• LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne) LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne) LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)

     

    Ci-dessus, à gauche une photo extraite du site https://actu.fr/societe/images-en-normandie-chateau-du-xve-siecle-cherche-proprietaire_621575.html

     

          On trouve le château (ou manoir) de la Pellonnière ou de la Pellonière au Pin-la-Garenne.

     

         " Le monument est situé dans le département français de l'Orne, à 700 m à l'ouest du bourg du Pin-la-Garenne. " [1]

     

    LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)

     

     Plan de situation du château de la Pellonière au Pin-la-Garenne ; blason de la famille du Grenier par Gilloudifs

     

    Historique

     

    LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)     " Au Moyen-Age, l'ancien château se trouvait près de l'église paroissiale. Il fut détruit dans les guerres qui opposèrent la famille de Bellême aux Giroie et aux ducs de Normandie.

         Au 13e siècle, le château fut transféré sur la colline, à l'emplacement du château actuel. " [2]

     

    Ci-dessus, une photo extraite de https://actu.fr/societe/images-en-normandie-chateau-du-xve-siecle-cherche-proprietaire_621575.html

     

         " Le château a été construit après la destruction de la motte castrale du Pin, vers le 12e siècle.

         A l'origine c'était un château-fort bâti sur une plate-forme carrée et entouré de fossés. " [3]

     

         " Durant les guerres de Cent ans, Henri V d'Angleterre en prit possession.

         Au 15e siècle, l'édifice était pratiquement en ruine. Il fut rasé et un nouveau château fut construit à partir du quadrilatère entouré de douves qui délimitait les quatre côtés de la place forte du 13e siècle. Le logis seigneurial possède une haute tour pentagonale. " [2]

     

    LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)     " Le logis, avec la tour d'escalier, est du 15e siècle, il appartenait à cette époque à la famille du Grenier.

         Vers 1625, René du Grenier III fait construire un gros pavillon isolé, de plan carré, en avant du logis. Au 19e siècle la toiture d'origine est remplacée par un comble à la Mansart. (...)

         Les tours de la porte d'entrée sont du début du 16e. Le porche d'origine a été remplacé par un portail au 18e siècle. " [3]

     

    Ci-dessus, blason de la famille du Grenier par Gilloudifs.

     

         " Sous le règne de Henri IV, une nouvelle campage de travaux fut entreprise avec l'édification d'un pavillon rectangulaire avec mâchicoulis, d'un grand colombier et d'une porte d'entrée défendue par deux tours latérales. " [2]

     

    LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)     " En 1612, Loup du Grenier épousa notamment Anne Martel, dame d'Oléron. En raison des terres et seigneurie héritées en cette île, il ajouta au titre de seigneur du Pin et de La Pellonnière, celui de « baron d'Oléron », lequel se transmit à son fils René, son petit-fils, également prénommé René (décédé en 1699) prenant enfin le titre de « marquis d'Oléron ».

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         C'est à la famille du Grenier que l'on doit l'embellissement progressif du château, notamment la construction de l'aile, initialement surmontée d'une galerie, reliant le logis au " Pavillon " ci-dessus mentionné et attesté dans plusieurs actes du 18e siècle.

         En 1630, fut édifié par René du Grenier, le colombier dont on possède l'acte de commande daté de 1629.

         En 1699, Anne de Maillé, marquise d'Oléron, veuve de René du Grenier, dernier du nom, fit ériger, sur l'arrière du château et à peu de distance de celui-ci, une chapelle, aujourd'hui disparue. Dédiée à sainte Anne, elle était de forme circulaire.

     

    LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)     En 1704, par suite du décès de la marquise d'Oléron, la seigneurie du Pin et de la Pellonnière devint propriété de son neveu, le marquis de Bennehart qui revendit le tout en 1713 à la famille de Gersant, puis à la famille Patu de Saint-Vincent qui procéda, à la fin du 18e et au 19e siècles, à de nouveaux embellissements transformant notamment la galerie, au-dessus des cuisines, en une série de chambres desservies par un long couloir. " [4]

     

    Ci-dessus, blason supposé de la famille Patu de Saint-Vincent par Gilloudifs.

     

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         " Au début du 18e siècle, édification d'une construction en équerre qui réunissait le logis primitif au pavillon situé à l'angle nord de la cour d'honneur. " [2]

     

         " Au 18e et 19e siècles, la famille de Patu de Saint-Vincent fait aménager de nombreuses chambres. " [3]

     

         " Le 23 août 1798 (6 Fructidor An 6), Nicole de Gersant épousa Jean-Baptiste Patu de Saint-Vincent, conseiller correcteur à la chambre des Comptes qui s'illustra par l'acquisition, dans la région, de biens nationaux. Maire du Pin de 1804 à 1834, il légua le domaine à son fils Cyrille Jules Patu de Saint-Vincent, époux de Pauline de Hémant. Ce dernier fut à l'origine de la construction, toujours sur l'aile droite, de la tour à créneaux destinée à « habiller » un ancien escalier et un dispositif d'alimentation en eau.

     

    LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)     A son décès, en 1867, la Pellonnière et son important domaine foncier, devinrent la propriété d'Isabelle de Hémant, sa nièce. Celle-ci avait épousé, en l'église du Pin, en 1866, Georges Clair, vicomte de la Rivière Pré d'Auge, maire du Pin de 1870 à 1894. A la mort de Mme la comtesse de la Rivière, en 1928, Anne-Marie de la Rivière, la dernière de leurs quatre enfants, hérita du château. Répondant à un vœu antérieur formulé par sa mère, celle-ci en fit don, en 1957, aux religieuses de l'Agneau de Dieu de Brest, aux fins d'y établir « un centre eucharistique de prière et de réparation » qui se transforma, dans les faits, en une maison de retraite et de convalescence. Celle-ci est aujourd'hui transférée dans le bourg du Pin. " [4]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de la Rivière Pré d'Auge extrait de https://sites.google.com/site/barbedekermoysan/delaRivirePrdAuge.jpg

     

         Sur la famille de la Rivière Pré d'Auge, voir ici.

     

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         1995- 2015 : Alain Lautré et Gilles Alvarez :

     

    LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)     « La Pellonnière appelait tellement au secours que nous nous sommes sentis obligés de faire quelque chose », raconte Alain Lautré à Normandie-actu. En 1995, le couple voit une annonce immobilière et décide d’aller « y jeter un coup d’œil ». Tout de suite, les deux hommes tombent sous le charme du château et ils l’achètent, avant même d’avoir vendu leur demeure, le manoir d’Ecajeul, au Mesnil-Mauger, entre Caen et Lisieux (Calvados).
         Pendant deux ans, ils ne pourront pas entamer les travaux dont ils rêvaient. (...) Puis ils parviennent à vendre leur manoir et se consacrent pleinement à la réhabilitation du château, « qui en avait grandement besoin ». (...)

     

    Ci-dessus, une photo extraite de http://perche-web.over-blog.com/article-21857036.html.

     

    LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)     Au début, le couple est loin de mener une vie de château, et se crée un « refuge » composé d’un salon, d’une cuisine-salle à manger et d’une chambre. La grande majorité de la demeure reste dans un premier temps sous sa forme de maison de retraite.
         Puis les gros travaux débutent. Grâce à leurs recherches et à leurs bonnes relations avec un historien local, les deux propriétaires arrivent à se « faire une bonne idée de ce qu’était la demeure, avant sa période maison de retraite ».
         Puis, petit à petit, les travaux avancent et permettent au couple de redonner vie au château. Les pièces sont refaites pratiquement comme à l’origine, et l’ensemble devient très lumineux. Le parc est également réhabilité pour que la demeure retrouve son standing passé. (...)

         La plus grande fierté du couple est d’avoir permis au château de la Pellonière de redevenir un acteur majeur de la vie locale dans le Perche, accueillant de nombreuses expositions ou concert au sein du parc et dans la grande salle. (...)

