• LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados) LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados) LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)

    Au centre une photo extraite du site Google Map.

     

         Le château du Mont-à-la-Vigne ou du Mont-de-la-Vigne est situé sur l’ancienne commune de Monteille dans le département français du Calvados. (NDB)

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)« Château de Mont-à-la-Vigne.

         Ce château s'élève sur une éminence arrondie, au milieu des prairies qui occupent la vallée de la Vie. Il n'a plus sa sévérité d'autrefois. Une tourelle et quelques détails montrent seulement ce qu'il fut, et les annales des guerres de religion attestent qu'il a joué un rôle au 16e siècle. Le plan ci-joint montre la disposition des bâtiments autour de la cour actuelle, les fossés, les tours qui défendaient l'enceinte ; la plupart doivent dater du 16e siècle ou du 15e. Ce château appartient, depuis longtemps déja, à la famille de Tesson. » [1] Plan ci-dessus extrait de ce même site : la Statistique Monumentale du Calvados. 

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)   LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)

     Plan de situation du château du Mont-de-la-Vigne à Monteille ; blason de la famille de Mannoury par Gilloudifs.

     

    Histoire

     

         « Le château se situe sur une éminence dans la vallée de la Vie (rivière). Le château date du 15e siècle-16e siècle-17e siècle. L’édifice a joué un rôle notable dans la région au moment des guerres de religion du 16e siècle.

         L’édifice est indiqué appartenir à la famille de Tesson par Arcisse de Caumont. » [2]

     

    La famille de Mannoury

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)     « La branche principale des Mannoury est celle du Mont-de-la-Vigne. Leur devise était : Regi fidelis (fidèle au roi). » [6]

     

         « On trouve déjà un Guillaume de Malnorry comme tenant de deux vavassories dépendant du Mesnil Mauger dans le registre de Pierre de Thillaye, bailli de Philippe Auguste 1205/1225 » [3]

     

         « En 1395, apparait un Etienne (ou Guillaume ?) de Mannoury appelé le chevalier de Tremblay est seigneur du Mont-de-la-Vigne, une terre située proche de Lisieux, Monteille et Fribois. Il est aussi capitaine des villes et châteaux de Lisieux, Évreux et Exmes.

         Il a épousé en 1373, Austreberte de Dreux, une haute et puissante princesse, fille de Robert de Dreux, prince et seigneur de Beaussart, baron et capitaine de Rouen et de Dame Guillemette de Ségrie. 

         De ce mariage est né 3 enfants :
    1 - Jean de Mannoury, » [6]

         « En 1419 Jean Mannoury et Perette de Mailloc, sa femme, furent maintenus dans leurs biens par le Roi d’Angleterre (Vautier – Registre des Dons p.51) » [3]

    2 - Robert de Mannoury, seigneur de Fribois
    3 - N. de Mannoury, ce dernier deviendra le chef de la branche des Mannoury de Croisilles.

         Jean, fils d’Etienne, épousa Catherine du Tremblay avec laquelle il eut 4 enfants :
    1 - Antoinette qui se mariera avec Jean de Bréauté, capitaine et gouverneur de la ville de Dieppe.
    2 - Anne qui épousera « successivement le sieur de la Bretonnière d’Ecajeul et le sieur des Varinières. » [3]
    3 - Henri, qui devint seigneur du Mont-de-la-Vigne et épousa Marguerite Le Veneur de Tillières. De leur mariage naquit Louis de Mannoury,  seigneur du Mont-de-la-Vigne, de Monteille et Chaumont. Il devint gouverneur de Bayeux mais mourut sans postérité laissant sa succession à ses trois tantes.
    4 - Suzanne qui épousera Nicolas, seigneur et baron de Mailloc. » [6]

     

         « Dans les Echiquiers de 1463 et 1464, Guillaume Mannoury du Tremblay, bâtard du Mont de la Vigne, ayant été approché en 1450 par le Général des Finances de la Province et par les Elus de Lisieux il fut déclaré noble en présence du procureur du Roy. (Houard – Dictionnaire de Droit normand III p.350) » [3]

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados) LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)

     Ci-dessus, à gauche plan extrait du cadastre napoléonien de 1810, Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/accueil.html ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail. 

     

    Guillaume de Mannoury

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)     « Mais revenons à la branche des « Mont-de-la-Vigne ». Louis F. du Bois dans son livre l’Histoire de Lisieux, rapporte quelques détails sur la famille de Mannoury, dont l’évêque de Lisieux, Thomas Basin (1447-1474) aurait eu à se plaindre.

         Or il est question d’un Guillaume, père de Robert et Jean, au 15e siècle, il ne peut donc s’agir que des fils d’Etienne, rapporté par Victor des Diguères dans son livre sur la recherche de la noblesse en 1666 dans les élections d’Argentan et de Falaise (Sévigni ou une paroisse rurale en Normandie pendant les trois derniers siècles).

         Voici donc cette histoire :

         Guillaume (ou Etienne ?) de Mannoury, fut un chevalier de mauvaise réputation et n’ayant qu’une modique fortune à partager entre sa progéniture, il instruisit ses fils dans l’art de s’enrichir aux dépens des autres. Il fit entrer ses deux fils Robert et Jean dans le corps des Gens d’Armes, tandis qu’il destinait un 3e enfant à l’état écclesiastique.

         Jean et Robert étaient de ces plaisants dont Le roi Louis XI (1423-1483) faisait les délices : débauchés, mal vus de tout le monde, mais toujours prêts à se tirer de peine par quelques réparties bouffonne. Leur talent à faire rire les mis en haute faveur.

         Louis XI nomma Robert, capitaine de Lisieux après la guerre du Bien-Public [révolte des nobles menés par le comte de Charolais, contre l’accroissement du pouvoirs du roi de France Louis XI. Elle fut de mars à octobre 1465.] (1465). Robert exerca dans cette ville une autorité absolue et se mit en goût de perpétuer un état de choses dont s’accomodait sa vie désordonnée, puis il résolut donc de mettre la mitre épiscopale de Thomas Basin sur la tête de son frère. Et pour cela il fallait que la place devint vacante, ce qu’il se mit donc en tête de résoudre.

         Il s’empressa auprès du roi Louis XI à qui il donna l’idée de l’ambassade de Barcelone pour Thomas Basin, imagina des prétendues conspirations du prélat, effectua à son profit la saisie du temporel de Lisieux. La retraite du prélat lui parut une bonne occasion pour faire courir le bruit de sa mort, il produisit de faux témoins pour appuyer ce mensonge. Lui et les siens se mirent donc en campagne pour appuyer la candidature de leur frère.

         Le roi leur donna des lettres de recommandations pour le chapitre de Lisieux, il intrigua en Normandie, il envoya à Rome, il importuna si fort le Pape Paul IV qu’il obtint une bulle de grâce expectative [rescrit du pape qui ordonne au collateur de donner le premier bénéfice vacant de sa collation à une personne que ce rescrit désigne].

         Pendant ce temps, arriva auprès du roi, un secrétaire du duc de Bourgogne pour présenter une requête en faveur de Thomas Basin, ce dernier était alors à Gand, ayant jugé convenable de reparaître afin de démentir les faux bruits répandus sur son compte, affligé qu’il était des déprédations commises dans son diocèse. Louis XI se montra maussade et dur et refusa de s’engager à quoi que ce soit.

         Quant aux Mannoury, la haine se changea en fureur, pris dans leur propre piège et forcés de subir la risée publique, Robert se résignait à lâcher l’affaire quand un événement vint à son secours : la découverte de la conspiration du Cardinal Jean de la Balue, secrétaire du roi qui avait comploté contre ce dernier.

         Le père, Guillaume de Mannoury s’empressa d’écrire au capitaine de Lisieux (et donc à son fils Robert) pour y impliquer Thomas Basin. Mais quelques mois plus tard, en 1469, alors qu’il voyageait avec le roi, Robert de Mannoury fut pris d’un accès de fièvre chaude et expira la bouche écumante.

         A la même période, à Lisieux, le plus jeune des fils de Mannoury fut tué d’un coup de poignard lors d’une rixe de cabaret. Ses parents, arrivés trop tard pour lui prêter main forte, se vengèrent en massacrant sur la place, le fils de son meurtrier. Or, ce dernier se trouvait sous la sauvegarde du roi.

         Guillaume de Mannoury fut donc poursuivi par les tribunaux, son fils Jean se fit enlever l’administration temporelle du diocèse de Lisieux qu’il avait reçu à la mort de son frère Robert. Quand à celui qui avait brigué l’épiscopat, privé de ses suppôts, tombé dans la misère et l’abrutissement, excommunié, il se donna la mort en se jetant dans un puits.

