• LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche) LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche) LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)

     

    Ci-dessus : à gauche, une photo par Édouard Hue (User:EdouardHue) — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=27879639 ; au centre, une photo extraite de http://www.lycee-lebrun.fr/bts-tourisme/wp-content/uploads/2014/03/chateau-de-tocqueville.jpg

     

         Le château de Tocqueville est situé sur la commune de Tocqueville, dans le département de la Manche.

         Demeure de la famille Clérel, seigneurs de Tocqueville, elle a notamment appartenu à Alexis de Tocqueville," [1] "auteur de la Démocratie en Amérique qui repose dans le cimetière du village. Ancien manoir du 16e agrandi d’un logis 18e et d’un pavillon carré 19e, se reflétant sur l’étang dessiné par Mary Mottley, l’épouse d’Alexis de Tocqueville. " [2]

     

            " Le château se caractérise « par la douceur de sa végétation (palmiers) et la rudesse de son architecture (dans sa partie Henri IV), rudesse qui s'atténue progressivement avec les additions postérieures » [Élie Guéné, Le Cotentin, éd. Manche-Tourisme, 1977]. " [3]

     

         " Le château fait l'objet de plusieurs protections au titre des monuments historiques. " [1]

     

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    Plan de situation du château de Tocqueville ; blason de la famille Cléret de Tocqueville par Aroche Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Aroche., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3762434

     

    Historique

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)     " Une première mention de l’habitation de Tocqueville existe vers l’an 1200 ; les propriétaires ont été successivement les familles de Hennot, du Mesnil, le Verrier. Ces derniers appartenaient à la famille qui devait donner deux siècles plus tard le célèbre astronome de Saint-Lô (1811-1877) qui découvrit la planète Neptune. " [4]

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)     " Le château de Tocqueville, abrité comme un nid au milieu de grands arbres, dans le plantureux pays du Val de Saire, appartenait, dans les premières années du 15e siècle, à la famille de Hennot, venue d'Arreville en Sainte-Geneviève. A cette époque, les pirates faisaient de fréquentes incursions dans les paroisses voisines de la côte ; aussi le manoir féodal avait-il été construit dans un bas-fond, afin que des fossés en pussent efifcacement protéger les abords.

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Hennot extrait de https://www.wikimanche.fr/Blason_des_Hennot

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)     Jean de Hennot échangea, en 1472, une partie considérable de son domaine de Tocqueville avec Richard du Mesnil, écuyer, élu de Valognes. Un de ses descendants, Michel du Mesnil, vint s'y établir définitivement, et, par un aveu de 1507, reconnut tenir du roi son fief de Tocqueville.
         Le château ne se composait sans doute alors que d'un corps de logis, flanqué au sud-est d'une tour, servant d'escalier, et au nord-ouest, d'une autre tour à deux étages.
         Françoise du Mesnil, dame de Tocqueville, qui avait épousé
    Jean Le Verrier, avocat du roi au bailliage de Valognes, fit bâtir, en 1562, les pièces en appentis qui se trouvent à l'ouest. " [5]

     

    Ci-dessus, blason de la famille du Mesnil extrait de https://fr.geneawiki.com/index.php?curid=167185 (mais est-ce le bon blason ?)

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)     " Déjà au 16ème siècle, ce manoir était considéré comme noble ; comme l’indique le bandeau de pierre qui ceinture le pigeonnier, son propriétaire était titulaire d’un droit de basse justice, il était en quelque sorte juge de paix de l’époque. " [6]


         " En 1661, Marie Jallot, veuve de Hervé Clérel, seigneur d'Auville, acquit, par échange, le fief de Tocqueville, de Christophe Le Verrier. " [5]

     

    Ci-dessus, blason de la famille Le Verrier par Gilloudifs

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)     " La famille Clérel de Tocqueville remonte au 11e siècle. Guillaume Clérel accompagna Guillaume le Conquérant en Angleterre en 1066 et combattit avec lui à la bataille d’Hastings. La famille s’installe à Tocqueville en 1661. (...) En fait, depuis son origine, la propriété n’a jamais fait l’objet d’une vente. Les Clérel habitaient la basse-Seine jusqu’à ce qu’une alliance avec les Rampan les amenât dans la région de Saint-Lô. En devenant propriétaire du manoir de Tocqueville, ils prirent le nom du fief, comme il était alors d’usage : Clérel de Tocqueville.

         Au 18ème siècle, les Tocqueville s’allièrent par des mariages avec de grandes familles proches de la Cour, ce qui améliora leur situation financière et permit la transformation du manoir en château. La façade actuelle fut plaquée sur le manoir qui fut agrandi en direction du sud. Le château fut complété par la construction des communs et de la maison du garde. " [6]

     

    Ci-dessus, blason de la famille Cléret de Tocqueville par Aroche Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Aroche., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3762434

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)     " Cette amorce d’une transformation totale qui aurait du aboutir à la destruction des tours et du colombier est stoppée en 1785 par la mort de Catherine-Antoinette de Damas-Crux, veuve de Bernard Bonaventure de Tocqueville (grands parents d’Alexis). " [4]

     

         " La période de la révolution n’eut pas de grandes conséquences pour la propriété si ce n’est la destruction du toit du pigeonnier, symbole nobiliaire, et le barbouillage en noir du mot « roy » dans les ouvrages de la bibliothèque. " [6]

     

         " Hervé Bonaventure Clérel, comte de Tocqueville, qui fut successivement préfet de la Moselle, de la Somme et de Seine-et-Oise et pair de France, était propriétaire du château au moment de la Révolution. " [5]

         " La propriété est inhabitée de 1785 à 1828. " [4]

         " Son deuxième fils,..." "en 1833, Alexis de Tocqueville tombe sous le charme du château familial inhabité depuis un demi-siècle. À la mort de sa mère, il obtient qu'il lui revienne plutôt qu'à son frère Édouard et s'y installe à partir de 1836. " [1]

     

         Son frère, Edouard Clérel de Tocqueville possédait le château de Tourlaville (Manche).

         Son autre frère, Hippolyte Clérel de Tocqueville possédait le château de Nacqueville (Manche)

     

         Le château de Tocqueville devient le domaine de prédilection d'Alexis de Tocqueville :

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)     « », écrit-il, « j’ y vis dans un monde de chimères. Savez-vous que, du haut de la tour, j’aperçois le port où Guillaume le Conquérant s’est embarqué pour aller conquérir l’Angleterre [Barfleur], savez-vous que tous ces lieux qui m’entourent portent des noms fameux dans notre histoire ou dans la vôtre ? » (...) Déjà en 1837, année où Alexis de Tocqueville sollicitait sans succès son premier mandat de député à l’Assemblée nationale française, il écrit : « Ce lieu-ci me plaît. J’y vais mener une vie extrêmement réglée et tranquille…" [6] 

     

         « Ce cher Tocqueville ! il ne se présente à mon imagination que comme l'asile de la paix et du bonheur. C'est le port au milieu de toutes les tempêtes. Je n'ai jamais, après tout, été autant et aussi longtemps heureux que là. » (Alexis de Tocqueville, lettre à Marie Mottley, 1837) " [3]

     

         « J’ai soif de Tocqueville ; de notre solitude, de notre intimité, de notre tête-à-tête, de tout enfin ce qui fait le fondement réel de mon bonheur dans ce monde.» Alexis de Tocqueville – Lettres à son épouse Marie Mottley " [4]

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)     " Sa femme, Mary Mottley, dirige les travaux d'aménagement et de restauration. " [1] 

