• LES REMPARTS DE LA VAUCELLE (Manche) LES REMPARTS DE LA VAUCELLE (Manche) LES REMPARTS DE LA VAUCELLE (Manche) 

     

         1891 : « A trois ou quatre cents mètres au Sud des dernières maisons de la rue des Ruettes, s'élève le manoir de La Vaucelle, avec ses bâtiments disparates, sa chapelle abandonnée, sa large cour et son colombier gros et trapu. Ce n'est plus le manoir des anciens temps ; comme bien d'autres, il a subi des réparations qui, quoique visant à reproduire son premier état, en ont changé la physionomie, le caractère : la chapelle notamment, avec sa galerie extérieure, n'est plus celle du commencement du siècle.

         Où sont aussi les toits de chaume ? Où sont les fenêtres munies de grilles serrées ?

         Ses abords n'ont pas moins changé. Le chemin qui y conduisait directement, ne passe plus au pied des bâtiments ; la fontaine et l'épine séculaire qui l'ombrageait, ont disparu ; la cour est devenue prairie comme l'ancienne voie à moitié dallée qui, il y a peu d'années encore, mettait La Vaucelle en communication avec les Ruettes.

    Telle qu'elle est cependant, au milieu de vertes prairies, que borde la Vire, cette résidence n'en a pas moins un cachet seigneurial bien marqué ; et l'on doit toujours lui appliquer ces vers de Guillaume Ybert (...) qu'on peut traduire ainsi :

         « C'est là qu'au couchant coule la Vire au milieu des fraiches vallées et des molles prairies qu'elle arrose ; c'est là qu'est assis un antique manoir (nos ancêtres l'ont appelé La Vaucelle) illustré par de nombreux titres, par le nom de son fondateur, par l'hospitalité donnée à des rois, et par la chapelle dédiée à la vierge de Galilée. » [1]

     

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    A gauche : https://monumentum.fr/chateau-vaucelle-pa00110581.html ; au centre : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_la_Vaucelle#/media/Fichier:Ch%C3%A2teau_de_la_Vaucelle_pris_depuis_le_chemin_du_halage.jpg ; à droite : une photo aérienne extraite du site Géoportail. 

     

    LES REMPARTS DE LA VAUCELLE (Manche)     « Le château de la Vaucelle est une demeure seigneuriale de Saint-Lô. Le manoir est construit au 14e siècle sur les bords de la Vire. Il est remanié au 16e siècle.

         Il appartient à la famille Boucard, dont Jean Boucard, évêque d'Avranches, né et mort dans cette demeure.

         La chapelle Sainte-Pernelle est l'œuvre d'un seigneur de la Vaucelle Jean Boucart, confesseur de Louis XI et fondateur de la bibliothèque paroissiale de Saint-Lô qui fut pour l'époque la deuxième bibliothèque de Normandie par son importance. » [3]

     

         « Trois rois résidèrent à La Vaucelle : Édouard III en 1346, au début de la guerre de Cent Ans car le roi trouvait la ville non sûre, François Ier lors de sa visite en 1532 et Charles IX. » [4]

     

         ...et même un quatrième, le roi Jacques II d'Angleterre en 1690... [voir ci-après, NDB]. En résumé : 

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    De gauche à droite : 1. Edouard III d'Angleterre par Inconnu https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6388769 ; 2. François Ier vers 1530 par Jean Clouet, huile sur toile, Paris, musée du Louvre par Jean Clouet, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30275305 ; 3. Charles IX de France, d'après François Clouet, huile sur bois, Versailles, musée national du château par d’après François Clouet — Agence photographique de la Réunion des musées nationaux (RMN), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=203309 ; 4. Portrait de Jacques II par Largillierre, 1686 par Nicolas de Largillière — nmm.ac.uk[1], Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6694643

     

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    Plan de situation du château de la Vaucelle ; blason de la famille de Boucard par Gilloudifs.

     

    Histoire

     

    LES REMPARTS DE LA VAUCELLE (Manche)     « Il est indubitable qu'un premier manoir a fait place à la demeure actuelle. En 1281, Philippe de la Vaucelle, chevalier, le possédait à titre de seigneurie. Peut-être existait-il encore en 1346, au temps de Colin Pitelou, écuyer, dont Edouard III d'Angleterre fut l'hôte un peu forcé, lorsqu'il assiégea et prit Saint-Lô. » [5]

     

     

    Blason de la famille du Hommet par TomKr Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par TomKr., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2583514

     

         « On sait, en effet, par Froissard, que quand le roi d'Angleterre fut « venu assez près, il se logea dehors et ne voulu oncques loger en la ville pour la doubte du feu », et c'était « une tradition, dans le pays, » dit Toustain de Billy, qu'il logea à La Vaucelle...» [1]

     

    LES REMPARTS DE LA VAUCELLE (Manche)     « En 1409, Me Guillaume Adigard, lieutenant du vicomte de Carentan, y avait son hôtel. Sous la domination anglaise, Me Guillaume Biote, aussi vicomte de Carentan, reçut la Vaucelle en récompense des services rendus à l'envahisseur.
         Les Anglais chassés, la Vaucelle redevint, vers 1450, la propriété des Adigard, pour bientôt passer, par suite d'alliance, aux Boucard, seigneurs du Mesnil-Amey. » [5]

     

     

    Ci-dessus, blason de la famille Adigard par Tretinville Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Tretinville., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18693270

     

    LES REMPARTS DE LA VAUCELLE (Manche)     « L'édification du château de La Vaucelle, qui fut une splendide habitation, fut exécutée par la famille Boucard, au 15e siècle. Pierre Boucard, sieur du Mesnil-Amey et Richard Boucard, sieur de La Vaucelle, furent reconnus nobles par Raymond Montfort, en 1463 ces deux seigneurs, qui étaient fort riches, eurent encore un autre frère, Jean Boucard, évêque d'Avranches, de 1453 à 1484. Ce fut positivement ce prélat qui bâtit, orna et dota la chapelle très connue de La Vaucelle, dédiée à Sainte Pétronille, pour laquelle les populations avaient une dévotion toute particulière. Jean Boucard fit sa résidence à La Vaucelle, qui fut un très beau palais épiscopal. » [2]

     

    Ci-dessus, bason de la famille de Boucard par Gilloudifs

     

         « C'est à la Vaucelle que naquit Jean Boucard, évêque d'Avranches, aumônier de Louis XI, et c'est là qu'il mourut. La chapelle accostée au manoir est son œuvre, mais non la galerie qui la couronne. Il était de règle que les chapelles particulières fussent très simples. (...)

     

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    LES REMPARTS DE LA VAUCELLE (Manche)     Aux Boucard succédèrent les Du Chemin, vers la moitié du 16e siècle. Depuis lors la Vaucelle demeura la propriété de cette dernière famille, dont les membres tinrent un assez grand état dans la cité voisine. » [5]

     

         Voir sur la famille Du Chemin ou Duchemin :

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_du_Chemin

     

         « Situé au bord de la Vire, le château appartient aux descendants du mémorialiste saint-lois du 17e siècle Luc Duchemin. » [4]

     

    Ci-dessus, blason de la famille Du Chemin Par Odejea, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=527049

     

    LES REMPARTS DE LA VAUCELLE (Manche)     « Lucas du Chemin 2e du nom, écuyer, sieur du Feron, de la Haulle-Semilly, du Mesnil-Guillaume et Montbray, qui vivait en 1518 et mourut en 1574, prit le titre de sieur de La Vaucelle. Ce point est établi par l'épitaphe de sa veuve lsabeau Renault, morte le 12 juin 1590 et inhumée dans la chapelle Saint-Pierre et Saint-Paul de l'église Notre-Dame.

         Ce fut lui que les huguenots, maîtres de Saint-Lô, en 1562, voulurent tuer ou le punir de son attachement à la religion catholique et à la cause de la royauté. S'il leur échappe, en se réfugiant en sa terre de La Meauffe, ils s'en vengèrent en saccageant le manoir de La Vaucelle, brûlant les ornements de la chapelle de Sainte-Pernelle et abattant la grande croix élevée en face de cet oratoire.

