• LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime)

    LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime) 

     

          " Villers, attesté sous une forme latinisée Villaris vers 1023, d’après le bas-latin villare, domaine. Jadis « Villers-Chambellan », en usage jusqu'à la Révolution française, car les seigneurs de Tancarville qui le tenaient en fief, avaient la charge de chambellans héréditaires du duc de Normandie. " [1]

     

    LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime)     " Le hameau de Villers-Chambellan (H. de 352 h., dépendant de la commune de Villers-Ecalles.) rappelle le souvenir d'une ancienne paroisse, réunie, seulement vers 1828, à la paroisse d'Ecalles. (...)

         Tout près de là, sur une butte qui subsiste encore, s'élevait un château fort dont l'aspect nous est conservé par un dessin de la collection Gaignières, au Cabinet des Estampes, et qui a été reproduit dans la Revue catholique de Normandie (1). On lit dans un cartouche placé dans le front : « Veue du chasteau de Villers le Chambellan bastie par les seigrs de Tanquarville appartenant à M de Bardouville à une lieue de Pavilly, 1762. »

     

         (1) Notes et documents pour servir à l'histoire des communes de la Seine-Inférieure, Villers-Ecalles, par le baron d'Esneval: 4ème année, p. 541. Ce château aurait été démoli en 1776 par le président d'Esneval, et tout ce qu'il contenait de remarquable fut porté au château de Pavilly. Les deux belles statues en pierre connues sous le nom de sphinx et qui ornent le parc de Pavilly doivent provenir du château de Villers-Chambellan. " [2] 

     

    Ci-dessus, "Veüe du Chasteau de Villers le Chambellan, bastie par les Seigneurs de Tanquarville appartenant à Mons. de bardouville a une lieüe de Pavilly" // 1702 : [dessin] / [Louis Boudan] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6902388v.r=%22Villers-%C3%89calles%22?rk=21459;2

     

    LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime)     " Au 9ème siècle, il est connu un château-fort sur la butte toujours existante. En 1137, un de Tancarville en lutte contre son suzerain perd ses biens dont le château de Villers. Au 15e siècle, un deuxième château est rebâti à la même place. Il sera lui-même détruit en 1776. " [3] 

     

    Ci-dessus, document extrait de https://www.villers-ecalles.fr/histoire-de-la-commune-2/

     

    LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime)     LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime)

     Plan de situation du château disparu de Villers-Ecalles ; blason de la famille le Roux d'Esneval qui posséda le château de Villers par User:SpedonaCette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2982405

     

         " Ce château existait dès le 11e siècle, car Orderic Vital raconte qu'un chambellan, sire de Tancarville, fut assiégé dans son château de Villers par Etienne de Blois, en 1137. On voit encore sur le penchant de la colline la motte et les fossés de cette majestueuse forteresse, dessinée au 17e siècle par Gaignières et publiée par M. L. de Glanville ainsi que par M l'abbé Cochet. " [4]

     

    LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime)

    Ci-dessus : à gauche, gravure extraite de https://www.i-services.com/membres/album/fiche-photo.php?id=113682&sid=77953&uid=133102 ; au centre, Veüe du Chasteau de Villers le Chambellan, bastie par les Seigneurs de Tanquarville appartenant à Mons. de bardouville a une lieüe de Pavilly // 1702 : [dessin] / [Louis Boudan] ; à droite, plan extrait du cadastre napoléonien (19ème siècle), Archives de la Seine-Maritime, http://www.archivesdepartementales76.net/

     

    LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime)     1137 : " Le fils de Guillaume Ier de Tancarville, ce même Rabel qui avait échappé au naufrage de la Blanche-Nef, lui succéda dans la charge de chambellan. Son mariage avec la fille d'un puissant baron, Odon Stigand (elle avait nom Agnès), enfla encore ses richesses et son orgueil. Le fier châtelain de Tancarville ne craignit pas de se mesurer avec le roi Étienne. Telle était sa puissance, que, avant de l'attaquer, Étienne crut devoir s'assurer l'appui du roi de France, Louis-le-Gros. « Dès-lors plus rassuré, dit Orderic Vital, Étienne revient sur ses pas ; il marche en forces contre le rebelle chambellan, assiège ses châteaux de Lillebonne, de Villers, de Mésidon, et soit lui-même, ou par ses auxiliaires, à la tête des siens, aidé du fer et de la flamme, il s'en empare. » [5]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Tancarville par User:SpedonaCette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona., CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5914917

      

          " Rabel de Tancarville (vers 1090-après 1137), fils de Guillaume (I). Il hérite de la charge de chambellan de Normandie de son père. Toutefois, il n'existe aucune preuve qu'il ait exercé cette fonction durant le règne d'Henri Ier d'Angleterre. Orderic Vital mentionne qu'il débarque de la Blanche-Nef juste avant son départ, car il réalise qu'il y a trop de gens à bord. Il échappe ainsi au désastreux naufrage (1120). Après que les barons normands ont échoué a confier le duché au comte Thibaut IV de Blois, Rabel fortifie ses puissants châteaux, s'empare de la forteresse ducale proche de Lillebonne, et refuse de reconnaître Étienne d'Angleterre pour une raison inconnue. En 1137, Étienne débarque dans l'ouest de la Normandie, bien décidé à en découdre avec Rabel, le chef des dissidents normands. Il se dirige rapidement vers l'est, et s'empare sans avoir trop à s'employer de Mézidon, l'avant-poste de la seigneurie de Tancarville. Il récupère ensuite la forteresse de Lillebonne, puis s'empare du château de Villers. Rabel décide qu'il est préférable de se soumettre rapidement et est reçu à la cour. Il semble avoir été confirmé par Étienne dans ses fonctions de chambellan de Normandie. En 1127/1128, il remplace à Sainte-Barbe-en-Auge les chanoines séculiers par des chanoines réguliers venus d'Eu. En 1148, on lui doit l'établissement de la commanderie de Bretteville. " [1]

