•  LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados) LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados) LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)

    Ci-dessus : à gauche, une vue aérienne extraite du site Google Earth ; au centre, une vue aérienne extraite du site Google Map.

     

    L'enceinte castrale du Vieux Château à Audrieu (Calvados) :

     

         « En face du château, de l'autre côté de la route, on reconnaît très distinctement l'ancienne motte féodale sur laquelle ont été plantés une vingtaine d'arbres. Cette motte a été fouillée naguère du côté nord, sans grand résultat. » [1]

     

    « La fortification, actuellement connue sous le nom de Vieux-Château, est située dans le village d'Audrieu, à 20 kilomètres environ à l'ouest de Caen, et 10 kilomètres au sud-est de Bayeux. » [2]

     

    LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)    LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)

     Ci-dessus, plan de situation de l'enceinte d'Audrieu ; blason de la famille de Percy par User:Aroche Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Aroche., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4502756

     

         Concernant cette enceinte castrale d'Audrieu voici quelques éléments extraits du document établi après les fouilles effectuées au début des années 1970 : « L'enceinte fortifiée d'Audrieu (Calvados) (12e-14e siècles) » par Annie Renoux. [NDB]

    https://www.persee.fr/doc/arcme_0153-9337_1972_num_2_1_1241 :

     

         « Elle est signalée en premier par Arcisse de Caumont qui en fait une motte (Arcisse de Caumont, Statistique Monumentale du Calvados, t. I, Caen, 2e éd., 1898, p. 313. — Cours d'antiquités monumentales, t. V : Moyen âge, Archéologie militaire. Paris, 1841, p. 123.)... » [2]

    Voir ci-dessous :

     

    Arcisse de Caumont :

         « Château. — Il existe dans un herbage près du château
    actuel d'Audrieu, une motte féodale que le propriétaire, M.
    le général de Séran, a fait conserver, et sur laquelle plusieurs beaux arbres végètent. Je l'ai citée dans le 5e volume de mon Cours d'antiquités, p. 123. » [3]

     

    LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)     « ... Puis P. de Longuemare y fait une brève allusion dans une étude sur le canton de Tilly-sur-Seulles, et mentionne qu'elle a été « fouillée » du côté nord, mais « sans grand résultat » (P. de Longuemare, Etude sur le canton de Tilly-sur-Seulles, Caen, 1907, pp. 56-57). Cette « fouille », dont nous aurons des témoignages, a heureusement épargné l'essentiel. Enfin, plus récemment, J. L'Hermitte consacre à l'ouvrage un court article (J. L'Hermitte, Notice sommaire sur la motte d'Audrieu et l'ancien chemin de Tilly à Creully, Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie, tome LVI, 1961-1962, pp. 686-691). Il remarque que son sommet est informe, mais attribue cette anomalie à la chute des arbres, et reprend l'hypothèse d'Arcisse de Caumont, pour qui ces mottes furent construites par les Normands, au 10e ou au 11e siècle. (...)

     

    Ci-dessus, plan de l'enceinte du Vieux Château à Audrieu extrait de ce même document.

     

         J. L'Hermitte a attiré l'attention sur l'aspect particulier de la fortification. Elle est en effet cratériforme. Dès lors il semblerait que l'on soit en présence non d'une motte, mais d'une enceinte. (...)

         Par sa situation, Audrieu est donc légèrement en repli par rapport aux grands axes, et plus prédisposé à contrôler des contacts nord-sud. Le relief de plat-pays est peu propice à l'installation d'une fortification. (...)

         On observe deux noyaux de peuplement dont les noms traduisent une réalité topographique. Au nord s'étend « le bas d'Audrieu » qui contient un château dit de la Motte, dont certains éléments peuvent dater de la fin du moyen âge. « Le haut d'Audrieu », au sud, renferme un deuxième château, mais plus récent. Entre les deux s'insère le village même d'Audrieu (proche du bas-Audrieu) où l'on trouve quelques maisons et surtout l'église, dont les parties les plus anciennes remontent au 12e siècle, et qui est assez remarquable par son ampleur. (...)

     

    LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)     Cette première approche du village et de son réseau de communications invite à envisager un développement de l'habitat au moins en deux temps. L'un correspond au bas d'Audrieu et à Audrieu, installé en bordure d'une voie nord-ouest -sud-est, et tourné, semble-t-il, vers les communes du nord et du nord-est, ainsi que vers Hervieu, un des hameaux qui en dépend. L'autre, le haut d'Audrieu, est groupé autour du chemin de Balleroy à Caen, et à proximité de son croisement avec le chemin de Tilly à Creully. (...)

     

    Ci-dessus, plan montrant l'emplacement de l'enceinte du Vieux Château, extrait du cadastre napoléonien de 1835, tableau d'assemblage, Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/accueil.html

     

         Nous sommes en présence d'une fortification de plaine que l'on a tenu à implanter en dépit de données physiques très défavorables. Elle contrôle deux axes secondaires qui mettent en relation la mer et le Bocage, Caen et l'ouest. (...)

         Dans les environs immédiats du village, on remarque la motte de Tilly-sur-Seulles, l'enceinte circulaire de Saint-Vaast-sur-Seulles, et si l'on déborde un peu le cadre de la vicomté de Caen, la motte de Lingèvres. (...)

         Les textes révèlent l'existence de trois petits milites de Aldreio. L'un, possesseur d'un tiers de fief tenu de la châtellenie de Tilly, paraît, par son nom même d'Audrieu, avoir une origine locale, et se trouver installé dans la zone ancienne. C'est un membre de cette famille qui donna à l'abbaye de la Trinité de Vendôme la petite portion du patronage de l'église ; donation antérieure à 1075, car, à cette date, une bulle de Grégoire VII mentionne l'église d'Audrieu parmi les possessions de Vendôme. Une charte de Henri II, datée de 1156-1157, confirme d'autre part la donation par Guillaume d'Audrieu du patronage de l'église de Loucelles à l'abbaye Saint-Etienne de Caen.

         Deux autres seigneurs semblent avoir une origine plus externe. L'un se nomme Brito, et l'on songe à ces immigrés (Bretons notamment) appelés par les ducs au début du 11e siècle. Il apparaît très peu dans les textes et plus tardivement que les autres. Il se signale par une donation, datée par H. Navel du troisième quart du 12e siècle. Renouf le Breton, fils de Guillaume, lui-même fils d'Yvon, donne des biens à l'abbaye d'Ardennes. Cette généalogie atteste une installation remontant à deux générations, donc au moins au 11e siècle. Les « listes de Philippe Auguste » font état d'un Eudes Brito, dépendant du comte de Chester, et qui possède un demi-fief de chevalier, dont un quart dans la baillie de Bessin. S'agit-il de la même famille ? A partir du milieu du 13e siècle, à Audrieu, les textes, semble-t-il, ne la mentionnent plus. (...)

         Peut-on essayer de déterminer le fief sur lequel la fortification s'est implantée, et identifier celui qui l'a construite ? Une étude régressive des textes nous a permis partiellement d'y parvenir, grâce notamment aux documents conservés dans l'actuel château d'Audrieu.

     

    LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)     Nous avions comme fil conducteur un nom, celui de Vieux-Château, et comme hypothèse de départ, que le château actuel, construit au 18e siècle, pouvait avoir eu comme lointain ancêtre la fortification voisine et que, par conséquent, le fief était probablement le même. Mais il est très rapidement apparu que la famille en possession de cette demeure avait acquis progressivement tous les fiefs de la paroisse, à deux ou trois exceptions près, dont le fief de la Motte Costart et le fief relevant de Tilly. Cependant, au début du 17e siècle, elle n'en possède encore que trois, dont le fief de la Motte Creullet, parfois appelé fief de la Motte le Châtel. (...)

     

    Ci-dessus, une photo aérienne montrant au centre l'emplacement de l'enceinte du Vieux Château et à droite le château d'Audrieu datant du 18e siècle, photo extraite du site Géoportail.

     

         Ce fief, qui permet au seigneur d'Audrieu de s'intituler châtelain, n'est-il pas celui sur lequel on a construit le Vieux Château ? Deux textes de 1612 et de 1615 mentionnent l'existence d'un château dont les coordonnées correspondent à celles du Vieux Château. D'autre part, nous savions que ce château ne pouvait être au 17e siècle la résidence du seigneur, car celui-ci n'habitait alors qu'un manoir. Mais ces textes omettaient de préciser duquel des trois fiefs ce « château » relevait. L'identification avec le fief de la Motte était probable, mais il nous en manquait la preuve. Cette dernière nous fut apportée par un aveu au roi extrait du Registre des Assises d'Evrecy de l'année 1607 où Guillaume de Séran, châtelain d'Audrieu avoue que : « en ladite châtellenie de la Motte il y a place de manoir et château, dont les maisons et les forteresses sont ruinées à présent, et apparaissent encore les forteresses qui étaient auprès du pont et entrée dudit château, et les fossés, masses de terres et murailles dudit château ». Ce texte, en révélant la présence de structures en pierres encore visibles au 17e siècle, livre d'inappréciables et rares renseignements archéologiques. D'autre part, le château dont il est question ne peut être que celui dont font mention les textes de 1612 et 1615 : c'est donc le Vieux Château, et il est situé sur le fief de la Motte.

     

    LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)

    Ci-dessus, plan montrant à droite le manoir de la Motte, au centre l'église Notre-Dame d'Audrieu et à gauche, l'emplacement de l'enceinte, plan  extrait du cadastre napoléonien de 1835, Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/accueil.html

     

         Ce 1/4 de fief de la Motte, en 1602, est détenu par J. Le Héricy. Les aveux conservés dans les archives de la Chambre des Comptes de Paris permettent de remonter jusqu'en 1404. En 1499, Guillaume Le Héricy avoue tenir par foi et par hommage 1/8 de fief nommé le fief de la Motte, dont le chef est assis en la paroisse d'Audrieu, et qui s'étend en la paroisse de Brouay et Cristot, auquel fief, dit-il, « j'ai manoir et place de motte ancienne et fossé alentour d'icelle motte, à laquelle motte et fossés mes hommes sont subjets de réparer... la moitié d'un moulin à eau appelé le moulin Taillebosq » (...)

