•  LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne) LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne) LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)

    A droite, une vue aérienne extraite du site Géoportail

     

    Mottes castrales de Villeray à Condeau / Sablons sur Huisne :

         On trouve à Villeray deux sites fortifiés, la motte d'Assé et la motte de Husson, édifiés par les seigneurs de Bellême, sur la rive droite de l’Huisne, pour faire face à Rivray, la forteresse des Rotrou. Ces sites sont anéantis par les Anglais lors de la guerre de Cent Ans. On découvre aujourd'hui à Villeray un château construit au 16e siècle. [NDB]

     

         « Le village de Villeray est accroché à flanc de coteau au pied du château (16e-19e s.) dont l’entrée est signalée par deux tours rondes en poivrière. Au 11e s, Villeray fut une forteresse des Talvas, seigneurs de Bellême, qui occupaient là un poste avancé commandant la vallée de l'Huisne. Le site protégé de Villeray offre un bel exemple d'architecture rurale percheronne. De petites maisons basses, aux enduits colorés, s'étagent le long de la rue étroite descendant vers le moulin. » [1]

     

         « Village pittoresque avec sa rue principale, égayée par les couleurs des enduits à la chaux des maisons percheronnes qui la bordent, et qui monte sur une colline à partir du moulin (restaurant réputé) situé sur les berges de l'Huisne. Cette colline était occupée par deux mottes castrales, Husson et Assé, dont on peut encore voir les vestiges. » [2] 

     

    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)

     Plan de situation des mottes de Villeray ; blason de la famille de Villeray par Gilloudifs, d’azur au chevron d’or accompagné de trois casques d’argent posés 2 et 1. 

     

    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)     « On sait que la plupart des retranchements gallo-romains qui surveillaient les forêts et les passages des rivières ont été réoccupés et transformés lors des invasions : le Perche a joué un rôle de premier plan dans l'organisation militaire de l'Ouest du domaine mérovingien ; après la période de paix mise à profit par l'abbaye parisienne de Saint-Germain-des-Prés pour se tailler un important domaine agricole dans la centenie de Corbon, il fallut se protéger des Normands, en essayant, malgré l'émiettement du pouvoir en petits fiefs locaux, d'édifier un système castral pour la défense des marches du Perche face aux territoires concédés aux compagnons de Rollon. Ce fut le travail des Rotrou, tandis que la maison de Bellême se gardait du Maine - par les « fossés Robert », sorte de route de service réunissant une vingtaine de mottes - mais également des Rotrou (Chanceaux, Villeray) Devenues inutiles quand la Normandie fut conquise par Philippe II Auguste, certaines retrouvèrent une raison d'être lors de la guerre de Cent Ans, lorsque le Perche devint une pièce maîtresse dans la stratégie de Charles VII, reconnu roi par les populations des pays de la Loire. En avant même des défenses du Perche proprement dit, 34 points fortifiés, munis de signaux pouvant mobiliser toute la région en un quart d'heure, purent servir de protection contre l'armée anglaise : uniques monticules de ce plat pays qu'est le Saosnois, au Sud de Mamers. (...)

     

    Ci-dessus, plan extrait de ce même document Mottes féodales et maisons fortes : une frontière méconnue sur les franges bocagères de l'Ouest par Jean Pelatan

     

    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)     A Villeray, la motte est en position élevée à l'extrêmité d'un coteau dominant de 40 m. La rive concave de l'Huisne, affouillant ici la craie de Rouen, et la basse-cour domine, au nord, un vallon adjacent. Un ancien chemin creux curviligne, à l'ouest, remis en valeur par la desserte de « maisons de week-end » prolonge en chemin de ronde la limite communale : l'ancien parcellaire s'appuie sur ces deux lignes et se retrouve dans les propriétés privées et le long du vallon. Au-delà, un parcellaire plus disparate, avec des champs géométriques, larges et plus ou moins rectangulaires.

         Notons dans ces deux cas le maintien intégral du fossé, livré à la pâture (et, à Villeray, à l'aménagement paysager) mais jamais à la culture. » [3] 

     

    Ci-dessus, plan extrait de ce même document Mottes féodales et maisons fortes : une frontière méconnue sur les franges bocagères de l'Ouest par Jean Pelatan

     

    « Histoire

         « Au flanc d’une colline commandant Ia vallée de I’Huisne, Villeray est, au 11e siècle, une position stratégique importante face a la forteresse des Rotrou, comtes du Perche, érigée à Rivray de I’autre côté de la rivière. Deux châteaux à mottes castrales y sont élevés par Ies Talvas, seigneurs de Bellême. Au nord, Ia motte de Villeray en Husson est distante d’à peine 300 m de celle de Villeray en Assé, au sud. » [4] 

     

    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)     « Villeray est un château situé sur la commune de Condeau (Orne). Le premier seigneur du lieu que l'on connaisse est Aymeric I, qui figurait, sous le nom d'Aymeric de Condeau, parmi les proches des seigneurs de Bellême lorsqu'il assista à la fondation du prieuré de Bellême entre 1059 et 1064.

     

    Plan extrait du cadastre napoléonien de 1826, Archives de l'Orne, http://archives.orne.fr/

     

         Vers 1077-1078, alors que Robert Courteheuse était en révolte contre son père, il reçut le soutien de Robert de Bellême et de ses vassaux, dont les seigneurs de Villeray et de Rémalard ; le roi de France soutenait, comme de bien entendu, cette révolte. L'armée légaliste anglo-normande ayant pris le château de Rémalard, celui-ci fut assiégé par les seigneurs percherons, ainsi que par des contingents français menés par le sénéchal du roi de France. Aymeric I, revenant d'une entrevue avec le sénéchal du roi français fut surpris par quatre cavaliers ennemis, et tué sur le champ : son cadavre fut renvoyé sanglé sur son cheval au château de Villeray. Orderic Vital précise que, à la vue du traitement infligé à Aymeric, son fils Gouffier I fit la paix avec Guillaume le Conquérant, et que ses descendants servirent fidèlement les rois anglo-normands pendant plus de cinquante ans. » [5] 

     

    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)

     

         « Les sites, fortifiés, sont détruits par Ies Anglais Iors de la guerre de 100 ans. Sur I’emplacement de la forteresse d’Assé, Gilles de Riants fait construire, à la fin du 16e siécle, un château « à l’appui d’une tour ruinée ». Fidèle au roi Henri IV pendant Ies guerres de Religion, il est récompensé par I’érection de ses châtellenies en baronnie. Sous I’ancien régime, Villeray est un des meilleurs revenus de la province du Perche avec son notariat, son tribunal, ses droits de pêche et de chasse, ses foires et son marché aux toiles. Un petit bourg se blottit près du château et l’Huisne fait tourner deux beaux moulins à Villeray.
    Le château de Villeray est épargné pendant Ia tourmente révolutionnaire grâce à son maire, Ie conventionnel Dugué d’Assé, qui vota Ia réclusion de Louis XVI. En 1845, Ie château est modernisé et sa façade sud est transformée en style « troubadour », en vogue à I’époque. Le moulin continue de fonctionner jusqu’en 1920, après avoir été converti en fromagerie, filature, fabrique de meubles et fonderie. En 1973, il est transformé en hôtellerie de prestige. La municipalité de Condeau demande alors Ia protection du hameau de Villeray et du parc du château, craignant que cette nouvelle activité ne fasse découvrir et menace ce petit coin du Perche si pittoresque « reproduction d’une de ces gravures anciennes figurant des villages idylliques enserrés entre rivière et château ». Le parc du château et Ie hameau de Villeray sont inscrits parmi Ies sites en août 1975. Le périmètre du site englobe, du sud au nord, I’église de Condeau, Ie parc du château, Villeray et Ies terres jusqu’à Ia limite de commune avec Saint-Germain-des-Grois. Quelques années plus tard, Ie château est transformé, à son tour, en hôtel et il forme aujourd’hui un complexe hôtelier de charme avec I’ancien moulin.

     

    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)

    Le site

         La route départementale N°10, de Nogent-Ie-Rotrou à Mortagne, Ionge Ia vallée de l’Huisne où, en rive gauche, s’étendent des prairies et des champs cultivés au pied de la colIine de Villeray. En rive droite, Ie parc du château s’étire sur Ies hauteurs avec ses boisements de chênes et de hêtres. La haute silhouette blanche du chateau émerge des frondaisons au point Ie plus haut. Au nord, quelques maisons du hameau percent I’écran végétal de Ieurs toitures de tuiles brunes. A I’entrée de Villeray, Ie vieux moulin a conservé sa roue à aubes et ses vannes d’où s’échappe l’Huisne bouillonnante. En haut, I’ancienne motte féodale, cachée par Ies arbres, domine, au nord, un verger de pommiers et des prairies humides et, au sud, Ies maisons du hameau, avec Ieurs hautes toitures de tuiles. La petite rue grimpe en pente raide vers Ie château.


    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)     Villeray semble s’être endormi au 19e siècle, rien ne semble avoir changé depuis. L’unique ruelle étage ses maisons, simples et anciennes, parmi Ies jardins et la végétation qui vient, parfois, en caresser Ies murs. L’entrée du château se situe presque en haut de la pente. La porte cochère, encadrée de deux tours en poivrière, s’ouvre sur la cour des communs du 18e siècle, écuries et remises. Derrière un portail, Ia cour du château précède Ia vieille demeure (inscrite MH) flanquée de deux tours rondes et percée de hautes fenêtres à meneaux. En haut de la pente, Ies maisons se resserrent, Ieurs murs de moellons calcaires enduits « à pierres vues », colorent la rue de douces nuances d’ocres et de roses qui mettent en valeur tous Ies détails de la savoureuse architecture percheronne. La petite rue tourne ensuite vers Ie sud pour rejoindre Ie bourg de Condeau. Elle est bordée du haut mur du parc du château, désormais réservé aux hôtes de passage. Ils peuvent y effectuer de Iongues promenades bucoliques Ie long des allées sous Ies bois, à travers Ies grandes pelouses et Ies prairies humides des bords de I’Huisne. La rue débouche, tout au sud du site, sur la place de I’église de Condeau. Un portail d’entrée au château s’y ouvre accompagné d’un élégant pavillon de gardien chainé de briques rouges.

     

    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)     En bordure de rue, I’église Saint-Denis, d’origine romane, dresse son haut clocher renaissance cantonné de puissants contreforts. Derriére I’édifice religieux, I’ancien prieuré, reconverti en charmante maison bourgeoise, précéde un grand jardin potager qui s’étend presque jusqu’aux rives boisées de I’Huisne. » [4] 

     

    A proximité

     

         « Le Moulin de Villeray : Naguère dépendant du château, ce moulin à farine fonctionna jusque vers 1920. Converti en fromagerie, filature, fabrique de meubles, fonderie, il fut enfin transformé en 1973 en hôtel-restaurant. À l'intérieur de cet établissement raffiné, on remarquera la poutraison d'origine et une gigantesque roue d'engrenage en fonte, de 8m de diamètre, datée de 1873. Jusqu'en 1968, ce moulin était frappé d'une servitude : la roue à aubes servait à faire tourner les rouages permettant de monter l'eau au château pour l'alimentation du bétail. » [1] 

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de http://www.nogentlerotrou-tourisme.fr/data/IndeXysBibliothequeHTML/contenu/Vallees---moulins.pdf

    [2] Extrait de https://ignrando.fr/fr/pointsinteret/fiche/details/id/257643

    [3] Extrait de Extrait de Mottes féodales et maisons fortes : une frontière méconnue sur les franges bocagères de l'Ouest par Jean Pelatan In : Revue Géographique de l'Est. Tome 26, N°3-4, année 1986. Géographie rétrospective des espaces ruraux. pp. 231-240 ; doi : https://doi.org/10.3406/rgest.1986.1612 https://www.persee.fr/doc/rgest_0035-3213_1986_num_26_3_1612