         Dernièrement, le château a servi de lieu de tournage à la dernière adaptation de Madame Bovary pour le cinéma, tournée en grande partie dans le Perche normand. (...) « Il est temps de passer le relais », avoue le couple, qui compte désormais s’installer dans le sud-ouest, région natale d’Alain Lautré.... ». [5]

     

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    Architecture

     

    LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)     " Au bout de sa belle allée de platanes centenaires se découvre le château de la Pellonière (15-17e s., ISMH) dans le cadre de verdure de son parc de 8 ha, aux arbres remarquables, avec son allée de tilleuls ombragée et un immense platane bicentenaire. Passé le beau porche aux deux tourelles (pilastres et grille 17e), le manoir (15e) apparaît entouré de ses fossés, vestiges de la forteresse du 12e s. qui avait beaucoup souffert de la " Guerre de cent ans. " [6]

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1811, Archives de l'Orne, http://archives.orne.fr/

     

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         " Ce manoir (8 ha) occupe l'emplacement d'une ancienne place forte dont les douves, aujourd'hui asséchées, sont les seuls vestiges. Le portail d'entrée (début 18e) se compose de 2 piliers sommés de pots-à-feu drapés. Il s'appuie sur 3 tours rondes Renaissance, coiffées d'une toiture conique terminée par un lanternon. " [7]

     

         " Grand manoir seigneurial percheron classique, avec ses hautes toitures et la tour de son escalier en vis, ornée de la tourelle en encorbellement donnant accès au " logis du guetteur. " [6]

     

    LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)     " La partie la plus ancienne du manoir est le corps de logis en T inversé édifié à la fin du 16e siècle. Il présente un toit en tabatière et une tour octogonale hors-d'oeuvre flanquée d'une tourelle en encorbellement permettant l'accès au " logis du guetteur ". [7]

     

         " Continuellement habité au fil des siècles, le manoir a été agrandi, encadré par le " petit logis " à gauche et l'aile à droite construite au 17e s. pour réunir " le pavillon " (grosse tour carré à mâchicoulis à droite, vestige de la forteresse du 12e) au manoir. " [6]

     

         " L'aile en retour d'équerre est un ajout de la fin du 17e. Elle se termine par un pavillon carré auquel a été greffée, sous la restauration, une tour néo-gothique avec toit terrasse. " [7]

     

    LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)     " Les "communs" s'enorgueillissent à droite d'une " fuye ", grand colombier de plein pied de 2 300 boulins datant de 1629.

         A gauche, ils sont prolongés par un étonnant " mur rucher " dont les 24 niches contenaient des ruches cylindriques de paille, et la cour carrée constitue le "clos". [6]


         " A droite de l'entée (dans les arbres) se trouve une imposante tour de colombier (datant de 1629) ceinturée de 2 larmiers en glacis, elle abrite 2 300 boulins. " [7]

     

    Protection

     

         " Les façades et les toitures du logis du 15e siècle, du pavillon d'angle, du colombier, de l'entrée et du logis d'angle du château sont inscrits au titre des monuments historiques depuis le 29 juin 1967. " [1]

     

    LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne) LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne) LES REMPARTS DE LA PELLONIERE (Orne)

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00110890

    [3] Extrait de https://www.perche-gouet.net/histoire/immeubles.php?immeuble=1667

    [4] Extrait de https://lepinlagarenne.pagesperso-orange.fr/lphip01.htm

    [5] Extrait d'un article actu.fr du 29 novembre 2015. https://actu.fr/societe/images-en-normandie-chateau-du-xve-siecle-cherche-proprietaire_621575.html

    [6] Extrait de https://www.journees-du-patrimoine.com/SITE/chateau-pellonniere--pin-garenne-132888.htm

    [7] Extrait de http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=61329_1

     

    Bonnes pages :

     

    O http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateaux-orne-chateau-a-pin-garenne-chateau-pellonniere.html

    O https://lepinlagarenne.pagesperso-orange.fr/lphip01.htm

    O https://social.shorthand.com/le_perche/3gYXsAjU0jY/le-chateau-de-la-pellonniere-en-vente

    O http://www.lesamisdelaigle.com/?p=411

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  • LES REMPARTS DE SAINT-MACLOU DE FOLLEVILLE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE SAINT-MACLOU DE FOLLEVILLE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE SAINT-MACLOU DE FOLLEVILLE (Seine-Maritime)

     

    Ci-dessus : au centre, une photo aérienne extraite du site Géoportail ; à droite, une photo aérienne extraite du site Google Earth.

     

           On trouve à Saint-Maclou-de-Folleville les vestiges du château de la Pierre-Giffard incendié en 1870 par les Prussiens. [NdB]

      

          " La paroisse et commune de Saint-Sulpice-la-Pierre réunies en 1825 à Saint-Maclou de Folleville (Seine Maritime) " [1]

     

    LES REMPARTS DE SAINT-MACLOU DE FOLLEVILLE (Seine-Maritime)      " De l’ancienne paroisse de La Pierre, il reste encore le château du 16e siècle, dans l’enceinte duquel est une motte de coteau. " [2]

     

          " Château édifié vers 1460 par les seigneurs de la Pierre-Giffard près de l'ancien prieuré du 12e et qui fut incendié par les Prussiens le 25 décembre 1870. Les bâtiments situés près des ruines du château datent probablement du 17e siècle et constituent les écuries destinés aux chevaux de la compagnie de Louis Giffard. " [3]

     

    LES REMPARTS DE SAINT-MACLOU DE FOLLEVILLE (Seine-Maritime)    LES REMPARTS DE SAINT-MACLOU DE FOLLEVILLE (Seine-Maritime)

      

    Plan de situation des vestiges du château de la Pierre à Saint-Maclou de Folleville ; Pas facile de s'y retrouver dans les armoiries des différentes branches de la famille de Giffard. A défaut, voici le blason familial des Giffard, de gueules, à trois léopards d'argent passants, l'un sur l'autre. extrait de https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=blasons&id=6563301&desc=giffard_de_bolbec_bolbec_comtes_de_buckingh

     

    LES REMPARTS DE SAINT-MACLOU DE FOLLEVILLE (Seine-Maritime)      " La famille Giffard, propriétaires du château de La Pierre, à Saint-Maclou de Folleville (commune de Saint-SuIpice La Pierre, Seine Maritime, incendié par les Allemands en 1870). Agathe de Giffard épousa M. Pillon du Coudray, propriétaire du château de La Tillaye à Saint-Christophe (incendié le 1er mars 1925) (...) Un des Giffard aurait été compagnon de Guillaume le Conquérant. Une branche subsiste en Angleterre (château de Shillington). Ils sont alliés aux Choiseul-Praslin, et, par la marquise de Beuvron, avec les d'Harcourt. On relève en particuliers parmi les de Giffard : Louis mort en 1638, seigneur de La Pierre, Saint-Maclou et Loray ; Louis mort en 1673 ; Louis mort en 1721 ; Louis (1680-1759), allié aux Richomme et aux Béard ; Louis-François-Marie (1733-1808). " [1]

     

           Sur la famille Giffard voir ici. 

     

    LES REMPARTS DE SAINT-MACLOU DE FOLLEVILLE (Seine-Maritime)      L'église de Saint-maclou de Folleville " appartenait au monastère dont elle était voisine et contemporaine. On y trouve quelques bons tableaux, une chaire élégante, un joli banc seigneurial, restes et souvenirs des de Giffart, de La Pierre, dont vous voyez le vieux manoir de brique rouge sur la colline opposée.
         Ce castel du 16e siècle mériterait de tomber entre des mains intelligentes qui le restaureraient avec goût et en feraient une habitation charmante. On raconte, à propos des sires de Giffart, qu'un de ces gentilshommes d'épée, revenant dans ses foyers après la guerre de Sept-Ans, entra à Rouen le soir, à la tête d'une poignée de cava
    liers, ses compagnons d'armes. Jeunes et accoutumés au sans-gêne des champs, ils s'avisèrent d'abattre tous les réverbères de la ville, qu'ils plongèrent ainsi dans l'obscurité la plus complète. Traduits devant le Parlement pour ce méfait, les coupables furent condamnés à la
    réprimande et à l'amende.
         Il y a une dizaine d'années on voyait encore, dans une des salles du château, sous une caisse vitrée, toute la compagnie du sire de Giffard, représentée avec armes et bagages, par de petits bonshommes de carton. Au bas de chaque personnage on lisait un nom qui très
    souvent était allemand, ce qui prouve que ces batailleurs de profession étaient des Suisses ou des Allemands au service de la France. "

     