     

    Villers-Écalles (Seine-Maritime). Le Vieux Château

     

    LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime) Légèrement à l’écart du centre bourg, le château de Villers-le-Chambellan se situe sur un éperon rocheux. Il domine la rivière et la vallée de l’Austreberthe, et suit la forme naturelle du rocher, en pointe au NE et s’élargissant au SO. La forteresse est constituée d’une enceinte isolée de son environnement au NNE et SE par les pentes naturelles du relief et, au SO, par un fossé rectiligne très largement remanié. L’ensemble est rehaussé d’une plateforme de terre rectangulaire, ceinte d’un mur de pierre, qui se termine en pointe arrondie au NE.

         Les vestiges maçonnés, très mal conservés, ne concernent pratiquement que l’extrémité NE de l’ensemble fortifié. On y trouve un bâtiment rectangulaire de 8,40 m de large et deux probables tours flanquantes qui apparaissent en micro reliefs, de part et d’autre de la pointe de la plateforme. Cet ensemble pourrait correspondre aux vestiges d’une maison forte en L, que l’on suppose dater au plus tôt du 15e s., composée d’un bâtiment rectangulaire flanqué de deux tours, visible sur des gravures anciennes, et d’un second bâtiment situé plus en retrait, encore perceptible sur le terrain, qui termine le L.

         Au SE, et accolée au mur extérieur, se trouve une petite pièce dont la réalisation a nécessité la mise au jour des fondations du mur du bâtiment, et le décaissement de la terre qui le maintenait. Il semble s’agir d’une fausse ruine d’époque romantique. À l’ouest du bâtiment rectangulaire, un puits très remanié, encore en eau, pourrait également comporter des éléments construits anciens.

     

    Ci-dessus, le château de Villers-Écalles extrait de ce même document. Le Vieux Château, relevé topographique. Relevé du terrain : D. Étienne, T. Guérin, P.-A. Guesdon, B. Le Dret, B. Lepeuple, A. Painchault, L. Wailliez. Mise au net : A. Painchault. https://journals.openedition.org/archeomed/20462#tocto3n5

     

    LES REMPARTS DE VILLERS-ECALLES (Seine-Maritime)     Le commanditaire de ce château n’est actuellement pas connu, mais les premières mentions font état de l’appartenance de la châtellenie de Villers, en tant que plein fief de haubert, à la baronnie et haute justice de Montville. Celle-ci relevait au 11e s. de la vicomté d’Arques, puis du comté de Tancarville. D’après Orderic Vital, la forteresse fut détruite une première fois vers 1137 par Étienne de Blois qui brûla les possessions de Rabel de Tancarville, grand chambellan de Normandie, alors rallié à la cause de Geoffroy d’Anjou dans la guerre de succession pour le trône d’Angleterre et le duché de Normandie. En 1480, la châtellenie de Villers n’est plus détenue par la famille des Tancarville. Le château, reconstruit plusieurs fois, perdure jusqu’au 18e s. où l’ensemble fortifié est définitivement détruit, pour des raisons de sécurité, par le baron d’Esneval et d’Acquigny. (Relevé et étude : Aude Painchault.) " [6] 

     

    Ci-dessus, une photographie aérienne extraite du site Géoportail.

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de http://jumieges.free.fr/Jumieges_1897.htm

    [3] Extrait de https://www.villers-ecalles.fr/histoire-de-la-commune-2/

    [4] Extrait du Répertoire archéologique du département de la Seine-Inférieure rédigé sous les auspices de l'Académie des sciences, belles-lettres et art de Rouen, par M. l'abbé Jean Benoît Désiré Cochet (1812-1875) – Éditeur : (Paris) - date d'édition : 1871

    [5] Extrait de l'Histoire du château et des sires de Tancarville par Achille Deville - N. Périaux, 1834 - 378 pages https://books.google.fr/books?pg=PA121&lpg=PA121&dq=Villers-Chambellan&sig=ACfU3U3ebo551OlhexeAGGMHzQRowwcF1Q&id=2gpBAAAAcAAJ&hl=fr&ots=jF7IrHWPRQ&output=text

    [6] Extrait de la Chronique des fouilles médiévales en France en 2008 Haute-Normandie. Étude microtopographique des fortifications de terre de Haute-Normandie - Responsable d’opération : Anne-Marie Flambard Héricher - Notice rédigée avec Bruno Lepeuple et Aude Painchault p. 301 - https://journals.openedition.org/archeomed/20462#tocto3n5

    « LES REMPARTS DE LIMAIE (Eure)LES REMPARTS DE MONTREUIL-AU-HOULME (Orne) »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :