• LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados) LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados) LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)

    Au centre une photo extraite du site Google Map.

     

         Le château du Mont-à-la-Vigne ou du Mont-de-la-Vigne est situé sur l’ancienne commune de Monteille dans le département français du Calvados. (NDB)

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)« Château de Mont-à-la-Vigne.

         Ce château s'élève sur une éminence arrondie, au milieu des prairies qui occupent la vallée de la Vie. Il n'a plus sa sévérité d'autrefois. Une tourelle et quelques détails montrent seulement ce qu'il fut, et les annales des guerres de religion attestent qu'il a joué un rôle au 16e siècle. Le plan ci-joint montre la disposition des bâtiments autour de la cour actuelle, les fossés, les tours qui défendaient l'enceinte ; la plupart doivent dater du 16e siècle ou du 15e. Ce château appartient, depuis longtemps déja, à la famille de Tesson. » [1] Plan ci-dessus extrait de ce même site : la Statistique Monumentale du Calvados. 

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)   LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)

     Plan de situation du château du Mont-de-la-Vigne à Monteille ; blason de la famille de Mannoury par Gilloudifs.

     

    Histoire

     

         « Le château se situe sur une éminence dans la vallée de la Vie (rivière). Le château date du 15e siècle-16e siècle-17e siècle. L’édifice a joué un rôle notable dans la région au moment des guerres de religion du 16e siècle.

         L’édifice est indiqué appartenir à la famille de Tesson par Arcisse de Caumont. » [2]

     

    La famille de Mannoury

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)     « La branche principale des Mannoury est celle du Mont-de-la-Vigne. Leur devise était : Regi fidelis (fidèle au roi). » [6]

     

         « On trouve déjà un Guillaume de Malnorry comme tenant de deux vavassories dépendant du Mesnil Mauger dans le registre de Pierre de Thillaye, bailli de Philippe Auguste 1205/1225 » [3]

     

         « En 1395, apparait un Etienne (ou Guillaume ?) de Mannoury appelé le chevalier de Tremblay est seigneur du Mont-de-la-Vigne, une terre située proche de Lisieux, Monteille et Fribois. Il est aussi capitaine des villes et châteaux de Lisieux, Évreux et Exmes.

         Il a épousé en 1373, Austreberte de Dreux, une haute et puissante princesse, fille de Robert de Dreux, prince et seigneur de Beaussart, baron et capitaine de Rouen et de Dame Guillemette de Ségrie. 

         De ce mariage est né 3 enfants :
    1 - Jean de Mannoury, » [6]

         « En 1419 Jean Mannoury et Perette de Mailloc, sa femme, furent maintenus dans leurs biens par le Roi d’Angleterre (Vautier – Registre des Dons p.51) » [3]

    2 - Robert de Mannoury, seigneur de Fribois
    3 - N. de Mannoury, ce dernier deviendra le chef de la branche des Mannoury de Croisilles.

         Jean, fils d’Etienne, épousa Catherine du Tremblay avec laquelle il eut 4 enfants :
    1 - Antoinette qui se mariera avec Jean de Bréauté, capitaine et gouverneur de la ville de Dieppe.
    2 - Anne qui épousera « successivement le sieur de la Bretonnière d’Ecajeul et le sieur des Varinières. » [3]
    3 - Henri, qui devint seigneur du Mont-de-la-Vigne et épousa Marguerite Le Veneur de Tillières. De leur mariage naquit Louis de Mannoury,  seigneur du Mont-de-la-Vigne, de Monteille et Chaumont. Il devint gouverneur de Bayeux mais mourut sans postérité laissant sa succession à ses trois tantes.
    4 - Suzanne qui épousera Nicolas, seigneur et baron de Mailloc. » [6]

     

         « Dans les Echiquiers de 1463 et 1464, Guillaume Mannoury du Tremblay, bâtard du Mont de la Vigne, ayant été approché en 1450 par le Général des Finances de la Province et par les Elus de Lisieux il fut déclaré noble en présence du procureur du Roy. (Houard – Dictionnaire de Droit normand III p.350) » [3]

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados) LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)

     Ci-dessus, à gauche plan extrait du cadastre napoléonien de 1810, Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/accueil.html ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail. 

     

    Guillaume de Mannoury

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)     « Mais revenons à la branche des « Mont-de-la-Vigne ». Louis F. du Bois dans son livre l’Histoire de Lisieux, rapporte quelques détails sur la famille de Mannoury, dont l’évêque de Lisieux, Thomas Basin (1447-1474) aurait eu à se plaindre.

         Or il est question d’un Guillaume, père de Robert et Jean, au 15e siècle, il ne peut donc s’agir que des fils d’Etienne, rapporté par Victor des Diguères dans son livre sur la recherche de la noblesse en 1666 dans les élections d’Argentan et de Falaise (Sévigni ou une paroisse rurale en Normandie pendant les trois derniers siècles).

         Voici donc cette histoire :

         Guillaume (ou Etienne ?) de Mannoury, fut un chevalier de mauvaise réputation et n’ayant qu’une modique fortune à partager entre sa progéniture, il instruisit ses fils dans l’art de s’enrichir aux dépens des autres. Il fit entrer ses deux fils Robert et Jean dans le corps des Gens d’Armes, tandis qu’il destinait un 3e enfant à l’état écclesiastique.

         Jean et Robert étaient de ces plaisants dont Le roi Louis XI (1423-1483) faisait les délices : débauchés, mal vus de tout le monde, mais toujours prêts à se tirer de peine par quelques réparties bouffonne. Leur talent à faire rire les mis en haute faveur.

         Louis XI nomma Robert, capitaine de Lisieux après la guerre du Bien-Public [révolte des nobles menés par le comte de Charolais, contre l’accroissement du pouvoirs du roi de France Louis XI. Elle fut de mars à octobre 1465.] (1465). Robert exerca dans cette ville une autorité absolue et se mit en goût de perpétuer un état de choses dont s’accomodait sa vie désordonnée, puis il résolut donc de mettre la mitre épiscopale de Thomas Basin sur la tête de son frère. Et pour cela il fallait que la place devint vacante, ce qu’il se mit donc en tête de résoudre.

         Il s’empressa auprès du roi Louis XI à qui il donna l’idée de l’ambassade de Barcelone pour Thomas Basin, imagina des prétendues conspirations du prélat, effectua à son profit la saisie du temporel de Lisieux. La retraite du prélat lui parut une bonne occasion pour faire courir le bruit de sa mort, il produisit de faux témoins pour appuyer ce mensonge. Lui et les siens se mirent donc en campagne pour appuyer la candidature de leur frère.

         Le roi leur donna des lettres de recommandations pour le chapitre de Lisieux, il intrigua en Normandie, il envoya à Rome, il importuna si fort le Pape Paul IV qu’il obtint une bulle de grâce expectative [rescrit du pape qui ordonne au collateur de donner le premier bénéfice vacant de sa collation à une personne que ce rescrit désigne].

         Pendant ce temps, arriva auprès du roi, un secrétaire du duc de Bourgogne pour présenter une requête en faveur de Thomas Basin, ce dernier était alors à Gand, ayant jugé convenable de reparaître afin de démentir les faux bruits répandus sur son compte, affligé qu’il était des déprédations commises dans son diocèse. Louis XI se montra maussade et dur et refusa de s’engager à quoi que ce soit.

         Quant aux Mannoury, la haine se changea en fureur, pris dans leur propre piège et forcés de subir la risée publique, Robert se résignait à lâcher l’affaire quand un événement vint à son secours : la découverte de la conspiration du Cardinal Jean de la Balue, secrétaire du roi qui avait comploté contre ce dernier.

         Le père, Guillaume de Mannoury s’empressa d’écrire au capitaine de Lisieux (et donc à son fils Robert) pour y impliquer Thomas Basin. Mais quelques mois plus tard, en 1469, alors qu’il voyageait avec le roi, Robert de Mannoury fut pris d’un accès de fièvre chaude et expira la bouche écumante.

         A la même période, à Lisieux, le plus jeune des fils de Mannoury fut tué d’un coup de poignard lors d’une rixe de cabaret. Ses parents, arrivés trop tard pour lui prêter main forte, se vengèrent en massacrant sur la place, le fils de son meurtrier. Or, ce dernier se trouvait sous la sauvegarde du roi.

         Guillaume de Mannoury fut donc poursuivi par les tribunaux, son fils Jean se fit enlever l’administration temporelle du diocèse de Lisieux qu’il avait reçu à la mort de son frère Robert. Quand à celui qui avait brigué l’épiscopat, privé de ses suppôts, tombé dans la misère et l’abrutissement, excommunié, il se donna la mort en se jetant dans un puits.

         Le fils Jean resta cependant attaché à la personne du roi, et conserva le grade de capitaine général des francs, archers du bailliage de Rouen qu’il avait avant ce procès. L’administration du diocèse fut reprise par Richard de Tiéville, seigneur de Gonneville-sur-Honfleur, maître de l’hôtel du roi. » [6]

     

         « Messire Jehan Mannoury, chevalier, capitaine de Lisieux, seigneur du Mont de la Vigne, figure dans les registres de l’Hôtel de Ville à la date du 11 février 1493. » [3]

     

         « Le Mont-de-la-Vigne, quand à lui, passa à la famille des de La Roque au 18e siècle. » [6] 

     

         La seigneurie, fieffée en 1708, à Monsieur de Bonneval et le domaine utile vendu à Monsieur de la Roque-Desnoyers, qui bientôt en fit la réunion. Il mourut en 1730 et ses enfants la vendirent en 1769 à Mademoiselle Harel qui épousa Monsieur Tesson. (…)

         Messire Jean Julien Tesson chevalier, seigneur de la Vieville, Boishébert et la Taillaye, seigneur et patron de Monteille et châtelain du Mont de la Vigne ayant épousé feue Damoiselle Marguerite Françoise Harel, adjudicataire de la terre et seigneurie de Monteille et du Mont de la Ville, contre Monsieur Fergant seigneur et patron de Querville et seigneur suzerain du fief et châtellenie de Montfort dit le Mont de la Vigne.(19 avril 1773) » [3] 

     

    Architecture

     

         « Arcisse de Caumont indique que les bâtiments s’organisent autour d’une cour, avec des tourelles et des fossés. Le même auteur date les bâtiments du 15e et du 16e. » [2]

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)     « Mont à la Vigne – L’éminence que nous apercevons devant nous est celle du Mont à la Vigne ; dirigeons nous de ce côté. Le château du Mont-à-la-Vigne n’a plus sa sévérité d’autrefois. Une tourelle et quelques détails montrent seulement ce qu’il fut et les annales des guerres de religion attestent qu’il a joué un rôle au 16e siècle.
    J’ai lu quelque part que le seigneur auquel il appartenait alors faisait des prisonniers pour les rendre, moyennant rançon, à leurs familles. Ce petit commerce était malheureusement trop usité à cette époque et les guerres de religion n’avaient rien de religieux dans leurs procédés.
         Aujourd’hui, le château du Mont-à-la Vigne est habité par des hôtes les plus aimables et dont chacun voudrait être le prisonnier. Notre temps vaut un peu mieux que 16e siècle comme vous le voyez.

         Mais avant de quitter le Mont-à-la-Vigne, observons le panorama et recueillons-nous ; Quand on veut voyager avec fruit, il faut se recueillir de temps en temps afin de se rendre compte de ce qu'on a vu. Ces points d'arrêt sont nécessaires dans les voyages comme les alinéas dans un livre. Mais reprenons notre route... » [4]

    Dessin ci-dessus extrait de la Statistique Monumentale du Calvados d'Arcisse de Caumont.

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)     « Du haut des collines de Saint-Pair-du-Mont on aperçoit, à quelques kilomètres, au midi, un monticule isolé et qui paraît émerger dans la plaine : c'est le Mont de la Vigne. C'est un lieu de promenade des gens du pays qui vont là, le dimanche, goûter l'ombre et le frais. On voit, ça et là, quelques vieux arbres séculaires, qui font un bel effet au milieu de jeunes plantations ; car là, comme ailleurs les vieilles avenues d'autrefois sont tombées sous la hache des bûcherons. Le vieux manoir féodal est situé sur le penchant du monticule au midi ; il a subi bien des modifications pendant le cours des siècles et on voit encore, dans l'église de Monteille, les armes des divers seigneurs qui ont tenu ce fief. Ce château est très ancien ; on prétend même qu'il fut construit sur les restes d'une forteresse Gallo-Romaine, et qu'il est contemporain des invasions des Northmans. Il y a certaines parties de l'édifice qui paraissent du quatorzième et du quinzième siècle, d'autres qui sont modernes. (...)

         Dans le principe il avait la forme d'un carré long, dont la face principale était tournée au midi : cette partie existe encore, avec quelques modifications.
         Plus tard, on construisit vers le milieu, du côté du nord, une aile terminée par une tour qui est encore debout, mais qui est maintenant séparée de l'édifice. Il avait à peu près la forme du taut ; mais on a conservé de cette aile du nord que la partie supérieure, de sorte que la vieille tour, bien conservée d'ailleurs, est isolée de l'édifice principal. Les fondations sont faites avec de grosses pierres très dures qui forment des caves très vastes et d'une solidité parfaite. Sur ces caves à une hauteur de quatre ou cinq mètres, on a placé d'énormes madriers en cœur de chêne dont les interstices sont remplis avec des briques. Tous les vieux châteaux et les vieux manoirs sont construits de cette manière.
    On voit que les petites croisées étroites et cintrées du moyen-âge ont été remplacées par de larges fenêtres modernes. A l'est sur le haut de l'entrée principale du château, on voit un ancien cadran surmonté d'un timbre et qui fait penser à la romance de Chateaubriand « où l'airain sonnait le retour du jour ! Non loin de la vieille tour, on voit la petite chapelle du château qui est toute moderne et qui n'a rien de remarquable. A droite et à gauche de l'entrée se trouvent des bâtiments très anciens qui servaient à l'usage du château. Tout respire maintenant la tristesse d'une demeure abandonnée ; il n'y a plus que le charme mélancolique et indéfinissable d'une grande solitude. Madame la comtesse de Tesson, qui est morte il y a une dizaine d'années a laissé un grand souvenir de bonté et de bienfaisance parmi les pauvres et les ouvriers du pays. Depuis sa mort, le château est resté meublé, mais les portes et les fenêtres en sont fermées.
     » [5]
     

     

    Protection :

     

         « Le château est inscrit monument historique depuis le 24 septembre 1932. » [2]

    Ce château est une propriété privée.

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DU MONT-DE-LA-VIGNE (Calvados)     « Le Manoir (16e siècle) Curieux manoir avec un corps central d’allure 18e siècle, ouvertures à entourage de brique. Aux extrémités, 3 pavillons carrés avec toitures mansardées surmontées d’épis de faîtage, dont l’un avec girouette. » [3]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados, Volume 5 par Arcisse Caumont ; F. Le Blanc-Hardel, 1867.

    [2] Extrait de Wikipédia

    [3] Extrait de http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=6419

    [4] Extrait de Description du Mont-à-la-Vigne par Arcisse de Caumont – De Caen à Bernay par monts et par vaux (Annuaire Normand 1864 p.113) http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=6419

    [5] M Lemonnier, Extrait de la Revue de l'Avranchin : bulletin de la Société d'archéologie, de littérature, sciences et arts d'Avranches et de Mortain ; Éditeur : J. Durand (Avranches) ; Date d'édition : 1890 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6522092t/f369.item.r=%22Mont%20de%20la%20Vigne%22.texteImage

    [6] Extrait de http://mezidonhistoire.canalblog.com/archives/2008/09/16/10605161.html

     

    Bonnes pages :

     

    O http://tourisme.aidewindows.net/monteille.htm

    O http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=6419

    O http://mezidonhistoire.canalblog.com/archives/2008/09/16/10605161.html

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