         [ Ce Louis de Giffard (ou Giffart) fut chevalier, seigneur de La Pierre, Saint-Maclou, Folleville, etc., lieutenant d’une compagnie de 100 hommes d’armes des Ordonnances du roi et député de la noblesse aux Etats de Rouen (1620) [NdB]


          " Tout près de ce château, et presque dans ses avenues, se trouvait autrefois le prieuré conventuel de Saint-Thomas-sur-Scie dépendant de l'abbaye de Saint-Victor. "
     [4]   

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1811, Archives de la Seine Maritime, http://www.archivesdepartementales76.net/

     

          Suite à l'incendie du château par les Prussiens en 1870, l'assurance ne voulu pas rembourser les dégats d'où cette enquête par le juge de paix du canton [NdB] :

     

    LES REMPARTS DE SAINT-MACLOU DE FOLLEVILLE (Seine-Maritime)       " Attendu, en fait, qu'il résulte de l'enquête à laquelle a procédé le juge de paix du canton de Tôtes, sur les causes de l'incendie ; 1) que, dans l'après-midi du 24 décembre et vers quatre heures, trois Prussiens se sont présentés chez Dumuguet, gardien du château, dans la maison duquel se trouvaient alors avec lui sa femme et Gautier, leur voisin, avec ses enfants ; 2) que les Prussiens se firent conduire par Dumuguet et Gautier, à la cave du château, où ils s'emparèrent du vin —qu'après avoir bu copieusement, ils sortirent, et qu'échauffés par le vin, ils voulurent, à deux reprises différentes, se porter à des violences sur la femme de Dumuguet, qui parvint à s'enfuir — qu'ils rentrèrent ensuite dans, le château, sous prétexte de chercher un gant oublié, accompagnés seulement des enfants de Gautier — qu'ils montèrent au premier étage — qu'alors Dumuguet et Gautier, aussi maltraités par eux et craignant pour leur vie, s'enfuirent à leur tour avec les enfants. 3) que les trois Prussiens entrés dans le château y restèrent jusqu'à dix heures et demie — qu'avant de le quitter, ils se livrèrent dans tous les appartements à une dévastation complète, brisant avec leurs armes les meubles et les glaces — que, pendant qu'ils étaient au premier étage, une lumière fut aperçue dans l'une des chambres — que cette lumière s'apercevait encore à onze heures et demie, après leur départ. 5) que c'est vers six heures ou six heures et demie, qu'a éclaté l'incendie dans la chambre où la lumière avait été vue dans la soirée ; Attendu qu'il s'agit d'examiner si, au moyen de ces faits non contestés,la Compagnie prouve, comme elle doit le faire pour se soustraire au payement delà somme réclamée par Dubreuil, que l'incendie a été « occasionné par guerre, invasion, émeute, force militaire quelconque, » conformément aux termes de l'article 2, g 2, de la police ; — attendu que celte preuve est faite d'une manière satisfaisante ; — qu'en effet, le feu s'étant déclaré au premier étage, précisément dans la chambre où une lumière avait été aperçue pendant le séjour des Prussiens dans le château et après leur départ, l'incendie est évidemment leur fait, qu'il ait été le résultat de leur négligence ou de leur volonté ; - que, non seulement il n'est pas prouvé que quelqu'un des habitants soit monté au premier étage, mais qu'il est au contraire établi qu'aucun d'eux n'y est monté (...) " [5]

        Au final, l'assurance ne remboursa pas les dégats occasionnés...

     

    Photo ci-dessus extraite de https://seine76.fr/communes/popup_img.php?var_commune=SAINT_MACLOU_DE_FOLLEVILLE%20&%20var_img=img12

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de https://archives.cg27.fr/medias/customer_2/IR_PDF/FRAD027_034J.pdf

    [2] Extrait de « Les Églises de l’arrondissement de Dieppe, » t. II, p. 519." La Seine-Inférieure historique et archéologique : époques gauloise, romaine et franque... / par M. l'abbé Jean Benoît Désiré Cochet (1812-1875) – Éditeur (Paris) 1864.

    [3] Extrait de https://seine76.fr/communes/communes_result.php?var=SAINT-MACLOU-DE-FOLLEVILLE

    [4] Extrait du Guide du baigneur dans Dieppe et ses environs pour 1858 par par l'abbé Jean Benoît Désiré Cochet (1812-1875) Éditeur (Dieppe) 1858 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6522830g/f36.item.r=%22Saint-Maclou-de-Folleville%22.texteImage

    [5] Extrait de https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5408310v/f1120.image.r=%22Saint-Maclou-de-Folleville%22?rk=150215;2

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  • LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure) LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure) LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)

     

    Ci-dessus, cartes postales anciennes : à gauche, Romilly-sur-Andelle, une motte féodale doit se trouver quelque part à gauche au-dessus du village ; au centre la gare de Romilly, la butte des Sarrazins doit se situer là-haut sur le plateau ; à droite, la Côte des Deux-Amants.

     

           On trouve à Romilly-sur-Andelle, une motte féodale (que j'ai du mal à situer). De l'autre côté de la vallée, sur la commune d'Amfreville-sous-les-Monts, se situe une autre motte, la " butte des Sarrazins " (que j'ai également du mal à situer...).

         Si quelqu'un détient des informations plus précises sur ces deux sites...

         Non loin de là, une légende romanesque concerne la Côte des Deux-Amants. [NdB]

     

    L'Andelle :

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)     " C’est avec les invasions normandes que l’Andelle entre véritablement dans l’histoire. Charles le Chauve s’installe dans le domaine de Pitres de 861 à 869 pour organiser la résistance (...) Il entreprend de barrer la Seine à Pont-de-l’Arche et promulgue plusieurs capitulaires visant à réorganiser l’administration carolingienne pour la rendre apte à une défense efficace. Frontière naturelle, l’Andelle aurait pu être celle de la Normandie. Si les Normands ont réussi à gagner le plateau du Vexin et à atteindre l’Epte, le Vexin restera toutefois longtemps en litige entre le duc de Normandie et le roi de France, l’un tentant de conquérir le Vexin français (Guillaume le Conquérant est mortellement blessé à Mantes en 1087), l’autre de reconquérir le Vexin normand. Ce n’est qu’après la victoire d’Henri Ier sur Louis VI à Brémule en 1119 que le conflit se stabilise définitivement sur l’Epte. (...) Henri Ier avait fortifié Noyon (Charleval) à l’époque de la bataille de Brémule. Mais le château principal de l’époque ducale est celui de Radepont dont on peut encore apercevoir la motte. Richard Cœur-de-Lion aura d’ailleurs soin d’en renforcer les défenses en 1196, époque où il construit le Château-Gaillard : sans doute avait-il été quelque peu négligé tant que la guerre se situait sur l’Epte mais à cette date Jean-sans-terre a déjà cédé la frontière de l’Epte à Philippe-Auguste. (...) En 1204, après la conquête de la Normandie, Philippe-Auguste donne Pont-Saint-Pierre à un de ses fidèles, Aubert de Hangest. Sans doute considère-t-il encore avec intérêt l’importance stratégique du lieu mais, dans le cadre de la reconquête, la richesse de la seigneurie compte peut-être davantage. Car avec la paix la vallée se découvre une vocation économique. Elle va connaître une remarquable mise en valeur de l’important potentiel énergétique que représente la rivière. " [1] 

     

    Ci-dessus, carte de situation de l'Andelle extraite de https://www.association-patrimoines.fr/IMG/pdf/andelle_au_fil_de_l_eau.pdf

     

     LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure) LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure) LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)   LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)

     

    Ci-dessus, une carte extraite de Géoportail sur lequel sont mentionnés les sites évoqués ci-après. Blason de la commune de Romilly-sur-Andelle par Chatsam — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11792729

     

    Romilly-sur-Andelle :

     

         Du 7e au 11e siècles, " les terres de Romilly-sur-Andelle appartiennent soit au chapitre de la cathédrale de Rouen, soit à l’abbaye de Saint-Ouen. Elles sont extraites de ces domaines au milieu du 10e siècle pour arriver dans les mains de la famille de Tosny, très importante dans cette région. Par héritage et par alliance maritale, Guillaume Fils Ozbern en devient le propriétaire au 11e siècle. Vassal extrêmement influent du duc, étant l’un des principaux compagnons de Guillaume le Conquérant, il va, comme nombre de puissants, fonder son abbaye au sud d’Evreux, l’abbaye de Lyre. Il lui octroie beaucoup de terre pour son bon fonctionnement, dont celle de Pîtres, Romilly-sur-Andelle et Pont-Saint-Pierre. L’établissement bénédictin établie un prieuré à cet emplacement, nommé Saint-Crespin. " [2]

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure) LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure) LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)

     

         " Au 14e siècle, une période importante de construction a donné un manoir doté d'une tour escalier avec la chapelle à l'est, une grange dîmière (encore en élévation) et des annexes et des dépendances (cuisines, celliers, bassin, colombiers). Le prieuré aurait été abandonné en fin du 17e siècle ou au début du 18e siècle. Les fouilles se sont achevées en septembre 2007.