         "Alexis voulait avoir devant lui de vastes horizons, un parc à l’anglaise, un petit étang. Il fit abattre les haies du bocage environnant ; il fit déplacer le porche du manoir ; il remplaça la fosse à fumier de la ferme par un petit étang. Il réaménagea les communs. " [4]  " L'avenue est plantée en 1843, un bassin creusé en 1845 et un jardin anglais créé en 1856. Ce domaine lui permet d'entamer une carrière politique dans la Manche en 1839. " [1]

     

         " L'écrivain y rédige une partie de ses Souvenirs et une partie de son livre L'Ancien régime et la Révolution. Il y reçoit ses amis, notamment Gustave de Beaumont, Jean-Jacques Ampère et Francisque de Corcelle. " [3]

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)     " Alexis de Tocqueville, de plus en plus attaché à son vieux château, admet qu’il y a « un certain charme à fouler la terre qu’ont habitée les aïeux et à vivre au milieu de gens dont toutes les origines se mêlent aux nôtres ». Celui qui, dans ses rapports à l’assemblée nationale, se souciait de remédier au paupérisme , voulait être considéré comme le bienfaiteur des pauvres On cuit chaque semaine au château le pain pour les indigents, et, le châtelain, fidèle à une tradition de charité chrétienne à laquelle il se sentait lié, visite les malades. " [6]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    Alexis de Tocqueville

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)     " Alexis-Charles-Henri Clérel de Tocqueville (né à Paris le 29 Juillet, 1805 et décédé à Cannes le 16 Avril 1859) était un penseur politique français et historien bien connu pour ses ouvrages La Démocratie en Amérique publiée en deux volumes: 1835 et 1840) et L’Ancien Régime et la Révolution (1856). Il est l’un des plus grands penseurs du 19e siècle et La démocratie en Amérique (1835), son œuvre majeure, publiée après ses voyages aux États-Unis, est aujourd’hui considérée comme un chef-d’œuvre d’analyse de l’évolution du phénomène démocratique.

         Eminent représentant de la tradition républicaine française, Tocqueville était aussi un des acteurs de la vie politique française, d’abord sous la monarchie constitutionnelle du roi Louis-Philippe (1830-1848), puis au cours de la Seconde République (1849-1851) qui est né de la Révolution de février 1848. Il a finalement quitté la vie politique après le coup d’état du 2 décembre 1851 et la proclamation de Louis Napoléon Bonaparte comme empereur Napoléon III, et il va commencer sa deuxième œuvre la plus importante : L’Ancien Régime et la Révolution. " [6]

     

    Ci-dessus, portrait d'Alexis de Tocqueville par Théodore Chassériau (1850) château de Versailles https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Alexis_de_tocqueville.jpg#mw-jump-to-license

     

         Alexis de Tocqueville meurt à Cannes le 16 avril 1859. Il est enterré dans le caveau des comtes de Tocqueville situé dans le cimetière adjacent à l'église du village de Tocqueville. [NdB] 

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche) LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)  LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)

     

    Le prix Alexis de Tocqueville

     

         " Ce prix international de littérature politique est décerné tous les deux ans au château à une personnalité qui a fait preuve de qualités humanistes exceptionnelles ainsi qu’un attachement aux libertés publiques et qui cherche à perpétuer les idéaux d’ Alexis de Tocqueville. Il a été créé en 1979 à l’initiative de Pierre Godefroy, maire de la ville voisine de Valognes et Alain Peyrefitte, un écrivain connu, membre de l’Académie Française et ancien ministre… Le jury de ce prix prestigieux est actuellement présidé par l’ancien président de la république française Valéry Giscard d’Estaing, et comprend Sandra Day O’Connor, le professeur Harvey C. Mansfield et un certain nombre d’autres membres éminents. Les deux derniers américains récipiendaires du prix étaient le général Colin Powell et M. Zbigniew Brzezinski. " [6]

     

         " Le 21 juin 1986, le château reçoit la visite à titre privé de François Mitterrand, président de la République, qui est accompagné de Robert Badinter, président du Conseil constitutionnel. " [3]

     

    Architecture

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)      " C'est un château des 16e, 18e et 19e siècles. Il « comprenait à l'origine (fin 16e) un rectangle doté de deux tours placées en diagonale ». [3]

     

         " Au 16ème siècle, la propriété était composée d’une large maison normande flanquée de deux tours. Une troisième tour, servant de pigeonnier, se situait à l’extrême limite de la cour, accessible par un porche. Vers 1840, le porche fut transféré pierre par pierre au milieu de l’allée afin de donner plus d’espace au domaine. " [6]

     

         « Le corps central est prolongé au milieu du 18e siècle [en 1734], ce qui place la tour d'escalier en milieu de la façade arrière, et donne une certaine symétrie à l'ensemble ». [3]

     

        " En 1894-1896, le comte Christian de Tocqueville " de concert avec madame la comtesse, née Alix Chastenet de Puységur ", " fit bâtir la tour carrée en calcaire au sud, " « pavillon » néo-Renaissance " " qui complète l’aspect général du domaine. " [6]

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)      " L'occupation allemande en 1940 n’a pas laissé dans les bâtiments des traces qui n’aient pu être effacées, mis à part quelques blockhaus dans les champs alentours. " [4]

     

     

         " Un incendie parti de la charpente détruit les décors intérieurs du château en 1954, épargnant le chartrier ainsi que la chambre, le bureau et la bibliothèque d'Alexis de Tocqueville. Celle-ci, composée de 2 500 ouvrages des 17e et 18e siècles, a été constituée par son aïeul, Bernard Bonaventure de Tocqueville, et enrichie par l'écrivain. " [3]

     

         " La famille décidait de tout reconstruire dans le style original et les travaux se sont poursuivis jusqu’à une époque récente. Encore aujourd’hui, le seul entretien des bâtiments et des toits nécessite une attention constante des propriétaires.

         L’exceptionnel ensemble des toitures qui a été construit en schistes de Tourlaville, chevillés et jointoyés au mortier de chaux, est typique de l’habitat du Val de Saire. N’oubliez pas d’admirer l’intérieur remarquable du pigeonnier composé de 2500 boulins (ou cases). " [6]

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)     « Vous voyez cette tour sans toit : c’était le colombier de mon grand-père. Il y entretenait trois mille pigeons. Personne n’avait le droit de les tuer, et personne dans la commune ne pouvait avoir d’autres pigeons. En 1793, lorsque les paysans furent les maîtres, ils ne firent aucun mal au reste de notre propriété. Nous avions vécu parmi eux pendant des siècles comme protecteurs et comme amis ; mais ils se soulevèrent en masse contre les pigeons, les tuèrent jusqu’au dernier et mirent la tour dans son état actuel. (...)

     

    Ci-dessus, le colombier ; à droite une photo par Édouard Hue (User:EdouardHue) — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=27879892

     

    LES REMPARTS DE TOCQUEVILLE (Manche)      Notons l’inscription sur le fronton de la porte d’entrée principale : « HOSPES INGREDERE BONI VULTUS ADERUNT » Qui peut se traduire par : « Etranger, entres ici, tu y trouveras de bons visages pour t’accueillir. » (...) 