         Le fils Jean resta cependant attaché à la personne du roi, et conserva le grade de capitaine général des francs, archers du bailliage de Rouen qu’il avait avant ce procès. L’administration du diocèse fut reprise par Richard de Tiéville, seigneur de Gonneville-sur-Honfleur, maître de l’hôtel du roi. » [6]

     

         « Messire Jehan Mannoury, chevalier, capitaine de Lisieux, seigneur du Mont de la Vigne, figure dans les registres de l’Hôtel de Ville à la date du 11 février 1493. » [3]

     

         « Le Mont-de-la-Vigne, quand à lui, passa à la famille des de La Roque au 18e siècle. » [6] 

     

         La seigneurie, fieffée en 1708, à Monsieur de Bonneval et le domaine utile vendu à Monsieur de la Roque-Desnoyers, qui bientôt en fit la réunion. Il mourut en 1730 et ses enfants la vendirent en 1769 à Mademoiselle Harel qui épousa Monsieur Tesson. (…)

         Messire Jean Julien Tesson chevalier, seigneur de la Vieville, Boishébert et la Taillaye, seigneur et patron de Monteille et châtelain du Mont de la Vigne ayant épousé feue Damoiselle Marguerite Françoise Harel, adjudicataire de la terre et seigneurie de Monteille et du Mont de la Ville, contre Monsieur Fergant seigneur et patron de Querville et seigneur suzerain du fief et châtellenie de Montfort dit le Mont de la Vigne.(19 avril 1773) » [3] 

     

    Architecture

     

         « Arcisse de Caumont indique que les bâtiments s’organisent autour d’une cour, avec des tourelles et des fossés. Le même auteur date les bâtiments du 15e et du 16e. » [2]

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)     « Mont à la Vigne – L’éminence que nous apercevons devant nous est celle du Mont à la Vigne ; dirigeons nous de ce côté. Le château du Mont-à-la-Vigne n’a plus sa sévérité d’autrefois. Une tourelle et quelques détails montrent seulement ce qu’il fut et les annales des guerres de religion attestent qu’il a joué un rôle au 16e siècle.
    J’ai lu quelque part que le seigneur auquel il appartenait alors faisait des prisonniers pour les rendre, moyennant rançon, à leurs familles. Ce petit commerce était malheureusement trop usité à cette époque et les guerres de religion n’avaient rien de religieux dans leurs procédés.
         Aujourd’hui, le château du Mont-à-la Vigne est habité par des hôtes les plus aimables et dont chacun voudrait être le prisonnier. Notre temps vaut un peu mieux que 16e siècle comme vous le voyez.

         Mais avant de quitter le Mont-à-la-Vigne, observons le panorama et recueillons-nous ; Quand on veut voyager avec fruit, il faut se recueillir de temps en temps afin de se rendre compte de ce qu'on a vu. Ces points d'arrêt sont nécessaires dans les voyages comme les alinéas dans un livre. Mais reprenons notre route... » [4]

    Dessin ci-dessus extrait de la Statistique Monumentale du Calvados d'Arcisse de Caumont.

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)     « Du haut des collines de Saint-Pair-du-Mont on aperçoit, à quelques kilomètres, au midi, un monticule isolé et qui paraît émerger dans la plaine : c'est le Mont de la Vigne. C'est un lieu de promenade des gens du pays qui vont là, le dimanche, goûter l'ombre et le frais. On voit, ça et là, quelques vieux arbres séculaires, qui font un bel effet au milieu de jeunes plantations ; car là, comme ailleurs les vieilles avenues d'autrefois sont tombées sous la hache des bûcherons. Le vieux manoir féodal est situé sur le penchant du monticule au midi ; il a subi bien des modifications pendant le cours des siècles et on voit encore, dans l'église de Monteille, les armes des divers seigneurs qui ont tenu ce fief. Ce château est très ancien ; on prétend même qu'il fut construit sur les restes d'une forteresse Gallo-Romaine, et qu'il est contemporain des invasions des Northmans. Il y a certaines parties de l'édifice qui paraissent du quatorzième et du quinzième siècle, d'autres qui sont modernes. (...)

         Dans le principe il avait la forme d'un carré long, dont la face principale était tournée au midi : cette partie existe encore, avec quelques modifications.
         Plus tard, on construisit vers le milieu, du côté du nord, une aile terminée par une tour qui est encore debout, mais qui est maintenant séparée de l'édifice. Il avait à peu près la forme du taut ; mais on a conservé de cette aile du nord que la partie supérieure, de sorte que la vieille tour, bien conservée d'ailleurs, est isolée de l'édifice principal. Les fondations sont faites avec de grosses pierres très dures qui forment des caves très vastes et d'une solidité parfaite. Sur ces caves à une hauteur de quatre ou cinq mètres, on a placé d'énormes madriers en cœur de chêne dont les interstices sont remplis avec des briques. Tous les vieux châteaux et les vieux manoirs sont construits de cette manière.
    On voit que les petites croisées étroites et cintrées du moyen-âge ont été remplacées par de larges fenêtres modernes. A l'est sur le haut de l'entrée principale du château, on voit un ancien cadran surmonté d'un timbre et qui fait penser à la romance de Chateaubriand « où l'airain sonnait le retour du jour ! Non loin de la vieille tour, on voit la petite chapelle du château qui est toute moderne et qui n'a rien de remarquable. A droite et à gauche de l'entrée se trouvent des bâtiments très anciens qui servaient à l'usage du château. Tout respire maintenant la tristesse d'une demeure abandonnée ; il n'y a plus que le charme mélancolique et indéfinissable d'une grande solitude. Madame la comtesse de Tesson, qui est morte il y a une dizaine d'années a laissé un grand souvenir de bonté et de bienfaisance parmi les pauvres et les ouvriers du pays. Depuis sa mort, le château est resté meublé, mais les portes et les fenêtres en sont fermées.
     » [5]
     

     

    Protection :

     

         « Le château est inscrit monument historique depuis le 24 septembre 1932. » [2]

    Ce château est une propriété privée.

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)     « Le Manoir (16e siècle) Curieux manoir avec un corps central d’allure 18e siècle, ouvertures à entourage de brique. Aux extrémités, 3 pavillons carrés avec toitures mansardées surmontées d’épis de faîtage, dont l’un avec girouette. » [3]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados, Volume 5 par Arcisse Caumont ; F. Le Blanc-Hardel, 1867.

    [2] Extrait de Wikipédia

    [3] Extrait de http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=6419

    [4] Extrait de Description du Mont-à-la-Vigne par Arcisse de Caumont – De Caen à Bernay par monts et par vaux (Annuaire Normand 1864 p.113) http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=6419

    [5] M Lemonnier, Extrait de la Revue de l'Avranchin : bulletin de la Société d'archéologie, de littérature, sciences et arts d'Avranches et de Mortain ; Éditeur : J. Durand (Avranches) ; Date d'édition : 1890 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6522092t/f369.item.r=%22Mont%20de%20la%20Vigne%22.texteImage

    [6] Extrait de http://mezidonhistoire.canalblog.com/archives/2008/09/16/10605161.html

     

    Bonnes pages :

     

    O http://tourisme.aidewindows.net/monteille.htm

    O http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=6419

    O http://mezidonhistoire.canalblog.com/archives/2008/09/16/10605161.html

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  • LES REMPARTS DU CHÂTEAU-D'ALMENÊCHES (Orne) LES REMPARTS DU CHÂTEAU-D'ALMENÊCHES (Orne) LES REMPARTS DU CHÂTEAU-D'ALMENÊCHES (Orne)

    Au centre, photo aérienne extraite du site Géoportail ; à droite, photo extraite du site Google Map.

     

         Le village d'Almenêches a possédé un monastère de femmes issu du plus petit des deux monastères fondés dans la région par saint Évroult au 7e siècle, celui gouverné par sainte Lanthide, tante de sainte Opportune ne fut pas relevé. Seule la petite communauté du Monasteriolam de sainte Opportune, sœur de saint Godegrand, évêque de Sées sera restaurée après avoir été détruite par les Normands. L'abbaye d'Almenêches est restau­rée en 1070 par Roger de Montgommery, vicomte d'Exmes, et sa femme Mabile. Ceux-ci possédaient le châ­teau voisin d'Almenêches qui contrôlait le gué sur la rivière Don.

         Le village de Château-d'Almenêches conserve une « motte castrale », vestige du château des Montgommery. Une butte est, en effet, conservée au nord de ce village le long de la D.238 vers les ponts sur le Don. Le château médiéval existait au voisinage de cette butte, elle-même parfois décrite comme un tumulus.

         Difficile donc de trancher : cette butte, point haut, est-elle un tumulus intégré au château des Montgommery ? Tumulus qui serait devenu, de fait, la motte supportant la tour d'observation du château médiéval ?...   

         L'enquête continue... [NDB]

     

    LES REMPARTS DU CHÂTEAU-D'ALMENÊCHES (Orne)     LES REMPARTS DU CHÂTEAU-D'ALMENÊCHES (Orne)

     Plan de situation du château d'Almenêches d'après une reconstitution du plan du château de Château-d'Almenêches par  Robert du Mesnil du Buisson dans Au Pays d’Argentelles de janvier-mars 1977 ; blason de la famille de Montgommery dessiné par O. de Chavagnac pour l'Armorial des As. http://dechav.free.fr/armorial/blason.php?id=Montgommery_Normandie 

     

    Un tumulus ?

     

    1884 : « AlmenêchesTumulus.

     

    LES REMPARTS DU CHÂTEAU-D'ALMENÊCHES (Orne)     En quittant Almenêches et en prenant, près de l'école, le chemin du Château, après avoir passé le Don, on parvient au hameau situé à 900 mètres du bourg, Sur la rive gauche de la rivière, au bord du chemin vicinal et dans l'ange d'un pré, se voit un tumulus situé à droite, vers le Sud, tandis qu'à l'Est, se trouve le camp désigné sous le nom de Château, en souvenir de la forteresse des Montgommery.

    Ci-dessus, carte des années 50 extraite du site Géoportail.

         En enlevant de la terre aux talus, au Sud et à l'Ouest, on a trouvé des ossements humains et des silex taillés.

         Le tumulus est au Sud du château, auprès du chemin vicinal. A l'Ouest, au Nord et à l'Est, le monument est encore entouré de fossés qui communiquaient avec le fossé principal du camp.