         Au début du 13e siècle, Aubert de Hangest était le seigneur de Romilly. Au 15e siècle, la seigneurie est passée à la famille de Rohan, puis de Roncherolles, de Bec-de-Lièvre, de Sublet et de Jubert. " [3]

     

          La motte de Romilly-sur-Andelle : peu d'informations au final concernant cette motte :

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)     " Motte.— Immédiatement au-dessus du premier tournant de la côte qui part de Romilly ou de Pont-Saint-Pierre pour monter à la Neuville-Champ-d'Oisel, à droite dans la côte, au-dessus du cimetière de Romilly et de cette localité, on voit au bord du bois et dominant la route une motte dont nous donnons le plan (fig. 7) ; elle est légèrement elleptique ; son grand axe mesure du Nord au Sud 40 mètres de longueur extérieure ; le petit axe 25 mètres seulement sur le côté O.-E. ; le dessus légèrement concave mesure 15 mètres sur 20 mètres avec des talus extérieurs de 1 m 50 le limitant ; des fossés ont 4 mètres de largeur à la base ; vers l'Ouest, le fossé est un peu comblé par un chemin d'accès ; le sommet de la butte domine en moyenne de 4 mètres le fond du fossé.

         Ainsi que nous l'avons dit précédemment, la butte de Romilly fait face à la butte des Sarrasins, située de l'autre côté de la vallée d'Andelle, à 500 mètres du château des Deux Amants. " [4]

     

    Ci-dessus, plan extrait de ce même article de Léon Coutil.

     

    Amfreville-sous-les-Monts

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)     " La Butte des Sarrazins. — A la limite des communes d'Amfreville et de Romilly, en face la gare de cette dernière commune et la dominant, on voit au bord du bois et de la déclivité de la vallée, une butte entourée d'un fossé de 8 mètres de largeur, qui s'atténue du côté de la vallée, ce côté formant un à pic très accusé de 45 degrés ; la butte a son sommet très peu convexe et de 15 à 20 mètres de diamètre. Dans la largeur du fossé on a creusé, en 1893, trois fosses de 2 mètres de long, 1 mètre de large et environ 1 m 50 à 1 m 80 de profondeur, sans rien trouver.

     

    Ci-dessus, relevé extrait de Les fortifications de terre médiévales de Haute-Normandie. Méthodes et premier bilan du PCR 2004-2008 Mediaeval earth fortifications in Upper Normandy: Methods and first report of PCR 2004-2008 - Anne-Marie Flambard Héricher, Gilles Deshayes, Daniel Étienne, Thomas Guérin, Bruno Lepeuple, Jimmy Mouchard et Aude Painchault - https://books.openedition.org/purh/6883

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)     A peu de distance se trouve la Mare Tuilerie, envahie par les herbes et les feuilles, et au bord de laquelle existaient des tuiles romaines : il se pourrait que ce soit une ancienne tuilerie romaine, comme dans la forêt de Montfort-sur-Risle. Les mottes dominant et défendant ordinairement des vieux chemins passant dans des vallons, on ne s'explique pas sa présence en cet endroit, où rien de semblable ne s'y trouve.

     

    Ci-dessus, un extrait du cadastre napoléonien de 1836, Archives de l'Eure, https://archives.eure.fr/ ; on y voit le site de l'ancien prieuré des Deux Amants et l'emplacement de la mare de la Tuilerie mentionnée ci-dessus. La butte des Sarrazins doit se situer quelque part par là.

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)     Nous ferons toutefois remarquer qu'elle fait face à la butte de Romilly située sur le versant opposé de la vallée d'Andelle, qui a la même forme, les mêmes dimensions, et commande la route des Andelys à Rouen par Romilly, la Neuville-Champ-d'Oisel et Boos. A partir de Romilly, cette vieille route était défendue par le Catelier de Pont-Saint-Pierre, et la Motte du Bourg, le Vieux Château d'Heuqueville, la motte (détruite) entre Noyers et Cuverville et la Butte du Châtel dans le vallon du Thuit et de Saint-Martin. Nous avons mentionné ailleurs les nombreux retranchements antiques jalonnant cette route, allant ensuite vers Gasny, Meulan, Poissy, Paris. " [4]

     

    Ci-dessus, une photo extraite d'un site néerlandais très complet et fort bien documenté sur les mottes en Europe dont celles de Normandie : http://www.basaarts.nl/vraagbaak.php

     

    " Amfreville-sous-les-Monts (Eure). La Côte des Deux Amants

            Le site domine de 120 m la vallée de l’Andelle, sur sa rive gauche, à proximité d’un château moderne attaché au même toponyme qui occupe l’angle du plateau, au-dessus de la confluence Seine-Eure-Andelle. Un tertre, placé au niveau de la rupture de pente, est isolé par un fossé de 10 m d’ouverture et 3,5 m de profondeur. La fortification, qui peut être qualifiée de motte, est d’envergure moyenne avec une élévation de 2,5 m par rapport au plateau et une plateforme de 16 m sur 17,5 m. Dans le fossé, trois sondages stériles de 1,5 m de profondeur avaient été réalisés par Léon Coutil avant 1895, leur observation permet de constater un remblai conséquent du fossé. Il n’existe aucune mention du site qui permette de le dater, mais l’évidente fonction de surveillance de la position tend à le rapprocher du château de Pont-Saint-Pierre, à 3 km de là. (Relevé et étude : Bruno Lepeuple.) " [7]  

     

         " Les sites relevés sont très divers. Néanmoins, un groupe se prête particulièrement bien à une lecture morphologique pour des raisons de conservation, ce sont les sites forestiers. À l’écart des labours et des zones habitées, les reliefs sont souvent très lisibles, uniformément érodés, et peu de remaniements sont décelables à la lecture des plans. À Amfreville-sous-les-Monts (27), une motte en tronc de cône a été isolée d’un éperon par un fossé en arc, la plateforme sommitale mesure 16 m de diamètre. Des sites comparables, au niveau de leur morphologie et de leur absence de lien avec l’habitat, ont été observés à Sainte-Geneviève-lès-Gasny (27), « Malassy » (daté de 1118), Le Thuit (27), « la Butte Castel », Vatteville-la-Rue (76), « la Butte de l’Écuyer ». À Corneville-sur-Risle (27), un tertre quadrangulaire et cratériforme ne trouve pas d’écho comparatif, les structures fossoyées adoptant la plupart du temps des plans courbes. À Dangu (27), trois enclos alignés et tangents dont la puissance des défenses va en décroissant, sont également sujets à ces difficultés de comparaison. Néanmoins, l’enceinte circulaire principale se rapproche d’exemples similaires, le « Château-Saussart » à Bazincourt-sur-Epte (27), « le Bois de Vieville » à Guiseniers (27). (...) " [5] 

     

    A proximité :

     

    La côte des Deux-Amants

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)     " La côte des Deux-Amants est site naturel classé. Elle accueille au sommet le château des Deux-Amants, à l'emplacement de l'ancien prieuré Sainte-Marie-Madeleine, dit des Deux-Amants. " [3]

     

    Ci-dessus, à droite, la Côte des Deux Amants par Giogo — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49483435

     

          Voir sur ce site ici.

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)

     

         " Marie de France poétesse du Moyen Âge évoque dans son Lai des deux amants la cité de Pîtres (Pistres) vers 1190 :

    Jadis advint en Normandie
    une aventure bien connue
    de deux jeunes gens qui s'entre-aimèrent,
    Par amour tous deux finirent.
    Un lai en firent les Bretons :
    Des deux Amants il reçu le nom.
    La vérité est qu'en Neustrie,
    Que nous appelons Normandie,
    sur un haut mont à merveille grand :
    Là dessus gisent les deux enfants
    Près de ce mont à part
    Par grand conseil et par égard
    Une cité fût faite par le roi
    qui était sire de Pîtres ;
    des Pistréiens il la fit nommer,
    et Pistres la fît appeler.
    de puis Toujours, a duré ce nom ;
    Il y a encore une ville et des maisons.
    Nous savons biens dans la contrée,
    comment le Val de Pistres. est nommé. "
    [3]

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure) LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure) LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)     " Au confluent de la Seine et de l'Andelle, dans le fond d'un vallon charmant, coupé de diverses cultures et semé de villages et de hameaux, parmi lesquels se distinguent les jolies fabriques d'Amfreville, s'élèvent deux monts presque jumeaux qui offrent un des plus beaux points de vue de la Normandie, nommés la Côte-des-deux-Amants.
    La tradition rapporte que sur le revers du petit coteau où s'étendent maintenant les domaines rustiques des habitants d'Amfreville, se déployaient autrefois les hautes murailles d'un puissant château dont les ruines ont depuis long-temps disparu. Là régnait quelque tyran dont depuis longtemps le nom est oublié. Les gens du pays racontent qu'il fut père de la plus belle des demoiselles, et qu'il avait attaché à la possession de sa main une condition dont les caprices féroces du pouvoir blasé expliquent à peine la bizarrerie. Le chevalier qui attirait les regards de la jeune châtelaine, et qui méritait son choix, ne devait obtenir le titre d'époux qu'après avoir emporté sa conquête du pied de la côte à son sommet.
          Il lui était prescril de parcourir, sous son précieux fardeau, tout le sentier rapide qui s'élance si audacieuscment vers le ciel, et de ne pas se reposer, de ne pas s'arrêter un moment. Rien n'étonne son courage, rien n'affaiblit sa résolution, ni les difficultés de l'entreprise la plus audacieuse, ni les timides refus de l'amour inquiet. Les juges de l'épreuve en attendaient le résultat au-dessus de la plate-forme du château, sous de superbes pavillons où était préparé l'autel, et où se disposaient les fêles brillantes de la cérémonie. Plein d'impatience et d'amour, l'époux que cette beauté avait choisi parmi la foule des prétendants, franchit l'espace avec une rapidité qui se ralentit à peine au moment où il allait toucher le but. Cependant on le vit chanceler, fléchir, tenter un dernier effort, parvenir à l'endroit désigné pour le terme de sa course, et puis chanceler encore, et tomber. Un murmure confus d'espoir, d'incertitude et de crainte, avait accompagné ses pas. Un cri de terreur s'éleva. Il était mort. L'amante ne lui survécut pas longtemps, et, suivant la touchante expression de Ducis, Lui mourut de fatigue, elle de sa douleur.
         Tous deux trouvèrent leur tombeau dans le lieu même où l'on venait de faire pour eux les apprêts d'une plus douce union. Puni de son extravagante cruauté par la perte de ce qu'il avait de plus cher, le vieux châtelain fit élever sur cet emplacement une chapelle funéraire, inutile monument de ses regrets.
         Quelques siècles après, cette chapelle était devenue un vaste moutier, qu'on appelait le Prieuré-des-deux-Amants. L'église de ce monastère a été détruite, mais la maison du prieuré, située dans une belle position, a été conservée ; elle était occupée naguère par une maison d'éducation. " [6]

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)

     

    A proximité :

     

    Sur le territoire d'Amfreville-sous-les-Monts :

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)     " Retranchement du bois de Câpre. — Au haut de la côte neuve d'Amfreville, immédiatement sur le bord et dominant la route, près des premières maisons du Plessis, et au bord du bois de Câpre, existe un retranchement composé de deux rectangles parallèles, séparés par un fossé de 10 à 12 mètres de largeur et d'environ 7 à 8 mètres de profondeur ; il entoure tout le premier ouvrage situé près de la route, mais pas le côté Ouest du second ouvrage Nord, moins important ; il mesure 60 mètres de longueur, tandis que l'autre ne mesure que 25 mètres de longueur sur 18 mètres, du Nord au Sud, sur 18 mètres de largeur de l'Ouest à l'Est, à l'intérieur ; les talus ont 2 mètres de largeur au sommet et 6 mètres de base, la partie centrale forme une légère cavité ; une mare existe sur le bord extérieur du fossé, à l'angle extrême Nord-Est. Nous donnons un nouveau plan et une coupe des fossés (fig. 4), le premier que nous avions donné n'étant pas assez exact. " [4]

     

    Ci-dessus, butte du Bois de Câpre au Plessis, hameau de Amfreville-sous-les-Monts, plan extrait de ce même article.

     

    " Amfreville-sous-les-Monts (Eure). Le Plessis, Le Bois du Câble

         Le site du « Bois du Câble » occupe un sommet de coteau qui domine la confluence Seine-Eure-Andelle. Une levée de terre de 6 m de hauteur et 128 m de longueur barre un éperon de 2,5 ha. Un fossé irrégulièrement conservé, de 25 m d’ouverture pour 4 m de profondeur au maximum, est intégralement comblé dans l’axe d’un percement récent du rempart. Aux extrémités, deux légers reliefs perpendiculaires suivent la ligne de rupture de pente sur une longueur de 25 m, ils ne réapparaissent pas sur le contour de l’éperon. Dans l’angle SE, tangente à la levée de terre, est placée une enceinte en quart de cercle de 25 m de rayon, au rempart de 2,5 m de hauteur et au fossé de 10,5 m d’ouverture. Au SO, une section comblée du fossé correspond à un accès vers l’intérieur. À l’intérieur, reliefs et nature du sol plaident en faveur de bâtiments adossés au rempart.

         La lecture du plan suggère une chronologie relative : un emboîtement de l’enceinte interne dans l’angle d’un puissant barrage. La datation du premier état reste problématique, une occupation liée à l’âge du fer a plusieurs fois été évoquée. Le cloisonnement de l’espace avec l’aménagement d’une enceinte sur tracé circulaire se rapproche de schémas fréquents au xie s. Il faut mentionner la présence, à 3 km, d’une enceinte similaire, celle de Pont-Saint-Pierre, liée à une seigneurie attestée au milieu du 11e s. (Relevé et étude : Bruno Lepeuple.) " [7]

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)     " Château de Canteloup (17e et 20e siècles). Il est construit vers 1610 pour Jacques II Hallé, sur un fief existant depuis le 12e siècle . Il est restauré à la suite d'un incendie subi le 24 avril 1910. " [3]

     

    A Pitres :

     

    LES REMPARTS DE ROMILLY-S/A.-AMFREVILLE-\LES-MONTS (Eure)     " D'abord agglomération gallo-romaine, puis résidence royale sous les Mérovingiens, palais et château fort sous les Carolingiens, Pîtres, connu par des ordonnances, par des conciles et par différents monuments d’histoire, n'a conservé de son ancienne splendeur que son église dédiée à Notre-Dame (10e siècle au plus tard). Pîtres devint sous Charles le Chauve, l'un des centres politiques majeurs de la Francie occidentale.

         La richesse archéologique de Pîtres et de ses alentours est considérable, des époques proto-historiques à l'époque médiévale.

         Un pont de bois a été construit sur la Seine et l'Eure à Pont-de-l'Arche vers 862, et protégé par deux forts, de part et d'autre. Ces défenses du règne de Charles II, dit Charles le Chauve, ont été décidées lors des plaids de Pîtres. Vers 869, le pont et les deux forts auraient été achevés.

         En 885, les Vikings remontant la Seine pour assiéger Paris furent momentanément arrêtés par le fort de Pîtres.

         Cependant, les Danois s'installent près de Pont-de-l'Arche, à très peu de distance en face de Pîtres, en un lieu attesté comme in portu Dancs ; Hasdans au 11e siècle, puis comme Asdans qui lors Arches appelée (Wace, 12e siècle), aujourd'hui Les Damps « les Danois ».