     

         Récemment, le pavillon a été totalement réaménagé avec tout le confort moderne pour être proposé comme gîte. " [4]

     

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    Protection

     

         Le 27 juin 1955, le bâtiment du 18e siècle est inscrit au titre des monuments historiques, sa façade étant par la suite classée en même temps que celles des communs et de la maison du gardien, avec les toitures correspondantes, de même que les vestiges du pigeonnier, le 17 août 1979. Le 24 septembre 1965, ont été inscrits le hall d'entrée, les deux salons du rez-de-chaussée et la chambre d'Alexis de Tocqueville. Les façades et les toitures du reste du château, de la « menuiserie », de la « petite boulangerie » et de la « petite laiterie », l'escalier, le chartrier, la bibliothèque, le portail d'entrée, la balustrade et les escaliers fermant la cour des communs sud, ainsi que la fontaine du jardin nord avec son bassin, sont classés par arrêté du 17 décembre 1993. Le parc, détruit par les tempêtes de 1987 et 1990, est inscrit le 30 octobre 2000. " [1]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de http://www.manchetourisme.com/chateau-de-tocqueville-a-tocqueville/pcunor050fs000ua

    [3] Extrait de https://www.wikimanche.fr/Ch%C3%A2teau_de_Tocqueville

    [4] Extrait de http://www.tocqueville-association.com/alexis-de-tocqueville/le-chateau-de-tocqueville/

    [5] Extrait de La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc.. Manche 1re [-2e] partie. Partie 2 / Héliogravures de P. Dujardin ; d'après les photographies de E. Durand, D. Freuler et A. Thiébaut - Éditeur : Lemale & Cie, impr. édit. (Le Havre) 1899 - https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6480990w/f43.item

    [6] Extrait de https://www.chateaudetocqueville.com/fr

     

    Bonnes pages :

     

    Site officiel : https://www.chateaudetocqueville.com/

     

    O La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc.. Manche 1re [-2e] partie. Partie 2 / Héliogravures de P. Dujardin ; d'après les photographies de E. Durand, D. Freuler et A. Thiébaut - Éditeur : Lemale & Cie, impr. édit. (Le Havre) 1899 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6480990w/f43.item

    O https://www.terresdecrivains.com/Alexis-de-TOCQUEVILLE

    O http://geballeux.chez.com/genealogietocqueville.index.html.htm

    O https://books.google.fr/books?id=_Vh4YbvdLo8C&pg=PT174&lpg=PT174&dq=ch%C3%A2teau+de+Tocqueville&source=bl&ots=5ldlPDwws_&sig=ACfU3U349r7RCcUI_qga7GYcCSR25TxyYw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwicmL3nmdPmAhWFjqQKHTV-Bsg4ZBDoATAIegQIChAB#v=onepage&q=ch%C3%A2teau%20de%20Tocqueville&f=false

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  • LES REMPARTS DE GERROTS (Calvados)     " La motte castrale de la Cour des Domaines est un ancien château à motte situé sur la commune de Gerrots, dans le département du Calvados, région Normandie. (...)

         Le nom de la localité est attesté sous les formes Guerost en 1320 ; Guyros au 14e siècle ; Gurrosau 16e siècle ; Géros en 1703 ; Gerros au 18e siècle (Cassini). " [1]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         " Le seigneur nommait à la cure. D'après le Pouillé de Lisieux, c'était, au 14e siècle, Jean de Gueroz, probablement le père de Jeanne de Gerros, héritière de cette terre et première femme de Richard de Tournebu, fils de Robert de Tournebu, seigneur d'Auvillers...
    La paroisse de Gerrots est maintenant réunie à Saint-Aubin-Lébisey, mais l'église est entretenue avec beaucoup de soin..." [2]

     

         Au 15e siècle, la seigneurie de Gerrots appartient à la famille de Sarcilly, ce pour quoi j'ai placé ci-dessous leur blason. [NdB]

     

    LES REMPARTS DE GERROTS (Calvados)   LES REMPARTS DE GERROTS (Calvados)

     

    Plan de situation de la motte de Gerrots ;blason de la famille de Sarcilly extrait de https://paintet.eu/_media/jehan-de-sarcilly-catherine-de-lorraine-2.pdf

     

         " Gerrots (Calvados). — Feuille Lisieux. A la limite de la terre ferme et des marais (vallée marécageuse) grosse motte avec fossés et vallum. Mission Caen - Brionne 1955, n° 118-119. " [3]

     

    LES REMPARTS DE GERROTS (Calvados)     " GERROTS. – Dans un herbage situé à 1 200 m environ à l’Est de l’église, appelé « Basses Demaines » ou « Coin des Domaines » (Cad. 56), se trouve une belle motte ronde, mais aplatie, entourée de profonds fossés disposés en double circonvallation et alimentés autrefois par les eaux d’un petit ruisseau voisin. Le terre-plein de la motte mesure environ 30 m. de diamètre, les fossés qui l’entourent ont environ de 7 à 8 m. de profondeur (prise de la crête de la motte au fond du fossé) ; la seconde ligne de fossés, moins importante que la précédente, n’offre qu’une dénivellation de 2 m. à 2 m. 50. Il est vraisemblable que l’ensemble de la forteresse devait comprendre une deuxième enceinte ou basse-cour, plus étendue que la motte, et dans laquelle se trouve aujourd’hui l’emplacement de la maison n° 57 ; c’est ce qu’indiquent plusieurs amorces de fossés actuellement plus ou moins comblés et qui s’ouvrent dans ceux qu’on vient de décrire.
    Cette motte est inédite (Renseignements dus à M. l’abbé Simon). " [4]

     

    Ci-dessus, une vue aérienne de la motte de Gerrots prise depuis le nord extraite du site Google Earth.

     

    Protection :

     

         " Motte castrale La Cour des Domaines ; basse-cour ; fossés attenants (cad. B 39) : classement par arrêté du 3 septembre 1981. " [5]

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE GERROTS (Calvados)     " Église Saint-Martin (11e, remaniée). " [1]

         " L'église est isolée. Elle se situe au milieu du cimetière, le long de la route départementale D146A.
         Plan : L'église orientée, est bâtie selon un plan allongé et se termine par un chevet plat. Elle se compose de deux bâtiments, la nef à trois travées et le chœur, à trois travées également, de taille plus petite. (...)     

         L'Eglise date du 11e siècle et a été remaniée. La nef qui précède le choeur date du 17e siècle. Le maître-autel du 17e siècle est un élément remarquable. " [6] 

     

    Ci-dessus, une photo Von ChBougui - Eigenes Werk, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=46932632

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de la Statistique Monumentale du Calvados, tome 4 - page 135, par A. de Caumont

    [3] Extrait de Les fortifications circulaires isolées en France par Jacqueline Soyer - Annales de Normandie Année 1965 15-3 pp. 353-414 - Fait partie d'un numéro thématique : Etudes d'archéologie normande https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1965_num_15_3_6731

    [4] Extrait de http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=11060

    [5] Extrait de https://monumentum.fr/motte-castrale-cour-des-domaines-pa00111362.html https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00111362

    [6] Extrait de https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/14-Calvados/14300-Gerrots/181279-EgliseSaint-Martin

     

    Bonnes pages :

     

    O http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=11060

    O http://forteresses1066.canalblog.com/archives/2010/02/21/16985669.html

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  • LES REMPARTS DU REPAS (Orne) LES REMPARTS DU REPAS (Orne) LES REMPARTS DU REPAS (Orne)

     

    Ci-dessus, à gauche,une photo aérienne extraite de https://www.creation-personnalisation-web.fr/suisse-normande/villes/putanges-le-lac/chenedouit.html#lg=1&slide=0

     

         " Sur le sommet des collines qui partagent les bassins de l'Orne et de la Rouvre, près de l'endroit ou s'élevait naguère un télégraphe aérien, on aperçoit de longues lignes de hêtres séculaires, de brillantes nappes d'eau, de vastes prairies, et, çà et là, des bouquets d'arbres qui dominent la contrée. Au milieu de ce cadre apparaît l'imposant château du Repas qui fut bâti d'un seul jet... " [1]

     

         " Le château du Repas est un château situé dans la commune de Chênedouit, dans le département de l'Orne." [2] (Le Repas réunie à Chênedouit fut une commune jusqu'en 1822).

