• LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne) LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne) LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)

     

    Ci-dessus, cartes postales anciennes : à gauche, le manoir de la Moussetière à Boissy-Maugis ; au centre, le manoir des Perrignes à Saint-Maurice-sur-Huisne ; à droite, le château de Maison-Maugis.

     

          Cour-Maugis-sur-Huisne est une commune située dans le département de l'Orne créée le 1er janvier 2016 par la fusion de quatre communes : Boissy-Maugis, Courcerault, Maison-Maugis et Saint-Maurice-sur-Huisne.

         On trouve plusieurs monuments sur ce territoire, entre autres :

    - 1. Le manoir de la Moussetière à Boissy-Maugis

    - 2. Le manoir des Perrignes à St-Maurice-sur-Huisne

    - 3. Le château de Maison-Maugis à Maison-Maugis. [NdB]

     

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    Ci-dessus : à gauche, une photo extraite de https://mapio.net/pic/p-49113349/ ; au centre, une photo extraite de http://le-tourisme-dans-le-perche.e-monsite.com/pages/les-principaux-lieux-de-visites/6-d-autres-lieux-incontournables.html ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    1. Le manoir de la Moussetière à Boissy-Maugis

     

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     Le manoir de la Moussetière (on trouve parfois Mouchetière) à Boissy-Maugis, avec ses deux tours d’angle en poivrière et sa double porte monumentale à créneaux, a été construit au début du 16e siècle et fortifié vers 1560. Protégé par un long mur d'enceinte, clos et isolé de l’ancienne cour de ferme, le jardin d’inspiration Renaissance, a été créé dans la haute cour par l’architecte-paysagiste Alain Richert. [NdB]

     

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     " Le monument est situé dans le département français de l'Orne, à 500 m au nord du bourg de Boissy-Maugis, ancienne commune intégrée depuis 2016 au territoire de la commune nouvelle de Cour-Maugis sur Huisne. " [1]

     

    Ci-dessus, à gauche, plan extrait du cadastre napoléonien de 1826, Archives de l'Orne, http://archives.orne.fr/

     

         " Par sa position stratégique, la Moussetière est fortifiée pendant les Guerres de religion. Le premier propriétaire connu est de la famille de Boyères (1497). " [2] 

     

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    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)   LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)

     

    Plan de situation du manoir de la Moussetière à Boissy-Maugis ; blason de la commune de Boissy-Maugis https://www.heraldry-wiki.com/heraldrywiki/images/3/32/Boissy-Maugis.jpg

     

    Description

     

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     " Bâti à mi-pente d’une colline, surplombant les vallées de l’Huisne et de la Commeauche, ce manoir fortifié édifié au 15ème et 16ème siècle occupe une position stratégique, faisant de lui une sentinelle. " [3]

     

         " Le manoir se réduit à un corps de bâtiment ouvert d'une fenêtre Renaissance sur la façade principale, et accosté d'une tour d'escalier sur la façade arrière. Il est prolongé par un petit bâtiment plus récent. " [4] 

     

    Ci-dessus, une photo extraite de https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/07/Manoir_de_la_Mousseti%C3%A8re.jpg

     

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     "... c'est à la curieuse gentilhommière de la Mouchetière, que nous faisons notre première halte.
         Au dehors, cette gentilhommière se présente avec tout l'aspect d'un château féodal en miniature, et l'on sent chez le constructeur la préoccupation d'en faire au besoin un lieu de défense. La cour cariée est entourée de hautes murailles encore crénelées par parties, flanquées aux quatre angles de tours à étroites meurtrières. Le logis ne comporta, plus actuellement qu'un pavillon assez insignifiant datant approximativement du 16e siècle. A l'intérieur, il a conservé ses cheminées primitives, des portes et quelques boiseries de l'époque. L'histoire de la Mouchetière, que les gens du pays s'imaginent avoir été un monastère de filles, dont l'existence est constatée à Boissy, ne présente rien de saillant. C'était un simple fief longtemps possédé par la famille des Brizard, qui furent également seigneurs des Perrignes. "
    [5] 

     

    Ci-dessus, une photo extraite de http://trip-suggest.com/france/basse-normandie/boissy-maugis/

     

    Protection :


          " Façades et toitures ainsi que le mur d'enceinte du manoir (cad. I 98) : inscription par arrêté du 10 avril 1980. " [4]

     

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    2. Le manoir des Perrignes à Saint-Maurice-sur-Huisne

     

         " Le manoir des Perrignes est un monument historique situé sur le territoire de la commune de Saint-Maurice-sur-Huisne, dans l’Orne " [1]

         " Le manoir des Perrignes s’inscrit dans un site particulièrement attractif, niché dans un vallon formé par l’Huisne. " [4]

     

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    Plan de situation du manoir des Perrignes ; blason de la famille Louël de la Vove - de sable à six besoins d'argent - extrait de https://gw.geneanet.org/fgautier1?lang=en&pz=francois&nz=gautier&p=galleran&n=louet+de+la+vove 

     

    Histoire

     

         " Macé Louel acquiert Perrignes en 1455..." [1]

     

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     " Macé Louel, qui tenait le fief de Perrignes, fit élever la tour actuelle formant retour d'équerre. Au siècle suivant (vers 1560), la famille Brisart (qui eut de nombreuses possessions dans le Perche, notamment la seigneurie de Bizou, de Sérigny au 16e siècle, au 17e siècle, le fief d’Yversay en Saint-Maurice-sur-Huisne et la Moussetière en Boisy-Maugis [7]) construisit le logis. De profonds remaniements eurent lieu au 17e siècle : construction de la chapelle en 1623 (Charles Brisart fondait, le 18 septembre 1623, une chapelle au manoir des Perrignes [7]), création sur le logis d'un imposant toit en pavillon avec souche de cheminée caractéristique de cette époque. " [4]

     

    Ci-dessus, blason de la famille Louël de la Vove - de sable à six besoins d'argent - extrait de https://gw.geneanet.org/fgautier1?lang=en&pz=francois&nz=gautier&p=galleran&n=louet+de+la+vove

     

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     " Le fief des Perrignes relevait de la châtellenie de Villeray, tout comme le moulin et fief d’Yversay en Saint-Maurice que Charles Brisart acheta en 1574. » [7]

     

         " Henry-Joachim de Chevessailles, qui comparut en 1789 parmi les nobles du Perche, en hérita au 18e siècle. " [1]

     

         " En 1826, la propriété des Perrignes se trouva démembrée par suite de difficultés successorales. Un imposant colombier, aujourd'hui aménagé en habitation, rappelle l'importance du fief des Perrignes sous l'Ancien Régime. " [4] 

     

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    Ci-dessus : à gauche et au centre, photos extraites de http://www.lesamisdelaigle.com/?p=411

     

    Description

     

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     « La gentilhommière des Perrignes est posée à ravir sur un coteau dominant un des plus jolies sites de la vallées de l’Huisne » extrait de la Normandie monumental et pittoresque (1896)

         Descendant de la route de Colonard vers Boissy-Maugis, l’imposant colombier, converti depuis longtemps en habitation, se dresse en avant-garde, tandis que le manoir lui-même est complétement enfoui dans la verdure. Il se compose d’un vaste corps de logis, terminé d’un bout par une toiture en pavillon, avec en retour d’équerre, un ancien donjon carré garni de quelques meurtrières. A l’autre extrémité, se trouve un autre petit pavillon et l’ancienne chapelle qui ont été enjolivés de deux tourelles à toits pointus venus les accoster depuis le début du 20e siècle seulement. " [7]

     

         " Un intéressant plan du 18e siècle nous restitue avec précision chaque partie du manoir et ses plans de circulation par rapport au parterre à la française et à la cour où se trouvaient les bâtiments de communs. " [4]

     

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    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)      " Sur le coteau qui domine l'autre pente de la vallée, le joli manoir des Perrignes, malencontreusement barbouillé de granité rose. Rebâti au 16e siècle par la famille de la Vove, il remplaçait un castel plus ancien, possédé au début du 15e siècle par Robin Louait, sire des Perrignes (Comte de Moucheron. Les Perrignes. La Normandie monumentale (Orne), tome II, page 302.). Il fut acheté, en 1455, par Macé Louit, dont les descendants l'habitèrent jusqu'au milieu du 16e siècle, où il passa dans la maison de la Vove, puis au 17e siècle dans celle des Brisard, dont un membre, l'abbé Brisard, conseiller de grand chambre au Parlement de Paris, le revendit en 1698, à une branche de la famille de Chevesailles, qui en a pris le nom et l'a possédé jusqu'en ces dernières années.

    Ci-dessus, blason de la famille de Brisard ou Brisart - d'or, à la fasce d'azur, surmontée de deux étoiles de gueules – par Gilloudifs.

     

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    Ci-dessus : au centre, plan extrait du cadastre napoléonien de 1826, Archives de l'Orne, http://archives.orne.fr/ ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     On y remarque la grosse tour du colombier, un pavillon carré garni de meurtrières, des salles basses voûtées, dont l'une renfermait la chapelle Saint-Louis (Pouillé du diocèse de Sées. Capella Manerii des Perrignes in parochia Sancti Mauritii super Huinam.). Cette chapelle avait été fondée par contrat passé devant les tabellions de Sées, le 18 septembre 1623 (Archives de l'Evéché de Sées.). " [5]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Chevesailles extrait de http://www.blason-armoiries.org/heraldique/tables-heraldiques/pieces/honorables/chevron/1/accompagne/chevron-1-accompagnee-3-etoiles.htm

     

    " Les Perrignes

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     On ne peut guère donner le nom de château à cette charmante gentilhommière posée à ravir sur un coteau dominant un des plus jolis sites de la vallée de l'Huisne. Bâtie au 16e siècle par les seigneurs de la Vove, sa fondation remonte à peu près, cependant, à l'an 1400. A cette époque, le propriétaire s'appelait Robin Lonait-Laisné, seigneur des Perrignes. Vers 1400, Messire Macé Louit en fit l'acquisition ; ses descendants l'habitèrent jusqu'au milieu du 16e siècle. Ce domaine resta toujours dans des proportions modestes et appartint longtemps, au commencement du dernier siècle, à l'abbé Brisard, conseiller de la grande Chambre du Parlement de Paris, et abbé commendataire de l'abbaye de Saint-Prix, au diocèse de Noyon. Il passa ensuite à la famille de Chevesailles, mais se trouve aujourd'hui divisé entre cinq ou six propriétaires. On y remarque une jolie tour carrée, renfermant la chapelle, et un colombier féodal assez important.

     

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)On voit aussi, à dix mètres au-dessus du niveau de la rivière, une source très abondante et dont l'eau claire est excellente. Les gentilhommières sont très répandues dans cette partie de l'Orne ; elles étaient habitées par de petits hobereaux ou d'opulents paysans ; car le caractère percheron a paru répugner de tout temps à la grande ambition. Seigneurs et manants se contentaient d'une modeste aisance et ne faisaient que des efforts limités pour en sortir. N'ayant jamais connu la misere, ils n'avaient point la soif insatiable des parvenus et n'allaient guère tenter la fortune hors de leur pays qu'ils aimaient... » Article du comte de Moucheron [8]

     

    Protection

     

         " Les façades et les toitures, ainsi que l'escalier du logis ; les façades et les toitures du colombier ; le jardin et ses murs de clôture (cad. A 158, 159, 161, 163, lieudit Les Perrignes, 162, lieudit Château des Perrignes) : inscription par arrêté du 24 novembre 1998. " [4]

     

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    3. Le château de Maison-Maugis à Maison-Maugis

     

         " Le château de Maison-Maugis est un édifice situé à Cour-Maugis sur Huisne, en France. Le monument est situé dans le département français de l'Orne, au sud du bourg de Maison-Maugis, commune intégrée à la commune nouvelle de Cour-Maugis sur Huisne depuis 2016. " [1]

     

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     " Le château et les communs sont du 17e siècle. Le château est une reconstruction d'un bâtiment antérieur dont caves et cuisines ont été conservées (13e siècle). La motte de l'ancien château détruit au cours des guerres de Cent ans subsiste à un endroit assez éloigné. Les caves du 13e siècle doivent être celles de l'ancien prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Evroult. L'édifice actuel présente un corps de logis rectangulaire entièrement bâti en pierre blanche. Il est flanqué, d'un côté, d'une tour et, de l'autre, par une tourelle en encorbellement. La cour est encadrée de deux pavillons Louis XIV auxquels s'appuie, à chaque extrémité, une tourelle placée en sentinelle sur le chemin. " [4]

     

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    Plan de situation du château de Maison-Maugis ; blason de la famille du Crochet par Jimmy44Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3876729

     

         " On accède au Château de Maison-Maugis par une superbe avenue, qui le dérobe complètement au midi, de sorte que l'on arrive devant l'entrée principale sans avoir entrevu l'ensemble du noble manoir. Du côté opposé, il se présente au contraire fièrement campé sur l'escarpement d'un promontoire à la jonction de deux vallées, au-dessus d'un parc plein de fraîcheur, dominant le cours de la Commauche, encadré d'arbres séculaires, au travers desquels pointent vers le ciel les toits aigus ce ses tours tapissées de lierre.
        Maison-Maugis était l'une des quatre grandes châtellenies
    du Corbonnais, dès le 11e siècle. Elle tire son nom et son
    origine d'un noble leude. Maugisius, qui y faisait sa résidence (
    domus Maugisii) et qui possédait dans le pays un vaste domaine, dont le souvenir est encore attaché au nom d'une localité voisine, Boissy-Maugis (Boscus ou Boisseria Maugisii, bois en taillis de Maugis. Cfr. Du Cange, Glossarium, et Maigne d'Annis, Iexicon mediae et infimoe latinitalis.)


    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     Au Moyen-Age, c'était une forteresse imposante. Elle fut la résidence passagère des Rotrou, comtes du Perche, et saint Louis la vint visiter, dans ses excursions à travers le Perche, lorsqu'il séjournait à Longpont. Au mois de Juin 1257, le pieux monarque la céda avec toutes ses dépendances à Jacques de Château-Gontier, sire de Nogent-le-Rotrou, à titre de fief mouvant directement de la couronne de France.
         Quand vinrent les jours douloureux de l'invasion anglaise, la forteresse fut détruite, en 1428, par Warwick, comte de Salisbury, gouverneur du château de Bellesme.

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Château-Gontier http://dechav.free.fr/armorial/blason.php?id=Chateau-Gontier

     

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     M. le Comte de Moucheron, qui écrivait, il y aune quinzaine d'années, une brochure de haut intérêt sur Maison-Maugis, son histoire et ses seigneurs, y remarque que ce domaine n'a jamais été vendu, et que toujours il s'est transmis par cession, héritage ou alliance dans les familles qui l'ont possédé. C'est ainsi qu'il a passé successivement aux Rayer, aux du Crochet, puis en 1692, aux de Fontenay par le mariage de Pierre Antoine de Fontenay avec Barbe du Crochet, dernière du nom, ensuite aux de Perrochel de Morainville, par le mariage de François de Perrochel avec- Louise-Elisabeth de Fontenay. En 1805, Marie Françoise de Perrochel épousait le comte Louis Charles Marie de Moucheron, aïeul du propriétaire actuel de Maison-Maugis.
    Du château féodal détruit par les Anglais, il reste encore les curieux souterrains. Ils se composent d'une longue galerie aux voûtes massives dont les arceaux s'appuient sur les murailles latérales, sans le secours de piliers ni de chapiteaux.

     

    Ci-dessus ; à gauche, blason de la famille du Crochet par Jimmy44Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3876729 ; au centre, blason de la famille Perrochel de Morainville par Gilloudifs ; à droite, blason de la famille de Moucheron par Mipast — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=56251975

     

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne) LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne) LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)

     

         Cette galerie donne accès en des sortes de caves et une salle basse très belle de proportions, également voûtée avec clef à écusson sculpté. Cette pièce, qui réunissait autrefois sans doute les gardes du château, sert aujourd'hui de cuisine. Au-dessous de la salle basse de la grosse tour, on descend dans un caveau, dont la destination primitive a donné lieu à plus d'une hypothèse. Enfin au fond d'un corridor, qui fait équerre avec la galerie principale, on arrive à une autre petite salle voûtée divisée en deux parties : l'étage supérieur est dissimulé dans l'épaisseur de l'escalier, et garni de crampons de fer et d'anneaux scellés dans la muraille. Serait-ce l'un de ces cachots mystérieux qui terrifient encore l'imagination populaire, ou simplement une vulgaire et fraîche réserve pour les provisions de bouche ? Libre à chacun de choisir entre ces conjectures et d'autres encore.
         « La partie extérieure du château actuel, dit M. Ernest Hayes, qui en a fait une minutieuse description, date de la fin du 16e : elle présente un corps de logis rectangulaire, posé sur un terrain inégal, dételle sorte que le rez-de-chaussée de la principale façade paraît un premier étage du côté du parc.


    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     Il est flanqué, d'un côté d'une tour de cent pieds, remontant au 15e siècle, de l'autre d'une tourelle en encorbellement. Dans les murailles se voient encore des meurtrières. La toiture, fort grande et sans lucarnes, est entièrement supportée par des corbeaux de pierre formant mâchicoulis et battant le pied de la tour.
         De chaque côté de la façade principale s'élèvent deux grands pavillons Louis XIV, flanqués chacun d'une tour, qui ont été jadis semblables, mais dont l'un est à peu près détruit » (Ernest Hayes. Le château de Maison-Maugis. La Normandie Monumentale. Orne. Tome II, page 315)

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         A l'intérieur du château, les amateurs ont la bonne fortune de pouvoir admirer une superbe galerie de portraits de famille, quelques tableaux de valeur, des fauteuils Louis XIV d'une grande richesse, des bibelots et des souvenirs anciens de remarquable facture. N'oublions pas de mentionner la célèbre malle, qui tient bonne place dans la tragique aventure d'un sire du Crochet, dont la légende a fait le meurtrier de son propre curé. Si la légende semble plutôt fragile, la malle est d'aspect très résistant, et fort remarquable par ses serrures d'une complication savante et son armure de cuirs et de fers ouvragés.
         M. l'abbé de Moucheron nous a fait les honneurs de sa demeure avec une grâce parfaite. Les explications qu'il veut bien nous donner sont d'un archéologue de marque et d'un artiste exercé, le lunch qu'il l'ait servir est d'une somptuosité tout aristocratique. Le châtelain de Maison-Maugis semble un choyé de la fortune. Tour à tour il a connu les joies de la famille, les triomphes artistiques, les faveurs populaires,
    l'honneur du sacerdoce. Longtemps maire de sa commune et maintenant encore conseiller municipal, une histoire très estimée de la reine sainte Elisabeth lui a valu les suffrages de l'Académie et l'a l'ait décorer des ordres du Portugal.
         Tout récemment, un journaliste de renom spécial le présentait comme des plus distingués, parmi les ecclésiastiques français résidant à Rome : car M. de Moucheron a la satisfaction de passer une partie de l'année à Rome, dans une jolie villa du Janicule. Tout le monde souscrit à cet éloge. Au dire du même chroniqueur, dom Sébastien Wyart, naguère général des Trappistes, aurait pronostiqué que l'abbé de Moucheron « mourrait dans la peau d'un saint » (M. Jean de Bonnefon ; article dans le journal l'Eclair). En attendant, Pie X vient d'en faire un prélat ; il n'y a pas d'ailleurs incompatibilité. "
    [5]

     

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    " Le château de Maison-Maugis


    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     Non loin du confluent de l'Huisne et de la Commeauche, sur le flanc de la colline qui sépare les deux vallées, s'élève en amphithéâtre, au-dessus de riantes prairies, parmi des ombrages séculaires, le château de Maison-Maugis.
         Ancien séjour des comtes Rotrou, il a eu tour à tour pour possesseurs, par une destinée fertile en contrastes, des guerriers illustres et de faibles femmes, des hobereaux inconnus et des rois de France. Saint Louis visitait cette châtellenie lorsqu'il résidait à Longpont. Sous Louis XI, elle fut réunie à celle de Nogent, qui appartenait aussi à la couronne.


    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1826, Archives de l'Orne, http://archives.orne.fr/

     

         Tous les auteurs sont unanimes à faire dériver le nom de Maison-Maugis des mots latins Domus-Maugisu. C'était donc la maison de Maugis. Une paroisse voisine, de fondation plus moderne, s'appelle encore Boissy-Maugis, ce qui indique que Maugis y avait un bois à la même époque, qui est fort reculée. Mais là s'arrêtent les données positives.
         Quel était donc ce Maugis ? On en est réduit aux conjectures. Sans vouloir nous égarer dans les sentiers fleuris de la légende, il est certain que sa demeure était, dès le 11e siècle, une des quatre châtellenies du Corbonnais (Les trois autres étaient Mortagne, Mauves et Longpont). Alors que le Perche n'était encore, dans son ensemble, qu'un amas de forêts, de bruyères, de landes incultes, le Corbonnais formait déjà un territoire fertile situé entre la Commeauche, l'Huisne et la Sarthe, et au centre duquel s'élevait l'antique ville de Corbon, aujourd'hui hameau délabré, jadis importante et bien fortifiée. Corbon fut détruite au 9e siècle, et il ne reste plus peut-être aujourd'hui que sa cloche pour attester son antique origine (Cette cloche passe pour la plus ancienne de France. Elle a été fondue en l'an 1230).
         Maison-Maugis survécut à la ruine de sa capitale, et nous voyons que, vers le 12e siècle, les comtes Rotrou y avaient un château féodal, bâti à pic sur un tertre élevé. « Ils venaient, dit l'abbé Fret, jouir des délices de la campagne dans ce lieu enchanteur, situé au milieu de riantes prairies qu'il domine, et d'où l'œil s'égare avec ravissement sur un horizon des plus pittoresques » (Antiquités et Chroniques percheronnes, III, 507).
         Lorsqu'après l'extinction de cette puissante famille, saint Louis voulut s'assurer la paisible possession du comté du Perche, en mettant un terme à toutes les autres réclamations qui n'avaient cessé d'exister depuis la mort du comte Guillaume jusqu'à ce moment, il traita, au mois de juin 1257, avec un de ses héritiers, Jacques, sire de Château-Gontier et de Nogent, et lui céda le château de Maison-Maugis avec toutes ses appartenances, bois et autres terres, jusqu'à concurrence de trois cents livres tournois de rente annuelle et perpétuelle pour lui et ses héritiers. Ce puissant seigneur s'engagea en revanche à tenir, lui et ses successeurs, Maison-Maugis et le reste en foi et hommage-lige de sa Majesté.
         Jacques de Château-Gontier avait épousé Havoise de Montmorency, fille de Mathieu II, connétable de France et d'Emma de Laval. Il mourut en 1263, laissant son domaine à sa fille Emma qui resta sans postérité. A dater de cette époque, Maison-Maugis, qui dépendait de Nogent, dut subir toutes les vicissitudes de cette seigneurie et passer entre les mains de tous ses dominateurs, jusquau jour où elle fit retour une seconde fois à la couronne. Il ne reste d'ailleurs aucun vestige de son ancienne forteresse : elle fut détruite par les Anglais, l'an 1428, lors du siège de Regmalard par Warwick, comte de Salisbury ; c'est alors que la terre de Maison-Maugis passa aux Rayer, puis aux du Crochet. Cette famille était fameuse dans la contrée et y possédait déjà de nombreuses terres.


    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)     C'est le lieu de remarquer que par un privilège bien rare, le domaine de Maison-Maugis n'a jamais été vendu et s'est toujours transmis par cession, héritage ou alliance aux familles qui l'ont possédé.
         Un nouveau château fut dès lors construit sur l'emplacement de celui qui avait déjà lui-même remplacé la forteresse et dont il ne reste plus aujourd'hui que les souterrains. Ceux-ci méritent une mention spéciale. Ils se composent d'une galerie voûtée aux nervures ogivales de pierre, s'étendant dans toute la longueur du château et donnant accès sur les caves et sur une vaste salle aux arceaux majestueux dont chaque clef de voûte porte un écusson malheureusement gratté lors de la Révolution. Cette salle sert à présent de cuisine.
         Sous la tour se trouve un second étage de souterrains : c'est une pièce circulaire voûtée en ogive sans aucun signe ni aucune inscription permettant de voir à quoi elle servait. L'écusson de la clef de voûte est bien conservé dans cette salle : on y voit distinctement un chevron et trois pommes de pin. Ces armes sont celles de la famille Rayer dont la dernière héritière épousa le sire du Crochet.
         La destination de ces lieux était autrefois bien différente, mais l'imagination seule permet malheureusement aujourd'hui de se représenter ce qui pouvait s'y passer. La cuisine actuelle devait être une salle de gardes, peut-être une salle de conseil et la pièce voisine, sous la tour, un réfectoire pour les gens de service.
         On a supposé que cette dernière pouvait être une chapelle, tandis que celle qui est immédiatement au-dessous aurait servi de caveau funéraire. Rien ne permet de l'affirmer. Tous les seigneurs de Maison-Maugis et leurs femmes reposant dans le chœur de l'église, on se demande qui serait inhumé au château. Il est certain encore que, dans ce cas, on trouverait, parmi les archives, des documents permettant de fixer l'époque où ces choses se passaient.
         Au fond d'une sorte de corridor perpendiculaire à la nef principale, se trouve une petite cave voûtée, divisée d'abord en deux parties, puis en deux étages ; celui du haut étant ménagé dans l'épaiseur de l'escalier, et masqué de façon à ce que nul ne puisse deviner son existence. Des anneaux et des crampons de fer, fixés solidement aux murs, l'absence de toute fenêtre et de toute lumière ; l'humidité sordide et l'impénétrabilité profonde de ces lieux, tout tendrait à faire croire qu'ils n'étaient un de ces terribles cachots comme on en voyait tant à ces époques de guerres perpétuelles et d'intrigues incessantes entre provinces et entre châteaux.
         La partie extérieure du château actuel date de la fin du 16e siècle : elle présente un corps de logis rectangulaire posé sur un terrain inégal, de telle sorte que le rez-de-chaussée de la première façade parait un premier étage du côté du parc, et flanqué d'un côté d'une tour de cent pieds, remontant au 15e siècle, de l'autre d'une tourelle en encorbellement.
         Dans les murailles se voient encore des meurtrières. La toiture, fort grande et sans lucarnes, est entièrement supportée par des corbeaux de pierre formant mâchicoulis et battant le pied de la tour.
         De chaque côté de la façade principale s'élèvent deux grands pavillons Louis XIV, flanqués chacun d'une tour, qui ont été jadis semblables, mais dont l'un est à peu près détruit.
         La belle vue qu'on a de ce lieu élevé est malheureusement masquée d'un côté par l'église, ancienne chapelle du château, datant en partie des 11e et 12e siècles, à laquelle on a ajouté, plus tard, une longue nef sans caractère pour le service de la paroisse. Dans l'intervalle, cette église avait été celle du prieuré de Saint-Nicolas, fondé par Geoffroy IV,
    comte du Perche en 1214, et dont le revenu était de 800 livres. Un cloître, ou tout au moins une chapelle latérale devait la relier au couvent, car on distingue nettement, à l'extérieur de la partie droite du choeur, d'élégants arceaux gothiques et un pilier qui se trouvaient alors évidemment dans l'intérieur du temple.
         La famille du Crochet conserva Maison-Maugis jusqu'en 1692 : c'est alors que Pierre-Anthoine du Crochet n'ayant laissé qu'une fille, mariée d'abord au comte de la Jaille, puis remariée au comte de Durcet, son domaine passa aux Fontenay par le mariage de Barbe du Crochet, sœur de Pierre-Anthoine, avec François de Fontenay, seigneur de Vezort. Après les Fontenay, Maison-Maugis eut pour seigneurs les Perrochel de Morainville, par le mariage de François de Perrochel avec Louise-Elisabeth-de Fontenay. Le dernier représentant de la famille de Perrochet habite lui-même actuellement le château de Grand-Champ près Saint-Paterne. C'est le frère du regretté marquis de Perrochel,
    député de la Sarthe, enlevé prématurément en 1885. Enfin en 1805, Marie-Françoise de Perrochel de Morainville, héritière de Maison-Maugis, épousa le comte de Moucheron ; c'est ainsi que ce domaine passé à la famille qui le possède encore (voir : Maison-Maugis, son histoire, ses seigneurs, son château, ses environs, par le comte de Moucheron. (Paris, librairie Dumont, rue de Grenelle.) ). [9] Article de Ernest Hayes 

     

    LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne) LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne) LES REMPARTS DE COUR-MAUGIS (Orne)

     

    Protection

     

         " Façades et toitures du château et des communs, portail d'entrée avec sa grille (cad. C 117) : inscription par arrêté du 24 juillet 1972 ; Caves, y compris celles à usage de cuisine et le puits ; allée d'accès ; potager (cad. C 19, 21, 117, 127, 128, 231) : inscription par arrêté du 26 août 1991. " [4]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de http://www.epras.fr/dotclear/index.php?post/2018/05/26/13%C3%A8me-Tour-du-Perche-Historique

    [3] Extrait de https://lebourgis.fr/odt_mortagne/a_velo_circuit4_veloscenie.pdf

    [4] Extrait de https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00110749 https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00110843https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA61000015

    [5] Extrait du Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne – Éditeur : (Alençon) 1905 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54591452/f79.item.r=%22manoir%20des%20Perrignes%22.texteImage

     

    [7] Extrait de http://www.lesamisdelaigle.com/?p=411

    [8] Article du comte de Moucheron in La Normandie monumentale et pittoresque... Orne, 1re [-2e] partie.... Partie 2 - Lemale (Le Havre) 1896 - Contributeur : Travers, Émile (1840-1913).
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6421248j/f402.item.texteImage

    [9] Extrait de l'article de Ernest Hayes in La Normandie monumentale et pittoresque... Orne, 1re [-2e] partie.... Partie 2 - Lemale (Le Havre) 1896 - Contributeur : Travers, Émile (1840-1913). https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6421248j/f402.item.texteImage

     

    Bonnes pages


    O
    https://www.persee.fr/doc/arcme_0153-9337_1973_num_3_1_1269

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54591452/f90.image.r=%22manoir%20des%20Perrignes%22

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  • LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)

     

    Ci-dessus : à gauche une photo extraite de http://www.arriere-cour.fr/bardouville/histoire.htm.

     

          Bardouville est une commune nichée entre la forêt de Mauny et la rive gauche de la Seine. [NdB]

     

         " Le nom de la localité est attesté sous les formes Bardulvilla vers 1040, Bardulfi Villa en 1066, Bardovilla en 1131, Bardolvilla au milieu du 13e. " [1]

     

          On y trouve le château du Corset Rouge, qui doit son nom à une célèbre légende, ainsi que l'église Saint-Michel. [NdB]

     

    LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)      " La tradition de ce château fort, dont il est dit qu’il fut achevé en 1106 avant d’être incendié, repose sur le site de l’édifice, un promontoire propice à la construction d’une forteresse.

         Elle est, de plus, confortée par la présence de grosses pierres affleurant le sol au sud-ouest de la cour et par l’aspect du soubassement du château. " [2]

     

          Le château de Bardouville est surtout célèbre pour la légende du Corset Rouge dont il fut le théâtre. Plusieurs versions existent. [NdB]

     

          " Le récit mentionne un donjon et des fossés ce qui ne correspond en rien à l’actuelle physionomie des lieux, ni même à la description que fit, en 1503, Julien de Chaumont de son manoir seigneurial comprenant : " grange, estables, vigne, boys, taillis, enclos et pescherye sur l’eau de Seine. "

           (...) Comme bien des légendes, cet épisode romanesque recèle une part de vérité, puisque les moines de l’abbaye célébrèrent une messe annuelle à la mémoire du prieur jusqu’à la révolution ce qui indique l’authenticité de cette légende. " [2]

     

    LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)    LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)

     

    Plan de situation du château de Bardouville ; blason de la famille de Chaumont-Quitry par Twocats — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=63967837

     

    Histoire

     

    LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)     " Les premières constructions de l'église datent du 11ème siècle. A cette époque existait un château fort appartenant par héritage au sire Bertrand de Bardouville. Sa construction définitive aurait été achevée en 1106 puis il fut incendié. Au 16ème siècle, un manoir le supplanta et on constuisit un colombier en 1606. L'actuel château a été édifié entre 1664 et 1683 par la famille de Saldaigne d'Incauville. " [3]

     

         On cite : " Thomas de Saldaigne sieur de Bardouville, libertin notoire, qui fut avec Charles (de Valliquerville) du complot d’Amiens visant à assassiner Richelieu en 1636, et est mort en 1638. " [4]

     

    LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)

     

    Ci-dessus : à gauche et à droite, photos extraites de https://mapio.net/s/38247571/ ; au centre, une photo extraite de http://pointsdecerise.canalblog.com/archives/2014/02/12/29057342.html

     

    LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)     " Charles de Saldaigne, seigneur de Bardouville, fit édifier l’actuel château entre 1674 et 1683, comme en atteste l’aveu de Jeanne de Saldaigne, sa sœur, en précisant : " le manoir seigneurial consiste en un grand corps de logis avec deux pavillons, haute et basse court, grange, escurie, colombier, jardin, masure et enclos contenant 5 acres, borné d’un côté d’un particulier, d’autre côté le presbytère, d’un bout le chemin du Roy et d’autre bout le chemin de Duclair ". Seule marque du constructeur encore visible, un balcon de fer ouvragé qui domine la Seine et où se voient sous une couronne de marquis, un "S" et un "B" entrelacés signifiant : "Saldaigne de Bardouville".

           La date de construction du colombier reste incertaine. Sa plus ancienne mention écrite remonte à 1606. Il a été aménagé en orangerie au 19ème siècle. " [2]

     

    Quelques propriétaires du Château :

     

    LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)

     

    1249 Ansellus de Braye, seigneur de Bardouville

    1280 Pierre de Braye, seigneur de Bardouville

    1330 Jean de Braye, seigneur de Bardouville

    1451 Antoine de Chaumont-Quitry, seigneur de Bardouville

    1478 Julien de Chaumont-Quitry, seigneur de Bardouville

    1538 Gilles de Chaumont-Quitry, seigneur de Bardouville

    1579 Charles de Chaumont-Quitry, seigneur de Bardouville

    1587 Charles de Saldaigne d'Incauville, achat

    1674 Jeanne de Saldaigne d'Incauville

    début 18e s. Henri de Brevedent, achat

    18e s. Maignard de la Vaupalière

    1792 Jean-Baptiste Nicolas Bourgeois, achat comme bien national, (maire de Bardouville de 1808 à 1813)

    1808 Jean-Baptiste Curmer, maire de Rouen en 1815, époux de Victorine Bourgeois

    1828 Félix Bourgeois

    1882 Adrienne Curmer

    1892 Jean-Baptiste Pinel

    1938 Famille Elou-Pinel [5]  

     

    Ci-dessus : à gauche, blason de la famille de Chaumont-Quitry par Twocats — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=63967837 ; au centre, blason de la famille de Brevedent extrait de http://chateaudhautot.over-blog.com/2017/11/les-seigneurs-de-sahurs-et-de-hautot-sur-seine-depuis-1682.html ; à droite, blason de la famille Maignard de la Vaupalière par Gilloudifs.

     

    Description

     

    LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)      " Château fort construit au 11e ou 12e siècle, détruit ; reconstruction du château dans le quatrième quart du 17e siècle, restaurations dans la deuxième moitié du 19e siècle. Colombier polygonal en maçonnerie. L'édifice se compose d'un sous-sol, de deux étages carrés et d'un étage de comble, le gros oeuvre en calcaire, moellon et revêtement, élévation à travées surmontée de toit à longs pans, croupe et toit polygonal, recouverts d'ardoises. " [6]

     

    Ci-dessus, photo extraite de http://pointsdecerise.canalblog.com/archives/2014/02/12/29057342.html

     

    LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)      " En 1834, le sentier a reçu avec le temps de légers changements ; mais la trace du fossé se retrouve encore au pied de l’ancien donjon qui sert de base à la construction moderne. En abattant les terres on était parvenu à faire un jardin délicieux d’un infect cloaque. A la base d’un mur on remarque l’apparence d’une ouverture, c’était la poterne. Un pavillon orné d’une tente élégante a remplacé une tour carrée surmontée de machicoulis, percée de meurtrières. Plus loin une autre tour ronde ou carrée comme la première recouvrait un puits qui se trouvait à la disposition des défendeurs du château. Les mêmes tours existaient du côté du nord et se rattachaient aux premières par un mur crénelé au milieu duquel était l’entrée principale par un pont-levis sur d’autres fossés depuis longtemps remplis sans qu’il en reste de traces. " [3]

     

    La légende du Corset Rouge

     

    Auguste Luchet, 1836 :

     

    LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)       " Jadis, deux familles féodales, les d'Argences et les Mauroi, liées par leurs chefs sur le champ de bataille, s'étaient juré une éternelle alliance. Albert, l'héritier des d'Argences, Isaure, la perle des Mauroi, fiancés dès le berceau, allaient servir à fortifier cet amour réciproque, quand le malheur voulut qu'après un festin chez le sire de Tancarville, d'Argences et Mauroi jouèrent ensemble aux dès. La chance tourna constamment en faveur de Mauroi ; le père d'Albert s'entêta et perdit des sommes immenses. Sa ruine le rendit brutal ; il s'emporta jusqu'à dire que Mauroi l'avait triché. L'honnête gagnant devint furieux : il se leva de table et frappa d'Argences au visage du revers de son gantelet. De là, requête au suzerain pour obtenir le combat en champ clos, le noble, le vrai jugement de Dieu. Le deux joueurs se battirent à la lance et à la hache, et, à cette partie comme aux autres, le malheureux d'Argences perdit ; il fut tué par Mauroi et il fut reconnu ensuite que les dés étaient pipés. Voilà le jugement de Dieu ! Voilà le chevaleresque mode d'assassiner les gens qu'on a insultés ou volés, tel que la barbarie féodale le pratiquait et nous l'a transmis.

           Au reste, le pire de cette affaire ne fut pas la mort du vieux chevalier d'Argences, père de famille, assez fou pour aller se battre contre un jeune homme bien plus jeune et bien plus fort que lui ; non certes ! Le pire, ce fut le bonheur des deux pauvres enfants, Albert et Isaure, détruit par la querelle ignoble de leurs pères. Le convenance, cette autre invention de la sottise humaine, fermèrent au fils d'Argences la porte du château de Mauroi. La triste Isaure épousa le sire de Bardouville, un vieux soldat chargé de blessures et d'années, tout revêtu des gracieuses formes que donne la vie des camps.

