• Le Montargis

     

         " C'est le point le plus élevé d'une des dernières collines qui s'avancent, par étages successifs, depuis l'embouchure de la Touque jusqu'à la vallée d'Auge ; c'est le point légendaire du pays ; on dit : Le vent est du Mont-Argis ; le soleil se couche derrière le Mont-Argis etc. Son aspect imposant engage à le visiter. Quand on y est arrivé*, on est comme ébloui de l'immense panorama qui s'offre aux regards. (...) C'est un horizon de plus de vingt lieues, c'est une immense plaine ensoleillée de collines, de champs et de clochers... " [6]

     

         " Le Montargis est l'acropole du canton de Cambremer. " [2]

     

         Le manoir du Montargis [Mont Argis] ou manoir Le Montargy est un manoir bâti sur la commune de Cambremer, dans le département du Calvados. Un prieuré y est fondé en 1149. La construction du manoir date des 12e siècle, 15e siècle et 16e siècle. Il se trouve au coeur d'un retranchement coupé du plateau par un fossé d'origine sans doute protohistorique.

         Le site a été réutilisé à plusieurs reprises. Il portait le nom de

    " château aux anglais : il en reste un immense fossé entouré d’une contrescarpe énorme qui embrasse dans sa circonvallation le plateau entier. " [1] 

         Ce lieu a peut être été occupé par les Anglais au cours de la guerre de cent Ans (d'où son nom ?) Je n'ai pas trouvé d'informations sur son histoire militaire. Si quelqu'un possède d'autres informations... [NdB]

     

    LES REMPARTS DU MONTARGIS (Calvados)     LES REMPARTS DU MONTARGIS (Calvados)

     

    Plan de situation du Montargis sur la commune de Cambremer ; n'ayant pas trouvé de famille notable reliée au site du Montargis, voici le blason actuel de la commune de Cambremer sur le territoire de laquelle se trouve le Montargis par I, Brieg, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2817653

     

         " M J. Henry écrit, parlant du chef-lieu de canton de Cambremer :

          " De l'ancien relais de poste, marqué par un immense cadran, le touriste pourra gagner le Montargis, en passant par le carrefour des Trois-Rois. Louis XVI fit une courte halte, lors de sa venue à Caen. Le Montargis est l'acropole du canton de Cambremer. On peut y voir la chapelle de l'ancien prieuré, remontant au 12e siècle et des vestiges de fortifications romaines. » [2]

     

    LES REMPARTS DU MONTARGIS (Calvados)     " L’enceinte fortifiée du Mont-Argis ou « Château des Anglais », qui domine toute la vallée de la Dives, a dû être occupée à toutes les époques de l’antiquité. La disposition et l’ampleur du retranchement et du fossé extérieur dénonce l’époque gauloise, sinon les temps préhistoriques : c’est un éperon barré limité du côté du plateau par une circonvallation demi-circulaire. " [1]

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1811 - Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/

     

    On se plaisait à voir là l'oeuvre des Romains :

     

    LES REMPARTS DU MONTARGIS (Calvados)     " On voit encore une statue de sainte Anne dans une chapelle mutilée et qui sert de grange. Le Mont-Argis a une origine très ancienne. Il remonte à l'époque de la conquête de César. C'est un camp retranché, semblable à celui que l'on voit sur le Mont-Pinçon. On y reconnaît l'empreinte du peuple-roi. Le vallum est encore très visible malgré les ravages du temps. Comme c'est un point très élevé, les Romains en avaient fait un poste d'observation, dédié à leur dieu Argus, ce gardien vigilant qui voyait de très loin. " [6] 

     

    C-dessus, carte des années 50 extraite du site Géoportail. On y remarque les retranchements du Montargis, des cavées montant sur le plateau et d'autres retranchement sur la Rosière plus à l'Est.

     

    LES REMPARTS DU MONTARGIS (Calvados)     " ... Le site s'offre a nous, et s'est offert jadis a nos ancêtres, comme un impressionnant éperon, une des citadelles frontalières occidentales du Pays d'Auge, à l'égal de Bassebourg, plus au nord, sur lequel nous avons laissé trépigner Henri le roi de France (promenades n°4 et 6). Ici l'occupation militaire et l'usage des hommes ont laissé plus de traces encore : un vallum artificiel qui isolait l'éperon selon la technique celte de l'éperon barré, ensuite fortifié par les gallo-romains probablement aux temps difficiles des invasions 3e-4e siècles, puis un fort médiéval, mais toujours les mêmes douves d'un diamètre d'environ 200 m poursuivant leur immuable service. " [3]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Google Earth.

     

         " Lors des guerres d'invasion, sous le règne infortuné de Charles VI, il paraît que les Anglais avaient fortifié le Mont-Argis ; au moins les vieillards ont connaissance de quelques débris provenant d'une construction militaire que l'on appelait dans le pays château aux Anglais.
    Il existe encore aujourd'hui un immense fossé entouré d'une contre-escarpe énorme, qui embrasse dans sa circonvallation le plateau en entier. Cette position, qui commande une vaste étendue de territoire, ne devait certes pas être négligée dans les guerres du moyen-âge. Aussi est-il vraisemblable qu'à diverses époques, le Mont-Argis fut occupé par des bandes armées, et que les moines, qui l'avaient choisi pour résidence, l'abandonnèrent pour quelque retraite moins exposée aux vissicitudes de la guerre. "
    [7] 

     

         " En 1149, Guillaume de Crêvecœur y fonde un prieuré bénédictin. " [3]

     

    LES REMPARTS DU MONTARGIS (Calvados)     " En 1149 Hugues et Guillaume donnent aux moines de Tiron leur terre du Montargis pour y fonder un prieuré, dont la chapelle du 12e siècle, installée à l’intérieur d’une vaste enceinte fortifiée, existe encore aujourd’hui. Il est tentant d’y voir l’ancienne résidence du lignage devenue inutile après la construction du château de Crèvecoeur. Ce dernier, fut installé à environ 3 km au Sud du Montargis, dans un fonds de vallée humide, traversé par de nombreux petits cours d’eaux, non loin de la confluence de la Vie et de l’Algot... " [1]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    La chapelle Sainte-Anne

     

    LES REMPARTS DU MONTARGIS (Calvados)     " ll en subsiste une chapelle de style roman, de petit appareil, ultérieurement et curieusement englobé par un batiment agricole occidental a superbe charpente. La lancette ogivale et l'ancienne façade donne donc désormais vue sur la grange et réciproquement. Son chevet oriental est en demi-cercle, percé de 5 fenêtres romanes et adossé à 6 contreforts. La présence de ceux-ci et la forme de l'arc triomphal aujourd'hui détruit suggèrent un ancien voûtement de pierre, berceau sur la nef, cul-de-four sur l'abside.

         Elle est désormais voûtée de merrain de châtaignier, remise à neuf, et il faut avouer que sa corniche sculptée et l'étonnante charpente du cul-de-four a 5 entraits sont une merveille.

         L'abside était décorée de deux registres de fresques, un registre inférieur d'arcatures aveugles peintes dans les ocres, et un registre supérieur historié ou alternaient des portraits de saints personnages en pied ou des scènes de leur existence légendaire. ll ne subsiste plus, soigneusement entretenues, que 3 saynêtes difficilement identifiables. A signaler deux jolies piscines dans l'épaisseur des murs, dont l'une abrite un fragment de pierre sculptée au saisissant raccourci orthographique :

    DELAl DE

    JOUENNE

    NEE AN 1797

    CONSTANT

    LECOURT

    NE AN 1789

         La chapelle était dédiée à Sainte-Anne et on a vu sa statue hébergée désormais à Cambremer.

         Les autres bâtiments sont piquetés au bord du ravin, d'où la vue s'étend à l'infini, un manoir, une grange, un colombier, tous à colombage. Ce sont leurs silhouettes que l'on aperçoit depuis le bas de l'éperon. " [3]

     

    Photo de la chapelle ci-dessus extraite de Randonnées et patrimoine en Pays d'Auge, tome 3, canton de Cambremer, par Jacques Lalubie, éditions Charles Corlet 1987.


    Protection :

     

         " Manoir du Montargis, dont les façades et les toitures du manoir prioral et des communs, ainsi que la chapelle dédiée à sainte Anne, sont inscrites au titre des monuments historiques depuis le 17 octobre 1977. " [4]

         * Le manoir du Montargis est privé, fermé au Public. Coordonnées par GPS : 49° 09' 00" Nord, 0° 00' 32" Est

    Ci-dessous document extrait du site Google Earth.

     

    A proximité : Cambremer

     

    LES REMPARTS DU MONTARGIS (Calvados)  LES REMPARTS DU MONTARGIS (Calvados)

     

         " Cambremer est un bourg ancien assez pentu au fond d’un cul-de-sac affluent du Grandouet – et la vue en arrivant de l’est, par la route qui vient du Cadran est saisissante...
         Dans le bourg, les maisons n’ont peut-être pas le charme ostentatoire de celles de Beuvron, mais c’est par sobre modestie plus que par mauvais goût. La brique rougeâtre y est beaucoup plus répandue...
         C’est un amusant village en arc de cercle où les maisons en brique ou en colombage semblent se blottir craintivement les unes contre les autres. Tout près de l’église, leur arrière en encorbellement essenté d’ardoise domine la Dorette.
         La route qui remonte vers le nord et vers les carrefours aux noms évocateurs de Fosse-aux-Anglais et de Petit-Malheur, dessert à main droite un joli lavoir, et à main gauche l’ancien manoir sur sa motte. Comme à Auvillars, il s’agit d’une "moated site" tardive, plus rurale que stratégique ; elle se repère au-delà du chevet de l’église par le formidable tilleul planté en son centre. " [5] 

     

    LES REMPARTS DU MONTARGIS (Calvados)     " L'église date de la fin du 12e siècle. La dédicace est célébrée en 1188 par l'évêque de Bayeux Henri II. Seule la tour carrée romane en pierres calcaires subsiste de cette époque. Chaque façade de cette tour comporte un premier niveau sans ornement que surmonte un deuxième niveau doté de trois arcatures aveugles plein cintre. Le troisième niveau est percé de deux baies jumelées plein cintre et couronné d'une corniche à modillons. La toiture pyramidale est surmontée d'une flèche octogonale à encorbellement.

         Le reste de l'édifice a été très remanié au fil du temps. Une chapelle en bras nord du transept a été détruite au début du 19e siècle et l'ensemble a été à nouveau remanié et restauré en 1947.

              Le clocher est classé au titre des monuments historiques depuis le 23 avril 1921. " [4]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de societehistoriquedelisieux.fr http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=5968

    [2] Extrait de Jacques Henry, Touring-Club de mars 1960, in Bulletin de ses travaux Société d'émulation de l'arrondissement de Montargis – Éditeur (Montargis) 1959 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6558213k/f16.item.r=%22Le%20Montargis%22.texteImage

    [3] Extrait de Randonnées et patrimoine en Pays d'Auge, tome 3, canton de Cambremer, par Jacques Lalubie, éditions Charles Corlet 1987.

    [4] Extrait de Wikipédia

    [5] Extrait de http://tourisme.aidewindows.net/cambremer.htm#chene-beauvais

    [6] Extrait de la Revue de l'Avranchin : bulletin de la Société d'archéologie, de littérature, sciences et arts d'Avranches et de Mortain – Article sur le Mont-Argis par A. Le Monnier - Éditeur (Avranches) 1894 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62007411/f246.item.r=%22Mont%20Argis%22.texteImage

    [7] Extrait de l'Essai historique sur Honfleur et l'arrondissement de Pont-l'Évêque par Augustin Labutte (1801-1881) - Éditeur-impr. de E. Dupray (Honfleur) 1840 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6529932t/f226.item.r=%22Mont%20Argis%22.texteImage

     

    Bonnes pages :

     

    O https://www.lepaysdauge.org/revue/archives/tables-1951-2000/1963.html

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4783m/f80.image.r=Cambremer%20montargis?rk=236052;4

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6529932t/f225.image.r=%22Mont%20Argis%22?rk=343349;2

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54537881/f42.image.r=%22Mont%20Argis%22?rk=1609450;0

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  •  

    Ci-dessus, à gauche une photo extraite de http://damemarie.over-blog.net/article-52492732.html

     

          " Le manoir de la Lubinière est un édifice des 15e et 16e siècles situé (...) à moins d'un kilomètre au sud-ouest du bourg de Préaux-du-Perche. " [1]

         " Le manoir de la Lubinière est situé au bord de l’Erre, sur la route Préaux-la Rouge. " [2]

     

      

     

     Plan de situation du manoir de la Lubinière à Préaux-du-Perche ; blason de la famille de Barat par Gilloudifs.

     

    Histoire

     

         " Le Manoir de la Lubinière à Préaux au Perche fut vraisemblablement bâti après 1520, pour Jacques de Barat, fils cadet de Jean de Barat, seigneur des Chaises, à Vaunoise, de Montraversier, à Saint Martin du Vieux Bellême, et de Jeanne des Feugerets. il était toujours dans cette famille en 1675. " [3]

     

         " En 1768, Jean Nicolas Tousche de la Pelleterie est le seigneur de la Lubinière. " [2]

            " Nicolas, laisse sa famille dans le plus grand dénuement à sa mort. Son fils est bien connu sous le sobriquet de Menilpot (Manie le pot), en raison de sa pauvreté. Le manoir est ensuite racheté par Marin Debray, notaire à Préaux, qui y installe des fermiers. Il est alors utilisé comme exploitation agricole. En 1920 la demeure est revendue à la famille Louvet. " [4]

     

     

    Description

     

         " Le manoir conserve trois tours, dont une octogonale, accolée d'une tourelle de brique en encorbellement. La tour octogonale est coiffée d'un dôme en pierre avec voûte à arêtes du 15e siècle servant de toiture à une ancienne chapelle. " [5]

     

         " Le crépi ocre fait ressortir les pierres blanches aux angles et autour des fenêtres. Il reste une tour à 8 pans. Dans une tourelle rouge, un ancien oratoire a servi de chapelle. A l’intérieur des cheminées ont été préservées. La cave s’étend sous tout le bâtiment. " [2]

     

     

    Ci-dessus : à gauche, plan extrait du cadastre napoléonien de 1826, Archives de l'Orne, http://archives.orne.fr/ ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

     

    Protection :

     

         L'édifice est inscrit au titre des Monuments historiques depuis le 10 décembre 1926. " [1]

     

     

    A proximité :

     

         " Sur la commune de Préaux , certains manoirs datant du 15ème/16ème siècle sont encore bien préservés et visibles notamment depuis les chemins de randonnée.

         - Manoir de la Lubinière du 15e siècle, inscrit au titre des Monuments historiques (traité dans cet article)

     

         - Manoir de la Tarainière du 15e siècle, partiellement classé et inscrit au titre des monuments historiques

     

    Ci-contre, une photo du manoir de la Tarainière extraite du site Géoportail. 

     

         - Manoir du Boistier

         - Manoir de la Grande Vianderie

         - Le Grand Fay

         Certains sont ouverts au public au moment des journées du Patrimoine au mois de septembre.

         Par ailleurs, la commune possède un certain nombre de demeures remarquables. " [6]

     

         " L'église Saint-Germain, en partie des 12e et 15e siècles, est inscrite au titre des Monuments historiques. Elle abrite un retable du 17e siècle et des peintures murales du 16e siècle, classés au titre d'objets. L'église contient également des vitraux commémoratifs représentants des hommes du village morts pendant la Première Guerre mondiale. Presbytère du 18e siècle, restauré en 1833, puis entre 1900 et 1906. " [7]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de https://www.perche-gouet.net/histoire/immeubles.php?immeuble=1673 - saisie : Mireille Rousseau - Dernière modification : 8 Juillet 2011

    [3] Extrait de http://www.saint-hilaire-des-noyers.org/id10.html

    [4] Extrait de http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/manoirs-orne-manoir-a-preaux-perche-manoir-de-la-lubiniere.html

    [5] Extrait de https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00110892

    [6] Extrait de https://www.preauxduperche.fr/tourisme/manoirs/

    [7] Extrait de https://www.wikiwand.com/fr/Pr%C3%A9aux-du-Perche

     

    Bonnes pages :

     

    https://www.persee.fr/doc/arcme_0153-9337_1973_num_3_1_1269

    https://rando-perche.fr/api/fr/treks/489/les-panoramas.pdf

    https://www.giteduboistier.com/

    https://www.la-normandie.info/normandie-decouverte/routes-historiques/manoirs-du-perche/

    https://mapio.net/pic/p-42052236/

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  •       La motte féodale ou besles* du Chef de l'Eau se situe sur la limite communale entre Héronchelles et Bois-Héroult. C'est une enceinte circulaire construite dans la seconde moitié du 11e siècle ou dans la première moitié du 12e siècle.

     

    * Initialement, la basse-cour d'un château se nomme aussi « bayle, bel, belle, baile », du latin bacula (palissade). C'est la zone enceinte par une fortification castrale ou de cette enceinte elle-même. [NdB]

     

      

     

    Plan de situation de la motte de Chef-de-l'Eau à Héronchelles ; blason de la Seine Maritime par I, Koro, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2487547

     

         " Bois-Héroult (Boscum Heroldi) tient son nom d'un seigneur nommé Hérold ou Harold, d'origine Viking. Les anciens textes mentionnent l'existence « ancienne et de grande antiquité » d'une fortification féodale normande, dans une situation stratégique remarquable. Dans les bois surplombant le carrefour du « Chef de l'eau » où se trouve la source de l'Héronchelle, on voit encore des vestiges.

         D'après des textes de 1380, « se trouvait un château fort avec le droit de faire le guet, entre une église et un cimetière ». Des recherches ont permis de repérer des traces de contreforts, (on a laissé visible, avec des pavés, l'emplacement de ces recherches). " [1]

     

     

    Ci-dessus : à gauche, une photo aérienne du site de la motte de Chef-de-l'Eau extraite du site Géoportail ; au centre, une carte des années 50 extraite du site Géoportail ; à droite, une photo aérienne extraite du site Google Earth.on distingue la motte féodale dans la forêt. (carte à améliorer)

     

         Dans le Dictionnaire des Châteaux et des Fortifications du moyen âge en France de C.L. Salch, on trouve cette mention :

          " Chef-de-l'Eau, motte et basse-cour, fouillée par l'école d'archéologie norvégienne. " [2]

     

         Références cadastrales : 1964 AB 96, 97

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait du Dictionnaire des Châteaux et des Fortifications du moyen âge en France de Charles-Laurent Salch (éditions Publitotal 1979), page 610

     

    Bonnes pages :

     

    https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00019908

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  • LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche) LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche) LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche) 

     

         Le " château de la Chesnée (ou Chesnaye ou Chênaie) est une belle construction Renaissance remaniée au 19e siècle dans un style Troubadour de bon aloi. Il se trouve implanté dans un vaste parc boisé qui domine au sud le bourg de Rauville(-la-Bigot). " [1]

     

    LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)

     

    Plan de situation du château de la Chesnée à Rauville-la-Bigot ; blason de Rauville-la-Bigot d'azur au chevron accompagné, en chef, de deux têtes de lion arrachées et, en pointe, d'un cœur, le tout d'or. Ce blason est emprunté aux armoiries de la famille Le Pesant de Boisguilbert (en extinction, marquis de Boisguilbert), propriétaire du château de la Chesnée, à Rauville par Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Aroche., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3761900

     

    Histoire

     

         " Si une famille Bigot est bien connue en Normandie au Moyen Âge, l'un de ses membres étant compagnon de Guillaume le Conquérant, rien ne permet toutefois de la rattacher à Rauville. " [2]

         Sur la famille Bigot voir ici.

     

    LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)     " Un René Bigot figure parmi les compagnons préférés de Guillaume le Conquérant, qui, pour le récompenser lui donna de grandes concessions.

         Henri Ier le prit aussi en très grande affection et lui confia la charge de trésorier de sa maison. Son fils Hugues lui succéda dans ces honneurs en 1107, Guillaume Bigot, probablement le fils de Hugues, maréchal de Henri Ier, périt dans le naufrage de la Blanche-Nef.

         Si intimement liée avec la cour d'Angleterre, on conçoit que cette famille n'hésita pas à prendre parti pour Jean sans Terre dans sa querelle avec Philippe Auguste et comme toute personne qui avait agi ainsi, la famille Bigot subit les conséquences de son choix.

         En 1204, la terre de Roger le Bigot est donnée par le roi à Jean de Rouvray. On considéra alors les Bigot comme des barons anglais. L'un d'eux, Roger, était comte de Norfolk. Un autre, Guillaume, figure parmi les guerriers qui parurent à la revue faite à Pont-Audemer en 1378, pendant la guerre de cent ans. " [3]

     

    LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)

     

    LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)     " La première famille noble connue pour Rauville est celle des Symon, seigneurs de la Chesnée au 16e siècle, dont le château s'est transmis de génération en génération, de famille en famille, jusqu'à la famille de Boisguilbert, actuelle propriétaire. " [2]

     

    Blason de la famille Simon, d'azur à la croix d'argent chargée de cinq croissants de gueules, cantonnée de quatre cygnes aussi d'argent. https://www.wikimanche.fr/images/0/08/Couville.png

     

          " Le château de la Chesnée, à Rauville la Bigot, fut construit au 15e siècle par Pierre Simon, sieur de la Chesnée, dont la famille avait une origine fort ancienne.

     

    LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)     La Chesnée s’est transmise, depuis lors, de génération en génération dans la descendance des propriétaires par les Simon ; les Dutertre ; Les Lucas de Couville ; les Lemarchand puis les Le Pesant de Boisguilbert depuis 1922. " [4]

     

    Ci-dessus : à gauche, blason de la famille Lucas de Couville, de gueules aux trois chevrons d'argent, par Montage graphique: Ssire — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11072827 ; à droite, blason de Rauville-la-Bigot d'azur au chevron accompagné, en chef, de deux têtes de lion arrachées et, en pointe, d'un cœur, le tout d'or. Ce blason est emprunté aux armoiries de la famille Le Pesant de Boisguilbert (en extinction, marquis de Boisguilbert), propriétaire du château de la Chesnée, à Rauville par Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Aroche., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3761900

     

         " En 1789, la paroisse relevait de quatres fiefs : le fief de La Chesnaye (M. Lucas de Couville), le fief de La Luthumière (Mlle de Lordat), le fief de Flamanville (M. de Bruc) et le fief de Belleville (M. de Gerville). " [2]

     

    " Le château de la Chesnée

     

    LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)      Au sommet du coteau qui domine le village de Rauville-la-Bigot, on voit un très beau manoir, qui, malgré les injures qu'il a subies du temps et des hommes, présente encore des parties fort intéressantes.
          Ce château fut construit au 15e siècle par un Simon, sieur de la Chesnée, dont la famille avait une origine très ancienne. Un de ses ancêtres, en effet, avait rapporté de l'une des croisades, à laquelle il avait pris part, une magnifique bannière que l'on voit encore aujourd'hui. Cet étendard est en soie, de forme presque carrée, et mesure environ deux mètres de côté. Quoique les couleurs en soient altérées, on constate aisément qu'il était écartelé de blanc et de bleu, «
    d'argent et d'azur », avec une large croix jaune, séparant les quartiers.
          Mais il reste un souvenir plus précieux encore de la guerre sainte : le château a possédé jusqu'à la Révolution une relique insigne de la vraie Croix, renfermée dans un superbe reliquaire.
         Lorsqu'une troupe de forcenés allait envahir la noble demeure pour la saccager, une fermière put y pénétrer secrètement et soustraire la précieuse relique à la fureur des bandits. Quand la paix religieuse fut rétablie, cette pieuse femme déposa son trésor à l'église paroissiale qui le possède encore. La sainte relique mesure deux centimètres de long et près d'un centimètre de large. Le reliquaire, en vermeil, nous semble dater au moins du 14e siècle. Il a la forme d'une croix, d'un pied de hauteur environ ; la tige présente un prisme à six côtés, dont les pans antérieurs sont semés de fleurs de lis très finement ciselées ; la tête et les bras sont terminés par un ornement semblable, fait de lamelles d'or recourbées en volute ; le pied, qui est plus simple, a dû être ajouté à une date assez récente. (...)

         Le domaine de la Chesnée a eu l'heureuse fortune de demeurer dans la même famille, depuis le 15e siècle au moins, puisque aucune trace de vente ne peut être relevée depuis cette date. Si donc nous trouvons des noms différents parmi ses seigneurs, c'est qu'il est passé d'une branche de la famille à une autre, par succession ou par alliance. C'est ainsi que la famille le Marchand qui l'occupe présentement, en est devenue propriétaire, M. le Marchand ayant épousé, vers 1820, Mademoiselle de Couville, à qui le château appartenait alors.
    La seigneurie de la Chesnée, qui dépendait de la baronnie de la Luthumière à Brix, fut érigée en fief par Louis XIII. M. le Marchand possède le parchemin contenant l'acte de cette érection, signé du roi. Le sceau royal, quoique rompu, est encore aisément reconnaissable. (...) "
    [5] 

     

    LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)

     

         " En 1902, confronté à des difficultés pour écouler le lait produit par les fermes de Rauville dont il est propriétaire, Raymond Le Marchand, châtelain de la Chesnée, décide de créer une laiterie industrielle, démarche nouvelle pour le Cotentin. Autre innovation, il oriente son activité vers la production de fromages, et notamment de camemberts. Le succès est rapide, aussi bien en France qu'en Angleterre, si bien qu'en 1910, un fromager professionnel Henri Claudel vient des Vosges prendre la direction de l'usine qui emploie désormais une cinquantaine de personnes. En 1912, Marcel Grillard lui succède avant de racheter l'usine à son fondateur en 1919. " [2]

         Voir à ce sujet ici. 

     

    Description

     

    LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)     Dans le Dictionnaire des Châteaux et des Fortifications du moyen âge en France de Charles-Laurent Salch (éditions Publitotal 1979) le château de la Chesnée ou de la Chesnaie est signalé, page 959 :

         " reste d'une enceinte quadrangulaire flanquée de tours rondes aux angles (il en reste trois). Les logis (en partie détruits) bordaient la cour sur trois côtés. Ils ont été remaniés ou reconstruits à la Renaissance et au 19e siècle (vers 1866). L'une des tours est percée de meurtrières fermées d'une pierre demi-cylindrique qui tourne sur un pivot vertical (système identique au Logis d'Isigny-le-Buat). Le gros donjon s'est écroulé et a été rasé au siècle dernier. "


    LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)     " Le manoir de la Chesnée, très vaste autrefois, entourait sur trois côtés une cour carrée, dont il est facile de fixer les limites. En effet, des quatre tours qui s'élevaient aux angles, trois sont encore debout, à peu près intactes. L'une d'elles présente une particularité remarquable : chacune de ses meurtrières est fermée par une pierre demi-cylindrique, qui tourne sur un pivot vertical.
         Une grande partie du château ayant été détruite, il ne présente plus que la forme d'une guerre à bras inégaux. Ce qui subsiste a même subi des mutilations regrettables. Les « croisées » avaient perdu leurs meneaux, d'un effet si caractéristique ; la plupart ont été rétablis depuis quelques années.
         La tour qui s'élève à l'angle extérieur du manoir, a été restaurée et couronnée d'un toit conique a été restaurée et couronnée d' un toit conique.
         L'angle intérieur est dissimulé par une construction hexagonale qui forme maintenant l'entrée principale de l'habitation.

     

    Ci-dessus : à gauche, un plan extrait du cadastre napoléonien de 1825, Archives de la Manche, https://www.archives-manche.fr/ ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     
    LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)     L'une des pièces du château renferme une très belle cheminée de la Renaissance, qui porte, entre autres ornements, les armoiries de trois des anciens seigneurs de la Chesnée : les Simon, au milieu ; les Mouton du Manoir et les Maupeou d'Ableiges, aux deux côtés. Ces armoiries, mutilées à l'époque de la Révolution, ont été rétablies lors des travaux de restauration dont la Chesnée fut l'objet, il y a quelques années. "
    [5]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Maupeou d'Ableiges extrait de http://dechav.free.fr/armorial/blason.php?id=Maupeou_d_Ableiges

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE RAUVILLE-LA-BIGOT (Manche)     " Attestée dès avant l’an mil, l’église Notre-Dame de Rauville-la-Bigot fut donnée en 1042 aux moines bénédictins de Cerisy-la-Forêt par le duc Guillaume le Bâtard, futur conquérant de l'Angleterre. (...) Cette église abrite plusieurs statues anciennes et un intéressant mobilier liturgique des 17e et 19e siècles. Fait rare, elle possédait jadis une relique de la vraie Croix, ramenée dit-on d’Orient lors des Croisades. Pour des raisons de sécurité, cette relique était conservée au château de la Chesnée "en un cabinet le mieux paré", où elle était jalousement gardée par les propriétaires du lieu, et n’était exposée dans l'église que lors de la fête de la Sainte-Croix. " [1]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de http://closducotentin.over-blog.fr/2019/08/visite-guidee-l-eglise-notre-dame-et-le-chateau-de-la-chesnee-a-rauville-la-bigot.html

    [2] Extrait de https://www.wikimanche.fr/Rauville-la-Bigot

    [3] Extrait de http://www.rauvillelabigot.fr/la_commune_rauvillelabigot.html

    [4] Extrait de https://www.cotentine.fr/normandie/patrimoine-normand/le-chateau-de-la-chesnee-a-rauville-la-bigot-50

    [5] Extrait de l'article de l'abbé Marie in La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc.. Manche 1re [-2e] partie. Partie 1 Héliogravures de P. Dujardin - Éditeur Lemale & Cie, impr. édit. (Le Havre) 1899. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64809897/f428.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20la%20Chesn%C3%Ae%22.texteImage9

     

    Bonnes pages :

     

    https://www.cotentine.fr/normandie/patrimoine-normand/le-chateau-de-la-chesnee-a-rauville-la-bigot-50

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  • LES REMPARTS DE VIEUX-PONT-EN-AUGE (Calvados)      Arcisse de Caumont signale à Vieux-Pont-en-Auge dans le Bulletin Monumental, à la page 247, une motte féodale :

     

      " Grande éminence arrondie et fossés dans le bois situé au nord-est de l’église. Cette belle motte domine la vallée voisine, 10e ou 11e siècle. " 

     

         Le seigneur de Vieux-Pont assiste à la conquête de l’Angleterre. Robert, sire de Vieux-Pont, accompagne le duc Robert II en terre sainte en 1096. C’est probablement le même que l’on trouve mentionné à l’année 1078 et 1085 comme gouverneur du Maine. [NdB]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site géoportail.

     

         " Vieux-Pont-en-Auge. Velus Pons vers 1108 dans une charte de Henri Ier en faveur de l'abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives. Vez-Pont dans Wace ; ailleurs, Vipount. Le nom de Nigel de Vieux-Pont qui a tenu de Lesceline plusieurs terres en fief entre la Dive et la Vie, figure dans des chartes de Henri Ier vers 1108 et 1124. En 1078 il est question d'un Robert de Vieux-Pont que Guillaume-le-Conquérant envoya au secours de Jean de La Flèche, seigneur angevin qui tenait pour le parti normand contre Foulques-le-Réchin.
         Ce fut sans doute un autre Robert de Vieux-Pont qui fut une des victimes du soulèvement qui eut lieu en 1085 dans le Maine où il avait un commandement. Parmi les croisés dont les écussons figurent au Musée de Versailles, on remarque, entre autres Normands, un Robert de Vieux-Pont en 1096. Le patronage de cette commune fut donné par ce Robert à l'abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives, ainsi qu'on le voit par la charte de Henri Ier (vers 1124) en faveur de ce monastère où il y a lieu de croire que Robert prit le froc monacal. Sous Jean-sans-Terre il est encore question d'un Robert de Vieux-Pont qui lui survécut en Angleterre. "
    [1]

     

         " Guillaume de Vieuxpont se distingue sous Philippe Auguste. Jourdain de Vieuxpont se distingue sous Charles V. Un sire de Vieuxpont fut tué à la bataille d’Azincourt.
         Guillaume de Vieuxpont, abbé de Préaux 1554-1559. (...)

         La seigneurie de Vieuxpont fut possédée au 15e siècle par la famille de Bonnechose. Le premier de ce nom qu’on en trouve en possession est Jean de Bonnechose, fils de Colin et de Jeanne de Gisay. (Montfaut l’imposa comme non noble en 1463 à Vieux-pont, en compagnie de Louis Capelle et de Jean le Roux).
        Il eut un fils, nommé Foulques, qui épousa en 1485, Jeanne de Gisay (sans doute sa cousine). " [2]

     

    LES REMPARTS DE VIEUX-PONT-EN-AUGE (Calvados)   LES REMPARTS DE VIEUX-PONT-EN-AUGE (Calvados)

     

     Plan de situation de la motte de Vieux-Pont-en-Auge ; blason de la famille de Bonnechose, d'argent à 3 têtes de sauvage de sable posées de face, 2 et 1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_de_Bonnechose

     

    Arcisse de Caumont :

     

    LES REMPARTS DE VIEUX-PONT-EN-AUGE (Calvados)     " Motte féodale. — Dans le bois qui couronne le coteau, à peu de distance et au sud-est de l'église, j'ai remarqué une magnifique motte féodale avec son fossé ; elle est en terre, conique et assez élevée : peut-être était-ce là l'habitation de ce Renauld dont il est question dans l'inscription relatée plus haut (voir ci-après). Je n'y ai pas remarqué de vestiges de constructions en pierre, et la tour qui la surmontait devait être en bois.
         Emplacement d'un château moderne. - On montre dans les herbages, au pied du coteau dont je viens de parler, une place où, dit-on, existait un château moderne, il n'y a pas très longtemps, et dont il ne reste plus de vestiges.
         La famille de Vieux-Pont était très-ancienne. En 1161 mourut Richard de Vieux-Pont, abbé de St-Pierre-sur-Dives ; il était l'oncle paternel de Foulques de Vieux-Pont, qui accorda à l'abbaye des droits et privilèges sur ses terres. "
    [3]

     

    Ci-dessux, plan extrait du cadastre napoléonien de 1834, Archives du Calvados - https://archives.calvados.fr/

     

         " Celui qui, après avoir visité l'église de Vieuxpont, voudrait voir le lieu où s'éleva le château des anciens seigneurs, serait exposé à un complet désappointement. Il ne réussirait probablement pas à en découvrir le moindre vestige. Le site en est occupe par un taillis touffu, recouvrant un monticule informe, seul reste de ce qui fut la demeure des barons de Vieuxpont. Le sol lui-même ne trahit la présence d'un ancien séjour de l'homme que par quelques rares débris de tuiles. Cependant ce château était, à ce qu'assurent les habitants du voisinage, encore debout au temps de la Révolution. L'œuvre de la destruction a été vite accomplie dans toute sa plénitude. Dans ce quartier où tous les matériaux solides font défaut, et où les chemins impraticables rendaient impossible, il y a quatre-vingts ans, d'en apporter du dehors, on se disputait avidement les moindres restes de pierre et de brique.
         Les fondations elles-mêmes étaient soigneusement fouillées ; on ne renonçait à en sonder la profondeur, que certain d'avoir épuisé tout ce qu'elles pouvaient contenir. Aussi tout a-t-il disparu.
         Etiam periere ruinœ. Jamais cette vive expression du complet anéantissement n'a reçu une réalisation plus absolue. Rien ne reste d'une demeure où se rattachaient tant de lointains souvenirs. Mais la vieille église de Vieuxpont est toujours debout, témoin de si étranges vicissitudes, et les habitants du hameau viennent encore s'y agenouiller, comme l'ont fait leurs pères depuis quarante générations. " [4] 

     

    A proximité :

     

    O L'église de Vieux-Pont

     

