• LES REMPARTS DE MONTPINCON (Calvados) LES REMPARTS DE MONTPINCON (Calvados) LES REMPARTS DE MONTPINCON (Calvados)

     

         " Montpinçon était, à l’époque médiévale, le siège d’une importante baronnie. Une motte castrale, comme à Ecots, est visible près du manoir de la Roque. Le premier baron connu, Raoul de Montpinçon est cité comme dapifer du duc Guillaume. Au 12e siècle Hugues de Montpinçon devait au roi le service de trois chevaliers. " [2]

     

          " Le manoir de la Roque se situe sur le territoire de la commune de Saint-Pierre-en-Auge (ancienne commune de Montpinçon jusqu'en 1973 puis de L'Oudon jusqu'en 2017), dans le Sud-Est du département du Calvados, à la frontière entre les régions naturelles du pays d'Auge et de la campagne de Falaise. Il s'élève au sud de l'Aubette (petit ruisseau qui se jette dans L'Oudon à environ un kilomètre à l'ouest, à Notre-Dame-du-Fresnay), à l'ouest de la départementale 111 et des premiers escarpements du Pays d'Auge. " [1]

     

    LES REMPARTS DE MONTPINCON (Calvados)   LES REMPARTS DE MONTPINCON (Calvados)

     

     Plan de situation du manoir de la Roque de Montpinçon ; blason de la famille de Marguerie par Gilloudifs

     

    Historique

     

         " Les chroniques anciennes et en particulier l’Histoire ecclésiastique composée par Orderic Vital, moine au couvent de Saint-Evroul, consacrent de très nombreux passages aux faits et gestes des seigneurs de Montpinçon aux 11e au 12e siècles. Il s’agit d’informations de toute première main en raison des liens de cette famille avec l’abbaye de l’Ouche dont ils sont, avec les Grandmesnil, les bienfaiteurs insignes... " [3]

     

    LES REMPARTS DE MONTPINCON (Calvados) LES REMPARTS DE MONTPINCON (Calvados) LES REMPARTS DE MONTPINCON (Calvados)

     

    Ci-dessus : à gauche et au centre, plans extraits du cadastre napoléonien de 1834, Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/ ; à droite, une photo aérienne extraite du site Google earth.

     

    Arcisse de Caumont :

     

         " Je n’ai pas vu les restes de l’ancien château, mais on les signale à l’ouest de l’église, près du hameau de la Roque. Reste à savoir si ce sont les vestiges du château des seigneurs du 11e siècle. Quoi qu’il en soit, il y avait un château de Montpinçon au 11e siècle. Dans une charte de 1074 et dans le livre premier d’Orderic Vital, il est fait mention de Radulfe de Montpinçon, dapifer de Guillaume le Conquérant ; ce Radulfe fut inhumé dans le cloître de l’abbaye de Saint-Évroult ; il laissa pour fils Hugues, également enterré dans cette abbaye. En 1102, Hugues de Montpinçon s’opposa, avec Robert de Courcy, son voisin, au pillage de la garnison du château de Vignats appartenant aux Bellesme (Orderic Vital, livre IX ; Dumoulin, livre VIII).
         Hugues de Montpinçon avait épousé Mathilde, fille de Robert de Grentemesnil (Orderic Vital, livre VIII, t. III, p. 317 de la Traduction) : opposé au roi d’Angleterre, Henry Ier, il fut réduit à se soumettre à ce prince. Un de ses fils, Guillaume de Montpinçon, défendit vigoureusement le château de Montreuil-en-Ouche et repoussa Geoffroy d'Anjou, qui malgré deux assauts, ne put emporter la place ; après la conquête de la Normandie (1204), Philippe Auguste, roi de France, donna la terre de Montpinçon à Guérin de Glapion*, grand sénéchal de Normandie, qui avait abandonné le parti de Jean Sans Terre. " [4]


         " Lors de la réunion du duché de Normandie au royaume de France, ce fief, assis dans la baillie de Caen-Falaise attribuée à Pierre de Thillay, fut saisi et remis par Philippe-Auguste, en 1204, à Guérin de Glapion, son grand-sénéchal en Normandie qui, selon de Caumont, aurait abandonné le parti de Jean-sans-Terre. Quelques années plus tard, peut-être à la suite de la disgrâce de Guérin de Glapion, il semble être revenu dans la famille des Montpinçon non sans avoir été réclamé par Gilbert de Clare, comte de Gloucester.
         Suit un grand vide documentaire et il nous faut attendre le 16e siècle pour retrouver un seigneur, en l’occurrence un Marguerie, portant le titre de seigneur de Montpinçon. Ses armoiries s’apparentant à celles de Pierre de Montpinçon, on peut supposer qu’il représentait une branche cadette issue de la vieille lignée des Montpinçon..."
    [3]

     

    ------------------------------

     

    LES REMPARTS DE MONTPINCON (Calvados)     * « Guérin de Glapion, sénéchal de Normandie. (? - 1227)
         Il est possible qu'il descende de la famille de Bellême-Montgomery, mais nous sommes réduits aux hypothèses. On suppose que son père était Robert de Glapion, cité en 1173 dans la carte de donation à une église. Il était seigneur de Sainte Scholasse et portait : « d’azur à trois fasces d’or et une bordure de gueules ». La première mention qui le concerne date du 22 mai 1200 lors du traité du Goulet entre Philippe Auguste et Jean sans Terre. Il figure parmi les seigneurs anglo-normands se portant caution pour Jean sans Terre de la bonne et loyale exécution du traité.
         La mauvaise foi de Jean sans Terre l'empêcha de tenir correctement le rôle qui lui avait été assigné. Le manque à peu près total de soutien du roi d'Angleterre et les offres de ralliement que lui firent la chancellerie capétienne le décidèrent, en même temps que le duc d'Alençon, à « tourner français » lors de la conquête de la Normandie en 1202-1204.
    Il en fut récompensé en mai 1204, car par un acte signé à Saint-Pierre-sur-Dives, Philippe Auguste lui donnait Moyon et Montpinçon et lui confiait la charge de sénéchal de Normandie. Dans deux actes datés des 17 et 30 avril 1205, le roi lui octroyait les biens des vassaux du bailliage de Sainte-Scholasse qui n'avaient pas fait leur soumission. Il lui accordait également la ville de la Ferté-Macé, que le comte Juhel de Mayenne lui abandonnait en échange d'une autre terre que lui donnait le roi. Il mourut sans héritiers en décembre 1216 ou janvier 1217. C'est pour cette raison qu'en janvier 1217, Philippe-Auguste s'attribuait Courtemer. Il profita aussi des circonstances pour ne pas lui désigner de successeur dans sa fonction de sénéchal de Normandie et faire gouverner le duché par son chancelier Guérin, un homonyme, et ses baillis. »
    [5]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Clapion ou de Glapion extrait de http://www.armorial-limousin.fr/blasons_argentat.htm

     

    Le manoir de la Roque :

     

         " L'édifice a été construit à l'emplacement du château fortifié des seigneurs de Montpinçon dont la motte castrale et une partie des fossés sont encore visibles. Il date en partie de la fin du 15e siècle puis a été agrandi et remanié aux deux siècles suivants. " [1]

     

    LES REMPARTS DE MONTPINCON (Calvados)     " A Montpinçon, au bord du charmant ruisseau de l’Aubette, à quelques centaines de mètres de la route départementale 39, le manoir de la Roque, maison manable et anciens bâtiments d’exploitation se cachent derrière un rideau d’arbres et les restes de la motte des anciens seigneurs du lieu. Cet ensemble est en effet implanté sur une partie du site de la basse-cour – le bayle qui entourait la motte féodale, symbole même de la puissance de cette famille alliée aux plus prestigieuses de la Normandie ducale, les Grandmesnil et les Courcy par exemple..." [3]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site géoportail.