         La forme du tumulus est celle d'une calotte qui porte le nom de Large ; sa longueur totale, du N. au S. est d'environ 35 mètres, sa largeur est de 4 mètres au sommet, de 8 à 10 mètres à la base et sa hauteur de 9 mètres au-dessus du fossé oriental. La partie culminante présente un affaissement, vers son milieu, mais chacune des deux extrémités, en particulier celle du Sud, offre un renflement considérable, qui servait sans doute de poste d'observation aux guerriers gaulois. De ce point isolé, on domine le Château et la vallée du Don ; au Nord, on distingue Almenêches, le camp de la Butte, la forêt de Gouffern et le château de la Motte ; au Sud, le camp du Châtellier et le château de Blanche-Lande. (...)

         Lorsqu'on construisit le chemin vicinal qui avoisine le tumulus du Château, la tranchée avait six mètres de profondeur en cet endroit ; à chaque coup de pioche, les ouvriers ramassaient des ossements humains. » [1]

     

    Histoire du château d'Almenêches

     

    LES REMPARTS DU CHÂTEAU-D'ALMENÊCHES (Orne)     « L'ancien pays de Sées vit construire par Talvas bien d'autres forteresses entre lesquelles furent réparties, pour en former des châtellenies, une soixantaine de paroisses. Des fiefs y furent crées en vue du service militaire de ces places fortes. A six lieues à l'est d'Alençon, au Mesle, fut élevé un château destiné à défendre le pont de bois qui fut jeté là sur la Sarthe pour unir cette région au Bellèmois. A deux lieues, au nord-ouest du Mesle, un autre château s'éleva à Essai sur une colline, un autre domina la butte de Boitron. Ils devaient couvrir la ville épiscopale de Sées, située à moins de deux lieues, qui avait elle-même sa forteresse. Enfin, sur la ligne séparative des possessions de Talvas et du comté d'Hiémois, fut peut-être bâti, à deux lieues au nord de Sées, le château d'Almenêches. Autour de ces points de résistance se groupaient les manoirs, ordinairement susceptibles de défense, des seigneurs particuliers. » [6] 

    Photo ci-dessus extraite du site Google Map.

     

         « Nous savons cependant que Roger de Montgommery accompagnera Guillaume le Conquérant à Hasting en 1066 de qui il recevra une abondance de terres en Angleterre et ecclésiastiques en Normandie, situées dans tout le secteur du Hiémois, chargeant Mabille de Bellême, pendant l’absence de son époux, de veiller aux marches de Normandie. Lucien Musset [8] nous dit qu’Almenêches fut l’un des fiefs et l’un des châteaux essentiels des Montgommery, vicomte d’Exmes, qui sera le restaurateur des abbayes détruites sous les parents des Montgommery, comme Troarn, Saint-Martin-de-Sées et Almenêches qui seront refondées par ses ordres nous dit Guillaume de Jumièges. (…)

             Après la conquête de l’Angleterre Roger de Montgommery préfèrera s’établir en Angleterre laissant ses fils Robert et Arnoult en Normandie ; ils s’y déchireront en guerres cruelles, d’abord pour eux-mêmes puisqu’ils s’opposeront au duc de Normandie qui prononcera leur « disgrâce » comme le dit élégamment M. Eric Yvard, mais aussi pour tout le pays : « Tout le pays est en feu, les partis se choquent sur mille points différents, les villes sont dépeuplées, les églises brûlées. Les environs de Sées sont en proie aux plus terribles violences. Arnoult de Bellême [14] livre au duc le château d’Almenèches, l’abbaye est envahie, les lieux saints sont convertis en écuries ; Robert accourt à cette nouvelle et comble la mesure de ces malheurs en mettant le feu au monastère (1102). Alors les religieuses sont obligées de se disperser… Emma avec trois de ses sœurs, s’enfuit à Saint-Evroult » [15] nous rapporte Henri Beaudouin. (…) » [2]

     

    LES REMPARTS DU CHÂTEAU-D'ALMENÊCHES (Orne)     « Arnould de Bellesme avait été chassé d'Angleterre comme complice de son frère Robert, et celui-ci lui refusait sa part dans les biens que leur maison possédait en Normandie. Arnould, dénué de tout, avait eu recours au duc, avait gagné quelques troupes de son frère, et avec leur aide lui avait pris le château d'Almenèches qu'il avait remis à Courte-Heuse. Mais cette prise fut mal gardée ; Robert de Bellesme vint promptement l'assiéger, y jeta des feux d'artifice, brûla le château et l'abbaye qui était auprès, fit quelques prisonniers et tailla en pièces le reste de la garnison : ceci se passait vers le mois de juin 1102. » [3]

    Photo ci-dessus  extraite du site https://drive.google.com/file/d/1-bMGazwfewljwJP7WcAgZKdOqFlLwLCE/view

     

         « Ela ou Ala d'Alençon (...)  fut en outre propriétaire des seigneuries de Mortrée , de la Roche-Mabile et d'Almenèches. (…) Ela, veuve sans enfants, mena une vie retirée, consacrée aux bonnes œuvres; entre autres, elle dota l'hôpital deMortrée, érigé sur son domaine.
    Sa résidence habituelle fut le château d'Almenèches, dont elle porta le nom, aux portes duquel s'élevait le monastère de Bénédictines, relevé de ses ruines par un de ses ancêtres, le célèbre Roger de Montgommery. Nous sommes porté à croire, sans toutefois l'affirmer, qu'Ela termina ses jours dans le sein de cette communauté, sinon en qualité d'abbesse, du moins comme simple religieuse, vers l'année 1233. Après sa mort, les terres d'Écouché, de Mortrée, d'Almenèches et de La Roche-Mabile passèrent à son neveu, Aymery de Châtellerault. » [5] 

     

         « L’abbaye fut reconstruite après chaque destruction et se maintint envers et contre tout ; il n’en fut pas de même pour leur château dont seules des fouilles jamais entamées jusqu’à ce jour - le dernier projet date des années 1960 [18] - permettraient d’en révéler la qualité et l’importance. Le réajustement de l’histoire d’Almenêches ici présenté, incitera peut-être des mécènes à donner corps à un tel projet. » [2]

     

    Le château

     

    LES REMPARTS DU CHÂTEAU-D'ALMENÊCHES (Orne)     « Robert du Mesnil du Buisson, dans Au Pays d’Argentelles de janvier-mars 1977, livre un essai de reconstitution du plan du château alaman à Château-d’Almenêches, et suggère de placer le monastère de sainte Lanthilde, à la périphérie du bourg, au nord-nord-ouest du bois, sur les limites de l’ancien village, donc tout proche de la population et du château. (…)

    Plan de M. R. du Mesnil du Buisson extrait de ce même site.

            Simultanément aux derniers travaux de restauration sur l’abbatiale, il se trouve que le propriétaire de l’unique maison implantée sur la motte castrale du Château-d’Almenêches eut la surprise de découvrir, d’une manière on ne peut plus fortuite, dans le sous-sol de sa maison, un espace entouré de murs épais de près d’un mètre, dont on peut penser qu’ils soutinrent la base d’un château implanté là aux 14-15èmes siècles, sans doute remanié à plusieurs reprises. Les travaux de déblaiement ont été limités au dégagement d’une seule pièce d’une quarantaine de mètres carrés, laissant apparaître des ouvertures pour des portes, des fenêtres, garde-manger, un conduit souterrain, en parfait état de conservation, révélant par tant de précieux détails, l’existence d’une pièce à vivre bien des siècles auparavant. L’identification de différents détails préciserait sans doute la date de l’édification de ces murs et en révèlerait peut-être d’autres datant de constructions bien antérieures. On pense bien sûr au château des Montgommery supposé, construit entre le 9ème et le 11ème siècle faisant suite au château alaman qui lui, fut primitivement et probablement édifié en bois, comme la plupart des châteaux forts.

         En effet, ignoré de tous puisque enterré dans le sous-sol de bâtiments extérieurs assez quelconques, cet espace fut protégé par la terre qui l’avait comblé et mériterait qu’on l’examinât sérieusement pour extraire tous les éléments historiques possibles. Cette maison, ses dépendances et son jardin n’occupent qu’un tiers environ de la motte castrale, dont le reste, exploité en terre d’élevage, subit actuellement des travaux de terrassement pour une transformation en circuit accidenté de moto-cross, passe-temps bien actuel mais bien dommageable pour ce terrain qu’il conviendrait de préserver pour son fort potentiel archéologique [10] nous l’avons vu.

     

    LES REMPARTS DU CHÂTEAU-D'ALMENÊCHES (Orne)     (En 1935, nous dit Xavier Rousseau, M. John Maitland, ingénieur, directeur général de la Baillol Earthworks Survey, vint visiter le château de Montgommery, il déclara qu’il possédait en Angleterre le plan de cette forteresse [11]. Xavier Rousseau n’a pu alors en obtenir d’avantage et nos récents contacts avec le Baillol College d’Oxford confirme l’impossibilité d’accéder à ce plan qui n’a jamais figuré dans les collections de sa bibliothèque et qui doit être conservé dans des archives privées dont nous ne connaissons ni le lieu, ni le nom.) » [2]

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1809, Archives de l'Orne, http://archives.orne.fr/

     

    [8] Dom Chaussy, ouvrage collectif – L’abbaye d’Almenèches-Argentan et sainte Opportune, sa vie, son culte, Paris, 1970.

    [10] Vimont, Eugène – Monuments celtiques, Les camps d’Almenèches et du Château-d’Almenèches in Bulletin de la Société Scientifique Flammarion, Argentan, 1886, pp. 51 à 56.

    [11] Dictionnaire du Pays d’Argentan in Le Pays d’Argentan, T 11, n° 2, juin 1939.

    [12] Lors du décès d’un prieur, d’un moine ou d’une abbesse, la communauté envoyait un de ses membres annoncer la nouvelle à toutes ses relations. Ainsi tout son périple sera inscrit sur un parchemin enroulé sur lui-même, retraçant le trajet du porteur, les prières des abbayes ou les personnes contactées, aussi bien que des informations, louanges, etc. sur le disparu, périple qui pouvait nécessiter des mois, voire plus d’une année et conduire le messager à travers la moitié de l’Europe. Cf. Exposition « Voyager au Moyen Age » 22.10.2014-23.2.2015 – Musée de Cluny à Paris.

    [13] Lucien Musset, in Dom Chaussy, op. cit., p. 30.

    [14] Robert et Arnoult de Bellême sont des Montgommery qui portent le nom de la terre héritée de leur mère Mabille de Bellême.

    [15] Beaudouin, Henri, op. cit., p. 4. (…)

    [18] Mesnil du Buisson, comte du – Projet de fouilles archéologiques au Château d’Almenèches, in Le Pays d’Argentan n° 5 (119), décembre 1960. » [2]

     

    La légende du château d'Almenêches :

     

         « Ce tumulus a ses légendes une fée, après avoir creusé un large fossé et mis la terre en tas, creusa ensuite une galerie longitudinale vers le centre de ce tertre, la maçonna et la ferma avec une porte en fer ; c'est dans cette grotte qu'elle avait enfermé ses trésors qui y sont restés ensevelis. » [1]

     

         « Les légendes de la commune d'Almenêches se rapportent autant à l'existence de son château qu'à celle de son monastère. Le château était la demeure des Montgommery. D'après la tradition, il était, à l'origine, le domaine d'une fée qui en avait imaginé les structures, élevé la butte et creusé les fossés. Pour cacher ses trésors, elle y avait aménagé une longue galerie fermée, par une lourde porte en fer. La légende ajoute que cette porte n'était jamais fermée, même quand la fée partait en promenade. Il faut ajouter que personne ne tenta d'en franchir le seuil. » [4] 

     

    La légende des Prés salés :

     

    LES REMPARTS DU CHÂTEAU-D'ALMENÊCHES (Orne)     Sainte Opportune « eut à régler un différend avec les propriétaires du château. A la grande colère de Montgommery, le bois nécessaire à la communauté était ramassé dans la forêt seigneuriale et transporté chaque jour par un âne.

         Un soir, l'âne ne rentra pas au monastère. Sainte Opportune n'eut pas de doute sur le sort de l'animal. Montgommery l'avait retenu.

         Elle envoya un serviteur près du seigneur pour réclamer la liberté du bourriquet. Mais Montgommery soutint son ignorance complète de l'affaire. La sainte entra en prière et Dieu lui révéla l'endroit où l'âne était prisonnier. Forte de cette indication, elle informa Montgommery que si l'âne ne rentrait pas à la communauté, le jour même, tous les prés de son domaine seraient recouverts de sel.

         Se penchant alors à la fenêtre du château, Montgommery constata, en effet, la blancheur de l'herbe des pâturages. Devant ce miracle il capitula. Il restitua l'âne et mieux, il autorisa sainte Opportune à prélever dans la forêt tout le bois nécessaire à la communauté. » [4] 

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DU CHÂTEAU-D'ALMENÊCHES (Orne)     L'abbaye d'Almenêches est refondée en 1066 par Roger II de Montgommery qui lui donne des domaines considérables. Emma, fille de Roger de Montgommery et de Mabile de Bellême est la première abbesse. Son père donne des biens en Angleterre et un prieuré mais ils sont enlevés par le roi d'Angleterre Henri Beauclerc. Des querelles amène Robert de Bellême, frère d'Emma a brûler le monastère en 1102 mais elle le rebâtit. L'abbaye est liée aux alternatives de grandeur et d'adversité de cette famille. En 1157, un incendie accidentel atteint l'abbaye qui est reconstruit par Mathilde, la deuxième abbesse, sœur d'Emma. L'abbesse Louise de Silly reconstruit en 1583 une église neuve sur les fondations de l'ancienne. En 1737, Louis XV ordonne le transfert des sœurs au prieuré d'Argentan. Le clocher, tout comme le portail, fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 27 septembre 1948. L'église, à l'exclusion du clocher et du portail inscrits, fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 9 mars 1993...

    D'après Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_d%27Almen%C3%AAches

    Voir aussi : http://valdorne.eklablog.com/almeneches-rive-droite-a112821276

     

    Sources :

     

    [1] E. Vimont. Les camps d'Almenêches et du Château d'Almenêches ; Bulletin de la Société scientifique Flammarion, Argentan. T. 2. 1884, P. 51-56. Extrait du bulletin de la société d'études préhistoriques Normandes 1895 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5442402w/f105.image.r=%22Ch%C3%A2teau-d'Almen%C3%ABches%22

    [2] Article de Pierrette Raveton dans https://sites.google.com/site/lesoriginesdalmenechescom/home

    [3] Extrait de l'Histoire des antiquités de la ville de l'Aigle et de ses environs, Jean François Gabriel Vaugeois, 1841

    [4] Extrait de « Légendes de Basse-Normandie » Inventaire communal d’Édouard Colin ; éditions Corlet 1992.

    [5] Extrait de l'Histoire du bourg d'Écouché (département de l'Orne) par M. Alfred de Caix ; Le Gost-Clérisse (Caen) 1862 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6525388w/f40.image.r=%22Ch%C3%A2teau-d'Almen%C3%ABches%22

    [6] Extrait des Origines de la Normandie et du duché d'Alençon : Histoire des quatre premiers ducs de Normandie et des Talvas, princes de Bellême, seigneurs d'Alençon, de Sées, de Domfront, du Passais et du Saosnois ; précédée d'une Etude sur le diocèse de Sées au 9e siècle-de l'an 850 à l'an 1085 par le Vicomte Du Motey, Henri Renault (1858-1932). Éditeur :  A. Picard (Paris) 1920

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111618x/f148.image.r=%22Ch%C3%A2teau-d'Almen%C3%ABches%22

     

    Bonnes pages :

     

    O https://books.google.fr/books?id=oFlBedisKPsC&pg=PA2&dq=%22Ch%C3%A2teau-d%27Almen%C3%AAches%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj2gur9sZLcAhWCaxQKHWW2Cj4Q6AEIJzAA#v=onepage&q=%22Ch%C3%A2teau-d'Almen%C3%AAches%22&f=false

    O https://drive.google.com/file/d/1-bMGazwfewljwJP7WcAgZKdOqFlLwLCE/view

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  •       La Butte à l'Ecuyer ou Butte de l'Ecuyer sur la commune de Vatteville-la-Rue se situe à l'entrée de la forêt de Brotonne le long de la D 65. La butte se situait à l'origine à quelques mètres de la Seine au Moyen Âge. Elle était peut être un ouvrage avancé du château de Vatteville-la-Rue ou bien un contre-château érigé par le roi Henri Ier Beauclerc lors du siège de ce même château en 1123-1124. Une légende raconte qu'elle recélerait un trésor gardé par un animal fantastique.

        Je n'ai trouvé aucune photo sur le net ; il est difficile de la placer sur une carte précisément, il faudra donc que je m'y rende un de ces jours... (NDB)

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE DE L'ECUYER (Seine-Maritime)    LES REMPARTS DE LA BUTTE DE L'ECUYER (Seine-Maritime)

     Plan de situation de la Butte de l'Ecuyer en forêt de Brotonne ; blason de la famille de Meulan par Odejea, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4043234

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE DE L'ECUYER (Seine-Maritime)     1840 : « … Désirant m'assurer jusqu'à quel point pouvaient être fondées des conjectures, qui, à cette époque, ne reposaient sur aucun document historique, je résolus l'exploration d'un monticule assez élevé, situé en face Villequier, à quelques cents mètres de la rive gauche de la Seine, et connu sous le nom de Butte à l'Ecuyer.

     

    Ci-dessus, carte années 1950 extraite du site Géoportail. 

     

         Ce monticule de huit mètres d'élévation en a quatre-vingt dix de circonférence à la base ; une tranchée de 1m 30 de largeur ouverte à l'est au niveau du sol, me fit rencontrer d'abord une couche de terre végétale de 30 à 40 centimètres d'épaisseur, formée uniquement par le détritus des feuilles des arbres environnants, ce qui assignerait à cette butte une haute antiquité si l'on considère la faible portion d'humus produite annuellement par la décomposition des feuilles ; après cette couche végétale se trouvaient des terres sabloneuses, très-peu tassées et évidemment rapportées ; en avançant vers le centre ce n'était plus que du silex ou des galets provenant de la falaise voisine, placés pour ainsi dire selon l'ordre de leur pesanteur, les plus gros dessous. Ces cailloux apportés de loin (puisque le sol environnant n'en contient point de pareils) sont légèrement superposés, même dans le sommet de la butte, les uns sur les autres et encroués de manière à s'ébouler au moindre choc.

           La figure qu'affecte le lit de silex dans cette butte serait celle de deux cônes superposés par leurs bases ; c'est-à-dire, que les terres du bas ont été placées de manière à laisser dans le milieu un espace vide ayant la forme d'un entonnoir, cet espace a été rempli avec le caillou qui ensuite a terminé le reste de l'élévation. Ces dispositions, et surtout la coupe du sommet sur lequel quatre hommes ne pourraient se mouvoir librement, me portent à considérer cette butte comme un tumulus gallo-romain. Les difficultés du creusement qui s'accroissaient en raison de la proximité du centre me déterminèrent à abandonner ce travail, en sorte que la fouille est restée à 8 ou 10 pieds de distance du centre. » [1]

     

    « La Butte de l’Écuyer

     

    LES REMPARTS DE LA BUTTE DE L'ECUYER (Seine-Maritime)     Aujourd’hui isolée à l’entrée de la forêt de Brotonne (possession des Beaumont-Meulan), la fortification de La Butte de l’Écuyer est installée à proximité du côté ouest du méandre de la Seine. Malgré les nombreuses études archéologiques et historiques, le site n’a jamais fait l’objet d’un relevé topographique. Cette petite motte tronconique, construite avec des matériaux locaux (terre, graviers, silex, sablon) est assez érodée sur son pourtour. La partie ouest du tertre, sectionnée sur un rayon d’environ 3 m (lors de la construction de la D 65), offre une coupe franche. Le diamètre de la plateforme est d’environ 13 m. Le fossé au tracé régulier, entoure aux trois-quarts la base du tertre. Il présente un profil en « U » et une profondeur moyenne de 1,10 m.

     

    Ci-dessus, photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         L’ouvrage a été installé au voisinage d’un chemin médiéval, connu sous le nom de « Chemin du Roi » qu’emprunta Guillaume le Bâtard lorsqu’il se rendit à Arques après avoir traversé la Seine à Caudebec. Il reprend en partie l’ancien tracé d’une voie antique reliant Pont-Audemer à Caudebec. Il est possible que la fortification n’ait jamais été pourvue de fossé du côté du chemin qui semble se connecter à un autre plus petit, légèrement perpendiculaire, qui permet d’accéder à l’ancienne grève de la Seine. Peu de sites permettaient un tel contrôle de la rive de la boucle de Brotonne, à proximité du château des Meulan situé plus au nord. La Butte de l’Ecuyer se situait probablement à environ 25 m du fleuve au Moyen Âge. Les dépôts alluvionnaires des Temps Modernes (17e s.) et l’endiguement de la Seine (19e s.) ont provoqué le recul de la berge, fossilisant l’ancienne grève estuarienne.

            Plusieurs hypothèses ont été avancées quant à la fonction du site : il peut s’agir soit d’un ouvrage avancé du château des Beaumont-Meulan sis à Vatteville-la-Rue (12e s.), soit d’un contre-château érigé par Henri Ier Beauclerc lors du siège de ce même château en 1123-1124. D’un point de vue archéologique, en l’absence de fouilles, les deux hypothèses sont recevables. Aucune construction antérieure ou postérieure n’a été remarquée sur le site. Néanmoins, un fragment de mortier gallo-romain (Bas-Empire) a été mis au jour en septembre 2005 lors d’un rafraîchissement des coupes des sondages effectués par L. Charlier en 1838. (Responsables de l’étude et du relevé : Deshayes Gilles, Mouchard Jimmy). Anne-Marie Flambard-Héricher [2]  

     

    Légende :

     

         « Dans la commune de Vatteville, à l'entrée de la forêt de Brotonne , se trouve un tertre qui paraît être un tumulus, et qu'on appelle la butte à l'écuyer. Un trésor est gardé en cet endroit par des animaux étranges. Quelquefois, le trésor est mis à découvert aux yeux des passants, mais les animaux ont toujours soin d'effrayer ceux qui tenteraient de s'en emparer. C'est ainsi que deux voyageurs furent suivis, un soir, depuis la butte à l'écuyer jusqu'à la Vacherie, sur la commune d'Aizier, par un animal mince et de formes déliées, qui, arrivé en ce lieu, prit tout-à-coup une taille gigantesque, s'approcha de la falaise, et se précipita dans la Seine avec un épouvantable fracas. On a plusieurs fois essayé de faire des fouilles à la butte à l'écuyer, mais les animaux ont toujours su écarter les travailleurs, et remplir les excavations qu'on avait creusées. » [3]

     

    Sources :

     

    [1] Antiquités de la forêt domaniale de Brotonne par M. Charlier, inspecteur des forêts, membre de la Société. Extrait des Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, Volume 11, Société des antiquaires de Normandie ; 1840 https://books.google.fr/books?pg=PA264&lpg=PA264&dq=brotonne+l%27%C3%A9cuyer+butte&sig=JaGldumqIHQFwVoojoU-ijghWcM&id=szlDAQAAMAAJ&hl=fr&ots=VHyC3K6mhs&output=text

    [2] Extrait de l'Étude microtopographique des fortifications de terre de Haute-Normandie https://docplayer.fr/44971933-Etude-microtopographique-des-fortifications-de-terre-de-haute-normandie.html www.culture.gouv.fr/content/download/64585/493243/version/1/file/bsr2006.pdf

    [3] Extrait de La Normandie, romanesque et merveilleuse : traditions, légendes, et superstitions populaires de cette province par Amélie Bosquet ; J. Techener, 1845 - 519 pages

     

    Bonnes pages :

     

    Deshayes Gilles, Lefèvre Sébastien et Mouchard Jimmy, « Corneville-sur-Risle, le Bois Cany (Eure) » ; « Vatteville-la-Rue, la butte de l’Ecuyer (Seine-Maritime) », BSR, DRAC-SRA, 2008, p. 85-89.

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  • LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure) LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure) LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure)

    Ci-dessus, photo au centre extraite du site Google map ; photo à droite extraite du site Google map.

     

         La motte castrale dite du « Vieux-Montfort », située sur le territoire d'Appeville-Annebault, est ainsi nommée car elle aurait été antérieure au château de Montfort-sur-Risle ou en aurait constitué un ouvrage défensif avancé... Cette fortification a été érigée au 11e ou au 12e siècle.

         On trouve également par la suite un manoir élevé à proximité de cette motte au 16e siècle portant le nom de « Vieux-Montfort » qui, entre 1255 et 1346, est devenu la propriété de l'abbaye du Bec-Hellouin. La date de construction de ce logis est inconnue ; il fait l'objet d'une restauration au 16e siècle et est détruit après 1854. On en trouve la présence sur le cadastre napoléonien de 1832 mais il n'en subsiste rien aujourd'hui.

         La chapelle Saint-Milford attenante au site a également disparu. Dans l'église d'Appeville-Annebault, on trouve une statuette de saint Milfort, en pierre polychrome du 16e siècle provenant de la chapelle Saint-Milfort du Vieux Montfort. Les mamans qui venaient invoquer le saint grattaient le socle de la statue. La poussière calcaire, mélangée au lait du biberon était censée fortifier le bébé ! [ Milfort ou Mislefort est un missionnaire écossais qui se fit domestique à Soreng près de Blangy et à la Bouvaque avant de mourir décapité à Abbeville.]

         Au lieu-dit « Annebault », la construction d'un château a commencé en 1522 pour l'amiral Claude d'Annebault, mais a été interrompue en 1546. Cet édifice a aujourd'hui entièrement disparu.

         Difficile de situer précisément ce château avant d'aller y voir sur place concrètement, aussi si quelqu'un a des informations complémentaires... qu'il n'hésite pas à me contacter, merci... (NDB)

     

    LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure)   LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure)

     Plan de situation de la motte du Vieux-Montfort (à améliorer...) ; blason de la famille de Montfort par User:Spedona Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2697951

     

    « La motte castrale d'Appeville-Annebault (Eure)

     

    LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure)     Cette fortification qui a fait l'objet de deux campagnes de fouilles en 1983 et 1984 occupe un petit éperon boisé qui domine l'une des rares voies reliant la vallée de la Risle (située à 1,5 km), important obstacle à la circulation, au plateau du Roumois. La motte d'une surface de 6 400 m² est constituée d'un tertre au pied duquel se développe une basse-cour par endroits encore protégée par un fossé précédé d'un talus. Il est probable qu'une palissade devait venir compléter le système fortifié, principalement à l'extrémité de l'éperon.
         La fortification releva de la famille de Montfort qui fut une des grandes familles vassales du duc de Normandie aux 11e et 12e s. » [1]

    Ci-dessus, photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         « La première famille de Montfort aurait établi sa première résidence seigneuriale sur la motte, avant d'en bâtir une autre, en pierre cette fois, à environ 2 km de la motte (Montfort-sur-Risle). Une famille est encore citée en 1255 (Salch).»

     

    LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure)     « Elle possédait alors les honneurs de Coquainvilliers (Calvados) et de Montfort-sur-Risle, et fut la fondatrice des prieurés de Saint-Philbert-sur-Risle et de Saint-Hymer en Auge. La motte d'Appeville-Annebault, qui a donc relevé de l'honneur de Montfort-sur-Risle, est une fortification de contrôle de voie autant que des accès même aux terres des Montfort. L'étude des textes a du reste démontré que la fortification se situait à la frontière ouest de leur domaine. Elle a probablement été édifiée à la fin du 11e s. par Robert Ier de Montfort. Au 13e s., elle est devenue la propriété d'Osbern l'Anglais qui y établit sans doute un manoir sur le tertre. On suppose que c'est lui qui est mentionné dans le Cartulaire de l'Abbaye du Bec-Hellouin » sous le nom de « manerii de Veteri Monteforti » (manoir du Vieux Montfort).
    LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure)     Les fouilles ont mis au jour des plans d'édifices en bois qui se sont succédés de la fin 11e s. au 13e s. Ces édifices se situaient tous en fond de basse-cour et étaient séparés du tertre par un grand espace vide. La première période d'occupation, laquelle s'achève par la confiscation de la motte par Henri Ier Beauclerc (en 1123-1124), est attestée par un bâtiment à murs-palissades, qui offre des analogies avec ceux de la motte de Mirville (Seine-Maritime). A partir du 12e s, la fortification est le siège d'une intense activité domestique et sans doute aussi militaire qui conduit à la construction de nouveaux édifices : un bâtiment à murs palissadés, pourvu d'une porte de 1,20 m de large, est associé à des silos, un four domestique et de petits bâtiments à poteaux porteurs (greniers ?). L'espace est densément bâti et il est très difficile de démêler la véritable nébuleuse de trous de poteaux qui atteste l'activité très soutenue au sein du site. La troisième et dernière période, postérieure à 1204, est représentée dans la basse-cour par un édifice reposant sur des poutres sablières basses intercalées de poteaux porteurs et, pour le tertre, par un niveau d'occupation qui a livré de la céramique du 13e s. Le tertre a fait l'objet de travaux aux 13e s. qui ont créé une vaste plate-forme (non fouillée) qui servit d'assiette au « manerium » d'Osbern.

     

    Ci-dessus : « Lampe à huile, 11e siècle : La lampe à huile, réalisée en terre cuite, est recouverte à l'intérieur d'un vernis plombifère protecteur. Un pincement réalisé sur la lèvre permet de poser la mèche. Cet objet est muni d'un pied central destiné à être fiché dans du sable ou de la terre. » http://www.mondes-normands.caen.fr/france/archeo/normandie/mdn/fouilles/appeville/D_87_11_001.htm

     

     

    LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure)     Avant le 13e s., le site du Vieux-Montfort présenta sans doute un caractère essentiellement militaire et donc quelque peu austère. C'est ainsi des deux premières périodes d'occupation que proviennent des couteaux, des pointes de flèches à monture à douille, des fers à chevaux à bord ondulés et un éperon à pointe pyramidale, lesquels sont associés à des lampes à huile et des céramiques décorés à la molette.

         Fouilles effectuées par François Fichet de Clairfontaine » [1]

     

    Ci-dessus, « Pointe de flèche, 11e siècle : La pointe de flèche en fer, de forme losangée et de section plate, présente un profil angulaire. La douille est circulaire et étroite. » http://www.mondes-normands.caen.fr/france/archeo/normandie/mdn/fouilles/appeville/D_87_11_003.htm

     

      Un exposé assez complet d'où est extrait l'article suivant est disponible sur le site : http://jeanalain.monfort.free.fr/27/VieuxMontfort.htm :

     

    LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure)     « Lieu-dit localisé sur la commune de Appeville-Annebault (27290), anciennement appelée Appeville, située à 20 km au Sud-Est de Pont-Audemer. La D 47, qui mène à Brestot et Routot, bifurque, à environ 1,5 km au Nord-Est du bourg, vers un promontoire boisé : une motte fossoyée est située à cet endroit, appelé le « Vieux-Montfort ». Cette motte castrale se trouve à l’emplacement d’un premier château de Montfort remontant aux 10ème et 12ème (Roy).

    Ci-dessus, photo extraite du site Google map.

     

    LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure)     Après avoir quitté la D 47, le chemin d’accès à la motte est long d’environ 425 pas. Au bout de 125 pas, une piste coupe-feu se présente en angle droit sur la gauche. En continuant tout droit, et après environ 300 pas, on apercevoit, sur la droite, un fossé suivi d’une motte, elle-même creusée en son centre. Un fossé longe, sur la droite, le chemin d'accès à la motte. Un repérage légèrement différent est donné par Coutil. Sur la commune existe aussi des vestiges d'un manoir fortifié.

    Document ci-dessus extrait de ce même site http://jeanalain.monfort.free.fr/27/VieuxMontfort.htmx

     

     

    LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure) LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure) LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure)

    Documents ci-dessus extraits de ce même site http://jeanalain.monfort.free.fr/27/VieuxMontfort.htmx

     

    LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure)     Une fouille programmée a été effectuée (1983-1984) par le Centre de recherches archéologiques médiévales de Haute Normandie (CRAHN) de Caen. Le responsable en était François Fichet de Clairefontaine.

         La motte castrale du Vieux-Montfort (schéma d'après Coutil) occupe un petit éperon qui domine l'une des rares voies reliant la vallée de la Risle, important obstacle à la circulation, au plateau du Roumois.

         Aux 11ème et 12ème, elle a fait partie de l'« honneur » de Montfort sur Risle et appartenait à la famille de Montfort. Selon les textes, la fortification, située à la frontière Ouest du domaine, a été construite à la fin du 11ème par Robert Ier de Montfort. Au 13ème, elle semble être la propriété d'Osbern, l'Anglais, dit « de Veteri Monteforti » et c’est ce lieu auquel la table du cartulaire de l'abbaye du Bec-Hellouin (27800) semble faire référence (« manerii de Veteri Monteforti »).

    Ci-dessus, photo extraite du site Google map.

     

         L'ensemble s'étend sur 600 m². Il comprend un tertre au pied duquel se développe une basse cour close d'une palissade et, par endroits, protégée par un fossé et un talus. Deux campagnes de fouilles ont été réalisées, principalement à l'Ouest de la basse cour. Cette zone, séparée du tertre par une aire vide de toute occupation, a livré des structures appartenant à (au moins) 3 périodes d'occupation.

     

         Période I (fin 11ème jusqu’en 1123-1124), date à laquelle la fortification est confisquée par Henri Ier « Beauclerc ». Cette période est marquée par la construction d'un édifice à murs-palissades. Le bâtiment, au plan imparfaitement connu, offre des analogies avec ceux de Virville (Seine Maritime) : étaiement des murs à l’aide de contreforts obliques.

     

         Période II (débutant vers le milieu 12ème), se traduisant par un renforcement de l'activité domestique, et certainement militaire. Un nouvel édifice à murs-palissades, pourvu (après remaniement) d'une porte large de 1,20 m, est porté par une zone relevant de deux phases successives (A et B) :

         (i) édifices de la phase A : un édifice sur poteaux de fort diamètre (environ 0,80 m), un silo profond de 0,80 m et d'un diamètre de 1,53 m, et un four domestique, dont subsistait le départ de la voute constituée à l'origine d'argile et de branchages.

         (ii) édifice de la phase B : nouvel édifice à petits poteaux, proche de foyers circulaires.

         Cet ensemble recouvre les vestiges de la période I, et offre un aspect nébuleux (trous de poteaux difficile à analyser).

         Le mobilier pouvant être associé aux phases A et B confirme le caractère militaire de la fortification : couteaux, pointes de flèches à monture à douille, nombreux fers à cheval à bords ondulés et éperon à pointe pyramidale (fin 12ème). Le lot de céramiques comporte des vases globulaires, ornés à la molette ou d'un décor peint monochrome rouge, et des cruches à bec pincé.

     

         Période III (après 1204), qui semble incluse dans le 13ème. Cette période est représentée (a) pour la basse cour, par un bâtiment à poutres sablières basses, intercalées de poteaux porteurs, et (b) pour le tertre, par un niveau d'occupation qui a surtout livré de la céramique et un poinçon en os.

         Le tertre a été l'objet, au cours du 13ème, de travaux de terrassement en vue de créer une vaste plateforme (non fouillée) qui a sans doute servi d'assiette au « manerium » d'Osbern l'Anglais. » [2]

     

    Le manoir du Vieux-Montfort

     

    LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure)     « Le Vieux-Montfort. Sur le territoire d'Appeville se trouve le manoir du Vieux-Montfort, voisin d'un endroit nommé le Catelier, où se voient, encore les restes d'une ancienne tour romaine.

         En 1255, Osbert du Vieux-Montfort, vendit à l'abbaye du Bec une maison qui lui appartenait dans la paroisse de Saint André-du-Bec. » [3]

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1832, Archives de l'Eure, http://archives.eure.fr/

     

         « Le manoir disparu a appartenu (1255-1346) à l'abbaye du Bec-Hellouin. » [2]

     

         « Devenue par la suite propriétaire du manoir du Vieux-Montfort, l'abbaye du Bec le fieffa en 1310 à Raoul Garguesal, escuyer, avec toute la droiture que ledit manoir avait dans la forêt du lieu sous la redevance de 28 sous de rente.

         D'après les chartes de l'abbaye, Raoul n'exécuta pas ses engagements et fut évincé, alors les moines fieffèrent à Michault Laisné les masures et herbages du Vieux-Montfort, à la réserve de la chapelle de Saint-Mislefort et de différentes pièces de terre dépendant de la chapelle, moyennant 50 sous de rente.

         Un jugement de 1493 rendu entre l'abbaye du Bec et M. Jean Lefebvre, curé d'Appeville, ordonna que toutes les offrandes qui se feraient à la chapelle du Vieux-Montfort appartiendraient aux moines.