    [4] Extrait de la fiche n° 61057 de la DREAL de Basse-Normandie, septembre 2013

    [5] Extrait de Les seigneuries d'Ivry, bréval et Anet au 11e et 12e siècles et leur fortifications aux marches entre France et Normandie par Jean MESQUI http://www.mesqui.net/Articles_fortif/pdf/LES-SEIGNEURIES-ivry-breval-anet.pdf

     

    Bonnes pages :

     

    https://www.marianne.net/art-de-vivre/le-bonheur-se-leve-louest

    http://www.mesqui.net/Articles_fortif/pdf/LES-SEIGNEURIES-ivry-breval-anet.pdf

     

    Ci-dessous, fiche n° 61057 de la DREAL de Basse-Normandie, septembre 2013

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  •  LES REMPARTS DE BELLEVILLE-SUR-MER (Seine-Maritime)  LES REMPARTS DE BELLEVILLE-SUR-MER (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE BELLEVILLE-SUR-MER (Seine-Maritime)

    Ci-dessus : à gauche, une photo aérienne extraite du site Géoportail ; au centre et à droite, deux photos extraites de http://genpouymayon.e-monsite.com/pages/le-talou-ancestral/les-mottes-castrales.html

     

         « Belleville-sur-mer (Seine-Maritime). — Feuille Dieppe-Est. Dominant la mer, au bord de la falaise et d'une valleuse, petite enceinte ronde avec fossé, du genre motte (très petit). Mission Dieppe - Amiens 1952, n° 196-197. » [1] 

     

    LES REMPARTS DE BELLEVILLE-SUR-MER (Seine-Maritime)     LES REMPARTS DE BELLEVILLE-SUR-MER (Seine-Maritime)

    Plan de situation de la motte de Belleville-sur-Mer ; blason de la commune actuelle de Belleville-sur-Mer par Chatsam — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9454893

     

    « La motte castrale de Belleville-sur-Mer 

     

    LES REMPARTS DE BELLEVILLE-SUR-MER (Seine-Maritime)     Erigée sur le flanc sud du vallon descendant au Pâtis-du-Port, la motte castrale de Belleville-sur-Mer domine les rives de la Manche sur un promontoire haut de 60 mètres.

         Constitué d’un monticule cerné par un fossé circulaire le tertre de le Torniole, ainsi nommé par P.J Féret en 1827, est une construction typique du 10e-11e siècle. Le tertre, d’un diamètre de 25 mètres est ceinturé par un fossé circulaire de 45 mètres de diamètre. L'ensemble est cerné par un puissant contrescarpe. Ce dernier résulte de l'excavation massive dû à l'établissement du fossé.

         Au sud-est du tertre, se profile une basse-cour. D'aspect rectangulaire, cette dernière épouse les dénivelés géologiques.

     

    Photo ci-dessus extraite de http://genpouymayon.e-monsite.com/pages/le-talou-ancestral/les-mottes-castrales.html

     

    LES REMPARTS DE BELLEVILLE-SUR-MER (Seine-Maritime)LES REMPARTS DE BELLEVILLE-SUR-MER (Seine-Maritime)     Les défrichements médiévaux sont orientés sud-ouest et sont perpendiculaires à la pente générale du terrain et il se retourne à angle droit. Les rideaux de culture de Belleville-sur-mer se situent sur le versant opposé à la motte castrale. Constitué de six talus, ils constituent une surface agraire oscillant de 7 mètres à 35 mètres. En partant du vallon, les trois premiers coteaux ont une dénivellation de 12°, qui s’accentue à 21° pour les deux suivants  avant de se conclure par un dernier tiers beaucoup plus arasé et large à 10°. L’ensemble constituait ainsi une surface agraire de 3 à 4 hectares. » [2] 

     

    Ci-dessus, à gauche : « Belleville-sur-Mer (Seine-Maritime). Les rideaux de cultures médiévales épousent les courbes de niveaux curvilignes. Sur le côté gauche, on discerne une motte castrale. » Extrait de http://www.archeologie-aerienne.culture.gouv.fr/fr/decou6-pg5.htm ; à droite, une photo extraite de http://genpouymayon.e-monsite.com/pages/le-talou-ancestral/les-mottes-castrales.html

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Les fortifications circulaires isolées en France par Jacqueline Soyer ; Annales de Normandie Année 1965 15-3 pp. 353-414, fait partie d'un numéro thématique : Etudes d'archéologie normande

    [2] Extrait de http://genpouymayon.e-monsite.com/pages/le-talou-ancestral/les-mottes-castrales.html

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  • LES REMPARTS DE SAINT-MARDS-de-FRESNE (Eure)

    LES REMPARTS DE SAINT-MARDS-de-FRESNE (Eure)

    Ci-dessus, photos extraites de la fiche du Service Territorial de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Haute-Normandie) Conseil n°99 – Zones à Forte Sensibilité Patrimoniale – 3 janv. 2015 – France Poulain.

     

    Le manoir de la Motte à Saint-Mards-de-Fresne

     

    LES REMPARTS DE SAINT-MARDS-de-FRESNE (Eure)     « Manoir fortifié construit après 1496, en pierre de taille calcaire et briques, sans doute sur un ancien site castral des 11e et 12e siècles. Plan d'origine rectangulaire, avec deux grands logis à tours d'angle se faisant face, séparés par une cour centrale et reliés par des murs maçonnés. La partie sud a sans doute été détruite avant le 18e siècle. Du manoir 15e siècle, subsiste la partie nord avec le logis rectangulaire flanqué de deux tours rondes aux angles, en partie arasé et repris en brique en 1743. La façade sud a été remontée en pan de bois. A l'intérieur, les cheminées indiquent que les niveaux d'origine n'ont pas été touchés. Ils sont distribués par un escalier à vis doublé au 18e siècle, par un escalier central en bois. Les éléments défensifs se concentrent dans les parties inférieures des tours et de la salle basse, avec des canonnières à double ébrasement, le manoir présente toutes les caractéristiques de la maison-forte de la fin du 16e siècle. » [1]

     

    LES REMPARTS DE SAINT-MARDS-de-FRESNE (Eure)   LES REMPARTS DE SAINT-MARDS-de-FRESNE (Eure)

     Plan de situation du manoir de la Motte à Saint-Mards-de-Fresne ; blason de la famille de Mailloc extrait de https://fr.wiktionary.org/wiki/Saint-Denis-de-Mailloc

     

    LES REMPARTS DE SAINT-MARDS-de-FRESNE (Eure)     « Le château de la Motte a été construit pour Nicolas de Mailloc à partir de 1496 grâce à la dot importante issue de son mariage avec Antoinette du Merle, fille du seigneur du Blanc-Buisson. De plan rectangulaire, la demeure était cantonnée par quatre tours d'angle et entourée de fossés.

         Épaulées de contreforts, les façades présentent une grande variété d'appareillages en associant la pierre de taille au silex en moellons et à la brique. L'édifice se situe à la charnière entre la demeure fortifiée (canonnières en partie basse) et la résidence (baies à meneaux ouvragés).

         Au 17e siècle, le manque d'entretien entraîne la ruine d'une partie du château.

         La façade sud fut reconstruite à l'économie avec des pans de bois et en remplissage en briques.

     

    LES REMPARTS DE SAINT-MARDS-de-FRESNE (Eure)     Désormais appelé manoir, l'édifice a été partiellement relevé au 18e par des maçonneries en briques qui contrastent avec les parties originelles. Une magnifique grange dîmière du 16e siècle a été préservée avec ses murs mêlant pierres de taille (chaînes, contreforts) et briques polychromes en croisillons. Actuellement, le domaine est occupé par un haras. » [2]

     

    LES REMPARTS DE SAINT-MARDS-de-FRESNE (Eure) LES REMPARTS DE SAINT-MARDS-de-FRESNE (Eure)

    Ci-dessus, à gauche une photo  aérienne extraite du site Géoportail ; à droite un plan extrait du cadastre napoléonien de 1845, Archives de l'Eure, http://archives.eure.fr/

     

    Protection

     

          « Le manoir, logis et ancienne grange seigneuriale en totalité, l'assise foncière du manoir, soit le quadrilatère formé au sud par la limite des parcelles 71 et 58, à l'est par la limite de la parcelle 58 et son prolongement sur une longueur de 80 mètres vers le nord, le retour d'équerre vers l'est jusqu'à l'angle nord-est de la parcelle 48 (cad. ZB 21, 42, 44, 58, 71, 72) : inscription par arrêté du 6 décembre 2004 » [3]

         Propriété privée, ne se visite pas.

     

    LES REMPARTS DE SAINT-MARDS-de-FRESNE (Eure)A proximité :

     

    Le manoir de la Fromentière (18e), Inscrit MH (1976)

     

    Sources :

     

     [1] Extrait de http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA27000059

    [2] Extrait de la fiche du Service Territorial de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Haute-Normandie) Conseil n°99 – Zones à Forte Sensibilité Patrimoniale – 3 janv. 2015 – France Poulain. http://www.eure.gouv.fr/content/download/17937/123395/file/ESSENTIEL_CONSEIL_99%20Saint%20Mards%20de%20Fresne_Manoir%20la%20Motte_ZFSP.pdf

    [3] Extrait de https://monumentum.fr/manoir-motte-pa27000059.html

     

     

    Ci-dessous : fiche du Service Territorial de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Haute-Normandie) Conseil n°99 – Zones à Forte Sensibilité Patrimoniale – 3 janv. 2015 – France Poulain. http://www.eure.gouv.fr/content/download/17937/123395/file/ESSENTIEL_CONSEIL_99%20Saint%20Mards%20de%20Fresne_Manoir%20la%20Motte_ZFSP.pdf

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  • LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche) LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche) LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)

    A droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

           « Le château de Martinvast, dit aussi château de Beaurepaire, est un château de la Manche, situé à Martinvast et sur la commune d’Hardinvast. Il fait partie des « 7 Merveilles de la Manche », élues par le public en 1999. » [1] 

     

         « Le château et son ancien domaine se trouve à environ 850 mètres au sud-est du bourg de Martinvast. » [2]

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)   LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)

     Plan (provisoire) du château de Martinvast ; blason de la famille du Moncel par Gilloudifs

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)

     

    Historique

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)     « En sortant de Cherbourg dans la direction de la Hague, on trouve, dans le canton d'Octeville, à une lieue du chef-lieu, la paroisse de Martinvast, dont le seigneur, au milieu du 12e siècle, faisait avec la communauté de Cherbourg, le service dû à Henri, duc de Normandie et roi d'Angleterre. Ce seigneur s'appelait Richard, et avait en même temps des possessions en Angleterre, dans le comté de Nottingham. C'est probablement près du château de Martinvast qu'il faut rechercher l'emplacement de celui dont parlent les registres de l'échiquier d'Angleterre et de Normandie. On voit à l'entrée de la cour de M. le comte du Moncel, une vieille tour qui semble, avec quelques accessoires, avoir fait partie d'un ancien château-fort. On remarque dans les environs, et surtout dans la direction de l'église, des restes de travaux et surtout une chaussée très considérable, et qui semble avoir été destinée à retenir les eaux de manière à couvrir tout ou partie de cette forteresse. L'église, qui n'est pas éloignée de l'emplacement du château, est très antérieure au règne de Henri II : elle remonte au moins au temps de la grande ardeur des seigneurs normands pour les constructions ecclésiastiques. Quoique je n'aie pas trouvé le nom : de Martinvast sur les listes de la conquête, je ne doute pas que ce nom ne soit dans le livre censier d'Angleterre, entre ceux des possesseurs de fiefs dans ce royaume, sous le règne du Conquérant. - La famille qui portait le nom de Martinvast se conserva longtemps en France. Elle possédait encore la seigneurie de cette paroisse dans le 15e siècle. Des titres particuliers parlent d'un Martinvast qui fut décapité sous le règne de Louis XI : je présume que ce fut pour avoir pris le parti du frère de ce roi. On sait avec quelle rigueur furent traités tous ceux qui le reconnurent comme duc de Normandie quoique le roi lui eût lui-même donné ce titre. Après les seigneurs qui portaient le nom de la paroisse, la seigneurie de Martinvast a passé dans la famille du Moncel, qui est encore aujourd'hui en possession de la terre où était situé l'ancien château. Celui qui l'a remplacé fut bâti à la fin du 16e par Barthole du Moncel, un des ancêtres du possesseur actuel. Je n'ai pu retrouver les armes des anciens seigneurs de Martinvast. La famille du Moncel porte de gueules à trois losanges d'argent. » [3]

    Ci-dessus, une carte postale du donjon du 11ème de Martinvast.

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)     « Le premier château fut ruiné par la guerre de cent ans et reconstruit de 1579 à 1581 par Barthole du Moncel, avec une aile encadrée de deux gros pavillons carrés saillants et bastionnés. Des constructions médiévales qui pouvaient subsister, il ne conserva que le donjon. Il était alors entouré de douves et de marécages. 

     

    Ci-dessus, le château de Martinvast près de Cherbourg - 1880

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)     De 1820 à 1867, un de ses descendants, le comte Alexandre du Moncel, maréchal de camp et pair de France (qui y meurt en 1861), le restaura pour le rendre habitable et le flanqua de quatre tours ; par ailleurs, il supprima les douves et assécha les marécages. » [4] 

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1813, Archives de la Manche, http://www.archives-manche.fr/

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)

     

         « L'Impératrice Marie-Louise visite le château le 29 mai 1811 et le 27 août 1813, suivie plus tard par Eugénie, épouse de Napoléon III, la reine Victoria (1898) ainsi que l'empereur du Brésil, Pedro Ier. (…) » [1]

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)       « En 1867, il fut vendu au baron Arthur de Schickler, (1828-1919), issu d'une famille de banquiers berlinois installés en France, anobli par le roi de Prusse avec le titre de baron [1] banquier de la famille royale de Prusse à Berlin, qui le transforma en château néogothique par l'adjonction d'une galerie médiévale au nord et l'édification d'une aile du même style qui reliait le donjon à la construction du 16e siècle. L'architecte chargé de cette transformation fut l'anglais William Henry White » [4] (1838-1896) « qui le fait agrandir dans un « style gothique aux accents victoriens ». [2]

     

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    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)     Ce fut cet « architecte britannique William Henry White, établi à Paris puis à Calcutta, qui mena également en 1862 la reconstruction du château de Bizy à Vernon (Eure) pour le compte du baron Fernand de Schickler, le frère du précédent.

         Les plans du nouveau château furent exposés au salon des Beaux-Arts en 1867 et 1869, et il abrita, entre autres œuvres d'art, un portrait de jeune homme de Boticelli (New York, Metropolitan Museum of Art). Les bâtiments du haras édifié sur le domaine sont de Charles Letrosne ; les massifs floraux du parc, composé d'essences rares et de cascades, furent dessinés par Levy-Dhurmer. » [2]

     

    Ci-dessus, le château de Martinvast en 1866 extrait de Cherbourg et ses bains de mer, par Th. Pelloquet, impr. Vallée, 1866 Predhomme, Domaine public https://www.wikimanche.fr/Fichier:Martinvast-chateau1.jpg

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche) LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche) LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)     « Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château est occupé par un important état-major allemand. Le 14 janvier 1944, l'aviation alliée bombarde le château avec des bombes au phosphore, provoquant l'incendie de l'aile gauche et de nombreux dégâts ailleurs. Le 8 mai suivant, un autre bombardement détruit la ferme et les granges. Le château est en ruines. » [1]

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)     « Aussitôt après la guerre, la comtesse Hubert de Pourtalès, fille du baron Arthur de Schickler, sépara des ruines la partie de l'aile néogothique encore intacte (...) » [4]

     

         « Le pavillon Renaissance a été reconstruit, mais pas la galerie doublant l'aile Renaissance et évoquant les abbayes médiévales ni la salle à manger, dont le manteau en demi-lune (?) de la cheminée a conservé un décor sculpté dessiné par White, L'Arche de Noé. » [2]

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)     « (...) mais il fallut attendre l'acquisition en 1962 du château par son petit-fils, le comte Christian de Pourtalès-Schickler († 2018), pour voir entreprendre tout d'abord en 1967 la restauration de l'aile est du château 16e, puis à partir de 1995, la construction d'une galerie de liaison destinée à relier cette aile avec la partie intacte du château 19e.

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)     C'est ainsi que le château de Martinvast retrouve petit à petit sa splendeur d'antan, tandis que ses abords sont également l'objet de soins constants, tel un joyau dans un écrin de verdure. En face de l'ancien château 16ème la vue porte sur l'obélisque, probablement aménagé par le comte Alexandre du Moncel pour lui servir de gloriette. Destiné à être vu de loin, il est exeptionnellement élevé ; ses quatre faces triangulaires sont percées d'oculi semblables à ceux de la ferme-école, un escalier intérieur permet de le gravir. Plus à l'est, on aperçoit entre les arbres du parc, les ruines de l'ancien moulin à vent, qui a malheureusement perdu sa toiture et ses ailes. » [4]

     

    Le parc

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche) LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche) LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)

     Ci-dessus, à gauche, une lithographie du château de Martinvast et de son parc. Vue générale vers 1850 par Du Moncel ; https://www.wikimanche.fr/Fichier:Martinvast-chateau-parc.jpg

     

         « Le parc d'une superficie de 100 hectares comporte bois, prairies, étangs, cascade, des sculptures (deux lions soutenant une - ou deux ? - colonne(s) vénitienne(s), une statue de femme en marbre d'Alfons Mucha) et des fabriques dont un obélisque du 18e, près de la limite avec Hardinvast. De somptueux massifs d'arbustes à fleurs, rhododendrons, camélias et hortensias, poussent à l'abri des conifères exotiques du parc. » [2]

     

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    Protection :

     

    LE CHÂTEAU DE MARTINVAST (Manche)     « Le château (façades et toitures) fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du 27 avril 1976, tandis que le parc (façades et toitures de l'ensemble des bâtiments, à l'exclusion des bâtiments contemporains ; obélisque et moulin à vent ; murs d'enceinte avec leurs piliers et grilles ; potager avec ses serres et ses murs ; (...) sont inscrits par arrêté du 28 décembre 1992. » [2]

     

    Ci-dessus : Domaine de Beaurepaire - Obélisque d'Hardinvast : gloriette construit au 18e par les chatelains Du Moncel à l'extrémité du parc du château de Martinvast ; auteur : Xfigpower https://www.wikimanche.fr/Fichier:Domaine_de_Beaurepaire_-_Ob%C3%A9lisque_d%27Hardinvast.JPG

     

         « Cette dernière inscription protège également le parc de 100 hectares (avec l'ensemble de ses aménagements paysagers et hydrauliques). Il est composé de bois, prairies, étangs et d'une cascade. Il est, en partie, situé aussi sur Hardinvast. » [1]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikimanche

    [2] Extrait de Wikipédia

    [3] Extrait de Recherches sur les anciens châteaux de la Manche par M de Gerville ; Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie ; Caen Mancel 1824 https://books.google.fr/books?pg=PR1&id=8NIDAAAAYAAJ&hl=fr&output=text

    [4] Extrait de https://www.revedechateaux.com/fr/chateau-de-martinvast-1237786288/show

     

    Bonnes pages :

     

    O https://www.wikimanche.fr/Cat%C3%A9gorie:Ch%C3%A2teau_de_Martinvast_(image)

    O http://www.lecoindescamping-cars.fr/Basse-Normandie-Manche-Invitation-touristique-Le-Chateau-de-Martinvast-710.htm

    O https://www.ouest-france.fr/letonnante-etrangete-de-lobelisque-de-martinvast-526599

    O http://cotentin.canalblog.com/archives/2009/08/03/14614999.html

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6480990w/f25.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Martinvast%22?rk=21459;2

     

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  • LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados) LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados) LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)

     

          Michel Fixot, 1968 :

        « Fontenay-le-Marmion (Coordonnées Lambert : 403 000 X 158 050).

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)      La motte de Fontenay-le-Marmion a fait l'objet d'une description et d'un relevé de la part d'Arcisse de Caumont. Cet auteur a vu dans son temps un ouvrage beaucoup plus complet qu'il ne l'est à l'heure actuelle : la recons­truction d'une ferme et de bâtiments d'exploitation ont fait disparaitre la basse-cour que l'on voyait encore au milieu du 19e siècle. Il ne reste plus que la motte aux formes abîmées, esplanade carrée de 80 pieds sur 55, qui porte encore une construction de pierre dans son angle nord-ouest. Dans cette direction, des sols marécageux assuraient la défense. Le site est en effet celui d'un petit vallon descendant vers l'ouest en direction de la Laize. Vers le sud-est, l'ancienne fortification se rattachait au niveau de la plaine.

     

    Ci-dessus, une photographie extraite de ce même document.

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)     Il est intéressant de noter que ia motte est construite à proximité du village de Fontenay-le-Marmion, et non pas sur le Chemin Haussé tout proche. En revanche, la motte contrôle un axe semblable à tous ceux qui viennent de la plaine et pénètrent dans le Cinglais. Le chemin qui passe auprès de la motte de Fontenay-le-Marmion vient de Bellengreville, Becqueville, Lorguichon. Rocquancourt ; il gagne Laize, et traverse l'Orne vers Percauville. Cette fortification se rattache donc aux ouvrages de Bretteville, Gouvix et Urville, qui tous dépendaient de la zone d'influence des Marmion dont elle est le coeur. » [1]

     

    Ci-dessus, un schéma extrait de ce même document.

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)   LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)

     Plan de situation de la motte de Fontenay-le-Marmion ; blason des Marmion (?) [descendants anglais] extrait de http://www.heraldique-europeenne.org/Armoriaux/Glover/Glover_5.htm

     

          Arcisse de Caumont, 1850 :

         « Ancien château des Marmion.

          On trouve encore dans une ferme de Fontenay l'emplacement de la forteresse du sire de Fontenay, dont parle Wace. On pourra reconnaître dans le jardin de la ferme l'éminence qui supportait le donjon. C'est une esplanade carrée d'environ 80 pieds sur 55, défendue par des fossés autrefois remplis d'eau. Ce donjon se liait à une enceinte arrondie, dont le contour est encore reconnaissable du côté de l'est. Les bâtiments qui remplacent de ce côté les constructions. primitives sont en grande partie du 16e siècle ou de la fin du 15e. On voit, à l'intérieur, des portes et une cheminée très remarquables par la finesse des sculptures qui les couvrent, mais quelques parties de ces bâtiments sont beaucoup plus anciennes. Vers le nord est, se trouvent des fenêtres a plein-cintre et une porte romane ornée de zigzags, par laquelle on pouvait entrer dans la place au moyen d'un pont jeté sur le fossé.

         Il est fort douteux que ces portions d'architecture , appartenant au style roman, remontent au temps de la conquête, et je serais porté à les regarder comme postérieures, mais ce sont probablement des restes de l'ancien château, ruiné au 12e siècle par Geoffroy, comte d'Anjou. Le puissant comte, irrité d'avoir inutilement assiégé la place de Falaise, dans laquelle commandait Marmion, vint à Fontenay, prendre d'assaut le château de ce capitaine. Voici comment l'historien Dumoulin raconte le fait d'armes du comte d'Anjou :

          « Cependant l'Angevin, qui toujours avait le cœur à Falaise et ne pouvait l'enlever ni par force, ni par ruse (d'autant que Robert Marmion, seigneur de Fontenay, y commandait et le gardait soigneusement), tourne ses forces contre le château de Fontenay, que la nature du lieu et l'artifice l'avaient rendu très-fort, le bat avec ses machines, le force et le détruit entièrement. »

         La force du château, vantée par l'historien, devait principalement consister dans les murs et les larges fossés pleins d'eau qui existaient.

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)     J'ai donné un petit plan de ce château dans l'atlas de mon Cours d'antiquités, pl. LXV.

         Robert Marmion ratifia les donations faites sur son fief au Sépulcre de Caen, et ses fils transigèrent en 1243 avec Guillaume Acarin, doyen de ce chapitre, a l'occasion d'un moulin situé à Fresnay-le-Puceux, et donné a cette église par les Marmion.

         En 1232, Robert Marmion fit une donation à l'abbaye de Saint-Etienne de Caen.

         En 1239, Henry de Beaufou confirma à l'abbaye de Fontenay une donation de terres dépendantes de son fief de Fontenay.

         En 1333, Robert Bertrand, seigneur de Fontenay-le-Marmion, obtint l'établissement d'une foire Saint-Hermès, à Fontenay.

          Vers 1455, Jean de Montenay, chevalier seigneur du lieu de Garencières, et Vicomte de Fauguernon, vendit pour 2 400 livres la vicomté de Fontenay à Thomas de Lorailles, seigneur d'Ecoville.

         Avant la révolution, la seigneurie de Fontenay-le-Marmion appartenait à la famille de Guerchy, qui possédait aussi celle de Fresnay-le-Puceux et plusieurs autres. » [2]

     

    Ci-dessus, schéma de la motte de Fontenay-le-Marmion extrait de Cours d'antiquités monumentales : histoire de l'art dans l'Ouest de la France, depuis les temps les plus reculés jusqu'au XVIIe siècle. ATLAS, partie 5 / professé à Caen par Caumont, Arcisse de (1801-1873). Éditeurs : Lance (Paris)/T. Chalopin (Caen)/Edouard frère (Rouen) ; Date d'édition : 1830-1843https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k114698h/f17.item.r=atlas%20du%20Cours%20d'antiquit%C3%A9s

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados) LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados) LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)

    Ci-dessus, au centre un plan extrait du cadastre napoléonien (1812-1829), Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/accueil.html

     

         « Le nom de Fontenay apparaît au 11e siècle. La paroisse de Fontenay fut divisée une première fois pour former les paroisses et seigneuries de Fontenay-le-Marmion et Fontenay-le-Tesson. Cette dernière fut divisée à nouveau entre le 11e et le 14e siècle pour former Saint-Martin-de-Fontenay et Saint-André-de-Fontenay (actuellement Saint-André-sur-Orne). La seigneurie de Fontenay-le-Marmion appartient alors à une famille puissante, les Marmion dont les possessions s'étendent outre-Manche. » [3]

     

          « FONTENAY-LE-MARMION

         Fontenay est un des noms de lieux les plus communs en Normandie et en d'autres parties de la France. Il semble promettre un sol où abondent les eaux de source. Il ne faut pas trop se fier à cette annonce des noms. Fontenay-le-Marmion se distingue de ses homonymes, par son surnom, emprunté du nom de famille de ses plus anciens possesseurs. Nous avons essayé de recueillir ailleurs le peu qu'on sait de l'origine et de l'histoire de cette famille de Marmion. Nous n'avons point à nous en occuper ici. Nous devons seulement y rappeler :

         1. Que l'un de ses premiers chefs connus assista à la bataille d'Hastings (1066), où il se signala par des exploits qui furent dignement récompensés.

             2. Que déjà, à cette époque, ce même personnage était possesseur de cette seigneurie de Fontenay, qualifiée baronnie et vicomté, et à laquelle était en outre attaché l'office militaire de champion héréditaire de nos ducs.

         3. Que les descendants de ce guerrier continuèrent de posséder Fontenay, avec beaucoup d'autres seigneuries, jusqu'à l'extinction de leur ligne, arrivée au milieu du 13e siècle, après laquelle leur héritage passa aux mains des Tesson, et de ceux-ci, plus tard et par beaucoup d'intermédiaires, aux d'Harcourt et aux Guerchy. Nous avons vu que deux de ces Marmion furent fondateurs de l'abbaye de Barbery, et on a pu juger, par la richesse de la dotation qu'ils lui firent (année 1181), quelle pouvait être l'importance de leurs domaines dans tout le pays. On se rappellera aussi que les Marmion avaient, à Fontenay , un château fortifié, qu'alla prendre et raser le comte Geoffroy d'Anjou, en 1138, par manière de petite représaille, de ce que le possesseur, chargé, contre lui, de la défense de Falaise, avait repoussé ses attaques avec trop de bravoure et de succès. Sur ces divers objets, nous ne pouvons que renvoyer aux articles où nous les avons traités. (V. Rech. sur l'anc. pays de Cingl., art. Fam. Marmion ; et ibid., art. Abb. de Barbery. ) A l'époque de la dotation de l'abbaye de Barbery (1181), il y avait à Fontenay-le-Marmion, deux églises paroissiales, l'une dite de St.-Hermès, l'autre de St.-Germain-du-Chemin. Robert Marmion, seigneur du lieu, avait des droits sur l'une et l'autre. Ils étaient des trois quarts pour chacune. Il les céda ensemble à son nouvel établissement religieux. (Gall. Christ., 11, instr. col. 85 D.) L'église de St.-Hermès est celle qui s'est conservée. Celle de St.-Germain-du-Chemin a été démolie depuis longtemps. Elle devait son nom à sa situation aux abords de la voie romaine, dite Chemin-Haussé, entre Fontenay et le Val de Fresné. (Lamare, man. de Fontenay, etc.) Cette localité de St.-Germain-du-Chemin formait un fief particulier, appartenant à une famille de ce nom, dont plusieurs membres se trouvent mentionnés dans les sommaires des chartes de M. Léchaudé.(Léch. Antiq., etc., t. 7, p. 141, 151 et 157.) Les familles de Vassy et d'Ouffières paraissent l'avoir possédé après eux, sur la fin du 13e siècle. Il existe des actes de personnages de l'une et de l'autre, relatifs au quart de dixmes à eux réservé, à Fontenay, et qui en font alors l'abandon à l'abbaye de Barbery. (Id., ib., t. 7, p. 21 et 143.) Nous avons vu que dès les plus anciens temps, la seigneurie de Fontenay-le-Marmion se trouve qualifiée à la fois des titres de baronnie et de vicomté. D'où lui venait ce dernier ? Il semble qu'à cette époque elle ne pouvait guères l'avoir reçu que comme équivalent et continuation de celui de vicairie, auquel on sait qu'il se substitua fréquemment sous nos premiers ducs. (V. De La Rue, Ess., etc., t. 2, p.263.) Ce serait pour Fontenay-le-Marmion un souvenir précieux d'ancienne suprématie administrative, que nous voudrions pouvoir dégager de son obscurité. On montre encore à Fontenay l'emplacement et les vestiges de l'ancien manoir des Marmion. » [4] 

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados) LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)

    Ci-dessus, à gauche : une photo aérienne extraite du site Géoportail ; à droite, une photo extraite du site Google Earth.