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     " Le château actuel a vraisemblablement remplacé une construction plus ancienne - comme cela a été le cas pour bon nombre de demeures nobles - à partir du moment où les anciennes fortifications ont perdu une grande partie de leur efficacité avec les progrès de l'artillerie. En effet, au milieu du 15e siècle (soit avant l'actuelle construction), Michel le Verrier est déjà appelé " Seigneur du Repas, de Lougé, de Crèvecoeur ". [3]

     

    Ci-dessus, le château du Repas par Milka-berger — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21117991

     

         C'est un des membres de cette famille " qui fit sans doute reconstruire le château actuel de 1605 à 1615 en conservant le donjon et les fondations d'un édifice antérieur. " [4]

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)   LES REMPARTS DU REPAS (Orne)

     

     Plan de situation du château du Repas ; blason de la famille Le Verrier par Gilloudifs.

     

    Situation du château

     

         Comme le montre bien la carte de Cassini établie au 18e siècle, le château du Repas a été construit - à environ 6 lieues de Falaise - près d'un grand axe de communication pour ce secteur de la Normandie : le grand chemin de Falaise à Domfront. Ces deux places-fortes jouent un grand rôle dans l'ancien duché, aux 11e et 12e siècles et pendant le long affrontement entre les royaumes de France et d'Angleterre traditionnellement connu sous le nom de guerre de Cent Ans. L'embranchement vers Briouze, place forte de moyenne importance mais siège d'une sergenterie de la vicomté de Falaise, se situe près du château du Repas.

         On peut encore voir - près de mille ans plus tard - d'autres châteaux et maisons fortes à proximité de cette même ancienne route, fortins bâtis à des endroits importants à contrôler comme le château de Saint-Pavin sur Bazoches-au-Houlme, près du lieu de franchissement de la Baise, et le château de La Forêt-Auvray, à proximité du franchissement de l'Orne. Ces châteaux placés à intervalles rapprochés - sortes de relais de l'autorité ducale puis royale (haltes avec changement de cheval pour les " chevaucheurs d'écurie " porteurs du courrier officiel ? Hébergement ? Repas ?) - avaient un rôle à jouer tant du point de vue sécuritaire que commercial, en contrôlant les déplacements, en sécurisant et facilitant les échanges, en percevant les droits de passage.

         Quoi qu'il en soit, le lieu-dit le Repas était occupé bien avant, dès la préhistoire, comme l'indiquent le menhir situé à proximité du château ainsi que la hache de pierre trouvée par le baron de Cheux, selon Thierry Churin ci-dessous référencé.

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)LES REMPARTS DU REPAS (Orne)LES REMPARTS DU REPAS (Orne)LES REMPARTS DU REPAS (Orne)LES REMPARTS DU REPAS (Orne)

     

    Le toponyme

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     En ce qui concerne l'origine du nom " Repas " - avec le sens qu'on lui donne aujourd'hui - il y a lieu de noter qu'il n'apparaît qu'au 12e siècle. On trouve « Sanctus Julianus militum » et « Repastus » dans des Pouillés (registre ecclésiastique) du diocèse de Séez du14e siècle, pour désigner cette paroisse. D'autre part, il est assez fréquent de constater - tant pour les noms de lieux que pour les noms de familles - que ceux-ci ont évolué au fil des siècles, l'orthographe actuelle étant souvent la transcription par les clercs (civils ou religieux) du langage oral longtemps utilisé par la majorité de la population ou la traduction du terme latin précédemment utilisé dans les documents officiels. Ainsi on trouve la transcription Chesnedouet pour Chênedouit. " [2]

     

    Ci-dessus, une photo de Gustave-William Lemaire ( 1818-1928) - Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, diffusion RMN-GP - https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/AP67L04417

     

         " Le Repas devrait son nom, d'après la tradition, à un banquet pantagruélique que le héros de Rabelais aurait honoré de sa présence. " [4]

     

         " Selon la légende rapportée par Henri Dontenville (Histoire et géographie mythiques de la France) : « Le château du Repas conserve la mémoire d'un dîner de notre géant » (ie: Gargantua)... tout comme la Pierre à Gargantua située non loin de là, sans doute. Cependant, aucune source actuelle crédible ne permet d'avoir une explication plus sérieuse ; il n'est d'ailleurs pas exclu que le lieu-dit n'ait pas porté ce nom avant le 16e siècle et Rabelais, l'auteur des fameuses aventures de Gargantua et de Pantagruel.

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)LES REMPARTS DU REPAS (Orne)LES REMPARTS DU REPAS (Orne)LES REMPARTS DU REPAS (Orne)LES REMPARTS DU REPAS (Orne)

     

    Achitecture

     

    Ancienneté du château

     

         Le château actuel a vraisemblablement remplacé une construction plus ancienne - comme cela a été le cas pour bon nombre de demeures nobles - à partir du moment où les anciennes fortifications ont perdu une grande partie de leur efficacité avec les progrès de l'artillerie. En effet, au milieu du 15e siècle (soit avant l'actuelle construction), Michel le Verrier est déjà appelé " Seigneur du Repas, de Lougé, de Crèvecœur ". [2]

     

    Construction actuelle

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     Le style du monument permet aux spécialistes de dater le château actuel du début du 17e siècle (certains précisent même entre 1605 et 1615, soit en majeure partie sous le règne de Henri IV.) Bâti selon le style Henri IV de France, la bâtisse entourée de douves est disposée en forme de « U » autour d'une cour. Le corps de logis, traversant, est composé de deux étages ; à chaque extrémité du corps principal se trouvent deux pavillons an ailes, à l'aspect robuste. Ce corps principal est situé face au pont-levis, au fond de la cour. Deux ailes en retour d'équerre abritant deux galeries à l'étage, supportées par des linteaux à encorbellement sur collines jumelées, donnent accès à deux pavillons venant clore la composition. L'ensemble forme un édifice d'une homogénéité parfaite, entouré de fossés avec une cour bien fermée. Côté cour, le château s'ouvre sur une longue perspective arborée. Sur l'arrière, le château donne sur un petit jardin à la française. " [2]

     

    Plan ci-dessus extrait du Pays Bas-normand : société historique, archéologique, littéraire, artistique et scientifique (Flers) Date d'édition 1911-01 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5721840t/f57.item.r=%22ch%C3%A2teau%20du%20Repas%22.texteImage

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)  LES REMPARTS DU REPAS (Orne) LES REMPARTS DU REPAS (Orne)

     

         " Le corps de logis principal apparaît au fond de la cour d'honneur, bordé à gauche et à droite par deux ailes plus basses qui aboutissent aux pavillons flanqués d'échauguettes. Le portail d'entrée est précédé d'une belle allée rectiligne bordée d'arbres. Edifié entièrement en granit, tiré du sol même du domaine, le château fut élevé vers 1605, à l'emplacement d'une forteresse du 13e siècle. Il ne reste de cette dernière, en dehors des vestiges dans les fondations, que le donjon qui marque le centre de la façade sur le jardin, donjon transformé au 17e siècle pour y loger l'escalier et coiffé d'un dôme à lanternon. Toute la demeure est entourée de douves récemment remises en eau. " [4]

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     " Un large perron, à double évolution dans l'axe de la cour d'honneur, conduit à un vestibule dallé de marbres disposés en mosaïque. Le château présente une impressionnante collection de cheminées en granit, dont l'une repose sur deux colonnes doriques de quatre mètres de hauteur. Dans le pavillon de gauche en façade qui contient un appartement particulier, il est décrit en 1967 un plafond peint par Le Brun, représentant un sujet mythologique, une victoire ailée distribuant des couronnes. Le château du repas renfermait encore au début du 20e siècle une impressionnante collection de meubles précieux, tapisseries anciennes et lambris, que quatre ventes successives ont achevé de disperser. Il n'en reste, particulièrement après le passage de Noriyoshi Ishigooka, presque plus rien. Il est à déplorer quelques initiatives malheureuses de ce propriétaire quant à la décoration intérieure peu en harmonie avec le lieu et son histoire, tout comme le bétonnage anti-sismique et quasi irréversible des allées centenaires de la propriété. La propriété compte également l'ancienne église de la commune du Repas, ainsi que le presbytère.

         En 2007, l'ensemble de la propriété menaçait ruine. L'actuel propriétaire a sauvé l'église et le presbytère en 2008 en restaurant toutes les couvertures, et poursuit actuellement son travail de sauvetage sur les couvertures du château. L'architecte en chef des Monuments historiques chargé du dossier est Daniel Lefebvre. " [2]

     

    Propriétaires successifs :

     

         " Ce domaine appartenait au 14e siècle à la famille de Sarceaux et passa par mariage à la fin du 15e siècle aux Le Verrier. " [4]

     

    Famille Le Verrier

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     Armoiries : D'argent à la hure de sanglier de sable, défendue d'argent (noter le calembour: du repas = d'hure..pas, pour hure...défendue)

         Au 15e siècle, la terre du Repas (et son château ou manoir ?) appartient à la famille " le Verrier " (vers 1450, Michel le Verrier est dit " Seigneur du Repas, de Crèvecœur et du Champ-de-la-Pierre ", selon la généalogie de th. Leconte sur Généanet ). " [2]

     

    Ci-dessus, blason de la famille Le Verrier par Gilloudifs.

     

         " Vers 1550, dame Philippe de Craon, veuve de Guillaume Le Verrier céda la propriété à son beau-frère, Samson Sallet, avocat à Falaise, désireux d'acquérir un fief noble. " [4]

     

     Famille Sallet

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     " Armoiries : D'argent à deux roses de gueules en chef et un cœur du même en pointe

         Vers 1535, la fille de Jean II le Verrier (seigneur du Repas et gouverneur de Falaise) : Renée le Verrier - dite " Dame du Repas " - épouse Samson Sallet.

         Les Sallet avaient été anoblis - par l'édit de Louis XI de 1470 dit édit des francs-fiefs - pour leur fief du Petit Samoy en Saint-Pierre-du-Regard situé dans la vicomté de Vire.

     

    Ci-dessus, blason de la famille Sallet par Gilloudifs.

     

         Par la suite, cette famille s'illustrera particulièrement dans la noblesse de robe en occupant des fonctions importantes au Parlement de Normandie, à Rouen et à Caen. (La noblesse de cette famille normande sera d'ailleurs confirmée par le roi Louis XIV en 1667).

         En 1535, Samson Sallet - seulement noté : " de noblesse petite " - sieur du Petit Samoy à Saint Pierre du Regard, est bailli de Saint-Aubert (-sur-Orne) pour l'Abbaye Saint Étienne de Caen. Il décède vers 1604.

         Le croisement des données historiques et généalogiques permet de penser que le château que nous voyons au lieu-dit " le Repas " aurait été construit par Baptiste Salet (aussi noté Jean-Baptiste Sallet) - le fils des précédents - (noté comme Seigneur du Repas dans les documents émanant du tabellionage de la Forêt-Auvray, par exemple).

         Baptiste (ou Jean-Baptiste) Sallet ( le " rebâtisseur " probable du château ) est le plus titré de la lignée : conseiller à la cour de Normandie et garde des sceaux au présidial de Caen, sénéchal de l'abbaye Saint-Étienne et premier président de la cour des Aides de Normandie.

        Nicolas Sallet, son fils, est simplement dit " seigneur du Repas, de la Fresnaye, des Yveteaux, de la Motte (en Crasménil) ", mais il agrandit son domaine : selon le tabellionage de la Forêt, " Il réunit à ses terres Chesnedouit et Chesnesecq pour la somme de 3 600 livres, à payer à Philippe de Cousin - chevalier Seigneur de Saint Denis ". NB : Georges Ier Sallet - frère du précédent - est seigneur de Quilly ; suivant les traces de son père Jean-Baptiste, il est noté comme " très fameux et très célèbre avocat " à Rouen, puis procureur au Parlement de Normandie.

         Alexandre Sallet - fils du précédent - est conseiller à la cour (ie: au Parlement de Normandie).

         Georges II Sallet - frère du précédent - est abbé commendataire de l'importante abbaye d'Ardennes près de Caen.

         Enfin, selon le tabellionage de la Forêt, en 1680, le seigneur du Repas est Alexandre Sallet (fils probable de Nicolas Sallet, décédé vers 1659). " [2]

     

         " Après avoir bâti, en 1656, près de la demeure seigneuriale, une modeste église où les fidèles de la région viennent prier saint Julien le Pauvre, pour les enfants malades, cette famille qui avait fourni à la France de nombreux et vaillants défenseurs, s'éteignit au milieu du siècle dernier. " [1]

     

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    Familles de la Cour, de Cheux et de Banville

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     Armoiries de la famille de Cheux (qui occupe le château du Repas pendant près de deux siècles) : d'argent à la croix annelée de sable

         Au début du 18e siècle - en l'absence d'héritier mâle dans la famille Sallet - la terre du Repas passe d'abord à la famille de la Cour (à la suite du mariage de " noble dame Anne Gilonne Sallet, dame du Repas ", avec Charles de la Cour, écuyer) puis - à la génération suivante - à la famille de Cheux (par suite du mariage de Marguerite de la Cour - fille des précédents - avec Gabriel de Cheux).

     

    Ci-dessus, blason de la famille de la Cour par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     À la veille de la Révolution de 1789, le fils de Gabriel de Cheux : le contre-amiral Charles, Alexandre, Anne baron de Cheux du Repas - né au Repas en 1759 - chevalier de l'ordre royal de Saint Louis, est envoyé par le roi Louis XVI à la recherche de La Pérouse. Il décède un demi-siècle plus tard, en 1840. " [2]

     

         " Il était en mission lorsque le gouvernement révolutionnaire confisqua ses biens. De retour en France, Charles de Cheux put prouver qu'il n'avait pas émigré et finit après bien des tribulations, par rentrer en possession de ses propriétés. " [4]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Cheux par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     " Après la tourmente, le baron de Cheux se retira à Cintheaux, dans l'arrondissement de Falaise.
         Le château du Repas, qui avait été pillé, saccagé et vendu, appartenait alors à l'abbé de Cheux.
         Il avait été racheté et rendu à ses propriétaires par un intendant fidèle et dévoué, Guérin d'Arpentigny. L'abbé, nous apprend son épitaphe, avait été vicaire-général et chanoine de Coutances dans les temps les plus difficiles. Fidèle à son Dieu et à son roi, il avait suivi l'exemple de ses ancêtres. Recommandable par toutes les qualités du cœur et de l'esprit, il fut nommé évêque de Séez. En quittant Cintheaux, où il était venu chercher les sommes qui lui étaient nécessaires pour son sacre, il tomba de sa monture et mourut des suites de sa chute le 20 septembre 1816. " [1]

     

    " (Le frère aîné de l'amiral : l'abbé François Gabriel de Cheux (1755-1816) - né et inhumé au Repas -, est vicaire général de l'évêque de Coutances avant 1789 ; il est nommé évêque de Séez en 1816 mais il décède accidentellement avant d'entrer en fonctions).

     

         " Le fils du contre-amiral : le baron Charles Alexandre Marie de Cheux du Repas - ancien page de Charles X de France - occupe le château du Repas jusqu'à son décès en 1884. Alors s'éteint la branche de la famille de Cheux du Repas. (Une autre branche de la famille de Cheux subsiste de nos jours).

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     Le château devient alors la résidence du vicomte Georges de Banville* - petit-neveu de l'amirale de Choux née Françoise Hébert de Beauvoir du Boscol - ; le vicomte est un parent du poète Théodore de Banville. (Le fonds " de Banville " a été remis à la ville de Flers). " [2]

     

         " Le jeune baron a malheureusement trouvé la mort au cours d'une excursion en Algérie. Ses frères et sœurs, issus du mariage de Aymard de Banville et de dame Berthe de Beauvoir, sœur du respectable abbé de Beauvoir, curé de Saint-Godard de Rouen, se refusent à habiter la
    demeure qui appartint à leur infortuné frère. "
    [1]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Banville par I, Jimmy44, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2480768

     

    * Il légua sa grosse fortune à un de ses parents, Georges de Banville, né en 1865, à charge de relever son nom, son titre et ses armes ; mais ce jeune homme mourut prématurément dès 1892 et le nom de la famille de Cheux se trouva définitivement éteint. [NdB]

     

    Depuis le 20e siècle

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     " Au début du 20e siècle, la belle demeure se dégrade mais le comte Frotier de Bagneux - qui acquiert le château en 1905 - s'empresse d'entreprendre les travaux d'entretien nécessaires. " [2] " leur œuvre a été courageusement poursuivie par leur fils, le comte Raoul de Bagneux. " [4] " (La famille Frotier de Bagneux reste propriétaire des lieux jusqu'en 1978).

     

    Blason de la famille Frotier de Bagneux par Tretinville — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15769030 

     

    LES REMPARTS DU REPAS (Orne)     Le chateau fut acheté cette même année par madame Lambla de Sarria et son mari qui contribuèrent à sa conservation et remise en état avant de le revendre vers la fin des années 80.

         Par la suite, le château appartient au peintre japonais Noriyoshi Ishigooka (https://claudedalle-romeo.com/fr/25429/) qui fait effectuer certains travaux peu appréciés des admirateurs de belles pierres. Mais depuis 2006, le nouveau propriétaire - M. Henry Dewavrin - s'efforce de redonner tout son lustre à ce remarquable élément du patrimoine normand. " [2]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    Protection :

     

         " Façades et toitures ; douves (y compris le pont-levis) ; perspectives (cad. E 34, 83, 85 à 89, 146, 147, 155) : inscription par arrêté du 30 octobre 1967. " [5]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de l'article de C. Macé, curé-doyen d'Athis. La Normandie monumentale et pittoresque... Orne, 1re [-2e] partie.... Partie 2 - Éditeur : Lemale (Le Havre) 1896 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6421248j/f170.item.r=%22ch%C3%A2teau%20du%20Repas%22.zoom.texteImage

    [2] Extrait de l'article Wikipédia

    [3] Extrait de https://museedupatrimoine.fr/chateau-du-repas-orne/3675.html

    [4] Extrait de http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateaux-orne-chateau-a-chenedoult-chateau-du-repas.html

    [5] Extrait de https://monumentum.fr/chateau-repas-pa00110775.html

     

    Bonnes pages :

     

    O https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_du_Repas

    O La Normandie monumentale et pittoresque... Orne, 1re [-2e] partie.... Partie 2 - Éditeur : Lemale (Le Havre) 1896 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6421248j/f170.image.r=%22ch%C3%A2teau%20du%20Repas%22?rk=21459;2

    O Le Pays Bas-normand : société historique, archéologique, littéraire, artistique et scientifique (Flers) Date d'édition 1911-01 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5721840t/f51.item.r=%22ch%C3%A2teau%20du%20Repas%22.texteImage

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33469182/f65.image.r=%22ch%C3%A2teau%20du%20Repas%22

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  • LES REMPARTS DE LA NEUVILLE-GOUVION (Seine-Maritime)            Il existe une " motte féodale très bien conservée, à la Neuville-Gouvion (propriété privée) " [1] sur le territoire de la commune de Conteville. [NdB]

     

     

     

         " Conteville est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime, en Normandie. (...)

         Le territoire a possédé plusieurs mottes féodales, dont une vers Gaillefontaine et Criquiers, mentionnée en 1871 comme détruite. Une autre motte, très élevée et dénommée le Catel ou le Château, (celle de La Neuville-Gouvion) dont le diamètre au sommet atteignait 30 m, constituait l'origine de l'ancienne ligne de défense appelée " le Fossé du Roy ", édifiée au cours du 12e siècle aux confins du duché de Normandie et du royaume de France. Cet ouvrage, long de 12 kilomètres, traverse Ronchois, Illois, le Mesnil-David et Sainte-Beuve, pour finir à Bétonval, est édifié en retrait d'Aumale, entre Gaillefontaine et la basse forêt d'Eu. " [1] 

     

    Ci-dessus, la motte de La Neuville Gouvion : photo extraite d'un site néerlandais très complet et fort bien documenté sur les mottes en Europe dont celles de Normandie : http://www.basaarts.nl/vraagbaak.php

     

         " Neuville-Gouvion, motte qui est à la tête d'un grand fossé,
    s'étendant sur plusieurs communes, désigné sous le nom de Fossé du Roy. Fouillée en 1861, elle a fourni des fers oxydés et des tuiles à rebords. " [2] 

     

    LES REMPARTS DE LA NEUVILLE-GOUVION (Seine-Maritime)   LES REMPARTS DE LA NEUVILLE-GOUVION (Seine-Maritime)

     

    Plan de situation de la motte de La Neuville-Gouvion à Conteville ; blason de la Seine-Maritime par I, Koro, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2487547

     

    LES REMPARTS DE LA NEUVILLE-GOUVION (Seine-Maritime)     " Neuville-Gouvion, actuellement, une des sections de Conteville, était jadis une seigneurie et avait une chapelle détruite peu avant 1789.
    Une grande partie des dépendances du manoir forme le village ; mais l'emplacement de ce château est la propriété de M. le baron d'Anvin de Hardenthun.
         On y remarque une très belle motte, dominant tout le pays, par sa grande élévation. Elle a 30 mètres environ de diamètre, à son sommet, où l'on trouve un puits très bien conservé. Les herbages environnants sont couverts des débris des murs d'enceinte et de ceux du château, qui, à en juger par les vestiges, devait être important, à l'époque de la féodalité. La petite place située près de cette ancienne seigneurie porte encore le nom de
    place du Catet, ou du Château.
         De cette motte, sur laquelle on n'a pu nous donner des renseignements authentiques, part le chemin dit :
    le Fossé du Roi, ou Fossata Regis.
         Ce nom lui était attribué dès 1314, et l'on pense qu'il servait de démarcation entre deux peuplades anciennes.
         Cependant, d'après une tradition populaire, très accréditée dans les communes de Conteville, Ronchois, Illois, et Sainte-Beuve, que traverse ce chemin, qui se perd dans la forêt d'Eu, le manoir de Neuville-Gouvion et le fossé du Roi seraient plus anciens de construction. On prétend
    que la reine Blanche de Castille, mère de Saint-Louis en fut la fondatrice, et que le chemin, dont quelques parties sont fort bien conservées, lui servait pour se rendre à Eu, par la forêt, en toute sûreté. On ajoute, même, que, pour faire perdre la trace de sa mule, elle la faisait ferrer au rebours. Les titres seigneuriaux ne donnent aucun renseignement positif sur la motte, ni sur le chemin.

         A l'entrée du village, sur la rue de Conteville, se trouve un Ecce homo, ou chapelle de Saint-Sauveur, construit par M. Hignard, ex-instituteur de Beaufresne, sur sa propriété, il y a peu d'années.
    Notre opinion, sur le manoir de Neuville-Gouvion, et sur le fossé du Roi, diffère de la légende

         1. en ce que nulle histoire ne nous dépeint la reine Blanche de Castille, comme en butte aux vexations, et obligée de se cacher pour les éviter.