     

         " Au 16e siècle, le propriétaire des lieux était un Marguerie. Au début du 18e siècle, Françoise de Marguerie épousa Omer de la Roque qui donna son nom au manoir. " [1]

     

    Architecture

     

         " Pour ce que l’on peut en voir, rien de ce qui subsiste ne remonte au delà du 15e siècle, mais, tel quel, ce « manoir » est l’un des exemples les plus intéressants permettant d’étudier à la fois la technique de la construction en bois dans notre région sur la longue durée – entre les 15e et 18e siècles – les changements stylistiques ou d’aménagement des espaces intérieurs et l’évolution des bâtiments d’exploitation car les nombreux vestiges conservés çà et là, s’ajoutant à ce que nous connaissons de l’histoire du domaine et de ses possesseurs, nous permettent d’avancer en les vérifiant un certain nombre d’hypothèses et de proposer un cadre de datation relative. (...)

         La cheminée Ouest du rez-de-chaussée conserve en partie, quatre blasons de pierre. Deux d’entre eux, à chaque extrémité de la tablette surmontant le médaillon du trumeau, sont tenus par des lions décapités portant des pièces héraldiques facilement identifiables, tandis qu’au centre, les deux blasons accolés dont on devine les contours – et qui portaient incontestablement les armoiries du propriétaire et peut-être de sa femme auxquels nous devons la grande transformation du 17e siècle – ont été martelés, de même que la couronne surmontant l’ensemble, rendant toute identification impossible. Notes sur le manoir de la Roque : ancien fichier Sprint : Montproq.spr - Michel Cottin Juin 1991. " [3]

     

         " Le logis seigneurial, qui occupe la partie sud de la cour, date du 16e siècle. Construit en grande partie en pans de bois, il s'élève sur deux niveaux et présente une symétrie très travaillée. Sur la façade principale, les colombages sont essentiellement verticaux et les entre colombages sont faits d'un hourdis couvert de mortier de chaux. À l'inverse, la façade arrière présente un aspect différent car elle est intégralement recouverte d'ardoises.

         Le toit est à quatre versants. Couvert de vieilles tuiles, il se trouve encadré par deux imposantes cheminées et, du côté de la façade principale, il est orné de deux petites lucarnes.

         Le logis seigneurial est discrètement prolongé, vers l'est, par un bâtiment à l'architecture identique. Celui-ci, légèrement en retrait et moins haut que le corps principal du logis, est, en réalité, l'édifice d'origine dont le niveau inférieur remonte au 15e siècle.

         Enfin, les bâtiments d'exploitation, construits également en pans de bois, se situent sur les côtés latéraux de la cour. " [1]

     

    Protection

     

         " L'édifice est inscrit partiellement au titre des monuments historiques le 30 avril 1993 en particulier les éléments suivants : le logis, les façades et les toitures de l'ensemble des communs, le tour à pommes du pressoir, la boulangerie avec sa cheminée et son four. " [1]

         Le manoir de la Roque est une propriété privée non ouverte à la visite. [NdB]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de https://www.saint-pierre-en-auge.fr/tourisme/patrimoine-de-loudon/

    [3] Extrait de societehistoriquedelisieux.fr 

    [4] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados par Arcisse de Caumont (1801-1873), tome 5 - page 604. Éditeurs : Derache (Paris)/Dumoulin (Caen)/A. Hardel () 1846-1867 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96875612/f622.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Montpin%C3%A7on%22?rk=107296;4

    [5] Extrait de Bibliographie : Gaston Guérin : « Guérin, chancelier de Philippe-Auguste » Auto édition 1990. http://galaxie.guerin.free.fr/guppy/articles.php?lng=fr&pg=39

     

    Bonnes pages :

     

    http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=12449

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  • LES REMPARTS DE SURVIE (Orne)     La motte castrale de Survie se trouve en face de l'église sur la D 26 : 48°50'33.9"N 0°11'59.9"E 

     

     

         " Il s'agit d'une petite motte avec fossés sur le versant de la vallée, à demi-pente. " [1] 

     

    LES REMPARTS DE SURVIE (Orne)   LES REMPARTS DE SURVIE (Orne)

     

    Plan de situation de la motte de Survie ; blason du département de l'Orne par Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona 01/11/2007., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3003955

     

    LES REMPARTS DE SURVIE (Orne) LES REMPARTS DE SURVIE (Orne) LES REMPARTS DE SURVIE (Orne)

     

    Ci-dessus : à gauche, une photo aérienne extraite du site Géoportail ; au centre et à droite, photos extraites du site Google Earth.

     

         " Le manoir de Survie dont il ne reste plus de vestiges, était bâti tout à côté de l'église paroissiale. Il était clos et entouré de grands fossés pleins d'eau sur lesquels était jeté un pont-levis. Dans l'enceinte des douves s'élevaient les bâtiments d'exploitation et un colombier à pied. Du château dépendait le moulin banal, le seul qui existât dans la
    paroisse et cent acres de terre composant le domaine seigneurial non fieffé. "
    [2] 

     

    Sources :

     

    [1] Extrait des Annales de Normandie 15ᵉ année, n°3, 1965. Etudes d'archéologie normande. pp. 353-414 ; doi : Les fortifications circulaires isolées en France par Jacqueline Soyer - Feuille Vimoutiers. Mission Falaise - Rugles 1955, n°158-159 https://doi.org/10.3406/annor.1965.6731https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1965_num_15_3_6731

    [2] Extrait du Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne ; éditeur (Alençon) 1918-01 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5512631q/f183.item.r=%22%C3%A9glise%20de%20Survie%22.texteImage

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  

          Le château d'Esneval a été construit à partir du 15e siècle et profondément remodelé au 18e par l'ajout de deux ailes de chaque côté d'un corps de logis en pierre de taille flanquée de quatre tourelles.

         On trouve, à l'intérieur de sa chapelle dédiée Saint-Thomas Becket de Canterbury, le gisant de Thomas de Pavilly datant du 13e siècle. [NdB]

     

     

         " Le château d'Esneval, à Pavilly, est un des rares monuments civils du 15e siècle qui soit parvenu jusqu'à nous presque sans altérations. Construit solidement en pierres de taille, il présente un corps carré flanqué de quatre tours octogones, au toit aigu, et deux ailes de bâtiments sur le même plan, d'égales dimensions. Il est assis, au milieu d'arbres séculaires, sur le penchant d'une colline qui s'abaisse en pentes douces pour former le gracieux et riche vallon arrosé par la rivière d'Esne (aujourd'hui appelée Sainte-Austreberte), d'où le nom d' Esneval. Un parc très vaste bordé de hautes futaies, sillonné par les nappes d'argent de la rivière, s'étend au pied du château et lui forme un cadre verdoyant. " [1] 

     

    Ci-dessus, le château d'Esneval, à Pavilly par Emile-André Letellier (1833-1893), photographe et Paul Dujardin (1843-1913), héliograveur ; Éditeur (Le Havre) 1893 extrait de https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b100508130.r=%22ch%C3%A2teau%20d%27Esneval%22?rk=21459;2

     

      

     

    Ci-dessus, plan de situation du château d'Esneval à Pavilly reconstruit au 15e siècle par Robert de Dreux ; blason de la famille de Dreux par Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par ℍenry Salomé (12/08/2007)., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2551797

     

         " Il faut bien distinguer « le château de Pavilly, » qui n'existe plus, du « château d'Esneval, » qui existe encore.
         Un ancien registre, conservé à Pavilly, dans les archives de la famille d'Esneval, le dit fort clairement : « C'est une chose admirable de veoir ces deux anciens châteaux cy proche l'un de l'autre. Celui de Pavilli est plus proche du bourg, et celui d'Esneval est un peu plus avancé dans
    le milieu de la coste.
    »

     

    Ci-dessus, le château d'Esneval : Crédit photo : isamiga76 from Saint Pierre Lavis,Normandie, Fran - Sous licence Creative Commons https://monumentum.fr/chateau-esneval-pa00100791.html

     

         Le château de Pavilly était, en effet, à la place occupée aujourd'hui par les halles, et on en a retrouvé les fondations, quand les halles ont été bâties, il y a une cinquantaine d'années. Le château d'Esneval existe aujourd'hui, à peu de chose près, à la place qu'il avait occupée primitivement. (...)

          Le manoir de Pavilly, tel était donc le vrai nom de la demeure des premiers seigneurs de Pavilly.
          Quand les deux familles d'Esneval et de Pavilly eurent été réunies en 1280, par le mariage de Robert d'Esneval avec Marguerite de Pavilly, le manoir fut abandonné ; et c'est alors qu'un de leurs descendants, Robert d'Esneval, troisième du nom, chevalier, seigneur d'Esneval et de
    Pavilly, en présence des malheurs de la guerre de Cent ans, songea au manoir disparu. Il présenta à Charles V une requête en ces termes :
         «
    Comme en sa dite ville de Pavilly, il ait une mote d'ancienneté bien taillée et disposée à fortifier en laquelle le dit exposant se pouvoit retraire en cas de nécessité pour la salvation de lui et de ses biens en cas que icelle seroit fortifiée, emparée et mise en état de défense, de laquelle chose il a très grand désir ; » il demandait donc à la fortifier. Au mois de septembre 1377, Charles V lui accorda la permission demandée ; et Robert III d'Esneval bâtit, à la place de l'ancien manoir de Pavilly, une nouvelle fortification qui méritait le nom de « château de Pavilly, » au point de vue militaire. Mais ces nouveaux remparts ne purent protéger les d'Esneval contre les Anglais, qui occupèrent le nouveau château-fort et le château d'Esneval, au commencement du 15e siècle. " [2]

     

         " Les Dreux d'Esneval ont une noble page dans notre histoire. Fidèles à la bannière royale et à la patrie, ils avaient suivi Charles VII dans ses luttes désespérées contre l'Anglais ; aussi, les envahisseurs s'étaient-ils emparés des riches domaines d'Esneval, et les avaient-ils accordés à l'anglais Ogard, chambellan de Henri VI, auquel les vassaux étaient forcés de rendre hommage. " [1]


         " Lorsque la conquête de la Normandie, par Charles VII, eut ramené dans son domaine Robert de Dreux, alors chef de la famille d'Esneval, il ne trouva plus que des ruines. Le château-fort de Pavilly était détruit, et le château d'Esneval en triste état ne pouvait contenir un prince allié à la famille royale. " [2]

     

         " Les bases de deux tours renversées et des fragments de murailles, ruines du château de Pavilly, existaient encore en 1710, ainsi que nous l'avons appris par un ancien dessin de la Bibliothèque nationale. " [1]

     

    Ci-dessus, vue des ruines du chasteau de Pavilly situé entre le chateau d'Esneval et le bourg de Pavilly dans le Pays de Caux à 4 lieues de Rouen par Théodore de Jolimont (1788-1854).(Paris) 1852 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10052771w.r=%22ch%C3%A2teau%20d%27Esneval%22?rk=85837;2

     

         " C'est alors que Robert de Dreux bâtit, en 1469, sur l'emplacement de l'ancien château d'Esneval, un nouveau château dont il existe une vue à la Bibliothèque nationale (...)

          Le corps du château d'Esneval, reconstruit au milieu du 15e siècle, avait quatre tourelles aux quatre angles, avec une galerie de cinq arcades, ouvertes sur la face est qui regarde le parc. Les deux pignons sont orientés sud et nord. De la tourelle nord-est du château partait une galerie moins élevée que le corps du château, allant en retour d'équerre, de l'ouest à l'est, pour rejoindre la chapelle du château d'Esneval primitif, la seule partie qui fût conservée. " [2]

     

    Ci-dessus, Veüe du chasteau d'Esneval, dans le pais de Caux pres le bourg de Pavilly, à 4 lieües de Rouen, dessiné du costé du chemin de Rouen à Pavilly - 1702 par Louis Boudan. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6902379w.item

     

         " De même, la chapelle du château dédiée à Thomas Becket, archevêque de Canterbury, canonisé par le pape en 1173, a été reconstruite. Cette chapelle renferme le gisant de Thomas de Pavilly datant du 13ème siècle. " [3]

     

     

    La chapelle Saint-Thomas Becket, une photo extraite de https://monumentum.fr/chateau-esneval-pa00100791.html

     

         " Ce tombeau est très remarquable : on y voit la statue de Thomas de Pavilly couchée, les pieds appuyés sur un lion. Il porte son armure de guerre, l'épee de la main droite, le bouclier de la main gauche; le corps est couvert d'une cotte de mailles et d'une petite tunique qui s'arrête aux genoux. " [1]

     

         " En haut des marches du perron, de chaque côté de celui-ci se trouve deux remarquables sphinx. Ils représentent une tête de femme sur un corps de lionne au repos.


         A l'entrée du château, chaque pilier est surmonté d'un griffon en pierre. Cet animal doté d'un corps de lion, d'une tête et des ailes d'aigle, porte pour l'un les armoiries de la famille d'Esneval et l'autre celles de Pavilly.

         Les actuels propriétaires du château l'ont fait restaurer et ont transformé certaines des dépendances en maison d'habitation. " [3]

     

    Ci-dessus, une photo extraite de https://monumentum.fr/chateau-esneval-pa00100791.html

     

     

    Les seigneurs d'Esneval

     

         " Les seigneurs d'Esneval, dans le Pays de Caux, ont traditionnellement porté le titre honorifique de vidame de Normandie. La baronnie d'Esneval s'étendait à Pavilly et sur quelques communes à l'entour. Elle relevait du roi, à cause de son duché de Normandie.

     

     

    Ci-dessus, à droite, Veüe du chasteau d'Esneval, dans le pais de Caux pres le bourg de Pavilly, à 4 lieües de Rouen, dessiné du costé du chemin de Rouen à Pavilly - 1702 par Louis Boudan. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6902379w.item

     

    Famille d'Esneval

     

         - Robert d'Esneval, seigneur d'Esneval, épouse en 1280 Marguerite de Pavilly, dame de Pavilly.

         - …

         - Enguerrand d'Esneval, seigneur d'Esneval et de Pavilly, mort en 1396, épouse Isabelle de Malemains, dame de Berville-en-Caux.

     

    Ci-dessus : à gauche, blason de la famille d'Esneval par Gilloudifs ; à droite, blason de la famille de Pavilly extrait de https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=blasons&id=7255616&desc=de_pavilly_pavilly_normandie_armori

     

         - 1396-1421 : Jeanne d'Esneval, dame d'Esneval, de Pavilly et de Berville, fille du précédent, décédée le 20 septembre 1421 au château d'Ivry-la-Bataille, inhumée à l'abbaye d'Ivry ; elle épouse en premières noces vers 1404 Jean de La Personne, vicomte d'Acy-les-Soissons, chambellan du roi Charles VI ; épouse en secondes noces, Gauvain (II) de Dreux, tué à Azincourt le 20 septembre 1415, dont postérité.

     

    Maison de Dreux

     

         - 1421-1476 : Robert de Dreux, seigneur d'Esneval et de Pavilly et vidame de Normandie par sa mère, seigneur de La Coudraye en partie, de Beaussart, de Berreville et de Senonches par son père. Né vers 1406, il devient chef de la maison de Dreux en 1420, et il est autorisé par le roi à prendre les pleines armes de Dreux.

     

    Blason de la famille de Dreux par Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par ℍenry Salomé (12/08/2007)., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2551797

     

    Il meurt le 18 juin 1476, inhumé aux Jacobins de Rouen. Il épouse Guillemette de Segrie, dame de Morainville (Eure), décédée en 1490, inhumée à Rouen, fille et héritière de Louis de Segrie, seigneur de Morainville, et d'Isabelle de Roissi, dont :

         - 1476-1498 : Jean (II) de Dreux, seigneur d'Esneval et de Pavilly, vidame de Normandie après son père, seigneur de Beaussart, de Berreville et de Senonches, décédé le 4 juin 1498. Épouse vers 1478 Gilette Picard, décédée après 1500, inhumée à Rouen (veuve, elle se remaria en secondes noces à Martin de La Caille, seigneur de Fréville), fille de Guillaume Picard, chevalier, et de Jeanne de La Garde, dont :

         - 1498-1512 : Catherine de Dreux, dame d'Esneval, de Pavilly, de Beausart et de Senonches, née en 1480, décédée le 20 novembre 1512 et inhumée à Pavilly. Épouse avant 1501 Louis de Brézé (1463-1531), chevalier, comte de Maulévrier, seigneur du Bec-Crespin, Mauny et Anet, grand veneur de France, gouverneur de Normandie et grand sénéchal de Normandie ; sans postérité de sa première femme, vidame de Normandie par alliance (veuf, Brézé épouse en secondes noces Diane de Poitiers, dont postérité).

         - 1512-1521 : Jacques de Dreux, chevalier, seigneur du Fresne, Pierrecourt, Musy et Louye, cousin germain de la précédente, il lui succède comme seigneur d'Esneval et de Pavilly, vidame de Normandie, et meurt vers 1520. Il est le fils de Gauvin (III) de Dreux, seigneur du Fresne, seigneur de Pierrecourt, de Musy et de Louye (vers 1438-1508) et de Marguerite de Fourneaux, fille de Robert de Fourneaux. Jacques de Dreux épouse : en premières noces vers 1499 demoiselle Madeleine d'Hames, décédée le 18 juillet 1516, inhumée à Louyes, fille de Jean d'Hames et de Jacqueline d'Oignies, dont postérité ; en secondes noces le 11 octobre 1518, demoiselle Marguerite de Marincourt, fille de Jean de Marincourt, et de Jacqueline d'Aunay, sans postérié (veuve, elle se remarie en secondes noces le 22 septembre 1522 à Jacques d'Hellenvilliers, seigneur de la Ferté-Fresnel) ; dont, du premier lit :

         - 1521-1540 : Nicolas de Dreux, seigneur d'Esneval, de Pavilly et du Fresne, vidame de Normandie, décédé le 2 août 1540.

         - Charlotte, dame de Pierrecourt, épouse de Charles de Moüy de la Mailleraye

         - 1540 - : Anne de Dreux, dame d'Esneval et de Pavilly, sœur du précédent, épouse en 1528 René de Prunelé († 1543) chevalier, seigneur d’Herbault et Gazeran, panetier du roi. Leur fils est André, qui suit.

     

     

    Famille de Prunelé

     

         - André de Prunelé, + 1581 seigneur de Gazeran et des Rotis, seigneur d’Esneval et Pavilly, de Gazeron et des Rotis, vidame de Normandie, décédé en 1581. Il épouse en 1558 demoiselle Marguerite Le Veneur, fille de Jean Le Veneur de Tillières, chevalier, seigneur de Tillières, du Hommet et Carrouges, capitaine de Vire, bailli de Rouen, de Gillonne de Montejean, dont :

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Prunelé extrait de http://dechav.free.fr/armorial/blason.php?id=Prunele

     

         - 1581-1618 : Charles de Prunelé + 18/04/1624 (Paris), seigneur d'Esneval et de Pavilly, vidame de Normandie, seigneur et châtelain de Gazeran, Marchelainville, Beauverger et Glatigny, gentilhomme ordinaire la chambre du roi, ambassadeur en Écosse. En 1583, il épouse Madeleine Pinart, décédée le 6 avril 1654 à Paris, vicomtesse de Comblizy, dame de Cramaille, Monthoury, Marolles et Servenay, fille de Claude Pinart, chevalier, seigneur de Cramaille, « premier baron de Valois », vicomte de Comblisy, baron de Louvois, conseiller du Roi, secrétaire d’État et de ses commandements, sous Henri III et de Marie de L’Aubépine, dame de la Reine-Mère. D'où Nicolas, Elisabeth et Françoise, qui suivent.

    (en cours de complément et de sourçage)

         - Nicolas de Prunelé, chevalier, seigneur de Pavilly et d'Esneval, vidame de Normandie, seigneur de Gazeran, décédé en novembre 1653, sans postérité ;

         - Elisabeth, épouse de Jean Le Bouteiller de Senlis

         - Françoise de Prunelé, sœur du précédent ; épousa Anne de Tournebu, baron de Livet, seigneur de Bourges, conseiller et premier président aux requêtes du parlement de Rouen. Leur petit-fils est Robert Le Roux d'Acquigny d'Esneval, fils de leur fille Madeleine épouse de Claude Le Roux d'Acquigny, qui suit

     

     

    Ci-dessus ; au centre, une photo aérienne extraite du site Géoportail ; à droite, un plan extrait du cadastre napoléonien de 1811, Archives de la Seine Maritime, http://www.archivesdepartementales76.net/

     

    Famille Le Roux

     

          - 1689-1693 : Robert Le Roux, fils aîné de Claude Le Roux, seigneur d'Acquigny, chevalier, baron d'Esneval et d'Acquigny, vidame de Normandie, sire de Pavilly, châtelain de Cambremont et du Mesnil-Jourdain, seigneur de Becdal, conseiller au parlement de Rouen. Il était ambassadeur au Portugal lorsque son père mourut. Il envoya de ce pays en 1689 une procuration pour choisir comme préciput dans l'héritage paternel la baronnie d'Acquigny. Son aïeule Françoise de Prunelé lui avait donné en 1677 la baronnie d'Esneval et le vidamé de Normandie, sous condition d'en prendre le nom et les armes. Il avait épousé le 5 avril 1684 Anne-Marie-Madeleine de Canouville, et mourut en Grodno in Grande Duche de Lithuaniae le 15 février 1693 inhume in Varsovie ;

     

    Ci-dessus, blason de la famille Le Roux d'Esneval par Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2982405

     

         - 1693-1746 : Anne Claude Robert Le Roux d'Esneval, chevalier, baron d'Esneval et d'Acquigny, vidame de Normandie, sire de Pavilly, etc., conseiller au parlement de Rouen, fils aîné de Robert Le Roux, il succéda à son père dans la baronnie d'Acquigny sous la garde noble de son oncle Claude Le Roux. Il devint président à mortier en 1712 au même Parlement, et épousa au mois de mars 1714 Marie-Marthe Le Marchand de Bardouville ;

     

         - 1746-1788 : Pierre Robert Le Roux d’Esneval, seigneur d'Esneval, et d'Acquigny, marquis de Gremonville, vidame de Normandie, dit le président d'Acquigny, dont ;

         - 1788-1790 : Esprit-Robert Le Roux d'Esneval, dernier seigneur d'Esneval, et d'Acquigny, marquis de Gremonville, vidame de Normandie ; il devint président à mortier en 1772 au Parlement de Rouen, et fut connu sous le nom de Président d'Esneval. Né le 27 mai 1747, il épousa le 5 novembre 1772 damoiselle Félicité de Morant, et décéda le 3 août 1791 à Rouen.

    Survivance des vidames de Normandie

         - 1790-1791 : Esprit-Robert Le Roux d'Esneval (1747-1791), dernier seigneur d'Esneval, marquis de Gremonville, voir ci-dessus, père de :

         - 1791-1819 : Esprit Marie Robert Le Roux d'Esneval (Rouen, 22 mai 1777-1819), marquis de Gremonville, père de :

         - 1819-1826 : Esprit Marie Robert Théophile Le Roux d'Esneval (2 septembre 1800-29 août 1825), marquis de Gremonville, frère de :

         - 1826-1865 : Juliette Antoinette Le Roux d'Esneval (1803-1865), épouse Adrien Bézuel (1787-1858), dont :

         - 1865-1876 : Louis Bézuel-Le Roux d'Esneval (Fresquiennes, 25 mai 1826-Rouen, 27 avril 1876) " [4]

     

    Protection :


         " Le château fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1970. " [3]

     

          " Chapelle ; corps de bâtiment attenant au nord, à savoir : façades et toitures, logettes sur trois niveaux et escalier d'accès attenant, pièce lambrissée (cad. B 54) : classement par arrêté du 2 mars 1970. " [5] 


          " La chapelle se visite lors de la " journée du patrimoine ". Le château ne se visite pas. " [3]

     

     

     

    A proximité :

     

         - La chapelle Sainte-Austreberthe (11e siècle) fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 26 mars 1934.

     

     

         - Le colombier (venu du hameau de Cidetot à Mesnil-Panneville.)

         " Pierre Cornillot, spécialiste de la rénovation des maisons normandes et Bernard Guesdon alors Maire de Pavilly, eurent l'envie de sauver ce magnifique colombier du 15e siècle. Il fut envisagé de l'acquérir, de le démonter et de le reconstruire à Pavilly dans une prairie située dans le périmètre du parc classé du château d'Esneval et de la chapelle Saint-Thomas de Canterbury à proximité du presbytère datant de 1784. (...) L'inauguration eut lieu le 3 juillet 1992. " [6] 

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de l'Article de l'abbé Julien Loth dans La Normandie monumentale et pittoresque... Seine-inférieure, 1re [-2e] partie... Éditeur Lemâle (Le Havre) 1893 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62340920/f313.item.r=%22ch%C3%A2teau%20d'Esneval%22.texteImage

    [2] Extrait du Bulletin de la Commission des antiquités de la Seine- Maritime - 1895 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63057442/f83.item.r=%22ch%C3%A2teau%20d'Esneval%22.texteImage

    [3] Extrait de https://www.pavilly.fr/Decouvrir-Pavilly-Histoire-et-culture-fr

    [4] Extrait de Wikipédia

    [5] Extrait de https://monumentum.fr/chateau-esneval-pa00100791.html

    [6] https://www.pavilly.fr/Decouvrir-Pavilly-Histoire-et-culture-fr 

     

    Bonnes pages :

     

    O https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00100791

    O https://monumentum.fr/chateau-esneval-pa00100791.html

    O La Normandie monumentale et pittoresque... Seine-inférieure, 1re [-2e] partie... Éditeur Lemâle (Le Havre) 1893 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62340920/f313.item.r=%22ch%C3%A2teau%20d'Esneval%22.texteImage

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  •  Le " Château-Saussart " ou motte de Thierceville à Bazincourt-sur-Epte

     

    LES REMPARTS DE BAZINCOURT (Eure)     On trouvait sur le territoire de Bazincourt-sur-Epte deux châteaux forts : l'un dont la localisation est inconnue, l'autre situé au lieu-dit " Saussart " en limite de la commune de Sérifontaine située dans l'Oise. On peut le répèrer grâce au cadastre (parcelle 0036) [NdB]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         " Dès le 11e siècle au moins, le site est fortifié, probablement sur les deux rives (à Sérifontaine et sur la motte de Thierceville où se trouvait le premier château Saussart) quand apparaissent les premiers conflits entre le roi de France et le duc de Normandie. " [1]

     

    LES REMPARTS DE BAZINCOURT (Eure)   LES REMPARTS DE BAZINCOURT (Eure)

     

     Plan de situation du "Château-Saussart" sur la commune de Bazincourt ; blason de l'Eure par Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona 25/09/2007., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2811940

     

    Bazincourt-sur-Epte (Eure) - « Le Château-Saussart » 

     

    LES REMPARTS DE BAZINCOURT (Eure)     Le château domine le cours de l’Epte de 70 m. Au sommet d’un coteau et à l’écart de toute agglomération, le site est composé de deux enceintes. La première dont la levée de terre, de 25 m de diamètre, en forme de fer à cheval est plus forte vers le plateau, au sud-ouest. Vers le nord-est, une interruption du fossé marque l’accès vers la basse-cour de 45 m de diamètre. L’entrée est placée à proximité de la jonction des deux enceintes, vers le nord-ouest.

         La typologie, le contexte géographique et politique permettent de placer l’origine du site vers le milieu du 11e s Cette petite fortification s’apparente à un relais entre les châteaux importants de Neufmarché-en-Lyons (Seine-Maritime) et Neaufles-Saint-Martin (Eure), situés à 8 km vers le nord et le sud. Ces deux places ont fait l’objet d’une mise en défense par Guillaume le Bâtard peu après le milieu du 11e s, pour garantir ce secteur frontalier contre le pouvoir capétien.

    (Relevé et présentation sous la direction de Bruno Lepeuple). " [2] 

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1841, Archives de l'Eure, https://archives.eure.fr/

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE BAZINCOURT (Eure) LES REMPARTS DE BAZINCOURT (Eure) LES REMPARTS DE BAZINCOURT (Eure) LES REMPARTS DE BAZINCOURT (Eure)

     

         " Le château du Saussart (stricto sensu situé sur la commune de Bazincourt-sur-Epte) juste à la sortie du bourg de Sérifontaine (oise), face à l'usine : il a été construit à la fin du 19e siècle principalement dans le style Louis XIII, par le petit-fils du général d'Arlincourt, Jacques Guyot d'Arlincourt. Sa « tour du 15e » est en réalité une copie de celle de Maintenon. Son jardin d'agrément comporte une ferme plus ancienne et des bâtiments d'un laminoir. " [1]

     

         L'église Saint-Denis de Bazincourt (11e siècle, 14e siècle et 18e siècle).

     

         Le manoir de Thierceville dit " Vieux Château " (16e et 18e siècles).

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de Étude microtopographique des fortifications de terre de Haute-Normandie - Responsable(s) des opérations : Anne-Marie Flambard-Héricher - Notice rédigée par : Anne-Marie Flambard-Héricher https://journals.openedition.org/adlfi/8020#tocto1n1

     

    Bonnes pages :

     

    https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00017809

    file:///C:/Users/Gilles/AppData/Local/Temp/bsr2005.pdf

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire
  • LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche) LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche) LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)

     

    Ci-dessus, à droite une photo aérienne extraite de https://letourp.com/

     

          " Charles de Gerville fait de la fosse d'Omonville, un site utilisé depuis l'époque gallo-romaine et relié à la ville principale du Cotentin Alauna et à un autre port important de la presqu'île, Portbail. Le port aurait abrité ensuite les Vikings puis les corsaires. Pour autant, aucune preuve ne permet de justifier les conjectures de l'antiquaire valognais.

         Le village, bâti dans la vallée de la Vallace se serait formé selon Claude Pithois, autour d'un fort bâti au lieu-dit de La Motte. " [1]

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)     " Omonville tire son nom d’Asmund ou Osmond, vieux nom scandinave, répandu tant en Angleterre qu’en Normandie, est déjà cité dans une charte de 1095.
         Quant à Rogue, on retrouve mention d’un Philippe de Rogue dans le livre des fiefs de Philippe Auguste, c’est-à-dire fin du 12e siècle.
    En 1261, Omonville le Rogue existait déjà sous ce nom.
    En 1420, Henri V, roi d’Angleterre, donna les fiefs d’Omonville la Rogue et d’Orglandes à Jean Robessart, chevalier anglais ; ensuite le Clos du Cotentin fut libéré et les anglais ayant regagné leur pays, le fief d’Omonville revint aux Français. " [2]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         Le fief relève " à la fin du 17e siècle de la baronnie d'Orglandes-Bricquebec. C'est ensuite la famille de Sainte-Mère-Église qui prend possession de ce fief et de ceux de Digulleville et de Vauville.

         En 1520, François Ier fait construire un fort sur la pointe Vaucotte. " [1]

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche) LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche) LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)

     

    Une motte dans le village d'Omonville-la-Rogue ?

     

         " Omonville-la-Rogue, cant. Beaumont-Hague. — Lieu-dit : La Motte (cadastre 19e). — Coord. Lambert : 230, 70-298, 40. Au centre du village d'Omonville, tout à côté de l'église dédiée à Saint-Martin, se trouve un champ nommé La Motte. Bien qu'un toponyme soit un élément totalement insuffisant pour justifier de l'existence d'une motte, plusieurs éléments nous inclinent à penser qu'il en existait sans doute une sur cet emplacement. Au milieu d'un espace très bâti, ce terrain est resté jusqu'à nos jours sans construction. Ce champ est entouré par quatre petites rues qui desservent le village et qui épousent parfaitement l'emplacement d'éventuels fossés. Du côté sud, le terrain est bordé par le ruisseau la Vallace. Le terrain jouxtant l'église est occupé par un manoir-ferme du 16e appartenant à la famille de Surtainville, seigneur d'Omonville à l'époque moderne. " [3]

     

    " Led-heu, un fort dans la lande

     

         Sur une colline nommée Led-heu ou Lait-heu (carte IGN) et située au sud du port d’Omonville-la-Rogue (50), se trouvent des parcelles en friches où l’on peut distinguer des excavations ne semblant pas avoir une origine naturelle. Une tradition locale y évoque la présence des vestiges d’une fortification ancienne, d’une installation de communication et d’un lieu d’isolement sanitaire. La végétation ayant rendu le secteur concerné quasiment impénétrable, il est aujourd’hui très difficile de parvenir à déceler ces vestiges sur le terrain.
    Le présent exposé propose une synthèse de l’état des connaissances bibliographiques sur le sujet au 1er février 2009. " [2]

     

         " Anciennes fortifications (restes) : « Il reste dans cette commune des débris d'anciennes fortifications et des noms d'origine anglaise qui indiquent son importance, lorsque les Anglais étaient maîtres du pays. Sur la hauteur appelée Light-Heu, on voit encore les restes d'un fort, où probablement était un phare, sans doute celui dont le maréchal de Matignon parlait en 1562. Il lui parut très ancien, mais il était si ruiné qu'il l'abandonna. On ne le croit cependant pas antérieur à l'expulsion des Anglais en 1450. Sur une autre hauteur appelée le Hutch-Heu, on remarque les restes d'une fortification circulaire de 21 toises de diamètre. L'entrée est à l'est ; au nord-ouest, il y avait un petit ouvrage avancé, demi-circulaire. Entre l'ancien fort et l'église on voit les restes d'un bâtiment de 21 toises 3 pieds de largeur ; il est partagé en cinq parties égales. C'était peut-être un lazaret. Une fontaine voisine s'appelle encore aujourd'hui fontaine de la Maladrerie. Les habitants m'ont raconté que ce lieu était autrefois l'emplacement d'un village très-peuplé, mais qu'il survint une épidémie qui n'y laissa pas un seul habitant. » [1]

     

         " Omonville-la-Rogue, cant. Beaumont-Hague. — Lieu-dit : Le Clos de la Motte. - Coord. Lambert : 230, 40-299, 20. Au sommet de la falaise dominant le fort d'Omonville, à l'est de la commune, on trouve un champ appelé le Clos de la Motte. La partie est de ce champ est occupée par une forte butte de terre de forme grossièrement circulaire au sommet paraissant très plat. Cette butte est absolument inaccessible, car envahie de ronces qui empêchent d'accéder à ses abords et qui en déforment les contours et la hauteur. Le champ dans lequel cette butte se trouve est bien fermé par une haie très talutée comme on en trouve partout dans la région. Sa forme et ses dimensions conviennent tout à fait pour une éventuelle basse-cour. Cependant cette butte n'est pas très éloignée du lieu-dit Lait-Heu. Il se peut donc qu'il s'agisse d'une défense avancée du port d'Omonville d'une époque plus ancienne. " [3]

     

    " Le fort

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche) LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche) LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)

     

         C’est dans le journal de Gilles de Gouberville (1521-1578) que l’on trouve la référence la plus ancienne à un fort pour la fosse d’Omonville. Cependant les dimensions et la localisation exactes n’y sont pas précisées. De la même manière, un grand nombre de documents mentionnent le fort de la fosse d’Omonville sans apporter ces précisions.
         Parmi ces documents, une correspondance de Colbert du Terron à Colbert (1664) nous apprend qu’un fort aurait été construit en 1520 à la fosse d’Omonville.

         Aux environs de 1700, deux plans de la fosse d’Omonville sont dessinés par un (ou plusieurs ?) auteur(s) non connu(s). Ce sont les premiers documents à localiser précisément un fort sur la colline de Led-heu :

         - Le premier plan, intitulé « Plan de la fosse d’Aumonville, prez le Cap de la Hague avec les sondes de basse mer » est daté de 1695. Il donne une représentation détaillée d’une construction d’environ 200 m par 100 m et portant l’annotation « ancien fort razé ». Un second fort est établi sur la pointe, à l’emplacement de celui existant encore aujourd’hui. Le fort dit « ancien fort razé » se prolonge vers celui établi sur la pointe en formant une sorte de passage fortifié, reliant les deux constructions au niveau d’un affleurement rocheux.

         - Le second plan a pour titre « Plan de la fosse d’Aumonville au Cap de la Hague » il est daté de 1702. Il s’agit d’une représentation de la fosse d’Omonville avec un projet de digue. Comme pour le plan de 1695, un fort est représenté sur la pointe et son tracé est quasiment identique. Les vestiges du fort de la colline de Led-heu sont évoqués avec le détail des fossés et des talus, le dessin général de celui-ci est similaire à celui du plan de 1695.

         De plus, comme pour le plan de 1695, le tracé du rempart se prolonge vers le nord-est en une sorte de passage protégé par 2 talus vers le nouveau fort, mais, cette fois, sans l’atteindre.
    En plaçant le tracé des deux plans précédents sur la photographie aérienne de 2002, on constate que le rempart orienté au sud s’accorde avec la limite actuelle de la friche.

         Au 18e siecle, Jean Magin (1670-1741) établit une carte intitulée « Plan d’Omonville ». Une construction est représentée sur la pointe dite « du fort » accompagnée de l’annotation « fort ». Sur la colline de Led-heu, il est fait mention d’un « fort desmoly » dont le tracé est assez précis et correspond à peu près à celui des plans de 1695 et 1702. Le tracé du rempart descend vers le nord-est, jusqu’à un affleurement rocheux dominant le fort de la pointe. La partie est du rempart est représentée comme encore existante.

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche) LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche) LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)

     

    Ci-dessus : au centre, une photo aérienne du fort extraite du site Géoportail.

     

         Au début du 18e siècle, dans un rapport rédigé pour la société académique de Cherbourg, l’abbé Demons (d’après de Chantereyne, 1772) note la présence des vestiges d’un fort sur « une hauteur nommée « Led-heux » ou « Led-hu » ». Il s’agit ici de la première mention écrite d’un toponyme proche de « Led-heu ». Selon l’auteur, les anglais abandonnèrent la construction pour fuir lorsque Cherbourg fut prise en 1450. Le fort aurait été, ensuite, utilisé par les français avant d’être abandonné.
         Au document de l’abbé Demons, est joint un plan du fort qui ne correspond pas au tracé des plans précités, et ce, bien que certains éléments localisent le fort au même emplacement : mention du mât de signaux, de fontaines et d’un sentier.
         En 1833, Charles de Gerville présente à la société académique de Cherbourg, un rapport sur les « redoutes circulaires d’Omonville » qu’il attribue aux « pirates du Nord ». A Led heu, la fortification leur aurait permis, selon lui, de se protéger et de permettre une communication par signaux.

         L’année suivante, en 1834, dans un chapitre de l’annuaire du département de la Manche relatif à Omonville-la-Rogue, est noté qu’ « (…) Il y existe des restes assez curieux de fortifications anciennes (…) où à toujours été la place des signaux (…) ». Ces vestiges y sont attribués aux français et estimés à la fin du 15e siècle.

         Bien que d’origine et d’usage incertains, il est donc avéré qu’une construction a bien été érigée sur la colline de Led-heu, et que celle-ci, abandonnée au début du 18e siècle, s’est trouvée recouverte par la végétation.
         Cet ouvrage semble avoir eu une vocation militaire, plus particulièrement défensive et vraisemblablement orientée contre un assaut venu du sud. Si la majorité des documents relatifs au fort estiment sa construction entre le 15e et le 16e siècle, aucune date ne peut être avancée avec certitude. De plus, la position culminante du site a pu conférer au secteur une fonction militaire bien antérieure à 1400.
    L’étude de certains plans de la fosse d’Omonville tendrait à démontrer que le fort de la pointe et celui de Led-heu ont été anciennement reliés par une sorte de passage fortifié. Dans ce cas, seul le fort de la pointe aurait été entretenu et remanié pour devenir celui que nous connaissons actuellement. " [2]

     

    -----------------------------

     

         Au sud du territoire d'Omonville-la-Rogue, se dresse la ferme-manoir du Tourp, aujourd'hui centre culturel de la Communauté de communes de la Hague. [NdB]

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)   LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)

     

     Plan de situation du manoir du Tourp à Omonville-la-Rogue ; blason de la famille de Sainte-Mère-Eglise extrait de https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&desc=sainte_mere_eglise_blason_de_famille&id=4095108&rubrique=blasons

     

    " Le Tourp (fin 16e) :

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)     Ferme-manoir, munie d'une tourelle avec meurtrière, d'une cheminée monumentale, d'une grande cour fermée, d'un colombier au bord d'un étang, elle était la propriété de la famille de Traynel, avant de changer de propriétaires à plusieurs reprises après la Seconde Guerre mondiale, et d'être racheté par le Conservatoire du littoral pour devenir le centre culturel de la Communauté de communes de la Hague. (...)

