•  

    La forteresse de Tilly-sur-Seulles

     

         " A cause de la guerre de Cent Ans, de 1337 à 1453, toutes les villes et bourgades devaient être fortifiées pour se protéger de l'invasion anglaise. En Normandie de violentes batailles ont lieu.

         A Tilly, qui n'était, alors, qu'un modeste village, on construit des fortifications sommaires et peu efficaces.

           L'emplacement de cette construction reste encore un mystère. Deux endroits sont supposés être exacts mais nullement confirmés.

         Aujourd’hui, il n'en reste aucun vestige, celle-ci ayant été totalement rasée en 1422 sur l'ordre du roi Henry V d'Angleterre.

     

    LES REMPARTS DE TILLY-SUR-SEULLES (Calvados)     Monsieur le comte de Blangy suppose que le fort se situait sur les bords de la Seulles, là où se trouve une motte. Ainsi, la forteresse se trouverait à proximité de l’église Saint-Pierre, d’une part, et sur une position défensive importante d’autre part. Le château fort ainsi situé défendrait le passage de la rivière.

     

    Ci-dessus : la motte vue depuis le pont sur la Seulles, photo extraite du site Google Earth.

     

         L’autre hypothèse avancée par monsieur le Hardy semble plus difficile à prouver. La forteresse aurait été située sur les hauteurs de la bourgade. L’emplacement approximatif serait l’actuelle place de la Mairie. De cette façon, comme nous l’expliquent un historien du 19ème siècle, le château engloberait l’ancienne chapelle Notre-Dame du Val.

         René Le Coustellier, Jehan du Bois et Robert Le Massier, trois chevaliers nommés par le roi Charles V, organisent une tournée d’inspection des zones fortifiées de la région de Caen.

         Le 8 mars 1371, les trois hommes inscrivent dans leur rapport que la forteresse de Tilly est en aucun point conçue de manière suffisante pour éviter sa chute. C’est alors qu’il est ordonné au capitaine Pierre de Juvigny, responsable de la garde du château, d’assurer pour la quinzaine de Pâques les fortifications et le ravitaillement nécessaire.

         Mais cela n'empêche pas la forteresse d'être rendue aux Anglais le 15 septembre 1417. Les biens qui appartenaient aux seigneurs de Tilly, dont le château fort, sont alors confiés à Sir Gray.

         Le 8 février 1422, par crainte de voir la forteresse servir de bastion aux hommes hostiles aux Anglais, le roi Henri V d’Angleterre ordonne à son bailli de Caen, Jean Popham, chevalier anglais, que le château soit rasé. D’après certaines recherches l’ensemble de la forteresse n’aurait pas été totalement détruit à ce moment, mais plus certainement vers 1450, après la bataille de Formigny. " [1]

     

         " Lorsque, après la bataille de Formigny, les Anglais eurent quitté le sol de la Normandie et que Jean d'Harcourt et Jacques, son frère, furent rentrés en possession des biens qui leur avaient été enlevés, ils voulurent exiger des habitants d'Audrieu la garde et le guet du château de Tilly, disant que leurs prédécesseurs y avaient été sujets jusqu'à la venue des Anglais. Jean d'Harcourt reconnut qu'il était dans l'erreur et ne maintint pas sa prétention, mais il n'en est pas moins certain qu'à cette époque le château de Tilly existait encore, en tout ou partie, puisqu'il s'agissait d'assujettir à sa garde les habitants d'Audrieu, qu'il eût été reconstruit ou simplement réparé.
         En tout cas, il fut plus tard entièrement rasé, si bien qu'il n'en reste aucune trace et que l'on disserte actuellement sur l'emplacement qu'il occupait.

         Que le château de Tilly fût l'ancien, non abattu et réparé, ou que ce fût un bâtiment nouvellement construit, il était occupé, en 1487, par Catherine d'Arpajon, veuve de Jean d'Harcourt, qui y fit son testament, dit Beziers. Cependant, en 1463, Montfaut ne trouvait aucun noble habitant Tilly. Il y a là une contradiction absolue, à moins que le château n'ait été rebâti après 1463, date de la recherche de Montfaut, et avant 1487. " [2] 

     

     

    Plan de situation de la motte supposée et des vestiges du château de Tilly-sur-Seulles : la motte se situait à proximité de la Seulles (pont ou gué) et de l'église Saint-Pierre. Du château, construit par l'intendant d'Orceau de Fontette, il ne reste plus qu'une partie de l'aile nord : blason de la famille de Tilly (et de la commune de Tilly-sur-Seulles), d'or à la fleur de lys de gueules, par Travail personnel Cette image vectorielle contient des éléments, év  entuellement modifiés, qui ont été extraits de : Meuble héraldique Fleur de lys.svg.iLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Caranorn., CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4228353

     

    Les seigneurs de Tilly

     

    La famille de Tilly

     

         " La famille de Tilly originaire de Tilly-sur-Seulles (Calvados) était une famille de la noblesse française normande d'extraction chevaleresque. Elle est mentionnée dès le 12e siècle et a possédé principalement des terres dans le Bessin, l'Hiémois, le Cotentin, la Beauce ou les Yvelines mais ses branches ne survécurent pas au-delà du 20e siècle. (...)

         La famille de Tilly possédait la seigneurie de Tilly-sur-Seulles, dans le Bessin (Calvados). Cette seigneurie dépendait de l'honneur de Roncheville-la-Bertran, dans le pays d'Auge, et son château était tenu directement du roi. " [3]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Tilly, d'or à la fleur de lys de gueules, par Travail personnel Cette image vectorielle contient des éléments, éventuellement modifiés, qui ont été extraits de : Meuble héraldique Fleur de lys.svg.iLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Caranorn., CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4228353

     

         " Elle est à cette époque, une grande famille de chevaliers et d'hommes d'église important dans l'histoire de la Basse Normandie et de France. Ils sont présents lors de grandes batailles.

         En effet, le premier personnage de cette dynastie qui semble prendre part à un conflit historique est Ernaud Sire de Tilly qui accompagne le duc de Normandie, Guillaume le bâtard, appelé ensuite, le Conquérant, lors de la conquête d'Angleterre, en 1066. " [1]

     

         " Guillaume Ier de Tilly, fils de Jean, donna des terres du château de Tilly (castrum Tillei) à la cathédrale de Bayeux avant 1153 ; il était le père d'Henri de Tilly. Possessionné en Angleterre et nommé William Fitz John of Harptree, il épousa Denise de Mandeville (de Marshwood) et possédait le château de Richmont (East Harptree). " [3]

     

         " Lors de la troisième croisade (1191), un autre Tilly prend part à la bataille, auprès de Richard Coeur de Lion, roi d'Angleterre et de Philippe Auguste, roi des Français : c'est Jean de Tilly. " [1]

     

         " Dès le 12e siècle le château et le fief de Tilly-sur-Seulles se transmettent entre membres de la famille de Tilly jusqu'en 1375. " [3]

     

         " En fait, cette dynastie possède de nombreuses ramifications qui n’ont pas toutes une relation avec l’histoire de notre village. Seule une branche de la famille nous intéresse.

         On peut commencer la recherche généalogique des Tilly à partir de Jean de Tilly qui vivait vers 1130 ou 1150. Il donne naissance à Guillaume de Tilly, grand Sénéchal de Normandie sous le règne de Henri II. Là, rien ne nous atteste que ce personnage a un rapport direct avec le village. Pourtant de source plus concrète, vers 1200, on connaît le premier seigneur de la Terre de Tilly. C’est Henri de Tilly, seigneur de Tilly et de Fontaine le Henry, le fils de Guillaume. " [1]

     

         " Henry de Tilly, seigneur de Tilly et de Fontaine-Henry. En 1172, Henri de Tilly tenait du roi le château de Tilly et 10 acres de terres dans le village. C'est certainement en son honneur que ce fief fut connu sous le nom de Fontaines-le-Henry puis par la suite de Fontaine-Henry. Il aurait épousé vers 1190 Gondrede de Montbray, qui lui aurait apporté en dot les seigneuries d'Ecouché et de Cui. Il fut inhumé à l'abbaye d'Ardenne, abbaye à laquelle lui et ses descendants étaient très attachés et qu'ils avaient avantagée de nombreux dons. " [3]

     

         " Il donne naissance à un autre Guillaume qui décédera en 1259.

         A cette époque on différencie le fief de Tilly et celui de Auvrecher, ancien nom de Vérrolles. Avant 1235, Verrolles appartient encore à Philippe, comte de Boulogne. A la mort de celui-ci, la terre revient au roi. Ceci donne lieu, en 1356, à un procès entre la famille Tilly et les héritiers du fief d’Auvrecher. Ces derniers revendiquent le patronage de la paroisse alors que le roi a attribué, en 1303, la terre aux Tilly qui ont alors en leur possession, Tilly, Verrolles, Fontaine Henri, Fontenay le Pesnel et quelques autres fiefs plus éloignés.

