• LES REMPARTS DU REPAS (Orne) LES REMPARTS DU REPAS (Orne) LES REMPARTS DU REPAS (Orne)

     

    Ci-dessus, à gauche,une photo aérienne extraite de https://www.creation-personnalisation-web.fr/suisse-normande/villes/putanges-le-lac/chenedouit.html#lg=1&slide=0

     

         " Sur le sommet des collines qui partagent les bassins de l'Orne et de la Rouvre, près de l'endroit ou s'élevait naguère un télégraphe aérien, on aperçoit de longues lignes de hêtres séculaires, de brillantes nappes d'eau, de vastes prairies, et, çà et là, des bouquets d'arbres qui dominent la contrée. Au milieu de ce cadre apparaît l'imposant château du Repas qui fut bâti d'un seul jet... " [1]

     

         " Le château du Repas est un château situé dans la commune de Chênedouit, dans le département de l'Orne." [2] (Le Repas réunie à Chênedouit fut une commune jusqu'en 1822).

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     " Le château actuel a vraisemblablement remplacé une construction plus ancienne - comme cela a été le cas pour bon nombre de demeures nobles - à partir du moment où les anciennes fortifications ont perdu une grande partie de leur efficacité avec les progrès de l'artillerie. En effet, au milieu du 15e siècle (soit avant l'actuelle construction), Michel le Verrier est déjà appelé " Seigneur du Repas, de Lougé, de Crèvecoeur ". [3]

     

    Ci-dessus, le château du Repas par Milka-berger — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21117991

     

         C'est un des membres de cette famille " qui fit sans doute reconstruire le château actuel de 1605 à 1615 en conservant le donjon et les fondations d'un édifice antérieur. " [4]

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)   LES REMPARTS DU REPAS (Orne)

     

     Plan de situation du château du Repas ; blason de la famille Le Verrier par Gilloudifs.

     

    Situation du château

     

         Comme le montre bien la carte de Cassini établie au 18e siècle, le château du Repas a été construit - à environ 6 lieues de Falaise - près d'un grand axe de communication pour ce secteur de la Normandie : le grand chemin de Falaise à Domfront. Ces deux places-fortes jouent un grand rôle dans l'ancien duché, aux 11e et 12e siècles et pendant le long affrontement entre les royaumes de France et d'Angleterre traditionnellement connu sous le nom de guerre de Cent Ans. L'embranchement vers Briouze, place forte de moyenne importance mais siège d'une sergenterie de la vicomté de Falaise, se situe près du château du Repas.

         On peut encore voir - près de mille ans plus tard - d'autres châteaux et maisons fortes à proximité de cette même ancienne route, fortins bâtis à des endroits importants à contrôler comme le château de Saint-Pavin sur Bazoches-au-Houlme, près du lieu de franchissement de la Baise, et le château de La Forêt-Auvray, à proximité du franchissement de l'Orne. Ces châteaux placés à intervalles rapprochés - sortes de relais de l'autorité ducale puis royale (haltes avec changement de cheval pour les " chevaucheurs d'écurie " porteurs du courrier officiel ? Hébergement ? Repas ?) - avaient un rôle à jouer tant du point de vue sécuritaire que commercial, en contrôlant les déplacements, en sécurisant et facilitant les échanges, en percevant les droits de passage.

         Quoi qu'il en soit, le lieu-dit le Repas était occupé bien avant, dès la préhistoire, comme l'indiquent le menhir situé à proximité du château ainsi que la hache de pierre trouvée par le baron de Cheux, selon Thierry Churin ci-dessous référencé.

     

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    Le toponyme

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     En ce qui concerne l'origine du nom " Repas " - avec le sens qu'on lui donne aujourd'hui - il y a lieu de noter qu'il n'apparaît qu'au 12e siècle. On trouve « Sanctus Julianus militum » et « Repastus » dans des Pouillés (registre ecclésiastique) du diocèse de Séez du14e siècle, pour désigner cette paroisse. D'autre part, il est assez fréquent de constater - tant pour les noms de lieux que pour les noms de familles - que ceux-ci ont évolué au fil des siècles, l'orthographe actuelle étant souvent la transcription par les clercs (civils ou religieux) du langage oral longtemps utilisé par la majorité de la population ou la traduction du terme latin précédemment utilisé dans les documents officiels. Ainsi on trouve la transcription Chesnedouet pour Chênedouit. " [2]

     

    Ci-dessus, une photo de Gustave-William Lemaire ( 1818-1928) - Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, diffusion RMN-GP - https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/AP67L04417

     

         " Le Repas devrait son nom, d'après la tradition, à un banquet pantagruélique que le héros de Rabelais aurait honoré de sa présence. " [4]

     

         " Selon la légende rapportée par Henri Dontenville (Histoire et géographie mythiques de la France) : « Le château du Repas conserve la mémoire d'un dîner de notre géant » (ie: Gargantua)... tout comme la Pierre à Gargantua située non loin de là, sans doute. Cependant, aucune source actuelle crédible ne permet d'avoir une explication plus sérieuse ; il n'est d'ailleurs pas exclu que le lieu-dit n'ait pas porté ce nom avant le 16e siècle et Rabelais, l'auteur des fameuses aventures de Gargantua et de Pantagruel.

     

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    Achitecture

     

    Ancienneté du château

     

         Le château actuel a vraisemblablement remplacé une construction plus ancienne - comme cela a été le cas pour bon nombre de demeures nobles - à partir du moment où les anciennes fortifications ont perdu une grande partie de leur efficacité avec les progrès de l'artillerie. En effet, au milieu du 15e siècle (soit avant l'actuelle construction), Michel le Verrier est déjà appelé " Seigneur du Repas, de Lougé, de Crèvecœur ". [2]

     

    Construction actuelle

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     Le style du monument permet aux spécialistes de dater le château actuel du début du 17e siècle (certains précisent même entre 1605 et 1615, soit en majeure partie sous le règne de Henri IV.) Bâti selon le style Henri IV de France, la bâtisse entourée de douves est disposée en forme de « U » autour d'une cour. Le corps de logis, traversant, est composé de deux étages ; à chaque extrémité du corps principal se trouvent deux pavillons an ailes, à l'aspect robuste. Ce corps principal est situé face au pont-levis, au fond de la cour. Deux ailes en retour d'équerre abritant deux galeries à l'étage, supportées par des linteaux à encorbellement sur collines jumelées, donnent accès à deux pavillons venant clore la composition. L'ensemble forme un édifice d'une homogénéité parfaite, entouré de fossés avec une cour bien fermée. Côté cour, le château s'ouvre sur une longue perspective arborée. Sur l'arrière, le château donne sur un petit jardin à la française. " [2]

     

    Plan ci-dessus extrait du Pays Bas-normand : société historique, archéologique, littéraire, artistique et scientifique (Flers) Date d'édition 1911-01 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5721840t/f57.item.r=%22ch%C3%A2teau%20du%20Repas%22.texteImage

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)  LES REMPARTS DU REPAS (Orne) LES REMPARTS DU REPAS (Orne)

     

         " Le corps de logis principal apparaît au fond de la cour d'honneur, bordé à gauche et à droite par deux ailes plus basses qui aboutissent aux pavillons flanqués d'échauguettes. Le portail d'entrée est précédé d'une belle allée rectiligne bordée d'arbres. Edifié entièrement en granit, tiré du sol même du domaine, le château fut élevé vers 1605, à l'emplacement d'une forteresse du 13e siècle. Il ne reste de cette dernière, en dehors des vestiges dans les fondations, que le donjon qui marque le centre de la façade sur le jardin, donjon transformé au 17e siècle pour y loger l'escalier et coiffé d'un dôme à lanternon. Toute la demeure est entourée de douves récemment remises en eau. " [4]

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     " Un large perron, à double évolution dans l'axe de la cour d'honneur, conduit à un vestibule dallé de marbres disposés en mosaïque. Le château présente une impressionnante collection de cheminées en granit, dont l'une repose sur deux colonnes doriques de quatre mètres de hauteur. Dans le pavillon de gauche en façade qui contient un appartement particulier, il est décrit en 1967 un plafond peint par Le Brun, représentant un sujet mythologique, une victoire ailée distribuant des couronnes. Le château du repas renfermait encore au début du 20e siècle une impressionnante collection de meubles précieux, tapisseries anciennes et lambris, que quatre ventes successives ont achevé de disperser. Il n'en reste, particulièrement après le passage de Noriyoshi Ishigooka, presque plus rien. Il est à déplorer quelques initiatives malheureuses de ce propriétaire quant à la décoration intérieure peu en harmonie avec le lieu et son histoire, tout comme le bétonnage anti-sismique et quasi irréversible des allées centenaires de la propriété. La propriété compte également l'ancienne église de la commune du Repas, ainsi que le presbytère.