         La ferme du Tourp est restaurée avant l'an 2000 et accueille désormais des expositions, l'Office du tourisme de la Hague, et un centre de ressources et de documentation sur la Hague. " [1]

     

             " La ferme-manoir du Tourp est situé près de la côte de la Hague, en lisière d'une vallée bocagère. La voie antique Coriallo-Portbail passerait à proximité tandis qu'aujourd'hui le Tourp est légèrement en contrebas de la D911, qui suit la côte. " [4]

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)     " Le manoir du Tourp tire son nom de « thorp » qui signifie village en vieux scandinave, en Normandie ce terme s’applique à des fermes isolées, hors des villages.

         Ce manoir, dans sa forme actuelle, est de la première moitié du 17e siècle, et comme la ferme de la Bellegarde, de caractère Louis XIII.
    A remarquer : les fenêtres à meneaux, les demi-croisées, les lucarnes, le pavillon d’angle avec sa haute toiture à quatre pans.
    Au dessus de la porte d’entrée, un fronton triangulaire où autrefois, devait figurer le blason des anciens propriétaires, blason qui fut détruit à la révolution. Depuis quelques années, il a retrouvé sa place, il représente
    six aigles d’or éployées sur fond d’azur. " [2] 


     Ci-dessus, une photo extraite de https://www.lamanchelibre.fr/actualite-318841-omonville-la-rogue-manche-200-figurants-pour-un-tournage-au-manoir-du-tourp


    Le fief du Tourp

     

         " Le Tourp était l'un des trois fiefs nobles d'Omonville-la-Rogue.

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)     Propriété de Richard Carbonnel, seigneur de Saint-Martin-de-Varreville, Rauville-la-Bigot et Omonville-la-Rogue, le fief passe dans la famille de Sainte-Mère-Église à la fin du 14e siècle (en 1394) dans la fille de celui-ci, Guillemette, épouse Guillaume de Sainte-Mère-Église " [4] " descendant des barons de Néhou, et par eux, de Rollon premier, duc de Normandie.

         Il resta donc près de 500 ans dans la même famille.
         Pendant la domination anglaise les Sainte-Mère-Eglise se soumettent à l’occupant, ce qui leur permet de continuer à jouir de leurs biens sur ordre du roi d’Angleterre. " [2]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Sainte-Mère-Eglise extrait de https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&desc=sainte_mere_eglise_blason_de_famille&id=4095108&rubrique=blasons

     

         " Marié à Anne de Grimouville en 1589, Louis de Sainte-Mère-Église s'oppose devant la justice, en 1601, à Guillaume de Surtainville, propriétaire du fief dit « d'Omonville-la-Rogue », pour le titre de seigneur de la paroisse. Le Parlement de Rouen tranche en faveur de Guillaume de Surtainville, Louis de Sainte-Mère-Église prenant le titre de « seigneur du Tourp et d'Omonville en sa partie ». En 1605, le domaine est constitué de 400 acres fieffés, 212 acres non-fieffés, essentiellement recouverts de landes, un manoir, un moulin sieural et un colombier.

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)      La petite fille de Louis, Charlotte de Sainte-Mère-Église, épouse en 1657 Jacques de Surtainville, petit-fils de Guillaume, faisant entrer le Tourp. Puis, leur dernière descendante, Charlotte-Catherine, s'unit en 1723 à Alexandre-Robert Le Pigeon, seigneur de la Bellegarde et de Regnoufmesnil. La ferme seigneuriale est ensuite allée au gré des mariages successifs aux Barbou de Querqueville, Le Febre de la Grimonière, Le Vavasseur d'Hiesville, Frigoult de Liesville puis au Traynel en 1855. (...) [4]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Surtainville par Gilloudifs. 

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)

     

    Ci-dessus : à gauche, blason de la famille Le Pigeon extrait de https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=blasons&id=281168&desc=le_pigeon_de_vierville_vieille_famille_nor ; au centre, blason de la famille Levavasseur de Hiesville par Gilloudifs ; à droite, blason de la famille Frigoult de Liesville " de gueule au chevron d'or accompagné de deux coquilles du même et en pointe d'un croisant d'argent " par Gilloudifs

     

    La fin de l'activité agricole

     

         En 1945, l'exploitation s'étend sur 91 hectares (28 de landes, 5 de labour, le reste en herbage), comprend 25 laitières, 18 génisses, 70 moutons, entre 15 et 20 cochons, 2 à 300 volailles dont 20 oies, et occupe un couple de fermiers, une domestique, deux commis et un ouvrier agricole. (...)

         Vers 1975, l'héritière Traynel, et son mari, Dennis Lavarack vendent la propriété par lots. (...)
         En 1975, la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural de Normandie (Safer) de Basse-Normandie fait valoir son droit de préemption. Rénovée (le logis retrouve schiste et taffettes à boutons sur le toit, la chapelle son plafond de bois en carène, la poutre de gloire sculptée et une porte ancienne) et modernisée (laiterie, salle de traite et parc d'attente dans le bâtiment oriental, stabulation à logettes pour 60 vaches et deux silos à l'extérieur), la ferme réduite à 76 hectares est cédée à la famille Gallis en 1979, qui y installe une exploitation laitière jusqu'en 1994, ainsi qu'un gîte d'étape équestre. Des champs près du buret (transformé en sanitaires) accueillent un camping temporaire pour les ouvriers des chantiers de l'usine de retraitement de la Hague et de la centrale nucléaire de Flamanville. (...) [4]

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche) LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche) LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)

     

     Ci-dessus : à gauche, aquarelle extraite de https://letourp.com/le-manoir/la-balade-du-tourp/ ; au centre, une photo extraite de https://www.wikimanche.fr/Fichier:Tourp1.jpg ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    Réhabilitation

     

         En 1994, deux ans avant le départ à la retraite de Jean-Paul Gallis, le Conservatoire du littoral acquiert alors la propriété, et délègue en 1997 sa gestion au District de la Hague pour la mise en œuvre d'un projet en lien avec l'objet du conservatoire. Cette délégation est renouvelée en 2001 pour 30 ans, à la communauté de communes de la Hague.

         Des travaux importants sont entrepris par le District pour consolider les murs et les fondations et rénover la charpente en la dotant de nouvelles poutres maîtresses de deux tonnes et demi chacune en provenance de la forêt sarthoise du Tronçay, sans retirer la toiture, et en concevant une charpente cintrée en lamellé-collé chêne.

         A la fin des années 1990, le District de la Hague organise plusieurs spectacles estivaux dans l'enclos, retraçant les légendes locales, comme celle de sainte Colombe, ou évoquant le passé médiéval, avec le Complots des Mesels (1997), et les Cris du Tourps par la compagnie des Fous du Roy (1998). " [4]

    Architecture

     

         Enclos de la ferme, avec de gauche à droite les cottins à cochons (derrière l'arbre), le pigeonnier (à l'extérieur de l'enceinte), la porte, la boulangerie, la chapelle, les étables transformées en restaurant.

         Cette ferme-manoir a subi de nombreuses transformations au cours des siècles " [4], la partie la plus ancienne qui remonte à l’époque moyenâgeuse se trouve à droite dans la cour. Le manoir devait être assez fortifié, car dans la partie la plus ancienne se trouvent encore des meurtrières, il y avait aussi une échauguette, aujourd’hui disparue et dont il ne reste que la base sculptée. Etant isolé, les occupants devaient se défendre contre le brigandage, fréquent autrefois. Auprès de la porte charretière, se trouvait une porte piétonne, elle fut murée pour installer un four à pain, qui autrefois se trouvait à l’extérieur. " [2]

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)     " Les différents bâtiments s'organisent autour d'un plan typique du Nord-Cotentin de cour fermée, ici trapézoïdale.

