de Jean Ango. C'est le premier des droits féodaux à être supprimé à la Révolution, car ces élevages de pigeons faisaient beaucoup de dégâts parmi les récoltes.


    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     La forme en bulbe du toit, sans équivalent en France, reflète l'influence byzantine, à l'époque de l'alliance entre la France et la Turquie.
         On admirera la savante marqueterie du mur, réalisée à partir des matériaux locaux : briques, silex et grès.
         La corniche de pierre à mi-hauteur porte le nom de « larmier » : elle fait office de barrière contre les rongeurs escaladant la façade pour aller dévorer les œufs des pigeons.
         Ango y fit élever des pigeons voyageurs pour rester en contact avec ses navires.
         Ayant servi les siècles suivants d'étable, on n'y trouve plus aujourd'hui qu'une mangeoire circulaire et quelques boulins. " [7]

     

    Ci-dessus, le manoir d’Ango (autrefois Les Maillets), à Varengeville-sur-Mer (Seine-Maritime). Élévation et coupe du colombier. Dessin aquarellé de Gabriel Malençon, 1879. Médiathèque de l’architecture et du Patrimoine. [Cliché RMN.]

     

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         " Enfin, (légende ou réalité ?) un système de souterrains aurait relié le château de Varengeville, le château d’Arques-la-Bataille et celui de Dieppe. " [3]

     

    Protection

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     " Il est classé monument historique depuis 1862 sur la liste établie par Prosper Mérimée. " [1] 

         Il a été d'ailleurs l'un des premiers à être classé M. H. sur la liste établie par Prosper Mérimée, qui comprend, entre autres, le Louvre, Notre-Dame de Paris, le château de Versailles, Chambord, Chenonceaux, etc... [NdB]

     

         Le manoir est ouvert aux visites d'avril à septembre. " [1]

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)     Le manoir Ango fait partie des Maisons des Illustres. Ce label du ministère de la culture distingue les maisons de grands personnages. Elles doivent ouvrir au moins 40 jours par an et proposer un programme de visite de qualité.

         Adresse : manoir d’Ango, chemin de Cayenne, 76119 Varengeville-sur-Mer [NdB]

     

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    Ci-dessus en bas à gauche une vue aérienne extraite du site Géoportail.

     

    A proximité :

     

         A Varengeville : " Le village-rue à quelques encablures de Dieppe mérite à lui seul le voyage. Son église du 12e siècle semble suspendue à la falaise, dans un écrin de verdure. Autour d’elle, un cimetière marin où repose l’artiste Georges Braque, qui réalisa un vitrail pour l’église. Le lieu, d’une poésie extraordinaire, offre une vue inoubliable sur la côte. À quelques centaines de mètres, le bois des Moutiers est un autre site admirable au bord des falaises. La maison, le parc, les jardins ont été créés à la toute fin du 19e siècle par Guillaume Mallet. Ambiance british, et pour cause : les jardins ont été aménagés par Gertrude Jekyll, fameuse paysagiste anglaise, et le manoir conçu par l’architecte Edwin Lutyens... Ici, rhododendrons, azalées ou magnolias se confondent avec la flore sauvage de la côte... " [8]

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime)         " L'église Saint-Valery et le cimetière marin (classés monument historique sont situés au bord de la falaise, non loin du « Câtelier » que les autochtones nomment « la tombe du petit doigt de Gargantua ». (...)

     

    LES REMPARTS D'ANGO (Seine-Maritime) Elle est connue pour son cimetière marin, où sont enterrés, entre autres, Jean Francis Auburtin, Georges Braque, concepteur d'un vitrail de l'église, Georges de Porto-Riche et Albert Roussel. L'impressionniste français Claude Monet a visité Varengeville et peint ses paysages. [voir ci-contre] " [1]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de https://www.seine-maritime-tourisme.com/diffusio/fr/je-choisis/une-visite/chateaux-monuments/varengeville-sur-mer/manoir-d-ango_TFOPCUNORM00FS000DI.php

    [3] Extrait de https://www.manoirdango.fr/Site_Manoir_dAngo/Manoir_dAngo_Historique.html

    [4] Extrait de https://www.lieux-insolites.fr/seinemar/ango/ango.htm

    [5] Extrait de https://www.andrebreton.fr/work/56600100485500

    [6] Extrait de https://www.manoirdango.fr/Site_Manoir_dAngo/Manoir_dAngo_Historique.html