         Par la suite, le fief du Vieux-Montfort appartint à Antoine de Grippière, écuyer, capitaine de chevau-légers, fils de Jean de Grippière, sieur du Quesnay, à Illeville, et de Geneviève le Bienvenu. » [3]

     

         « … Le logis fut restauré au 16ème (une des deux cheminées était datée de 1569) mais fut par la suite détruit (après 1854) ; une chapelle dédiée à Saint Mislefort » [2]

     

    A proximité :

     

    L'église Saint-André d'Appeville-Annebault :

     

    LES REMPARTS DU VIEUX-MONTFORT (Eure)     « Selon la tradition, chaque nuit l'église primitive voyait la démolition des travaux de la journée et le transport mystérieux des matériaux sur le site de l’église actuelle, dans la vallée, parmi les prairies baignées par la Risle environnées de collines boisées… (…) Le patronage de l’église Saint-André fut donné à l’abbaye du Bec par Robert de Montfort, fils de Hugues II vers 1097, donation confirmée par l’archevêque de Rouen en 1141. (…)

         Le chœur de l'église a d'abord été construit au 14e siècle, et après, la nef et la tour au 16e siècle. (…)Elle est construite entièrement de pierres. (…) L’église d’Appeville fut commencée en 1518 (par Jean IV d'Annebault) et achevée par les soins des deux illustres frères d'Annebault. (…) L'un des éléments les plus intéressants de cette construction semble être une corniche extraordinairement ouvragée d'animaux et fruits qui fait, sous le toit, le tour de la nef. (…)

         L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1862. » [4] 

     Sources :

     

    [1] Extrait de http://www.mondes-normands.caen.fr/france/archeo/normandie/mdn/fouilles/appeville/index.htm

    [2] Extrait de http://jeanalain.monfort.free.fr/27/VieuxMontfort.htmx

    [3] Extrait de https://books.google.fr/books?id=8_SR8gcwBjIC&pg=PA142&dq=motte+du+Vieux-Montfort+Eure&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj0nryNnanbAhXJNxQKHbLSBaMQ6AEIMzAC#v=onepage&q=motte%20du%20Vieux-Montfort%20Eure&f=false 

    [4] Extrait de https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Andr%C3%A9_d%27Appeville-Annebault

     

    « Bibliographie [2] :

    O Coutil Léon, « Département de l'Eure, archéologie gauloise, gallo-romaine, franque et carolingienne : III. Arrondissement de Bernay », Evreux, C. Hérissey, 1917

    O Roy N. (ouvrage collectif sous la direction de -), « De la Gaule à la Normandie, 2000 ans d'histoire - 30 ans d'archéologie » (article n° 5 : Appeville-Annebault), C.R.A.H.N., 1992 Service régional de l'inventaire de Haute Normandie, notice du Ministère de la Culture

    O Torre Michel de la -, « Guide de l'art et de la nature (27 - Eure) », Editions Berger-Levrault, 1983

    O Vital Orderic, « Histoire ecclésiastique » ou « Histoire de la Normandie », 13 tomes (édités entre 1838 et 1855)

    Cet historien français du 12ème (Attingham, Angleterre, 16 février 1075 - † Saint Evroult, après 1143) entra jeune à l’abbaye d’Ouche ou de Saint Evroul, au diocèse de Lisieux. Son oeuvre est très documentée sur l’histoire des Normands. » [2]

     

    Bonnes pages :

     

    O http://jeanalain.monfort.free.fr/27/VieuxMontfort.htm

    O http://www.mondes-normands.caen.fr/france/archeo/normandie/mdn/fouilles/appeville/index.htm

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  • LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche) LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche) LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)

    Ci-dessus à gauche, photo de Gilloudifs 

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)     « Le manoir ou château de Vauville est une ancienne demeure seigneuriale du Cotentin, située à Vauville (Manche) dans la Hague. (…) Du premier château, construit en 1163 par Richard, il ne reste que le donjon. Le bâtiment actuel comprend deux corps bâtis en angle droit du 17e siècle s'appuyant sur le vieux donjon. (...)

         Il a été véritablement (re-)construit par François-César de Costentin, seigneur de Vauville par de sa femme, et frère du maréchal de Tourville. (…)

         Un temps propriété du général Lemarrois, il appartient aujourd'hui à la famille Pellerin-de Turckheim. Éric Pellerin et son épouse ont conçu le jardin botanique en 1947 et l'on peut y visiter aujourd'hui la plus grande palmeraie du nord de l'Europe. » [1]

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)

     Plan de situation du château de Vauville ; blason de la famille de Vauville par Gilloudifs.

     

     LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche) LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche) LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)

     

    Histoire

     

         « Une grande partie de l'histoire du manoir de Vauville disparaît avec la destruction des Archives départementales durant le bombardement de Saint-Lô, lors de la Seconde Guerre mondiale. Mais quelques éléments nous sont parvenus. » [1]

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)     Gerville, 1825 : « A trois lieues de Cherbourg, vers l'ouest, au bord de la mer, on trouve la paroisse de Vauville, dont un seigneur était avec le duc Guillaume à la conquête d'Angleterre ; son nom est dans la liste de la Chronique de Normandie, imprimée chez le Megissier. Richard de Vauville, un de ses successeurs, fonda, dans le siècle suivant, le prieuré de Saint-Michel (aujourd'hui Saint-Ermel), sur le mont de Vauville ; Algare, alors évêque de Coutances, ratifia cette fondation. Sous le règne de Philippe-Auguste, un autre Richard de Vauville tenait, de la baronnie (de honore) de Lithaire, un fief de chevalier à Vauville ; Guillaume de Vauville tenait de la même baronnie un fief de haubert (loricae) à Omonville-la-Roque. Parmi les bienfaiteurs de l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, durant le 12e siècle, je trouve que Richard et Guillaume de Vauville donnèrent à ce monastère l'église de Saint-Jean de-Jersey, et la moitié de celle de Fontenay-sur-le-Vay. La famille des anciens seigneurs de Vauville était naguère établie dans le diocèse de Bayeux, et particulièrement à Sept-Vents, canton de Caumont. Dumoulin, dans son ancienne histoire de Normandie, cite un catalogue des nobles qui allèrent à la Terre-Sainte, copié sur un manuscrit de la cathédrale de Bayeux. Les armes des Vauville, d'après ce catalogue, sont de gueules, à six merles d'argent : Chevillard Livre noir de l'évêché, les donne un peu différentes, de gueules au pal aiguisé d'argent, accompagné de six merlettes de même, trois de chaque côté. Photo ci-dessus par Gilloudifs.

     

         Sous le règne de Saint-Louis, il y avait un château à Vauville : le bienheureux Thomas Hélie de Biville y mourut en 1250.

         Dans le 14e. siècle, la famille de la Haye possédait la seigneurie de Vauville.

             Elle passa aux Sauvage. Vers la fin du 17e siècle, Jeanne, fille et héritière de Julien le Sauvage, seigneur de Vauville, épousa César de Costentin, frère aîné du maréchal de Tourville : ce fut lui qui bâtit le château appartenant aujourd'hui au lieutenant-général Le Marrois. On voit que ce château est bâti sur la place de l'ancien. Une partie de ses tours et de ses défenses existait encore il y a cent ans. Le fils de César de Tourville, qu'on appelait le comte de Vauville, vint s'y réfugier après avoir tué, dans un accès de jalousie, M. Hellouin, bailli de Périers. Après s'y être caché longtemps, il obtint sa grâce en levant la fierte de Saint-Romain, suivant un privilége du chapitre métropolitain de Rouen. On montrait encore naguère, au château de Vauville, la chambre où mourut le bienheureux Thomas de Biville. La seigneurie de Vauville était un plein-fief de haubert, dépendant avant la révolution de la baronnie de Briquebec. Il y avait jadis un marché le mercredi, et une foire le jour Saint-Maurice. En 1520, les Anglais y firent une descente, pillèrent le bourg et brûlèrent les halles. Nous avons vu quelles étaient les armes des anciens Vauville. Celles de Carbonnel sont coupées de gueules et d'azur, à trois bésants, d'hermine 2 et 1. Les Le Sauvage-de-Vauville portaient d'azur, au tronc d'arbre d'argent, accompagné en chef de deux glands d'or, et en pointe de deux feuilles de chêne du second émail. Costentin-de-Tourville portait de gueules au dextrochère, tenant un épée d'argent surmontée d'un heaume de même. » [2] 

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche) LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)

     Plan ci-dessus à gauche extrait du cadastre napoléonien de 1818, Archives de la Manche, http://www.archives-manche.fr/ ; photo aérienne à droite extraite du site Géoportail.

     

         « Le fief de Vauville était un plein fief de haubert mouvant de la baronnie de Bricquebec.

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)     Richard de Vauville entreprend en 1163 la construction d'une demeure seigneuriale dont il ne reste aujourd’hui qu'un donjon semblable à celui du château de Beaurepaire à Martinvast. Il fait construire également le prieuré de Saint-Hermel, situé sur une colline au nord-est de Vauville. Ce prieuré dépendait de l'abbaye de Cerisy-la-Forêt. C'est à la même époque que l'on peut situer la reconstruction de l'église de Vauville, située sur le même fief.

         Sous le règne de saint Louis, la présence de la demeure est attestée : le bienheureux Thomas Hélye de Biville y mourut en 1257 [https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_H%C3%A9lye]. » [1]

     

         « Vauville vint ensuite aux de la Haye. Jacques de la Haye, seigneur de Vauville en 1543 n'eut qu'une fille, mariée à François d'Harcourt, baron de Beuvron et bientôt séparée de lui. » [3]

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)     « Après elle, Vauville eut pour seigneur Louis Le Poupet, dont la famille, anoblie en importait : d'azur à la croix pattée d'or, accompagnée de 3 croissants de meme, 2 en chef et 1 pointe. Louis Le Poupet épousa Jeanne de Pirou, l'une des trois sœurs de Jean, seigneur de Fermanville, Gonneville, etc. Il mourut sans enfants, et eut pour héritier son neveu Julien qui gaspilla, en quelques années, toute sa fortune.
         Les Le Sauvage, qui lui succédèrent, étaient originaires de Pierreville et avaient été anoblis en 1422. Ils portaient :
    d'azur au tronc de chene d'argent à 3 écots, 2 ci droite et 1 à gauche, pose en pal et accompagné en chef de 2 glands, le fruit d argent et l'ecorce, d'or, et en pointe de 2 feuilles d'argent.   


    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)     Le premier, qui fut seigneur de Vauville, est François, fils de René et de Marie Hamon. Il y mourut célibataire, le 30 mai 1631, et eut pour héritier son frère Julien, déjà seigneur et patron de Saint-Marcouf, Fontenay, Pierreville, Quettehou, Valognes, etc. Julien Le Sauvage avait épousé Françoise de Grimouville qui mourut sans enfants, le 2 novembre 1634 Il épousa en secondes noces Anne de Cotentin de Tourville, dont la famille allait briller d'un si vif éclat sous le règne de Louis XIV. Il en eut une fille, Jeanne-Marie, qui, en novembre 1663, épousa son cousin, César de Cotentin, frère aîné du maréchal de Tourville, et, comme lui, d'une bravoure à toute épreuve. C'est ce nouveau seigneur qui rebâtit et transforma le château. Il mourut en 1697, après vingt-deux ans de maladie. » [6]

     

         « Une partie de ses tours et de ses défenses existait encore dans les années 1720, mais furent peu à peu démolies.

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)     François-César et Jeanne de Tourville eurent deux fils qui leur survécurent, seigneurs successifs : Jean-Michel de Costentin, dit le « marquis de Tourville », puis Jean-Baptiste César de Costentin, dit le « comte de Vauville ». Ce dernier vint se réfugier à Vauville, après avoir tué dans un accès de jalousie, M. Hellouin, sieur d'Ancteville, bailli de Saint-Sauveur-Lendelin. Après s’y être caché longtemps, il obtint sa grâce en levant la « fierté de saint Romain », suivant un privilège du chapitre métropolitain de Rouen. » [1]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Costentin de Tourville par Jimmy44 Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10387459

     

         « Après les Tourville, M. Saffray, de Caen, devint propriétaire du château. Sa veuve, Thérèse du Mesnildot le vendit vers 1810 au lieutenant-général comte Le Marois, dans la famille duquel il est resté jusqu'en 1890. » [3]

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)     Le général Jean Le Marois (1776-1836), [https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Le_Marois] député de la Manche et aide de camp de Napoléon, fut également propriétaire de Vauville. (…)

     

         En 1837, Polydore Le Marois [https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Polydore_Le_Marois], le fils du général Jean Le Marois, détruisit la porterie où mourut le bienheureux Thomas Hélye, [https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_H%C3%A9lye] aumônier de Saint Louis, dont le tombeau se trouve dans l'église paroissiale de Biville. Les communs qui conféraient au château son allure féodale furent détruits à la même époque. (...)

         Sous sa forme actuelle, ce sont les mêmes propriétaires qui, depuis plus de cent ans, entretiennent et restaurent le château qui fut pillé et fortement endommagé lors de la Seconde Guerre mondiale. (…)

         Il appartient aujourd'hui à la famille Pellerin-de Turckheim. » [1]

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)

     

    Architecture

     

         « Les bâtiments actuels, formés de deux corps de logis bâtis à angle droit et reliés par la tour, furent érigés entre la fin du 16e siècle et le début du 17e siècle.

         Construit en pierres du pays avec des murs qui, par endroits, mesurent près d'un mètre d'épaisseur, des fenêtres à meneaux et de larges cheminées, le château de Vauville, couvert d'une toiture en schiste, demeure l'un des plus beaux exemples d'architecture des maisons fortes du Nord-Cotentin.

         Le colombier, construit en 1732 à l'extérieur du mur d'enceinte, est caractéristique des bâtiments d'accompagnement de l'édifice principal. Il contient plus de mille cases (ou boulins). » [1]

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)     « La châtelaine actuelle (1928) est madame Gayard, belle-soeur de M. Fleury, sénateur de l'Orne, qui veut bien nous accueillir. Elle nous fait voir l'extérieur de l'habitation qui présente des parties intéressantes.

         Celle-ci se compose de deux corps de logis, se coupant à angle droit, reliés ensemble par une sorte de donjon ; qui renferme un vaste escalier en spirale s'enroulant autour d'un pilier carré. En haut, se trouve une chambre à voûte ogivale que surmonte une terrasse, de laquelle la vue s'étend fort loin ; les lucarnes de fenêtres à meneaux sont historiées. On retrouve encore à l'entour des vestiges des anciennes défenses. En arrière, se dressent des collines abruptes (l'une d'elles a 134 mètres d'altitude) sur lesquelles se voient, dit-on, les restes de monuments celtiques.
         C'est sur l'autre versant de ces coteaux qu'eut lieu en août 1923 le congrès de vol à voile. On se rappelle les records de Maneyrol et du lieutenant Thoret, et aussi la mort tragique de l'aviateur Hemmerdinger. » [3]

     

    Protection

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)     « Les façades et toitures du château, du colombier et de l'ancien fort en bordure de mer avec sa maison de gardien, ont été inscrites le 5 mai 1972 au titre des monuments historiques. (…) Le jardin depuis 1992... classé jardin remarquable en 2004. » [1]

     

    Le jardin

     

         « Créé en 1947 par Éric et Nicole Pellerin, le jardin botanique du château de Vauville occupe plus de 40 000 m2. Il abrite plus de 500 espèces de l’hémisphère austral ce qui lui confère une atmosphère subtropicale. [https://fr.wikipedia.org/wiki/Jardin_botanique_du_ch%C3%A2teau_de_Vauville] » [1] Ci-dessous vidéo youtube :

     

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)     « L'église Saint-Martin (nef du 12e siècle) abrite un bas-relief du 15e (L'Éducation à la Vierge) classé à titre d'objet. Elle est aujourd'hui rattachée à la nouvelle paroisse Bienheureux Thomas Hélye de la Hague du doyenné de Cherbourg-Hague. » [1]

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)     « Le fort de Vauville, classé Monument Historique, a été bâti au 18ème siècle et pensé par l'architecte de Louis XIV, Sébastien de Vauban. Cette petite place forte a été construite dans le but de protéger les côtes françaises. » [4] Photo ci-contre par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche) LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche) LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)

    A droite ci-dessus, photo de Gilloudifs

     

         « Le prieuré Saint-Hermel ou Saint-Michel de Vauville … est fondé en 1147 par Richard de Vauville, chevalier compagnon de Guillaume le Conquérant. Il était rattaché à l'abbaye Saint-Vigor. Construit dans les landes, il domine à 90 mètres d'altitude l'anse de Vauville. Les moines bénédictins quittent les lieux après la Révolution française, qui sont exploités par des agriculteurs entre 1927 et 1939.

         Les Allemands, qui occupent le prieuré durant la Seconde Guerre mondiale, détruisent plusieurs bâtiments. Il est restauré à partir de 1958. La chapelle est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 7 février 1975. Avec le logis, les communs et le pigeonnier, elle forme la cour intérieure quadrangulaire de 30 mètres de côté, dont l'accès se fait par une porte charretière et une porte piétonne. Il a été peint par Jean-François Millet. » [5] 

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait des « Anciens château de l'arrondissement de Cherbourg » par Charles de Gerville, Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, Volume 1, Société des antiquaires de Normandie, 1825 ; https://books.google.fr/books?id=ruAAAAAAYAAJ&pg=PA224#v=onepage&q&f=false

    [3] Extrait du Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne ; Éditeur :  Société historique et archéologique de l'Orne (Alençon) notice. Date : 1928-01 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5470064t/f114.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20vauville%22

    [4] Extrait de http://www.manchetourisme.com/meuble-de-tourisme-fort-de-vauville-a-la-hague/hlonor050v50vngf

    [5] Extrait de https://www.wikimanche.fr/Prieur%C3%A9_Saint-Hermel_(Vauville)

    [6] La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc.. Manche 1re [-2e] partie. Éditeur : Lemale & Cie, impr. édit. (Le Havre) notice. Date : 1899 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6480990w/f59.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20vauville%22?rk=85837;2

     

    LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche) LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche) LES REMPARTS DE VAUVILLE (Manche)

    Ci-dessus photos par Gilloudifs

     

    Bonnes pages :

     

    O http://www.jardin-vauville.fr/

    O https://www.wikimanche.fr/Ch%C3%A2teau_de_Vauville

    O http://chateau.over-blog.net/manche-chateau-de-vauville.html

    O https://www.cotentine.fr/normandie/le-cotentin/la-hague/vauville

    O Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne ; Éditeur :  Société historique et archéologique de l'Orne (Alençon) notice. date : 1928-01 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5470064t/f114.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20vauville%22

    O La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc.. Manche 1re [-2e] partie. Éditeur : Lemale & Cie, impr. édit. (Le Havre) notice. Date : 1899 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6480990w/f59.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20vauville%22?rk=85837;2

    O http://leprieuredevauville.overblog.com/

    O Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie

    Éditeur : Ponthieu et Delaunay (Paris) notice.date : 1856

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57299857/f355.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20vauville%22

    O http://jardinbernard.canalblog.com/archives/2013/12/02/28472677.html

    O https://hervelenain.photoshelter.com/gallery/Jardin-du-chateau-de-Vauville/G0000E1x0oYsclo0/

    O http://www.cotentinvuduciel.org/Album/VauvilleJardin/diapo-04.html

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