    Les troubles un instant apaisés, le roi Charles IX profita de l'acalmie pour visiter le Cotentin. ll logea à La Vaucelle, certain qu'il était de la fidélité et du dévouement du sieur du Feron. » [1]

     

         « Il est très admissible dès lors que Charles IX ait pu, avec sa mère, la reine Catherine de Médicis, occuper au château de La Vaucelle une pièce que l'on y désignait, paraît-il, sous le nom de Chambre du Roi. » [2] 

     

         « Lorsqu'en 1571, les Religionnaires reprirent les armes, ce fut en cet hôtel que Matignon établit son quartier-général, lors de l'investissernent rapide qui précéda le siège de Saint-Lô. De Caillières dit, en effet, que le Maréchal se porta de sa personne à la tête du vallon où son situés les faubourgs de Torteron et de Vaucelle. ll ne pouvait choisir un lieu plus propice. D'une part, Lucas du Chemin était un chaud royaliste, et, de sa demeure, son hôte surveillait à souhait les routes conduisant dans l'Avranchin et le Bocage où Montgommery et Colombières comptaient de nombreux et intrépides partisans. » [1]

     

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         « On trouve, ..., en 1650, Laurent Du Chemin, seigneur de la Vaucelle, avec le grade de maréchal de camp ; François, son neveu et héritier, seigneur de la Tour, conseiller du roi, lieutenant général au bailliage de Saint-Lô et maire perpétuel de cette ville...» [5]

     

    LES REMPARTS DE LA VAUCELLE (Manche)     « Jacques II se présente à Cherbourg en 1690, sans suite et sans éclat ; il fut bien accueilli des habitants, auxquels on doit savoir gré d'avoir montré plus de respect au malheur que de vaine curiosité. Le digne ecclésiastique Pasté lui présenta son clergé et mit tous ses soins à faire trouver quelques consolations, sur les terres de France, au monarque fugitif ; aussi le prince passa-t-il huit jours à Cherbourg ; de là il vint coucher au manoir de la Vaucelle, près Saint-Lô, qu'il quitta le lendemain pour aller au château de Torigny, où le comte de Matignon s'empressa de lui faire une réception digne de son rang et surtout de ses infortunes. » [6] 

     

         « ... Luc-François Du Chemin, seigneur de la Tour, de la Haulle et de la Vaucelle, colonel d'un régiment de milices, chevalier de Saint-Michel, commandeur du Mont-Carmel et de Saint-Jean de Jérusalem, lieutenant des maréchaux de France, et vice-grand bailly du Cotentin. » [5]

     

         Voir à son sujet : https://www.wikimanche.fr/Luc_Duchemin_de_la_Haulle : « Ce grand juriste, allié aux Matignon et intendant des biens normands d'Henri d'Orléans, duc de Longueville et gouverneur de Normandie, appartient à une illustre famille qui prétend descendre d'un frère de Jeanne d'Arc. »

     

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    Ci-dessus : 1. blason de la famille de la Gonnivière extrait de http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?rubrique1516 ; 2. blason de la famille le Provost de Saint-Jean extrait de http://grandterrier.net/wiki/index.php?title=Familles_nobles_gab%C3%A9ricoises ; 3. blason de la famille d'Annebault de la Motte par Gilloudifs ; 4. blason de la famille Mary de Longueville extrait de https://fr.geneawiki.com/index.php/Famille_de_Mary#/media/File:Blason_Famille_de_Mary.png

     

         « Le second fils de Luc-Francois, Jean-Baptiste-Francois-Edme-Firmin du Chemin de La Tour, hérita de la terre et seigneurie de La Vaucelle ; il mourut à Saint-Lô, le 3 mai 1767, laissant de son union avec demoiselle Anne-Jacqueline de Saint-Gilles, Anne-Stéphanie du Chemin de La Tour La Vaucelle.

         Celle-ci porta le domaine de La Vaucelle aux de La Gonnivière par son mariage avec Pierre-Hervé de La Gonnivière.

         Anne-Stéphanie, unique héritière des précédents, le fit entrer, à son tour, dans la famille des Le Provost de Saint-Jean, en épousant Charles-René Le Provost.

         Ce fut également par un mariage que La Vaucelle passa de ces derniers aux d'Annebault de la Motte plour faire retour, par le décès de Henri d'Annebault, aux Le Provost, et, enfin, collatérallement aux Mary de Longueville, héritiers en partie de Mademoiselle Louise Le Provost de Saint-Jean, décédée à Saint-Lô, le 29 avril 1889. » [1]

     

    Description

     

    LES REMPARTS DE LA VAUCELLE (Manche)     « Bien qu'au cours de ce siècle il ait subi maintes restaurations qui en ont singulièrement changé l'aspect, quelques-unes de ses parties conservent encore leur caractère et permettent de le ranger parmi les édifices construits dans le cours du 15e siècle. Telles sont les portes du principal corps de logis et de la chapelle ; tel est aussi, dans la cuisine du fermier, un charmant support de poutre formé de trois corbeaux dont les deux latéraux, moins larges que le médian, sont surmontés chacun d'un trilobe profondément fouillé ; telles sont, enfin, les crédences de la chambre dite du roy.
         La restriction que nous faisons au sujet de cette chambre est la conséquence du fait suivant, constaté par Toustain de Billy dans ses Mémoires sur Saint-Lo, écrits avant 1705 : " Depuis quelque temps on a démoli un appartement sur lequel étoit écrit, en grosses lettres : Chambre du Roy. ». [5]

     

    Protection :

     

         « Le pigeonnier et le mur à créneaux nord sont inscrits au titre des monuments historiques depuis le 11 juillet 1975. " [3]

     

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    Sources :

     

    [1] Extrait des Notes pour servir à l'histoire de Saint-Lô et de ses environs par E. Epinglard dans Annuaire du département de la Manche, volume 63, année 1891 http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article15329

    [2] Extrait de http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateaux-manche-chateau-a-st-lo-chateau-de-la-vaucelle.html

    [3] Extrait de https://www.wikimanche.fr/Ch%C3%A2teau_de_la_Vaucelle

    [4] Extrait de Wikipédia

    [5] Extrait de l'Article d'E. Epinglard pour La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc.. Manche 1re [-2e] partie. Partie 1 / Héliogravures de P. Dujardin ; d'après les photographies de E. Durand, D. Freuler et A. Thiébaut – Éditeur : Lemale & Cie, impr. édit. (Le Havre) 1899 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64809897/f45.item.texteImage

    [6] Extrait des Notes sur l'histoire du département de la Manche par Ch. Juste Honel - imprimerie de F. Poisson, 1825 - 216 pages

     

    Bonnes pages :

     

    O Notes pour servir à l'histoire de Saint-Lô et de ses environs par E. Epinglard dans Annuaire du département de la Manche, volume 63, année 1891 http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article15329

    O http://reverie.cotentinaise.over-blog.com/article-21832029.html

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64809897/f45.item

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  • LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados) LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados) LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados) 

     

         Bien que détruit en 1944, le bourg d'Argences a repris le réseau passé de ses rues. Une vue aérienne de la ville révèle un périmètre circulaire qui témoigne d'un réduit défensif (palissades et/ou fossés ?) qui pourrait correspondre au " fort d'Argences " inspecté en 1371. [NDB]

     

    « Quelques pages d'histoire

     

    LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados)     Le bourg d’Argences s’est développé face au gué sur la Muance, actuel pont de la route de Troarn, au contact de trois terroirs offrant de nombreuses ressources naturelles.

         Au nord, le marais des Terriers, émissaire du bassin de la Dives, offrait des ressources importantes par les pêcheries, les roseaux pour les toitures, la chanvrine pour les cordages, les pâtures de bord de rivière, la tourbe, mais la plus grande partie était exploitée pour l’abbaye de Troarn. La proximité du domaine maritime apportait le sel de la côte et l’huile (Dives fut un port baleinier et un lieu de saunage), par contre cet estuaire ouvrait une voie d’invasions depuis celle des saxons au second siècle jusqu’à celle des scandinaves au 9è siècle. En hiver cette zone était entièrement inondée.