    [7] Extrait de http://didiertougard.blogspot.com/2017/08/tourisme-en-normandie-le-manoir-dango.html

    [8] Extrait de https://www.detoursenfrance.fr/destinations/escapades/les-joyaux-de-varengeville-sur-mer-1900

    [9] Extrait de La Normandie monumentale et pittoresque... Seine-inférieure, 1re [-2e] partie... - Éditeur Lemâle (Le Havre) 1893 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62340920/f453.image.r=%22manoir%20d'Ango%22?rk=686698;4

     

    Bonnes pages :

     

    Site officiel :

    https://www.manoirdango.fr/Site_Manoir_dAngo/Manoir_dAngo.html

     

    https://monumentum.fr/manoir-ango-pa00101079.html

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/pays-caux/dieppe/varengeville-mer-au-manoir-jehan-ango-maison-illustres-1007933.html

    https://www.linternaute.com/sortir/escapade/1225712-escale-a-etretat/1226878-manoir-d-ango

    https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0001193376/0002/v0001.simple.selectedTab=otherdocs

    http://nanienormandie.canalblog.com/archives/2015/08/01/32432423.html

    http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article15653

    La Normandie monumentale et pittoresque... Seine-inférieure, 1re [-2e] partie... - Éditeur Lemâle (Le Havre) 1893 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62340920/f453.image.r=%22manoir%20d'Ango%22?rk=686698;4

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1416712/f316.image.r=%22manoir%20d'Ango%22

     

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  • LES REMPARTS DE GUITRY (Eure) LES REMPARTS DE GUITRY (Eure) LES REMPARTS DE GUITRY (Eure)

     

    Ci-dessus, à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

          Il y avait autrefois un château à Guitry. Vers 1020, Baudry était seigneur de cette forteresse ; celle-ci est rasée en 1137 par le roi d'Angleterre, Etienne de Blois, et détruite à nouveau en 1152 par Henri II Plantagenêt. Celle-ci a laissé la place à proximité à un château de style classique. Je n'ai trouvé que peu d'informations sur ce " châtel " disparu. [NdB]

     

    LES REMPARTS DE GUITRY (Eure)   LES REMPARTS DE GUITRY (Eure)

     

    Plan de situation supposé du château médiéval de Guitry ;  blason " fascé d'argent et de gueules à huit pièces " de la famille de Chaumont-Guitry par Twocats — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=63967837

     

    LES REMPARTS DE GUITRY (Eure)     " On a longtemps écrit et on prononce encore généralement Qui tri. - Au 11e siècle, le seigneur, en bâtissant l'église, y avait établi trois chanoines qui furent remplacés par des moines de l'abbaye de Saint-Wandrille ; ce prieuré fut réuni à l'abbaye vers 1385. - On a découvert à plusieurs reprises, dans les terrains voisins de l'église, des tombeaux en pierre renfermant, avec des ossements, des croix et des chapelets. -

         En 1137, Etienne, roi d'Angleterre, rasa la forteresse de Guitry, parce qu'elle était devenue un centre de rébellion et de brigandage. -

         En 1152, Henri II la brûla. - Il en est resté une portion de tour et des pans de murailles incorporés dans les bâtiments de la vaste ferme qui occupe le sommet du mamelon. -

         On trouve qu'en 1420, le sire de Guitry défendit vaillamment Montereau et Orléans contre les Anglais. " [1] 

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1836, Archives de l'Eure - https://archives.eure.fr/

     

         " Guillaume de Chaumont est un peu mieux connu. Fils d`Osmond, seigneur de Chaumont-Guitry, il se signale à plusieurs reprises, tout comme son père, par sa bravoure sur les champs de bataille aux côtés de Louis VI, luttant contre Henri Ier d'Angleterre. S'il n'est pas du tout assuré qu'il ait participé à la bataille de Brémule (20 août 1119), il est présent au siège du château de Tillières et y est même fait prisonnier. Son mariage avec Isabelle daterait, selon J. Depoin, de 1114, selon Achille Luchaire du printemps 1117. On ignore la date de sa mort, antérieure cependant å 1175. " [2] 

     

          " Le premier seigneur de Chaumont, connu dans l'histoire, est Robert I, surnommé l'éloquent ; il tomba de cheval au retour d'une course qu'il avait faite en Normandie, et périt accablé sous le poids de ses armes.
         Osmond I, Gasse, son fils, chef de la branche des seigneurs de Poissy, fit la guerre aux anglais et fut fait prisonnier à la bataille de Breninville en 1119. Il mourut à l'abbaye de Saint-Germert de Flaix, où il s'était fait religieux.
         Guillaume I, son successeur, avoit aussi été fait prisonnier par les anglois en 1119 ; il vivait encore en 1137, quand Etienne, roi d'Angleterre, prit son château de Guitry, et le fit raser. Ce Guillaume est le père d'Osmond-Gonthier dont saint Bernard parle dans ses épîtres, et de Philippe de Chaumont, chanoine de Rouen. (...) " [3] 

     

         " L'érection de châteaux durant la période d'anarchie qui suit la mort d'Henri Ier (1135), le phénomène est particulièrement marqué en Vexin normand, que les Plantagenêt durent céder au roi de France jusqu'en 1160 (Bacqueville, Baudemont, Etrépagny, Guitry, Gamaches, Guiseniers, Hacqueville, Longchamps, Tourny) et semble avoir affecté la plaine de Saint-André (Damville, Grandvilliers, Groœœuvre et peut-être Saint-André). " [4]

     

         " Plus tard, Etienne d'Angleterre revint à la charge et réussit à enlever et à détruire le château de Guitry, qu'Orderic, en normand fidèle, appelle « un repaire de brigands ». " [5]

     

     Guitry (Eure). La Place Verte

     

    LES REMPARTS DE GUITRY (Eure)     Le château de Guitry, cité en 1137, est probablement une ancienne place de la famille de Chaumont-Quitry qui y avait fondé une collégiale, convertie en prieuré dans les années 1030-1040. Sur le terrain, château et prieuré sont mal identifiés. Une lecture étendue de la topographie du site, une butte de sables indurés qui domine les plaines alentours, liée à l’étude de quatre sites de caves médiévales, permet de formuler une hypothèse quant à la localisation du château.

         À l’extrémité ouest du cœur de village, la Place Verte, vide de constructions anciennes, est bordée par un dénivelé supérieur aux pentes naturelles. Elle est aussi partiellement encadrée par une rue courbe dans l’axe de laquelle se trouve un cellier sur deux niveaux. Celui-ci est composé d’une galerie principale qui dessert à un premier niveau une cave rectangulaire bordée de deux cellules (15 m²), puis à un second niveau, inférieur, un couloir encadré de deux paires de deux cellules identiques (20,5 m²) et dont l’extrémité forme une cinquième cellule.

         Le décaissement du couloir au niveau bas et le percement d’un espace troglodyte dans la dernière cellule met en évidence un remblai antérieur à la construction de la cave dont l’extrémité butte sur une pente façonnée du terrain naturel. La surface de la cave et la nature du terrain plaident pour une maçonnerie installée dans un espace ouvert, déjà partiellement remblayé. Ajoutée aux anomalies topographiques et parcellaires, cette donnée permet d’envisager un fossé courbe, dont l’ouverture peut être estimée à 15 m. Il isole un espace semi-circulaire d’environ 50 m de diamètre. La construction de la cave et du bâtiment qui lui était associé annule ou déprécie certainement la fonction défensive du site. L’architecture de cette cave et un tesson de céramique en contexte stratigraphique orienteraient vers un remblai entre le 14e et le 16e s.

             Autour de cette probable haute cour, d’autres enclos ont pu être intégrés à l’espace défendu. Un autre cellier, implanté sur le côté sud de l’église Saint-Pierre, pourrait avoir également été placé dans un fossé préexistant entourant la totalité de la plateforme naturelle du site. (Relevé et étude : Gilles Deshayes et Bruno Lepeuple) " [6] 

     

    Ci-dessus, plan extrait de la carte d'Etat-Major (1820-1866) extraite du site Géoportail. On y voit un espace concentrique qui pourrait marquer l'emplacement de l'ancien château de Guitry.

     

    A proximité :

     

    - Eglise Saint-Pierre-Saint-Paul

     

    LES REMPARTS DE GUITRY (Eure)LES REMPARTS DE GUITRY (Eure)     " De l'église du 11e siècle subsiste le bras sud du transept (absidiole). Nef 16e siècle. Choeur 18e siècle. Patronage : l'abbé de Saint-Wandrille (Seine-Maritime) " [7]

     

    - Un château de style classique se dresse au centre du village.

     

    Sources :

     

    [1] Extrait du Dictionnaire topographique, statistique et historique du département de l'Eure par Louis Léon Gadebled - Canu, 1840 - 540 pages https://books.google.fr/books?id=LCLsfI8ktQEC&pg=PA257&lpg=PA257&dq=guitry+ch%C3%A2teau+eure&source=bl&ots=kdREC13iY9&sig=ACfU3U28ERFbbmflF8U4NG25iqzs1_IniQ&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwikgvaI78fpAhVwxoUKHXj_C044ChDoATAGegQIChAB#v=onepage&q=guitry%20ch%C3%A2teau%20eure&f=false

    [2] Extrait de la Bibliothèque de L'Ecole des Chartes Revue d'Erudition - Librairie Droz, 2003 - 407 pages

    [3] Extrait des Antiquités nationales ou Recueil de monumens pour servir à l'histoire générale et particulière de l'empire françois, tels que tombeaux, inscriptions, statues... tirés des abbayes, monastères, châteaux et autres lieux devenus domaines nationaux. Tome 4 par Aubin-Louis Millin (1759-1818). Éditeur Drouhin (Paris) 1790-1798 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6383758p/f214.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Guitry%22?rk=21459;2

    [4] Extrait de Château et territoire : limites et mouvances par Yves Guéna - Presses Univ. Franche-Comté, 1995 - 221 pages.

    [5] Extrait du Cartulaire de l'abbaye de Saint-Martin de Pontoise. Fascicule 5 publié d'après les documents inédits par Joseph Depoin (1855-1924) – Éditeur (Pontoise) 1895-1909https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5679545g/f49.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Guitry%22?rk=85837;2

    [6] Extrait de Haute-Normandie. Étude microtopographique des fortifications de terre de Haute-Normandie. Responsable d’opération : Anne-Marie Flambard Héricher, Aude Painchault, Diégo Cocagne, Bruno Lepeuple et Gilles Deshayes Notice rédigée avec Anne-Marie Flambard Hericher - p. 324-326 https://journals.openedition.org/archeomed/11138

    [7] Extrait de https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00017238

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  • LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche) LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche) LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche)

     

    Ci-dessus : à gauche, une photo extraite de https://www.manchetourisme.com/manoir-du-grand-taute-a-saint-sauveur-villages/pcunor050fs000nd ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

          Le manoir du Grand Taute " est situé dans le département français de la Manche, à 2,6 km au sud-est du bourg de Saint-Sauveur-Lendelin, commune déléguée de la commune nouvelle de Saint-Sauveur-Villages. " [1]

     

    Histoire

     

    LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche)     " Les premiers occupants du manoir de Taute appartinrent à la famille Petiot. Un Simon Le Petiot, vicomte de bailliage, subit une sévère réprimande en 1359, car il avait été aperçu chevauchant de concert avec une troupe anglaise. (En rappel, un grand nombre de seigneurs et de paroisses demeurèrent fidèles au roi de France et Saint-Sauveur-Lendelin fut de celles-ci). " [2]

     

    Ci-dessus, une photo extraite de https://actu.fr/normandie/saint-sauveur-lendelin_50550/cet-ete-profitez-pour-decouvrir-lun-joyaux-coutancais-manoir-grand-taute_17685270.html

     

         " Il fut édifié à la fin du 16ème siècle par Jean le Coq, officier de justice. " [3]

     

    LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche)     " Datant de 1580, la construction du Grand Taute a longtemps été attribuée à Jean Le Coq. Mais, d'après d'anciens textes retrouvés récemment, « Le premier sieur du Grand Taute avéré est Jean Langlois, dont la famille était originaire d'Orval », indique le propriétaire, Christian Hérault. Alors que les guerres de religion sévissaient un peu partout dans la région, le Grand Taute fut attaqué en 1587 (ou 1588). Partisan de la Ligue, Jean Langlois se sera fait « saisir nocturnement » par des protestants.

     

    Ci-dessus, blason de la famille Le Cocq https://gw.geneanet.org/benoitconnan?n=le+cocq&oc=&p=madeleine

     

         Sérieusement endommagée, la partie nord du logis (partie la plus basse) ne fut jamais reconstruite à l'identique. Mais, depuis, le bâtiment, qui a conservé ses allures de forteresse avec ses grilles aux fenêtres, n'a subi aucune transformation. " [4]

     

    LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche) LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche) LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche)

     

    Ci-dessus : à gauche, une photo extraite de https://www.manchetourisme.com/manoir-du-grand-taute-a-saint-sauveur-villages/pcunor050fs000nd ; au centre, un plan extrait du cadastre napoléonien de 1801, Archives de la Manche, https://www.archives-manche.fr/ ; à droite, Raymond Quenedey : La Normandie - Manche et Orne. Les provinces de l'ancienne France. Recueil de documents d'architecture civile de l'époque médiévale au XVIIIe siecle. Paris, F. Contet Editeur d'Art, 1931. 5ème série. https://www.elke-rehder.de/Antiquariat/fotografie-3/normandie-manche-quenedey.htm

     

         " Le manoir du Grand Taute a été habité jusqu’en 1670. Il a ensuite été transformé en ferme jusqu’en 1872. " [5]

     

    LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche)LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche)     " Aux 18e et 19e siècles succèdèrent aux Lecoq, les familles Le Breton de Beaucoudray, Tardif de Vauclair et Verdun de la Crenne. [J'ai trouvé ailleurs cette succession : familles Le Petiot, Le Cocq, Le Breton de Clivonnet, Tardif de Moidrey, de Verdun [NdB]

         Le manoir, au milieu du 19e siècle (vers 1870) fut acheté par Pierre Delalande, notaire à Saint-Sauveur-Lendelin, qui le conserva dans sa famille pendant près de cent ans." [2] 

     

    Ci-dessus, à gauche, blason de la famille Tardif http://lelionalacrinierebleue.blogspot.com/2015/05/genealogie-tardif-de-petiville.html ; à droite, blason de la famille de Verdun par Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3736763

     

         " Quand Chantal et Christian Herrault achètent la propriété en 1995, le manoir du Grand Taute ne ressemblait plus qu’à une boule de lierres. Les travaux de consolidation des murs et de rénovation de l’ensemble des bâtiments restaient à entreprendre. Les nouveaux propriétaires se sont attelés à la tâche et ils ont pu en faire leur résidence secondaire. " [5]

     

         " Propriétaires depuis une vingtaine d'années, Christian et Chantal Hérault continuent sa restauration. Chaque été, ils accueillent la troupe du Théâtre en partance, qui donne une représentation au mois d'août. " [4]

     

    LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche)LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche)

     

     Plan de situation du manoir du Grand Taute sur la commune de Saint-Sauveur-Lendelin ; blason de la famille Le Cocq https://gw.geneanet.org/benoitconnan?n=le+cocq&oc=&p=madeleine

     

    Description 

     

    LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche)     " La façade présente des chevauchements de niveaux, ce qui était courant au moyen-Age : deux niveaux dans la partie centrale, trois niveaux dans la partie méridionale, comme dans la partie endommagée en 1588. Deux tours, l’une en façade avant et l’autre à l’arrière, contiennent chacune un escalier qui dessert les pièces. Les fenêtres sont caractéristiques des constructions Henri IV-Louis XIII du Clos du Cotentin, avec leurs meneaux à section carrée sans mouluration.

         Les deux lucarnes surmontées d’un fronton semi-circulaire sont également typiques de la même période. " [5] 

     

    Ci-dessus, une photo extraite de https://www.entreprise-bodin.com/realisations-bodin/manoir-du-grand-taute-meuble-propriete-privee/51?pcsd=7_0_0_1

     

         La visite permet d'évoquer avec précision le cadre de vie d'une seigneurie rurale pendant la période troublée des guerres de religion. Un système défensif très élaboré, parfaitement conservé, protégeait la demeure contre d'éventuelles incursions ennemies. " [3]

     

         « Sa particularité réside dans ses importants mécanismes de défense, à l'extérieur mais aussi à l'intérieur, avec notamment de nombreux trous de fusil dans les murs. » [4]

     

    LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche) LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche) LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche)

     

    Ci-dessus : à gauche, le logis par Xfigpower — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20364178 ; au centre, la grange et l'écurie par Xfigpower — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20364179 ; à droite, la boulangerie par Xfigpower — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20364181

     

         « Les communs se composent d'une boulangerie, d'un pressoir, de granges, d'écuries et d'étables autour d'une cour devant le manoir. " [6]

     

         " Construite à l'écart, pour éviter tout risque d'incendie avec les autres bâtiments qui étaient souvent recouverts de chaume, la boulangerie présente une singularité par le fait « que le four est directement intégré dans le bâtiment ». [4]

     

         " Le pressoir ancien, non daté, est pourvu d'un tour à pommes en granit et une presse à longue étreinte. » [6]

     

         " Autre pièce rare, le pressoir « dans son jus, le seul qui soit toujours resté en place. " (...)

         Le domaine comprend également un jardin, entouré de douves, dont certaines ont été asséchées, et un étang. » [4]

     

         " Ce monument est l'un des exemples les mieux conservés de l'architecture du 16ème siècle dans le Coutançais. Longtemps transformé en ferme, sa restauration est en cours. " [3]

     

    LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche) LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche) LES REMPARTS DU GRAND TAUTE (Manche)

     

    Ci-dessus, à gauche, une photo extraite de https://www.coutances-normandie.fr/wp-content/uploads/2016/06/DSC_5870-1024x683.jpg

     

    Protection

     

         " Les façades et les toitures ainsi que le plafond et la cheminée de la grande salle du rez-de-chaussée, la façade et la toiture ainsi que le mécanisme du pressoir, sont inscrits au titre des Monuments historiques depuis le 11 août 1975. Le logis, le pressoir, la boulangerie, les écuries et la grange, la pièce d'eau et les douves qui la prolongent, et l'assiette de l'ancien jardin sont inscrits depuis le juin 1993. " [1]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de http://www.chantony.fr/patrimoine_et_histoire/50_st_sauveur_lendelin.html

    [3] Extrait de https://www.manchetourisme.com/manoir-du-grand-taute-a-saint-sauveur-villages/pcunor050fs000nd

    [4] Extrait de https://www.ouest-france.fr/normandie/saint-sauveur-villages-50490/la-decouverte-du-manoir-du-grand-taute-4343330

    [5] Extrait de https://actu.fr/normandie/saint-sauveur-lendelin_50550/cet-ete-profitez-pour-decouvrir-lun-joyaux-coutancais-manoir-grand-taute_17685270.html

    [6] Extrait de https://www.wikimanche.fr/Manoir_du_Grand_Taute

     

    Bonnes pages :

     

    O https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00110601

    O https://www.tourisme-coutances.fr/lieux_de_visite/manoir-du-grand-taute-pcunor050fs000nd/

    O http://www.chantony.fr/patrimoine_et_histoire/50_st_sauveur_lendelin.html

    O https://3dwarehouse.sketchup.com/model/uf5636e6f-a456-4763-9326-7b2d866bf875/Manoir-du-Grand-Taute

     

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    LES REMPARTS DE COMBRAY (Calvados) LES REMPARTS DE COMBRAY (Calvados) LES REMPARTS DE COMBRAY (Calvados)

     

    Ci-dessus, à droite, une photo aérienne orientée sud-nord extraite du site Google Earth.

     

    La motte du Logis de Combray

     

    LES REMPARTS DE COMBRAY (Calvados)    1889 : " Non loin d'une route allant de Thury-Harcourt à La Pommeraye, se trouve le château de Combray, construit vers la fin du 15e siècle, sur l'emplacement de la forteresse du sire de Combray.
    Les pans de murailles et les fossés, qui existent encore, ne sauraient toutefois apprendre quoi que ce soit sur la disparition du château primitif.
         Celui d'aujourd'hui a dû être élevé dans la même enceinte que le premier et il faut croire qu'on se sera accommodé, pour cette construction, des dispositions déjà prises.
         La cour du donjon a dû se trouver près de l'enceinte la plus forte, autour de laquelle sont encore des fossés remplis d'eau. "
    [1]

     

         " Motte castrale de la forteresse du sire de Combray, sur laquelle avait été édifié un château au 15e siècle. (...) Le nom de la localité est attesté sous la forme Combrai vers l'an 1000 et vers 1060. » [2]

     

         " Combray a également eu son château du 15e siècle. Il a été vendu pendant la Révolution de 1789.