          Albert, désolé, alla se jeter dans la maison de Saint-Georges où la ferveur du désespoir l'éleva bientôt à la dignité de prieur. Mais que lui importait cette élévation, hélas ! Dieu et la religion n'avaient qu'une bien petite place en lui ; ses saints patrons, Martin et Georges, l'Alcide et le thésée de la mythologie chrétienne, n'étaient point ceux qu'il invoquait ; sa vie présente et sa vie future, son salut, son âme, il eut tout donné pour revoir Isaure, la compagne de ses jeux, la fleur de sa jeunesse, le tourment de ses jours, la tentation de ses nuits ; son premier et son unique amour.

           L'aube azurait à peine les flèches du couvent et les tourelles du château, que le prieur infortuné montait senfermer dans le donjon du logis abbatial. De là, ses regards pleurants traversaient la Seine et allaient demander Isaure aux formes douteuses du manoir de Bardouville. De son côté, la pauvre châtelaine priait pour Albert, car elle n'avait pas oublié le fiancé de son baptême, le brillant et candide poursuivant d'armes qui se paraît de ses couleurs aux tournois de la cour de Normandie. Le sauvage époux qu'on lui avait donné contribuait de toute sa laideur, de toute sa rudesse, à rendre les souvenirs de la jeune femme cent fois plus tendres et plus douloureux.

          Un jour, les deux amants s'entendirent. L'adultère tendit la main au sacrilège d'une rive à l'autre. Le seigneur de Bardouville allait partir pour la guerre ; le prieur fut averti de ce départ et, la nuit même, il se jeta à la nage au bas du couvent de Boscherville. Isaure l'attendait, agenouillée, implorant tous les saints pour son heureux trajet. Longtemps cela fut ainsi, longtemps le courageux Albert affronta, sans confident et sans témoin les dangers de son amoureuse traversée, longtemps la coupable femme du seigneur de Bardouville essuya de ses baiser le front transi du moine qui se damnait pour elle.

          Puis le vieux soldat revint sans prévenir sa femme ; un ami officieux lui avait écrit de prendre garde à son honneur. Ce soir-là, comme les autres soirs, Albert traversa la rivière. Isaure n'était pas au rendez-vous ordinaire. Surpris, alarmé, le prieur court à travers les buissons du parc, jusqu'à la terrasse bien connue par laquelle il s'évadait de la chamvre d'Isaure une heure avant matines. Une main agitait un mouchoir blanc par le pertuis d'une meurtrière. Ce mouchoir tomba aux pieds du prieur, et les paroles que voici le suivirent : - Le sire est revenu ; prends courage, Albert, et sauve-toi ! - L'amant désespréré maudit le sire, baisa le mouchoir et voulut s'en retourner ; mais, au bas de la terrasse, se tenait le mari, qui poignarda l'amant de sa femme et le fit jeter à la rivière.

          Le lendemain, à la pointe du jour, Isaure reçut la visite de M. de Bardouville, pâle, armé, un mouchoir sanglant à la main ; et les moines de Boscherville qui faisaient relever des filets tendus la veille, recueillirent dans les herbes un cadavre percé de coups qu'ils reconnurent avec épouvante pour celui de leur saint prieur. On fit des recherches longues et minitieuses, mais qui furent inutiles : le secret avait été bien gardé de part et d'autre !

            Alors, le chapitre de Saint-martin-de-Boscherville se soumit une grave question que nul ne put résoudre. C'était de savoir comment inhumer le prieur. Avait-il été ou s'était-il tué ? Son âme était-elle en paradis ou en enfer ? Fallait-il mettre le corps en terre sainte ou à la voirie ? On en écrivit au pape qui déclara s'en rapporter à la sagesse du chapitre. On en référa à Saint-Marin et à Saint-Georges qui ne répondirent point.

          Enfin, après six mois de délibérations, on résolut à tout hasard de bénir le coin de terre où s'était échoué le cadavre et d'y élever une tombeau, puis d'instituer à tout jamais deux messe anniversaires, l'une d'expiation, l'autre d'actions de grâces, afin que, perdue ou sauvée, l'âme du prieur de Boscherville ne pût rien avoir à reprocher au chapitre. Le pape approuva ; les saint se turent. La Seine, un jour de grand marée, emporta le coin de terre et le tombeau qui était dessus, la Révolution française souffla sur les deux messes annuelles et les éteignit. Dieu fasse paix à l'âme du prieur ! " Auguste Luchet. (1836) [3]

     

    Abbé Etienne

     

    LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)       " Le récit serait déposé à la Tour de Londres. La légende remonterait à l’époque où Raoul de Tancarville, le chambellan de Guillaume le Conquérant, avait installé une communauté de chanoines à Saint Martin de Boscherville. " [2]

           Ce serait " à la demande de Bertrand que le prieur devait se rendre quotidiennement au château pour y dire une messe.

           Les traditions diffèrent alors.

           Celle de l’abbé Etienne, assez chaste, rapporte que la belle Yolaine prit l’habitude de hisser une étoffe de couleur rouge, le fameux corset, au sommet de l’une des tours du château. Ce signal était destiné à demander au prieur de venir soigner au plus vite le jeune enfant malade. L’étendard évitait en effet à Yolaine de dépêcher un messager de l’autre côté de la Seine. Le vêtement finit par attirer l’attention des mariniers voguant en contrebas qui auraient, avec grivoiserie, fait courir des ragots infamants, amplifiés au fil de leurs voyages.

             Revenant de ses campagnes, le bouillonnant Bertrand eut vent de cette rumeur. Il se rendit au château où il surpris son épouse en compagnie du prieur. Outragé, il les tua. " [2]

     

           " En l’année 1068, le sire Bertrand de Bardouville, noble chevalier qui avait servi le roi Guillaume dans la glorieuse expédition d’Angleterre, revint et s’installa au château qu’il tenait de ses ancêtres et qui était voisin de notre sainte maison.

           Il n’était bruit que des richesses qu’il avait rapportées d’Outre-mer et dont resplendissait sa demeure. Il s’allia bientôt à une puissante famille de la province : la belle Yolaine de Montigny devint châtelaine de Bardouville, mit de l’ordre au milieu de toutes ces profusions et de la décence parmi les nombreux domestiques qu’un homme de guerre n’avait pas tenus jusque là bien sévèrement.

           J’étais déjà, quoique jeune encore, en possession de la crosse que Dieu a daigné remettre à mes faibles mains. Je pus alors me rendre quelquefois chez notre noble et opulent voisin accompagné des plus distingués parmi nos dignitaires. La barque du pêcheur nous déposait au pied d’un sentier qui communique aux fossés du donjon, et, par une poterne, nous étions introduits auprès des nobles hôtes.

           Hors une certaine brusquerie qui sied assez à un brave militaire, je ne remarquai jamais chez le sire Bertrand que courtoisie et aménité. Sa passion pour une jeune et belle épousée était extrême, mais ne pouvait surprendre – c’eut été sa froideur qui aurait surpris – .

           Elle, prévenante pour tous, conservait néanmoins une parfaite dignité. Le premier fruit de cette union, jusque là heureuse, fut un garçon, que je baptisai du glorieux nom de notre roi, le jour même du départ de sire Bertrand pour l’Angleterre où il avait à prendre possession des immenses domaines, récompense de sa valeur.

          Nous avions en ce temps là, pour procureur de l’Abbaye Don Raphaël Capelli, italien, d’une famille noble du Milanais. Ce digne religieux – je dirais ce saint homme – encore bien que l’affreuse calomnie se soit attachée à sa mémoire, joignait aux vertus de son état de profondes connaissances ; il avait été célèbre médecin dans sa patrie avant de prendre notre habit. J’aimais à citer son grand savoir et la belle châtelaine avait souvent réclamé son assistance pour ses domestiques ou ses vassaux malades.

          Un jour, Madame Yolaine avait envoyé un de ses serviteurs réclamer les secours de notre digne procureur ; son fils, le seul héritier de cette puissante maison, enfant superbe mais sanguin, comme toute la race normande, était attaqué d’affreuses convulsions. Don Capelli se rend en toute hâte au noble manoir et il est assez heureux pour administrer des remèdes qui mettent le noble enfant hors de danger ; mais d’autres crises se présentent, d’autres furent à redouter.

          Une heure était nécessaire au messager pour gagner le monastère, une autre heure se passait avant que le médecin fut auprès du petit malade. La sollicitude d’une mère eut bientôt trouvé le moyen d’abréger de moitié sa cruelle attente. Le malheureux corset fut indiqué comme signal, il fut aussi la cause des infâmes calomnies qui eurent un si déplorable résultat.

          Les nautonniers, naturellement observateurs, étant peu occupés pendant cette calme navigation, remarquèrent le signal. Le Malin Esprit leur inspira une coupable pensée qui, après vingt-six ans de la plus cruelle catastrophe, ne s’est point effacé et ne s’effacera peut-être jamais.

           Le sire Bertrand revenait une seconde fois vers les lieux qui l’avaient vu naître, et l’espérance d’embrasser son fils et son épouse absorbait toutes ses pensées. Un sentiment vague de jalousie inséparable de tout violent amour le glaçait quelquefois, sans qu’il eut pour appui aucune circonstance raisonnable.

           Il avait pris terre au petit port de Harfleur et avait gagné Caudebec avec les chevaux qu’il ramenait de la Grande-Bretagne. Le désir de revoir plus tôt sa Yolaine et son fils le décide à s’embarquer sur une nef qui remontait le fleuve à l’aide d’une forte marée d’équinoxe. Il s’embarque, accompagné d’un seul écuyer sans se faire connaître, fatale précaution qui devait avoir de bien tristes suites. La nef était couverte de voyageurs qui se rendaient à Rouen pour la foire Saint-Romain et la cérémonie du meurtrier délivré.

           Les propos de ces passagers ne connurent point de bornes. Il sut que dans l’esprit des hommes de cette contrée, que pour ses vassaux et pour tout ce qui connaissait sa noble maison, Yolaine, sa Yolaine était dégradée et lui, le but des plus outrageants propos. S’il n’avait touché au port qu’il avait espéré avec tant d’impatience, qu’il atteignait avec un poignard dans le cœur, il aurait en deux coups de sa bonne épée balayé le pont du navire et appris à ces manants le respect qu’ils devaient à son nom, mais la nef s’arrêta sous le château pour y charger quelques marchandises. Il sauta sur le rivage ; les derniers mots qu’il entendit lui firent savoir qu’on apercevait le corset rouge, qui pour ces langues de vipères était le signal de sa honte. Si un simple bourgeois, si le moindre des vilains est dans une circonstance aussi affreuse, capable des plus terribles déterminations, qu’on juge des convulsions d’une âme d’acier comme était celle du compagnon, de l’ami du Conquérant. Il monte avec rapidité le sentier tortueux, sans savoir ce qu’il va faire, atteint le fossé. De son poing formidable il frappe violemment la porte qu’on ouvrait d’ordinaire à ce signal. Elle cède, tirée de l’intérieur. Un homme se dessine dans l’obscurité, c’est le malheureux Capelli que la fatalité expose ainsi à une mort certaine. Le chevalier le crible des coups de son poignard. Il monte ensuite, chasse domestiques et suivantes et reste seul avec la malheureuse Yolaine. Ce qui arriva, nul ne peut le dire. On entendit de grands cris, des trépignements ; cela dura une partie de la nuit, puis après, rien, pas un souffle.

            Le matin quelques-uns des plus hardis serviteurs entrèrent et trouvèrent les tables et les escabelles cassées, comme si de lourds marteaux les avaient frappées. On supposa que dans sa fureur même, le chevalier avait précipité la malheureuse châtelaine dans le puits de la tour. On croyait même apercevoir des traces de sang sur les feuilles qui tapissaient l’intérieur de la margelle, mais d’autres traces de sang n’ont point été remarquées, et le puits visité peu après n’a présenté aucun vestige humain.

          Les deux familles s’assemblèrent pour donner au jeune Guillaume un conseil de tutelle. J’en fis partie. Son éducation fut confiée à mes soins. Il est maintenant père d’une belle et nombreuse famille et l’un des bienfaiteurs de notre sainte institution.

            Si l’on me demande ce que sont devenus les auteurs de son existence, je dirai que je n’en sais rien. Si l’on désire connaître les conjectures que j’ai pu faire, je me contenterai de rapporter la circonstance qui les a fait naître, chacun pourra l’interpréter.

           Trois ans après l’affreuse catastrophe, un pèlerin qui arrivait de la Syrie, demanda asile au monastère. Il me confia en partant deux boites avec prière de ne les ouvrir que dix jours après son départ. Sa volonté fut suivie et nous trouvâmes le onzième jour dans l’une, qui était bien lourde, un magnifique reliquaire contenant un morceau de la vraie croix, dans une autre, petite et légère, un rubis de grand prix, avec ces mots sans signature : « Vos prières, mes Pères pour le malheureux Capelli ». Abbé Etienne. " d’après un manuscrit de La Tour de Londres [3]

     

           " Depuis l’apparition de la légende, neuf siècles sont passés et le somptueux décor de cette fabuleuse histoire a totalement disparu. Mais grâce au saint homme que fut l’abbé Etienne et aux générations qui lui succédèrent, la légende du Corset Rouge reste toujours aussi flamboyante dans les esprits des habitants du village qui, eux-mêmes, la transmettront aux générations à venir. " [2]

     

    Autres versions :

     

    LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)      " La tradition populaire assure que le prieur séduisit la belle esseulée et que le corset attaché au sommet d’une tour était le signal convenu entre les deux amants pour se rejoindre…
    Surpris par le retour de Bertrand de Bardouville, les amants n’échappèrent pas à sa fureur. Le prieur succomba sous les coups d’épée et son sang vint rougir le corset.

          Le chevalier le hissa alors en haut d’une tour du château pour montrer que justice avait été faite. Il obligea ensuite son épouse volage à porter, en signe de repentir, le corset maculé du sang de son amant. " [2]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

           " Au 11ème siècle pendant la conquête de l'Angleterre, un gentilhomme de petite noblesse nommé Capelli s'éprit de la fille du Seigneur de Montigny. La damoiselle, Yolaine de Montigny, répondant favorablement à ses avances, le jeune Capelli finit par demander sa main.

           Le Seigneur de Montigny ne voulant pas céder sa fille à un homme de rang inférieur, il donna sa fille en mariage au Seigneur Bertrand de Bardouville qui possédait le château à cette époque.

          Le mariage eut donc lieu en 1068 et de cette union naquit un petit garçon.

          Raphael Capelli désespéré se réfugia dans la prière à l'abbaye de Saint-Martin de Boscherville.

          Lorsque l'abbé de Saint-Georges décéda quelques années plus tard, le moine Capelli fut choisi pour lui succéder.

          Laissant femme et enfant au château, Bertrand de Bardouville était reparti en Angleterre quand, un jour, son fils fut pris de convulsions et Yolaine demanda l'assistance de l'abbaye voisine. L'abbé Capelli se rendit au château et les deux anciens amants se retrouvèrent. Pendant plusieurs mois l'abbé Capelli quitta donc l'abbaye pour rejoindre la belle Yolaine en traversant la Seine en barque.

           Lorsque le Seigneur de Bardouville revint au château, il apprit ce qui s'était passé en son absence. Il épia donc les amants et finit par les prendre en flagrant délit. L'abbé fut tué à l'épée et le Seigneur de Bardouville pris le corset de son épouse et le trempa dans le sang de sa victime. Il obligea ensuite sa femme à porter le Corset Rouge et l'enferma dans une fosse du donjon jusqu'à la fin de sa vie.

          On ne revit jamais, ni Yolaine, ni Bertrand mais leur fils fut recueilli par les serviteurs du château. " [3]

     

    Amélie Bosquet, 1845 :

     

            " Bardouville est situé au pied d'une colline, dont le sommet est couronné par un ancien château. Là, vivait autrefois, triste et soupirante, une noble dame qui avait été contrainte d'accorder sa main au seigneur châtelain, tandis que son cœur appartenait à un autre chevalier. Son amant, frustré dans ses rêves de bonheur, avait résolu d'ensevelir ses regrets entre les murs d'un couvent : il fit choix de l'abbaye de Saint-Georges, située sur la rive opposée de la Seine. Mais, dans ce lieu, où il respirait le même air que sa bien aimée, chaque souffle vivifiant lui apportait une émanation d'amour. Cependant, quelque temps après son entrée au couvent, et lorsqu'il avait complètement renoncé à toute espérance, le triste reclus fut promu au rang d'abbé. Cette dignité le mit en relation avec les nobles familles du pays d'alentour : il eut ainsi l'occasion de se rencontrer avec la dame de ses pensées. Hélas ! l'entrevue fut bien fatale à tous deux ; car, depuis cette époque, par un prodige d'amour tout-à-fait analogue à celui auquel Héro et Léandre ont dû leur célébrité, l'abbé traversa chaque nuit la Seine à la nage, sans autre phare que la lampe, aux douteuses vacillations, qui éclairait la chambre de sa bien-aimée. Malgré la fatigue et le péril de ces rendez vous, nos deux amants en firent un abus si imprudent, que le seigneur châtelain conçut bientôt de jaloux soupçons. Une nuit, il pénétra dans l'asile des deux coupables, tua l'abbé et enferma sa femme dans le donjon du château. Jusqu'à la révolution, les moines de Saint-Georges ne cessèrent point de prier pour l'ame de leur abbé, mort sans absolution ; se confiant encore, pour son salut, sur la compatissante maxime du Sauveur : Qu'il sera beaucoup pardonné à ceux qui auront beaucoup aimé. " [7] 

     

    Protection :

     

          1975 : site inscrit [ https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00021592 ]

     

    A proximité :

    L'église Saint-Michel

     

    LES REMPARTS DE BARDOUVILLE (Seine-Maritime)      " Elle est certainement l'ancienne chapelle du château du Corset-Rouge.
           La nef date du 11e siècle. le chœur a été reconstruit et agrandi au 13e siècle. Le portail, de style néo-roman a été construit en 1853. A la même époque, la charpente a été refaite et la couverture en tuiles remplacée par de l'ardoise.
            A l'intérieur, de fausses voûtes de plâtre ont été construites au milieu du 19e siècle (1853) sous la direction de l'architecte Alexis Drouin. La fenêtre de l'abside est à trois lancette. Elle date du 14e siècle.

    Mobilier

           Dans le mur nord est conservé un linteau montrant un curieux bas-relief. On ne sait pas s'il s'agit d'un réemploi d'un élément préroman ou d'une œuvre archaïsante du 11e siècle.
           A l'intérieur est conservé un ex-voto du début du 19e siècle, suspendu à la voûte du chœur. Il s'agit d'un bateau à voile nommé La Joséphine.

    Confrèries

           Confrérie des saints Michel, Sébastien, Roch et Adrien, approuvés le 26 septembre 1523. " [8] 

     

           " Nuit du 29 au 30 août 1944 : Lors du bombardement du château par les unités alliés, cinq Bardouvillais sont tués. La cloche de l’église a été fêlée et la toiture a subi des dommages importants. Elle recevra une couverture en papier goudronné qui durera... jusqu’en avril 1952 ! " [9]

     

    Bonnes pages :

     

    O http://mannevillais.blogspot.com/2011/05/connaissez-vous-la-legende-du-chateau.html

    O http://jumieges.free.fr/bardouville_corset_rouge.html

    O http://www.bardouville.fr/commune/historique

    O http://presqu-ile-sur-seine.over-blog.com/pages/La_legende_du_corset_rouge_presque_telle_quelle_fut_contee_en_son_temps-2844860.html

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de http://pointsdecerise.canalblog.com/archives/2014/02/12/29057342.html

    [3] Extrait de http://jumieges.free.fr/bardouville_corset_rouge.html

    [4] Extrait de http://amisduvexinfrancais.fr/wp-content/uploads/2019/04/REVUE-71.pdf

    [5] Extrait de http://www.arriere-cour.fr/bardouville/eglisechateau.htm

    [6] Extrait de http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateaux-seine-maritime-chateau-a-bardouville-chateau-du-corset.html

    [7] Extrait de La Normandie romanesque et merveilleuse : traditions, légendes et superstitions populaires de cette province par Amélie Bosquet - J. Techener, 1845 - 519 pages https://books.google.com.ua/books?id=KvBAAAAAcAAJ&dq=%22ch%C3%A2teau+de+Bardouville%22&hl=fr&output=text&source=gbs_navlinks_s

    [8] Extrait de http://www.rouen-histoire.com/Eglises/Bardouville.htm

    [9] Extrait de http://jumieges.free.fr/bardouville_dates.html

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  • LES REMPARTS DE RUGLES (Eure) LES REMPARTS DE RUGLES (Eure) LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)

     

    Ci-dessus, à droite, une photo aérienne de Rugles extraite du site Géoportail.

     

          Une nouvelle enquête sur un château aujourd'hui complètement disparu : " au moyen âge, Rugles, comme Breteuil, Damville, La-Neuve-Lyre, Pacy, etc., avait un château-fort et des seigneurs belliqueux. " [1] Du 12e au 16e siècle, ce château se dressait au nord du bourg. J'ignore sa situation précise et son ampleur. De même, je ne sais pas si le bourg possédait une enceinte propre. L'enquête continue donc... [NdB]

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)     " La commune de Rugles est située dans le département de l’Eure et en région de Haute-Normandie.

         Empreinte d’une riche histoire, la ville de Rugles s’enorgueillit d’un patrimoine architectural unique: l’église Saint-Germain (construite au 14e siècle et remaniée à plusieurs reprises du 15e au 18e siècle) et l’église Notre-Dame-Outre-L’Eau (datant du 11e siècle), cette dernière étant considérée comme l’une des plus anciennes de France.
    Nous pouvons également y apercevoir la chapelle Saint-Denis d’Herponcey (érigée vers 1130) dominant la vallée de la Risle (rivière traversant la ville), le Petit Château (demeure seigneuriale), Le château de Rugles (construit vers les années 1688-1690 et accueillant aujourd’hui la Maison des Services), le château de L’Ecureuil (construit au 15e siècle).
          Auparavant, l’industrie des métaux jouait un rôle important pour la commune avec la fabrication d’épingles, d’aiguilles et de clous (tout particulièrement au 19e siècle). [1]

     

         " Faites quelques pas de plus pour rejoindre une grande esplanade appelée « Place de la Garenne ». Ici, se tenaient l'ancien château féodal et sa basse-cour attenante (l'actuel parking). Suite au démantèlement de la Ligue (parti catholique qui avait poussé à la capitulation d’Henri III) par Henri IV, il fut ordonné la démolition de toutes les forteresses. " (...) [2]

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)

    Ci-dessus, un dessin du château de Rugles extrait de Rugles, guide touristique et culturel en quatre parcours par Bruno Compagnon, Françoise Barbot, Vanessa Forget, Janvier 2012, Editions Visions de Campagne 27250 Rugles ISBN : 978-2-7466-4161-7

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)     LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)

     

    Plan de situation du château de Rugles : son donjon occupait l'emplacement de l'hôpital. La grosse tour se dressait là où se trouvait la maison du Dr Forcinal avant sa destruction O et la basse-cour se situait sur l'actuel parking, place de la Garenne ; le blason de la famille du Plessis-Châtillon est également celui de la ville de Rugles par User : Spedona Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2697942

     

    Histoire

     

         " Le château-fort a été construit en 1119. D’épaisses murailles percées de meurtrières le protégeaient des attaques. Son imposant donjon occupait l'actuel emplacement de l'hôpital. La grosse tour se situait à l'endroit où se trouve la maison du Dr Forcinal. " [2]

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)     " En 1377, le fief appartenait à Jean Le Veneur, qui était mineur et sous la garde du roi de Navarre à 40 francs par ans pour son vivre, suivant une quittance de 26 francs 13 sols 4 deniers donnée à Rugles, le 23 septembre 1377.
        " Jean Le Veneur est qualifié seigneur de Rugles dans une autre quittance qu'il donna au receveur de Breteuil, de 13 livres 13 sols 4 deniers, pour les mois d'octobre, novembre, décembre et janvier derniers passés, qui lui étaient dus à cause de son vivre pour son petit âge ; elle est datée du 24 septembre 1378. Il en donna une troisième, le 20 octobre suivant, de 35 livres 6 sols 8 deniers, pour cause de son vivre pour le petit âge auquel il était ci-devant, que Pierre de Navarre, comte de Mortaing, fils et lieutenant du roi, avait fait monter à 60 livres par an, y compris 7 livres sur le four et ban de Rugles (Le P. Anselme - Histoire généalogique de la maison de France. ). »


    Ci-dessus, blason de la famille Le Veneur par Tretinville Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Tretinville., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18651818

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)

     

         Il paraît que ce châtelain manquait de soldats, car, devenu majeur, il voulut astreindre les habitants d'Ambenay, Marnière, Neaufles et la Vieille-Lyre à monter la garde à son château, mais ceux-ci refusèrent et obtinrent un jugement qui les dispensa de ce service.
         Quelques années plus tard, la châtellenie appartint à un ministre de Charles VI, Jean Le Mercier, grand-maître de France, qui la transmit à son fils Charles, mort sans postérité en 1424. Catherine Le Mercier, sœur de Charles, lui succéda. Elle avait épousé un chevalier picard, Jean de Coustes, qui se distingua à la défense de Châteaudun et d'Harfleur en 1415. Pendant qu'il guerroyait ainsi au loin pour Charles VI, son château de Rugles se rendit aux Anglais. " [3]

     

         Voir famille de Coustes ici. 

     

         " A cette même date 1417 (16 octobre 1417) le château de Rugles commandé par Jean Dumelle et Raoul Muterel se rendit aux Anglais qui y établirent un gouverneur et confisquèrent les biens du seigneur de Rugles. " [4]

     

         " Rugles fut occupée par les Anglais de 1417 à 1450. " [5]

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)      " Durant la guerre de cent ans, le château était habité par Jean de Couttes. Ce dernier en sera expulsé pendant le siège tenu par les Anglais. Il meurt en 1427 et son fils Louis de Couttes voit ses biens confisqués. " [2]

     

    Blason de la famille de Coustes par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)     " Son fils Louis de Coustes, [ seigneur de Nouvion et de Rugles ] servit comme son père le roi de France et était à Chinon quand Jeanne d'Arc vint y trouver Charles VII. Louis de Coustes fut donné comme page à la vierge de Vaucouleurs et connu dès lors des gens de guerre sous le nom d'Imerguet, Menguet ou Mugot.

    [ Il était âgé de quatorze ans lorsque le roi Charles VII de France le désigna pour servir de page à Jeanne d'Arc. Il veilla à la sécurité de la Pucelle d'Orléans jusqu'au 22 août 1429, date à laquelle il devint écuyer. [5] ]


         Il accompagna la Pucelle à Orléans, à Jargeau, à Beaugency, puis à Tours, où elle alla prendre le roi pour le conduire à Troyes, à Châlons et enfin à Reims, où Charles VII fut couronné et sacré. Imerguet suivit ensuite Jeanne au siège de Paris, et y fut blessé. "

         " En 1436, il devint le panetier du roi. " [5]

     

    Ci-dessus, un extrait de la plaquette touristique "Circuit historique" éditée par WWW.normandie-sud-tourisme.fr (voir celle-ci ci-après)

     

         " Après le supplice de l'héroïne, il fut entendu dans le procès de réhabilitation et témoigna des bonnes mœurs de Jeanne, de sa bonté, de sa sobriété et de son horreur pour le blasphème et l'impudicité. (...)
    A l'époque où il faisait cette déposition, le 3 avril 1456, Louis de Coustes avait quarante-deux ans et était rentré en possession de son fief de Rugles, qui avait été repris aux Anglais, en 1449, par Dunois, le sénéchal de Gaucourt... " [3]

         " Il mourut vers 1483. " [5]

     

         " L’un de ses fils, Jean VI de Couttes et le gendre de celui-ci Valeran de Renty, contribuèrent très généreusement à l’édification de la tour de l’église Saint-Germain. On trouve les blasons des deux familles en haut de la face Est de celle-ci. " [2]

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)     " Antoinette, fille de Gauthier de Coustes, porta la châtellenie de Rugles à Jacques de Poysieu, baron d'Anglure, d'une famille du Dauphiné. Michel de Poysieu, leur fils et successeur, prit pour femme Catherine d'O, et celle-ci lui donna une fille, Diane-Renée ; mais à la mort de son mari, elle conserva le domaine de Rugles et épousa en secondes noces Robert de la Vieuville, qui prit le titre de seigneur de Rugles. " [3]

     

    Ci-dessus : à gauche, blason de la famille de la Vieuville extrait de http://jourand.free.fr/histoire/blasons/index.php; à droite, blason de la famille de Poysieu extrait de https://gw.geneanet.org/hervedupuis?lang=en&pz=herve&nz=dupuis&p=pierre&n=de+poisieu

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)

         " En 1590, elle fut un refuge pour les Ligueurs et fut dévastée et pillée. " [5]

     

         " En 1590, Le duc de Montpensier, lieutenant de Henri IV et gouverneur de Normandie, ordonne la destruction du château de Rugles et de sa grosse tour.

         En cette année, les soldats de la Ligue occupent le château.

         La majorité du peuple est en faveur de Henri IV. Les ligueurs s’y accrochent, les combats sont impitoyables pour tenter de prendre d’assaut cette forteresse qui groupe ses défenses à l’intérieur de ses enceintes. Les assaillants se heurtent à une résistance organisée, et on trouvera plus tard des ossements des combattants tombés pêle-mêle dans les fossés du château.

     

    Ci-dessus, un plan extrait du cadastre napoléonien de 1835, Archives de l'Eure, https://archives.eure.fr/

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)     Rugles a applaudi avec une grande joie la chute de sa place forte dont les débris sont répandus tout alentour. De grandes fêtes populaires vont saluer cet état de chose, le château n’ayant jamais protégé ses habitants des pillards qui ne cessaient de sévir. Le grand fossé du château n’ayant plus de raison d’être, on abattit les barrages.

     

    Ci-dessus, une carte postale ancienne de l'hôpital de Rugles avant sa destruction. C'est là que se dressait au Moyen Âge le château de Rugles. Sur le site de la maison Forcinal, en bas, se situait la Grosse Tour.

     

         Le Cauche reprit sont cours d’autrefois à travers la ville. Seules les salles et caves en sous-sols ont été préservées et le seraient encore de nos jours. " [2]

     

         " Pendant les guerres de la Ligue, le duc de Montpensier, lieutenant-général pour le roi en Normandie, avait fait démolir le château et la grosse tour, et Robert de la Vieuville demanda inutilement une indemnité.

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)     Sa belle-fille, Renée-Diane de Poysieu, femme de René du Plessis-Châtillon, devint châtelaine de Rugles vers 1612, et laissa cette terre à son fils André, marquis du Plessis-Châtillon. Celui-ci établit à Rugles une forge et un fourneau, et son fils Pierre du Plessis-Châtillon commença vers 1688 la construction du château moderne. " [3]

     

    Ci-dessus, blason de la famille du Plessis-Châtillon et également de la ville de Rugles par User : Spedona Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2697942

     

         " La famille Duplessis-Châtillon, conserva la seigneurie de
    Rugles jusqu'en 1764 et à cette époque elle passa par testament à Marie Félicitée du Plessis-Châtillon. " [4]


    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)     " Ensuite viennent César-Antoine 1er du Plessis-Châtillon, mort en 1714 et inhumé dans l'église Saint-Germain de Rugles, et César-Antoine II du Plessis-Châtillon, qui parvint à réunir en sa possession les fiefs de Rugles, Bailli, Bois-Arnaut, l'Ecureuil et Massei et à les faire ériger en comté de Rugles. Ce dernier eut pour héritière sa cousine Marie-Félicité du Plessis-Châtillon, femme de Bernard, comte de Narbonne-Pelet. Puis la série des seigneurs de Rugles fut
    interrompue par la Révolution (Auguste Le Prévost – Notes ). [3] 

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Narbonne-Pelet extrait de https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_fam_fr_Narbonne-Pelet_(de).svg

     

    Autres curiosités :

     

           " La ville abrite deux églises : l'église Saint-Germain, du 14e siècle, et surtout l'église Notre-Dame-Outre-L'Eau, certainement antérieure au 11e siècle pour une partie de ses assises, considérée comme une des plus anciennes églises de France. (...)

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)  LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)  LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)

     

     

         Église Saint-Germain, église paroissiale, 16e - milieu du 19e siècle. Protection au titre des monuments historiques : le clocher, Classé MH (1846) ; le complément, Inscrit MH (2006), y compris la sacristie (arrêté du 11 mai 2006).

     

         Eglise Notre-Dame-outre-l'Eau (ancienne), utilisée en salle des fêtes, Classé MH (1921) (arrêté du 16 mars 1921). " [5]

     

    Le château de Rugles

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)     " Le château Louis XIV situé dans le centre de Rugles, en bordure de la Risle, a été construit vers les années 1688-1690 par Pierre du Plessis-Chatillon, seigneur de Rugles (mort en 1705).
         En septembre 1891, le château a été vendu à Monsieur Martin, notaire honoraire de Paris pour y installer un orphelinat dirigé par les Sœurs de Saint Vincent de Paul.
          Aujourd'hui, après de deux ans de restauration, il accueille la Maison des Services. " [6]

     

    Ci-dessus, une photo extraite de http://www.rugles.fr/fr/information/58223/la-ville-image

     

    Le Petit Château

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)     " Le baron de Rugles fît établir un manoir sur le tertre de Rugles et le plaça quartier des fabriques, rue des Forges.
         Dernière demeure seigneurale de Rugles,il est aujourd'hui en cours de transformation pour accueillir la bibliothèque. " [6]

     

    Ci-dessus, une photo extraite de http://www.rugles.fr/fr/information/58223/la-ville-image

     

    Le château de l'Ecureuil

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)     " Le château a été édifié au 15ème siècle et est aujourd’hui une propriété privée. " [6]

     

         " D'après le « régistrum » de Philippe Auguste, Renaud de
    Coustes tenait en 1210 un quart du fief de l'Écureuil, le roi en tenait un autre quart.
         Jean de Coustes, sieur de l'Écureuil marié en 1323 avec Annette des Essarts, réclama, après la mort de sa femme à Jean III des Essarts, le paiement du mariage de cette dame. L'Écureuil était 1/4 de fief à court et usage de basse justice, tenu par une paire de gants. Antoinette de Coustes en rendit aveu le 10 janvier 1534.
         Ce fief passa ensuite à la famille du Plessis-Châtillon ; Michel du Plessis-Châtillon, fils de René vendit les fiefs de Bailly, du Luçay et de l'Écureuil à monsieur Taurin Fucher, lieutenant au grenier au sel de Verneuil. Celui-ci obtint en 1634 du roi Louis XIII des lettres de patente, l'autorisant à faire clore les fossés et fermer d'un pont-levis son manoir de l'Écureuil. Il mourut, vers fin 1643 laissant sa femme, Anne Chouquet, enceinte.  

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)     Catherine Fucher, fille posthume de Taurin épousa Claude Donezy et vendit le fief de l'Écureuil à Jean de Bardouil sieur de Saint-Laurent.
    Charles et Antoine Charles de Bardouil furent seigneurs de l'Écureuil, acheté en 1785 par Nicolas, François, Victor Chevrier, négociant qui prit le titre de Seigneur de l'Écureuil (Notes Le Prévost). En 1793 le citoyen Chevrier était obligé de déposer, au corps municipal de Rugles, ses papiers et titres féodaux, où ils furent brûlés.
         Au 19e et début du 20e le manoir passa dans les familles Miguet et Fouquet. André Fouquet y entrepris d'importantes réparations. Le baron Cabrol en fut propriétaire jusqu'en 1948. De nouveaux propriétaires l'entretinnent avec beaucoup de soins. " [4]

     

    LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)LES REMPARTS DE RUGLES (Eure)

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de http://www.inse27.fr/interco/les-communes/rugles/

    [2] Extrait de Rugles, guide touristique et culturel en quatre parcours par Bruno Compagnon, Françoise Barbot, Vanessa Forget, Janvier 2012, Editions Visions de Campagne 27250 Rugles  ISBN : 978-2-7466-4161-7

    [3] Extrait de l'article de Jacques Lestrambe in La Normandie monumentale et pittoresque... Eure, 1re [-2e] partie.... Partie 1 – Éditeur : Lemale (Le Havre) 1896 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6240655t/f92.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Rugles%22.texteImage

    [4] Extrait de Manoirs et châteaux au fil de l'eau : vallées de la Risle, de la Charentonne et du Guiel / textes, Denise Duval ; photos, Marie-Claire Duval ; dessins, Bernard Monquet - Éditeur : C. Corlet (Condé-sur-Noireau) 1996 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33227338/f40.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Rugles%22.texteImage

    [5] Extrait de Wikipédia

    [6] Extrait de http://www.rugles.fr/fr/information/58223/la-ville-image

     

          Ci-dessous, plaquette touristique " Circuit historique de Rugles " éditée par WWW.normandie-sud-tourisme.fr 

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  • LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche) LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche) LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)

     

    Ci-dessus : à gauche, la butte Saint-Clair par Ikmo-ned — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32750151 ; au centre, une photo extraite de https://www.geocaching.com/geocache/GC3DGF5_la-butte-saint-clair?guid=e7887d80-dd38-4be7-b225-f9be36f67a97 ; à droite, une photo extraite de http://www.normandie-heritage.com/spip.php?article675

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)      " La butte Saint-Clair est une motte castrale, vestige d'une ancienne fortification, située à Remilly Les Marais, en France. Le monument est situé dans le département français de la Manche, sur le territoire de la commune nouvelle de Remilly Les Marais, à 1,75 km au nord du bourg de la commune déléguée du Mesnil-Vigot et à la même distance au sud-ouest de celui de Remilly-sur-Lozon. " [1]             49°10'16.48" -1°16'35.39"

     

    Ci-dessus, une photo extraite de http://www.normandie-heritage.com/spip.php?article675

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)     " C'est une ancienne place forte construite au Moyen Âge qui servait surtout à l'observation.

         Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est occupée par l'armée allemande qui en fait un poste d'observation et de défense, équipé de mitrailleuses. (...)

         Elle est située sur un terrain privé. On peut la voir de la route menant de Périers au Mesnil-Eury. " [2]

     

    Ci-dessus, une photo extraite du site Google Earth.

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)

     

    Au dessus, une photo extraite de document PDF http://ressources.crdp.ac-caen.fr/sauv/cddp50/journal2015.pdf

    En dessous, plan de situation de la butte Saint-Clair ou du château de Remilly ; blason de la famille d'Aubigny par Sodacan Cette image vectorielle non W3C-spécifiée a été créée avec Inkscape. — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10964085

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)     " Rémilly-sur-Lozon, 

     cant. Marigny. — Lieu-dit : La Butte Saint-Clair. — Coord. Lambert : 544, 10-625, 80. — Fief : Du Hommet. A quelques deux kilomètres du bourg de Rémilly, au lieu-dit la Chaussée, la butte Saint-Clair se dresse au bord du marais du même nom. C'est une très belle motte de forme circulaire au sommet aplani. Elle a à peu près quarante mètres de diamètre au sommet et une hauteur de six à huit mètres. Elle est entourée d'un large fossé. On distingue très bien la forme de la basse-cour dont le rempart de terre subsiste encore en maints endroits. On voyait encore au 19e les ruines de la chapelle Saint-Clair placée dans la basse-cour. Celles-ci ont été abattues à la fin du siècle dernier. Sur le sommet de la motte subsiste une tour d'angle, sur une hauteur d'un mètre cinquante, d'un donjon rectangulaire datant vraisemblablement du 14e siècle. " [3] 

     

    Ci-dessus, un plan extrait du document PDF journal Regard architectural : Motte castrale, la grande histoire militaire locale http://ressources.crdp.ac-caen.fr/sauv/cddp50/journal2015.pdf

     

    Plan de la Butte Saint-Clair, légende au-dessous :

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)

     

        " Au centre, la motte (1) et son fossé (2). En demi-couronne, deux vastes basse-cours (3 et 4) ceinturées d'un rempart de terre (5) et d'un large fossé (6). Les deux basse-cours sont séparées par un fossé (7) qui réunit le fossé de la motte (2) à celui de l'enceinte extérieure (6). Restes de maçonnerie (8) d'un pont permettant de passer d'une basse-cour à l'autre. Chaussée empierrée (9) traversant la basse-cour (4) et menant à l'autre basse-cour (3). En contrebas, le marécage (*). Fondations de la chapelle et du logis seigneurial (+). Tour d'angle en pierre (**). » [4] 

     

    Le château de Remilly

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)      « A une demi-lieue à l'ouest de l'église (de Remilly-sur-Lozon) s'élevait, dès le 12e siècle, un château connu dans les anciens titres sous le nom de château de Remilly, bien qu'il fût bâti sur le territoire du Mesnil-Vigot. Construit sur un petit mamelon au milieu des marais, sur les rives de la Vanloue qui alimentait le triple fossé dont il était entouré, placé dans un lieu très-découvert, il avait peu à craindre des surprises de l'ennemi. Une position si avantageuse ne l'a cependant pas préservé de la ruine, et de nos jours il n'en reste plus que quelques débris insignifiants. Il renfermait dans son enceinte une chapelle qui, d'après le Livre Noir (1250), valait à peu près 7 livres, et qui, d'après le Livre Blanc (1330), était taxée à 8 sols de trentième, et à 12 livres de décimes. Le seigneur du château en était le patron présentateur. En 1327, elle s'appelait la chapelle du Maner de Rumillye ; en 1380, la chapelle de Notre-Dame de la Beslière ; en 1598, la chapelle du Bois de Remilly, ou la chapelle du Chastel de Remilly ; enfin, elle reçut le nom de chapelle de Saint-Clair des Marais qu'elle a gardé jusqu'à sa démolition au commencement du 19e siècle. » [5]  

     

    Ci-dessus, une photo extraite de https://www.geocaching.com/geocache/GC3DGF5_la-butte-saint-clair?guid=e7887d80-dd38-4be7-b225-f9be36f67a97

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)" La Butte Saint-Clair - La motte féodale de Rémilly-sur-Lozon :

         Culminant à une vingtaine de mètres au-dessus des marais du Cotentin, bordée de chênes séculaires, la motte féodale de Rémilly-sur-Lozon, dite Butte Saint Clair, située dans le département de la Manche, sur le territoire de la commune du Mesnil-Vigot, que l’on peut apercevoir depuis la route reliant Périers au Mesnil-Eury, a été édifiée dans la seconde moitié du 10ème siècle.

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         Ancienne place forte, représentative de l’architecture militaire du haut Moyen Âge, possession des barons du Hommet, faisant office de poste d’observation, la motte féodale de Remilly contrôlait et verrouillait autrefois l’accès à la presqu’île du Cotentin selon le précepte du « Qui tient les marais, tient les terres » ; référence au temps jadis où les eaux des marais recouvraient la région d’Est en Ouest.

         Site archéologique, admirablement conservé, occupant une superficie de plus de trois hectares, classé aux Monuments Historiques le 12 septembre 1979, le château de Remilly est constitué de trois levées de terre artificielles entourées de fossés. Disposées en demi-couronne, deux vastes plateformes, traversées par une chaussée empierrée, ceinturées par un fossé et un rempart de terre, abritaient jadis les anciennes basse-cours. La première, servant à parquer le bétail, communiquait avec la seconde grâce à un pont dont quelques pierres maçonnées marquent encore l’emplacement. Sur le second tertre se dressaient la maison, aujourd’hui disparue, servant de résidence aux seigneurs de Remilly ainsi que la chapelle Saint-Clair des Marais, détruite lors de la révolution française, dont les soubassements reposent sous quelques centimètres de terre.

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)     Surplombant le tout, embrassant les marais à perte de vue, la motte, aux flancs abrupts, à laquelle on accédait par un pont dormant, coiffée lors de son édification d’une tour de guet en bois protégée par une palissade et une haie d’épine noire, arbore les vestiges d’une des quatre tours d’angle en pierre d’une ancienne forteresse, édifiée au 13ème siècle, découverte lors de campagnes de fouilles effectuées entre 1934 et 1937.

     

    Ci-dessus, une photo extraite de http://www.normandie-heritage.com/spip.php?article675

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)     Abandonnée au lendemain de la guerre de Cent Ans, les traces encore visibles d’un réseau de tranchées desservant des emplacements de mitrailleuses, aménagées pendant la seconde guerre mondiale par un détachement de l’armée allemande, qui quadrillent le sommet de la butte, témoignent du caractère stratégique de cette position où fut autrefois édifié un des plus anciens châteaux forts de Normandie. " Auteur : Normandie Héritage [6]

     

    Ci-dessus, un extrait d'une carte des années 50 issue du site Géoportail.

     

    Une page d'histoire :

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)      " ...Dans la vallée voisine du Lozon, autre affluent de la Taute, Richard du Hommet possède aussi le château de Montfort (paroisse de Rémilly-sur-Lozon, canton de Marigny), au lieu-dit " Le Port ". Le Hommet est relié à Monfort par un chemin qui n`excède pas une lieue.

         Le castel de Bohon, dans une île de la Taute, le château de Monfort à Remilly-sur-Pozon et celui du Hommet d'Arthenay sont construits en pays plat, cernés par des rivières. Alentour, s'étendent d'immenses marais, blanchis par la résurgence des eaux souterraines en hiver, remontés, à chaque grande marée par les flots tumultueux de la mer. Richard du Hommet et Onfroy Ill de Bohon ont deux ennemis qui répondent au prénom de Roger. L'un est le vicomte Roger de Saint-Sauveur qui tient la vallée de la Douve.

         L'autre est un tout proche voisin, au sud de Rémilly-sur-Lozon, il s'appelle Roger d'Aubígny. Le site occupé par Roger d'Aubigny est le marais Saint-Clair, à peu près circulaire, situé sur la rive gauche du Lozon (commune de Mesnil-Vigot). On traverse la rivière au gué de l'Huderie pour atteindre le donjon situé à quatre lieues au sud de Carentan.

     

    Ci-desssus, un extrait du document PDF journal Regard architectural : Motte castrale, la grande histoire militaire locale http://ressources.crdp.ac-caen.fr/sauv/cddp50/journal2015.pdf (voir ci-après)

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)     Aujourd'hui, la motte Saint-Clair est un magnifique et vaste tertre conique dont la base est un cercle parfait. Au sommet de la butte, la souche d`une tourelle, dont l'appareil est disposé en écailles de poisson, est d'une très curieuse conception.

         Au 12e siècle, la motte de Roger d'Aubigny est une des plus importantes du Cotentin. Elle est entourée d'un double fossé, dotée de tout un système de défenses et de plusieurs souterrains. Les soubassements d'une courtine, à quelque distance de la motte prouvent que l'ensemble a dû être très protégé.

     

    Ci-dessus, un photo de la butte Saint-Clair Vue occidentale Par Xfigpower — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16794817

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)     La famille d'Aubigny est puissante. Guillaume d'Aubigny, comte de Norfolk, Grand Bouteiller de la cour d'Angleterre, vient d'épouser la reine Alis, veuve de Henri Ier. En Angleterre, Guillaume d'Aubigny détient soixante-quatre fiefs de chevalier dans le comté de Norfolk et quatre-vingt-seize fiefs de chevalier dans le Sussex. Chargé de titres et d'honneurs, il a tout naturellement opté pour le roi Etienne.

         Normand d'origine, Guillaume d'Aubigny possède des domaines disséminés dans le Bessin, près de Ryes et de Bayeux, dans le Cotentin près de Saint-Pierre-Eglise, mais aussi à Cherbourg, Valognes, Montebourg, Lastelle, enfin à Marchésieux, près de ce Lozon qui devient une frontière pour les tenants de chaque parti. Richard du Hommet en occupe la rive droite, Guillaume et Roger d'Aubigny la rive gauche et le cours supérieur.

     

    Ci-dessus, un extrait du document PDF journal Regard architectural : Motte castrale, la grande histoire militaire locale http://ressources.crdp.ac-caen.fr/sauv/cddp50/journal2015.pdf (voir ci-après)

     

    La mort de Roger d'Aubigny (1137)

     

         Il est un engagement précis, dont Ordéric Vital ne souffle mot, mais qui, conservé dans les archives de la famille du Hommet, est relaté par Gerville dans ses " Anciens châteaux de la Manche " (Mémoires des Antiquaires, tome V). S'agit-il du tout premier traquenard tendu dans le col du Cotentin contre un ennemi redoutable. C'est possible, voire même probable. Le complot se trame à la fin de 1137 ou au début de 1138 et s'insère dans « les troubles, suscités dans le Cotentin par Renaud de Denestanville, bien vague allusion sous la plume d'Ordéric Vital.

         Le coup de surprise se déroule au château du Hommet qui vit dans l'insécurité, en raison de la proximité de la " motte Saint-Clair ".

         Gerville écrit que Roger d'Aubigny est tué dans une embuscade et il fournit les noms des conspirateurs : Beaudouin de Reviers, Renaud de Denestanville et Etienne de Magnevílle. " [7] 

     

         Pour la famille d'Aubigny, voir ici et ici. 

     

    Chronologie :

     

         Fin 10e siècle : construction de la motte féodale

         13e siècle : édification d'une nouvelle forteresse.

         14e siècle : construction d'un donjon rectangulaire.

         15e siècle : abandon du site après la guerre de Cent Ans.

         19e siècle : démolition de la chapelle Saint-Clair.

         1934-1937 : Des fouilles découvrent les vestiges d’une des quatre tours d’angle en pierre de l'ancienne forteresse.

         1944 : Creusement d'un réseau de tranchées desservant des emplacements de mitrailleuses allemandes durant la seconde guerre mondiale.

         1979,12 septembre : classement aux Monuments Historiques [NdB]

     

    Protection :

     

         " La motte féodale, y compris les vestiges du château de Remilly, les douves et les chênes de bordure, est classée au titre des monuments historiques depuis le 12 septembre 1979. " [1]

     

             Vous pouvez l'observer du bord de la route car la motte est sur un terrain privé. [NdB]

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE SAINT-CLAIR (Manche)     " Chêne pédonculé - Quercus robur L. - Le Mesnil-Vigot - Village de la Butte Saint-Clair, arbre associé à une motte féodale [h : 29 - ht : 4 - d : 150 - e : 21] dp : Château datant de l’an 1000. L’arbre aurait été planté au 14 ou 15e siècle, selon le propriétaire - Des racines verticales, progressivement mises à jour par l’érosion, donnent au tronc un aspect cannelé. Très élancé, l’arbre présente de belles dimensions ." [8]

     

    Ci-dessus, une photo du chêne de la Butte Saint-Clair extraite de http://patrimoine-de-france.com/images/file.php?mimage=755806b7994e42eac3c79372a48ddbef.jpg

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de https://www.wikimanche.fr/Butte_Saint-Clair

    [3] Extrait de Seigneurs, fiefs et mottes du Cotentin (Xe-XIIe siècles) par Florence Delacampagne. Étude historique et topographique. In : Archéologie médiévale, tome 12, 1982. pp. 175-207 ; doi : https://doi.org/10.3406/arcme.1982.1086https://www.persee.fr/doc/arcme_0153-9337_1982_num_1

    [4] Extrait de https://www.geocaching.com/geocache/GC3DGF5_la-butte-saint-clair?guid=e7887d80-dd38-4be7-b225-f9be36f67a97

    [5] Extrait de https://fr.geneawiki.com/index.php/50431_-_Remilly-sur-Lozon 

    [6] Extrait de Normandie Héritage http://www.normandie-heritage.com/spip.php?article675

    [7] Extrait de A la reconquête d'un trône : La succession du Conquérant au Xlle siècle avec la complicité de I'emperesse Mathilde et de Robert de Caen par Madeleine Hubert FeniXX - 185 pages https://books.google.fr/books?id=UnBYDwAAQBAJ&dq=A+la+reconqu%C3%AAte+d%27un+tr%C3%B4ne+:+La+succession+butte+Saint-Clair&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    [8] Extrait de http://www.caue50.fr/telechargement/collections/arbres%20remarquables%202010.pdf

     

    Bonnes pages :

     

    O https://www.geocaching.com/geocache/GC3DGF5_la-butte-saint-clair?guid=e7887d80-dd38-4be7-b225-f9be36f67a97

     

    O Ci-dessous : document PDF journal Regard architectural : Motte castrale, la grande histoire militaire locale http://ressources.crdp.ac-caen.fr/sauv/cddp50/journal2015.pdf :

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  • LES REMPARTS DE MALMAINS (Calvados)     " La motte castrale du château de Malmain dit aussi château de Malmain ou aussi château de Malesmains est un ancien château à motte situé sur la commune de Saint-Benoît-d'Hébertot, dans le département du Calvados, région Normandie.

         Le château est situé dans la commune de Saint-Benoît-d'Hébertot, lieu-dit les Murailles. " [1]

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1927 : tableau d'assemblage de la commune de Saint-Benoît-d'Hébertot, Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/

     

    LES REMPARTS DE MALMAINS (Calvados)     " Motte castrale des Murailles, dite de Malmains. Les ruines de cette motte féodale sont situées entre la ferme de Grieux et Trianon, dans la forêt de Touques. Cette édifice médiévale est située dans la propriété d'une société privée. " [2]

     

         " Trois fiefs se trouvaient sur le territoire actuel de la commune. Jean sans Terre est peut-être venu dans le château lors de déplacements vers sa résidence de Bonneville-sur-Touques. " [1]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail : l'emplacement de la motte se trouve en bas à gauche (cad. A 260) 

     

         " Il y a sur le territoire de Vieux-Bourg des ruines féodales que l’on dit importantes. On parle même de souterrains. Selon Monsieur Labutte, elles furent la résidence des seigneurs de la famille Malmanis. " [3]

     

    LES REMPARTS DE MALMAINS (Calvados)LES REMPARTS DE MALMAINS (Calvados)

     

    Plan de situation des ruines du château de Malmains ou Malesmains ; blason (supposé) de la famille de Malesmains extrait de https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=blasons&id=6000464&desc=de_malesmains_normandie 

     

    La famille de Malesmains :

     

         " Malesmains. Une famille de Malesmains figure avec distinction dans les annales de la Normandie. Elle paraît originaire du château de Malesmains, arrondissement de Pont-l'Evêque. Il est probable qu'elle donna son nom au fief qui nous occupe et qu'elle posséda. On voit, par d'anciens titres, que renouvellent des lettres données en 1452 par Guillaume d'Harcourt, souverain maître et général réformateur des eaux et forêts du roi, que Nicolas de Malesmains avait droit de prendre, chacun an, quatre cerfs et quatre porcs ou truies dans la forêt de Brotonne... Il est bien présumable que c'était au droit de son fief de Malesmains. Ce Nicolas de Malesmains vivait vers 1295. Il avait épousé Yolette de Fréauville. Sa deuxième fille, Jeanne, se maria à Georges de Clère, seigneur de Bosgouet, veuf de Marguerite de la Heuze. Elle lui porta sans doute le fief de Malesmains, sa sœur Isabelle ayant transmis la terre de Berreville en Caux à la maison d'Esneval. Au commencement du dix-septième siècle,Gaspard du Fay acquit le fief de Malesmains, possédé par M. Charles lors de la révolution. " [4]

     

    LES REMPARTS DE MALMAINS (Calvados)     " Le nom de Malesmains semble dériver de l’expression ambigüe Maliis manibus. Le sens du nom reste encore équivoque. Il pouvait originellement souligner l’efficacité et la dangerosité des coups portés par le seigneur au combat. Certains auteurs ont aussi proposé que le fondateur de la maison ait pu être gaucher. (...)

     

    Blason (supposé) de la famille de Malesmains extrait de https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=blasons&id=6000464&desc=de_malesmains_normandie 

     

         La famille de Malesmains se distingue clairement dès le 11e siècle dans les sources écrites. Il est certain qu’un Jean de Malesmains a suivi le duc Guillaume lors de sa conquête de l’Angleterre, dès 1066, donnant ainsi naissance à la branche anglaise de la famille. Certains de ses membres portent également trois mains gauches posées 2 et 1 en pal, mais leurs activités sont exclusivement centrées dans les îles anglo-saxonnes et notamment dans le Kent, où plusieurs lieux situés dans leurs fiefs portent encore leur nom. Un « John » et un « Henry Malmains » furent shérifs du Kent au cours des 13e et 14e siècles.

         La présence des Malesmains de Normandie est encore visible de nos jours. Leur branche reste essentiellement connue pour son château, aujourd’hui en ruines, situé sur la commune de Saint-Benoît-d’Hébertot (Calvados, canton de Pont-l’Évêque). Ce bâtiment fut fortifié par le roi d’Angleterre Jean sans Terre en 1203, lors de son dernier séjour en Normandie. Une autre ligne fortifiée est située près du château, et comprend une chapelle qui était encore appelée « Malmain » au 18e siècle. Cette chapelle du 13e siècle fut (entre autres) échangée au roi Philippe III le Hardi en juillet 1281 par un Nicolas de Malesmains (sans doute le père du possesseur de la matrice équestre) contre plusieurs autres terres. Parmi ces biens reçus par les Malesmains en 1281 figurent des terres situées à Bosgouet (Eure, canton de Routot), commune comprenant un bois dans lequel une table préhistorique est encore de nos jours appelée « pierre Malemain ».

         La renommée de ce nom tient également au fait que selon beaucoup d’auteurs, la mère de Bertrand du Guesclin se nommait Jeanne de Malesmains. " [5]

     

    Description :

     

    Arcisse de Caumont, 1862 :

    LES REMPARTS DE MALMAINS (Calvados)

     

    Ci-dessus, dessin de Bouet extrait de la Statistique monumentale du Calvados d'Arcisse de Caumont : illustrant l'article ci-dessous.

     

    LES REMPARTS DE MALMAINS (Calvados)     " Château de Malesmains. — Il y a, sur le territoire du Vieuxbourg, des ruines féodales importantes. Les murs de ce château, couverts de lierre, défendent une enceinte entourée de fossés : j'en donne une esquisse d'après un dessin de M. Bouet. Ces murs renfermaient des poutres couchées et incrustées dans la maçonnerie ; j'ai cité plusieurs faits de ce genre dans mon Histoire de l'architecture militaire, et j'ai dit que ces poutres avaient probablement pour but d'empêcher les dislocations, en reliant par de grandes traverses ces murs épais, pour la solidité et la durée desquels on n'avait à craindre que l'affaissement du sol et les fissures qui pouvaient en être la suite. " [6]

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1927, A2, Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/

     

    Monographie de Marie Robert, 1885 :

     

    LES REMPARTS DE MALMAINS (Calvados)      " Le château de Malmains : arrivés sur la lisière de la futaie, nous apercevons au dessus du vallon, à un côté, les restes du château de Malmains ; ces ruines indiquent une ancienne forteresse ; la façade devait avoir de 30 à 40 mètres de longueur, les murs étaient d'une épaisseur considérable, il en reste encore un peu de 7 mètres d'élévation. Il n'a pas dû être employé beaucoup de pierres de taille à cette construction ; on s'est servi de petits cailloux qu'on a dû trouver à l'endroit même et l'on a composé une sorte de béton qui a acquis une solidité à l'épreuve des siècles. Au-delà du ruisseau qui coule au bas de l'imminence où se trouve la forteresse, on remarque, sur le côté opposé, et à l'entrée de la forêt, les traces d'un vaste retranchement ; on dit qu'autrefois, il y avait au centre de ce camp retranché une chapelle qu'on appelait la chapelle de Malmains. Les ruines de Malmains font partie de la propriété ayant appartenu à Monsieur Sandret de Trianon tandis que la chapelle aurait appartenu à la paroisse de Vieux-Bourg. Aujourd'hui, l'emplacement de la chapelle et du camp retranché font partie du domaine de la forêt de Touques (singulière manière de l'appeler, puisque ce territoire est sur la commune et paroisse de Saint-Gatien). Il paraît que dans son expédition d'Angleterre, le duc de Normandie était accompagné d'un seigneur de Malmains, et l'on dit qu'il existe encore des seigneurs de ce nom dans la Picardie. Une notice dont nous ne pouvons vérifier la valeur historique et dont nous ne connaissons point l'auteur dit que Jean sans Terre fit bâtir en 1202 un château à Trianon ; or la maison qu'on appelle aujourd'hui le château n'est point un château, mais un simple édifice en bois, sans cachet architectural ; la seule ruine qu'on remarque dans le propriété de Trianon est la ruine de Malmains.

     

    LES REMPARTS DE MALMAINS (Calvados) LES REMPARTS DE MALMAINS (Calvados) LES REMPARTS DE MALMAINS (Calvados)


    LES REMPARTS DE MALMAINS (Calvados)     N'est-il pas permis de conclure que le château de Jean sans Terre est le château de Malmains ; on aura pu d'abord l'appeler le château de Trianon, puis le château de Malmains, ou bien simultanément de ces deux noms ; il s'ensuivrait que dans ces trois métairies (car Trianon signifie trois métairies), possédées par Jean sans Terre, il y avait un endroit appelé Malmains, où il aurait fait construire son château de Trianon. Quoiqu'il en soit, ce mot de Malmains, qui est d'origine latine dénote une haute antiquité, et comme l'étymologie n'est pas fort honorable, il est à croire que l'on aurait répandu cette dénomination, quelque peu sauvage, de seigneur de Malmains, ce qui expliquerait pourquoi la famille de Sandret, qui a possédé cette ruine pendant des siècles, a préféré le nom mieux sonnant de Trianon.
         Nous lisons dans un ouvrage inachevé, intitulé «
    Notices sur diverses localités du département du Calvados », par Monsieur Guilmeth, ouvrage imprimé à Rouen, chez Berdalle de Lapommeraye, que Jean sans Terre vint le 15 mars 1203 de Vire et La Lande Patry à Bonneville sur Touques et à Trianon, près de Saint-Benoît d'Hébertot, et le 12 septembre suivant, qu'il partit de Saint-Benoît pour se rendre à Falaise.
         Certaines traditions locales affirment qu'il existe un souterrain, partant des ruines de Malmains et par lequel Jean sans Terre se rendait de là à son château de Bonneville sur Touques ; nous n'avons pu constater le fait. Toutefois, Madame de Carrière le disait également ; en avait-elle la preuve par ses archives qui étaient en sa possession ? Nous ne savons. Toutefois, les archives de Trianon, lors de la vente du château en 1882, sont devenues la propriété personnelle de Maître Lecourt, notaire à Deauville.
         La propriété de Trianon a des sources en abondance ; leur réunion forme un ruisseau qui porte le nom de la propriété et s'unit en amont des ruines au ruisseau de Grieux, pour se déverser dans celui de la Vigne, que nous avons dit faire limite entre Saint-Benoît et Vieux-Bourg. "
    [7] 

     

    Protection

     

         " Motte féodale (cad. A 260) : classement par arrêté du 26 septembre 1979 " [8]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de https://fr.geneawiki.com/index.php/14563_-_Saint-Beno%C3%AEt-d%27H%C3%A9bertot

    [3] Extrait de http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=8360

    [4] Extrait de l'Essai historique, archéologique et statistique sur l'arrondissement de Pont-Audemer (Eure) par Alfred Canel chez Vimont, 1834 https://books.google.fr/books?id=-QlBAAAAYAAJ&dq=Malesmain+famille&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    [5] Extrait de Mauvaises mains, sinistres sires. La matrice du sceau équestre de Nicolas de Malesmains par Guilhem Dorandeu - Association Les Annales de Normandie 2015/2 65e année, pages 127 à 137 https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&q=Malesmains

    [6] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados, Volume 4 par Arcisse de Caumont - Derache, 1862 https://books.google.fr/books?id=e8kDAAAAYAAJ&pg=PA353&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

    [7] Extrait d'une monographie communale par Marie Robert, institutrice à St-Benoit d'Hébertot, novembre 1885. Archives du Calvados https://archives.calvados.fr/ark:/52329/tm53dp7qzcx1/70effd5d-634e-4e6e-b5ef-f86faa593e9c ou https://fr.geneawiki.com/index.php/14563_-_Saint-Beno%C3%AEt-d%27H%C3%A9bertot ou http://st.benoit.free.fr/histoire/monographie.html

    [8] Extrait de https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00111659

     

    Bonnes pages :

     

    Revue du Pays d'Auge - Histoire - IV – Ruines https://www.lepaysdauge.org/wiki/histoire/hebertot/iv-%e2%80%93-ruines.html

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