         2. Que le chemin de la Hétrelaye, et une partie de la grande rue de Criquiers, portant le nom de Chaussée Brunehaut, nous penserions plutôt que le manoir et le fossé du Roi pourraient bien être attribués à cette reine qui, comme on sait, fut en guerre ouverte avec sa rivale Frédégonde, et fut immolée à son ressentiment.
         Une motte semblable à celle de Neuville-Gouvion, existait encore il a quelques années, aux limites sud-est de Conteville, près de celles de Gaillefontaine et Criquiers. " [3]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE LA NEUVILLE-GOUVION (Seine-Maritime)     « Neuville-Gouvion (Section de Conteville).
         Epoque incertaine. — C’est sur ce village que commence le célèbre terrassement connu dans le pays sous le nom de fossé du Roy, fossata Regis.
         Ce retranchement prend naissance à une motte très élevée dont le diamètre, au sommet, n’a pas moins de trente mètres. On y remarque l’ouverture d’un puits très bien conservé. Cette motte porte le nom de Câtel ou de Château.
         En 1861, M. de Hardentun fouilla cette butte antique, et y découvrit des ferrements oxydés et des tuiles à rebords.


    Pape, « Notices historiques et biographiques sur la ville et le canton d’Aumale " p. 101. " [4]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Google Earth.

     

    Le Fossé du Roy :

     

         " Au hameau de Neuville Gouvion commence le retranchement “ Le fossé du Roi ”. [5]


         " L'ancienne ligne de défense appelée " le Fossé du Roy ", et bordé d'arbres à des endroits où il peut atteindre 7 à 8 mètres de profondeur.
    Ses traces sont encore bien visibles sur la route reliant la Neuville-Gouvion à Ronchois (profondeur jusqu'à 8 m).
    Le site a été remis à jour par l'association « Détours en Bresle » entre les années 2005 et 2008."
    [1]

     

         Voir sur ce même sujet : ici ici ici ici et/ou ici 

     

    Sources : 

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de Matériaux pour l'histoire positive et philosophique de l'homme : bulletin des travaux et découvertes concernant l'anthropologie, les temps anté-historiques, l'époque quaternaire, les questions de l'espèce et de la génération spontanée par Gabriel de Mortillet (1821-1898) – Éditeur (Paris) 1864-09

    [3] Extrait des Notices historiques et biographiques sur la ville et le canton d'Aumale par E.-A. Pape – Éditeur : Veuve Caron (Aumale) 1849 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6516955m/f108.item.r=Neuville-Gouvion.texteImage

    [4] Extrait de La Seine-Inférieure historique et archéologique : époques gauloise, romaine et franque... par M. l'abbé Jean Benoît Désiré Cochet (1812-1875). Editeur (Paris) 1864 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32141851/f387.item.r=Neuville-Gouvion.zoom

    [5] Extrait de http://www.tourisme-aumale-blangy.fr/accueil/decouvrir-notre-territoire/culture/le-petit-patrimoine-de-la-vallee-2/

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  • LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)     On trouve à Corneuil dans l'Eure quelques vestiges d'une forteresse du 11e siècle. [NDB]

     

         " Il y avait à Corneuil une forteresse au lieu-dit « Château » et l’on trouve mention en 1246 d’un seigneur de Corneuil, Guillaume de Minières, ce qui permet de supposer que cette seigneurie faisait partie de ces lignes de défense édifiées par les ducs normands contre leur puissant voisin, le roi de France. La commune se situe sur le plateau, à proximité de la route qui descend d’Évreux à Nonancourt. " [1]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         " Corneuil. On a mentionné sur cette commune un tertre fortifié analogue à celui de Cintray, ainsi que l'emplacement des fossés et les ruines d'une forteresse, probablement au lieu-dit « Le Château », à 500 mètres au sud du bourg. Delisle et Passy Op. cit., t. I, p. 28 et 545. Carte de l'Etat-Major au 1 /80.000e, Evreux, S.-O. " [2]

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)

     

    Plan de situation du château de Corneuil ; blason de la famille de Corneuil par Gilloudifs.

     

         " L'an 1214, un nommé Renou aumôna aux Bénédictins de Lyré trois pièces de terre assises en la paroisse du Chamdminel, dans la mouvance du fief du Jarier Ernault, dont était seigneur Etienne des Essars. II s'obligea à faire amortir cette aumône par les chefs-seigneurs de son héritage. Au bas de cette charte, on trouve deux amortissements. Le premier, de Guillaume des Minières, seigneur des Minières et de Corneuil, qui était fils de Robert des Minières, seigneur de Corneuil, lequel était fils de Simon des Minières et de Blanche, dame de Corneuil et du Jarier. Ce Guillaume était aîné du fief du Jarier. " Dissertation sur les prérogatives des aînés en Normandie et sur la manière dont les puînés tenaient d'eux leurs fiefs... avant la réformation de la coutume... faite en 1583, ce qui s'appellait tenir de son aîné en parage par lignage. " auteur : Marquis de Chambray [3]    

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)         " Le château de Corneuil (Canton de Damville, dép. de l’Eure), dont il subsiste encore au sud du village d’intéressants vestiges (Arch. dép. Eure, III PL 158, III PL 2168 (Atlas) et III PL 1087), appartenait originairement à Arnault fils de Popeline et fut transmis à ses descendants. " [4]

     

    Ci-dessus, un plan extrait du cadastre napoléonien de 1839, Archives de l'Eure, http://archives.eure.fr/

     

         " On voit figurer à deux reprises, dans la grande charte de Lire, Ernaud, fils de Popeline (probablement père de celui-ci), comme donateur de l'église de Corneuil, de la dîme du Bois-Panton et de celle du Champ-Dominel. Nous pensons que ces Ernaud sont les mêmes qui ont possédé le Bois-Arnaud (Boscus Ernaudi), et lui ont donné leur nom. " Léopold Delisle [5] 

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)     Mesire Pierre de Corneuil porte les armes d'or a une fasce de gueules et à trois tourteaux de gueules. Pierre, seigneur de Corneuil, servait le roi en 1303 et 1304. (...)

     

    A droite, blason de la famille de Corneuil par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)     Jean de Mauquenchy, troisième du nom , dit Mouton, seigneur de Blainville, était sénéchal de Toulouse en 1298 et en 1316 ; il le fut ausi des bailliages de Rouen et de Gisors. Il avait épousé en troisième noce Jeanne de Corneuil au bailliage de Gisors, morte le 7 mars 1310. De ce mariage naquit Jean de Mauquenchy, dit Mouton, quatrième du nom, seigneur de Corneuil. Celui-ci fut commis par le roi à la garde des frontières de la mer de Normandie en décembre 1326 et mourut avant son père. II avait épousé avant l'an 1322, Jeanne de Chambli, dame de Cervon. De cette union naquit Jean de Mauquenchy, dit Mouton, cinquième du nom, seigneur de Blainville, maréchal de France en 1368 [NDB] :

     

           " Né vers 1322. Marié en..... à Jeanne Malet de Graville, seconde fille de Jean Malet, deuxième du nom, seigneur de Graville, et de Anne ou Jeanne de Waurin. Mort en février 1391.
         Il servit en Normandie, sous l'amiral de la Heuse, en 1356, et au siège de Honfleur l'année suivante. Charles V le fit maréchal de France, par état donné à Paris le 20 juin 1368, après la mort du maréchal de Boucicault. Il combattit contre les Anglais en Normandie, dans l'année 1378, et commanda l'avant-garde de l'armée fançaise à la bataille de Rosebecque, en 1382.
         En 1388 le maréchal de Blainville accompagna en Bretagne le connétable de Clisson, au siège et à la reprise de Bécherel sur les Anglais. Il mourut à l'âge d'environ soixante-neuf ans. "
    [6]

     

    Ci-dessus, à gauche, blason ce la famille de Mauquenchy par Jimmy44 Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3745860

     

         Voir sur la famille de Mauquenchy ici.