     

    La famille Marmion :

     

         "… en 1181, la charte de dotation de l'abbaye de Barbery est souscrite par un Guillelmus Marmion de Urvilla. La famille seigneuriale des Marmion est, dans le Cinglais, la seconde en importance après celle des Taisson dont elle relève pour une partie de ses possessions. Le siège de la seigneurie est Fontenay-le-Marmion ; la puissance territoriale de celle-ci semble d'abord s'étendre sur la rive occidentale de l'Orne. Au 11e siècle, un Willelmus Marmion est cité dans la charte de fondation de l'abbaye Saint-Etienne de Fontenay ; Robert Marmion, probablement le frère aîné du précédent, aurait pris part en 1066 à la conquête de l'Angleterre. La fondation de l'abbaye de Barbery au cours de la seconde moitié du 12e siècle est l'oeuvre de Robert II qui met à éxécution un projet de son père Robert Ier. Guillaume Marmion d'Urville paraît le contemporain de Robert II et son parent ; il était alors apparemment seigneur d'urville. L'acte d'octobre 1181 montre que les possessions des marmion comprennent la plus grande part de Cintheaux, Quilly, Bretteville-Sur-laize, Barbery ; il mentionne aussi le nom de Radulphus de Goviz, qui dépend de la même famille féodale. Urville et Gouvix complètent ainsi le domaine des marmion, lui donnant une consistance notable à l'est de la forêt de Cinglais. » [5] 

     

          « Il est constant que le Marmion, seigneur de Fontenay, qui assista à la conquête, s'appelait Robert, et non Roger. Il a bien existé postérieurement un Roger Marmion, cité dans une charte de Richard Cœur-de-Lion, en faveur de l'abbaye de Grestain, mais ce n'est point lui qui a pu se trouver à Hastings. Il paraît certain aussi que Robert Marmion reçut de Guillaume la ville et le château de Tamworth , dans le Warwickshire. Après avoir chassé de ses domaines les religieuses de Pollesworth, il les y ramena, de manière que lui et sa femme Milisende furent regardés comme seconds fondateurs de ce couvent. Voyez, à ce sujet, le Monast. anglic., I, p. 198. Leur fille Gersende épousa Robert Fitz-Erneis, second du nom. La famille Marmion a possédé aussi pendant plusieurs siècles la terre de Scrivelsby, dans le Lincolnshire, à laquelle est attachée la noble prérogative d'être le champion du roi le jour de son couronnement, et de défier solennellement quiconque oserait contester la légitimité de son titre. Suivant les généalogistes anglais, cette donation daterait du règne du Conquérant; mais leur assertion est démentie par le témoignage du Doomesday Book, et par la qualité de champion du roi que prend un personnage étranger à cette famille, dans une charte de 1103 (Monast. anglic., II, p. 973). Robert Marmion, fils ou petit-fils du précédent, prit parti pour le roi Étienne, et son château de Fontenay fut, suivant Collins, pris et rasé par Geoffroi, comte d'Anjou. Lui-même périt misérablement en 1143, après avoir profané l'église de Coventry, en s'y retranchant.

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)    Enfin un troisième Robert Marmion fonda en 1181 l'abbaye de Barbery. La famille Marmion a subsisté en Angleterre jusqu'au règne d'Edouard III, époque où ses biens passèrent, par mariage, aux Ludlow, puis aux Dymock, qui possèdent encore aujourd'hui Scrivelsby et le titre de champion du roi. (A.L.P.) » [6] 

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)      O « Église Saint-Hermès des 12e et 13e siècles, dont le clocher et le chœur font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 14 octobre 1911. »

     

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)     O « Tumulus de la Hogue qui fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 26 décembre 1975. » [3]

     

     

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Les fortifications de terre et les origines féodales dans le Cinglais par Michel Fixot (1941-....) Edité par Centre de Recherches archéologiques médiévales 1 vol. (123 p.) ; ill., cartes, plans, (2) dépl ; 27 cm ; 1968

    [2] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados : T. II. par Arcisse de Caumont ; Derache, 1850 - 622 pages https://books.google.fr/books?id=vBdRAAAAcAAJ&pg=PA166#v=onepage&q&f=false

    [3] Extrait de Wikipédia

    [4] Extrait des Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, Volume 2 ; Derache, 1841

    [5] Extrait de Les enceintes d'Urville et de Bretteville-sur-Laize (Calvados). [Contribution archéologique aux recherches sur l'habitat fortifié] Contribution archéologique aux recherches sur l'habitat fortifié Joseph Decaens ; Annales de Normandie Année 1968 18-4 pp. 311-375 https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1968_num_18_4_6396

    [6] Extrait de Le Roman de Rou et des Ducs de Normandie publié pour la premiere fois avec des notes par Frederic Pluquet, Volume 2 par Robert Wace ; Edouard Frere, 1827 https://books.google.fr/books?id=wrpUAAAAcAAJ&pg=PA268&lpg=PA268&dq=famille+Marmion&source=bl&ots=kKBTO4-2oi&sig=uVty0DvnycwZvkAaoLZGrrejJJA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiF97aHquveAhUKJBoKHV1rBQ04ChDoATAOegQIChAB#v=onepage&q=famille%20Marmion&f=false

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