         Guillaume de Tilly et Julienne de Fontaines ont un fils : Jean, Sieur de Tilly et Fontaine. " [1]

     

          " Jean de Tilly, châtelain de Tilly, épousa en 1264 Jeanne de Beaumont, dame de Luzarches. Son père, Jean de Tilly, avait participé, avec une trentaine d'autres chevaliers normands, au tournoi de Compiègne de 1238 organisé par Saint-Louis à l'occasion du mariage de son frère Robert d'Artois. " [3]

     

         " Entre 1360 et 1371, le fils du dernier des trois Jean de Tilly, Guillaume, se marie à une certaine Guillemette de Tournebu et le fief s’agrandit encore. " [1]

     

         " La branche ainée transmit ses terres à la famille d'Harcourt par Jeanne de Tilly, fille de Guillaume de Tilly et de Guillemette de Tournebu, qui épousa Philippe d'Harcourt... " [3]

     

    La famille d'Harcourt

     

         " Guillaume et Guillemette n’ont pas de fils mais une fille, Jeanne de Tilly, née vers 1366. Celle-ci se marie en 1374 avec Philippe d’Harcourt, fils de Jean d’Harcourt, comte d’Harcourt. Jeanne étant la seule héritière à la mort de son père se voit attribuer le fief (Tilly-sur-Seulles, Fontaine-Henry, Cui, Ecouché, Beaufou, Beuvron-en-Auge et La Motte-Cesny.).

         Par le biais de cette union, la Terre de Tilly-Vérrolles revient à cette autre grande famille normande, entre 1386 et 1403.

         Les d’Harcourt régneront sur Tilly jusqu’en 1518. " [1]

     

    Ci-dessus, blason de la famille d'harcourt par Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2697928

     

         " Le fief d'Orcher ou d'Auvricher, à Tilly, désigné depuis sous le nom d'Auvrecy, avait été acheté du seigneur d'Orcher par Philippe de Harcourt en 1387. " [4]

     

    L'occupation anglaise

     

         " Le 11 mai 1418, le roi Henri V d’Angleterre propose à John Gray de régner sur la châtellenie de Tilly. Après réflexion et confirmation par une charte signée au château de Rouen le nouveau seigneur prend possession du fief le 20 janvier 1418.

         Jean Gray ne garde pas longtemps la Terre de Tilly puisque le 24 novembre 1418, c’est son fils, Harie Gray, qui devient seigneur et patron de Tilly.

         En 1450, le village de Tilly/Vérolles est restitué à la famille d'Harcourt et plus précisément à Jean puis à François d’Harcourt. " [1]

     

    La famille de Couësme

     

         " A partir de 1518 la châtellenie change de propriétaire et passe alors dans les mains de plusieurs familles. En effet, François d’Harcourt décédé en 1518 et ne laisse que deux héritières, ses filles, Jeanne et Gabrielle.

         Jeanne d’Harcourt épouse Charles de Couësme, baron de Lucé, mais meurt sans enfant. Le baron de Lucé obtient l’autorisation de se marier avec la sœur de Jeanne, Gabrielle d’Harcourt. Par ce mariage, Charles de Couësme obtient la châtellenie de Tilly. Ils ont un fils : Louis de Couësme. Celui-ci n’aura pas de descendance. " [1]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Couësme par Gilloudifs.

     

         " Louis de Coismes, baron de Lucé, était seigneur et châtelain de Tilly en 1550. " [4]

     

    La famille de Bretagne

     

         " Renée de Couësme, sa sœur, épouse Odet de Bretagne, comte de Vertus, baron d’Avaugour et d’Ingrandes. La châtellenie de Tilly passe donc entre les mains d’une autre famille.

         Le 24 janvier 1556, les héritiers de Jacques d’Harcourt, le frère de Jean, obtiennent de nouveau par un partage des terres avec les autres prétendants, le fief de Auvrecher (Vérolles).

         A partir de cette difficile succession, l’histoire de Tilly et celle de Auvrecher (anciennement Vérolles) se séparent jusqu’en 1759. " [1]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Bretagne, comtes de Vertus, barons d’Avaugour et d’Ingrandes extrait de https://www.wikiwand.com/fr/Famille_d%27Avaugour

     

    La famille Blondel

     

         " En 1614, Claude de Bretagne, petit-fils de Odet, vend la châtellenie de Tilly à Jacques Blondel, écuyer, sire d’Ingy, conseiller du roy, lieutenant particulier civil et criminel au bailliage de Caen. Rappelons encore que Tilly et Auvrecher appartiennent alors à deux propriétaires différents. Jean Blondel, le petit-fils de Jacques, hérite de la seigneurie de Tilly. " [1]

     

    La famille Le Fournier

     

          Suzanne Blondel, la fille de Jean, vend Tilly en 1701 à Jacques Le Fournier, écuyer, sieur de Francheville. En 1705, il obtient de la chambre des comptes de Rouen l’union des fiefs d’Auvrecy, de Boussigny, d’Orbigny, de Grestain et de Courperon à celui de Tilly. Ce nouveau territoire correspond approximativement à celui que détenait la famille d’Harcourt. Suzanne et Jacques Le Fournier se marie le 12 février 1706. De leur union naissent Jacques Blondel, deuxième du nom et trois filles. Le fils se marie en 1735 avec Louise-Charlotte de Gaulthier mais meurt le 25 juin 1750, ne laissant pas de descendance.

         En 1759, les sœurs de Jacques Le Fournier et sa mère vendent le fief à Jean François d'Orceau, baron de Fontette, intendant de la généralité de Caen. " [1]

     

    Le Baron de Fontette : Jean François D'Orceau

     

         " Jean François D’Orceau : baron de Fontette, marquis de Tilly d’Orceau, seigneur de Fontenay sur le Vey, seigneur de Saint Sauveur de Fontenay de Vauville, de Tourville et de Cardonville. " [1]

         " Né en 1718, Jean François d'Orceau, baron de Fontette, est issu d'une riche famille de financiers parisiens.

          En 1738, il est conseiller au Parlement de Paris (les membres de ce parlement ne sont en fait que des conseillers du roi et ne sont en aucun cas habilités à faire justice ou loi).

     

    Ci-dessus, blason de la famille d'Orceau de Fontette par Gilloudifs.

     

         En 1745, il devient maître des requêtes au Parlement, ce qui lui confère un peu plus de prestige et d'appui à la cour royale.

         Du mois d'août 1752 au 21 octobre 1775, il est intendant de la généralité de Caen.

         A Caen, il fait ouvrir la rue Guillaume le Conquérant et crée la place qui porte maintenant son nom afin de dégager l’entrée de la ville. Son travail à la généralité est considérable et marqué de nombreux bienfaits.

         En 1759, il achète la châtellenie de Tilly/Vérolles à madame Le Fournier.

          On lui doit alors l'embellissement du village et de nombreuses réalisations. Il fait tout d'abord construire un somptueux château avec une partie centrale servant de lieu d'habitation et deux ailes dont l'une renferme une grande salle de spectacle ainsi qu'une petite chapelle. Ce dernier était alors entouré d'un vaste parc paysager avec massifs, pelouses et grandes allées (l'une desservant la grande route de Bayeux/Villers Bocage et l'autre, la route de Fontenay le Pesnel.

     

    LES REMPARTS DE TILLY-SUR-SEULLES (Calvados)

    Ci-dessus, le chateau de Tilly érigé par le marquis d'Orceau de Fontette. Document extrait de [1]

     

         Le 9 avril 1767, le Baron reçoit des mains du roi de France, l'accord de transformer la seigneurie en marquisat ; il devient donc le marquis d'Orceau et assure, ainsi, le " patronage " de la paroisse de Tilly d'Orceau (nom donné au marquisat).

         A partir de là le marquis se lance dans de grandes réalisations pour le village.

         Il fait ériger l'ancienne chapelle Notre Dame du Val en église paroissiale saint François. Du même coup, il fait construire un presbytère sur la colline, en face de la dite église et cède le terrain nécessaire à la réalisation d'un cimetière entre ces deux monuments religieux.

          Il fait également construire à ses frais la voie reliant la grande route de Bayeux à celle de Torigny via Fontenay le Pesnel.

         En 1787, il fait construire un lavoir public à côté du cimetière de l'église saint François. Celui-ci est alimenté d'une part, par une petite fontaine, donnant, selon les dire, la meilleure eau du " pays " et d'autre part par le ruisseau de Sagy passant par la fontaine Guéret (dans la rue d'Enfer).

         En plus de ces bienfaits, le marquis fait instaurer la foire qui se tient tous les premiers lundis de chaque mois ; pour cela il a fait niveler la place devant la recevoir.

         Enfin, il participe activement à la prospérité de son marquisat en y développant le commerce et l'industrie (pierres à chaux). Il aide les artisans et commerçants à s'installer en leur donnant les possibilités d’acquérir les terrains nécessaires pour une somme très faible.