         En fait donc, le Vieux Château semble avoir été inclus dans une unité féodale relativement vaste, qu'il est difficile de préciser. (...)

         Cette étude historique fournit donc des données intéressantes. Elle montre que le Vieux-Château pourrait être la résidence, ou tout au moins l'œuvre, d'une petite féodalité qui semble s'être développée dans une zone légèrement périphérique, où elle s'est constitué un domaine. (...)

    LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)     Vue de certains points de l'herbage où elle se trouve, elle ressemble à une motte. Un fossé à peu près circulaire ceinture un monticule de terre (diamètre nord-sud à la base : 43 m), dont la plate-forme supérieure, elle, affecte un contour légèrement quadrangulaire : la longueur, du nord au sud, est de 32 m, et la largeur d'environ 24 m. L'ensemble est bien conservé et offre un aspect encore puissant. Du fond du fossé au sommet du rempart, la dénivellation varie entre 4 et 5 m. Au nord et au sud de l'ouvrage, partant de la contrescarpe du fossé pour se diriger vers l'est, en un mouvement symétrique, se développent deux buttes longitudinales aux formes très arrondies et affaissées. Elles sont interrompues transversalement par l'actuelle rue du village. Au-delà de la route, elles ne sont plus visibles.

     

    Ci-dessus, vue de l'enceinte depuis le Nord, photo extraite du site Google Map.

     

    LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)     Malgré les altérations, il semble que ce soient les vestiges d'une basse-cour, dont le talus aurait peu à peu glissé de façon à combler le fossé. La fortification présente certaines caractéristiques externes de la motte ; les mottes environnantes, celles de Tilly-sur-Seulles et de Lingèvres, ont des dimensions comparables. (...)

     

    Ci-dessus, coupe Est-Ouest de l'enceinte extraite de ce même document.

     

         L'intérieur se présente ici comme une plate-forme entourée d'un talus de terre. Cette plate-forme est surélevée par rapport au sol naturel. En effet, entre le niveau de l'herbage environnant et le niveau inférieur de la fortification, on remarque une dénivellation d'un mètre à l'ouest, et de trois mètres à l'est ; la différence entre ces deux hauteurs s'explique par le fait que l'altitude décroît vers l'est ; on passe de 91 m à 88 m. D'autre part, le niveau de la plate-forme intérieure remonte du sud vers le nord où apparaît une terrasse à peine marquée, sur laquelle affleurent quelques pierres. S'agit-il de l'emplacement d'un ancien bâtiment ? Ou, plus simplement, des déblais provenant de la « fouille » effectuée au début de ce siècle, dans la partie nord de la fortification ? (...)

         Un talus de terre haut de 1,5 m à 2 m ceinture l'intérieur de l'ouvrage. Il est régulier, mais dissymétrique. A l'ouest, il comporte un épaississement de forme ovoïde, faisant saillie en largeur et en hauteur par rapport au reste du rempart. (...)

         Ainsi une minutieuse observation externe du Vieux-Château indique qu'il ne s'agit pas d'une motte, mais d'une enceinte. La distinction que nous faisons aujourd'hui dans la typologie et dans le vocabulaire entre ces deux catégories de construction échappait aux hommes du 15e siècle et même à beaucoup d'érudits plus récents. (...)

         De la protohistoire au moyen âge, les enceintes offrent des formes et des dimensions extrêmement variables, et ont eu des fonctions diverses. (...)

         Le Vieux-Château se situerait un peu en marge des enceintes fouillées jusqu'à présent en Normandie par le Centre de Recherches Archéologiques Médiévales de Caen, ou à son initiative : Urville, Bretteville-sur-Laize, Saint-Gatien et Buchy. Par rapport au relief, tout d'abord, ces ouvrages occupent des sites mieux défendus naturellement, et dont la valeur stratégique est plus évidente (Buchy par exemple). Différence aussi de situation par rapport à l'habitat. M. de Bouard a remarqué que ces petites enceintes sont éloignées du village et de l'église, dont l'origine est parfois très ancienne, et ne sont donc pas en relation avec l'agglomération. (...)

         Pour ce qui est de la forme, la puissance du rempart autoriserait un rapprochement avec le Grand-Besle de Buchy, mais la surélévation intérieure, et la présence d'une basse-cour l'en distingueraient notablement. Les enceintes d'Urville et de Bretteville offrent des remparts de terre moins élevés (au maximum, 3 m à partir du fond du fossé). (...)

         ... On peut ébaucher un schéma des différentes étapes de la construction. Après avoir construit, avec la terre extraite du fossé, une première enceinte circulaire, dotée d'un rempart complet, et dont le sol intérieur n'est pas surélevé on a, dans un deuxième temps, repris ce plan général, mais en y apportant des modifications. Le talus a été creusé d'une brèche à l'est, et la terre ainsi enlevée fut reportée vers l'intérieur. Ailleurs, les constructeurs ont approfondi le fossé, et les matériaux recueillis ont contribué à l'exhaussement intérieur, et aussi à renforcer, à l'ouest, le rempart. (...)

         Dès la première phase de son histoire, qui a été définie ci-dessus, l'enceinte d'Audrieu fut certainement tenue pour une fortification. Les Consuetudines et Justicie, promulguées en 1091, rappellent qu'au temps de Guillaume le Conquérant, il n'était pas permis de creuser pour se protéger, un fossé tel que du fond l'on ne pût rejeter la terre à l'extérieur sans un relais : tel était le critère de discrimination entre la douve dont on pouvait librement entourer une habitation quelconque, et le fossé militaire qui ne pouvait, en principe, être creusé sans l'autorisation du pouvoir ducal. Or, le plus ancien fossé d'Audrieu appartenait sans aucun doute, vu sa profondeur, à la seconde catégorie. (...)

         Au sud-ouest de l'enceinte furent mis au jour en partie les vestiges d'une grande construction. (...)

         Ses proportions sont assez inhabituelles : 14 m de long et 7,5 m de large environ (dimensions intérieures). (...)

         Les quelques segments de murs relativement bien conservés sont construits en moellons calcaires bruts, liés par une argile ocre foncé très pure et très compacte. (...)

         En résumé, la fouille de la construction, en révélant la présence, à la hauteur de la première assise du muret, d'un sol durci, nettement individualisé, ainsi que d'un foyer, fournit des indices d'une occupation durable et incite à y voir un bâtiment résidentiel. (...)

         Cette maison, par la suite, a été abandonnée et détruite. Puis divers indices révèlent une certaine remise en état des lieux. (...)

         On note donc, après la destruction de la maison, un regain très net d'intérêt pour le site, qui se manifeste par trois indices : récupération des pierres des murets, nivellement à l'intérieur de la maison et soutènement du rempart. (...)

         A Audrieu, nous avons dit qu'il n'y a pas, dans l'entrée, trace d'une structure de bois. La tour d'entrée en pierre dont on voit l'emplacement était nettement moins robuste que celle de Pontesbury. Il est probable que le passage d'entrée la traversait, car on n'a trouvé à côté d'elle aucun vestige d'un tel passage ; il était précédé d'un pont encore visible au 17e siècle. Enfin, l'épaisseur des murs de cette tour donne à penser qu'elle devait comporter un étage ; ainsi l'enceinte put-elle être habitée même après qu'eut été détruite la maison qui se trouvait dans l'intérieur.

         On sait que ce type de tour rectangulaire traversée par une entrée date des 11e et 12e siècles. En Normandie, on le voyait au Plessis-Grimoult, à La Pommeraye, à Caen, pour citer seulement les châteaux où il en reste des vestiges. Vers la lin du 12e siècle, apparut un type nouveau : le passage d'entrée enserré entre deux tours ; l'enceinte de Saint-Vaast, près d'Audrieu, en fournit sans doute un exemple. (...) La tour d'entrée de l'enceinte d'Audrieu existait encore au début du 17e siècle. En 1607, « les maisons et forteresses sont ruinées à présent », mais « apparaissent encore les forteresses qui étaient auprès du pont et entrée dudit château ». La destruction, avec récupération totale et systématique des pierres, est donc postérieure, mais sans doute d'assez peu. (...)

         Dans la couche d'occupation de l'empierrement de cour fut trouvé un denier parisis de Philippe Auguste (1180-1223) (133). A la hauteur de la recharge en pierres qui commence le deuxième niveau, en avant du seuil de la tour, est apparu un denier tournois de Louis VIII (1223-1226) ou Louis IX (1226-1270). La présence de ces deux monnaies renforce l'impression d'une occupation continue à la fin du 12e siècle et au moins au début du 13e. (...)

         L'enceinte d'Audrieu apparaît, au moins dans sa deuxième période, et probablement aussi dès la première, comme une résidence seigneuriale fortifiée, au même titre que la motte. (...)

         Sa vocation militaire est nettement démontrée par la puissance du rempart et l'importance de l'appareil défensif, qui viennent compenser la faiblesse naturelle du site. Les vestiges d'occupation : sol, foyer et bâtiment, confirment son caractère résidentiel. Cet ouvrage fut sans doute le centre d'exploitation d'un domaine, dont la microtoponymie et les textes montrent la réserve, au sud-est de la paroisse, dans une zone plus longtemps délaissée. (...)

     

    LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)     Installée sur un site médiocrement propice à la fortification, dans une zone où le contrôle ducal aurait dû s'exercer efficacement, l'enceinte d'Audrieu atteste, de la part de son constructeur, une certaine témérité. Fut-elle élevée avec l'accord de la puissance publique, ou s'agit-il d'un ouvrage illicite ?

     

    Ci-dessus, une photo aérienne ancienne montrant les emplacement du Vieux Château à gauche et du château du 18e siècle à droite, extraite du site Géoportail.

     

         La deuxième moitié du 12e siècle est dominée par la forte personnalité du roi Henri II Plantagenêt (1154-1189). Les années précédant son avènement ont été marquées par de nombreux affrontements, qui mirent aux prises les candidats à la succession d'Henri Ier. Durant cette période, le Bessin a été fréquemment ravagé, et la désorganisation suffisamment grande pour permettre la construction d'une fortification. Henri II, après ces désordres, réorganise sur des bases autoritaires le royaume. La révolte de ses fils en 1173 est le point de départ d'une certaine décentralisation, mais elle est suivie de la reprise en mains de tous les châteaux des vassaux. La fin du règne et les années qui suivront, jusqu'à la conquête française de 1204, offrent à nouveau un contexte favorable. En effet, des troubles importants éclatèrent, à la faveur desquels les seigneurs d'Audrieu auraient pu renforcer leur ouvrage.

         En 1188-1189, Richard Cœur de Lion, soutenu par Philippe Auguste, se révolte contre son père. Plus tard Jean sans Terre intrigue pendant les longues absences de son frère Richard. Ensuite Philippe Auguste multiplie les pressions et les attaques contre Jean sans Terre. Enfin, ce dernier, par ses abus fiscaux, a fait naître parmi les seigneurs une certaine irritation ; et ceux-ci n'hésitent pas parfois à rejoindre le camp français. On sait, par exemple, que le puissant comte de Chester, dont un des seigneurs d'Audrieu pourrait relever, a été soupçonné pendant un temps de trahison envers le roi. Les diverses opérations militaires ne se déroulent pas dans la plaine de Caen, mais les occupants de l'enceinte ont pu profiter des désordres, qui devaient accaparer toute l'attention du roi, pour renforcer le Vieux-Château.

         Même après l'annexion française de 1204, à laquelle succéda pourtant une période de paix, la fortification n'est pas abandonnée. Et elle est le siège, pendant au moins une partie du 13e siècle, jusqu'à la destruction de la maison, d'une occupation semble-t-il assez suivie. (...)

         Peu à peu, l'ouvrage est abandonné. La destruction de la tour pourrait remonter au milieu du 14e siècle, lorsque les Navarrais et les Anglais ravagent le Bessin. Cette enceinte pourrait donc avoir eu une existence relativement brève. Après 1204, la paix rarement troublée instaurée par le roi de France, lui ôte pratiquement toute utilité. » [2]

     

    A proximité :

     

         O « Le château d'Audrieu, bâti au 18e siècle est composé d'un corps de logis terminé par deux pavillons saillants avec un avant-corps central surmonté d'un fronton triangulaire. » [4]

     

    LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados) LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)

     

         « À l’origine, la seigneurie d’Audrieu appartenait à la famille de Percy. L’un des leurs, Guillaume de Percy, a participé, aux côtés de Guillaume le Conquérant, à la bataille d’Hastings. Selon la légende, le sieur de Percy était le cuisinier personnel de Guillaume le Conquérant. À Hastings, dit-on, il assomma quelques Saxons à coup d’écumoire et cela lui valut d’être anobli, de devenir le premier seigneur de ces lieux et de donner souche aux ducs de Northumberland. Ses descendants ont fondé l’abbaye de Juaye-Mondaye (à visiter à proximité) et construit le château. En 1593, Audrieu passa à la famille de Séran, suite au mariage de Marguerite de Percy avec Guillaume de Séran. Celui-ci, gentilhomme de la chambre du roi, vit sa terre érigée en baronnie en 1615. Mis en vente à la Révolution, le château retourna à la famille de Séran à la Restauration. Il devint la propriété de la famille Livry-Level, suite au mariage de Nicole Saillard de Boisberthe, descendante de la famille de Séran, avec Philippe Livry-Level (1898-1960), résistant, aviateur de la France libre, ancien maire d’Audrieu et ancien député du Calvados. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande y établit son quartier général. Le 8 juin 1944, dans les clairières, les forêts et les vergers avoisinant le château, 24 membres de la 3e division d’infanterie canadienne et deux soldats britanniques ont été tués.Le château est classé monument historique depuis le 27 décembre 1967. Il est devenu un hôtel 4 étoiles et membre du prestigieux réseau Relais & Châteaux, depuis 1977. Début 2015, la propriété a été acquise par le groupe Caravelle, qui y a entrepris un vaste projet de rénovation. (...) Le château d’Audrieu trône dans un parc de 20 hectares et 5 hectares de jardins réalisés en 1985 par le paysagiste Louis Benech. Ils comprennent un jardin à la française, un jardin anglais, le « jardin blanc », le « jardin rose » et un jardin potager. » [5] 

     

    LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)     O « L'église Notre-Dame d'Audrieu des 12e et 13e siècles remaniée au 19e siècle. Fondée par l'abbaye de la Trinité de Vendôme qui possédait à proximité un prieuré-cure, l'église dépendait en outre du baron d'Audrieu (peut-être par rétrocession du prieuré de Saint-Nicolas-de-la-Chesnaye à qui ce droit appartenait au 14e siècle). » [4]

      

     

    A gauche, un dessin extrait de la Statistique monumentale du Calvados d'Arcisse de Caumont.

     

         O « Le château de la Motte est plus ancien avec sa chapelle Saint-Louis datant du 13e siècle. » [4]

     

    LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados) LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados) LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)

     Ci-dessus, à droite une photo aérienne du manoir de la Motte extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS D'AUDRIEU (Calvados)     « Le château de La Motte, dont on voit les bâtiments à quelque distance, au nord, de l'église, est ancien : près de l'une des portes d'entrée se trouve une chapelle dédiée à Saint-Louis, et qui peut remonter à la fin du 13e siècle ou au 14e. Des dents de scie décorent la corniche ; la porte, en arc surbaissé, qui l'avoisine et par laquelle on entre dans la cour de ce côté, doit être du même temps. La chapelle Saint-Louis de La Motte était autrefois desservie par des chapelains. (...)
         Ce manoir occupe l'un des angles de la cour ; les rampans
    des gables sont garnis de très-belles feuilles frisées qui paraissent du 15e siècle, ainsi que diverses sculptures des
    portes et des fenêtres. Je compte le faire dessiner. » [3]

     

    Ci-dessus, plan montrant le manoir de la Motte extrait du cadastre napoléonien de 1835, Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/accueil.html

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de l'Annuaire des cinq départements de la Normandie publié par l'Association normande ; date d'édition : 1907.

    [2] Extrait de L'enceinte fortifiée d'Audrieu (Calvados) (12e-14e siècles) par Annie Renoux ; Année 1972 2 pp. 5-87 Archéologie médiévale https://www.persee.fr/doc/arcme_0153-9337_1972_num_2_1_1241

    [3] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados. Tome 1 / par M. Arcisse de Caumont, (1801-1873) ; Éditeurs :  Derache(Paris)/Dumoulin (Caen)/A. Hardel () ; Date d'édition : 1846-1867.

    [4] Extrait de Wikipédia

    [5] Extrait de https://chateaudaudrieu.com/fr/history-and-concept.html

     

    Bonnes pages :

     

    O L'enceinte fortifiée d'Audrieu (Calvados) (12e-14e siècles) par Annie Renoux ; Année 1972 2 pp. 5-87 Archéologie médiévale https://www.persee.fr/doc/arcme_0153-9337_1972_num_2_1_1241

    O Site officiel du château d'Audrieu : https://chateaudaudrieu.com/fr/ https://chateaudaudrieu.com/download/89760

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  • LES REMPARTS DE BAILLEUL (Orne) LES REMPARTS DE BAILLEUL (Orne) LES REMPARTS DE BAILLEUL (Orne)

    Ci-dessus, au centre une photo extraite par Mlane78212 — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18891744 ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE BAILLEUL (Orne)     « La motte castrale de Bailleul est un ancien château à motte situé sur la commune de Bailleul, dans le département de l'Orne, région Normandie. La motte est située au lieudit le Vieux Château. La motte est datée du 11e siècle mais le lieu est attesté comme pagus dès le 9e siècle. La motte comporte la motte et également la basse-cour. » [1]

     

    Ci-dessus, une photo par Mlane78212 — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18891752

     

    LES REMPARTS DE BAILLEUL (Orne)   LES REMPARTS DE BAILLEUL (Orne)

     Ci-dessus, plan de situation de la motte de Bailleul ; blason de la famille de Bailleul dessiné par O. de Chavagnac pour l'Armorial des As http://dechav.free.fr/armorial/blason.php?id=Bailleul_Normandie

     

         Il existe plusieurs familles de Bailleul (Pays de Caux, Ponthieu,...) et des incertitudes existent sur la filiation entre cette famille Bailleul et les deux rois d'Ecosse, Jean Bailleul [1292 à 1296] et son fils, Edouard Bailleul [entre 1332 et 1336]. Certains défendent l'origine picarde, d'autres normande d'où polémique [NDB] Voir à ce sujet : http://chateaux.du.renouard.free.fr/Bailleul.htm 

     

    LES REMPARTS DE BAILLEUL (Orne)     « La motte se compose d'un monticule ovalaire et d'une plate-forme peu élevée, de plan vaguement rectangulaire, pouvant être un vestige de basse-cour. Il s'agit d'un ancien « pagus » dont l'existence est attestée au 9e siècle. » [2] 

     

     

    Protection

     

         « Motte castrale (tertre et basse-cour) (cad. ZK 29) : inscription par arrêté du 27 septembre 1989. » [4]

     

     

    LES REMPARTS DE BAILLEUL (Orne) LES REMPARTS DE BAILLEUL (Orne)

    Photos ci-dessus extraites du site Google Map.

     

    Une légende :

     

    Le serpent de Villedieu-lès-Bailleul

     

         « L'église de Villedieu-lès-Roches (le nom de Villedieu-lès-Bailleul fut donné à la commune en hommage au seigneur de Bailleul) est bâtie sur une élévation de rocs noirs et grisâtres ; un défoncement peu profond, large d’environ trente toises sur cent cinquante de longueur, part de l’église et s’allonge dans la direction de Coulonces et de Bailleul, bordé d’énormes masses granitiques qui élèvent en surplomb leurs têtes inégales. Tout près de ces rochers est une espèce de caverne dont l’entrée a été rétrécie par le travail du temps ou par la main des hommes.