     

    Document ci-dessus :  

         « Ce plan de 1748 nous permet de situer les origines géographiques et historiques d’Argences.La forme ovoïde qui est dessinée par les rues au nord du bourg correspond à un périmètre de défense, face au gué, sur l’axe qui allait du Ham au gué Béranger ou de Troarn à Magny la Campagne. La porte principale devait se trouver au sud-est face au moulin qui prit son nom. Actuelle entrée du Boulevard Deléan, elle était normalement décalée par rapport au chemin afin de reconnaître en temps les visiteurs. » [1]

     

         A l’est, les collines argileuses de l’avant côte d’Auge fournissaient la « glaise » jaune qui servait à la fabrication des « torchis » et « la bleue », base de fabrication de poteries, de tuiles puis de briques. Dès le 15e siècle et certainement avant, les moulins étaient couverts en tuiles. La première tuilerie du Fresne eut une production importante dès le 18e siècle. Il y en avait d’autres le long de la côte.

         La forêt, une chênaie-hêtraie atlantique sur sols imperméables, devait occuper tout le plateau et présentait des peuplements variés. En strate arborescente : chêne sessile et pédonculé, hêtre, sapin pectiné, bouleau, frêne, érable, peuplier tremble…, en strate arbustive houx, bourdaine saule, merisier, noisetier, fusain, troènes, chèvrefeuille, ronce…Elle fournissait en abondance des bois d’œuvre et de feu Elle fut en partie sauvée par « le quart de réserve de Colbert », actuel bois d’Argences, environ 40 ha, mais le reste évolua en bruyères par les coupes excessives, le pacage des animaux domestiques, ovins, caprins et porcins très ravageurs ; elle constituait une partie des « communaux », où chacun avait le droit de faire paître ses bêtes contre redevance... Très dégradée lors de la Révolution par les pillages de bois, la forêt fut vendue comme bien national, elle fut parcellée par les « chemins des bruyères » et mise en herbe pour le développement de l’élevage en plein essor au 19e. Très tôt, les coteaux furent plantés de vignes par les gallo-romains qui introduisirent cette culture d’origine méditerranéenne dans notre région.

     

    LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados)     A l’ouest, le riche plateau limoneux de la plaine de Caen, peuplé dès le Néolithique, produisait des céréales accompagnées d’élevage notamment après la révolution agraire des 10e 11e siècles (collier d’attelage et disposition en file, ferrage des chevaux, soc ferré de charrue, assolement triennal, blé, orge ou légumineuse puis jachère pâturée). Les productions augmentèrent entraînant l’accroissement des populations, les excédents approvisionnèrent les marchés. Les moulins se multiplièrent le long de la rivière. - Le sous-sol fournissait les matériaux de constructions, chaux, (four à Moult) sable, (carrière sur la rive gauche de la rivière), plaquettes et pierre de taille calcaire (carrière de Conteville).

         Le gué a fixé de très anciennes voies de communication notamment celle qui rejoignait Lisieux (Noviomagus) à Vieux (Aregenua) par Beuvron, certainement antérieure à la voie romaine empruntée par la N 13 et une autre venant de la mer, par Troarn, pour rejoindre St Pierre sur Dives. Le premier pont fut construit en 1806.

     

    LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados)     LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados)

     

    Plan de situation du périmètre de défense d'Argences ; blason actuel de la commune d'Argences par Chatsam — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10625343

     

    Le périmètre de défense

     

    LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados)     Face à l’ancien gué, le plan du bourg révèle un périmètre de défense dont nous ne connaissons pas l’origine. Vaste (4 ha), il servit à abriter une population nombreuse et ses troupeaux contre les invasions. Il fut probablement un grand domaine à l’époque mérovingienne qui appartint à un certain Aetius. Le quart N.E. appelé « la cour » était encore une propriété noble avant la Révolution. La porte était décalée par rapport au gué et correspondait à l’entrée du boulevard Deléan, elle donna son nom au moulin qui lui faisait face. La résidence seigneuriale se situait au niveau du Crédit Mutuel. » [1]

     

    Photo ci-dessus extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados)     « Argences était une baronnie qui, en 996, appartenait à Richard Ier, duc de Normandie : celui-ci la donna à l’abbaye de Fécamp en 1027 ; son fils Richard II confirma la donation : Argentias cum ecclesiis, terris cultis et incultis, pratis, vineis, silvis , molendinis , aquis aquarumve decursibus, mercatum foreuse, etc. , etc.

         Les moines de Fécamp avaient haute justice au bourg d'Argences, dont relevaient Sainte-Paix, de Caen ; Mondeville et le Mesnil-Frementel. Cette juridiction est souvent qualifiée de vicomté, mais plus ordinairement de sénéchaussée. » [2]

     

         « Là, Guillaume d’Argences reçut le jeune duc Guillaume de Normandie en 1047, la veille de la bataille du Val ès dunes. » [1]

     

    LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados)     « Nous trouvons une famille d'Argences qui figure dans divers actes au 13e. et au 14e. siècles ; elle tirait son nom d'Argences. » [2]

     

         Voir au sujet de cette famille d'Argences :

    Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, Volume 12 https://books.google.com.ua/books?id=SvdbAAAAcAAJ&pg=PA66&lpg=PA66&dq=Argences+et+Ses+Environs&source=bl&ots=Z9zl2gXZBX&sig=ACfU3U2Zq2QVu4fs8qivWqjHjbssVWgE3A&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiik5OovoTkAhWisaQKHStnDaU4ChDoATAHegQICBAB#v=onepage&q=Argences%20et%20Ses%20Environs&f=false

         On la signale également au manoir du Parc et au château d'Olonde (Manche).

     

    Ci-dessus, blason de la famille d'Argences par FoeNyx [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], from Wikimedia Commons

     

         « Jacques de Pipe occupait le bourg d'Argences au moment où les commissaires du roi Jean se rendirent en Normandie pour exécuter le traité de Bretigny. M. Delisle raconte avec des détails pleins d'intérêt comment il continua à piller le pays jusqu'à ce qu'on lui remît la somme de quinze mille royaux. Le roi Jean se plaignit vraisemblablement à Édouard III, mais celui-ci prenant en considération les longs services de Jacques de Pipe, lui accorda, le 29 mai 1362, des lettres de rémission. » [3] 

     

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         « Ce périmètre resta longtemps actif. Un texte de 1371 parle du « fort d’Argences »... » [1]

     

    LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados)     « Il y avait à Argences un fort dont nous ne déterminerons pas l'emplacement avant de nouvelles recherches, et dont il ne reste pas de traces à présent. En 1371, ce fort fut visité par les commissaires chargés par le roi de visiter les forteresses du bailliage de Caen et de les faire réparer. C'est ce qui résulte du passage suivant du procès-verbal de cette visite :
         « Jeudi 26e. jour de Fevrier. — Item les diz commis visitèrent le fort d'Argences, et firent les commandemens à Guillaume d'Olendon, cappitaine, et aux bourgoiz de la ville, et jour assigné jusques au jour de Pasques fleuriez (1). 

    (1) Relation de la visite des forteresses du bailliage de Caen, faite en vertu d'un ordre du roi, en 1371, par Regnier Le Coustellier, bailli de Caen, accompagné de Jehan Dubois et Rogier Lemasnier, chevaliers ; tirée des manuscrits de Gaignières (tome 2, no. 671), à la Bibliothèque royale de Paris. " [2]

     

         « ... Charles VII y campa en 1450, avant la reconquête de Caen. (...)