         Armes de la famille de Mauquenchy : Il s'armoit, d'azur à la Croix dentelée, cantonnée de vingt croix d'or, au pied fiché à la bande de gueule sur le tout. [NDB]

          

           " Toutes les sources attestent de la présence d’une motte, depuis le plus ancien aveu (1408) : « Y a mote [...] et patronnage de la chapelle du chastel de Corneul, et bons [r]emparts et fossez [...] qui sont seans bons (Arch. dép. Eure, E 170, « Aveu de du fief de Corneuil par Guillaume d’Estoutteville » (1408).) [...] » Les suivants semblent indiquer qu’il subsistait également des vestiges de château : « Où il y a motte, où il soulloit avoir chasteau, maison, place et collombier, et chapelle dont la présentation m’appartient [...] avecq ce ay droicture en la forest de Bretheuil d’avoir le feu et autres boyz pour ardoir et chesne pour édiffier tant au dict chasteau de Corneuil [...] droict de présenter aux chapelles des Mignières et de Corneuil [...] chapelle sainct Nicolas de Corneuil ( Arch. dép. Eure, E 170, « Aveu de de Charles de Montmorency » (24 sept. 1603) ; voir également Arch (...)) [...] »

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)          En 1784, le registre terrier indiquait que la chapelle Saint-Nicolas était construite à l’intérieur du château (Arch. dép. Eure, E 181, article 16 : « Ladite chapelle fondée en l’honneur de saint Nicolas au chât (...)), il s’agit donc sans équivoque d’une chapelle castrale. Les rôles d’imposition de 1790 mentionnèrent encore « Mr le chapelain de Saint-Nicolas de Corneuil pour terres et dixmes », ce qui laisse supposer qu’elle était encore desservie, à moins que cette mention ne fût purement formelle et fondée sur les titres anciens et non sur la réalité (Arch. dép. Eure, C 135). Cette chapelle a aujourd’hui disparu et nous ne pouvons identifier son emplacement exact.

     

    Ci-dessus : Illustration n° 38 – Motte du château de Corneuil. Photo extraite de ce même document.

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)          En revanche, la motte, ses fossés et sa basse-cour sont assez bien conservés (ill. N° 38 et 39). Étonnamment Coutil, bien qu’ayant signalé la présence de bâti, n’en fait qu’une relation assez succincte (L. Coutil, Archéologie..., op. cit., p. 276 : sans doute ne l’a-t-il pas réellement vue). Entourée de profonds fossés talutés vers l’extérieur, elle présente encore une élévation importante malgré quelques aménagements récents (Une cave a été creusée dans le flanc est et une « cascade » aménagée sur le flanc sud-ouest.) et une plate-forme de plus d’une dizaine de mètres de diamètre (A. Baume, les châteaux-forts et leur contexte historique..., op. cit., p. 94 : 13,50 m).

     

    Ci-dessus : Illustration no 39 – Fossé du château de Corneuil. Photo extraite de ce même document.

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)          Au sommet se trouve encore un puits rond, maçonné en silex, d’une profondeur de 25 mètres environ. Les vestiges de la première basse-cour ont pour une bonne part disparu mais nous pouvons la restituer, au nord-ouest et nord-est de la motte. Elle possède également un puits, identique à celui de la motte et profond de 15 mètres environ. De la motte courent deux pans de murs perpendiculaires, l’un est orienté vers le nord-est, l’autre vers le sud-est (ill. n° 40). Ils ne sont conservés que sur 2,50 mètres de longueur et 2,50 mètres à 3 mètres de hauteur tout au plus. Ils sont tous deux épais de 1,50 mètre environ et formés d’un épais blocage de mortier et de silex avec parements de silex taillés non-maçonnés mais posés de façon à former des assises régulières. Partant de la motte proprement dite, ils descendaient dans les fossés et entouraient autrefois la basse-cour. Sur la plate-forme, les fondations de la continuation du mur nord-ouest apparaissent encore au ras du sol. Par ailleurs, les anciennes limites de propriété au nord de ces vestiges, marquées par une élévation de terre curviligne (ill. n° 41) formaient un large arc de cercle supplémentaire et concentrique à ces vestiges, indiquant la présence d’une seconde enceinte. Le cadastre de 1808 (Arch. dép. Eure, III PL 158 (1808).) signalait la présence de bâtiments quadrangulaires, dont plus rien ne subsiste et montrait un parcellaire polygonal, correspondant certainement à la motte et la basse-cour, le tout environné de bois.

     

    Ci-dessus : Illustration no 40 – Vestige de mur au château de Corneuil. Photo extraite de ce même document.

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)           Ce château fut associé à un peuplement durable, puisque que plusieurs articles du registre terrier sont consacrés au « village du château », sans doute issu de la population directement rattachée au seigneur (Arch. dép. Eure, E 181, articles n° 978-800 : « près le village du château » et articles n° 801-8 (...)). (...)

         Les revenus furent donnés par Arnault fils de Popeline lors de la fondation de l’abbaye de Lyre : nous pouvons donc sans crainte penser que ce château fut fondé vers le milieu du 11e siècle. " [4]

     

    Ci-dessus : Illustration no 41 – Vestige d’enceinte de la seconde basse-cour du château de Corneuil. Photo extraite de ce même document.

     

         Plus tard la baronnie de Corneuil sera unie au duché de Damville. [NDB]

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE CORNEUIL (Eure)     A Corneuil, Église Notre-Dame (12e), remaniée au 16e et restaurée au 19e siècle. [NDB]

     

               " L’église paroissiale, ancienne, possède encore des vestiges romans : élévation des murs et baies cintrées biseautées (J. Charles, « Vestiges d’époque romane... », art. cité, p. 10 et suiv. ; M. Baudot, « Les églises d (...)). Le mur pignon sud de l’ancienne grange dîmière, à l’ouest de l’église, est également conservé. " [4]

     

           Une légende romanesque concerne la commune de Corneuil : L'âme qui chante par Octave Féré (1815-1875) dans Légendes et traditions de la Normandie – Éditeur : C. Haulard (Rouen) 1845, voir ici. [NDB]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/corneuil-eglise-notre-dame/

    [2] Extrait du Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie - Éditeurs : Derache (Paris)/Didron (Caen)/Hardel (Rouen)/Le Brument/Société des antiquaires de Normandie (Caen), 1919 - https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k200034x/f153.item.r=%22Corneuil%22.texteImage

    [3] Auteur : Marquis de Chambray - Date d'édition : 1583

    [4] Extrait de La Frontière normande de l'Avre : De la fondation de la Normandie à sa réunion au domaine royal (911-1204). Évolution de la maîtrise militaro-économique d'un territoire frontalier par Astrid Lemoine-Descourtieux - Nouvelle édition [en ligne]. Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2011 (généré le 27 novembre 2019). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/purh/6807>. ISBN : 9791024010618. DOI : 10.4000/books.purh.6807.

    [5] Léopold Delisle Extrait de https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6561042q/f430.item.r=%22de%20Corneuil%22.texteImage
    [6] Extrait de Galeries historiques du palais de Versailles, Tome 7 par Charles Gavard (1794-1871) – Éditeur (Paris) 1839-1848 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k279565/f203.item.r=%22de%20Corneuil%22.texteImage.zoom

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