         En 1880 ne restent plus que des bâtiments d’habitation et d’exploitation. Ce castel était entouré d’une douve. Il ne reste aucune trace de cet édifice sinon une motte féodale appelée de nos jours " la grande cour ". " [3]

     

    LES REMPARTS DE COMBRAY (Calvados)   LES REMPARTS DE COMBRAY (Calvados)

     

    Plan de situation de la motte de Combray ; blason de département du Calvados De Treballo de qui la cargóiEl código fuente de esta imagen SVG es válido.Este gráfico vectorial fue creado con Inkscape por User:Spedona 29/09/2007., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2832523

     

    Arcisse de Caumont, 1850 :

     

    LES REMPARTS DE COMBRAY (Calvados)     " Le château de Combray se trouve tout près et à l'est de cette église, non loin d'un ancien chemin allant de Thury-Harcourt à l'importante place de La Pommeraye. Un château a été construit vers le 15e. siècle, sur l'emplacement de la forteresse du sire de Combray, de sorte que les restes de murailles et les fossés qui existent encore, ne peuvent rien apprendre de certain sur la disposition du château primitif ; toutefois, il y a lieu de croire que le nouveau château aura été élevé dans la même enceinte que le premier, et qu'on aura cherché à s'accommoder des dispositions déjà faites. Dans cette hypothèse, l'enceinte la plus forte autour de laquelle on remarque des fossés remplis d'eau, et dans laquelle était le château du 15e. siècle, aurait été la cour du donjon. Elle était précédée d'une autre enceinte ou basse-cour, disposition commune à beaucoup de châteaux normands.
    Celui de Combray devait avoir peu d'importance ; borné presque de tous côtés par des éminences, l'art n'avait presque rien fait pour remédier au désavantage de la position. " [4]

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1828, Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/

     

    LES REMPARTS DE COMBRAY (Calvados)     " Logis de Combray (Coordonnées Lambert ; 396 750 X 142 450).

          Le nom de Logis s'appIique à une construction du 15e siècle qui fut élevée sur le site d'une motte. Ce Logis a presque complètement disparu, mais la topographie a conservé les traces de la plus ancienne fortification. Celle-ci était située à l'est de l'église du village, dont elle n'est séparée que par la route moderne. L'ensemble de la motte et de sa basse-cour s'étendait du sud vers le nord, sur un terrain à peu près plan. De la motte, il demeure le dessin circulaire et le profil très aplati. Un herbage et un jardin se divisent sa superficie. Vers l'est, elle est limitée par les douves de l'ancien Logis, tandis que se prolonge vers le nord le fossé qui dut entourer la basse-cour, dont la route suit également le dessin.

         Cette motte, qui a fait l'objet d'une description d'A. de Caumont, a sans doute contrôlé un carrefour d'importance moyenne : c'est ici que se rejoignaient sans doute les différents itinéraires du Chemin d'Harcourt à Falaise, et de Combray partait également un chemin gagnant le Pont de la Mousse. " [5]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du sité Géoportail.

     

    Les seigneurs de Combray

     

         " Geoffroi de Combray (11e siècle), cité dans les listes des compagnons de Guillaume le Conquérant. " [2]

     

         " Robert Wace cite ensemble (vers 13 775 et suivants), comme ayant pris part à la bataille de Hasting, plusieurs seigneurs dont j'ai retrouvé les châteaux dans les communes du Calvados qui portent le même nom. Ce sont les seigneurs d'Aulnay, du Molay, de Combray, de Rubercy, et de Fontenay-le-Marmion. Le poète leur fait proférer des cris de mort contre le roi Harold.
         «
    Les seigneurs de Combray, celui d'Aulnay, les sires de Fontenay, de Rubercy et du Molay couraient, dit-il, en mandant le roi Harold et disant aux Anglais : Où donc est le roi que vous servez, le parjure qui a manqué de foi à Guillaume ? si nous pouvons le trouver, sa mort est
    certaine
    . » [6]

     

    LES REMPARTS DE COMBRAY (Calvados)         " Combray avait ses seigneurs particuliers au temps de la Conquête, et Rob. Wace les nomme positivement entre ceux qui se trouvèrent à la bataille de Hastings, en 1066. (Rom. de Rou, t. II , p.267.) Plusieurs personnages de cette famille figurent dans les chartes des 12e et 13e siècles, pour des donations diverses, aux abbayes de Fontenay et d'Aunay, et au Prieuré du Plessis-Grimoult. La dernière de ces donations paraît être de l'an 1318, faite par Jean de Combray, Seigneur de Mont-Gautier et de la Chauvelière. (L'Ech., Antiq., etc., t. 7, p. 51 , 368, 37 o, etc., et t. 8, p. 79 et 8o. ) La famille de Combray possédait un fief à Fontenay-le-Marmion, au temps de Robert Fitz Erneiz VI. ( Gall. Christ., t. 11, instr. col. 336.) Il subsiste à Combray des restes d'une motte féodale, qui paraît être des 13e. ou 14e. siècles. (Galeron, cab. man., p. 22.) " [7] 