         Avant l’arrivée du baron Fontette, Tilly ne représentait guère plus de cinq ou six chaumières et une ferme. A sa mort Tilly d'Orceau jouis de dix neufs fermes et métairies, 900 âcres de terres représentant le fief, d'un bourg important, de deux fours à bans, de quatre moulins et de nouveaux édifices religieux. " [1]

     

    LES REMPARTS DE TILLY-SUR-SEULLES (Calvados) LES REMPARTS DE TILLY-SUR-SEULLES (Calvados) LES REMPARTS DE TILLY-SUR-SEULLES (Calvados)

     

    Ci-dessus : à gauche, plan extrait du tableau d'assemblage du cadastre napoléonien de 1835. On y découvre l'importance du parc du château de Tilly, Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/ ; au centre, Gloriette dans le parc du Château de Tilly-sur-Seulles, photo extraite de https://www.tripadvisor.fr/VacationRentalReview-g1024158-d13949565-Chateau_de_Tilly_Authentique_et_chaleureux_XVIII-Audrieu_Calvados_Basse_Normandie_No.html


    Les autres châtelains de Tilly


         " A la mort de Jean François d'Orceau, plusieurs familles se succèdent au château de Tilly entraînant la destruction partielle de ce somptueux bâtiment.

         En 1807, le domaine est vendu à monsieur Rolin de la Hante (président du conseil supérieur de la Martinique). A sa mort c’est sa fille qui hérite de ses biens. Elle est mariée avec le comte Duval de Grenonville qui devient donc le possesseur de Tilly. Par la suite, un procès oppose les deux époux. Le comte de Grenonville est en effet accusé de ne non-paiement d’une somme importante à sa femme.

         En 1848, le domaine est vendu, pour la somme de un million cent francs, à une compagnie de spéculateurs. La « Terre de Tilly » est morcelée. Du même coup, les deux ailes du château, sont détruites après 1900 et le prestigieux parc est également démoli. " [1]

     

    LES REMPARTS DE TILLY-SUR-SEULLES (Calvados) LES REMPARTS DE TILLY-SUR-SEULLES (Calvados) LES REMPARTS DE TILLY-SUR-SEULLES (Calvados)

     

    Ci-dessus, à gauche et au centre, corps central du château de Tilly après la destruction des deux ailes au 19ème siècle. Ce bâtiment a disparu à son tour après les combats de la libération de la commune en 1944. On aperçoit sur la photo aérienne à droite, l'emplacement de ce corps central disparu et la partie subsistante de l'aile nord en haut à gauche sur la photo. A droite, dans le champ, on distingue l'emplacement de la motte féodale. Photo extraite du site Google Earth.

     

         " Le comte de Grenonville refusa d'abord 1.400.000 francs du domaine de Tilly ; lui ou ses représentants furent forcés de vendre, en 1848, tout le marquisat pour un million, à une compagnie de spéculateurs qui morcelèrent définitivement la vieille châtellenie. Les arbres du parc furent abattus, et des herbages créés là où existaient autrefois des bosquets et des allées nombreuses ; les ailes du château furent démolies, du moins en partie ; il ne reste plus que la partie centrale et une extrémité de l'aile de gauche, qui permet de se rendre compte de l'importance de la construction primitive. " [2]

     

         " Mars 1866 – Démolition. On travaille en ce moment à démolir en partie le château de Tilly-sur-Seulles, l'un des plus remarquables du département par ses vastes proportions et qui rappelait l'opulence de son illustre fondateur, M. de Fontette, intendant de la généralité de Caen. Il n'en restera plus que la partie centrale, les deux ailes sont condamnées à disparaître.

         Situé au centre d'une vaste et verdoyante prairie, adossé au pied d'une magnifique colline couronnée d'un bois d'agrément, entouré de belles avenues qui se déroulaient de part et d'autre, ce monument offrait un tableau des plus charmants.

         Les avenues ont successivement disparu, les derniers arbres de la colline ont été rasés cette année, l'édifice lui-même va être réduit à des proportions relativement très modeste, c'est une perte pour le bourg de Tilly dont il faisait le principal ornement. " [5]

     

    LES REMPARTS DE TILLY-SUR-SEULLES (Calvados) LES REMPARTS DE TILLY-SUR-SEULLES (Calvados)

     

    Ci-dessus : à gauche, dernier vestiges du château de Tilly-sur-Seulle, photo extraite de https://www.tripadvisor.fr/VacationRentalReview-g1024158-d13949565-Chateau_de_Tilly_Authentique_et_chaleureux_XVIII-Audrieu_Calvados_Basse_Normandie_No.html. Cette partie se trouve à gauche sur le plan ci-dessus, à droite ; plan extrait du tableau d'assemblage du cadastre napoléonien de 1835. Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/

     

    A proximité

     

      

     

    Ci-dessus, à gauche, la chapelle Notre-Dame du Val, photo prise après les combats de 1944, une photo extraite de Extrait de https://sites.google.com/site/tillysurseulles/les-seigneurs-de-tilly

     

         O " Chapelle Notre-Dame-du-Val (musée de la bataille de la commune). Elle fait l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques depuis le 11 septembre 1963. " [3]

     

         " Une chapelle, dont les restes subsistent encore s'appelle chapelle N.-D. du Val de Tilly ; elle est très ancienne et était desservie dans l'origine par un trésorier et quatre chapelains à la nomination du seigneur...
         Cette chapelle se voit au milieu du bourg, près de la route qui tend vers Lingèvres ; elle doit appartenir à la seconde moitié du 12e siècle et présente assez d'intérêt pour être visitée..."
    [4] 

     

     

         O " Eglise Saint-Pierre, 11e siècle, romane, fait l'objet d'une inscription au titre des Monuments historiques depuis le 24 janvier 1927. Deux tableaux sont classés à titre d'objets. " [3]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de https://sites.google.com/site/tillysurseulles/les-seigneurs-de-tilly

    [2] Extrait de l'Annuaire des cinq départements de la Normandie publié par l'Association normande (Caen) 1908 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61030256/f606.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Tilly%22

    [3] Extrait de Wikipédia

    [4] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados, tome 1 par Arcisse de Caumont, (1801-1873). Éditeurs Derache (Paris)/(Caen)/A. Hardel () 1846-1867 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9659616c/f296.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Tilly%22

    [5] Extrait de http://villesducalvados.free.fr/01tILLY.htm

     

    Bonnes pages :

     

    O Recherches sur les sires de Tilly par Édouard de Bonnemains ; Éditeur (Thonon les Bains) 1891

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5458797j/f11.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Tilly%22?rk=21459;2

    O Maison de Clinchamp. Histoire généalogique , par J. Noulens (1828-1898). Éditeur Champion (Paris) 1884, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5558647j/f932.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Tilly%22?rk=150215;2

    O Annuaire des cinq départements de la Normandie publié par l'Association normande (Caen) 1908 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61030256/f606.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Tilly%22

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  • LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne) LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne) LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)

     

    Ci-dessus, à gauche, une photo extraite de https://www.skyscrapercity.com/threads/castles-of-france-ch%C3%A2teaux-de-france.977176/page-126

     

    Le château de Cisai à Cisai-Saint-Aubin

     

         " A quelques kilomètres de Gacé, près d'une bourgade aux ruelles étroites et tortueuses, à demi caché par de grands arbres, baignant toujours dans ses fossés qu'alimentent des sources d'eau vive, le vieux château de Cisai offre aux visiteurs le charme particulier que présente l'aspect des ruines. " [1]

     

    LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)

      

    Plan de situation du château de Cisai à Cisai-Saint-Aubin ; blason de la famille Erard le Grix d'azur à trois pieds de griffon d'or, perchés chacun sur un tronc d'arbre d'argent extrait de https://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=16334 

     

    LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne) LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne) LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)

     

    Ci-dessus : à gauche, une photo extraite de http://dfcf-orne.over-blog.com/article-dfcf-61017-le-chateau-de-cisai-saint-aubin-69634145.html ; au centre, une photo extraite de http://tourisme.aidewindows.net/orne/cisai-saint-aubin.htm ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    Historique

     
         " Tenu depuis le 11e siècle par les Erard le Grix, aux sombres légendes, qui prirent plus tard les titres de marquis de Montreuil et d'Echauffour, comtes de Cisay, etc... " [1]

     

    LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne) LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne) LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)

     

    Ci-dessus : à gauche, une photo extraite de https://monumentum.fr/chateau-cisai-pa00110994.html ; au centre, un plan extrait du cadastre napoléonien de 1823, Archives de l'Orne, https://archives.orne.fr/

     
         " Château connu comme maison forte dès le 12e siècle. Odon Borleng, gouverneur de Gacé, y entreposait le butin résultant du pillage des populations. Richard de l'Aigle s'en empara, et la maison forte devint château fort avec douves et tours de défense aux angles. " [2]

     

    LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)     " En 1460, Jehan Erard, seigneur du Buisson de Cisay, se porta acquéreur du lieu, en ruine, avec son épouse dame Robine Bérald. Ensemble, ils reconstruisent le château, (aujourd’hui partie connue sous les douves).

         Puis son fils Guillaume, qui a participé à la bataille de Pavie, en 1525, reconstruisit la demeure selon un plan en équerre, dans le style Renaissance, en témoignent les fenêtres à « grotesques » (figures symboliques et grotesques comme des sirènes…) et avec deux tours. (...)

         De la construction du 16e siècle subsiste l’aile nord-est. Au 17e siècle (1650), le château Renaissance, l’aile gauche du château est construite. Les deux autres tours à mâchicoulis furent sans doute construites à ce moment. Le château est désormais comme il est connu de nos jours.

         C’est également au 17e siècle, que les communs du château et la ferme du château (aujourd’hui la ferme des Pampilles) ont été construits. " [3]

     

    Ci-dessus, blason de la famille Erard le Grix d'azur à trois pieds de griffon d'or, perchés chacun sur un tronc d'arbre d'argent extrait de https://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=16334  

     

    LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne) LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne) LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)

     

    LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)     " Le fief de Cisai, en 1702, passa par mariage à Michel de Roncherolles, marquis de Pont-Saint-Pierre, dont la famille le posséda jusqu'a la fin du siècle dernier. " [1]

     

         " Le château fut occupé pendant la Seconde Guerre mondiale et une explosion endommagea la grande salle du rez-de-chaussée. Seul subsiste un décor peint du 17e siècle sur une poutre. (...)

         Pendant le 19e siècle, la propriété est plus ou moins délaissée. Elle ne revit que depuis la fin de la Grande guerre. En 1920, M. Decaulange s’en porte acquéreur. Il y demeure vingt ans, puis ce sera le colonel Antoine, durant trente ans, M. Palatnik, pendant dix ans et depuis 1977, Didier et Jacqueline Baissas. " [3]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Roncherolles par Tretinville — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16406895

     

    Description

     

    LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)     " Le château de Cisai, comme ses seigneurs, ne tient aucune place dans l'histoire provinciale. Il offre peu d'intérêt à l'archéologue. C'est une construction du 16e siècle plutôt pittoresque que monumentale.
    Les hautes toitures reposent sur des corniches que soutiennent des modillons largement sculptés.


    Ci-dessus, une photo de Gilloudifs.

        

         Quelques fenêtres ont encore des meneaux et des frontons assez heureusement exécutés. De tout cela toutefois il ne résulterait qu'un ensemble assez banal, sans quatre tourelles de formes disparates, coiffées de dômes moscovites ou de poivrières à demi effondrées et terminées par des épis, curieux échantillons de la céramique normande, qui donnent au vieux manoir un aspect très original.
         Près de l'entrée du parc, et tout à côté de la tour trapue de l'église du 13e siècle, s'élève le colombier seigneurial. C'est une tour ronde, complètement isolée, terminée par une corniche à modillons, que surmonte un dôme en charpente avec lanternon dans le même style.
         L'intérieur du château est dénué d'intérêt. " [1]

     

    LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne) LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne) LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne) LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)

     

    LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)     " De la grille où nous déposent nos voitures, nous apercevons au fond d'une prairie vallonnée, ombragée de beaux arbres la fine silhouette du château. Il date du 16e et du 17e siècle, et, de loin, il a encore belle allure. Avec son air guerrier et ses gracieuses tourelles, il rappelle les hardis chevaliers d'antan, aux bras puissants et à l'âme tendre.

         Sur le seuil nous attend M. de Séguin, dont nous n'avons pas oublié la réception à Crèvecoeur, il y a un an, et, qui, après un accueil réconfortant, va nous guider lui-même avec son habituelle compétence.
         La salle par laquelle on pénètre est ornée de poutres et poutrelles peintes au 17e siècle. Un intéressant couloir la fait communiquer avec la cuisine. Mais ce qui serait sans contredit le plus digne de remarque, c'est une immense pièce où devaient se donner autrefois réceptions et spectacles ; son état de délabrement ne permet malheureusement pas d'en apprécier la beauté.
         Le grand escalier mérite aussi d'être cité ainsi qu'un dallage émaillé, dont on retrouve des échantillons dans les couloirs et dans quelques chambres.
        L'intérieur, on le voit, ne répond pas à l'extérieur.
        Au 12e siècle, Cisai fut place forte. Propriété des Erard le Gris, plus tard marquis d'Echauffour, il resta dans cette famille jusqu'au 24 février 1702. A cette date, il passa par le mariage de Marie-Anne-Dorothée Erard le Gris, avec Michel de Roncherolles, marquis de Pont-Saint-Pierre, baron d'Ecouis, à la famille de Roncherolles qui le garda jusqu'à la fin du 18e siècle.
         La façade décorée de belles lucarnes, est couronnée de corbeaux qui soutiennent la toiture ; elle est accolée de deux pavillons dont l'un, celui de l'Est, est flanqué de deux tours rondes et d'une petite tourelle. En avant, une autre tour que l'on avait d'abord prise pour un colombier, devait avoir uniquement un intérêt de défense.
         Elle voisine avec un arbre vigoureux, au feuillage épais, et tous deux se mirent coquettement dans une petite mare, à peine assez grande pour refléter leur image et qui les sépare de l'église. "
    [4]

     

    Ci-dessus, deux dessins de Léon Patrie extraits de ce même document [4].

     

    LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)

     

    Protection

     

         " Tour de l'angle nord-est du logis ; tour à l'angle sud-est de la cour ; douves les reliant (cad. F 8) : inscription par arrêté du 19 juin 1991 " [2]

     

    A proximité

     

    LES REMPARTS DE CISAI-ST-AUBIN (Orne)     " L'église a été bâtie au 13e siècle. Elle a était en partie remaniée : la tour-clocher date du 15e siècle et le portail intérieur du 12e siècle (il s'agit donc d'un remploi). " [5]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de l'article de l'abbé A. Desvaux in La Normandie monumentale et pittoresque... Orne, 1re [-2e] partie.... Partie 2 – Éditeur Lemale (Le Havre) 1896, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6421248j/f115.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Cisai%22?rk=21459;2

    [2] Extrait de https://monumentum.fr/chateau-cisai-pa00110994.html

    [3] Extrait de https://www.ouest-france.fr/normandie/cisai-saint-aubin-61230/un-chateau-au-coeur-du-village-cisai-saint-aubin-6534635

    [4] Extrait du Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne - Éditeur (Alençon) 1910 – dessins de Léon Patrie ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54572785/f99.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Cisai%22?rk=64378;0

    [5] Extrait de https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/61-Orne/61108-Cisai-Saint-Aubin/149319-EgliseNotre-Dame-de-lAssomption

     

    Bonnes pages :

     

    O http://tourisme.aidewindows.net/orne/cisai-saint-aubin.htm#chateau

    O http://dfcf-orne.over-blog.com/article-dfcf-61017-le-chateau-de-cisai-saint-aubin-69634145.html

    O http://www.corpusetampois.com/che-20-chaixdestange16.pdf

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  •  

    Ci-dessus : à gauche, une photo de Gilloudifs ; au centre, une photo extraite de https://monumentum.fr/manoir-dit-agnes-sorel-pa00100752.html ; à droite, une photo extraite de https://www.normandie-tourisme.fr/sites-lieux-de-visites/manoir-agnes-sorel/

     

     Le manoir de la Vigne dit " le manoir d'Agnès Sorel " se situe sur la commune du Mesnil-sous-Jumièges :

     

    1855 : 

         " Ce fut là qu'expira la dame de Beauté, pendant que son royal amant, redevenu quelque chose de mieux que le roi de Bourges, travaillait à achever, sous les murs de Caudebec, l'œuvre commencée par Jeanne d'Arc, son bon génie. Le joli manoir de Mesnil-la-Belle, occupé maintenant par un bon laboureur, n'a plus rien de sa distribution intérieure ; mais le dehors a été respecté, et ses murs gardent encore les chiffres de la dame de Beauté. Surtout contemplez cette petite fenêtre ogivale du bord de l'eau. A cette ogive se tenait, blanche et calme, la belle Agnès, songeant à son bien aimé Charles de France, et regardant du côté de Jumièges, d'un regard attentif, si elle ne voyait rien venir. " [1] 

     

         " C'est une grande maison qui se détache dans le beau paysage des boucles de la Seine. Pierre blanche de Caumont, lignes épurées. Le manoir est un témoignage du moyen-âge. (14e siècle)
         C'était une dépendance de l'abbaye de Jumièges, appelé " manoir de la vigne ". Le moines cultivaient le raisin. Il est aujourd'hui souvent nommé manoir d'Agnès Sorel.
         La maitresse adorée de Charles VII y mourut en pleine jeunesse en février 1450, un empoisonnement au mercure, qui demeure mystérieux. " [2]

     

         " Le mystère reste entier quant à cet empoisonnement : a-t-elle été assassinée ou bien est-elle morte à la suite d’un surdosage de ce médicament sensé soigner ses maux de ventres ? Quoiqu’il en soit, après sa mort, son cœur sera placé dans un monument de la collégiale de Jumièges, tandis que son corps reposera à Loches. " [3]


         " Cette maison inhabitée depuis des siècles menaçait ruine. Un amoureux du patrimoine la restaure depuis 1993. "
    [2]

     

    Abbé Cochet, 1864 :

     

