• LES REMPARTS DU MOLAY-LITTRY (Calvados)

    LES REMPARTS DU MOLAY-LITTRY (Calvados)     « C'est à la famille Bacon du Molay que l'on doit la construction du château fort du Molay (aujourd'hui disparu), mais aussi du château fort de Colombières à la fin du 14e siècle à la demande du roi de France. La famille légua un grand nombre de terres et biens aux abbayes et églises du diocèse de Bayeux, ainsi qu'à la commanderie templière de Baugy. » (…) Dessin ci-dessus : château fort des Molay Bacon au 15e siècle, dessin de Robert Evrard selon les indications d'Arcisse de Caumont

     

    LES REMPARTS DU MOLAY-LITTRY (Calvados)   LES REMPARTS DU MOLAY-LITTRY (Calvados)

     Plan hypothétique du château du Molay d'après une reconstitution du plan au sol du château-fort du Molay début du 14e siècle Mikemorrison, voir celui-ci ci-dessous ; blason de la famille Bacon du Molay par CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9852462

     

    LES REMPARTS DU MOLAY-LITTRY (Calvados)     « La famille Bacon, écrit aussi Bacon du Molay ou Molay Bacon, est une ancienne famille noble de Normandie. Son fief originel s’étendait entre les rivières Esque et Tortonne, territoires correspondant aux communes actuelles du Molay-Littry, du Breuil-en-Bessin, de Cerisy-la-Forêt, de Planquery, de Blay, de Saint-Martin-de-Blagny dans le Bessin en Normandie. Le plein fief et chatellenie du Molay se composait des fiefs du Molay, de Blagny, de Saon, de Quetteville et de Blay et d'une partie des fiefs de Saonnet, la Quèze, Formigny, Grouchy, Audrieu. De par les multiples alliances et héritages, les possessions de la famille s'étendaient au 15e siècle jusqu'à Colombières, Villers-Bocage, Jurques et même Caen. Tout comme pour les Bertran de Briquebec, cette famille normande n'a jamais porté de nom à particule, le nom patronymique est tout simplement Bacon. » (...)

         « Le chanoine Guérin dit que : « mis en possession de notre Neustrie, Rollon partagea les forêts abandonnées entre ses compagnons d'armes » et que « Bacon eut les bois et les marécages sis entre l'Esque et la Tortonne.

         C'est sous les Bacon que s'est développée l'industrie potière du Molay. Véritable protecteur de la confrérie, les seigneurs octroyaient des largesses aux artisans et notamment la gratuité du bois de chauffage pour leurs fours. Ils construisirent même à l'intention des potiers la chapelle Saint-Jean dans le canton de la Boulaye près du Breuil-en-Bessin. ».

         Sans doute d'origine scandinave si l'on se réfère à son prénom, Anquetil Bacon dut être un volontaire et compagnon de fortune de Rollon assoiffé d'aventure et de possible richesse. On ne sait que peu de choses de l'ancêtre de la famille. »

         « Guillaume (I), est un baron normand, seigneur du fief du Molay. Son nom est inscrit sur la liste de Falaise qui est censée recenser 315 compagnons de Guillaume le Conquérant. Toutefois, cette liste a été discréditée depuis longtemps. »

         Ses successeurs Robert et Roger Ier ont entrepris de relever l'église de Blay, Arcisse de Caumont date celle-ci de la fin du 10e siècle.

         Un autre de ses descendants, Guillaume II Bacon, accompagna le duc Robert Courteheuse à la première croisade en 1096. (…) »

         « Roger (III) (mort vers 1190) : En 1148, il fonde la commanderie templière de Baugy dans son fief de Planquery. »

         « Guillaume (IV) (mort vers 1212) : Il pourrait être le Guillaume Bacon, seigneur du Molay, plusieurs fois mentionné dans le Roman de Renart. D'ailleurs, c'est bien sur ses terres que gîte le renard de Pierre de Saint Cloud, l'auteur présumé du roman. »

         « La lignée directe des chevaliers bannerets du Molay s'éteignit avec Roger V Bacon qui eut une fille unique, Jeanne Bacon. » « Jeanne épouse en premières noces en 1340, Guillaume Bertran(d), Vicomte de Rocheville, second fils de Robert VIII Bertrand de Bricquebec.