    LES REMPARTS DE VIEUX-PONT-EN-AUGE (Calvados)     " Je commence ma revue des monuments du canton de St-Pierre-sur-Dive par une des églises les plus anciennes et des plus curieuses du département, celle de Vieux-Pont-en-Auge, que j'ai eu le bonheur de signaler le premier, il y a plus de trente ans.
         Cette église présente un des exemples, si rares aujourd'hui, de cette maçonnerie en petit appareil avec chaînes de briques qui était partout en usage sous la domination romaine.
         Les parties les plus remarquables sont le mur méridional
    de la nef et la façade ; mais il faut distinguer dans celle-ci des reprises faites à plusieurs époques : la porte pourrait avoir été reconstruite au 11e siècle ; du côté gauche de cette porte, l'absence de cordons en briques dans la maçonnerie annonce peut-être une reprise ; la niche pratiquée au-dessus de la porte doit être du 16e siècle, et le gable a été exhaussé pour donner au toit plus d'inclinaison.
         Dans le mur méridional, on voit encore les restes des fenêtres primitives ; elles étaient étroites, cintrées, sans colonnes, et bordées d'un triple cordon de briques (Il est fâcheux que, pour se procurer plus de jour, on ait détruit presque toutes ces fenêtres pour leur substituer des ouvertures informes. ). Trois assises de briques forment les cordons horizontaux placés de distance en distance, dans la maçonnerie de petit appareil ; ces briques ont environ 15 pouces de longueur et sont séparées par une couche de mortier aussi épaisse que la brique elle-même.
         La nef forme un parallélogramme d'environ 14 mètres sur 8 hors œuvre ; le chœur, plus étroit, peut avoir 8 mètres de longueur sur 5 de largeur.

     

    LES REMPARTS DE VIEUX-PONT-EN-AUGE (Calvados) LES REMPARTS DE VIEUX-PONT-EN-AUGE (Calvados) LES REMPARTS DE VIEUX-PONT-EN-AUGE (Calvados)

     

    Ci-dessus, trois dessins extraits de ce même document : la S.M.C. [3]


         La tour est accolée au chœur, du côté du sud : la partie basse paraît presque du même temps que le mur qui l'avoisine ; mais les briques employées dans les deux cordons que l'on y voit sont un peu plus courtes que les autres ; quelques-unes ne sont que des morceaux retaillés.
         Le premier étage de la tour, qu'il soit postérieur ou contemporain des murs du chœur, est remarquable par son appareil ; les pièces qui garnissent les angles sont plus grandes que celles du milieu et à larges joints ; elles encadrent ainsi le revêtement du centre, dont les pièces sont beaucoup plus pentes ; nous avons vu la même disposition dans l'appareil des églises les plus anciennes de l'Anjou.
         C'est sur le côté de la partie basse de cette tour, exposé à l'est, que nous avons observé une inscription dont voici le fac-similé et qui indique un certain Renaud comme auteur de l'édifice ; elle est ainsi conçue :


    LES REMPARTS DE VIEUX-PONT-EN-AUGE (Calvados)VII. ID. FEBR. OBIIT
    RANOLDVS.
    ILLE FVIT NAIVS
    DE GESTA FRAN
    CORVM. ANI
    MA EIVS REQVI-
    ESCAT IN PACE.
    AM. ILLE FEC. ISIAN
    ECCLESIA.

     


    Ci-dessus, dessin extrait de ce même document : la S.M.C. [3]

     

         Cette inscription, incrustée ainsi dans le revêtement, ne doit pas être à sa place primitive ; mais on ne sait pas où elle pouvait se trouver d'abord.
         A partir du niveau indiqué par la lettre A, la tour de Vieux-Pont me paraît d'une époque moins ancienne que l'étage dont je viens de parler ; elle montre d'abord trois arcades aveugles portées sur des pilastres, et au-dessus une fenêtre cintrée à colonnettes, subdivisée en deux baies qui étaient primitivement séparées par une colonne. Le dernier étage est percé d'une fenêtre cintrée beaucoup moins large. La tour est couronnée par une pyramide élégante en bois... "
    [3]

     

    LES REMPARTS DE VIEUX-PONT-EN-AUGE (Calvados)O " Le manoir du Lieu-Rocher (17e siècle), inscrit aux Monuments historiques depuis le 29 septembre 2004. " [5]

     

     

     

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de l'Histoire de Lisieux : ville, diocèse et arrondissement. Tome 2 par M. Louis-François Du Bois (1773-1855). Éditeur Durand (Lisieux) 1845 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6533822h/f475.item.r=%22Vieux-pont-en-Auge%22.texteImage

    [2] Extrait de http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=6929

    [3] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados. Tome 5 par M. Arcisse de Caumont, (1801-1873) – Éditeurs : Derache (Paris) / Dumoulin (Caen) / A. Hardel () 1846-1867 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96875612/f540.item.r=%22Vieux-pont-en-Auge%22.zoom.texteImage

    [4] Extrait de La Normandie monumentale et pittoresque... Calvados, 1re [-2e] partie Partie 2 Date d'édition 1895 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6419843r/f224.image.r=%22Vieux-pont-en-Auge%22

    [5] Extrait de Wikipédia


    Bonnes pages :

     

    O La Normandie monumentale et pittoresque... Calvados, 1re [-2e] partie Partie 2 Date d'édition 1895 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6419843r/f224.image.r=%22Vieux-pont-en-Auge%22

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65499435/f242.item.r=%22Vieux-pont-en-Auge%22.zoom

     

    Bibliographie :

     

    - Maneuvrier Christophe, « Quelques exemples de mottes castrales dans la région de Saint-Pierre-sur-Dives », Bulletin du foyer rrural du Billot, N° 14, juin 1986, pp. 7-25
    - Maneuvrier Christophe : Histoire de la famille de Vieux-Pont. Bulletin du Foyer rural du Billot, n° 20, page 7.

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