         En 2007, l'ensemble de la propriété menaçait ruine. L'actuel propriétaire a sauvé l'église et le presbytère en 2008 en restaurant toutes les couvertures, et poursuit actuellement son travail de sauvetage sur les couvertures du château. L'architecte en chef des Monuments historiques chargé du dossier est Daniel Lefebvre. " [2]

     

    Propriétaires successifs :

     

         " Ce domaine appartenait au 14e siècle à la famille de Sarceaux et passa par mariage à la fin du 15e siècle aux Le Verrier. " [4]

     

    Famille Le Verrier

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     Armoiries : D'argent à la hure de sanglier de sable, défendue d'argent (noter le calembour: du repas = d'hure..pas, pour hure...défendue)

         Au 15e siècle, la terre du Repas (et son château ou manoir ?) appartient à la famille " le Verrier " (vers 1450, Michel le Verrier est dit " Seigneur du Repas, de Crèvecœur et du Champ-de-la-Pierre ", selon la généalogie de th. Leconte sur Généanet ). " [2]

     

    Ci-dessus, blason de la famille Le Verrier par Gilloudifs.

     

         " Vers 1550, dame Philippe de Craon, veuve de Guillaume Le Verrier céda la propriété à son beau-frère, Samson Sallet, avocat à Falaise, désireux d'acquérir un fief noble. " [4]

     

     Famille Sallet

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     " Armoiries : D'argent à deux roses de gueules en chef et un cœur du même en pointe

         Vers 1535, la fille de Jean II le Verrier (seigneur du Repas et gouverneur de Falaise) : Renée le Verrier - dite " Dame du Repas " - épouse Samson Sallet.

         Les Sallet avaient été anoblis - par l'édit de Louis XI de 1470 dit édit des francs-fiefs - pour leur fief du Petit Samoy en Saint-Pierre-du-Regard situé dans la vicomté de Vire.

     

    Ci-dessus, blason de la famille Sallet par Gilloudifs.

     

         Par la suite, cette famille s'illustrera particulièrement dans la noblesse de robe en occupant des fonctions importantes au Parlement de Normandie, à Rouen et à Caen. (La noblesse de cette famille normande sera d'ailleurs confirmée par le roi Louis XIV en 1667).

         En 1535, Samson Sallet - seulement noté : " de noblesse petite " - sieur du Petit Samoy à Saint Pierre du Regard, est bailli de Saint-Aubert (-sur-Orne) pour l'Abbaye Saint Étienne de Caen. Il décède vers 1604.

         Le croisement des données historiques et généalogiques permet de penser que le château que nous voyons au lieu-dit " le Repas " aurait été construit par Baptiste Salet (aussi noté Jean-Baptiste Sallet) - le fils des précédents - (noté comme Seigneur du Repas dans les documents émanant du tabellionage de la Forêt-Auvray, par exemple).

         Baptiste (ou Jean-Baptiste) Sallet ( le " rebâtisseur " probable du château ) est le plus titré de la lignée : conseiller à la cour de Normandie et garde des sceaux au présidial de Caen, sénéchal de l'abbaye Saint-Étienne et premier président de la cour des Aides de Normandie.

        Nicolas Sallet, son fils, est simplement dit " seigneur du Repas, de la Fresnaye, des Yveteaux, de la Motte (en Crasménil) ", mais il agrandit son domaine : selon le tabellionage de la Forêt, " Il réunit à ses terres Chesnedouit et Chesnesecq pour la somme de 3 600 livres, à payer à Philippe de Cousin - chevalier Seigneur de Saint Denis ". NB : Georges Ier Sallet - frère du précédent - est seigneur de Quilly ; suivant les traces de son père Jean-Baptiste, il est noté comme " très fameux et très célèbre avocat " à Rouen, puis procureur au Parlement de Normandie.

         Alexandre Sallet - fils du précédent - est conseiller à la cour (ie: au Parlement de Normandie).

         Georges II Sallet - frère du précédent - est abbé commendataire de l'importante abbaye d'Ardennes près de Caen.

         Enfin, selon le tabellionage de la Forêt, en 1680, le seigneur du Repas est Alexandre Sallet (fils probable de Nicolas Sallet, décédé vers 1659). " [2]

     

         " Après avoir bâti, en 1656, près de la demeure seigneuriale, une modeste église où les fidèles de la région viennent prier saint Julien le Pauvre, pour les enfants malades, cette famille qui avait fourni à la France de nombreux et vaillants défenseurs, s'éteignit au milieu du siècle dernier. " [1]

     

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    Familles de la Cour, de Cheux et de Banville

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     Armoiries de la famille de Cheux (qui occupe le château du Repas pendant près de deux siècles) : d'argent à la croix annelée de sable

         Au début du 18e siècle - en l'absence d'héritier mâle dans la famille Sallet - la terre du Repas passe d'abord à la famille de la Cour (à la suite du mariage de " noble dame Anne Gilonne Sallet, dame du Repas ", avec Charles de la Cour, écuyer) puis - à la génération suivante - à la famille de Cheux (par suite du mariage de Marguerite de la Cour - fille des précédents - avec Gabriel de Cheux).

     

    Ci-dessus, blason de la famille de la Cour par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     À la veille de la Révolution de 1789, le fils de Gabriel de Cheux : le contre-amiral Charles, Alexandre, Anne baron de Cheux du Repas - né au Repas en 1759 - chevalier de l'ordre royal de Saint Louis, est envoyé par le roi Louis XVI à la recherche de La Pérouse. Il décède un demi-siècle plus tard, en 1840. " [2]

     

         " Il était en mission lorsque le gouvernement révolutionnaire confisqua ses biens. De retour en France, Charles de Cheux put prouver qu'il n'avait pas émigré et finit après bien des tribulations, par rentrer en possession de ses propriétés. " [4]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Cheux par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     " Après la tourmente, le baron de Cheux se retira à Cintheaux, dans l'arrondissement de Falaise.
         Le château du Repas, qui avait été pillé, saccagé et vendu, appartenait alors à l'abbé de Cheux.
         Il avait été racheté et rendu à ses propriétaires par un intendant fidèle et dévoué, Guérin d'Arpentigny. L'abbé, nous apprend son épitaphe, avait été vicaire-général et chanoine de Coutances dans les temps les plus difficiles. Fidèle à son Dieu et à son roi, il avait suivi l'exemple de ses ancêtres. Recommandable par toutes les qualités du cœur et de l'esprit, il fut nommé évêque de Séez. En quittant Cintheaux, où il était venu chercher les sommes qui lui étaient nécessaires pour son sacre, il tomba de sa monture et mourut des suites de sa chute le 20 septembre 1816. " [1]

     

    " (Le frère aîné de l'amiral : l'abbé François Gabriel de Cheux (1755-1816) - né et inhumé au Repas -, est vicaire général de l'évêque de Coutances avant 1789 ; il est nommé évêque de Séez en 1816 mais il décède accidentellement avant d'entrer en fonctions).

     

         " Le fils du contre-amiral : le baron Charles Alexandre Marie de Cheux du Repas - ancien page de Charles X de France - occupe le château du Repas jusqu'à son décès en 1884. Alors s'éteint la branche de la famille de Cheux du Repas. (Une autre branche de la famille de Cheux subsiste de nos jours).