         Le 23 juillet 1346, le château subit l'assaut d'un corps l'armée anglaise du roi Édouard III débarqué à Saint-Vaast en juillet 1346, sous le commandement de Geoffroy d'Harcourt. Après une défense héroïque, Jeanne, craignant de devenir prisonnière de son ancien prétendant, décide de s'échapper avec quelques-uns de ses gens, laissant le soin aux derniers défenseurs du château fort de capituler à une heure fixée. Rejetant toute proposition, Geoffroy d'Harcourt prend le château par la force, le pille et le rase. Les vainqueurs ne trouveront trace de Jeanne dans ses appartements lors du pillage de château. »

         En secondes noces, Jeanne épouse Jean Ier de Luxembourg-Ligny († 1364), fils de Waléran II de Luxembourg-Ligny, seigneur de Ligny-en-Barrois, de Roussy et de La Roche.
    Jeanne fonde de son propre chef le 1er août 1366, le prieuré hospitalier de Sainte-Élisabeth à Villers-Bocage. »
         « La place (du Molay) est reprise aux Anglo-Navarrais peu avant le 12 mars 1364, par les troupes de Bertrand Du Guesclin. »

         « Jeanne décède en 1376 et est inhumée dans l'abbaye de Saint-Évroult dans l'actuel département de l'Orne. N'ayant point d'enfant, la lignée directe des Molay Bacon s'éteint et l'héritage de la maison de Molay est dispersé entre les descendants indirects de la famille » (…) « par le bailli de Caen, le 15 juin 1377 aux assises de Bayeux :

         - Raoul II de Meulan, baron de Courseulles, seigneur de Bernières et Lion descendant d'Eustachée Bacon,

         - Jean Courtonne, seigneur d'Achon, descendant d'Alix Bacon, nièce de Roger V Bacon,

         - Jean d'Argouges, seigneur d'Argouges, Gratot, de Molay-Bacon et de la Champagne, héritier au même degré que Jean Courtonne.

         La motte et le château reviennent à Raoul de Meulan, qui releva les ruines à partir de 1378. Raoul II de Meulan marie en troisièmes noces, sa fille Jeanne à Alain de Beaumont dit « Pied-de-Bœuf », chevalier, seigneur de Beaumont-Guitté en 1387 dans le château rénové en présence du duc d'Orléans et de Bertrand Du Guesclin.

         Vers 1412, le château est une nouvelle fois attaqué par les Anglais, pris et occupé. Il est repris par les troupes de Charles VII le 15 juillet 1452, mais à la suite des bombardements d'artillerie, le fort est de nouveau dans un état de ruine.

         L'héritier des Beaumont, Pierre ne reconstruit pas le château et érige sa demeure sur l'assise de la barbacane. Vers 1580, un de ses lointains descendants, Pierre de Hérisson Beaumont, retourne dans le château afin d'y reconstruire un manoir dans le style du manoir actuel d'Argouges à Vaux-sur-Aure. Sa fille est mariée à Antoine d'Espinay, marquis de Broon, de Beaumont et gouverneur de la ville de Dol en 1582. Le baronnage du Molay passe entre les mains de la Maison d'Espinay (branche de Broon). Converti au protestantisme, son manoir est attaqué et détruit par Charles d'Argouges-Boussigny pendant son absence durant les guerres d'Italie. À la suite de son décès lors d'un combat à Dol-de-Bretagne contre le fils de Gabriel Ier de Montgommery, Jacques II. Son fils Antoine hérite de la seigneurie en 1591 mais meurt rapidement. Son fils Philippe d'Espinay, répare le château en 1616 et agrandit l'église du Molay.

         Son fils Louis, marie sa fille cadette Marie Madeleine à Henri de Lorraine, comte de Brionne et Grand Écuyer de France et membre de la famille de Guise. Ils ont un fils Louis, qui héritier le 3 avril 1712 de dettes, l'obligea selon les sources à vendre ses biens hérités des Bacon. » [Wikipédia] 

     

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    A gauche carte postale de la gare du Molay-Littry où on aperçoit au fond le site du château et de la chapelle non encore urbanisé ; au centre un extrait du cadastre de 1826 ; à droite une vue aérienne du site du château extait du site Géoportail.

     

         « Le château du Molay, tout d'abord motte coiffée de retranchements de charpente de bois est construit au 11e siècle par les seigneurs du Molay. « Au haut du petit coteau qui domine la rive gauche du ruisseau du Molay » (il s'agit de la Siette) « et sur le bord même de la route départementale de la mine Littry à Isigny, se trouvent les vestiges du château du seigneur du Molay cité par Wace. La place se composait de deux enceintes, la plus voisine de la vallée renfermait le donjon, ces murs était d'une épaisseur de 8 à 10 pieds (env. 3 mètres) selon Arcisse de Caumont. Le château fut plusieurs fois rasé et reconstruit pendant les guerres de Cent ans et de Religion. Abandonné il finira comme carrière de pierre pour les habitants de la ville (d'importants vestiges étaient encore visible du temps d'Arcisse de Caumont et même en 1945). Des habitations privées ont été depuis lors construites sur le site, mais le sous-sol de l'endroit recèlent encore bien des surprises. En effet dans les années 20, les ouvriers communaux du Molay voulant agrandir le cimetière jouxtant les restes du château, se heurtèrent à une veine de cailloux (galet roulés) considérable apportés jadis pour le surélévation et l'encaissement du plateau.

         Il ne faut pas confondre le château fort des barons avec l'actuel château du Molay qui est en fait une bâtisse du 18e siècle spécialisée dans l'accueil de groupes scolaires généralement anglo-saxons. » [Wikipédia]

     

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    La chapelle Saint-Nicolas, dernier vestige du château du Molay, photo Gilloudifs

     

         « C'est cette ancienne église Saint-Nicolas qu'Arcisse de Caumont décrit dans ses Statistiques monumentales supposant qu'une partie des murs pouvait remonter au 12e siècle. Roger VI Bacon érigea cette chapelle en paroisse la rendant accessible au peuple, celle-ci étant réservée à la famille Bacon. Claude Pézeril dans son ouvrage relatant l'histoire de la commune, évoque un tunnel reliant la chapelle au donjon du château permettant ainsi aux Bacon de rejoindre le lieu en toute sécurité. Claude Pézeril évoqué également une anecdote, reprise à l'abbé Bidot (qui la tenait lui-même du maire du Molay de 1816 à 1853 Jouas dit "le Baron"), ayant eu lieu lors des guerres de religion entre le printemps 1562 et l'été 1563, il raconte que le Réformés emmurèrent le curé du Molay dans une niche de son église. L'anecdote ne confirme pas si cette "niche" est l'ancien tunnel des Bacon. » [Wikipédia]

     

    Légende :

         « … Jeanne Bacon, châtelaine du Molley, n'a laissé que des souvenirs d'héroïsme et de générosité parmi ses compatriotes. On débite encore, sur son compte, mille fables chevaleresques, milles traditions merveilleuses ; voici l'une des plus marquantes, que M. Pluquet s'est chargé de recueillir dans ses Contes Populaires du Bessin. Le Molay, dépendant du Molay-Littry, est situé à 14 km de Bayeux et est proche des côtes normandes.

          « Un jour que la belle châtelaine, armée comme une Clorinde, faisait le guet sur le donjon de son château, attendant l'approche des ennemis qui devaient venir l'assiéger ; comme elle ne pouvait modérer son inquiétude, elle pria avec une grande énergie, afin qu'elle lui donné d'apercevoir, soit par miracle ou autrement, les mouvements du corps d'armée qui s'avançait vers elle. La prière des forts et des vaillants est toujours efficace, même aux pieds du trône de Dieu ; aussi, la fervente supplication de Jeanne était à peine exprimée, que l'on vit tout-à-coup le bois de la Plège changer de place, se ranger du côté opposé à celui qu'il occupait auparavant ; de manière à laisser apercevoir la route sur laquelle s'étendait, comme une longue machine tout étincelante sous sa vêture de fer, la troupe des assiégeants pesamment armée, qui s'avançait en rangs pressés et impénétrables. Cet aspect belliqueux fit tressaillir le fière héroïne ; elle se mit aussitôt en mesure de repousser la redoutable attaque qu’elle allait avoir à subir, et le succès, cette fois équitable et généreux, récompensa le zèle et les efforts de la courageuse châtelaine.

         Cet événement, et d'autres de même nature, où Jeanne joua toujours un rôle aussi noble que singulier, inspirèrent aux habitants du Molay et des communes environnantes une si grande vénération pour leur dame, que, en sa faveur, ils se cotisèrent pour racheter, au prix d'une énorme rançon, la liberté de son mari qui avait été fait prisonnier en mer par les Danois. Jeanne, voulant dédommager ses vassaux de leur générosité, leur fit présent d’une grande épandue de terres incultes, et, après leur en avoir facilité le défrichement, elle leur abandonna les produits de la propriété.

         Toutes ces traditions, auxquelles les villageois qui les racontent ne sauraient fixer d'époque précise, doivent se rapporter, suivant M. Pluquet, « à Jeanne Bacon, fille de Roger Bacon, l'une des plus riches héritières de son siècle. Elle eut plusieurs amants, deux maris, et sa vie fut fort agitée. Elle mourut sans enfants en 1376, et fut enterrée dans le monastère de Saint-Evroult, auquel elle avait fait de grandes donations. »

    Sources : Pluquet, Contes populaire de l'’arrondissement de Bayeux, p.4 publié dans HISTOIRE : Les légendes - les croyances http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-299816.html

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