         Suivant la légende, un serpent habitait cette caverne aux murailles de diamants et d’or. Il sortait de temps en temps pour aller se baigner dans un petit lac voisin, après quoi il parcourait la campagne à la recherche de sa proie. Lorsque la faim le pressait, il allait vite en besogne, car le monstre n’était rien moins qu’une hydre à plusieurs têtes. Les habitants de Villedieu et des pays environnants s’épuisaient en vaines lamentations ; cependant le désespoir leur inspira la découverte d’un moyen de salut. Ils imaginèrent de porter à l’entrée de la caverne une grande cuve pleine de lait, qu’ils avaient remplie à frais communs. Le monstre parut satisfait du régime anodin auquel on voulait le soumettre. La paix et la sécurité se rétablirent tout d’abord. Mais un jour, soit par oubli, soit par impuissance, les habitants de Villedieu manquèrent de procurer à leur hôte sa ration habituelle. Notre serpent qui, depuis quelque temps, ne faisait point assez forte chair pour soutenir un long jeûne, se mit en route, aiguillonné à la fois par le vengeance et la faim. Un jeune homme s’étant remontré sur son passage, il le dévora. Neveu du seigneur de Bailleul, il était aussi chéri des vassaux que son oncle en était détesté. Cependant, le seigneur de Bailleul, malgré sa dureté bien connue, fut vivement affligé de la mort de son neveu ; il jura que le jour des représailles ne se ferait pas attendre.

         De monstre à tyran la guerre s’allume vite, mais celle que projetait le baron de Bailleul demandait quelques préparatifs indispensables. L’adroit seigneur commença l’attaque par une ruse bien calculée : il fit déposer deux moutons à l’entrée de la caverne, et, de plus, remplir la cuve où s’abreuvait le dragon, d’eau-de-vie au lieu de lait. Celui-ci dévora les deux moutons, en se félicitant de ce que la leçon donnée aux habitants de Villedieu produisait de tels fruits ; puis, il s’endormit dans l’enivrement de son succès et de la cuve d’eau-de-vie qu’il avait vidée. Le moment était venu pour le seigneur de Bailleul d’assurer sa vengeance ; nouvel Hercule endosse son armure, plus solide qu’une peau de lion ; sa longue épée vaut une massue.

         l marche droit à la caverne, surprend le monstre endormi, il frappe d’un coup si terrible qu’il lui enfonce sa principale tête. Mais celui-ci se révèle assez formidable encore pour engager un combat à outrance : il aveugle son ennemi par les vomissements de flamme qu’il lui lance au visage, et le baron de Bailleul tout intrépide qu’il est, recule épouvanté. A peine est-il dehors, qu’un craquement effrayant se fait entendre, comme si la terre allait s’effondrer sous la fureur du reptile ; les roches de Villedieu éclatent de toutes parts et jonchent la plaine de projectiles énormes ; une lave ruisselante envahit le lac, puis, la commotion s’apaise, et le silence se rétablit sur cette scène de désastre.

         Le lendemain, les vassaux du seigneur de Bailleul s’approchèrent en tremblant de ce lieu désolé : ils trouvèrent le corps du baron calciné dans son armure, et, plus heureux qu’ils n’auraient osé l’espérer, ils se virent délivrés à la fois des deux monstres qui les tyrannisaient : le serpent et le baron. Galeron, qui raconte également cette légende, en a diversifié certains détails d’après le récit des gens du pays. Voici une circonstance curieuse de cette nouvelle narration. Lorsque le sire de Bailleul se proposa d’aller combattre le serpent, il se couvrit d’une armure de fer-blanc, et en fit de même avec son cheval. Ainsi bardé, il s’avança vers la caverne si redoutée. A sa rencontre avec le dragon, le cheval porta à son ennemi des coups assez forts pour que la perte de celui-ci devînt certaine, mais le monstre, dans l’excès de sa fureur, vomit tant de flammes que le cheval fut suffoqué. Pour comble de malheur le cheval, dans son effroi, étant venu à se retourner, les crins de sa queue, que l’on n’avait point mis à l’abri sous l’armure comme le reste du corps, s’enflamma en un instant ; et l’animal, ainsi que celui qu’il portait, furent consumés entièrement.

         Le trou du serpent n’a plus une grande profondeur, mais on assure qu’autrefois il s’étendait à plusieurs lieues à l’entour du terrain même, et l’on prétend qu’il résonne encore sous les pas, en différents points de la campagne. On ne doute pas que la caverne ne s’avance de tous côtés, et l’on assure qu’elle recèle de grands trésors. Galeron a aussi donné une interprétation particulière de cette légende. Selon lui, elle rappelle une lutte entre les religions. Parmi les blocs de rochers, il en est un très éminent qui s’élève au-dessus de la demeure du seigneur. D’autres fragments épars semblent les restes d’anciens dolmens brisés, symboles d’un culte païen. A deux cents pas, sur le roc opposé, s’élève l’église de Villedieu, dont le nom décèle une consécration chrétienne. Le serpent serait peut-être une image du culte profane ; la jeune fille que, suivant cette nouvelle tradition, on livrait à dévorer au dragon, serait un souvenir d’affreux sacrifices ; le chevalier, un symbole du culte triomphant. » [3] 

     

    LES REMPARTS DE BAILLEUL (Orne)  LES REMPARTS DE BAILLEUL (Orne)

     Ci-dessus : à gauche plan extrait du cadastre napoléonien de 1828, Archives de l'Orne, http://archives.orne.fr/ ; à droite, extrait de la carte d'Etat-Major (1820-1866) extraite du site Géoportail.

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA00110974

    [3] Extrait de Hydre, dragon ou serpent de Villedieu-lès-Bailleul (Orne) D’après « La Normandie romanesque et merveilleuse » paru en 1845 extrait de https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article1995

    [4] Extrait de http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA00110974

     

    Bonnes pages :

     

    http://chateaux.du.renouard.free.fr/bailleul.htm

    http://www.benoitreveur.info/article-legende-normande-le-dragon-de-villedieu-86388873.html

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  • LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime) LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime) LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime)

    Photos ci-dessus : à gauche une photo aérienne des Blanques extraite du site Géoportail ; au centre, une carte postale montrant la chapelle Sainte-Anne des Blanques ; à droite, une photo des Croix des Blanques extraite  du site Google Earth.

     

        Sur le territoire de la commune d'Alvimare (Seine-Maritime), on trouve la motte castrale des Blanques, Blangues, Blengues ou Bellengues près de laquelle a été construite la chapelle Sainte-Anne, but autrefois d'un pèlerinage. Un peu plus loin, se dressent les croix des Blanques, objets d'une légende romanesque. [NDB]

     

    Abbé Cochet, 1871 :

     

         « Des fossés profonds et remplis d'eau, des mottes et des tertres couverts de halliers, attestent l'ancienne importance de cette vieille seigneurie. Les broussailles recouvrent les murs arasés d'un donjon. » [5]

     

         « Dès le 11e siècle, il semble qu'une fortification marque en ces lieux la puissance de la famille Bellenghel. La chapelle tient son nom de cette famille. Il ne reste de cette époque qu'une motte féodale entourée d'une mare, et peut-être des vestiges de douves. » [1]

     

    LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime)   LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime)

     Plan de situation de la motte des Blanques à Alvimare ; blason de la famille d'Alvimare extrait de https://www.armorialgeneral.fr/armorial/a/al/alvimare/

     

         « Alvimare était construite sur une voie romaine et défendu par une motte féodale. Son église, d'abord chapelle dépendant de Cléville, est donnée par Guillaume Bonne-Âme, archevêque de Rouen, avec le manoir de Cléville, à l'abbaye Saint-Étienne de Caen. Paroisse au 13e siècle, avec une église construite à l'époque, sur un tertre. Ce sont les seigneurs des Blangues (Blanques) qui sont seigneurs d'Alvimare. En 1329, Philippe VI roi de France, confirme le droit de patronage de l'abbé de Caen. L'épidémie de peste noire de 1348 se fait sentir à Alvimare. En 1586, ce sont les Poullain, qui sont seigneurs de Caumare, des Blangues et d'Alvimare. Le dernier seigneur fut Adrien Rouen de Bermonville, baron d'Alvimare, émigré lors de la Révolution.» [2]

     

    LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime)« Blanques :

     

         Alvimare, sur le plateau à l'est de la forêt de Lillebonne, possédait encore au 19e siècle, dans la ferme de Blanques, les vestiges d'une fortification de terre, sans doute une motte circulaire, avec plusieurs basses-cours. La ferme est très isolée ; elle se trouve au bout du village, vers l'est, au milieu des champs. Aussi, de nombreux indices attestent-ils son origine récente. Il suffirait d'invoquer simplement le fait que le village est lui-même une création secondaire puisqu'il fut démembré d'une localité voisine, distante de deux kilomètres, Cléville. On le sait par un acte dans lequel l'archevêque de Rouen, Guillaume-Bonne-Ame (1079-1110), en donnant la terre et l'église de Cléville à l'abbaye de Saint-Étienne de Caen, lui concéda en même temps la chapelle de Notre-Dame d'Alvimare, future église paroissiale, qui relevait de l'église de Cléville. Il résulte de cet acte qu'Alvimare se trouvait encore au stade d'une formation embryonnaire dans le dernier tiers du 11e siècle. (...)

     

    Ci-dessus, une photo aérienne des Blanques extraite du site Google Earth.