         Une autre résidence seigneuriale dédiée à Saint Gilles à été construite au Mesnil suite à une colonisation sur la forêt peut-être à la fin du 11ème lors de la grande expansion agraire et de la fondation du bourg. Argences, pour le malheur de ses habitants, demeura longtemps une étape militaire. » [1]

     

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    LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados) LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados) LES REMPARTS D'ARGENCES (Calvados)

     

         " Le moulin de la Porte est le plus ancien et le mieux conservé des moulins actionnés par la Muance, affluent de la Dives, depuis prés d'un millénaire. Situé rue du Moulin, il est la propriété de la ville d’Agences depuis 1999. L'association des Amis du Moulin de la Porte d’Argences (AAMPA) s'occupe de sa gestion, de sa restauration et y propose régulièrement des manifestations.

         Le moulin de la Porte fut créé par l'abbaye de Fécamp, au 11ème siècle pour moudre le blé en relation avec un four à main, les halles et le marché hebdomadaire du jeudi autorisé en 1025 par le duc Richard II. Moulin banal, il fut racheté après la Révolution et considérablement développé, trois roues l'équipèrent. Aujourd'hui, la roue en chêne vert tourne dans le vide pour le plaisir des promeneurs. " [4]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de http://www.argences.com/decouvrir-argences/lhistoire

    [2] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados. Tome 2 par M. Arcisse de Caumont (1801-1873). Éditeur : Derache (Paris)/Dumoulin (Caen)/A. Hardel - Date d'édition : 1846-1867 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96626634/f108.item.r=%22fort%20d'Argences%22.texteImage

    [3] Extrait des Œuvres de Froissart (1337?-1410?) Chroniques, Tome 22 / publiées avec les variantes des divers manuscrits par M. le baron Kervyn de Lettenhove. Éditeur : (Osnabrück) 1867-1877 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k389438/f365.item.r=%22bourg%20d'Argences%22.texteImage

    [4] Extrait de https://www.argences.com/decouvrir-argences/patrimoine

     

    Bonnes pages :

     

    Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, Volume 12 https://books.google.com.ua/books?id=SvdbAAAAcAAJ&pg=PA66&lpg=PA66&dq=Argences+et+Ses+Environs&source=bl&ots=Z9zl2gXZBX&sig=ACfU3U2Zq2QVu4fs8qivWqjHjbssVWgE3A&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiik5OovoTkAhWisaQKHStnDaU4ChDoATAHegQICBAB#v=onepage&q=Argences%20et%20Ses%20Environs&f=false 

     

    Ci-dessous un document PDF extrait de http://www.ntp.asso.fr/site2/wp-content/uploads/2018/05/LHistoire-dArgences.pdf ou https://docplayer.fr/125717084-Argences-quelques-pages-d-histoire.html

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  • LES REMPARTS DE MONTGAUDRY (Orne) LES REMPARTS DE MONTGAUDRY (Orne) LES REMPARTS DE MONTGAUDRY (Orne) 

    Ci-dessus : à gauche et à droite, photos extraites du site http://www.basaarts.nl/vraagbaak.php ; au centre, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         " Commune du Parc Naturel Régional Normandie-Maine, Montgaudry se situe à mi-chemin des forêts domaniale de Perseigne et de Bellême à 7 km au nord de Mamers. " [1]

     

         " La Butte de Montgaudry (1974 -11 ha)

         Isolé, le bourg de Montgaudry occupe l'extrémité Sud d'une colline étroite et escarpée qui culmine à 172 mètres et domine ainsi la campagne environnante d'une trentaine de mètres. Une petite route à pente raide permet d'accéder aux quelques maisons construites en matériaux traditionnels qui se serrent autour de l'église dont la silhouette trapue est un véritable point de repère dans le paysage. A l'autre extrémité de la Butte de Montgaudry se trouve la ferme-haras du Château qui occupe l'emplacement d'une ancienne forteresse médiévale et est séparée du reste du village par un resserrement du sommet de la colline. Derrière le logis, on peut aussi découvrir deux mottes féodales, hautes de 3 à 4 mètres et recouvertes par des arbres. Du fait de ces curiosités et du vaste panorama offert par la butte, le site présente un intérêt à la fois historique et paysager. " [2]

     

    LES REMPARTS DE MONTGAUDRY (Orne)     LES REMPARTS DE MONTGAUDRY (Orne)

     

    Plan de situation de la motte de Montgaudry ; blason du Perche extrait de https://www.wikitree.com/photo/jpg/Aubin-42-1

     

         " Les forteresses de quelque importance ont très tôt jalonné cette ceinture forestière. La route de la Normandie était gardée dès le 11e siècle par les tours des Rotrou, comtes de Mortagne : Marchainville, Gannes, les nombreux châtelets ou châtelliers, Poix, Soligny ; vers Sées, les mottes élevées par les Bellême contre les Rotrou : Yversay, Le Pin-la-Garenne, Bazoches, Chanceaux, puis contre le Maine, avec une véritable « ligne Maginot » de buttes artificielles (Buré) ou naturelles (Montgoubert, Saint-Julien-de-Blavou, Montgaudry) où tenaient garnison les mortepaies, soldats chargés de défendre les ouvrages secondaires de cette frontière forestière fixée depuis le Moyen âge. En avant même des défenses du Perche proprement dit, 34 châteaux ou mottes, munis de signaux pouvant mobiliser toute la région en un quart d'heure, purent servir ensuite de protection au royaume contre l'armée anglaise : leurs reliefs artificiels sont maintenant les uniques monticules de ce plat pays qu'est le Saosnois. " [3] 

     

    L'histoire

     

    LES REMPARTS DE MONTGAUDRY (Orne)     " lsolé, le bourg de Montgaudry couronne un monticule dont la commune tire son nom du Iatin " mons " signifiant colline, suivi du patronyme germanique Waldirich. " [4]

         " Colline étroite et escarpée, Montgaudry est un site naturellement défensif. " [1]

     

    Ci-dessus, une photo extraite du site http://www.basaarts.nl/vraagbaak.php

     

         " Dès 1067, Hervé de Mont-Qualdrici (Monte Gualdrici) occupait cette position stratégique, défendant le Perche à l'ouest. " [4] 

         " Le promontoire occupe une position stratégique dans le réseau de fortifications dressées par Robert II de Bellême en 1097. " [1]

         " Trente ans plus tard, la motte féodale était gardée par les Carrel, seigneurs de Pervenchères. " [4]

         " Montgaudry est citée comme province du Perche en 1104 sous le nom de Mons Valdri. Le site de défense est finalement rasé par le comte de Salisbury pendant la guerre de Cent Ans.

         Des anciennes fortifications, il ne subsiste que la butte. C’est sur cette étroite emprise que quelques constructions s’installent, au sud de la colline, pour former le petit bourg autour de l’église. L’édifice primitif remonte à l’époque romane, puis est agrandi au 13è siècle et remanié à la Renaissance. L’église Saint Rémi est restaurée et consolidée en 1887-1888. La butte du village, jusqu’au lieu-dit « le château » à 500 m au nord du village, est inscrite parmi les sites en février 1974. " [1]

     

    Le site

     

    LES REMPARTS DE MONTGAUDRY (Orne)     " La butte de Montgaudry est une haute et étroite colline, de 700 m de long orientée nord-sud, qui regarde vers la haute vallée de la Sarthe. Elle domine les champs et les prairies enclos de haies bocagères où coulent des ruisseaux, affluents de l’Orne saosnoise. Au sud, l’entrée de la butte est marquée par un calvaire du début du 20è siècle entouré de grands thuyas de formes libres. Une petite route le contourne pour grimper vers le minuscule village où quelques maisons sont blotties autour de l’église. Derrière elle, s’étend le cimetière bordé d’une haie de thuyas et longé de l’unique rue qui rejoint le petit parking à l’entrée du village. Les maisons basses couvertes de tuiles et aux beaux enduits « à pierres vues » forment la rue sur deux côtés de l’église. Près de la petite mairie un beau portail s’ouvre en haut de la montée. Les pentes de la butte sont occupées par des prairies complantées de pommiers et de petits bois. A l’est, une petite route part du calvaire, puis longe le pied de la colline, occupée de ce côté par une pâture. Ce petit chemin rural file vers le nord en montant sous les feuillus (hêtres, chênes châtaigniers…). Il rejoint, au point le plus haut, la butte du château qui est séparée de celle du bourg par les vestiges d’un large fossé.

         Le château n’est plus qu’une grosse ferme aux bâtiments en équerre où il ne subsiste que peu de traces de l’ancienne forteresse. Le chemin rural descend ensuite vers le nord du site ; là deux curieux mamelons jumeaux, couronnés de vieux chênes, évoquent une ancienne entrée fortifiée.

         Hauts de près de 4 m pour une emprise au sol de 7x4 m, les monticules devaient être surmontés de tours en bois pour constituer une porte vers la motte castrale occupée aujourd’hui par la ferme. " [1]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Google Earth.

     

    A proximité

     

    LES REMPARTS DE MONTGAUDRY (Orne)     " L’église de Montgaudry, fièrement campée dans un site de nos jours inscrit, répertorié pour sa butte féodale, est placée sous le patronage de saint Rémi. D’origine romane, elle a été reconstruite au 15e ou au 16e s., mais a connu au 19e s. un certain nombre de travaux.

         À vaisseau unique, elle se termine par un chœur à chevet plat de moindres volume et dimensions dont les maçonneries (...). Une petite chapelle seigneuriale a été édifiée au 16e s. sur le flanc nord. Un modeste clocher d’ardoises couronne la première travée de la nef. (...) Construite en moellons enduits sur un soubassement de pierre, l’église est épaulée de puissants contreforts de pierre à glacis que rendent nécessaires la déclivité du terrain et le haut volume de la charpente. Une corniche de pierre moulurée souligne les parties hautes du mur gouttereau sud. De ce côté, la nef est éclairée par deux grandes fenêtres à remplage flamboyant de fort belle qualité, tandis que l’on peut constater sur le flanc nord la présence d’une étroite baie cintrée qui figure parmi les rares vestiges des structures plus anciennes de l’église..." [5]

     

    Photo ci-dessus extraite de ce même document [5] 

     

    LES REMPARTS DE MONTGAUDRY (Orne) LES REMPARTS DE MONTGAUDRY (Orne) LES REMPARTS DE MONTGAUDRY (Orne) LES REMPARTS DE MONTGAUDRY (Orne)

     

    Ci-dessus, à gauche, une photo extraite de http://www.normandie-tourisme.fr/hlo/gite-biard/montgaudry/fiche-HLONOR061V501E3U-1.html ; au centre, une curiosité : ce hêtre existe-t-il toujours ? ; à droite, blason de la commune de Montgaudry (2011) extrait de https://www.heraldry-wiki.com/heraldrywiki/index.php?title=Montgaudry&mobileaction=toggle_view_desktop

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Site inscrit, fiche N° 61051- Date de parution : septembre 2013 DREAL Basse-Normandie / SRMP / DSP

    [2] Extrait du SCOT du Pays ornais 2017-2042 http://94.23.203.28/SCOT/Partie%201.2%20-%20SCOT%20Pays%20Perche%20ornais%20(Etat%20Initial%20de%20l%27Environnement%20_%20version%20approuv%C3%A9e%20le%2021.09.2018).pdf

    [3] Extrait de Le Perche : un pays et ses hommes par Jean Pelatan (1930-....). Éditeur : Jaher (Paris), 1985.

    [4] Extrait de https://www.calameo.com/books/0002792203554835d97fb

    [5] Extrait de https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/montgaudry-eglise-saint-remi/

     

    Bonnes pages :

     

    O https://www.calameo.com/books/0002792203554835d97fb

    O https://docplayer.fr/79985746-Circuit-touristique-des-forets-abbayes-depart-de-mortagne-au-perche-80-km-fleches-boucle-complementaire.html

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  •  LES REMPARTS DU BEC-DE-MORTAGNE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DU BEC-DE-MORTAGNE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DU BEC-DE-MORTAGNE (Seine-Maritime) 

     

         On trouve sur le territoire du Bec-de-Mortagne, deux mottes féodales du 11ème siècle : le " Vieux-Châtel " et la " Vieille Tour ". Il n'est pas facile de retrouver l'emplacement de ces deux châteaux : rien sur les cartes actuelles, rien sur le cadastre napoléonien, rien sur Géoportail, rien sur Google Earth, rien sur le cadastre actuel...

        Il faudra me résoudre, un jour, à aller voir sur place... à moins que quelqu'un ait plus d'informations sur ces deux sites... [NDB]

     

         Bec de Mortagne « On trouve dans cette commune les ruines d'un vieux château dont les murailles sont très-épaisses. La tradition veut que ce château bâti sur une côte escarpée, ait communiqué par des souterrains avec un autre château fort, situé sur la côte opposée, et dont les restes sont connus sous le nom de la Vieille Tour. Des fouilles opérées dans le vieux château n'ont produit aucun résultat archéologique. » [1]

      

    LES REMPARTS DU BEC-DE-MORTAGNE (Seine-Maritime)     LES REMPARTS DU BEC-DE-MORTAGNE (Seine-Maritime)

     

    Ci-dessus, plan de situation (supposée) des deux mottes du Bec-de-Mortagne (je ferai un plan plus complet dès que j'aurai plus de renseignements...) carte extraite du site Géoportail ; blason de la commune de Bec de Mortagne : " La motte féodale dite du vieux château : elle date du 10-11ème siècles et est entourée d'un fossé (mont). Cette commune doit son nom à la rivière ou bec du norrois bekkr " ruisseau, rivière " qui y prend sa source, et a ses premiers seigneurs normands (or et de gueules), les sires de Mortagne. Eglise dédiée à Saint-Martin (épée). Blasonnement : De gueules à un mont d'or chargé d'un rocher de sable d'où jaillit, de front, une source d'argent, le tout surmonté d'une épée d'argent posée en pal. " http://blasonsdefrance.free.fr/departements/76.htm

     

         " C'est sur Goderville que se trouve la fameuse motte de Cretot, dont les sires étaient grands bouteillers héréditaires de la Normandie. En général, le territoire de Goderville pourrait être appelé la terre des mottes ; j'en ai compté jusqu'à dix dans le canton ; une à Bréauté, une à Auberville-la-Renault, une à Bornambusc, une à Mirville, une à Gonfreville-Caillot, deux à Bretteville-la-Chaussée et deux au Bec de Mortagne. La tradition du pays veut que ces mottes aient servi autrefois de vigies ou de signaux. C'est du haut de ces éminences factices que nos ancêtres annonçaient aux peuplades voisines l'apparition des flottes barbares, ou la descente des Normands sur nos côtes. Le château de Béthencourt, à Grainville-la-Teinturière, est assis sur une motte ; le château d'Auffay, près de Tôtes, et celui de la Vieille Tour, au Bec de Mortagne, sont jetés sur des mottes de coteau isolées de la plaine par une énorme coupure faite de main d'homme. Plusieurs de ces buttes sont entourées de douves ou fossés remplis d'eau, comme à Cretot, à Gonfreville, à Bretteville, etc., ce qui tendrait à en faire autant de points de défense pour les seigneurs, soit entre eux, soit contre les ennemis du dehors. " [1]

     

    LES REMPARTS DU BEC-DE-MORTAGNE (Seine-Maritime)     " Le Bec-de-Mortagne est le siège d'une localité d'origine très ancienne dont l'église, dédiée à saint Martin, est construite à l'intérieur d'une vallée, sur une terrasse qui a livré des vestiges d'occupation gallo-romaine. Ce fut aussi le centre d'une grande paroisse dont dépendait encore à la fin du 12e siècle la chapelle de Baigneville, dédiée à saint Germain, auprès de laquelle ont été trouvés des sarcophages francs. On peut aussi lui rattacher la petite paroisse voisine de Vilmesnil, elle aussi placée sous le patronage de saint Germain et qui offre tous les caractères d'un ancien appendice domanial.

         Le gros château à motte qui est établi sur un éperon, au-dessus du village, probablement celui que construisit Robert de Mortagne entre 1088 et 1091, a supplanté l'établissement résidentiel primitif qui devait être voisin de l'église. Les aveux indiquent que le château fut habité par les seigneurs du Bec jusqu'au 15e siècle ; on ne trouve pas de manoir auprès de l'église. " [2]

     

    Histoire :

     

         " C'est en 1091 que, par traité, Robert Courteheuse abandonnait à son frère l'abbaye de Fécamp et ses dépendances. (...) L'abandon de l'abbaye à Guillaume le Roux suppose qu'elle lui était déjà plus ou moins acquise avant 1091. En tout cas, on ne peut soupçonner les religieux de Fécamp d'avoir été favorables à Robert. (...) Et dès 1088, l'abbaye avait déjà consolidé sa position aux dépens du duc Robert. Au mois de juillet, celui-ci, venu à Fécamp pour préparer son débarquement en Angleterre, accorda à l'abbaye une charte par laquelle il lui rendait de nombreuses terres que son père lui avait naguère retirées, dont, dans la région fécampoise, celle de Guillaume du Bec (de Mortagne), celle d'Hunloph de Mesmoulins et toute la terre d'Igneauville. (...) En les abandonnant, le duc laissait s'amoindrir sa milice personnelle. Du même coup, l'abbaye retrouvait sa prépondérance traditionnelle sur les vieilles terres de la partie orientale de la « forêt ».

         C'est dans ce contexte que survient un événement dont les détails sont relatés dans une notice rédigée entre 1089 et 1091, et jointe à l'acte d'une donation ducale à l'abbaye de Fécamp, postérieure à Juillet 1088. Le duc Robert y dit qu'à la suite de cela s'est soulevé contre lui l'abbé de Fécamp Robert de Mortagne, fils de Guillaume du Bec, et que sur la terre même qu'il tenait de la Sainte-Trinité et de l'abbé de Fécamp, il a construit un château (castrum firmavit) et a refusé d'accomplir les services qu'il devait pour la terre. Alors, avec l'appui de ses fidèles, le duc l'a capturé, a détruit le château et l'a incendié, puis donné la terre à un de ses fidèles nommé Gohier. Ensuite, il fait savoir qu'il restitue la terre à l'abbaye.

         Dans l'édition qu'il donne de l'acte, Haskins a par erreur identifié le personnage cité dans cette notice avec Robert de Mortain, de sorte que les historiens n'ont pu jusqu'ici tirer qu'un parti limité du document. Il s'agit bien en fait, comme l'a récemment établi Jean Adigard des Gautries, d'un seigneur originaire du petit village du Bec-de-Mortagne, dans la vallée de Ganzeville, à dix kilomètres au sud-est de Fécamp. L'identification est d'autant plus précieuse que le texte est précisément daté et qu'il existe au Bec-de-Mortagne les restes d'un château à motte, qui pourrait être celui construit par Robert après Juillet 1088, et incendié par le duc avant 1091. Plus exactement, on note au Bec-de-Mortagne l'existence de deux châteaux à motte, établis sur des éperons, pratiquement identiques l'un à l'autre. Le premier, appelé le « Vieux Châtel », se trouve près du village, sur le coteau nord de la vallée, en face de l'église paroissiale. Il présente une forte motte conique qui barre un éperon cerné par un fossé. Le second, dit de « La-Vieille-Tour », non moins puissamment fortifié, occupe un site isolé, sur un éperon boisé, à un kilomètre au sud-est du village, près de la limite du village de Daubeuf. Le voisinage de ces deux fortifications pose le problème de savoir à laquelle se rapporte la notice de Fécamp, s'il est vrai que l'un des deux correspond bien au château édifié par Robert de Mortagne. Il faut observer tout d'abord que le « Vieux-Châtel », établi au-dessus du village, représentait, dans les derniers siècles du Moyen Age, le chef-mois du fief du Bec-de-Mortagne. Sans doute est-il par ailleurs raisonnable de penser que le sire du Bec se fortifia d'abord dans la partie du fief où il résidait. Dans ces conditions, il se pourrait donc que la grosse motte du « Vieux-Châtel » soit celle du castrum érigé par Robert. Il n'en reste pas moins que les deux ouvrages, de conception identique, sont sans doute issus de la même génération des bâtiments de châteaux, et liés peut-être aux mêmes événements.

         La construction du château s'exerça, nous dit-on, à l'encontre du seigneur de Robert, l'abbé de Fécamp. A l'égard de ce dernier, la menace était d'autant plus grande que le Bec-de-Mortagne se trouve au cœur des domaines abbatiaux.

         Nous verrons d'ailleurs plus tard que les abbés semblent avoir entrepris de mettre leurs terres limitrophes en état de défense, par la mise en place de fortins à Daubeuf et à Gruville, sur la lisière du Bec-de-Mortagne. D'autre part, l'érection du château est explicitement présentée comme un acte de rébellion contre l'autorité ducale. De la part d'un petit seigneur de village, en plein domaine ducal de Fécamp, la tentative était audacieuse. Force est de penser que Robert bénéficia d'appuis extérieurs. (...)

         Cette revue des principaux foyer locaux de troubles pendant les guerres du règne de Robert fait donc apparaître que nombre de fortifications furent alors bâties. Elles abondent dans les territoires rebelles à l'autorité ducale. Mais à l'égard de sa propre clientèle chevaleresque le duc Robert multiplia les concessions, et de nombreuses maisons châtelaines apparaissent aussi dans le domaine ducal de Fécamp. Le fait nouveau, semble-t-il, est que pour la première fois, des petits lignages villageois, de second rang, se dotent de châteaux. Et c'est bien un château, castrum, que le modeste seigneur du Bec-de-Mortagne érige entre 1088 et 1089. La valeur militaire de toutes ces mottes qui se multiplient en quelques années dans le pays n'est sans doute pas négligeable. Il faut que l'atteinte ainsi portée à l'autorité princière ait été grave pour que Robert Courteheuse et son frère, d'un commun accord, aient décidé, en 1091, par la promulgation commune des Consuetudines et Justicie, de rappeler les interdictions fondamentales que leur père avait formulées en matière de droit de la fortification." [2]

     

         " En 1479, Louis XI, par lettres datées de Plessis-lèz-Tours, abandonne à son cher et féal cousin, conseiller et chambellan, Jacques d’Estouteville, le droit de haute justice dans ses châtellenies de Valmont, du Bec de Mortagne, des Loges, etc. D’après une tradition, un souterrain faisait communiquer le château de la paroisse avec une énorme motte de terre, dite la Vieille Tour, située de l’autre côté de la vallée. (...)

         Avant 1490, le château du Bec de Mortagne avait été ruiné par les guerres. Cette châtellenie, qui relevait de Valmont, donnait droit de patronage honoraire sur cette paroisse." [3]

     

    LES REMPARTS DU BEC-DE-MORTAGNE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DU BEC-DE-MORTAGNE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DU BEC-DE-MORTAGNE (Seine-Maritime)

     

    Descriptions

     

         Bec-de-Mortagne, canton Goderville

    Site A. - Lieu-dit : Le-Vieux-Châtel. - Parcelle cadastrale : A 101. — Coord. Lambert : 463,93 — 224,66. — Fief : Fécamp, 13.

         Le château est implanté sur le coteau nord de la vallée de Ganzeville, légèrement en marge du village, au milieu d'un bois, au nord de l'église paroissiale. Son assise est un éperon formé par un ravin qui entame le versant.

         La motte est dressée sur la racine de l'éperon. C'est une forte butte conique, aux versants escarpés. Elle présente un sommet étroit, large de six à huit mètres, où l'on remarque quelques fondations maçonnées qui ont pu appartenir à une tour. Elle est séparée du plateau par un fossé large et abrupt, de huit mètres environ de profondeur.

         L'extrémité de l'éperon, qu'isole la motte, est une plate-forme allongée (50 X 20 m) dont le profil est légèrement incliné car elle suit la pente du sol naturel. A l'ouest, elle a été entamée par une carrière de marne.

         En contrebas l'éperon est cerné par un fossé qui fait le tour du coteau. Dans sa partie ouest, la plus basse, le fossé était limité par un remblai extérieur, haut de deux à quatre mètres, que l'on voit encore autour de la carrière, bien que le fossé lui-même n'y soit plus visible, sa concavité ayant été utilisée pour l'exploitation de la marne.

         La motte n'occupe pas toute la largeur de l'éperon. Elle réserve au sud un passage large de six mètres qui correspond peut-être à l'entrée primitive. A noter que le cadastre du 19e siècle conserve le tracé d'une sente, aujourd'hui disparue, qui empruntait le fond du fossé longeant le versant sud de l'éperon et menait au village.

         Il subsiste enfin de nombreuses traces de bâtiments en pierre sur le site ; l'éperon était ceinturé par un mur, que l'abbé Cochet vit encore en élévation (Cochet, La Seine-inférieure..., p. 377) et dont il ne reste plus que quelques assises en silex. Sur la plate-forme, on distingue aussi de nombreuses buttes qui sont apparemment faites en grande partie de matériaux de démolition. Au cours de l'exploitation de la carrière, on a découvert, dit-on, des pavages émaillés, des tessons de poterie, ainsi qu'un puits. Ce sont des éléments qui permettent de penser que le château fut occupé jusqu'à une date assez récente. De fait les textes placent son abandon vers 1490 seulement (Arch. S.M. II B 487, p. 68).

     

         Bec-de-Mortagne, canton Goderville

    Site B. — Lieu-dit : La Vieille Tour. — Coord. Lambert : 464,70 — 223,55.

         Frère jumeau du « Vieux-Châtel », le château de la vieille tour est, à sa différence, éloigné du village. Il se trouve, au milieu des bois, sur limite entre le village de Daubeuf et celui du Bec. Comme le précédent il est établi sur un éperon. Le relief est offert par un ravin qui descend de la plaine de Vilmesnil, sur le coteau sud de la vallée.

         L'éperon est barré par une très forte motte, aux versants escarpés, de forme conique, dont le sommet est large de huit mètres. La pointe de l'éperon, de forme grossièrement carrée (22 X 22 m), légèrement rétrécie à son extrémité, est située à dix mètres sous le niveau du sommet de la motte.

           Un fossé encercle la fortification. Côté plateau, il a cinq mètres de profondeur ; côté éperon, il est creusé dans le versant du coteau. Au sud, il est fortement dégradé car on y a aménagé une carrière à silex.

         Au sommet de la motte, on voit encore les premières assises en silex d'une tour de forme carrée ; c'est elle, très probablement, qui a donné son nom au site. Par contre, sur l'éperon, on ne voit pas de traces de constructions au niveau du sol, alors que de tels témoins abondent sur le site du « Vieux-Châtel ». [2]

     

    Abbé Cochet, 1871 :

         " Bec-de-Mortagne. Commune formée des deux anciennes paroisses du Bec-de-Mortagne et de Baigneville, fusionnées vers 1823. - Le Bec-de-Mortagne. Époque incertaine. Sur une colline et dans un bois dit le Bois de Notre-Dame ou de la Vieille-Tour, est une motte énorme, fossoyée du côté de la plaine par une douve de 25 mètres de profondeur, qui est appelée la Vieille-Tour. On a cru y reconnaître des traces de maçonnerie. Des souterrains communiqueraient, dit-on, avec le Vieux Châtel, ruine encore imposante, de forme carrée, assise dans le vallon, et qui dut être le château du moyen âge. On parle de fées et de fantômes errant la nuit sur ces débris. " [4]

     

    Légendes

     

         " La nuit, des fées et des fantômes se promèneraient parmi les ruines du Vieux-Châtel, qui dut être un château au Moyen-Âge.

         Une motte fossoyée se trouve dans le Bois-de-la-Vieille-Tour (vallée de Ganzeville, près de l'église).

         Une tradition populaire prétend qu'un souterrain partirait du vieux château, traverserait la vallée et devrait ressortir sur le flanc du côté opposé de la motte féodale." [3]

     

    A proximité :

     

         Église paroissiale Saint-Martin :

     

     LES REMPARTS DU BEC-DE-MORTAGNE (Seine-Maritime)LES REMPARTS DU BEC-DE-MORTAGNE (Seine-Maritime)     " Édifice de plan en croix latine. Un vaisseau entrecoupé d'un petit transept, terminé par un choeur au chevet polygonal que ponctue une sacristie, et précédé d'un imposant clocher-porche surmonté de son toit d'ardoise en hache. (...) Tel que se révèle l'aspect de l'église, celle-ci remonterait à la fin du Moyen Age et à la Renaissance, tant pour son décor (ornements classiques de la tour-porche reconstruite au début du 17e siècle) que pour ses matériaux (grès et silex). " [5]

     

         " Vers 1175, Guillaume de Mortagne, seigneur du lieu, se démet de l’église de cette paroisse entre les mains de Rotrou l'archevêque de Rouen, qui lui-même la (Becco Willelmi de Moritania) rétrocéda à son chapitre, à charge de faire son anniversaire après sa mort. Le curé devait avoir le tiers des dîmes et les chanoines les deux tiers. Un chevalier, Henri de Soteville, chercha noise au chapitre de Rouen pour la possession de cette église. Il fut excommunié, mais s’étant soumis, l’excommunication fut levée." [3]

     

         Dans cette église : " On remarquera au mur méridional, un cintre roman à fleur de terre, que le peuple dit être l'entrée d'un caveau sépulcral qui est sous le chœur. C'est là, suivant la tradition, que l'on a enterré les puissants châtelains du Bec-de-Mortagne, dont les ruines du manoir se trouvent au pied d'une colline en face de l'église et dans le bois de la Vieille Tour. " [6] 

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Le Havre et son arrondissement : 1ère partie par Joseph Morlent, 1841 https://books.google.fr/books?id=XKNfAAAAcAAJ&pg=RA1-PA76&lpg=RA1-PA76&dq=Vieille+tour+du+Bec+de+Mortagne&source=bl&ots=0iS7KaRQ3R&sig=ACfU3U1xFe9u0GV4eHMStbrrhlmxUQKHOA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjM8-vV2PHjAhUhoVwKHa0VAb4Q6AEwDnoECAkQAQ#v=onepage&q=Vieille%20tour%20du%20Bec%20de%20Mortagne&f=false

    [2] Extrait de de L'apparition des seigneuries châtelaines dans le Grand-Caux à l'époque ducale par Jacques Le Maho - Archéologie médiévale Année 1976 6 pp. 5-148 https://www.persee.fr/doc/arcme_0153-9337_1976_num_6_1_1307

    [3] Extrait de Wikipédia

    [4] Extrait du Répertoire archéologique du département de la Seine-Inférieure rédigé sous les auspices de l'Académie des sciences, belles lettres et art de Rouen, par M. l'abbé Cochet, 1871.