         Face à la porte charretière, le logis seigneurial de caractère Louis XIII offre une façade asymétrique en moellons de granite. Au centre, la porte est dominée par une imposte elle-même coiffée de trois plaques de schiste en arc brisé et d'un tableau au dessous d'une double fenêtre demi-croisée. Les deux fenêtres à meneaux au rez-de-chaussée encadrant la porte, sont surmontées à l'étage par une demi fenêtre à meneau à gauche, et une fenêtre de lucarne pendante à meneaux au fronton triangulaire qui devait originellement coiffer toutes les fenêtres de l'étage. Un pavillon carré d'angle se détache à l'extrémité est du logis par une légère saillie et par une haute toiture à quatre pans (deux versants et deux croupes), avec des baies alignées : fenêtre à meneaux au rez-de-chaussée, demi-fenêtre à meneaux à l'étage, lucarne sous fronton triangulaire au niveau de la mansarde.

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1820, Archives de la Manche, https://www.archives-manche.fr/

     

         Un second pavillon similaire a pu être envisagé sans être réalisé, puisque la partie droite est postérieure à celui-ci, avec une large porte à linteau et deux fenêtres étroites au rez-de-chaussée et à l'étage, sans alignement vertical.

         A l'intérieur du logis, un couloir qui va de la porte au potager dessert une pièce de chaque côté dôtée d'une cheminée. Dans la tour, trois petites pièces sont superposées : un salon avec boiseries et cheminée du 18e siècle, un cabinet avec latrines, et une mansarde avec cheminée. A l'arrière se loge l'escalier en pierre à demi-volées.

         De part et d'autre du logis, s'étendent les bâtis agricoles. À l'est, se trouvent initialement la charreterie à deux arcades, les granges, la bergerie et un bûcher. La façade a dû être modifiée suite à un incendie de la grange lors d'une batterie vers 1930, tandis que la spécialisation laitière au début du 20e siècle a amené à aménager la bergerie en étable et le bûcher en laiterie avec deux portes en arc. A l'ouest, également refaits au début du 20e siècle, se succède appentis, passage, écurie, resserre et pressoir. Jouxtant la porte charretière, la porcherie, une remise et l'étable aux veaux à droite, la chapelle domestique et la boulangerie à gauche.

         A l'extrémité nord du bâtiment occidentale, un escalier à vis « en œuvre » en granite desservait probablement une tourelle. Celui-ci, ainsi que des meurtrières, deux portes au rez-de-chaussée, deux arcades intérieures en plein cintre avec des claveaux étroits de part et d'autre d'un pilier et des corbeaux en pierres, attesterait de l'incorporation d'un manoir primitif dans le manoir du 17e siècle.

         L'angle extérieur du pignon conserve la base sculptée en cul de lampe conique mouluré d'une échauguette aujourd'hui disparue, élément fréquent dans le Cotentin à la fin du 16e siècle qui témoignerait également de ce manoir primitif et aurait pu être réutilisé pour supporter une statue. " [4]

     

    La chapelle

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)     " La petite chapelle, qui fut très longtemps abandonnée a été entièrement restaurée par monsieur l’abbé Lebas, ancien curé d’Omonville. " [2]

         " Les verrières de la chapelle, réalisées en 1979, représentent les blasons de deux de ses familles : celui des de Sainte-Mère-Église (d'azur à six aigles éployés d'or, 3, 2, 1) et celui des Surtainville (d'azur à deux chevrons d'argent accompagné de trois coquilles de même). (...)

         Dans la chapelle, un film retrace l'histoire du Tourp. " [4]

     

    Ci-dessus, une photo extraite de http://www.omonvillelarogue.fr/wp-content/uploads/2010/06/2.jpg

     

    Le colombier


    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)     " À l'extérieur de l'enceinte, un colombier à pied couvert de schiste, face à la porte, et une mare à proximité alimentée par une source captée dans le jardin, attestent des privilèges de ce fief noble comme les droits de pigeonnier et de vivier. Doté de 2 ouvertures, dont la plus basse possède un linteau gravé à la date de 1601, le pigeonnier possède environ 1 100 boulins, alternant en quinconce de bas en haut pavés de grès et tablettes en schiste. Décoiffé en 1945, ses plaques de schistes sont utilisés pour le manoir de la Bellegarde. Un buret, près de la mare, date probablement du développement de la production beurrière des petites coopératives au début du 20e siècle. " [4]

     

     Ci-dessus, une photo extraite de https://www.tripadvisor.fr/LocationPhotoDirectLink-g1773249-d6473036-i206114003-Manoir_du_Tourp-Omonville_la_Rogue_Manche_Basse_Normandie_Normandy.html

     

    Aujourd'hui : la Maison de la Hague


          " Le manoir du Tourp est désormais la propriété du Conservatoire du Littoral, il a été restauré dans la tradition locale par la Communauté de Commune de la Hague à qui il est loué. " [2]

     

         " La Maison de la Hague est inaugurée le 28 mars 2002, avec l'exposition La France vue du ciel du photographe Yann Arthus-Bertrand. " [4]


         " Cet équipement culturel et muséographique, de dimension européenne, a pour objectif de sensibiliser le visiteur à la richesse du patrimoine naturel et culturel de la Hague et d’autres territoires océaniques d’Europe de l’ouest, à travers son exposition permanente.
    Les découvertes peuvent être enrichies à l’Espace patrimonial par la consultation libre du fonds documentaire écrit, visuel et sonore de la presqu’île de la Hague et de territoires de comparaison.
    Des expositions temporaires sont programmées toute l’année dans l’espace culturel.
         La boutique «
    Le Comptoir du Voyageur » offre un choix de produits originaux et de qualité sélectionnés en fonction de l’esprit des lieux. " [2]

     

         " L'ancien pressoir abrite la médiathèque Côtis-Capel.

         Dans les anciennes étables un hôtel-restaurant a été aménagé, avec une veranda extérieure à la place de la stabulation.

         Le Département d'études des paysages océaniques (DEPO) a installé son laboratoire de recherche dans le bâtiment près de la mare.

         Depuis 2006, le manoir du Tourp accueille le festival des arts de la rue La Rue bucolique à la mi-août. " [4]

     

    La croix du Tourp :

     

         " Sur la route, se dresse une croix de chemin, la croix du Tourp ou « croix des trente Anglais ». L'inscription de l'an 1257, postérieure à son érection, n'est pas crédité, contrairement à celle du fût qui indique sa restauration par M. d'Hiesville en 1814. " [4]

     

    Le Tourp dans les arts

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)     " La ferme est peinte par François Millet (1851-1917) dans une toile exposée au musée Thomas-Henry évoquant comme l'œuvre de son père, le monde rural. Son neveu, Charles Heyman (1881-1915), l'a pour sa part dessinée à la plume.

         Roman Polanski tourne, en 1978, de très nombreuses scènes de son film Tess, tant au manoir que dans les chemins environnants. " [4]

     

    Ci-dessus : la ferme du Tourp par F. Millet, musée Thomas-Henry à Cherbourg : https://www.wikimanche.fr/Fichier:FermeduTourp,_Millet.jpg

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS D'OMONVILLE-LA-ROGUE - LE TOURP (Manche)     " Église Saint-Jean-Baptiste (d'Omonville-la-Rogue) : de style gothique normand, datant de la seconde moitié du 13e siècle, restaurée par la suite au 18e siècle. À l'intérieur, deux fresques retracent la vie des saints anglo-normands Hélier et Thomas Becket. L'église abrite également un trône d'abbé mitré d'époque Renaissance, avec baldaquin et orné de bas relief, provenant du château des Ravalet. L'église a été classée aux monuments historiques par arrêté le 9 juin 1971. Noter le clocher en bâtière, mais agrémenté d'une cloche en clocher-mur sur un des pignons. " [1]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de https://www.wikimanche.fr/Omonville-la-Rogue

    [2] Extrait de http://www.omonvillelarogue.fr/patrimoine/le-tourp/

    [3] Extrait de Seigneurs, fiefs et mottes du Cotentin (Xe-XIIe siècles). Étude historique et topographique. In : Archéologie médiévale, tome 12, 1982. pp. 175-207 par Florence Delacampagne - https://doi.org/10.3406/arcme.1982.1086

    [4] Extrait de https://www.wikimanche.fr/Manoir_du_Tourp

     

    Bonnes pages :

     

    http://www.cestenfrance.fr/les-forts-domonville-la-rogue/

    https://www.wikimanche.fr/Manoir_du_Tourp

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire