• LES REMPARTS DU PIN (Calvados)

    LES REMPARTS DU PIN (Calvados) LES REMPARTS DU PIN (Calvados) LES REMPARTS DU PIN (Calvados) 

     

         Il existe sur la commune du Pin dans le Calvados une motte castrale à deux enceintes, du 10e ou 11e siècle. Ce « vieux château » marqué sur le cadastre napoléonien est à peu de distance au sud de l’église vers Lisieux, sur le bord de l’ancien chemin de Cormeilles (voie romaine). [NDB]

     

         « L’ancienne paroisse du Pin possédait au moins trois châteaux à la fin du 18e siècle.

         1) Une antique motte ovale à deux enceintes portant un donjon de pierre rectangulaire, vieux château de pierre.

     

    LES REMPARTS DU PIN (Calvados)     2) Un second lieu voici quelques années et connu sous le nom de « Château de la Pomme » était relativement récent et à l’époque de Ch. Vasseur, appartenait à M. du Hauvel, lointain parent de Charlotte Corday. Lors de sa destruction, l’on à pu voir qu’il avait été bâti à partir d’une maison à pans de bois remontant vraisemblablement au 17e ou au 18e siècle.

     

    LES REMPARTS DU PIN (Calvados)     3) Le troisième, qui selon Ch. Vasseur aurait pris la suite féodale disons du château primitif est une élégante construction élevée d’un seul jet pour le corps de logis aux alentours des années 1617-1630. (...)

         Nous possédons un certain nombre de renseignements sur la famille d’Anisy qui posséda la seigneurie du Pin à l’époque de la guerre de Cent Ans et en fut dépossédées. Nous ignorons par contre comment ce domaine passa dans les mains des Achard et tout particulièrement de François Achard, seigneur du Pin, gentilhomme ordinaire du roi Louis XIII et chevalier de son ordre, (qui) épousa en 1617 Madeleine de Mailloc, fille de François de Mailloc, baron de Lailly-en-Caux. Ce sont eux qui firent construire le château.
         On retrouve en effet sur les deux façades, les armoiries des Mailloc : « de gueules à trois maillets d’argent ».
         En 1754, Jean Leconte de Nonant, marquis de Raray, qui habitait alors son château de la Pinterie, sur la même commune, devint possesseur de la terre et du manoir du Pin, en vertu des clauses d’un contrat de mariage daté du 5 mars 1724.
         Depuis, cette terre est restée entre les mains des Nonant jusqu’à la mort en 1926 de Mlle Ida de Nonant-Raray, dernière du nom de cette très ancienne et très puissante famille normande. » (societehistoriquedelisieux.fr) [1]

     

    LES REMPARTS DU PIN (Calvados) LES REMPARTS DU PIN (Calvados)

     Ci-dessus : photos aériennes extraites du site Géoportail ; en surimpression à droite dessin de la motte féodale extraite de la Statistique Monumentale du Calvados d'Arcisse de Caumont (voir ci-après).

     

         Arcisse de Caumont, 1867 : « Ce chastel ou chasteau du Pin est un monument archéologique intéressant. Il est situé non loin de l'église. Il a été figuré dans l'Abécédaire d'archéologie et dans l'Histoire sommaire de l'architecture au moyen-âge.

    LES REMPARTS DU PIN (Calvados)     Ce château est peu considérable, mais fort curieux ; il offre deux enceintes entourées de fossés. La première enceinte ou basse-cour présente la forme d'un demi-cercle, dont le grand diamètre est de 120 pieds et le petit diamètre de 76.

           La seconde enceinte est ovale. Elle renferme les ruines d'un donjon carré long, dont les murs, épais de 8 pieds, s'élèvent encore, d'un côté, à une hauteur de 10 à 12 pieds ; ils sont revêtus de petites pierres cubiques fort régulières, comme on en voit dans les murailles romaines : ce qui déjà nous autoriserait à assigner à cette construction une date assez reculée, quand nous ne saurions pas que le seigneur du Pin assistait à la bataille d'Hastings. Ce donjon, l'un des plus petits que j'aie observés, contenait seulement, au rez-de-chaussée, deux appartements carrés de 17 pieds chacun, et il n'avait que 52 pieds sur 34 hors œuvre. Les fossés ont à peu près 25 pieds de largeur, et l'on devait communiquer , au moyen d'un pont, de la première à la seconde enceinte.

     

    Ci-dessus, plan extrait de ce même document.

     

    LES REMPARTS DU PIN (Calvados)     Il est probable que la destruction de cette forteresse date de l'année 1374 ; car on voit que vers ce temps Pierre du Tertre, secrétaire du roi de Navarre, ayant assemblé des gens d'armes de la contrée, alla s'emparer du fort du Pin, défendu par Taupin du Mesnil et le fit détruire ( V. Canel, Histoire de l'arrondissement de Pont-Audemer, t. II, p. 370 ).

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1825, Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/accueil.html

     

         Charles-le-Mauvais était seigneur de Pont-Audemer, c'était pour le Pin un voisin dangereux. (...)

         Au 14e siècle, Roland de Vassy était seigneur et patron du Pin (1337-1338-1339). En 1463, Montfaut n'inscrivit dans sa Recherche qu'un seul gentilhomme demeurant au Pin, c'était Jehan d'Anisy. Six ans plus tard, il comparut aux montres du bailliage d'Évreux, et il est qualifié de seigneur des fiefs Tillars, du Moustier, de Creully, la Table et Asnières assis au Pin. Il était gendarme de l'ordonnance du roi.

         A la même montre figurèrent Richard Le Mire, seigneur du fief du chastel du Pin et autres fiefs, puis Perrin des Haies « pour la vavassourerie dudit assise au Pin. »

     

    LES REMPARTS DU PIN (Calvados)     Dans la Recherche faite par les élus de Lisieux, en 1540, on trouve Charles d'Anisy, qualifié seigneur dudit lieu du Pin. On y voit aussi Marin Le Mire, sieur de La Pinterie. Le chastel du Pin était alors entre les mains d'une autre famille; car on a vu, dans un acte de 1537, cité a l'article de Fauguernon, que noble dame Marie de Cerisay ajoutait à sa qualité de vicomtesse de Fauguernon, celle de « dame du chasteau du Pin. (...)

     

    Ci-dessus, blason de la famille d'Anisy (mais est-ce le bon ?) par Odejea, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8470637 

     

         A ce premier château en a succédé un autre, qui mérite aussi de fixer l'attention. Il a été reporté de l'autre côté de l'église, vers le Faulq. Je crois qu'on doit l'attribuer au règne de Louis XIV.

         Le principal corps de logis, avec deux gros pavillons formant ailes, est construit en briques et chaînages de pierre en bossages. Des lignes de briques noires vernissées dessinent dans le plein des murs des figures variées, comme losanges, etc. On y distingue aussi, dans un encadrement de pierre blanche faisant cartouche, si l'on peut s'exprimer ainsi, trois figures en briques noires que l'on peut prendre pour des maillets, et qui probablement ont une signification héraldique. Les combles, en ardoise, sont mouvementés par des lucarnes circulaires. Les pavillons sont couronnés par un bel épi en plomb repoussé. Les deux façades sont identiques.

         Deux petits bâtiments, à usage de communs, forment deux ailes séparées ; mais je les crois seulement du règne de Louis XV. Un puits avec armatures de fer contournées se trouve au centre du préau. Des avenues considérables existent encore.

         Ce château n'est plus habité. L'une des salles, cependant, a conservé sur ses murs quatre magnifiques pans de tapisserie de haute-lice, à personnages, qui peuvent remonter au règne de Louis XIII.

         La bordure qui les entoure se compose d'une série de médaillons contenant des petits sujets, répétés symétriquement dans chacun des quatre pans de tapisserie. Des inscriptions, tissées dans l'étoffe, indiquent la signification de ces représentations ; ce sont six des merveilles du monde (...)

           Ce château, qui ne mérite pas l'état d'abandon dans lequel il est laissé et le sort qui l'attend, a aussi son passé historique. Mgr. de La Feronnaye, dernier évêque de Lisieux, l'un des plus illustres prélats de ce siège, qui en compte tant d'illustres, y fit momentanément sa résidence pendant la tourmente révolutionnaire, avant son départ définitif de son diocèse. M. de Boismont, chanoine, archidiacre de l'église métropolitaine de Rouen, l'habitait déja depuis quelque temps. M. l'abbé de Boismont, abbé commandataire de Gretain, au diocèse de Lisieux, avait été prédicateur du roi et l'un des Quarante de l'Académie. C'est lui qui avait fait, le 1er. juin 1781, dans la chapelle du Louvre, l'oraison funèbre de Marie-Thérèse, archiduchesse d'Autriche, impératrice douairière, reine de Hongrie et de Bohème.

         Tout porte à croire que ce nouveau château du Pin a été construit par la famille Achard, qui possédait cette terre aux 17e. et 18e. siècles. Divers actes originaux m'ont fourni les noms de noble seigneur messire Charles Achard, chevalier, seigneur et patron du Pin, y résidant ; de messire Joseph Achard, prêtre ; de François Achard. Les deux premiers firent leurs preuves de noblesse avec un autre de leurs frères, lors de la recherche de de Marie, en 1666. Charles Achard figure aussi dans L'Armorial manuscrit de d'Hozier avec Marie-Antoinette Le Petit, sa femme. Il eut probablement pour fils, dans tous les cas pour successeur, noble seigneur messire Marc-Aurèle-François Achard , chevalier, seigneur et patron du Pin et autres terres et seigneuries, demeurant en son manoir seigneurial dudit lieu du Pin, suivant des actes de 1703 et 1712. Maintenant cette terre appartient à Mme, du Prat, née de Nonant. » [2]

     

         « Sur Base Mérimée : château du Pin avec pigeonnier. MH.
    « Ce château, construit en brique et pierre vers 1620 par François Achard, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, est précédé de deux pavillons construits au milieu du 18e siècle. »

         « C’est probablement la famille Achard, propriétaire des terres sous l’ancien régime, qui fait construire une demeure seigneuriale au 17e siècle (Inv MH juillet 1965).» [3]

     

         « Il existe aussi sur cette même paroisse, tout près de l'église, une belle habitation moderne, construite il y a quelques années par M. du Hauvel. Elle est entourée d'un beau parc.
         Ce château occupe remplacement d'un ancien fief, car on voit encore dans les dépendances un colombier octogone du 16e siècle ; mais j'ignore le nom qu'il portait.

            Outre les familles qui ont déjà été nommées, les Recherches mentionnent plusieurs gentilshommes qui faisaient leur résidence au Pin, et probablement y possédaient fief. Ainsi, en 1666, avec les Achard, se trouvent inscrits : Philippe Le Mire, sieur des Forest, et Robert et Charles Le Bachelier, tous qualifiés d'ancienne noblesse. » [2]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=6181

    [2] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados, Volume 5 par Arcisse Caumont ; F. Le Blanc-Hardel, 1867 https://books.google.fr/books?id=i-IDAAAAYAAJ&pg=PA60&focus=viewport&hl=fr&output=text#c_top

    [3] Extrait de la base Mérimée

     

    Bonnes pages :

     

    http://tourisme.aidewindows.net/le-pin.htm

    http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=6181

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