    [5] Extrait de https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/76-Seine-Maritime/76068-Bec-de-Mortagne/143845-EgliseSaintMartin

    [6] Extrait de Les églises de l'arrondissement du Havre, Volume 2 par Gaffney frères, 1845 https://books.google.fr/books?id=Pv8iHflGrrQC&pg=PA470&lpg=PA470&dq=Vieille+tour+du+Bec+de+Mortagne&source=bl&ots=2OQuTPNM92&sig=ACfU3U0wvixplklWVCt5EY3t56oYVmjvpg&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjM8-vV2PHjAhUhoVwKHa0VAb4Q6AEwE3oECAoQAQ#v=onepage&q=Vieille%20tour%20du%20Bec%20de%20Mortagne&f=false

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  • LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure) LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure) LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)

     

    Ci-dessus : à gauche, une photo extraite de https://monumentum.fr/manoir-bus-pa00099366.html ; au centre une photo publiée par Jean-François Schneider https://www.communes.com/photo-bus-saint-remy,260280

     

          Le manoir de Bus, dit manoir de la Dame Blanche à Bus-Saint-Rémy date des 16e et 17e siècles :

     

         " Bus-Saint-Rémy est une ancienne commune française, située dans le département de l'Eure en région Normandie, devenue le 1er janvier 2016 une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Vexin-sur-Epte. " [1]

     

         " La commune de Bus-Saint-Rémy comprend le village de Bus et quatre hameaux : Saint-Rémy, Baudemont [voir ce nom], La Villeneuve et la Grenouillière. " [2]

     

    LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)     " Quelques kilomètres au nord du Bosc Roger, Bus Saint Rémy est un petit bourg rural, marqué par son manoir en léger contre-bas, annoncé par des panneaux descriptifs. Si on les en croit, ce manoir des 15ème et 16ème s. aurait accueilli Blanche de Castille à l'occasion d'une visite faite à la toute proche abbaye du Trésor. Seulement à l'époque de la construction du manoir, la reine Blanche, comme on sait maman préférée de Saint Louis, était morte et enterrée depuis belle lurette. Sans doute le manoir a-t-il été bâti sur les restes d'un château médiéval, une des tours d'angle en étant peut-être la trace. " [3]

     

    LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)     LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)

     

     Plan de situation du manoir de Bus à Bus-Saint-Rémy ; blason de la famille de Mornay par Malebre — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19575127

     

    Histoire

     

    LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)     " Au 13 ème siècle, il existait une famille du Bus, fondatrice de l’Abbaye Notre-Dame du Trésor. Sorti de la famille pendant un demi-siècle, le fief du Bus est revenu dans la famille en 1459 avec René du Bus. Georges d’Anlezy devint seigneur du Bus dans la seconde moitié du 16ème siècle. Anne d’Anlezy , sa fille, apporta le fief à Pierre de Mornay, seigneur de Buhy, au moment de son mariage en 1568. Ce dernier mourut en 1598, à l’age de cinquante et un ans après avoir servi Henri III et Henri IV. Sa veuve rendit aveu pour le fief du Bus, le 28 Avril 1603 à Antoine de Montenay, seigneur de Fourges. " [2]

     

    Ci-dessus, blason de la famille d'Anlezy par Gilloudifs.

     

         " Le manoir de Bus fut reconstruit de 1530 à 1550 pour la famille d'Ambezu. " [4]    [Quelle est cette famille ? Cela semble contredire ce qui suit ? A vérifier donc... NDB]

     

    LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)     " Le manoir du Bus est daté de la fin 16e-début du 17e siècle. L'édifice aurait été construit pour Pierre de Mornay, lieutenant-général de l’Île de France, et par son fils Pierre II de Mornay, tous deux propriétaires du domaine durant cette période. " [5]

     

    Blason de la famille de Mornay par Malebre — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19575127

     

    LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)     " En 1801, le manoir fut racheté par Jean-François Thomas de Bosmelet, baron d’Auffay. Bus abrite aujourd'hui une exploitation agricole. " [4]

     

    Blason de la famille Thomas de Bosmelet par Gilloudifs

     

     

    LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure) LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure) LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)

     

     Ci-dessus, à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)

     Le Bus, à Bus-Saint-Rémy (Eure). Plans et distributions restitués du rez-de-chaussée et du premier étage, état vers 1530. C : cabinet. CH : chambre. CU : cuisine. E : étude. GCH : grande chambre. GM : garde-manger. GR : garde-robe. GS : grande salle. SL : sallette (d : dressoir en meuble d’attache). V : vestibule (a : niche. b : banc en pierre. c : tambour).PAGAZANI, Xavier. Chapitre 6. La maison seigneuriale : les « dehors » In : La demeure noble en Haute-Normandie : 1450-1600 [en ligne]. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2014 (généré le 02 novembre 2019). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/pufr/8068>. ISBN : 9782869065352. DOI : 10.4000/books.pufr.8068.

     

    Architecture

     

    LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)     " Cette demeure présente une façade décorée de bandes avec losanges et médaillons; une tourelle d'angle s'accroche au corps de logis gui a conservé, à l'intérieur, une porte de cave surmontée d'une sculpture représentant un homme tenant un broc. " [4]

     

    Ci-dessus, au Bus-Saint-Rémy (Eure). Portes de la sallette (à gauche) et de la vis à potoyer (à droite). Extrait de La demeure noble en Haute-Normandie: 1450-1600 par Xavier Pagazani - Presses universitaires François-Rabelais, 16 juil. 2018 - 360 pages https://books.google.fr/books?id=LjtlDwAAQBAJ&pg=PA239&lpg=PA239&dq=Le+Bus,+au+Bus-Saint-R%C3%A9my+(Eure).+Portes+de+la+sallette&source=bl&ots=ULroxAy_F9&sig=ACfU3U0jZ83xzXPSV9HKBD-YhyXV9ESw9g&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwipgbb73uzjAhUd5KYKHfMUDr0Q6AEwAnoECAcQAQ#v=onepage&q=Le%20Bus%2C%20au%20Bus-Saint-R%C3%A9my%20(Eure).%20Portes%20de%20la%20sallette&f=false

     

    LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)     " Conçu comme une résidence fortifiée, le manoir présente un corps de logis à un étage flanqué au Nord par une tour basse et au Sud par une poivrière. Les magnifiques façades en pierre de taille sont ornées de pilastres et de bandeaux typiques de la Renaissance française. Des fenêtres à remplage, une entrée surmontée d'un fronton et un ancien tableau sculpté contribuent au prestige de la construction. En parallèle de cet aspect décoratif, de petites embrasures pour les armes à feu témoigne aussi d'une fonction défensive. Devenu manoir d'une exploitation agricole dès le17e siècle au détriment d'un usage résidentiel, l'édifice a été peu remanié ce qui permet d'apprécier cet exemple d'architecture seigneuriale réalisé avant l'avènement du style classique. " [5]

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1836, Archives de l'Eure, http://archives.eure.fr/

     

    Protection :

     

    LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)     Manoir du Bus : classement par arrêté du 2 mars 1933. Le manoir est une propriété privée et ne se visite pas.

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)      " Ancienne abbaye cistercienne du Trésor-Notre-Dame des 13e siècle, 17e et 18e siècles, partiellement inscrite et classée au titre des monuments historiques en 1989 et 1992.

     

     

     

     

     

    LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)LES REMPARTS DE BUS-SAINT-REMY (Eure)      Vestiges du château-fort de Baudemont, émanation directe du traité de Saint-Clair-sur-Epte selon Charpillon, censé fixer la frontière du roi de France Charles III le Simple. Les vestiges seraient ceux d'une énième reconstruction du 12e siècle." [1] [Voir ce nom]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de https://bus-saint-remy.a3w.fr/DetailElement.aspx?numStructure=38934&numElement=25446&numRubrique=20635

    [3] Extrait de http://rttenmarche.e-monsite.com/blog/sorties/autour-de-fourges.html

    [4] Extrait de http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/manoirs-eure-manoir-a-bus-saint-remy-manoir-de-bus.html

    [5] Extrait de Fiche Le Dire de l'Architecte des Batiments de France – Les Essentiels de l'Eure - Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie)Conseil n°99 – Zones à Forte Sensibilité Patrimoniale – 22 oct. 2015 – France Poulain Vexin sur Epte > Manoir du Bus Saint Rémy http://www.eure.gouv.fr/content/download/18595/127370/file/ESSENTIEL_CONSEIL_99%20Vexin%20sur%20Epte_Manoir%20Bus%20St%20R%C3%A9my_ZFSP.pdf

     

    Bonnes pages :

     

    http://webtournaire.com/Normandie_haute.htm

    https://books.google.fr/books?id=d_ssAAAAYAAJ&pg=PA622&lpg=PA622&dq=famille+de+Mornay+Bus&source=bl&ots=tTbn8yQs3a&sig=ACfU3U2Ny2d9jbY_Y8lz-Z5sVFnGWBERrQ&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwie84Ds-unjAhVqdt8KHVNwCqcQ6AEwEnoECAkQAQ#v=onepage&q=famille%20de%20Mornay%20Bus&f=false

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