     

    Ci-dessus, carte des châteaux, mottes, enceintes... de la Suisse Normande, in Le château Ganne : premiers résultats de la fouille archéologique de Anne-Marie Flambard Héricher https://books.google.fr/books?id=hwz3959N0kcC&pg=PA5&lpg=PA5&dq=Motte+de+Combray&source=bl&ots=AhYLHqvkhI&sig=ACfU3U1HBYECfc6p-T-nz5hcQVY-cvyv0g&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjspu32kqfpAhWlx4UKHXruDOwQ6AEwB3oECAoQAQ#v=onepage&q=Motte%20de%20Combray&f=false

     

         1880 : " Du château des sires de Combray

         Deux des sires de Combray assistaient à la bataille d'Hastings en 1066. Le château de Combray a été vendu pendant la révolution de 89. Elie, écuyer, seigneur et patron de Combray, l'avait quitté pour s'expatrier. Ses biens furent confisqués et vendus à différents particuliers. Il ne reste plus que des bâtiments d'habitation et d'exploitation, tout a été transformé.
          On voit encore le portail qui existait autrefois. Ce castel était entouré d'une douve qui est aujourd'hui à sec. Près de la porte à l'ouest est encore l'étang.
         Les Elie de Combray et les Elie de Treprel et les Elie de Beaunoeil étaient de la même famille.

         Le château-fort de Combray, quoique très ancien, ne datait pas assurément de la conquête normande, il était à la place de l'ancienne forteresse des sires de Combray. " [8]

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE COMBRAY (Calvados)LES REMPARTS DE COMBRAY (Calvados)     " Église Saint-Martin, 11e siècle, très remaniée. " [2] :

     

          " L'église de Combray offre, dans le mur latéral du sud, des parties du 12e siècle ; on y voit quelques modillons à figures et la maçonnerie annonce une certaine antiquité. Le mur du nord a été reconstruit ; la façade occidentale pourrait dater du 13e siècle ; du reste, cette église a peu d'intérêt. " [4]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de A travers le pays d'Auge par Henri Vuagneux – Éditeur E. Dentu (Paris) 1889.

    [2] Extrait de Wikipédia

    [3] Extrait de https://www.suisse-normande.com/nos-42-communes/combray/

    [4] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados, tome 2, p 592, par A de Caumont. Derache, 1850. https://books.google.fr/books?id=QdwDAAAAYAAJ&pg=PA592&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false   

    [5] Extrait de Les Fortifications de terre et les origines féodales dans le Cinglais par Michel Fixot, CRAM Caen, 1968 https://books.google.fr/books?id=l5_aCg3J2fMC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s 

    [6] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados, Tome 3 par M. Arcisse de Caumont (1801-1873) - Éditeurs Derache (Paris) / Dumoulin (Caen) / A. Hardel () 1846-1867 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96748058/f252.item.r=statistique%20monumentale%20du%20Calvados%20tome%203.texteImage

    [7] Extrait des Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie 1837 https://books.google.fr/books?id=Y-Q2AQAAMAAJ&dq=Motte+de+Combray&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    [8] Extrait de l'Essais historiques sur les vieux châteaux du Moyen-Âge et sur les sires de ces castels, qui ont habité la Normandie et l'Angleterre : faits historiques sur onze communes de l'arrondissement de Domfront par M. Arsène-François Lainé de Néel. Éditeur : l'auteur (Mesnil-Hubert (Orne), 1880 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57723965/f29.item.r=%22%20ch%C3%A2teau%20de%20combray%22.texteImage

     

    Bonnes pages :

     

    O https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00000603

    O Les Fortifications de terre et les origines féodales dans le Cinglais par Michel Fixot, CRAM Caen 1968 https://books.google.fr/books?id=l5_aCg3J2fMC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s 

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