     

    LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime)     Le domaine de Blanques était compris dans le petit village neuf ; il naquit donc, lui aussi, de la mise en valeur des marges du terroir de Cléville. La présence d'une chapelle au bord de la rue prouve que le secteur est déjà peuplé de colons entre 1079 et 1110 ; aussi n'est-ce peut-être pas un hasard si la même époque voit apparaître dans les textes les seigneurs de Blanques. Ils portaient le nom de Bellengel, ou Bennengel, et la terre de Blanques, qui était un plain fief, tenu des Giffard, était apparemment le centre de leur patrimoine. C'est d'ailleurs sur leur patronyme que fut formée la dénomination du fief, Blanques, ce qui suggère que l'emplacement était inoccupé avant leur arrivée. La première mention concerne Raoul Bellengel qui figure comme témoin dans la charte par laquelle Gautier Gifïard fait don de l'église de Bolbec à l'abbaye de Bernay, en 1080. Le fief était-il déjà constitué à cette date ? Cela ne paraît pas impossible ; Alvimare n'est guère éloignée de Bolbec, et la plupart des témoins de la charte de 1080 étaient originaires de ses environs, tel Roger Porchet, qui paraît avoir eu son fief à Trouville, tout près d'Alvimare. Mais surtout, entre 1079 et 1101, un frère de Raoul, Guillaume, conclut avec l'abbé de Saint-Étienne de Caen, Gilbert, un accord terminant un conflit qui l'opposait depuis longtemps au monastère, et qui avait pour objet une terre située en direction de Cléville, entre sa maison (domus ) et un chemin conduisant à Arques. (...)

         L'accord est intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord, il mentionne l'habitation des Bellengel, et on sait combien ce type d'information est rare dans les sources diplomatiques.(...)

         Il reste que le terme de domus employé par le rédacteur de la notice peut être diversement interprété ; il peut s'entendre d'une maison ordinaire, construite de plain-pied, aussi bien que d'un petit édifice érigé sur une motte. A supposer qu'elle fût déjà fortifiée à cette date, la résidence des Bellengel n'était sans doute pas jugée assez imposante pour être qualifiée de castrum ou castellum.

         En second lieu, le conflit avec l'abbaye de Saint-Étienne est révélateur de l'ascension progressive du lignage des Bellengel. Le texte dit que la terre litigieuse était située entre leur maison, donc le lieu-dit Blanques, et le chemin d'Arques. Ce dernier est encore aisément identifiable, dans la plaine située entre Cléville et Blanques, à un kilomètre au nord-ouest de la ferme. Orienté vers l'est, il va en direction d'Écretteville et des Baons-le-Comte, où il rejoint le grand chemin d'Arques que suivit Guillaume le Bâtard lorsqu'il alla assiéger dans son château le comte de Talou. (...) » [3]

     

    Ci-dessus, un extrait de la carte d'Etat-Major (1820-1866) extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime)« Le manoir de Blengues à Alvimare

         Il y avait autrefois sur la paroisse d'Alvimare, un plein fief de haubert relevant directement du roi, et s'étendant sur les paroisses d'Aliquerville, de Cléville et de Foucart. C'était le fief de Bellengues, plus communément appelé aujourd'hui de Blengues ou de Blanques.
    Du manoir féodal il reste, dans un îlot marécageux, quelques murs arasés et couverts de halliers, parmi lesquels apparaît l'ouverture effondrée d'un souterrain à peu près comblé. Ces ruines semblent être celles d'un castel de l'époque de la Renaissance.
    Dans les premières années du 15e siècle, Jehanne, dame de Bellengues, s'attira les hommages d'un noble espagnol, don Pedro Nino, comte de Buelna, qui voyageait alors en France. Était-elle, comme on le dit, « la plus belle dame qui fût alors en France ? » Qu'importe ? Ne sait-on pas que pour faire une passion il suffit de la première venue, pourvu qu'il y ait un obstacle à la satisfaction de cette passion ? L'obstacle, ici, était le vieux mari de Jehanne, l'amiral Renaud de Trie, qui, épuisé par les fatigues de la guerre, mourut bientôt, laissant les deux amants libres de se donner l'un à l'autre. Mais alors Pedro et Jehanne n'eurent rien de plus pressé que de se tourner le dos. L'espagnol retourna dans son pays et Jehanne épousa Jehan Malet de Graville, fils de Guy Mallet, sire de Marcoussis et de Montcontour.
    Elle l'aimait donc plus que Pedro Nino ? Apparemment ; moins pourtant que sa terre de Bellengues. Lorsque les Anglais envahirent la Normandie, en 1419, Jehan Malet, en vrai patriote, laissa confisquer ses biens plutôt que de se soumettre au monarque anglais, tandis que Jehanne, pour conserver son fief de Bellengues, laissa son mari partir seul pour l'exil et se rallia au monarque anglais. Elle mourut en 1420, et Jehan Malet se consola sans doute facilement de sa perte en épousant Jacqueline de Montagu, veuve de Jehan de Craon, sire de Montbazon et de Sainte-Maure. » [4]

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1809, Archives de la Seine-Maritime, http://www.archivesdepartementales76.net/


         «
    La famille d’Alvimare a longtemps occupé un rang élevé dans la noblesse de ce lieu, elle s’est divisée en plusieurs branches.


    LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime)     En 1457, Pierre marquis de
    Crespin de Mauny rend aveu de domaine et devient le seigneur de Bellengues.
         En 1503, Jean Cramprond de Loré, seigneur de Gisors et époux de Marie de Mauny, rend aveu en son nom pour Bellengues et Caumare.
         En 1537, Marie de Mauny décède sans descendance, le domaine passe alors à la famille
    Poullain de la Choletière, originaire du Perche.
         François Poullain meurt en novembre 1586, son épouse Charlotte de Brévilliers en août 1580.
         David Poullain, écuyer, seigneur des Blanques et Caumare, époux de Marthe de la Gouge, meurt au siège de Rouen en mars 1592).
         En 1641, la  fille de ces derniers, Hélène Poullain
    (épouse d’un gendarme du Connétable, Jean de la Vallée, mort au siège de Montauban en mars 1621) hérite de la terre des Blanques. » [1]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Crespin par User : Ssire Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Ssire., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5012623

     

    A proximité :

     

         La chapelle des Blanques :

     

         « Chapelle de Bellengues ou des Blanques, humble construction du 16e siècle, qui fut fondée en 1518. Dédiée d`abord à sainte Barbe, elle le fut ensuite à sainte Anne. En 1713, l'archevêque d'Aubigné visita la chapelle de Sainte-Anne de Bellengues. Longue épitaphe gravée sur pierre, qui donne la généalogie de 1505 à 1686 des seigneurs de Blanques, fondateurs et possesseurs de la chapelle. Celle-ci est assise dans la cour du manoir de Blanques, curieuse construction civile en pierre de taille, dans le style de la Renaissance. » [5]

     

    LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime) LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime) LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime)

    Photo à droite extraite de https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/yvetot/chapelle-pans-bois-vieille-500-ans-alvimare-1519442.html

     

         « La chapelle Sainte-Anne, à pans de bois, Monument Historique, est une propriété privée remarquablement entretenue. Fondée en 1518 par Marie de Mauny et restaurée par Hélène Poullain, qui ajouta le petit clocher à « tinterelle » (petite cloche), en 1642, elle contient une pierre obituaire de même époque, des vitraux de Boulanger et des restes de litre funéraire. Chaque année, depuis 500 ans, la messe y est célébrée pour la fête de la Sainte-Anne. » [2]

     

         « Cette chapelle en bois, sauf une première assise réalisée en maçonnerie, est unique dans le département. Elle est à présent privée et vient d'être restaurée. Une messe y a lieu chaque année le dernier week-end de juillet. Elle a été classée monument historique le 27 décembre 1974 et contient de jolies statues de Saint Barbe et de Sainte Anne. » [1]

     

    LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime)     Les croix de pierre dites croix des Blanques :

     

         « Croix des Blanques, au hameau du même nom et au bord de la voie ferrée de Rouen au Havre. Elles sont en pierre : l'une est petite et moderne ; l'autre, très haute et fort ancienne, s'élève sur un pied triangulaire qui parait du 14e ou du 15e siècle. On dit qu'elles ont été érigées en mémoire d'une bataille où périrent plusieurs chevaliers de la contrée. Elles ont été relevées en 1861 par M. de Rouen, baron d'Alvimare, ancien colonel de l'armée de Condé. » [5]

     

         « Ces croix, près de la chapelle, dont la plus haute est classée Monument Historique, sont liées à la légende d'une demoiselle de Mauny, « d'une beauté ensorcelante », qui refusait de choisir entre deux seigneurs qui la courtisaient et qui se battirent dans un duel sans merci, au cours duquel ils perdirent tous les deux, la vie. La plus haute croix serait à la mémoire de celui qu'elle aimait en secret...» [2]

     

         « Au hameau de Bellengues et au bord du chemin de fer de Rouen au Havre se dressent deux croix de pierre, qui ont été relevées en 1842 par M. de Rouen, baron d'Alvimare. L'une n'offre rien de bien remarquable. L'autre est très haute et repose sur une base triangulaire aujourd'hui mutilée. A chacun des angles s'élève un faisceau de colonnettes à nervures prismatiques, qui dénote la fin du 15e siècle. Ces croix indiquent la place d'un duel célèbre. Deux chevaliers cauchois, le sire d'Auzouville et le sire d'Auzebosc, qui se disputaient la main dune demoiselle de Bellengues, remirent au sort des armes la décision de leur querelle et se chargèrent avec tant de violence qu'ils tombèrent tous deux mortellement blessés. Ils furent inhumés à l'endroit où ils avaient succombé, et la demoiselle de Bellengues voulut qu'une croix fût élevée sur le tombeau de chacun des combattants, mais la plus haute et la plus belle passe pour marquer la sépulture du chevalier qu'elle préférait. - Jacques Lestrambe » [4]

     

    LES REMPARTS D'ALVIMARE (Seine-Maritime)     L'église Notre-Dame à Alvimare :

     

         « Construite en 1860 par l'architecte Oscar Martin, en style néo-roman, avec une tour-clocher à la croisée du transept. Des erreurs de conception et de construction ont rendu l'église, fragile dès l'origine. Elle fut ensuite frappée par la foudre. (...) Une pierre obituaire en marbre noir, de 1645, a été conservée et scellée dans le mur Sud de la nef. On la doit à Hélène Poullain, des seigneurs d'Alvimare, à la mémoire de son père, de sa mère et de son époux François de la Ville, tué au siège de Montauban, en 1621. (...) L'église remplace une ancienne église du 13e siècle, dont le clocher et le transept avaient été refaits au 16e siècle et le chœur en 1654. Située sur un tertre, entourée du cimetière, vétuste, elle était devenue éloignée du centre du village et fut démolie, mais le cimetière subsiste. (...)

         Guillaume de Colles, greffier lors du procès de Jeanne d'Arc, à Rouen, avait été curé d'Alvimare (la Pucelle avait toute confiance en lui). (...) » [2]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de http://www.auxpaysdemesancetres.com/pages/haute-normandie/seine-maritime-76/alvimare-76.html

    [2] Extrait de Wikipédia

    [3] Extrait de L'apparition des seigneuries châtelaines dans le Grand-Caux à l'époque ducale par Le Maho Jacques. In: Archéologie médiévale, tome 6, 1976. pp. 5-148 ; doi : https://doi.org/10.3406/arcme.1976.1307https://www.persee.fr/doc/arcme_0153-9337_1976_num_6_1_1307

    [4] Extrait de La Normandie monumentale et pittoresque... Seine-inférieure, 1re [-2e] partie... Editeur : Lemâle (Le Havre) ; Date d'édition : 1893 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62340920/f514.item.r=%22%20de%20Blanques%22.texteImage

    [5] Extrait du Répertoire archéologique du département de la Seine-inférieure rédigé sous les auspices de l'Académie des sciences, belles-lettres et art de Rouen, par M. l'abbé Jean Benoît Désiré Cochet (1812-1875), éditeur : (Paris) ; date d'édition : 1871

     

    Bonnes pages :

     

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/yvetot/chapelle-pans-bois-vieille-500-ans-alvimare-1519442.html

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6299299s/f70.image.r=%22%20Blengues%22

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6299299s/f63.image.r=%22%20Blengues%22

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  • LES REMPARTS DU HOM (Eure) LES REMPARTS DU HOM (Eure) LES REMPARTS DU HOM (Eure)

    Ci-dessus, photo aérienne à droite du manoir du Hom extraite du site Géoportail.

     

         « Le manoir du Hom se situe sur le territoire de la commune de Beaumont-le-Roger, à l'ouest du département de l'Eure, dans la région naturelle du pays d'Ouche. » [1]

     

         « Le manoir actuel est un bel ensemble architectural qui a remplacé une très ancienne demeure construite au 11ème siècle, à la même époque que le château féodal.

         Entouré d’une triple rangée de douves, deux magnifiques pavillons fin 16e-début 17e, en briques et pierres blanches, couverts de tuiles plates, se mirent dans les eaux. Des bâtiments à colombages tout en longueur abritent les écuries. On accède à une cour centrale par un vaste porche. » [2]

     

    LES REMPARTS DU HOM (Eure)    LES REMPARTS DU HOM (Eure)

    Plan de situation du manoir du Hom à Beaumont-le-Roger ; blason de la famille d'Aché qui posséda le manoir au 17e siècle, réalisé par StonedDwarf Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12705233

     

    Histoire

     

    LES REMPARTS DU HOM (Eure)     « Il s'agit d'un type toponymique normand, dont l'élément Hom est d'origine scandinave. Hom remonte en effet à l'ancien scandinave holmr « îlot, lieu entouré d'eau, prairie au bord de l'eau », ce qui s'explique certainement par le fait que l'édifice soit cerné par les eaux. » [1]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite de http://www.photo-paramoteur.com/photographies-aeriennes/normandie-eure/eure-chateaux-patrimoine/content/manoir-du-hom-8_large.html

     

         « Eudes du Homme, premier propriétaire connu de ce fief, fut témoin de deux chartes, l'une de Robert de Meulan de 1160, l'autre du même temps pour le prieuré Saint-Gilles de Pont-Audemer.

         Vers 1210 le fief du Hom est compté pour un quart de fief dans la mouvance de Beaumont. » [3]

     

    LES REMPARTS DU HOM (Eure)     « En 1420, le Hom appartenait à Isabelle de Pommereuil. La résistance dont elle fit preuve face à l’invasion anglaise lui valut d'en être dépossédée après la victoire de ces derniers.

         La construction du manoir actuel est datée de la fin du 16e-début du 17e siècle et serait attribuée à la famille d'Avoise. L'édifice a remplacé une très ancienne demeure construite au 11e siècle, à la même époque que le château féodal.

         Le manoir fut par la suite le bien de nombreux propriétaires successifs parmi lesquels figure Dupont de l’Eure. » [1]

     

         « En 1651 le fief se trouvait entre les mains des d'Aché seigneurs de Serquigny et de Marbeuf.

         L'abbé de Louvigny curé de Boisney a été possesseur du fief du Hom. Ce domaine fut vendu pour la plus grosse partie, le 2 août 1780, par Anne Charles René d'Aché à monsieur René Hervieu ancien avocat au parlement de Normandie. Ses héritiers le revendirent à messieurs Fortier et Dupont de l'Eure.

         Monsieur de Clercq en fit l'acquisition en 1825.

        Il a appartenu à titre successif à madame la comtesse de Boisgelin et au duc et à la duchesse de Magenta. Maintenant les enfants du duc et de la duchesse de Magenta en sont propriétaires. » [3]

     

    LES REMPARTS DU HOM (Eure) LES REMPARTS DU HOM (Eure) LES REMPARTS DU HOM (Eure)

    Ce manoir fut longtemps le siège de chasses à courre au cerf.

     

     Architecture

     

    LES REMPARTS DU HOM (Eure)     « À l'origine, l'édifice, cerné de douves, se composait d'ailes entourant une cour centrale carrée et de quatre pavillons aux angles. Il ne subsiste aujourd'hui que deux pavillons et des élévations partielles de l'aile sud. Les murs sont faits en silex taillé complété par de la pierre de taille (chaînes d'angle harpées, corniches, plate-bandes clavées, lucarnes à fronton, etc.). Les restes de l'aile sud ont été rehaussés par un logis à pans de bois.

          Les communs, placés en avant-cour, sont d'anciennes écuries. Également entourés de douves, ils présentent des façades constituées par un soubassement fait de moellons, de briques et de pierres de taille, et par des élévations en pans de bois. L'accès à la cour centrale se fait par un vaste porche construit dans ces communs. » [1]

     

    Protection

     

    LES REMPARTS DU HOM (Eure)      « Il se trouve au cœur de la vallée de la Risle, dans un environnement rural relativement préservé, du fait de son éloignement du centre-ville. L'édifice bénéficie de belles perspectives sur les champs et les prairies alentour, sur les coteaux boisés à l'ouest et sur la Risle à l'est. Cette zone est incluse dans la ZNIEFF de type 1 Le bois et les prairies du Hom qui se caractérise par la richesse de sa flore (pigamon jaune, gaillet des fanges, renoncule aquatique, etc.) et de sa faune (gomphus à pinces, criquet ensanglanté, héron cendré, etc.).

         Seule la présence d'une voie de chemin de fer (ligne de Mantes-la-Jolie à Cherbourg) vient quelque peu rompre le caractère préservé du paysage. La propriété n'est visible que d’un chemin (la rue du Hom) qui conduit à la pisciculture de Fontaine à Roger et accessible uniquement depuis la route départementale 23. (...)

         Le manoir a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 7 septembre 1989. Cette protection inclut la cour du manoir et les douves qui l'entourent ; les façades et les toitures du pavillon nord à l'exception de l'appentis en façade sud ; les façades et les toitures du pavillon ouest et du bâtiment contigu ainsi que de l'ancienne chapelle ; les façades et les toitures du bâtiment des communs. » [1]

     

    LES REMPARTS DU HOM (Eure) LES REMPARTS DU HOM (Eure) LES REMPARTS DU HOM (Eure)

    Ci-dessus, à droite, plan extrait du cadastre napoléonien de 1826 ; Archives de l'Eure, http://archives.eure.fr/

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de http://www.beaumont-le-roger.fr/tourisme-et-patrimoine/la-ville-de-beaumont-le-roger/le-manoir-du-hom-beaumont-le-roger/

    [3] Extrait de Manoirs et châteaux au fil de l'eau : Vallées de la Risle, de la Charentonne et du Guiel par Denise Duval, 318 pages, 1996.

     

    Bonnes pages :

     

    http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/manoirs-eure-manoir-a-beaumont-le-roger-manoir-du-hom.html

     

         Ci-dessous : fiche PDF "Le Dire de l'Architecte des Bâtiments de France - Les Essentiels de l'Eure" - Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure" (DRAC Normandie) Conseil ISSN 2492-9727 n°99 - ZFSP - 2015, France Poulain.

     

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  • LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche) LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche) LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)

    Photos ci-dessus : à gauche, une photo du Pic Malet à Barneville extraite du site Google Map ; au centre, une photo du manoir de Graffard extraite de https://mairie.barneville-carteret.fr/patrimoine-communal/ ; à droite une carte postale montrant le "fort" du cap de Carteret.

     

           On trouve sur le territoire de Barneville-Carteret (Manche), plusieurs monuments du Moyen-Âge dont une motte féodale dans le bourg de Barneville et le manoir de Graffard. [NDB]

     --------------------------------------------------

     

         « Le manoir de Graffard (16e-18e) est une ancienne demeure fortifiée, du Moyen Âge, qui se dresse sur la commune de Barneville-Carteret, en Cotentin, dans le département de la Manche en région Normandie. » [1]

     

         « Il est situé sur la route de La Haye-d'Ectot. On peut le voir depuis la voie de dégagement D 903. » [2]

     

          « Edifié en bordure d'un ruisseau qui se jette dans la Gerfleur, sur d'anciennes terres marécageuses, l'ancien manoir de Graffard fut fortifié au Moyen Age et joua un rôle stratégique pendant la guerre de Cent Ans (1346-1450). » [3]

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)

     Plan de situation du manoir de Graffard ; blason de la famille Pitteboult par Gilloudifs : « d'argent au chevron de gueules chargé de trois sautoirs d'argent et accompagné de trois roses de gueules. » 

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche) LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche) LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)

    Ci-dessus : à gauche, porte piétonne et porte charretière avec arc en plein cintre, photo extraite de http://michel-lesrandosdulundi.blogspot.com/2012/07/randonnees-du-lundi-23-juillet-2012.html ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    Manoir de Graffard : un peu d’histoire

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     « Une partie importante du territoire de Barneville relevait du fief de Graffard dont le plus ancien seigneur connu est Geoffroy de Graffard vers la fin du 12e siècle. » [3]

     

         « Graffard était, au 14e siècle, une maison-forte ayant une certaine importance stratégique qui fut tenue par les Anglais vers 1356, pour assurer la liberté des communications avec Jersey. Les Anglais occupaient encore les lieux en 1360, lors de la signature du traité de Brétigny. Ils évacuèrent Graffard vers le mois de juillet 1361. » [4]

     

         « En 1360, il est aux mains des Anglais qui demandent 2 000 écus pour le rendre aux Français malgré le traité de Calais. » [1]

     

         « Le chemin d’accès actuel, à partir de la route menant à la Haye d’Ectot, date de 1829 (date inscrite sur la potille) et il n’est autre que l’ancien grand chemin de Barneville à Bricquebec. De l’accès primitif, il ne reste qu’un bout de chemin menant à un clos. (...)

         Au 14e siècle, le fief appartenait aux Lefèvre de Graffard, et ils le conserveront jusqu’au début du 16e siècle.

         Michel Lefèvre de Graffard sera reconnu noble en 1463. Son petit fils, Nicolas Lefèvre, était seigneur de Graffard en 1527. Il n’eut qu’une fille Catherine, qui épousa Richard du Moustier, écuyer, seigneur de Tombeville.

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     Après le décès de Catherine, la terre de Graffard passa à son fils, Jean du Moustier. C’est lui qui aurait vendu, en 1544, la terre de Graffard à Jacques Pitteboult, écuyer, vicomte de Saint-Sauveur-le-Vicomte, seigneur de Gonneville (Actuellement sur Saint-Jacques-de-Néhou).

         Les Pitteboult, anoblis en 1479, étaient originairesde la paroisse d’Aubigny où ils tenaient la fiefferme de la Pitteboudière (lieu-dit encore existant). Cette famille vint d’abord s’établir, dans les dernières décennies du 15e siècle, à Néhou sur les terres de Gonneville, de la Roquelle et de la Haulle, en la personne de Jehan Pitteboult.

         Jacques Pitteboult épousa Jeanne de La Luthumière, veuve de Julien du Saussay, seigneur de Barneville. Leur troisième fils, Pierre Pitteboult, devint, à son tour, seigneur de Graffard. C’est lui, probablement, qui fit construire l’actuel logis seigneurial du manoir de Graffard. » [4]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Pitteboult par Gilloudifs

     

         « Le logis seigneurial date des années 1574-1575. En pleines guerres de religion (les réformés s'empareront de Saint-Lô et Carentan en 1574), Pierre Pitteboult (Pittebout) réalise cet édifice. » [3]

     

         « Il fut reconnu noble, ainsi que ses deux fils Jean et Pierre. Il décéda en mai 1631. Après le décès de l’aîné de ces deux fils, Pierre, entre 1635 et 1640, sans postérité, son frère Jean devint seigneur de Graffard. Il fut inhumé, le 10 mars 1649, dans le chœur de l’église de Barneville. Sa veuve, dame Jeanne des Fontaines, décéda en 1666. Graffard passa ensuite successivement à, François Pitteboult, époux de Charlotte Thomas, Charles Robert Pitteboult, seigneur de Graffard, de Sortosville-en-Beaumont et de Saint-Georges-de-la-Rivière, époux de Renée Le Cygne de Ponthierry, Pierre Pitteboult (1685-1740), seigneur d’Armanville, Theurthéville, Nouainville, Montfiquet, lieutenant du roi, époux de Madeleine de Cussy, Pierre-Georges-François-Robert Pitteboult (1712-1764). » [4]

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     « Pierre-Georges-François-Robert Pitteboult, veuf d’Anne-Catherine-Jacqueline de Hennot, décéda au château d’Ecausseville sans postérité. Après le décès de sa mère Madeleine de Cussy, l’héritage de la famille Pitteboult passa aux mains de Madeleine Pitteboult, sœur de Pierre-Georges. » [4]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Hennot https://www.wikimanche.fr/Blason_des_Hennot

     

         « Un potager est créé au 18e siècle. » [2]

     

         « La chapelle encore utilisée au 18e siècle pour un mariage a disparu. » [3]

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     « Finalement, c’est Marie-Bernardine de Hennot (1750-  ), fille de Pierre-François de Hennot et de Bernardine-Louise Cabieul, qui hérita des biens de la famille Pitteboult. Marie-Bernardine de Hennot épousa, le 8 septembre 1764, Jérôme-Frédéric Bignon, devenant ainsi le nouveau seigneur de Barneville et de Graffard. Il était conseiller au Parlement, bibliothécaire du roi et membre de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres. Il ne fit que de courts séjours à Barneville, ses biens étant gérés par des personnalités locales.

     

    Ci-dessus, blason de la famille Bignon https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_famille_fr_Bignon.svg

     

         Voir Jérôme-Frédéric Bignon : https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9r%C3%B4me-Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Bignon

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     Devenue veuve de ce dernier, Marie-Bernardine de Hennot épousa, en 1791, M. Berthelot de La Villheurnoy. Pendant la période révolutionnaire, ses biens furent confisqués puis récupérés. Graffard, appartint à M et Mme Villheurnoy jusqu’en 1821. En 1820, la petite fille de Marie-Bernardine de Hennot, Pauline-Mélanie-Louis Bignon, épousa Stanislas-Philippe-Henri Desfriches (1787-1866), marquis Doria, et hérita de Graffard qui passa ensuite à son fils Armand-Paul Desfriches (1824-1896), comte Doria. Le fils de ce dernier, Paul Desfriches vendit Graffard en 1920. » [4]

     

    Ci-dessus, blason de la famille Doria Desfriches http://jean.gallian.free.fr/comm2/d/doria.html

     

         « Réaménagé au 18e siècle (escalier à vis, certaines boiseries...), le corps de logis principal a été partiellement détruit au début de 19e. » [5] 

     

         « ... Depuis la veille de la Révolution, le manoir n’était plus qu’une ferme ; dans sa séance du 2 avril 1832, le conseil municipal de Barneville constatait « l’ancien château de Graffard est dans un état qui nécessite de grands frais d’entretien ». la ruine partielle du logis seigneurial est donc assez ancienne. » [4]

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche) LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche) LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)

    Ci-dessus : à gauche, plan extrait du cadastre napoléonien de 1825, Archives de la Manche, http://www.archives-manche.fr/. Au centre, une vue cavalière du manoir de Graffard, esquisse de Jean Barros, extaite de [4].

     

    Description

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     « Du Moyen Âge, il reste peu de vestiges, sinon une partie de l'enceinte extérieure. Elle se présente sous une forme carrée de 65 mètres de côté. Le logis (1574-1575) en partie ruiné au 19e siècle s'appuie sur un des côtés de l'enceinte et fait face à l'entrée. » [1]

     

         « Le logis principal domine une immense cour ceinte de bâtiments agricoles auxquels mène une remarquable porte à double arcade. » [2]

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     « On pénètre dans la cour du manoir par une porte charretière et une porte piétonne toutes deux en arc plein cintre.

         L’accès est défendu par une petite tourelle très saillante munie de meurtrières à fusil permettant le tir flanquant le long de la muraille et vers le porche. Le haut de cette tourelle qui a perdu de sa hauteur servait de colombier. Il reste quelques rangs de boulins à l’extérieur, côté cour.

         A droite du porche d’entrée quelques traces d’un grand colombier subsistent. Son diamètre devait être approximativement de 9 à 10 mètres.

         A l’angle droit de la propriété, une grosse tourelle à toit en poivrière dont l’accès se faisait au premier étage par l’intérieur de la charterie. L’actuel accès à la partie inférieure se fait par le jardin potager. Le mur entre l’entrée et cette tour a été réduit à peu près du quart de sa hauteur.

          Les communs qui se trouvent de chaque côté de la cour sont très vastes : vaste grange flanquée de la tourelle avec grande porte à arc en anse de panier, charterie avec quatre grandes arcades en arc plein cintre reposant sur des piliers carrés. Au-dessus de l’une des arcades, une pierre calcaire porte une inscription rappelant ses anciens propriétaires François Pittebout et son épouse Charlotte Thomas.

         La cour, où il n’y a pas de bâtiments, est fermée par de solides murailles dont le flanquement était assuré par deux tourelles dont l’une a été détruite.

         Un jardin potager se trouve derrière la charterie, avec une disposition datant du 18e siècle. Une meurtrière à fusil, en forme de trou de serrure (comme celle que l’on a vu dans la boulangerie du château de Sotteville), permet le tir vers le jardin depuis le bâtiment des communs. La porte dans la muraille du jardin daterait de 1728.

         Un puits, situé en haut de la cour, face au logis seigneurial, permettait l’alimentation en eau.

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     Le logis seigneurial est la partie la plus intéressante du manoir. C’est un monument majeur, malgré la ruine partielle qui l’a atteint au cours de la première moitié du 19e siècle. On peut le comparer aux plus beaux châteaux ou manoirs du Cotentin. Il date des années 1574 et 1575. Le constructeur en est probablement Pierre Pittebout, à l’époque des guerres de religion.

         Malgré le démantèlement de la moitié de l’édifice au 19e siècle, l’historien Jean Barros, a reconstitué un plan original : le logis comportait quatre pavillons dont un seul subsiste actuellement. Ainsi, Graffard serait le plus ancien d’une série de constructions de manoirs ou châteaux, tels que Chiffrevast (1618), Sotteville (1610), Crosville et Cerisy-la-Salle.

         Un escalier à vis permet d’accéder aux caves voûtées d’arêtes dont les arcs reposent sur des piliers carrés. Une porte à arc surbaissé permettait d’y accéder depuis la cour en passant sous le perron.

         Des pavillons disparus, on retrouve aisément les fondations, sous l’herbe, par sondage. En façade, les motifs décoratifs traditionnels de la Renaissance évoquent l’époque antique : frontons triangulaires aplatis, pilastres cannelés, chapiteaux ... Les encadrements des portes Renaissance sont de style « rustique », style introduit en France par l’architecte italien Sébastien Serlio. Ce style est toutefois assez peu représenté en France ... dans la Manche, il n’est représenté qu’à Graffard et au manoir de Brénoville à Saint-Germain-le-Gaillard.

         Les caractéristiques de ce style sont des motifs de buis et buissons qui interrompent les pilastres cannelés.

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     La façade, partie la plus intéressante du manoir, comporte, au rez-de-chaussée : deux grandes fenêtres à fronton triangulaire (mur en ruine), meneaux et croisillons, une porte à fronton triangulaire murée, un petit jour, un œil-de-bœuf (18e) et une deuxième porte à fronton triangulaire dont le niveau est décalé constituant l’accès actuel au logis, une grande fenêtre identique aux fenêtres de l’autre extrémité, murée dans sa partie basse avec ouverture d’une petite fenêtre l’étage, sont alignées sur deux bandeaux ou chaînage de pierres foncées : deux grandes fenêtres (mur en ruine) identiques à celles du rez-de-chaussée mais sans fronton triangulaire, deux petites fenêtres à fronton triangulaire dont l’une est murée et deux grandes fenêtres sans meneaux résultant d’un remaniement au 18e siècle.

         La porte murée (la plus à gauche) était « l’entrée noble » tandis que la porte d’entrée actuelle, dont le niveau est plus bas, donnait accès à la cuisine du manoir.

         Dans la partie ruinée, une autre porte abondamment décorée est d’ordre ionique mêlé de style rustique et devait ouvrir sur une grande salle.

         L’escalier à double volée avec mur d’échiffre desservant l’étage est antérieur d’une dizaine d’années à celui du château de Canisy (1588) qui passe pour le plus ancien escalier de ce style de la Manche.

         L’intérieur du logis a subi quelques modifications et réaménagements du 18e siècle. Ce manoir est un bel exemple du siècle d’or (1560-1660) de l’architecture civile du Cotentin. » [4]

     

         Pour Sébastien Serlio voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sebastiano_Serlio

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche) LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche) LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)

     

    Protection

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     « Le manoir fait l'objet d'une inscription partielle au titre des monuments historiques par arrêté du 16 juin 1995. Seuls le logis, y compris la partie ruinée avec les caves voûtées d'arêtes et la porte rustique, et les éléments décoratifs dispersés dans la cour ; façades et toitures des communs, y compris les murailles de clôture, les tourelles et le porche ; potager et ses murs de clôture sont inscrits. » [1]


    Bonnes pages : 

     

    O http://www.chantony.fr/patrimoine_et_histoire/50_barneville_carteret_01_manoir_graffard.html

    O A la découverte de Barneville-Carteret ; Les Randonneurs de la Côte-des-Isles (Max Gallet / septembre 2016 https://ecitydoc.com/download/barneville_pdf

     

    A proximité, à Barneville :

     

         O Église du bourg de Barneville dédiée à saint Germain d’Auxerre. Construite dans la deuxième moitié du 11e siècle, cet édifice a subi de nombreuses modifications au cours des siècles.

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche) LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)

     

         « Le clocher carré de l'église 15e est pourvu d'un parapet sur arcature aveugle et elle aurait été assiégée par les Anglais en septembre 1499. » [1] Édifice protégé depuis le 25 décembre 1906 (classé Monument Historique).

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     O « Dans la rue « Dessous le bourg », on peut apercevoir les restes de remparts qui protégeaient la ville côté mer et qui, offrant un panorama sur la havre de Carteret, la mer et les iles anglo-normandes, servaient probablement de ronde à des sentinelles au Moyen Âge. » [1]

     

         O Derrière l'église de Barneville, « une motte, transformée en calvaire, s'appelait le tertre à Mallet du nom de famille des Mallet de Carteret et Barneville. » [1]

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)

     Plan de situation du Pic Malet à Barneville ; blason de la commune de Barneville-Carteret par Aroche Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Aroche., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2816592

     

         « Le Pic Malet ou Tertre à Malet ou Butte à Malet

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     Selon Jean Barros, il peut s’agir d’une motte ou d’une enceinte circulaire... elle était assez importante et avait la forme d’un tronc de cône aux pentes très escarpées (ce type de motte passant pour le plus ancien). Elle devait avoir un diamètre de 50 m et une hauteur de 8 m environ. A son sommet, elle était surmontée d’une tour ou donjon en bois. Assez escarpée, comme le montre la pente du flanc sud-est, resté à peu près intact, elle était entourée d’un fossé d’une largeur probable de 4 m. Ce fossé a été coupé ainsi qu’un morceau de la motte par l’aménagement de la route sur les cotés est et nord, comblé dans la partie ouest et occupé par un chemin goudronné qui en épouse bien la forme côté sud.

         Ou bien, s’il s’agissait d’une enceinte circulaire, la configuration consiste à un fossé annulaire bordé d’un remblai en forme de talus constitué par les terres enlevées lors du creusement. Ce talus pouvait atteindre plusieurs mètres de haut et être couronné d’une palissade. Pour y pénétrer, on disposait le plus souvent d’un passage dans le talus avec dispositif de défense en charpente ou en pierre. A l’intérieur, qui revêtait l’aspect d’un cratère, s’élevaient des constructions en bois (maison du seigneur, communs). Ce type de fortification est, estime-t-on, plus ancien que la motte.

         Dans le cas d’une motte, il faut admettre l’enlèvement et l’évacuation d’un énorme volume de terre pour arriver à la configuration actuelle consécutive à l’implantation du calvaire. Dans le cas d’une enceinte circulaire les terrassements sont moins importants.

         A l’évidence, les reliefs de terrain artificiels suggèrent l’existence possible d’une enceinte circulaire autant que d’une motte. » [4]

     

    Ci-dessus, deux photos extraites de ce même document.

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche) LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)

     Ci-dessus, à gauche : une photo extraite du site Google Map ; à droite : une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     « Barneville, cant. Barneville. — Lieu-dit : La Butte à Mallet au 19e siècle ; le Pic Mallet (Gerville C., 1824, 262). — Parcelle cadastrale : AB 238. — Coord. Lambert : 194, 20-303, 10. — Fief: Bricquebec. La motte se trouve au centre du bourg de Barneville, tout près de l'église, à l'est de celle-ci. La motte a été aménagée en calvaire et partiellement aplanie. Seul, à l'est un versant demeure abrupt, d'environ huit mètres de haut. La motte est ceinturée sur les deux tiers de son pourtour par un petit chemin épousant parfaitement l'emplacement des fossés. Ceux-ci faisaient à peu près 3,50 mètres de large. La largeur de ceux-ci est délimitée par un mur de pierre qui isole le site des maisons avoisinantes. L'église peut s'inscrire parfaitement dans le périmètre de la basse-cour. » [6] 

     

    A proximité, à Carteret :

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     O « Après avoir été probablement utilisé par le peuple des Unelles, le Cap de Carteret a été fortifié par les Romains dans le cadre de l'operation militaire « Côte saxonne » durant la seconde moitié du 3e siècle. Le fort, dont le périmètre est le même que celui du muret actuel qui entoure le sommet du cap, servait principalement a abriter les escales de la Classis Britannica. Cette enceinte fortifiée fut ensuite prise ou détruite par les Anglo-Saxons. Qui furent eux-mêmes envahis par les Francs. (...) » [1]

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche) LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)

    On peut voir en contrebas du plateau du cap de carteret une plate-forme d’artillerie avec ses bâtiments annexes (casernement, poste de guet et magasins à poudre). Cette batterie fait partie d’un système défensif de la presqu’île du Cotentin. 

     

    LES REMPARTS DE BARNEVILLE-CARTERET (Manche)     O La vieille église de Carteret :

         Église dédiée à Saint-Germain-le-Scot, un des premiers évangélistes du Cotentin au 5e siècle). Édifice probablement pré-roman, remanié et agrandi au 15e siècle. Devenue église paroissiale. Menacée par le sable, elle est abandonnée vers 1635. [NDB]

     

         O « Un petit port fortifié est aussi construit au Moyen-Âge au pied du Cap de Carteret. Probablement à l'emplacement actuel du manoir de Carteret [construit au début du 18e siècle, ayant conservé des éléments de la fin du 16e s. et du début du 17e s. L'écrivain Jules Barbey d'Aurevilly y a situé une partie de l'action de son roman Une vieille maîtresse (1851). NDB]. C'est ici que va naître la famille Carteret qui fut une puissante famille de la noblesse normande, qui fit souche dans les îles Anglo-Normandes depuis Guy de Carteret (vers 960-1004).

         Renaud Ier de Carteret (1055-1106), chevalier et seigneur de Carteret, fut le premier seigneur de Saint-Ouen, situé sur l'île de Jersey. Les parties les plus anciennes de Carteret datent de l'époque romane (11e et 12e siècles). » [1]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de https://www.wikimanche.fr/Manoir_de_Graffard

    [3] Extrait de http://www.chantony.fr/patrimoine_et_histoire/50_barneville_carteret_01_manoir_graffard.html

    [4] Extrait de A la découverte de Barneville-Carteret ; Les Randonneurs de la Côte-des-Isles (Max Gallet / septembre 2016 https://ecitydoc.com/download/barneville_pdf

    [5] Extrait de http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=50031_1

    [6]  Delacampagne Florence. Seigneurs, fiefs et mottes du Cotentin (10e-12e siècles). Extrait de l'Étude historique et topographique. In : Archéologie médiévale, tome 12, 1982. pp. 175-207;doi : https://doi.org/10.3406/arcme.1982.1086https://www.persee.fr/doc/arcme_0153-9337_1982_num_12_1_1086

     

    Document PDF ci-dessous : " A la découverte de Barneville " extrait de https://randocotedesisles.jimdo.com/app/download/17770450125/Barneville+%283%29.pdf?t=1551517140&mobile=1

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