         La découverte remarquable d'une sépulture féminine viking à la Pierre Saint-Martin révèle que les Scandinaves se sont fixés, au moins temporairement, à cet endroit à la fin du 9e siècle. On y trouva notamment une paire de fibules en forme de tortues, caractéristiques de l'Est du monde nordique et qui sont entrées dans les collections du musée départemental des antiquités de Rouen. " [3]

     

         Un "bilan archéologique de Pitres" est consultable ici.

         Jusqu'à ce jour, on ignore où se trouvait précisément le palais-château carolingien...

     

         En remontant la vallée de l'Andelle, on trouve d'autres articles de ce blog sur les " remparts de Radepont " et les " remparts de Pont-Saint-Pierre ".

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de https://www.association-patrimoines.fr/IMG/pdf/andelle_au_fil_de_l_eau.pdf

    [2] Extrait de http://www.romilly-sur-andelle.fr/index.php/_minisite2_/display/Histoire%20de%20Romilly?idpage=1521&idmetacontenu=495

    [3] Extrait de Wikipédia

    [4] Extrait du Canton de Fleury-sur-Andelle in Bulletin de la Société préhistorique de France, tome 18, n°8, 1921. pp. 189-196 Par Léon Coutil ; https://doi.org/10.3406/bspf.1921.13297 https://www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_1921_num_18_8_13297

    [5] Extrait de Les fortifications de terre médiévales de Haute-Normandie. Méthodes et premier bilan du PCR 2004-2008 Mediaeval earth fortifications in Upper Normandy: Methods and first report of PCR 2004-2008 - Anne-Marie Flambard Héricher, Gilles Deshayes, Daniel Étienne, Thomas Guérin, Bruno Lepeuple, Jimmy Mouchard et Aude Painchault - https://books.openedition.org/purh/6883

    [6] Extrait du Guide pittoresque du voyageur en France : contenant la statistique et la description complète des quatre-vingt-six départements... Tome 1 par Eusèbe Girault de Saint-Fargeau (1799-1855) - Éditeur (Paris) 1838 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5726138w/f461.item.r=%22Amfreville-sous-les-Monts%22.texteImage

    [7] Extrait de Haute-Normandie. Étude microtopographique des fortifications de terre de Haute-Normandie - Responsable d’opération : Anne-Marie Flambard Héricher - Notice rédigée avec Bruno Lepeuple, Aude Painchault et Anne-Marie Flambard Hericher p. 301 https://journals.openedition.org/archeomed/20462

     

    Bonnes pages :

     

         Il existe moult variantes de la légende de la Côte des Deux-Amants :

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2019285/f157.item.r=%22Amfreville-sous-les-Monts%22.texteImage

    O http://pontdelarche.over-blog.com/2017/09/la-cote-des-deux-amants-reecriture-de-la-legende.html

    O https://www.cdcla.fr/index.php/_minisite2_/display?idpage=1523&idmetacontenu=497

    O http://histoireduvaldepitres.blogspot.com/2017/05/la-legende-des-deux-amants.html

    O http://la.piterne.free.fr/textes/a019.html

    O https://iletaitunetarte.wordpress.com/2011/08/16/la-legende-des-deux-amants/

    O http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article7796

    O http://bibnum.enc.sorbonne.fr/omeka/files/original/796aaaf2efa33ef31f2e5d3a1b4a7ce8.pdf

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    1 commentaire
  • LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche) LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche) LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche)

     

    Ci-dessus : à gauche, une photo extraite de https://www.justacote.com/orglandes-50390/hotel-et-autre-hebergement/gite-manoir-de-la-hougue-2498674.htm ; au centre, une photo extraite de https://www.manchetourisme.com/gites-de-france-g93-manoir-de-la-hougue-a-orglandes/hlonor050v505qhd ; à droite, une photo extraite de http://www.dans-la-manche.fr/lieux/orglandes/manoir-de-la-hougue,546

     

          Le manoir de la Hougue à Orglandes (16e-17e s) a succédé à un château-fort qui appartint à une famille portant ce même nom.

     

         " Le manoir aurait remplacé l'ancienne forteresse des seigneurs de la baronnie d'Orglandes, dont les douves qui subsistent en seraient les vestiges. (Du côté de l'étang, on discerne encore le tracé des douves qui entouraient le manoir).


    LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche)     Le manoir de la Hougue serait entré vers la fin du 12e s. début 14e siècle, en possession de la famille Tilly. En 1611, la Hougue passe en héritage à la famille de Mons qui, au 18e siècle, laisse la propriété en fermage. " [1]

     

     

    Blason de la famille de Mons https://www.wikimanche.fr/Blason_des_Mons

     

     

    LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche)    LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche)

     

    Plan de situation du manoir de la Hougue à Orglandes ; blason de la famille d'Orglandes par Ster3oPro — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43668315

     

    Charles de Gerville, 1824 :

     

    LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche)     " ORGLANDES. Un seigneur d'Orglandes (on écrivait jadis Oglandres) était à la conquête d'Angleterre, en 1066 ; il reçut dans ce royaume des concessions considérables dans différents comtés, et surtout dans l'île de Wight, où, depuis 750 ans, sa postérité a conservé sans interruption le manoir de Nunwell.

     

    Ci-dessus, une photo extraite du site https://www.gites-de-france-manche.com/location-vacances-Gite-a-Orglandes-Manche-50G93.html

     

         Cette famille a l'avantage rare de s'être conservée en France et en Angleterre, depuis l'époque mémorable et reculée de la conquête, et d'avoir joui dans ces deux pays d'une considération qui n'a jamais cessé. Sir William Oglantler de Nunwell, dans l'île de Wight et de Parnham, dans le comté de Dorset, appartient å une des plus anciennes familles d'Angleterre, et la branche française n'a pas été moins considérable.

         Du berceau de ses ancêtres, après y avoir résidé longtemps, après avoir possédé beaucoup de seigneuries dans le Cotentin, elle a passé au château de Putot, d'où elle est allée s'établir dans le département de l'Orne. Le marquis d'Orglandes, chef de la branche française, est membre de la chambre des députés.

         Les détails généalogiques de cette famille sont très satisfaisants en France et en Angleterre ; ces détails seraient trop longs ici. Je vous ai indiqué, dans une note au bas de cette page, les lieux où ils se trouvent.

     

    LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche)     Je reviens å l'indícation du lieu où fut autrefois le château d'Orglandes. L'emplacement de ce château est à peine soupçonné par les habitants de la paroisse, encore qu'il soit tout près de l'église, et que tout le monde le connaisse, mais sans se douter quel en fut l'usage ; il se nomme la Hougue : ce mot d'origine saxonne, a la signification de notre mot tertre ou hauteur ; il est situé sur une terre qui forme le dernier débris d'une grande seigneurie. 

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1828, Archives de la Manche - https://www.archives-manche.fr/

     

         Dumoulin, dans son histoire de Normandie (Dumoulin, p. 255 , d'après...), cite le château d'Orglandes parmi ceux que Henri, comte de Cotentin, fils cadet de Guillaume le Conquérant, fit fortifier, en 1090, et dont ses frères ne tardèrent pas à le dépouiller.

         Le château d'Orglandes fut habité jusque dans le 16e siècle, par la famille qui en portait le nom. Depuis ce temps, des alliances l'ont fait passer dans différentes familles, et surtout dans celle des seigneurs d'Amfreville, qui, peu d'années avant la révolution, vendirent la terre de la Hougue d'Orglandes, faible reste d'un domaine jadis très étendu. Les propriétaires actuels se doutent à peine qu'ils possèdent l'emplacement, le tertre et les fossés d'un château dont il est parlé dans l'histoire de l'11e siècle.

         Je n'ai trouvé le nom d'Orglandes sur aucune des listes de la conquête d'Anglelerre : il est cependant incontestable que Richard d'Orglandes était à cette expédition, et qu'il aida Guillaume Fitzosbern à réduire l'île de Wight, où il obtint des concessions.

         Dans le cartulaire du monastère de Saint Sauveur le Vicomte (p. 59), se trouve le nom de Jourdain d'Orglandes, signé à une donation du 12e siècle, faite à cette abbaye, et confirmée par Guillaume de Vernon, seigneur d'Orglandes. Les possesseurs de la seigneurie d'Orglandes figurent souvent dans le cartulaire de Montebourg. La duchesse de Nemours, baronne de Briquebec, en 1694, prenait le titre de baronne d'Orglandes : c'était à cause de ses possessions de Néhou, dont j'ai parlé plus haut.

     

    LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche)     Les armes des anciens d'Orglandes étaient d'hermines, avec trois losanges de gueules, avec la devise candore et ardore.

         Nicolas d'Orglandes, fils de Jacques, qui vivait vers 1540, est le dernier de ce nom qui ait possédé la seigneurie de cette paroisse. " [2] 

     

    Blason de la famille d'Orglandes par Ster3oPro — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43668315

     

    1874 :

     

    LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche)     " Lorsqu'à la fin du 13e siècle, la baronnie de Néhou tomba en quenouille, on a vu que les trois filles de Guillaume de Vernon, le dernier de la branche des Reviers Vernon, se la partagèrent ; mais chacune d'elles voulant conserver le mème titre que leur père, firent de Néhou trois baronnies ; Orglandes, une de ces trois baronnies, échut à Jeanne de Vernon, qui la porta dans la famille de Brucourt, par son mariage avec Guillaume de Brucourt. Cette baronnie passa successivement des mains des de Brucourt a la famille de Douessey, puis à messire François de Bourbon, comte de Saint-Pol, aux d'Orléans-Longueville, et au maréchal de Matignon, qui la posséda jusqu'à la Révolution.

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Brucourt par Chatsam — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24862031 

     

    LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche)     Henri V, roi d'Angleterre, concède, pendant l'occupation de la Normandie, à Jean de Robessart, chevalier et banneret, la terre d'Orglandes, qui avait appartenu à Jean de Brucourt, absent et insoumis, à la charge d'apporter chaque année, à la Saint-Jean, au château de Carentan, une épée et de tenir prêts un homme d'armes et deux archers à cheval (Depontemaud, Histoire de Carentan, p.100).

     

    Ci-dessus, une photo extraite de https://www.manchetourisme.com/gites-de-france-g93-manoir-de-la-hougue-a-orglandes/hlonor050v505qhd

     

         Dans un aveu de la baronnie d'Orglandes, de 1454, on lit :

    " ltem, toutes et quanteffois que aucun de mes hommes du siège de Goué se marient, ilz, entre autre choses, me doivent ung gasteau du pris de cinq solz tournois ou cinq solz pour ycellui " (L. Delisle, Etude sur les classes agricoles, page 73).

         En 1493, Jean d'Orglandes, écuyer, sieur de Prétot, de Gaillarbois et de Noyon-sur-Andelle, était maistre enquesteur et général réformateur des eaux et forêts de Normandie et de Picardie.

         Le chateau d'Orglandes fut habité jusque dans le 16e siècle par la famille qui en portait le nom, et dont les armoiries étaient d'hermines avec trois lozanges de gueules et la devise condore et ardore

     

    LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche)     L'emplacement de ce château se nomme la Hougue, mot d'origine saxonne qui signifie tertre, hauteur, il était entouré de fossés. Le dernier de la famille d'Orglandes qui l'a possédé fut Nicolas d'Orglandes. Suivant Masseville, le baron d'Orglandes avait droit de séance à l'échiquier de Normandie.

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         Les guerres de la Ligue produisirent un profond désordre dans le Cotentin ; à Orglandes, notamment, la dévastation fut si grande et la ruine des familles si entière que Marie de Bourbon, duchesse de Longueville, par acte passé devant les tabellions de Bricquebec, le 25 septembre 1594, abandonne aux habitants d`Orglandes les deux tiers de ses marais de Néhou.

          La paroisse d'Orglandes dépendait de l'intendance de Caen, de l'élection de Valognes, et de le sergenterie de Pont-l'Abbé.

         Masseville lui comptait 130 feux, Dumoulin 143 et Expilly 646 habitants. En 1871, elle en a 634. " [3]

     

    Propriétaires successifs (avec incertitude ?) :

     

         11e famille d'Orglandes

         12e famille de Tilly

         13e famille de Brucourt

          famille de Douessay

          famille de Bourbon-Saint-Pol

         16e famille d'Orléans-Longueville

          famille de Matignon

         17e famille de Mons

     

    A proximité :

    LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche) LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche) LES REMPARTS D'ORGLANDES (Manche)

     

     Ci-dessus : le bas-relief du tympan méridional de l'église Notre-Dame d'Orglandes par Xfigpower — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17333264

     

         " Notre-Dame d'Orglandes, église qui conserve quelques vestiges romans comme un tympan sculpté en méplat qui représente un Christ en Majesté daté du 12e siècle ; l'édifice possède également des éléments dans la nef et le chœur du 15e L'église fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis décembre 1971. " [4]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de http://www.chantony.fr/patrimoine_et_histoire/50_orglandes_03_manoir_hougue.html

    [2] Extrait du Mémoire sur les anciens châteaux du département de la Manche par M de Gerville, in Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie p. 177 - Mancel (Caen) Ponthieu et Delaunay (Paris) 1824 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k200040r/f424.item_r=M%C3%A9moires%20de%20 https://books.google.fr/books?id=5jhOAQAAIAAJ&pg=PA302&lpg=PA302&dq=Orglandes+Hougues&source=bl&ots=2OKd_J5-29&sig=ACfU3U2cc5Yb2hDf8thrtwVIp4oY4sn37w&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwial96g69boAhVB8hQKHd1AAP44MhDoATABegQICxAx#v=onepage&q=Orglandes%20Hougues&f=false

    [3] Extrait de l'Annuaire du département de la Manche année 1874 p 6, 1875 p191, 1876 p 355 in http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?articie11989 "

    [4] Extrait de Wikipédia

     

    Bonnes pages :

     

    O http://www.chantony.fr/patrimoine_et_histoire/50_orglandes_03_manoir_hougue.html

         Sur la famille d'Orglandes voir ici.

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  •       On trouve sur le territoire de Saint-Jean-le-Blanc, près du hameau de Marsangle, une motte féodale signalée en 1825 par Arcisse de Caumont.

     

    Arcisse de Caumont :

     

    LES REMPARTS DE SAINT-JEAN-LE-BLANC (Calvados)     " J'ai visité, en 1825, à 2 kilomètres au Sud de l'église, sur la rive gauche de la rivière venant de Danvou et non loin du ruisseau qui sépare Saint-Jean-le-Blanc de Lesnault, une motte entourée de fossés et couverte de bois. Cet emplacement d'un très ancien château est en forme d'ovale allongé. Je l'ai cité dans le cinquième volume de mon Cours d'antiquités. " [1]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE SAINT-JEAN-LE-BLANC (Calvados)    LES REMPARTS DE SAINT-JEAN-LE-BLANC (Calvados)

     

    Plan de situation de la motte de Saint-Jean-le-Blanc : en pointillés, j'ai situé la zone où se trouverait cette motte féodale ; blason du département du Calvados extrait de https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_d%C3%A9partement_fr_Calvados.svg

     

    Notice historique sur Saint-Jean-le-Blanc par Lemonnier, (1846) :  


    LES REMPARTS DE SAINT-JEAN-LE-BLANC (Calvados)     " Saint-Jean-le-Blanc est une ancienne commune des plus considérables du canton de Condé-sur-Noireau. Elle se trouve dans l'arrondissement de Vire, entre Condé-sur-Noireau, Vassy et Aunay. Elle est bornée, presque partout, par une rivière et des ruisseaux ; au midi, par la Druance et le ruisseau d'Halgré qui la partage de Lassy et de Saint-Vigor-des-Mézerets ; au levant, par le ruisseau des Vaux, qui la partage de l'Enault et du Plessis, et au couchant, par le ruisseau d'Acre, qui la sépare de Danvou.

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1825 montrant l'emplacement d'anciennes fortifications, Archives du Calvados - https://archives.calvados.fr/

     

         Son étendue est de 8 kilomètres du Nord au Sud, et de 4 kilomètres du levant au couchant. Vingt-quatre villages sont disséminés sur ce vaste territoire. Elle est côtoyée et bornée au midi, par la Druance, petite rivière qui tire son nom des druides, dont l'habitation (connue encore aujourd'hui sous le nom de Château des Druides), était voisine de sa source qu'elle prend dans le bois du Parc-Huet, au midi de l'église de la Ferrière-Duval, sur le territoire de Montchauvet. Le petit ruisseau de Tortonne l'arrose aussi en la traversant du levant au couchant.
         Il existe des traditions qui semblent insinuer que cette commune était habitée sous la domination romaine. Près de l'église, au couchant, un champ s'appelle le Champ de la ville, et les laboureurs disent aussi qu'il y eut une ville à Saint-Jean-le-Blanc. Peut-être sous la domination des Romains, y eut-il, près de l'église, un palais ou villa d'été, destiné à un chef ou commandant qui dominait sur tout le pays. Quoiqu'il en soit, pendant le moyen-âge, l'un des braves compagnons de Rollon jeta les fondements d'un château au Sud-Est de l'église. Son emplacement s'appelle encore les Trois-Châteaux. Il était situé au N.-O. du village de Marsengle, sur un cap ou promontoire formé, par la jonction de deux vallées. Ces excavations naturelles défendaient l'accès de cette forteresse, de deux côtés, au N. et au S. ; et, l'on pouvait d'ailleurs rendre cet accès plus difficile encore, en arrêtant au moyen de digues, la rivière de la Druance et un petit ruisseau qui coulent au fond des ravins, de manière à transformer en pièces d'eau ces deux vallées entières.


    LES REMPARTS DE SAINT-JEAN-LE-BLANC (Calvados)     Ce château devait se composer d'une tour carrée ou donjon, reposant sur une motte, en partie naturelle, en partie artificielle. Un fossé formait un cercle à la base de cette éminence, et l'isolait en quelque sorte de la cour, au centre de laquelle elle était placée. Dans cette cour, se trouvaient des constructions qui servaient soit de magasins ou d'écuries, soit de logements pour les gens du seigneur. La cour, qui était un ovale allongé, était garnie de pièces de bois enfoncées en terre et serrées les unes, contre les autres de manière à former une espèce de mur. Au delà de cette palissade existait un fossé profond ; le donjon, ou tour carrée, était construit en bois, plus ou moins élevé, divisé en plusieurs étages, et du haut duquel on découvrait une étendue de pays assez considérable. Le commandant de la place habitait dans cette citadelle.

     

    Ci-dessus : photo de la motte de Saint-Jean-le-Blanc extraite d'un site néerlandais très complet et fort bien documenté sur les mottes en Europe dont celles de Normandie : http://www.basaarts.nl/vraagbaak.php

     

         Voilà en peu de mots la reconstruction de cette forteresse telle qu'elle a dû exister dans le dixième siècle.
         Parmi les Seigneurs qui accompagnèrent, en 1066, Guillaume, duc de Normandie, à la conquête de l'Angleterre, on remarquait celui de Saint-Jean-le-Blanc et Robert de Marsengle. Ce dernier seigneur accompagna aussi, en 1096, Robert, duc de Normandie, à la première croisade. Dans le même siècle, la majeure partie du territoire appartenait aux Barons du Plessis. Après la révolte de Grimoult qui s'unit aux Barons Normands, en 1047, pour détrôner Guillaume-le-Conquérant, ses biens et son château furent confisqués. En 1074, Guillaume-le-Conquérant donna à Odon, évêque de Bayeux, son frère utérin, la terre du Plessis, pour lui et les évêques de Bayeux ses successeurs. Ce prélat en fonda sept prébendes pour sa cathédrale, la première fut celle de St-Jean-le-Blanc. En 1153, Philippe, évêque de Bayeux, donna aux chanoines du Plessis la prébende de Saint-Jean-le-Blanc. Ainsi, il est incontestable que cette localité était habitée dès le milieu du 12e siècle. Celte prébende était attachée au titre de Prieur du Plessis, qui en était curé. Selon la tradition, ce n'était, dans l'origine, qu'une chapelle sous l'invocation de Saint-Jean-Baptiste. Les moines du Plessis y célébraient l'office les dimanches et les fêtes. Comme ces religieux, de l'ordre de Saint-Augustin, portaient continuellement un rochet blanc sur leur soutane blanche, on appela cette chapelle St-Jean-le-Blanc, du nom du Saint, sous l'invocation duquel elle fut dédiée et de la couleur de l'habit des religieux qui la desservaient. (...)
         Un siècle s'était à peine écoulé depuis la donation de cette prébende de Saint-Jean-le-Blanc aux religieux du Plessis et la fondation de l'église paroissiale : la fin du 12e siècle fut signalée par une nouvelle preuve de libéralité envers ces religieux.
         En 1174 Richard du Hommet, connétable du roi d'Angleterre, donne à Guillaume de Méheudin, son homme et son écuyer, la terre de Crépigny et ses dépendances, située sur le territoire de Saint-Jean-le-Blanc. Guillaume de Méheudin donna dans la suite cette même terre, ainsi que celle du Kaisnel, aux religieux du Plessis, donation qui fut confirmée par Henri II, évêque de Bayeux, à la fin du 12e siècle.
         Nous avons vu l'origine du château de Marsengle, nous l'avons même reconstruit par la pensée, constatons maintenant l'époque de la destruction. Qu'il nous soit permis de présenter à cet égard quelques conjectures que semblent autoriser l'histoire et la tradition. Nous pensons que cette forteresse, fut détruite par les Anglais, vers la moitié du 14e siècle, soit en 1346, où Edouard III ravagea la Basse-Normandie, soit en 1356, où ces insulaires firent une seconde descente, pillèrent notre contrée et la mirent à feu et à sang. C'était du côté du couchant seulement qu'on pouvait se rendre maître de cette forteresse et c'est précisément là que se trouve une éminence appelée la Butte à l'Anglais, lieu où les Anglais vinrent camper lorsqu'ils assiégèrent la forteresse de Marsengle.
          On voit encore les traces des fossés ou remparts de cette habitation féodale : plusieurs noms significatifs se sont aussi conservés : le promontoire où s'élevait le château s'appelle encore les
    Trois Châteaux ; la Porte du Château, les Fossés, le Puits du Château, la Butte à l'Anglais, et le Pré du Déluge, nous offrent une source de documents très précieux. Après la destruction de ce château fort, la féodalité continua d'exercer son empire dans ce village.
         En 1388, Blanche de Navarre, veuve de Philippe de Valois, roi de France, avait droit de péage sur le pont de Marsengle. (...)


    LES REMPARTS DE SAINT-JEAN-LE-BLANC (Calvados) LES REMPARTS DE SAINT-JEAN-LE-BLANC (Calvados)    Non loin du promontoire, où s'éleva jadis la forteresse de Marsengle, un tabellion fonda une chapelle, à la fin du 17e siècle.
         La chapelle de Marsengle s'élève au fond d'un vallon frais et gracieux. Sur le mur méridional on lit cette inscription : Par Me Sébire, 1685.

     

    Ci-dessus, à droite, une photo de la chapelle de Marsangle extraite de http://tourisme.aidewindows.net/saint-jean-le-blanc.htm

     

         Etienne Sébire, dit la tradition, était tabellion à Lénault. Ayant été trompé en recevant un acte de vente, il fut traduit, comme faussaire, devant le parlement de Rouen, et sur le point d'être Condamné injustement à mort. Dans cette extrémité, il fit voeu de bâtir une chapelle en l'honneur de la Sainte Vierge, s'il échappait à la mort. Bientôt, son innocence fut reconnue, et il fonda Notre-Dame de Marsengle.
    La statue de la Sainte Vierge, qui est l'objet d'une vénération particulière, occupe une petite niche, à droite de l'autel, au midi. Elle est faite d'un bloc calcaire. La mère de Dieu est représentée avec l'empreinte d'une douleur profonde et tient entre ses bras son divin Fils, qu'on vient de descendre de la Croix. On reconnaît, en la voyant, l'oeuvre d'un sculpteur habile, et les connaisseurs admirent surtout le Christ mort, que sa sainte mère tient entre ses bras. (...) " [2]
     

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de la statistique monumentale du Calvados, Tome 3 par A de Caumont, p.36.

    [2] Extrait de « Au Pays Virois » Revue locale historique, artistique, scientifique et littéraire. Janvier-Février 1928.Notice historique sur Saint-Jean-le-Blanc par Lemonnier, instituteur à Saint-Jean-le-Blanc (1846)http://terresdedruance.free.fr/communes_deleguees/stjean/histoire.htm

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