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     Le château devient alors la résidence du vicomte Georges de Banville* - petit-neveu de l'amirale de Choux née Françoise Hébert de Beauvoir du Boscol - ; le vicomte est un parent du poète Théodore de Banville. (Le fonds " de Banville " a été remis à la ville de Flers). " [2]

     

         " Le jeune baron a malheureusement trouvé la mort au cours d'une excursion en Algérie. Ses frères et sœurs, issus du mariage de Aymard de Banville et de dame Berthe de Beauvoir, sœur du respectable abbé de Beauvoir, curé de Saint-Godard de Rouen, se refusent à habiter la
    demeure qui appartint à leur infortuné frère. "
    [1]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Banville par I, Jimmy44, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2480768

     

    * Il légua sa grosse fortune à un de ses parents, Georges de Banville, né en 1865, à charge de relever son nom, son titre et ses armes ; mais ce jeune homme mourut prématurément dès 1892 et le nom de la famille de Cheux se trouva définitivement éteint. [NdB]

     

    Depuis le 20e siècle

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     " Au début du 20e siècle, la belle demeure se dégrade mais le comte Frotier de Bagneux - qui acquiert le château en 1905 - s'empresse d'entreprendre les travaux d'entretien nécessaires. " [2] " leur œuvre a été courageusement poursuivie par leur fils, le comte Raoul de Bagneux. " [4] " (La famille Frotier de Bagneux reste propriétaire des lieux jusqu'en 1978).

     

    Blason de la famille Frotier de Bagneux par Tretinville — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15769030 

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     Le chateau fut acheté cette même année par madame Lambla de Sarria et son mari qui contribuèrent à sa conservation et remise en état avant de le revendre vers la fin des années 80.

         Par la suite, le château appartient au peintre japonais Noriyoshi Ishigooka (https://claudedalle-romeo.com/fr/25429/) qui fait effectuer certains travaux peu appréciés des admirateurs de belles pierres. Mais depuis 2006, le nouveau propriétaire - M. Henry Dewavrin - s'efforce de redonner tout son lustre à ce remarquable élément du patrimoine normand. " [2]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    Protection :

     

         " Façades et toitures ; douves (y compris le pont-levis) ; perspectives (cad. E 34, 83, 85 à 89, 146, 147, 155) : inscription par arrêté du 30 octobre 1967. " [5]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de l'article de C. Macé, curé-doyen d'Athis. La Normandie monumentale et pittoresque... Orne, 1re [-2e] partie.... Partie 2 - Éditeur : Lemale (Le Havre) 1896 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6421248j/f170.item.r=%22ch%C3%A2teau%20du%20Repas%22.zoom.texteImage

    [2] Extrait de l'article Wikipédia

    [3] Extrait de https://museedupatrimoine.fr/chateau-du-repas-orne/3675.html

    [4] Extrait de http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateaux-orne-chateau-a-chenedoult-chateau-du-repas.html

    [5] Extrait de https://monumentum.fr/chateau-repas-pa00110775.html

     

    Bonnes pages :

     

    O https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_du_Repas

    O La Normandie monumentale et pittoresque... Orne, 1re [-2e] partie.... Partie 2 - Éditeur : Lemale (Le Havre) 1896 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6421248j/f170.image.r=%22ch%C3%A2teau%20du%20Repas%22?rk=21459;2

    O Le Pays Bas-normand : société historique, archéologique, littéraire, artistique et scientifique (Flers) Date d'édition 1911-01 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5721840t/f51.item.r=%22ch%C3%A2teau%20du%20Repas%22.texteImage

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33469182/f65.image.r=%22ch%C3%A2teau%20du%20Repas%22

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  • LES REMPARTS DE LA NEUVILLE-GOUVION (Seine-Maritime)            Il existe une " motte féodale très bien conservée, à la Neuville-Gouvion (propriété privée) " [1] sur le territoire de la commune de Conteville. [NdB]

     

     

     

         " Conteville est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime, en Normandie. (...)

         Le territoire a possédé plusieurs mottes féodales, dont une vers Gaillefontaine et Criquiers, mentionnée en 1871 comme détruite. Une autre motte, très élevée et dénommée le Catel ou le Château, (celle de La Neuville-Gouvion) dont le diamètre au sommet atteignait 30 m, constituait l'origine de l'ancienne ligne de défense appelée " le Fossé du Roy ", édifiée au cours du 12e siècle aux confins du duché de Normandie et du royaume de France. Cet ouvrage, long de 12 kilomètres, traverse Ronchois, Illois, le Mesnil-David et Sainte-Beuve, pour finir à Bétonval, est édifié en retrait d'Aumale, entre Gaillefontaine et la basse forêt d'Eu. " [1] 

     

    Ci-dessus, la motte de La Neuville Gouvion : photo extraite d'un site néerlandais très complet et fort bien documenté sur les mottes en Europe dont celles de Normandie : http://www.basaarts.nl/vraagbaak.php

     

         " Neuville-Gouvion, motte qui est à la tête d'un grand fossé,
    s'étendant sur plusieurs communes, désigné sous le nom de Fossé du Roy. Fouillée en 1861, elle a fourni des fers oxydés et des tuiles à rebords. " [2] 

     

    LES REMPARTS DE LA NEUVILLE-GOUVION (Seine-Maritime)   LES REMPARTS DE LA NEUVILLE-GOUVION (Seine-Maritime)

     

    Plan de situation de la motte de La Neuville-Gouvion à Conteville ; blason de la Seine-Maritime par I, Koro, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2487547

     

    LES REMPARTS DE LA NEUVILLE-GOUVION (Seine-Maritime)     " Neuville-Gouvion, actuellement, une des sections de Conteville, était jadis une seigneurie et avait une chapelle détruite peu avant 1789.
    Une grande partie des dépendances du manoir forme le village ; mais l'emplacement de ce château est la propriété de M. le baron d'Anvin de Hardenthun.
         On y remarque une très belle motte, dominant tout le pays, par sa grande élévation. Elle a 30 mètres environ de diamètre, à son sommet, où l'on trouve un puits très bien conservé. Les herbages environnants sont couverts des débris des murs d'enceinte et de ceux du château, qui, à en juger par les vestiges, devait être important, à l'époque de la féodalité. La petite place située près de cette ancienne seigneurie porte encore le nom de
    place du Catet, ou du Château.
         De cette motte, sur laquelle on n'a pu nous donner des renseignements authentiques, part le chemin dit :
    le Fossé du Roi, ou Fossata Regis.
         Ce nom lui était attribué dès 1314, et l'on pense qu'il servait de démarcation entre deux peuplades anciennes.
         Cependant, d'après une tradition populaire, très accréditée dans les communes de Conteville, Ronchois, Illois, et Sainte-Beuve, que traverse ce chemin, qui se perd dans la forêt d'Eu, le manoir de Neuville-Gouvion et le fossé du Roi seraient plus anciens de construction. On prétend
    que la reine Blanche de Castille, mère de Saint-Louis en fut la fondatrice, et que le chemin, dont quelques parties sont fort bien conservées, lui servait pour se rendre à Eu, par la forêt, en toute sûreté. On ajoute, même, que, pour faire perdre la trace de sa mule, elle la faisait ferrer au rebours. Les titres seigneuriaux ne donnent aucun renseignement positif sur la motte, ni sur le chemin.

         A l'entrée du village, sur la rue de Conteville, se trouve un Ecce homo, ou chapelle de Saint-Sauveur, construit par M. Hignard, ex-instituteur de Beaufresne, sur sa propriété, il y a peu d'années.
    Notre opinion, sur le manoir de Neuville-Gouvion, et sur le fossé du Roi, diffère de la légende

         1. en ce que nulle histoire ne nous dépeint la reine Blanche de Castille, comme en butte aux vexations, et obligée de se cacher pour les éviter.

         2. Que le chemin de la Hétrelaye, et une partie de la grande rue de Criquiers, portant le nom de Chaussée Brunehaut, nous penserions plutôt que le manoir et le fossé du Roi pourraient bien être attribués à cette reine qui, comme on sait, fut en guerre ouverte avec sa rivale Frédégonde, et fut immolée à son ressentiment.
         Une motte semblable à celle de Neuville-Gouvion, existait encore il a quelques années, aux limites sud-est de Conteville, près de celles de Gaillefontaine et Criquiers. " [3]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE LA NEUVILLE-GOUVION (Seine-Maritime)     « Neuville-Gouvion (Section de Conteville).
         Epoque incertaine. — C’est sur ce village que commence le célèbre terrassement connu dans le pays sous le nom de fossé du Roy, fossata Regis.
         Ce retranchement prend naissance à une motte très élevée dont le diamètre, au sommet, n’a pas moins de trente mètres. On y remarque l’ouverture d’un puits très bien conservé. Cette motte porte le nom de Câtel ou de Château.
         En 1861, M. de Hardentun fouilla cette butte antique, et y découvrit des ferrements oxydés et des tuiles à rebords.


    Pape, « Notices historiques et biographiques sur la ville et le canton d’Aumale " p. 101. " [4]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Google Earth.

     

    Le Fossé du Roy :

     

         " Au hameau de Neuville Gouvion commence le retranchement “ Le fossé du Roi ”. [5]


         " L'ancienne ligne de défense appelée " le Fossé du Roy ", et bordé d'arbres à des endroits où il peut atteindre 7 à 8 mètres de profondeur.
    Ses traces sont encore bien visibles sur la route reliant la Neuville-Gouvion à Ronchois (profondeur jusqu'à 8 m).
    Le site a été remis à jour par l'association « Détours en Bresle » entre les années 2005 et 2008."
    [1]

     

         Voir sur ce même sujet : ici ici ici ici et/ou ici 

     

    Sources : 

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de Matériaux pour l'histoire positive et philosophique de l'homme : bulletin des travaux et découvertes concernant l'anthropologie, les temps anté-historiques, l'époque quaternaire, les questions de l'espèce et de la génération spontanée par Gabriel de Mortillet (1821-1898) – Éditeur (Paris) 1864-09

    [3] Extrait des Notices historiques et biographiques sur la ville et le canton d'Aumale par E.-A. Pape – Éditeur : Veuve Caron (Aumale) 1849 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6516955m/f108.item.r=Neuville-Gouvion.texteImage

    [4] Extrait de La Seine-Inférieure historique et archéologique : époques gauloise, romaine et franque... par M. l'abbé Jean Benoît Désiré Cochet (1812-1875). Editeur (Paris) 1864 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32141851/f387.item.r=Neuville-Gouvion.zoom

    [5] Extrait de http://www.tourisme-aumale-blangy.fr/accueil/decouvrir-notre-territoire/culture/le-petit-patrimoine-de-la-vallee-2/

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  • LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)     On trouve à Corneuil dans l'Eure quelques vestiges d'une forteresse du 11e siècle. [NDB]

     

         " Il y avait à Corneuil une forteresse au lieu-dit « Château » et l’on trouve mention en 1246 d’un seigneur de Corneuil, Guillaume de Minières, ce qui permet de supposer que cette seigneurie faisait partie de ces lignes de défense édifiées par les ducs normands contre leur puissant voisin, le roi de France. La commune se situe sur le plateau, à proximité de la route qui descend d’Évreux à Nonancourt. " [1]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         " Corneuil. On a mentionné sur cette commune un tertre fortifié analogue à celui de Cintray, ainsi que l'emplacement des fossés et les ruines d'une forteresse, probablement au lieu-dit « Le Château », à 500 mètres au sud du bourg. Delisle et Passy Op. cit., t. I, p. 28 et 545. Carte de l'Etat-Major au 1 /80.000e, Evreux, S.-O. " [2]

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)

     

    Plan de situation du château de Corneuil ; blason de la famille de Corneuil par Gilloudifs.

     

         " L'an 1214, un nommé Renou aumôna aux Bénédictins de Lyré trois pièces de terre assises en la paroisse du Chamdminel, dans la mouvance du fief du Jarier Ernault, dont était seigneur Etienne des Essars. II s'obligea à faire amortir cette aumône par les chefs-seigneurs de son héritage. Au bas de cette charte, on trouve deux amortissements. Le premier, de Guillaume des Minières, seigneur des Minières et de Corneuil, qui était fils de Robert des Minières, seigneur de Corneuil, lequel était fils de Simon des Minières et de Blanche, dame de Corneuil et du Jarier. Ce Guillaume était aîné du fief du Jarier. " Dissertation sur les prérogatives des aînés en Normandie et sur la manière dont les puînés tenaient d'eux leurs fiefs... avant la réformation de la coutume... faite en 1583, ce qui s'appellait tenir de son aîné en parage par lignage. " auteur : Marquis de Chambray [3]    

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)         " Le château de Corneuil (Canton de Damville, dép. de l’Eure), dont il subsiste encore au sud du village d’intéressants vestiges (Arch. dép. Eure, III PL 158, III PL 2168 (Atlas) et III PL 1087), appartenait originairement à Arnault fils de Popeline et fut transmis à ses descendants. " [4]

     

    Ci-dessus, un plan extrait du cadastre napoléonien de 1839, Archives de l'Eure, http://archives.eure.fr/

     

         " On voit figurer à deux reprises, dans la grande charte de Lire, Ernaud, fils de Popeline (probablement père de celui-ci), comme donateur de l'église de Corneuil, de la dîme du Bois-Panton et de celle du Champ-Dominel. Nous pensons que ces Ernaud sont les mêmes qui ont possédé le Bois-Arnaud (Boscus Ernaudi), et lui ont donné leur nom. " Léopold Delisle [5] 

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)     Mesire Pierre de Corneuil porte les armes d'or a une fasce de gueules et à trois tourteaux de gueules. Pierre, seigneur de Corneuil, servait le roi en 1303 et 1304. (...)

     

    A droite, blason de la famille de Corneuil par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)     Jean de Mauquenchy, troisième du nom , dit Mouton, seigneur de Blainville, était sénéchal de Toulouse en 1298 et en 1316 ; il le fut ausi des bailliages de Rouen et de Gisors. Il avait épousé en troisième noce Jeanne de Corneuil au bailliage de Gisors, morte le 7 mars 1310. De ce mariage naquit Jean de Mauquenchy, dit Mouton, quatrième du nom, seigneur de Corneuil. Celui-ci fut commis par le roi à la garde des frontières de la mer de Normandie en décembre 1326 et mourut avant son père. II avait épousé avant l'an 1322, Jeanne de Chambli, dame de Cervon. De cette union naquit Jean de Mauquenchy, dit Mouton, cinquième du nom, seigneur de Blainville, maréchal de France en 1368 [NDB] :

     

           " Né vers 1322. Marié en..... à Jeanne Malet de Graville, seconde fille de Jean Malet, deuxième du nom, seigneur de Graville, et de Anne ou Jeanne de Waurin. Mort en février 1391.
         Il servit en Normandie, sous l'amiral de la Heuse, en 1356, et au siège de Honfleur l'année suivante. Charles V le fit maréchal de France, par état donné à Paris le 20 juin 1368, après la mort du maréchal de Boucicault. Il combattit contre les Anglais en Normandie, dans l'année 1378, et commanda l'avant-garde de l'armée fançaise à la bataille de Rosebecque, en 1382.
         En 1388 le maréchal de Blainville accompagna en Bretagne le connétable de Clisson, au siège et à la reprise de Bécherel sur les Anglais. Il mourut à l'âge d'environ soixante-neuf ans. "
    [6]

     

    Ci-dessus, à gauche, blason ce la famille de Mauquenchy par Jimmy44 Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3745860

     

         Voir sur la famille de Mauquenchy ici.

         Armes de la famille de Mauquenchy : Il s'armoit, d'azur à la Croix dentelée, cantonnée de vingt croix d'or, au pied fiché à la bande de gueule sur le tout. [NDB]

          

           " Toutes les sources attestent de la présence d’une motte, depuis le plus ancien aveu (1408) : « Y a mote [...] et patronnage de la chapelle du chastel de Corneul, et bons [r]emparts et fossez [...] qui sont seans bons (Arch. dép. Eure, E 170, « Aveu de du fief de Corneuil par Guillaume d’Estoutteville » (1408).) [...] » Les suivants semblent indiquer qu’il subsistait également des vestiges de château : « Où il y a motte, où il soulloit avoir chasteau, maison, place et collombier, et chapelle dont la présentation m’appartient [...] avecq ce ay droicture en la forest de Bretheuil d’avoir le feu et autres boyz pour ardoir et chesne pour édiffier tant au dict chasteau de Corneuil [...] droict de présenter aux chapelles des Mignières et de Corneuil [...] chapelle sainct Nicolas de Corneuil ( Arch. dép. Eure, E 170, « Aveu de de Charles de Montmorency » (24 sept. 1603) ; voir également Arch (...)) [...] »

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)          En 1784, le registre terrier indiquait que la chapelle Saint-Nicolas était construite à l’intérieur du château (Arch. dép. Eure, E 181, article 16 : « Ladite chapelle fondée en l’honneur de saint Nicolas au chât (...)), il s’agit donc sans équivoque d’une chapelle castrale. Les rôles d’imposition de 1790 mentionnèrent encore « Mr le chapelain de Saint-Nicolas de Corneuil pour terres et dixmes », ce qui laisse supposer qu’elle était encore desservie, à moins que cette mention ne fût purement formelle et fondée sur les titres anciens et non sur la réalité (Arch. dép. Eure, C 135). Cette chapelle a aujourd’hui disparu et nous ne pouvons identifier son emplacement exact.

     

    Ci-dessus : Illustration n° 38 – Motte du château de Corneuil. Photo extraite de ce même document.

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)          En revanche, la motte, ses fossés et sa basse-cour sont assez bien conservés (ill. N° 38 et 39). Étonnamment Coutil, bien qu’ayant signalé la présence de bâti, n’en fait qu’une relation assez succincte (L. Coutil, Archéologie..., op. cit., p. 276 : sans doute ne l’a-t-il pas réellement vue). Entourée de profonds fossés talutés vers l’extérieur, elle présente encore une élévation importante malgré quelques aménagements récents (Une cave a été creusée dans le flanc est et une « cascade » aménagée sur le flanc sud-ouest.) et une plate-forme de plus d’une dizaine de mètres de diamètre (A. Baume, les châteaux-forts et leur contexte historique..., op. cit., p. 94 : 13,50 m).

     

    Ci-dessus : Illustration no 39 – Fossé du château de Corneuil. Photo extraite de ce même document.

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)          Au sommet se trouve encore un puits rond, maçonné en silex, d’une profondeur de 25 mètres environ. Les vestiges de la première basse-cour ont pour une bonne part disparu mais nous pouvons la restituer, au nord-ouest et nord-est de la motte. Elle possède également un puits, identique à celui de la motte et profond de 15 mètres environ. De la motte courent deux pans de murs perpendiculaires, l’un est orienté vers le nord-est, l’autre vers le sud-est (ill. n° 40). Ils ne sont conservés que sur 2,50 mètres de longueur et 2,50 mètres à 3 mètres de hauteur tout au plus. Ils sont tous deux épais de 1,50 mètre environ et formés d’un épais blocage de mortier et de silex avec parements de silex taillés non-maçonnés mais posés de façon à former des assises régulières. Partant de la motte proprement dite, ils descendaient dans les fossés et entouraient autrefois la basse-cour. Sur la plate-forme, les fondations de la continuation du mur nord-ouest apparaissent encore au ras du sol. Par ailleurs, les anciennes limites de propriété au nord de ces vestiges, marquées par une élévation de terre curviligne (ill. n° 41) formaient un large arc de cercle supplémentaire et concentrique à ces vestiges, indiquant la présence d’une seconde enceinte. Le cadastre de 1808 (Arch. dép. Eure, III PL 158 (1808).) signalait la présence de bâtiments quadrangulaires, dont plus rien ne subsiste et montrait un parcellaire polygonal, correspondant certainement à la motte et la basse-cour, le tout environné de bois.

     

    Ci-dessus : Illustration no 40 – Vestige de mur au château de Corneuil. Photo extraite de ce même document.

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)           Ce château fut associé à un peuplement durable, puisque que plusieurs articles du registre terrier sont consacrés au « village du château », sans doute issu de la population directement rattachée au seigneur (Arch. dép. Eure, E 181, articles n° 978-800 : « près le village du château » et articles n° 801-8 (...)). (...)

         Les revenus furent donnés par Arnault fils de Popeline lors de la fondation de l’abbaye de Lyre : nous pouvons donc sans crainte penser que ce château fut fondé vers le milieu du 11e siècle. " [4]

     

    Ci-dessus : Illustration no 41 – Vestige d’enceinte de la seconde basse-cour du château de Corneuil. Photo extraite de ce même document.

     

         Plus tard la baronnie de Corneuil sera unie au duché de Damville. [NDB]

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)     A Corneuil, Église Notre-Dame (12e), remaniée au 16e et restaurée au 19e siècle. [NDB]

     

               " L’église paroissiale, ancienne, possède encore des vestiges romans : élévation des murs et baies cintrées biseautées (J. Charles, « Vestiges d’époque romane... », art. cité, p. 10 et suiv. ; M. Baudot, « Les églises d (...)). Le mur pignon sud de l’ancienne grange dîmière, à l’ouest de l’église, est également conservé. " [4]

     

           Une légende romanesque concerne la commune de Corneuil : L'âme qui chante par Octave Féré (1815-1875) dans Légendes et traditions de la Normandie – Éditeur : C. Haulard (Rouen) 1845, voir ici. [NDB]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/corneuil-eglise-notre-dame/

    [2] Extrait du Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie - Éditeurs : Derache (Paris)/Didron (Caen)/Hardel (Rouen)/Le Brument/Société des antiquaires de Normandie (Caen), 1919 - https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k200034x/f153.item.r=%22Corneuil%22.texteImage

    [3] Auteur : Marquis de Chambray - Date d'édition : 1583

    [4] Extrait de La Frontière normande de l'Avre : De la fondation de la Normandie à sa réunion au domaine royal (911-1204). Évolution de la maîtrise militaro-économique d'un territoire frontalier par Astrid Lemoine-Descourtieux - Nouvelle édition [en ligne]. Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2011 (généré le 27 novembre 2019). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/purh/6807>. ISBN : 9791024010618. DOI : 10.4000/books.purh.6807.

    [5] Léopold Delisle Extrait de https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6561042q/f430.item.r=%22de%20Corneuil%22.texteImage
    [6] Extrait de Galeries historiques du palais de Versailles, Tome 7 par Charles Gavard (1794-1871) – Éditeur (Paris) 1839-1848 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k279565/f203.item.r=%22de%20Corneuil%22.texteImage.zoom

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  • LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche) LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche) LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)

     

    Ci-dessus : Au centre, une photo extraite de Licence photo©webmaster"B-E",  http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/image/manoir-de-herenguerville-50_a.JPG ; à droite, une photo aérienne extraite du site Google Earth.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     " Hérenguerville est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 205 habitants (les Hérenguervillais), commune déléguée au sein de Quettreville-sur-Sienne depuis le 1er janvier 2019.

             Le toponyme est attesté sous les formes Erengart villa vers 10252, Herengardisvilla en 1066, Erengervilla au 14e siècle, Hérenguerville en 1793 et Herenquerville en 1801. Il serait issu d'un anthroponyme germanique tel qu'Eringart ou Arengardis et de l'ancien français ville dans son sens originel de « domaine rural » issu du latin villa rustica. (...) 

     

         Le manoir d'Hérenguerville est une ancienne demeure fortifiée, du Moyen Âge, située sur la commune d'Hérenguerville, en Cotentin, dans le département de la Manche en région Normandie (...) au lieu-dit « Le Manoir », à 500 mètres à l'est de l'église, par un chemin creux bordé de chênes et de charmes. " [1]

     

         " Avec son site fortifié et entouré d’eau, dès le 12e siècle, par un étang artificiel et des douves, le manoir s’apparente, en plus petit, au modèle du château de Gratot. La partie la plus ancienne du vieux manoir remonte au 12e siècle. Elle présente toujours sa structure simple de la salle cuisine surmontée d’une chambre haute, que l’on retrouvera dans toute l’architecture seigneuriale anglo-normande. " [2] [4]

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)

     

    Plan de situation du manoir d'Hérenguerville ; blason de la famille de Grosparmy par Gilloudifs

     

    Histoire

     

    Un nom venu de la mer baltique

     

         " Des éléments maçonnés datant de la période gallo-romaine ont été retrouvés dans les fondations des murs d'enceinte. L'occupation antique de ce site fut aussi confirmée, en 1804, par la découverte d'un petit trésor de pièces de monnaies datant des empereurs Constance Chlore et Aurélien. " [1]

     

    Découvertes archéologiques

     

         " En 1804, dans un champ situé au nord de cette commune, on a découvert, dans une fosse creusée pour y planter un pommier, un pot de terre contenant environ 2 litres de médailles romaines de moyen et petit bronze. Elles furent cédées à un marchand de Montmartin pour un mouchoir. Ce marchand les porta à Villedieu pour les livrer au fondeur. Celui-ci en conserva quelques-unes qu'il vendit à M. de Gerville. Elles étaient bien conservées. On y remarquait des Dioclétien, dess Probus, des Maximin et des Constance-Chlore. Dépôt monétaire de la fin du IIIe siècle. " [3]

     

         " Un seigneur venu du Nord, viking ou germanique, Arangardis, laissera son nom - un nom d’origine balte qui pourrait être celui d'un guerrier Yotving, des rives du Niémen en Lituanie - au domaine dont il s'empare : Erangarvilla. Sous les premiers ducs de Normandie, le territoire est alors partagé en deux fiefs nobles dépendants de la vicomté de Coutances. " [4]

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)

     

    Ci-dessus, le manoir vu des douves par Arangardis — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=78121583

     

    La famille de Grosparmy

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     " En 1204, le manoir était aux mains d'un chevalier nommé Jourdain d'Hérenguerville qui, de retour de la quatrième croisade, fit un don à l'abbaye de Savigny. Sa petite-fille Nicole épousa un sire de Grosparmy, neveu du cardinal Raoul de Grosparmy et de son frère Nicolas, chancelier de France et garde des Sceaux du roi Saint Louis. Louis IX fut reçu par les Grosparmy d'Hérenguerville, en 1256, pour servir en personne l'un des grands banquets que ce roi faisait offrir aux pauvres de Normandie. " [1]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Grosparmy par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     " En avril 1256, les Grosparmy reçoivent Saint Louis en Coutançais, lequel visite chaque abbaye et chaque paroisse avec le double objectif de mieux connaître les Normands, fraîchement français, et de réveiller le clergé local. Il demande aux seigneurs d’organiser des banquets pour les pauvres que le roi sert lui-même.

         La cheminée monumentale de la cuisine du vieux manoir, dans la salle sous la chambre haute, date de cet événement. Avec un âtre de 4,43 m, elle est de 50 cm plus large que celle, comparable, de l’abbaye d’Hambye ! (...)

         Resté fidèle au roi de France, Henri de Grosparmy, se fait saisir, en 1418, son fief d’Hérenguerville par Henry V de Lancastre, roi d’Angleterre ; au profit de Guillaume de Lézeaux, puis du capitaine Anglais Thomas Growe. " [4] 

     

    Ci-dessus, portrait de Saint Louis, d'après un manuscrit de 1316 (Archives Nationales, JJ 57). https://www.akg-images.fr/archive/Portrait-de-Saint-Louis--d%27apres-un-manuscrit-de-1316-2UMEBMYMPRJNB.html

     

         " A la fin de la Guerre de Cent Ans, le manoir fut occupé par un capitaine anglais (Thomas Growe) de 1419 à 1450. Il fut rendu aux Grosparmy par acte de main-levée du roi Charles VII, le 9 mars 1451. " [1]

     

         " L’essentiel des bâtiments 15e du manoir, logis et communs, datent de cette période de reconstruction. Deux fleurs de lys sur une fenêtre affichent probablement la fidélité de cette famille à la Couronne, tandis que des fragments d’anciens meneaux gardent des roses. " [4]

     

    Un cénacle d'alchimistes

     

         " A cette génération, Nicolas de Grosparmy pratiquait l'alchimie au manoir. On y voit encore les vestiges de ses fours et la sculpture d'un Mercure sur une fenêtre orientée à l'occident. Ce gentilhomme appartenait au Cénacle de Flers. " [1]

     

         Voir à ce sujet ce lien et ce lien.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     " Pendant qu’ils furent privés de leurs fiefs coutançais, les Grosparmy sont devenus barons de Flers. Or leur nom est associé à la plus grande affaire d’alchimie après celle de Nicolas Flamel : le Cénacle de Flers. Ils ont notamment rédigé deux manuscrits fondamentaux. L’un d’eux se trouve à la bibliothèque de Rennes. Pierre de Mascarel, marquis de Bois-Geffroy, en héritera au 17e siècle. Il est un ancêtre direct des actuels propriétaires du vieux manoir, qui se rattachent par plusieurs souches aux Grosparmy.

         Sur une fenêtre de la façade orientale du vieux manoir, la sculpture d’une tête d’alchimiste vient d’être mise à jour. " [5]

     

    Ci-dessus, sculpture d’une tête d’alchimiste© BDM https://www.le-petit-manchot.fr/cc-08-04-herenguerville-manoir-2/articles/

     

    Berceau du protestantisme bas-normand

     

         " Lors des guerres de religion, le pasteur Godard écrivit à Calvin une lettre signée du manoir d'Hérenguerville, avec la liste des premiers villages du Coutançais où il prêcha la Réforme. Cette lettre, datée du 20 juin 1561, est le plus ancien témoignage de missions protestantes en Basse Normandie. " [1]

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     " Un siècle plus tard, un mariage fait entrer la seigneurie d’Hérenguerville dans la famille Le Cointe, qui détient déjà plusieurs fiefs voisins à Quettreville et Annoville. Dans les archives de Calvin, la première lettre écrite par un pasteur en mission dans la région de Coutances est datée d’Hérenguerville (20 juin 1561) ; année qui vit Montgomery lancer, de Ducey, sa sédition protestante, avec l’aide de quelques gentilshommes locaux. Cela fait déjà quelques années que Jacques Le Cointe, seigneur d’Hérenguerville, est calviniste. Sa fille Ursine et son gendre Julien Davy du Perron ne cesseront de fuir la répression.

     

    Ci-dessus blason supposé de la famille Le Cointe par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     Pourtant Ursine sera la mère du plus brillant opposant aux thèses de la Réforme : le cardinal du Perron (Jacques Davy du Perron), célèbre poète proche de Ronsard et à qui le roi Henri IV attribuera sa conversion. Du Perron a passé une partie de son enfance au manoir d’Hérenguerville. " [5]

     

     

    Portrait du Cardinal du Perron © Coll. Dumas de Mascarel https://www.le-petit-manchot.fr/cc-08-04-herenguerville-manoir-2/articles/

     

     

          " En 1690, l'on voit encore quelques tombeaux dans le cimetière calviniste de Hérenguerville. " [3]

     

    Au temps des comtes de Berenger

     

         " Toujours transmis par successions et par mariages jusqu'à la Révolution, le manoir cessa d'être habité par ses seigneurs en 1712. Les marquis de Berenger, qui résidaient au château de Trelly, le perdirent lors de la vente des Biens nationaux. " [1]

     

         Voir la famille de Bérenger à ce lien.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     " En avril 1627, Judith d’Hérenguerville apporte en mariage le manoir à son époux Marc-Antoine de Berenger, d’une puissante famille protestante de la région d’Argentan. Elle sera la dernière à résider au manoir, ses enfants lui préférant celui de Montaigu (également à Hérenguerville) qui venait aussi de son côté.

         Leur petit-fils Jacques-Jean de Berenger abjurera l’hérésie en 1691 et fera un mariage très catholique, devant le chanoine Blouet de Camilly, à Coutances, fils spirituel de saint Jean Eudes.

         En 1712, il laisse le manoir en " fermage et louage " à Jacques Mesnil de la Hamolinière. Le bail décrit le manoir " en total état de ruines ", à restaurer " avant la Saint-Jean ", son colombier (pour six douzaines de pigeons), son portail, son pressoir, les bois d’ajoncs qui l’entourent, le verger de pommiers… " [5]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Bérenger https://fr.geneawiki.com/index.php?curid=167622

     

         " Les terres furent rachetées en 1803 par un soldat de la Grande Armée, le capitaine Lefèvre, lequel construisit une nouvelle maison et abandonna le vieux manoir aux usages agricoles. " [1]

     

         " Ayant émigré en 1792, les Berenger, châtelains de Trelly, par mariage (toujours dans leur descendance), voient le manoir vendu comme Bien national, en Pluviose, An II (1794), à leur fermier Guillaume de la Lande, manoir et dépendances...

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche) LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     Un capitaine en retraite de l’armée napoléonienne, Jean-François Lefebvre, héros de Marengo et de la Grande Armée, rachète le manoir en 1814. Il édifie une nouvelle maison, élégante, et abandonne l’ancien manoir à un usage de dépendances agricoles. Il n'aura qu'un fils, Théophile, époux d'Anastasie Vadet.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     Le 15 mai 1915, à la mort de son petit-fils Gabriel Lefebvre, le partage des biens de ce dernier sera fait entre ses deux filles, Gabrielle et Yvette. Gabrielle reçut la maison du capitaine Lefebvre et Yvette, épouse de Marcel Vadet hérita du vieux manoir, de l'étang, de l'ancienne avenue et des prés attenants. Mme Vadet en est restée propriétaire jusqu'en 1989. " [5]

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1825, Archives de la Manche, http://www.archives-manche.fr/

     

         " Au 20e siècle la restauration du manoir d'Hérenguerville a été entreprise par la famille Dumas de Mascarel, que des liens d'ascendance rattachent aux Grosparmy. " [1]

     

         " En 1963, après avoir été inhabité pendant plus de deux siècles, le vieux manoir fut alors louée par Mme Vadet à un ménage d'agriculteur, Michel et Thérèse Burnel qui y habitèrent en famille, jusqu'à leur retraite.

         C'est alors que, le 30 juin 1989, Yvette Lefebvre choisit de vendre le vieux manoir à son petit-neveu Jean-Marie Quesnel pour lui permettre de s'installer. Mais ce dernier sera victime d'un accident mortel en septembre 1992.

         En août 1995, le vieux manoir fut alors revendu par ses héritiers, sa jeune veuve d'origine irlandaise, ses parents et frères, à Jean-Luc Lebel, de Roncey, lequel le revendra à la famille Dumas de Mascarel, en octobre 2000.

         De son côté, Gabrielle Lefebvre transmit le manoir, édifié par le capitaine de la Grande Armée, à son fils Théophile Quesnel, personnalité du monde agricole français et qui fut maire d'Hérenguerville comme son grand-père.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     Plusieurs liens généalogiques rattachent Bertrand Dumas de Mascarel et son épouse Catherine de Rivière aux Grosparmy d'Hérenguerville. Depuis l'an 2000, ils entreprennent d’importants travaux de restauration pour redonner au vieux manoir son aspect d’origine, notamment avec des couvertures en chaume, sa ceinture de douves en eau et la protection du milieu naturel de l'étang et des prés. " [5]

     

    Ci-dessus, blason de la famille Dumas de Mascarel http://herve.laine-bucaille.pagesperso-orange.fr/noblesse/M/masquerel.htm

     

         " Il a désormais retrouvé son caractère historique et accueilli des concerts et des expositions. Il est aussi le siège de l'association Hauteville House, consacrée aux arts décoratifs de la Haute époque et aux tapisseries appelées bergames. " [1]

     

    Le fief de Hérenguerville

     

         " Entre 1022 et 1026, Richard II, duc de Normandie, fait don aux abbés du Mont Saint-Michel de " la moitié d’Hérenguerville ". Cette abbaye dispute d’ailleurs le patronage de l’église paroissiale, alors sous le vocable de saint Martin, avec celle de La Lucerne. Tandis que les abbayes d’Hambye et de Savigny détiennent aussi des terres sur la paroisse. De cette époque, l’église a notamment gardé son beau porche roman (11e siècle).

         Hérenguerville restera une étape possible sur la route des pèlerins montois venus du nord, notamment les Anglais. Très tôt, les deux fiefs reviendront à des seigneurs laïcs.

         La famille du Manoir prend le nom d’Hérenguerville. L’un de ses membres porte le prénom de Jourdain, souvent donné en souvenir d’un voyage en Terre Sainte. On trouve aussi Jean d’Hérenguerville, en 1220, écuyer, également seigneur d’Hyenville, ainsi que Thomas et Nicolas.

         L’autre fief, qui sera tardivement nommé Montaigu, passe entre les mains des sires de Coulonces et de Poterel. " [4]

     

         " Dans le cours du 17e siècle, on comptait deux fiefs nobles à Hérenguerville : Le fief de Montaigu, un huitième de haubert, le fief de Hérenguerville, aussi un huitième de haubert. " [3]

     

         " Dénommé la Terre d’Hérenguerville en 1519. Sa mouvance est passablement embrouillée : En 1381, 1476, 1519, il relève de la baronnie de Coulonces en la vicomté de Vire ; en 1693, il relève du roi ; en 1749, il est considéré comme arrière-fief du fief du Bouillon lui même mouvant de l'ancienne baronnie de Say inclue dans le marquisat de Marigny.

         Fief et seigneurie assis en la paroisse d’Hérenguerville, quart de fief de chevalier qui se transformera en huitième de fief après 1519 ; simple gage-plège, usage, manoir clos de douves, colombier. Ses possesseurs se confondent avec les seigneurs de la paroisse.

     

    LES REMPARTS DE HERENGUERVILLE (Manche)     Pendant la guerre de Cent ans, la seigneurie est confisquée par les anglais En 1452, sa possession retourne à la famille Grosparmy : 1452, Raoul Grosparmy, écuyer, seigneur d’Hérenguerville, fils et héritier de feu Henry Grosparmy, en son vivant écuyer et seigneur dudit lieu, qui bien qu’il tienne sa dite terre en parage du sieur du Bouillon… aveu non fait… Au temps de l’occupation anglaise ledit feu Henry Grosparmy, son père, ne voulant pas demeurer en l’obéissance des anglais mais s’en alla demeurer en l’obéissance du roi, notre dit seigneur et même ledit Raoul Grosparmy son fils en laquelle obéissance il est depuis demeuré et ledit feu Henry Grosparmy allé de vie à trépassement. Le fief fut donné pour leur absence par le roi d’Angleterre à Thomas Browe, anglais qui en avait toujours joui jusque à certain temps que ladite terre avait été tenue par ledit roi d’Angleterre en sa main… En conséquence ordre est donné de restituer audit Raoul Grosparmy la seigneurie de Hérenguerville. " [3]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

          Les seigneurs de la paroisse

     

    • 1381, Robert de Montagu, chevalier

    • 1419 - 1450 possession anglaise (guerre de Cent ans)

    • 1450 – 1458, Raoul Grosparmy

    • 1488 – 1496, Jacques de Grosparmy

    • 1519, Guillaume Le Cointe, écuyer

    • 1567, Jean Le Cointe, écuyer

    • 1597 – 1627, Jacques Le Cointe, écuyer

    • 1642, Jacques de Bérenger, écuyer

    • 1696, Jacques Jean de Bérenger, écuyer

    • 1729, Henri-Scipion de Bérenger, écuyer

    • 1764, Charles-François-Louis de Béranger

    • 1789, Louis -Charles-François de Béranger " [3]

       

    Description

     

            " Entouré, sur trois côtés, par ses douves en eau et un étang bordé de murets, le site a gardé son caractère fortifié. Le manoir est constitué de trois logis mitoyens, construits consécutivement aux 12e, 15e et 16e siècles et d'un ensemble de communs couverts en chaume. (...)

         Du Moyen Âge, il reste les vestiges des murs d'enceinte et des douves. Le logis a gardé de très jolies cheminées, ses plafonds anciens et ses murs chaulés à fresques. L'ensemble des bâtiments présente de beaux exemples de fenêtres et de portes ouvragées et ornées d'accolades.

         Les ruines de l'ancienne grange dîmière qui fermait la cour du Manoir, témoignent que ce fief relevait aussi, en partie, des abbayes du Mont Saint-Michel et de La Lucerne-d'Outremer. " [1] 

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de https://www.cotedeshavres.net/d%C3%A9couvrir/les-communes/h%C3%A9renguerville/

    [3] Extrait de https://fr.geneawiki.com/index.php/50244_-_H%C3%A9renguerville

    [4] Extrait de https://www.le-petit-manchot.fr/cc-08-04-herenguerville-manoir-1/articles/

    [5] Extrait de https://www.le-petit-manchot.fr/cc-08-04-herenguerville-manoir-2/articles/

     

    Bonnes pages :

     

    O https://www.le-petit-manchot.fr/cc-08-04-herenguerville-manoir-1/articles/

    O https://www.le-petit-manchot.fr/cc-08-04-herenguerville-manoir-2/articles/

    O https://fr.geneawiki.com/index.php/Famille_de_B%C3%A9renger

    O http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/manoirs-manche-manoir-a-herenguerville-manoir-de-herenguerville.html

    O http://wikimonde.com/article/Manoir_d%27H%C3%A9renguerville

    O https://www.cotedeshavres.net/d%C3%A9couvrir/les-communes/h%C3%A9renguerville/

    O https://www.ouest-france.fr/normandie/quettreville-sur-sienne-50660/la-decouverte-du-patrimoine-les-toiles-de-bergame-2542907

    O Renault, "Revue monumentale et historique de l’arrondissement de Coutances " in Annuaire du département de la Manche, 1853. https://fr.geneawiki.com/index.php/Canton_de_Montmartin-sur-Mer_(50)_-_Revue_monumentale#H.C3.A9renguerville

    O https://www.jstor.org/stable/24294483?seq=1#page_scan_tab_contents

    O http://nenotvadet.canalblog.com/archives/2013/12/30/28800682.html

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  •      " Angoville est une ancienne commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, devenue le 1er janvier 2019 une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Cesny-les-Sources. (...)  

         Attestée sous la forme Ansgotvilla en 1125. " [1]

     

         " Dans le bois d’Angoville dit de Saint Clair, (...) se situait un château sur la motte féodale de Rouvrou. Ce château possédait des passages souterrains communiquant avec les châteaux de Martainville et de Saint-Germain-Langot. Il n’en reste plus que les douves envahies par la nature. " [2]

     

     

    Ci-dessus : à gauche, motte féodale à Angoville (Calvados-FR) Photographie aérienne par cerf-volant. Kite Aerial Photography. © Décembre 2013, François Levalet www.francoislevalet.fr https://www.flickr.com/photos/levalet/11373272045 ; au centre, une photo aérienne extraite du site Géoportail ; à droite, une photo extraite du site Google Earth.

     

         " Motte élevée vraisemblablement au 11e siècle pour contrôler la route de Thury à Falaise sur le tronçon dit " chemin du roi Louis " [3]

     

        

     

    Plan de situation de la motte de Rouvrou à Anctoville ; blason du Calvados extrait de https://www.wikiwand.com/fr/Armorial_des_communes_du_Calvados

     

    " Motte de Rouvrou

     

    (Coordonnées Lambert : 400 550 X 141250). 

     

         La fortification du Bois de Rouvrou, à Angoville, est l'une des mieux conservées que l'on trouve dans le Cinglais. La motte, malgré diflérents sondages pratiqués à son sommet, est encore en bon état ; une partie de la basse-cour subsiste. L'ouvrage a non seulement été signalé par F. Vaultier (Vaultier F., Recherches historiques sur l'ancien pays de Cinglais ; Voir ce qui a trait à la commune d'Angoville), mais a fait récemment l'objet d'une description détaillée (Doranlo (R.E.), La motte d'Angoville, dans Bull. Soc. Antiqu. de Normandie, LI. 1948-1951. p. 319) ; en outre, s'il n'a pas été signalé sur les plans cadastraux de la commune, il apparaît en revanche de façon très nette sur les photographies aériennes (Cliché I.G.N., Mission Granville-Falaise 1947, n°25). Nous ne reviendrons donc pas sur la description de la motte ; nous remarquerons simplement la confusion faite par R.E. Doranlo, dans I'étude signalée ci-dessus, entre des fortifications de type bien différent : c'est ainsi qu'il compare la motte d'Angoville aux enceintes circulaires du Bois du Bel ou de Sainte-Eugénie (L'ouvrage de Sainte-Eugénie, dans la Forêt de Gouffern, est une enceinte circulaire a basse-cour, beaucoup plus puissante et plus grande que celles que nous avons pu trouver dans le Cinglais. Cf. Rousseau, Le camp de Silly-en-Gouffern dit de Sainte-Eugénie, dans Le Pays d'Argentan, 1936.). 

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Google Earth.

     

    Ci-dessus, une photo extraite de Les Fortifications de terre et les origines féodales dans le Cinglais par Michel Fixot Publications du CRAHM, 1968 - 123 pages https://books.google.com.ua/books?id=l5_aCg3J2fMC&pg=PA71&hl=fr&source=gbs_toc_r&cad=3#v=onepage&q=Angoville&f=false

     

         La motte d'Angoville s'élève au sommet de la rive méridionale du petit ruisseau de la Planche, qui décrit en cet endroit une large sinuosité, ce qui donne à la fortification une position dominante par rapport au nord et au nord-est. Au pied de l'amorce de basse-cour passe le Chemin du Pont du Vivier qui prend plus loin, vers l'est, le nom de Chemin du Roy Louis, et sur lequel se trouve aussi l'église d'Angoville. Cet axe, de direction est-ouest, semble d'une part rejoindre par Combray le Chemin de Bretagne et, de l'autre, pouvait gagner Clair-Tison. ll a peut-être été l'une des ramifications de la route de Thury à Falaise qui a un tracé difficile a suivre sur les hauteurs des Bois de Saint-Clair. Enfin, on peut douter que le Chemin de Bonneuil à Caen, qui passe entre l'enceinte et l'église, ait été, comme le dit Doranlo, l'axe méridien du Cinglais que cherchait de Caumont : cet axe doit être situé plus à l'ouest, dans la région beaucoup plus peuplée de Placy, Donnay et Pierrefitte-en-Cinglais (La motte d'Angoville constitue un site à surveiller : des défrichements de grande ampleur ont eu lieu ces dernières années tout autour. La vaste entreprise de démolition de talus qui a lieu dans la plaine voisine pourrait un jour ou l'autre valoir quelques dommages à la fortification). " [4]

     

    A proximité :

     

         - " La fontaine Sainte-Anne qui date de 1846.

     

         - L'église Ste-Anne des 12e siècle, 13e siècle et 18e siècle. " [1] :

     

         " Une église du 12ème siècle, l’église Saint Anne, avec un cimetière accueillant des tombes du 17ème siècle, dont celles de la famille Rabache père en fils repose en paix. Plusieurs maires sont issus de cette famille. " [2]

      

     

    Ci-dessus : photo de l'église Sainte-Anne d'Angoville extraite de http://preciosa.eklablog.com/calvados-angoville-a132301918

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de https://www.suisse-normande.com/nos-47-communes/angoville/

    [3] Extrait de http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=14013&NUMBER=8&GRP=0&REQ=%28%2814013%29%20%3aINSEE%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=100&MAX3=100&DOM=Tous

    [4] Extrait de Les Fortifications de terre et les origines féodales dans le Cinglais par Michel Fixot Publications du CRAHM, 1968 - 123 pages  https://books.google.com.ua/books?id=l5_aCg3J2fMC&pg=PA71&hl=fr&source=gbs_toc_r&cad=3#v=onepage&q=Angoville&f=false

     

    Bibliographie :

     

    O Angoville, motte de Rouvrou (M. Fixot, op. cit., pp. 95-97) https://books.google.com.ua/books?id=l5_aCg3J2fMC&pg=PA71&hl=fr&source=gbs_toc_r&cad=3#v=onepage&q=Angoville&f=false

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