         " Manoir d'Agnès Sorel, construction de pierre du 13e siècle, qui n'avait pas été élevée pour la femme célèbre qui lui a donné son nom. Ce manoir, bien défiguré aujourd'hui, consiste encore en deux corps de bâtiment formant angle droit, dont l'un sert de grange et l'autre de maison de fermier. Dans le premier bâtiment, l'entrée principale est formée de deux portes ogives du 13e siècle, dont une grande pour les voitures et l'autre petite pour les piétons ; des fenêtres carrées à croisées de pierre avec bancs dans leurs embrasures et de vastes cheminées dont les foyers sont faits avec de la tuile artistement ménagée. Dans la partie devenue la maison du fermier, des pignons percés d'ogives, une pièce recouverte par une magnifique charpente, qui fut la chapelle. On y voit, en effet, une jolie piscine de pierre à double cuvette, une crédence encadrée de tores et de colon-nettes ; en face, le tabernacle ou sacraire et le banc seigneurial dans l'embrasement du mur. Toute cette partie vient d'être profondément altérée. Un petit bâtiment placé en face présente trois archières en forme de croix de Malte. " [5] 

     

       

     

     Plan de situation du manoir de la Vigne dit d'Agnès Sorel au Mesnil-sous-Jumièges ; blason de l'abbaye de Jumièges extrait de https://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=5292

     

    Histoire

     

         " Le site, construit et habité depuis l’époque gauloise, se situe sur une butte qui surmonte une boucle de la Seine. L’histoire du manoir est ainsi bien antérieure à la venue d’Agnès Sorel. Autrefois appelé manoir de la Vigne, ce dernier a appartenu jusqu’à la Révolution à l’abbaye de Jumièges, se trouvant non loin de là. " [3]

     

         " Le manoir de la Vigne doit son nom à la culture du raisin sur la presqu’île. On y produisait le vin de Conihout diversement apprécié. Si certains se félicitent des bonnes récoltes d’autres le considèrent comme un infâme verjus. Un dicton résume leur opinion : « De Conihout ne buvez pas, car il mène l’homme à trépas ». " [6]

     

         " Les princes capétiens et les visiteurs de l’abbaye y étaient logés lors de leurs séjours dans la région. L’architecture du lieu montre que le bâtiment a vraisemblablement été réutilisé et remanié au cours des siècles. La construction du manoir d’Agnès Sorel remonterait à 1325 et celle de la chapelle à 1345. Les armes de Jumièges et de la Normandie figurait dans la décoration des lieux. (...) [3]

     

    Agnès Sorel

     

         Au début de l’année 1450, Agnès Sorel (qui a donc donné son nom au manoir) vient rejoindre le roi Charles VII, installé à Jumièges pour terminer de reconquérir la Normandie et en finir avec la Guerre de Cent ans. Enceinte, elle s’installe au manoir de la Vigne et met au monde un fœtus de 7 mois, qui ne survivra pas. Elle meurt peu de temps après, le 9 février 1450 à l’âge de 28 ans, empoisonnée par du mercure. " [3]

     

    Ci-dessus : La Vierge allaitante en manteau d'hermine représentée sous les traits d'Agnès Sorel, musée royal des Beaux-Arts d'Anvers par Jean Fouquet — musée royal des Beaux-Arts d'Anvers, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=71001742

     

         " Sitôt installée par Charles au manoir de la Vigne au Mesnil-sous-Jumièges près de Rouen, elle est soudainement prise d'un « flux de ventre » selon Jean Chartier, chroniqueur officiel de la cour, et meurt en quelques heures le 9 février 1450, recommandant son âme à Dieu et à la Vierge Marie et rappelant l’indulgence absolutoire in articulo mortis (à l’heure de la mort) accordée par le pape Nicolas V. En donnant naissance à un enfant prématuré de sept mois, sa dernière fille, qui meurt rapidement après sa naissance, celle qui fut la première maîtresse officielle d’un roi de France meurt à l'âge de vingt-huit ans, officiellement d'une infection puerpérale. Elle a le temps de léguer ses biens à la collégiale de Loches pour que des messes y soient dites pour le repos de son âme, à l'abbaye de Jumièges où est déposé son cœur, ainsi qu'aux membres de sa famille et au roi à qui elle lègue ses bijoux.

         Sa mort est si rapide qu'on soupçonne un empoisonnement. On accuse même Jacques Cœur, désigné comme exécuteur testamentaire, de l'avoir fait assassiner, mais c'est l'un des rares chefs d'inculpation dont il est lavé lors de son procès peu après la mort d'Agnès. Les soupçons se portent alors, et jusqu'au 21e siècle, sur le dauphin, futur Louis XI, ennemi du parti qu’elle soutenait. " [4]

     

         " Ses trois premières filles, légitimées par le roi, feront des mariages dans l’aristocratie et Agnès deviendra, de manière posthume, la belle grand-mère de Diane de Poitiers ! Sa descendance nourrira ainsi les familles royales européennes pendant les siècles à venir. " [3]

     

     

    Ci-dessus, une photo extraite de https://www.seine-maritime-tourisme.com/diffusio/fr/je-choisis/une-visite/chateaux-monuments/le-mesnil-sous-jumieges/manoir-agnes-sorel_TFOPCUNOR076FS00092.php

     

    Description

     

         " Le rez-de chaussée du bâtiment principal était constitué de deux appartements destinés aux gens exploitant la ferme. Au premier étage se trouvaient une pièce de service (avec cheminée), une chambre et une salle (avec cheminée également), dédiés à une fonction de réception. A ce même étage, la chapelle, par laquelle on pouvait accéder par un escalier intérieur et un escalier extérieur, accueillait les habitants du manoir mais aussi les gens de ferme. " [3]

     

     

         " L’architecture du lieu montre que le bâtiment a vraisemblablement été réutilisé et remanié au cours des siècles. La construction du manoir d’Agnès Sorel remonterait à 1325 et celle de la chapelle, construite à l'est du manoir en 1345, elle bouche en partie l'un des deux oculi du pignon. Une fenêtre a également été murée. Elle était éclairée à l'est par une grande baie en arc brisé. " [7]

     

    La chapelle

         " La chapelle est orientée et de plan allongé à deux travées, se terminant par un chevet plat tandis que la partie occidentale se greffe sur le corps de bâti du manoir.
    Élévation extérieure :
         La façade principale est ainsi son chevet qui est ajouré par une en arc brisé à remplages. Sa toiture est à double pan. Le mur gouttereau nord de la chapelle est ajouré de deux baies rectangulaires, accompagnées chacune d'une baie en arc brisé.
    Èlévation intérieure :
         Des travaux de réfection ont révélé des peintures murales situées dans la chapelle, à l'étage et dans le corps du logis. " [8] 

     

         " A proximité du puits, un bâtiment logeait les cuisines et était relié à l’origine au grand bâtiment. " [3]

     

     

     

     

    Protection

     

         " Bâti et sol, y compris les vestiges enfouis des parcelles A 258, 576, 775, 777 : classement par arrêté du 17 décembre 1993 ; Bâti et sol, ainsi que l'ancien enclos sur les parcelles A 778, 776, 774, 773, 462, 251 : inscription par arrêté du 16 juin 1993 " [9]

     

     

    Ci-dessus : à gauche et à droite, deux photos de Gilloudifs ; au centre une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Guides-itinéraires : de Paris au Havre par Eugène Chapus (1800-1877) - Éditeur L. Hachette (Paris) 1855 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97665475/f148.image.r=%22Mesnil%20sous%20Jumi%C3%A8ges%22?rk=171674;4

    [2] Extrait de https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/rouen/diaporama-au-mesnil-jumieges-manoir-agnes-sorel-1297091.html

    [3] Extrait de http://louisegoingout.fr/le-manoir-dagnes-sorel/

    [4] Extrait de https://fr.wikipedia.org/wiki/Agn%C3%A8s_Sorel#Sa_mort

    [5] Extrait de La Seine-Inférieure historique et archéologique : époques gauloise, romaine et franque par M. l'abbé Jean-Benoît-Désiré Cochet (1812-1875) Éditeur (Paris) 1864

    [6] Extrait de https://www.cirkwi.com/fr/point-interet/987129-7-manoir-de-la-vigne-agnes-sorel

    [7] Extrait de http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/manoirs-seine-maritime-manoir-a-le-mesnil-manoir-agnes-sorel.html

    [8] Extrait de https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/76-Seine-Maritime/76436-Mesnil-sous-Jumieges/181950-ChapelledumanoirditdAgnesSorel

    [9] Extrait de https://monumentum.fr/manoir-dit-agnes-sorel-pa00100752.html

     

    Bonnes pages :

     

    O https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/rouen/diaporama-au-mesnil-jumieges-manoir-agnes-sorel-1297091.html

    O http://louisegoingout.fr/le-manoir-dagnes-sorel/

    O https://www.paris-normandie.fr/region/le-mesnil-sous-jumieges--la-renovation-des-charpentes-du-manoir-agnes-sorel-bientot-termines-HN12869790

    O https://www.persee.fr/docAsPDF/bulmo_0007-473x_1994_num_152_3_3481.pdf

    O http://melao.free.fr/Mesnil_retable.htm

    O http://www.histoireeurope.fr/RechercheLocution.php?Locutions=Agn%E8s+Sorel

    O http://www.abbayedejumieges.fr/wp-content/uploads/2018/04/nov2016-plaque-tombale-dAgn%C3%A8s-Sorel.pdf

    O http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Agnes_Sorel

    O https://books.google.fr/books?id=6By4DwAAQBAJ&pg=PT115&lpg=PT115&dq=manoir+de+la+Vigne+Le+Mesnil+sous+Jumi%C3%A8ges+Sorel&source=bl&ots=jblmENip5L&sig=ACfU3U3UlvKZ-k8yrfx1nsBqdLNZrZ2Dtw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiAwcTY1IztAhXOvKQKHahGDOY4PBDoATAAegQIBRAC#v=onepage&q=manoir%20de%20la%20Vigne%20Le%20Mesnil%20sous%20Jumi%C3%A8ges%20Sorel&f=false 

     

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  •      On trouve sur le territoire du Thuit, dans le bois du Thuit sur le rebord d'un plateau, une motte castrale dite « la Butte Castel » ou « butte-Châtel ». [NdB]

     

         " Le nom de la localité est attesté sous les formes Tuit en 1224, Thuit en 1409.

         Thuit est un appellatif toponymique normand issu vieux norrois thveit signifiant « essart » (terrain défriché). " [1]

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Eure)    LES REMPARTS DU THUIT (Eure)

     

    Plan de situation de la motte du Bois du Thuit. N'ayant pas d'informations sur l'emplacement précis de la motte, je propose cette carte provisoire extraite du site Géoportail ; blason du département de l'Eure par Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona 25/09/2007., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2811940

     

     " Le Thuit (Eure). Le Bois du Thuit

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Eure)     Le site, appelé localement « la Butte Castel », prend place dans un ensemble déjà défendu, en aval des Andelys : un important rempart de terre ferme un éperon barré, encadré par un vallon sec et la vallée de la Seine. Dans l’angle NE, une motte avec basse cour a fait l’objet d’un relevé topographique. La motte est assise sur le rebord du coteau, au niveau d’une rupture de pente très prononcée, sa hauteur varie de 1,5 m depuis le plateau à 8 m depuis le vallon, la plateforme mesure 14 m de diamètre. Le fossé présente 11 m d’ouverture pour une profondeur maximale de 3 m, une bande de terrain n’a pas été décaissée pour laisser subsister un pont de terre qui accède à la motte. La basse cour dont les reliefs dégradés n’ont fait l’objet que d’un relevé partiel se développe vers l’est selon un tracé semi-circulaire ouvert sur le coteau. Son tracé, au contact de la motte, enveloppe le tertre en venant doubler la défense fossoyée sur son flanc occidental.

     

    Ci-dessus, emplacement présumé de la motte du Bois du Thuit, une photo aérienne extraite du site Google Earth.

     

         Aucun élément ne permet de dater le site. Néanmoins, l’agencement des différentes parties permet de souligner une parenté avec le site de Malassis à Sainte-Geneviève-lès-Gasny, construit en 1118 par Henri ier Beauclerc pour assiéger les troupes françaises occupant la place de Gasny. Elles s’enfoncent vers l’intérieur des terres en 1119, en s’emparant du château des Andelys. La « Butte Castel » s’apparente à un ouvrage de siège analogue. D’autre part, un examen attentif du sol a permis de recueillir des fragments de panse à pâte blanche provenant de oules et un tesson montrant une bande appliquée digitée qui ne contredisent pas une occupation courte durant la première moitié du 12e s. (Relevé et étude : Bruno Lepeuple.) " [2]

     

    La « Butte Castel »

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Eure)        La « Butte Castel », située sur la commune du Thuit, prend place dans un ensemble déjà défendu, un important rempart de terre définit un éperon barré d’une surface importante et certainement antérieur au Moyen Âge (fig. 4, voir ci-contre). Implantée à l’extrémité du plateau, elle surplombe un vallon qui débouche sur le méandre de la Seine en aval des Andelys. L’éloignement de la position française est conséquent, plus de 5 km. Le site verrouille néanmoins l’un des deux accès vers le plateau, notamment vers la vallée de l’Andelle et Pont-Saint-Pierre, jusqu’où les troupes d’Enguerrand de Chaumont pouvaient rayonner selon Suger [Suger, p. 192, voir note 9].

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Eure)         La « Butte Castel » est une petite fortification de terre composée d’une motte et d’une basse-cour (fig. 5, voir ci-contre). L’ensemble n’est pas parfaitement conservé, le côté oriental de la fortification est plus érodé et couvert d’une végétation épineuse dense [Cet état semble être dû à une coupe forestière qui a créé de nombreuses perturbations du terrain]. La motte est assise sur le rebord du coteau, au niveau d’une rupture de pente très prononcée, le tronc de cône n’est pas homogène sur l’ensemble de sa circonférence du fait de la déclivité du terrain. Le remblai est plus important vers le nord où davantage de terre a dû être apportée pour créer une plate-forme qui mesure aujourd’hui 14 m de diamètre. Le fossé ne ceinture pas complètement le tertre, au nord, il est ouvert sur la forte pente du coteau, et au sud, une bande n’a pas été décaissée pour laisser un pont de terre.

         La basse-cour ne se raccorde pas sur la motte selon un plan classique, elle l’enveloppe en venant doubler la défense fossoyée sur le flanc occidental du tertre et s’en détache pour dessiner un enclos qui se développe vers l’est. Le dessin du fossé n’adopte pas une courbe parfaite, tout le flanc sud-ouest s’effectue selon un tracé rectiligne. C’est dans cette portion qu’est aménagé l’accès vers la motte, dans la continuité du pont de terre qui interrompt les deux fossés, non pas perpendiculairement, mais de biais. L’entrée vers la basse-cour n’est pas aisément discernable, on peut l’imaginer à côté de l’aménagement précédent, mais l’état perturbé du rempart de terre dans ce secteur ne permet pas de résoudre clairement ce problème.

            Néanmoins, certaines particularités du site se dégagent nettement. La motte a volontairement été placée à l’intérieur de la basse-cour pour augmenter la profondeur des défenses autour du tertre. Cette extension en surface autorise une faible élévation de la motte dont l’altitude est rapidement dépassée par le plateau environnant. D’autre part, l’accès de biais traduit la volonté de le rendre difficile. Ces trois thèmes ont déjà été soulevés pour le site de « Malassis » par rapport auquel « la Butte Castel » paraît un aboutissement des expériences tentées en 1118. D’autre part, un examen attentif du sol a permis de recueillir quelques témoins céramiques – essentiellement des fragments de panses à pâtes blanches qui semblent provenir d’oules et un tesson montrant une bande appliquée digitée – qui ne contredisent pas une occupation courte durant la première moitié du 12e siècle. L’éloignement relativement important du château des Andelys n’apparaît pas comme discriminant pour l’hypothèse ici soutenue. L’étude de ces fortifications de siège montre que la distance entre les deux points peut être variable de quelques centaines de mètres à plusieurs kilomètres, nous retiendrons le cas du site de « Mateputain », à Vieux-Rouen-sur-Bresle où, en 1119, Henri Ier a fait construire un château destiné à assurer le blocus d’Aumale, à 8 km [Jacques Le Maho, « Fortifications de sièges et "contre-châteaux" en Normandie (11e-12e siècles) »], au-delà des possibilités de surveillance strictement visuelles. (...) " [3] 

     

         " Le Thuit - Butte du Châtel. - En décrivant et figurant (Archéologie, p. 33) le retranchement de la butte du Châtel et de la levée qui entoure le plateau jusqu'au château du Thuit, sur 300 mètres de long, nous n'avons pas parlé de la porte de Montjoie qui nous, avait été signalée, vers 1895, par M. A. Guynemer, grand-père du célèbre aviateur, et propriétaire du château voisin, appellation qui n'est plus connue actuellement. " [4] 

     

    Une voie antique passait à proximité de la " Butte Castel " :

     

         " Avant d’arriver aux Andelys, cette voie peut-être d’origine gallo-romaine, venait de la direction de Paris, traversait l’Epte à Gasny, elle remontait jalonnée de retranchements antiques de terre ; après avoir traversé les Andelys par la chaussée, le long du Vivier d’Andely, ou de l’autre côté de ce même étang, elle montait au Thuit, traversait un immense retranchement nommé Butte du Châtel, dominant le lavoir et la source de Saint-Martin ; (en face, sur l’autre versant, existait une motte moins importante près de Noyers) ; le vallum du retranchement du Thuit longe le bois sur plusieurs centaines de mètres, revient à angle droit sur le château du Thuit ; la route descendait à Fretteville et Connelles ; là, quatre bacs, et plus tard un pont permettaient de traverser la Seine et l’extrémité de l’île de Connelles, de l'île aux Bœufs, et rejoignait la rive gauche de Portejoie. " [5]

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Eure) LES REMPARTS DU THUIT (Eure) LES REMPARTS DU THUIT (Eure)

     

    Ci-dessus, au centre l'église Saint-Martin du Thuit, une photo extraite de https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/27-Eure/27635-Thuit/179086-EgliseSaint-Martin

     

         O " Le château du Thuit du 19e siècle. Construit en 1850 par le grand-père de Georges Guynemer, il est racheté en 1934 et se trouve en lente rénovation depuis. L'oncle de Guynemer a été sous-préfet à Louviers sous Napoléon III. " [1]

     

         O " Église Saint-Martin. René-Nicolas de Maupeou parraine une des cloches qui, en 1811, est transférée à l'église Saint-Sauveur du Petit-Andely. Une des baies vitraillées représente Georges Guynemer. " [1]

     

         O " La boucle de la Seine dite de Château-Gaillard, Site classé (2006) " [1]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de Haute-Normandie. Étude microtopographique des fortifications de terre de Haute-Normandie - Responsable d’opération : Anne-Marie Flambard Héricher - Notice rédigée avec Bruno Lepeuple, Aude Painchault et Anne-Marie Flambard Hericher p. 301 https://journals.openedition.org/archeomed/20462

    [3] Extrait de Des châteaux et des sources par Jean-Louis Roch, Bruno Lepeuple et Élisabeth Lalou - Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2008 (généré le 15 novembre 2020) https://books.openedition.org/purh/9993?lang=fr#text 

    [4] Extrait du Bulletin de la Société préhistorique de France - Commission des enceintes et souterrains refuges - premier supplément aux inventaires – Retranchements et souterrains-refuges de l'arrondissement des Andelys par Léon Coutil, Paris, 1921.

    [5] Extrait de Bulletin de la Société d'études diverses de l'arrondissement de Louviers – Editeur : (Louviers)/SED (Louviers) 1923 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1167870n/f52.image.r=%22butte%20du%20Ch%C3%A2tel%22?rk=64378;0

     

    Bonnes pages :

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Eure)     Je vous engage à consulter " Deux contre-châteaux d’Henri Ier Beauclerc en 1118-1119 : approche historique et topographique " par Bruno Lepeuple. Ce document compare le site de la " Butte Castel " et celui du " Malassis " à Gasny : https://books.openedition.org/purh/9993?lang=fr

     

    Ci-dessus, plans comparés du "Malassis" et de la "Butte Castel" extrait de ce même document [2].

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  • LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)

     

    Ci-dessus, l'emplacement de la motte de Montbray, une photo extraite du site Google Earth.

     

    Le château de Montbray

     

         " Les barons de Montbray sont antérieurs à Guillaume le Conquérant. Geoffroy de Montbray, évêque de Coutances, joua un rôle comme guerrier et comme prélat à la bataille d’Hastings.

         Le château des seigneurs de Montbray est au bas du bourg, sur un rocher peu élevé, au bord d’un ruisseau qui sépare la Manche du Calvados. La motte et l’emplacement sont aisés à reconnaître, bien qu’il reste peu de traces des anciennes fortifications. L’enceinte parait avoir été considérable. Le centre de cette enceinte est occupé par une habitation moderne. " [1]

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche) LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche) LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)     " Le château est au bas du bourg de Montbray, sur un rocher peu élevé au bord d'un ruisseau qui sépare les départements de la Manche et du Calvados.
         La motte et l'emplacement sont aisés à reconnaître, bien qu'il reste peu de traces des anciennes fortifications. Le côté le plus fort semble avoir été celui du ruisseau qu'on faisait aisément déborder pour empêcher les approches et pour remplir les fossés. Je ne vois pas qu'il ait jamais soutenu de siège. L'enceinte paraît avoir été considérable.
    Le centre de cette enceinte est aujourd'hui occupé par une habitation qui a été la résidence des derniers barons, et qui est maintenant habitée par M. de Gaupuceau membre du conseil d'arrondissement de Saint-Lô. "
    [2] 

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)   LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)

     

     Plan de situation de la motte de Montbray ; blason de la famille d'Aubigny dont est issue la deuxième maison de Montbray par Sodacan Cette image vectorielle non W3C-spécifiée a été créée avec Inkscape. — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10964085

     

         « La commune de Montbray occupe une place importante dans les Annales de la Normandie. La création de la paroisse est des plus anciennes comme le prouve le fait que l'église était placée sous le patronage de saint Martin, ce qui avait lieu surtout aux 7e et 8e siècles.  La famille qui possédait cette terre était déjà des plus connues au 11e siècle puisque nous trouvons à cette époque Geoffroy de Montbray qui fut le trente-cinquième évêque de Coutances et le fondateur de la Cathédrale.


    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)     Le château est situé sur un rocher peu élevé au bord d'un ruisseau qui sépare les départements de la Manche et du Calvados. La motte féodale est aisée à reconnaître, bien qu'il ne reste que peu de traces des anciennes fortifications. Le côté le plus fort semble avoir été celui du ruisseau qui formait autrefois un vaste étang et qui servait aussi à remplir d'eau les fossés de l'enceinte assez marqués encore aujourd'hui quoique convertis en prairies. Du côté de la façade, un souterrain conduisait du château au bourg et n'a été détruit qu'en 1809. Cependant rien n'indique que ce château ait jamais subi de siège. Le château actuel qui est d'époque Louis XIII, en granit du pays, occupe le centre de l'enceinte fortifiée. L'escalier vraiment royal est remarquable, il est garni de magnifiques bahuts gothiques et renaissance. " [3] 

     

    Ci-dessus, une photo de l'escalier de la mairie, château d'Argenton extrait de https://fr.geneawiki.com/index.php/Fichier:50338_Montbray_escalierMairie.JPG

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche) LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche) LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)

     

    La baronnie de Montbray

     

         " La baronnie de Montbray a appartenu à diverses familles au cours des âges. La première de ces familles a été l'une des plus considérables de Normandie et d'Angleterre. " [3]

     

         " Je vois d'abord Roger de Montbray figurer à Lillebonne parmi les premiers et les plus illustres seigneurs de la province que le duc Guillaume réunit pour délibérer sur le projet de faire valoir à main armée ses droits à la couronne d'Edouard le Confesseur.

         A la bataille d'Hastings et au partage du butin, Geoffroy de Montbray, frère de Roger, absorbe toute l'attention. Au milieu de cette bataille mémorable il fut le fautor acer et le consolator ; mais il ne se borna pas aux exhortations et aux consolations qu'il devait comme évêque ; le moine de Saint-Evroult qui parle parfois de ses vertus pontificales, a soin d'avertir qu'il était bien plus remarquable comme guerrier et bien plus habile à charger l'ennemi a la tête des escadrons qu'à instruire les clercs au chant des psaumes (...)

         Dans cette conclusion Ordéric Vital introduit le troisième et le dernier des anciens Montbrays d'Angleterre. C'est Robert comte de Northumberland, fils de Roger, dont j'ai parlé, et neveu du fameux Geoffroy. Au riche patrimoine de son père il réunit le titre de comte presque souverain du Northumberland et l'immense succession de son oncle. Naturellement sombre et hautain ses énormes domaines avaient porté au dernier point la dureté de son caractère et son indépendance. Il avait pillé des vaisseaux arrivés en pleine paix sur les côtes de son comté il dédaigna de justifier sa conduite devant !e roi Guillaume le Roux son souverain. Il leva une armée contre lui et crut pouvoir tenir tête a un prince guerrier, courageux et très-puissant. Son erreur lui fut fatale. Vaincu dès le commencement d'une guerre trop inégale il se retira dans un château qu'il croyait imprenable mais bientôt réduit à l'extrémité il fut pris comme il cherchait à s'en échapper furtivement. Le roi le fit renfermer dans les prisons de Windsor où il ne mourut
    qu'après trente ans d'une captivité que rien ne put adoucir sous les règnes de Guillaume le Roux et de Henri Ier.

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)     Le château qui fait le sujet de cet article fut le berceau de cette famille tout à fait historique sous le règne du Conquérant, mais dont tout l'éclat se ternit à la fin du règne qui en avait été témoin. L'évêque de Coutances qui avait pris le parti de Robert Courteheuse contre son frère Guillaume fut forcé de quitter l'Angleterre. Il mourut, en 1093 dans son diocèse. (...) " [2]

     

    Geoffroi de Montbray

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)     " Ce prélat du 11e siècle est aussi une des grandes figures historiques de la Manche. Sa vie est à la fois celle d’un aventurier, d’un homme d’église et d’un bâtisseur. Son contemporain Orderic Vital a laissé de lui un portrait peu flatteur, affirmant qu'il savait mieux enseigner l'art du combat aux jeunes chevaliers que les chants d'église à ses clercs. Issu d'une illustre famille de barons normands du Cotentin et natif de la paroisse de Montbray, Geoffroi de Montbray est un baron anglo-normand.

         Un de se frères lui achète l'évêché de Coutances et il est consacré à Rouen le 12 mars 1049 par Mgr Mauger. Cela lui vaut d'être accusé de simonie dont il se défend en dénonçant son frère, lors du concile de Reims, le 2 et 3 octobre 1049.

         De son œuvre, on retient d’abord le relèvement de la cathédrale de Coutances qui avait été ruinée par les envahisseurs scandinaves. Il ne s’agit bien sûr pas de la cathédrale actuelle mais de l’édifice roman dont il subsiste de nombreux vestiges.

         Pour financer les gigantesques travaux entrepris par son prédécesseur Robert, Geoffroi de Montbray n’hésite pas à aller chercher des subsides auprès des barons normands d’Italie du Sud. Il en revient avec des reliques, vases sacrés, chasubles richement ornées, et monnaies issus des pillages des Normands dans les Pouilles. Cet énorme trésor lui sert aussi à achever la cathédrale, à édifier le palais épiscopal et à racheter la moitié de la ville de Coutances au duc. La dédicace de la nouvelle cathédrale a lieu en 1056 en présence du duc de Normandie, Guillaume le Conquérant, dont il devient un des plus fidèles compagnons. Robert Wace parle de lui dans sa chronique de Normandie, dans les vers 12 491 et suivants.

     

    Ci-dessus, vitrail de Geoffroy de Montbray dans la cathédrale de Coutances par Giogo — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20864862

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)     Dix ans plus tard, il est à ses côtés à la bataille d’Hastings. Avant le combat, il confesse les guerriers et célèbre la messe. Il réside ensuite en Angleterre durant plusieurs années et ne revient s’installer dans son diocèse qu’en 1091. Peu après son retour, un tremblement de terre cause de graves dommages à sa cathédrale. Il fait venir des artisans anglais pour les réparer. Les historiens s’accordent aussi à reconnaitre que cet homme riche et puissant mène une vie austère et presque ascétique qui lui vaut une réputation de sainteté.

         C'est lui qui achève l'église abbatiale Sainte-Croix (Saint-Lô). [4]

     

    Voir au sujet de Geoffroy de Montbray ici.

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1826, Archives de la Manche, https://www.archives-manche.fr/

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)     " Les possessions confisquées sur Robert de Montbray par Guillaume Le Roux semblent être restées en séquestre sous son règne, et même durant le commencement de celui de Henri Ier mais après la bataille de Tinchebray ce dernier les donna à Néel d'Aubigny auquel il devait la victoire et la prise du duc Robert. Cette donation le rendit si puissant qu'il ne possédait pas moins de 240 fiefs de chevalier en Angleterre et en Normandie Roger, son fils aîné hérita des biens de la famille de Montbray dont il prit le nom par ordre de Henri Ier. Il prit parti pour le roi Etienne, contre l'impératrice Mathilde et fut fait prisonnier à la bataille de Lincoln. Quelques années après il se croisa et se distingua à la Terre Sainte avec le roi Louis VII.
         En mourant il laissa deux fils, Néel et Robert Néel qui après lui, porta le nom de Montbray mourut à la Croisade.
         Je ne suivrai pas plus loin cette famille dont j'ai déjà beaucoup parlé dans les mémoires de la Société. Les biens qu'elle possédait en Normandie furent confisqués par Philippe-Auguste avec ceux d'Aubigny. (...) " [2]

     

    Ci-dessus, blason de la famille d'Aubigny par Sodacan Cette image vectorielle non W3C-spécifiée a été créée avec Inkscape. — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10964085

     

         « Quoique avec lui se termine l'histoire des barons de Montbray de cette première maison, ses biens ayant été confisqués, nous croyons devoir donner les noms de quelques-uns de ses descendants qui, à des titres divers, eurent une grande notoriété en Angleterre, ceci d'autant que le titre de baron de Montbray, légèrement transformé en Mowbray, est encore porté en Angleterre. " [3]

     

    Voir pour les descendants anglais des Montbray ici.

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)     " Peu après la mort de Saint-Louis les héritiers de Robert de Vitré rendirent aveu de la seigneurie de Montbray au roi Philippe le Hardi.
    Dans le 14e siècle elle fut possédée par plusieurs seigneurs du nom de la Haye. Jean de la Haye baron de Montbray assista en 1341 à une délibération pour la tutelle de Guillaume de la Haye fils de Robert, seigneur de Néhou dont il fut nommé tuteur.
         Robert de la Haye possédait cette baronnie en 1360 et Jean de la Haye en 1370.

     

    Ci-dessus : à gauche, blason de la famille de Vitré par Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2932772 ; à droite, blason de la famille de la Haye ? Extrait de https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Blason_ville_fr_La_Haye_du_Puits.svg#mw-jump-to-license

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)     Je trouve ensuite des Pontbellenger barons de Montbray. Olivier d'Hericy seigneur de Préaux épousa Marie Pontbellenger héritière de cette familIe et par ce mariage il devint baron de Montbray. De cette union il sortit deux enfants, Hervé et Jacques ; Hervé fut seigneur de Préaux et baron de Montbray, il eut pour femme Barbe de Vassy François, leur fils, succéda à la baronnie de Montbray. Ce dernier laissa un fils pour hériter qui mourut sans enfants alors ses soeurs devenues ses héritières partagèrent la baronnie.

     

    Ci-dessus : à gauche, blason de la famille de Pont-Bellenger par Gilloudifs ; à droite, blason de la famille d'Héricy par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)     A l'époque de la révolution la baronnie de Monbray appartenait à la famine de la Mariouze.
         En épousant une héritière de cette maison M. de Gaupuceau est devenu le propriétaire du château. " [2]

     

         Pour la suite des propriétaires de cette demeure voir ici.

     

         " Le 18 juin 1944, le dernier châtelain, le baron Roger Choury de la Vigerie, officier de réserve, est arrêté puis exécuté pour faits de résistance " [5]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de la Mariouze, d'azur à la fasce ondée d'or accostée de trois losange de même, par Gilloudifs

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)     " Près de quatre-vingt-dix victimes civiles dans le canton de Percy pendant la seconde guerre mondiale. Dont vingt et une à Montbray. Sept sous l'avion s'écrasant sur Saint-Martin et cinq lors des bombardements du bourg le 17 juillet 1944.

             Parmi ces victimes, un fusillé, Roger Choury de Lavigerie, châtelain de Montbray, exécuté « froidement, de deux balles dans la nuque » le 18 juin 44. « Un grand soleil s'attarde sur Coulouvray-Boisbenâtre, dont les habitants vivent leur second dimanche de guerre, un side-car traverse le bourg. Deux Feldgendarmes emmènent M. de Lavigerie qui est coiffé d'un canotier et dont les mains sont maintenues par des menottes », racontaient les derniers témoins de ce tragique épisode de la guerre.

         Résistant, Roger Choury de Lavigerie, officier de réserve, l'était certainement. Deux jours plus tôt, alors qu'à Beaucoudray un jeune Percyais, Jean Lecouturier, vient d'être exécuté pour faits de résistance, « de bonne heure, quelques soldats allemands rôdent autour du château de Montbray, qui est encore fermé. Le propriétaire ouvre une fenêtre du premier étage et demande aux « feldgraus » ce qu'ils désirent. Nous voulons du beurre et des oeufs », déclarent-ils. « Je n'en ai pas, mais il y en a dans la ferme voisine. »

         Les soldats insistent, il descend leur ouvrir. « Ils font alors irruption dans son bureau et trouvent des cartes marquées de coups de crayon de couleurs qui indiquent l'avance des Alliés. Les soldats s'en emparent et demandent à Monsieur de Lavigerie comment il est si bien renseigné. « On parle, on parle... » répond ce dernier. »

         Arrêté, il est emmené à leur commandant à Courson. « Mis en « observation » chez une fermière de cette commune, Mme Godard, qui lui offre un copieux repas ,» celle-ci vient donner des nouvelles : « Monsieur de Lavigerie est chez nous, ce n'est pas grave. Il a été interrogé et rentrera prochainement, je crois. »

         Le soir il en sera autrement, le fils Godard venant annoncer « que Monsieur de Lavegerie ne pourra pas rentrer avant deux jours, il doit être soumis à un interrogatoire dans une Kommandantur ».

         Il ne reverra jamais ni les siens ni son château... Le dernier châtelain de Montbray, dont la propriété convertie en mairie, école et logements, appartient désormais à la commune, fut-il dénoncé ? Est-ce la découverte des cartes dans son bureau ? Les Allemands prétendirent l'avoir abattu car il aurait tenté de s'évader... " [6] 

     

    Ci-dessus, deux photos extraites de ce même document [6]

     

    A proximité

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)O " L'ancien château (dit château d'Argenton) abritant aujourd'hui la mairie. " [1]

     

     

    LES REMPARTS DE MONTBRAY (Manche)O " La chapelle Saint-Pierre située dans le bourg, une chapelle seigneuriale, dépendait du chateau de la Motte. Elle fut rétrocédée à la paroisse en 1697 par le châtelain de l'époque. Mis à part la nef plus récente, l'ensemble date du 16e siècle. " [1]

     

    Ci-dessus, la chapelle Saint-Pierre de Montbray, une photo extraite de https://www.eterritoire.fr/territoires/normandie/manche/montbray/50338/19052

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de https://fr.geneawiki.com/index.php?title=50338_-_Montbray&mobileaction=toggle_view_desktop

    [2] Extrait des Recherches sur les anciens châteaux du département de la Manche par M. de Gerville - Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie - Éditeurs : Mancel (Caen)/Ponthieu et Delaunay (Paris), 1829 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k200047d/f287.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Montbray%22

    [3] Extrait du Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne ; Éditeur : (Alençon) 1940 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58343535/f84.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Montbray%22

    [4] Extrait de https://www.wikimanche.fr/Geoffroi_de_Montbray

    [5] Extrait de Wikipédia

    [6] Extrait d'un article-web Ouest-France du 26/06/2014 https://www.ouest-france.fr/normandie/montbray-50410/le-dernier-chatelain-de-montbray-fusille-le-18-juin-1944-2658164

     

    Bonnes pages :

     

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58343535/f87.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Montbray%22

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