• LES REMPARTS DE MOYON (Manche)

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         André Descoqs, 1938 : « Moyon, que baignent les eaux silencieuses du Marqueran, n'a pas toujours été la paisible bourgade d'aujourd'hui. Jadis, une importante baronnie illustra, le pays tant, par l'étendue de sa juridiction, que par la qualité de ses seigneurs : les Painel, les d'Estouteville, les Matignon.

          De son glorieux passé, Moyon n'a rien conservé, si ce n'est, l'imposante et belle tour de l'église couronnée d'un clocher à bâtière du 13e siècle. Le château féodal, ainsi que le manoir qui le remplaça, ont depuis longtemps disparu. Les derniers pans de murs furent abattus le siècle dernier et employés dans les constructions neuves du bourg. Seule, la motte existe encore, avec les épaulements de terre des anciennes douves. Quelques chênes, des ronces, des épines et « un fatras » de fougères voilent les derniers vestiges d'un brillant passé. » [5]

         « Le premier château féodal fut détruit pendant la guerre de Cent Ans (début 14e), il en reste une motte et les douves. Le manoir qui le remplaça fut détruit à la Révolution. Il possédait chapelle et colombier. » [1]

          De Gerville, 1829 : « Non loin de l'église, vers le couchant, on voit, sur un emplacement assez étendu, mais peu élevé quelques traces de l'ancien château. Il subsiste encore des débris d'anciennes murailles que la dureté seule du ciment a garantis d'une destruction totale.
    Au levant de l'enceinte, il y avait un large fossé très profond et plein d'eau. Il est difficile de démêler la position, des. différentes défenses de ce château. Il m'a paru que le donjon était à peu près central et entouré d'une double enceinte.
          L'emplacement de ce château n'est pas sur un tertre mais sur la partie la plus élevée de cette grande paroisse. De là on découvre les hauteurs de Percy, Montabot, Saint-Vigor et peut-être de Montbray. » [2]

     

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     Plan hypothétique de l'emplacement du château de Moyon ; blason de Moyon et de la famille de Moyon, anciens barons avant le 13e siècle par User:Aroche Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Aroche., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4573891

     

    La baronnie de "Moïon"

     

    LES REMPARTS DE MOYON (Manche)     « Moyon fut autrefois une importante baronnie. Le nom de Moyon, d'origine celtique ou pré-celtique, laisse penser qu'un village existait déjà à cet endroit à l'époque gauloise.

         Sous les premiers ducs de Normandie, Moyon faisait partie des biens appartenant à Guillaume le Conquérant, sous le nom de « Cour de Moyon ». Il l'érigea en baronnie et la donna à un de ses fidèles compagnons en remerciement de son soutien pour asseoir son pouvoir en Normandie en 1047. Celui-ci prit le titre de baron Guillaume Ier de Moyon. » [1]

    Photo ci-dessus de la motte extraite de http://www.cartesfrance.fr/carte-france-ville/50363_Moyon.html

     

          « Nous avons tout lieu de croire, que Guillaume de Moyon possédait la seigneurie de Lyon-sur-Mer, lorsqu'il se rallia au futur Conquérant c'était, dit un vieux chroniqueur, le plus noble de tout l'ost [armée]. » [5]

     

    Guillaume Ier de Moyon

     

         « Moyon fut un fief de Guillaume de Moyon (en) au 11e siècle. Il s'installe en Angleterre durant la conquête normande de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant. Ce Guillaume de Moyon a obtenu, après la conquête, un fief près de Sturminster Newton dans le Dorset. Ce fief, baptisé alors hameau de Moion a perdu au fil du temps son orthographe initiale et s'appelle aujourd'hui Hammoon ; dans ce hameau se trouve encore une maison de « Moyon ». [3]

     

         « Guillaume de Moyon qui était à la conquête de l'Angleterre y figura parmi les grands barons du Cotentin. Cinq chevaliers dépendants de sa baronnie l'y suivirent. Peu de temps après cette expédition, il commandait 47 chevaliers.
         Ce seigneur reçut du Conquérant des concessions proportionnées à ses services. Elles furent très considérables dans les comtés dé Devon, Dorset et Sommerset. Au temps de la confection du Domesday Book, il avait cinquante-cinq manoirs dans le Devonshire. » [2]

     

          « Lors de la conquête de l'Angleterre par les Normands en 1066, Guillaume de Moyon, s'étant particulièrement illustré, reçut les comtés de Dorset et Sommerset. Un château fut érigé dans le comté de Sommerset, à Dunster, face à la mer, et il devient le siège des terres de Guillaume de Moyon en Angleterre. » [1]

     

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         « La seigneurie s'étendait sur 6 000 hectares sur les communes actuelles de Tessy-sur-Vire, Beaucoudray, Villebaudon, La Haye-Bellefond, Le Mesnil-Herman et Le Mesnil-Opac. Ces bourgs formaient des postes frontières, soit au sommet d'une colline, sur un plateau ou encore en bordure de rivière, Moyon étant au centre de ce dispositif de défense naturelle. Un bois de 400 hectares vint compléter l'ensemble. » [1]

         « Il y avait autrefois à Moyon haute justice et un marché. On les transféra à Tessy bourg voisin qui en était jadis une dépendance. » [2]

     

         « La seigneurie possédait également sa propre mesure, un Office royal des poids et mesures, une franche bourgeoisie avec certaines franchises et libertés, un bailliage avec haute, moyenne et basse Justice. » [1]

     

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    Guillaume II, Guillaume III et Guillaume IV de Moyon

     

         « Son fils Guillaume (Guillaume II) fut un guerrier fameux.

     

         « Guillaume III, fils du précédent; succéda, lui aussi, à son père. Il fut le zélé partisan de l'impératrice Mathilde contre Etienne de Blois, neveu du Conquérant. » [5] Pour le récompenser cette princesse le fit comte de Dorset et de Sommerset. » [2]

        

         « Son fils, Guillaume IV vivait sous Henri II. Guillaume confirma la donation, faite par son père au prieuré de Brewton, de l'église de Lyon-sur-Mer. En 1186, il donnait à l'abbaye de la Lucerne, ses moulins de Moyon, de Tessy et de Beaucoudray. (...) Il laissait en mourant, une veuve : Lucie de Moyon et un fils mineur : Renaud. » [5]

     

    Renaud Ier de Moyon

     

         « ...Reginald (ou Renaud I) acquit par son mariage de grands biens dans l'Ouest de l'Angleterre, et fonda l'abbaye de Newham dans le Devonshire. »

         « Le 4 juin 1203, Renaud échange sa terre, de Lyon-sur-Mer contre d'autres biens sis en Angleterre. » [5]

         « C'est lui qui fut forcé d'opter entre l'Angleterre et la Normandie, quand notre province repassa sous la domination française. L'extrême supériorité de ses revenus anglais ne lui permit pas de balancer. Ses terres du Cotentin furent confisquées. » [2] « Il s'installa définitivement en Angleterre où ses descendants eurent un rôle important dans le pays. La lignée directe s'est éteinte en 1404.» [1]


           « Philippe-Auguste s'empressa de la donner à son sénéchal en Normandie : Guerin de Glapion, pour le remercier de ses bons services dans la reddition de la province, dont il avait été l'un des principaux artisans. La donation avait été faite, la vie durant du sénéchal. Aussi, les Rôles de l'Echiquier nous la représentent-ils, dès 1220, comme étant de nouveau entre les mains du roi de France. » [5]

     

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     Photos aériennes ci-dessus extraites du site Géoportail.

     

    Successions :

     

         « Dans le siècle suivant cette baronnie appartint à une branche des Painels. Par des mariages elle passa aux Painels de Hambyes et de Briquebec, aux d'Estouteville.

         Les barons de Moyon siégeaient à l'Echiquier de Normandie entre ceux de la Luthumière et de Marcey. » [2]

     

         Au 13e siècle, « Agnès, veuve d'Olivier Paisnel, sire de la Haye-Pesnel et fils de Foulques, obtint la possession de la baronnie de Moyon et de ses dépendances.

         Olivier Paisnel, deuxième du nom, seigneur de Moyon et de Tessy, succéda à sa mère. (…) Il délaisse ses possessions que Charles le Mauvais confisque, « pour l'absence dudit chevalier en temps de la dite guerre entre nous. » (…) Olivier Paisnel rentre en possession de ses biens le 20 novembre 1359, De son mariage avec Isabelle de Meulan, il eut une fille : Jeanne.

         Jeanne Paisnel, dame de Moyon, épousa son cousin Guillaume Paisnel, sire de Hambye. De ce mariage sont, sortis quatre fils, dont un seul survécut : Nicolas. Guillaume et Jeanne furent inhumés en l'abbaye de Hambye, le 14 août 1404. (...)

         Nicolas Paisnel, sire de Hambye et de Moyon, chevalier banneret, détenait par le mariage de ses parents, l'immense fortune des Paisnel, l'une des plus riches et les plus puissantes de Basse-Normandie. (…) Il défendit le Mont Saint-Michel en 1421, 1422 et 1424.» [5]

         Il eut une fille :

         « Jeanne Paisnel, (née en 1402, décédée en 1437) née dans le premier château de Moyon, fonda l'abbaye de Hambye. Fille de Nicolas Paisnel, seigneur de Chanteloup et Moyon et de Jeanne de la Champagne, elle épouse à l’âge de 13 ans, en 1415, celui qui va devenir le vaillant défenseur du Mont-Saint-Michel, Louis d’Estouteville. Lorsque ce dernier s’installe au Mont dont il est nommé capitaine par le roi Charles en 1425, elle décide d’aller le rejoindre. Elle y reste « prisonnière de la fidélité » jusqu’à sa mort survenue en 1437. Elle est inhumée ainsi que son époux, dans l’église abbatiale de Hambye. » [4]

     

         « Parce qu'il tenait le parti du roi de France, Henri V Confisque ses biens et donne la baronnie de Moyon à un chevalier anglais : Guillaume de la Pole, comte de Suffolck et de Dreux, capitaine gouverneur de Saint-Lô, en 1422 et 1423. L'abbé Bernard nous représente Guillaume de la Pole prisonnier des Français à la bataille de Gergeau (1431) (...) Afin de payer sa rançon, Guillaume de la Pole vend Moyon. (…) La guerre finie, Louis d'Estouteville rentra en possession de ses biens et les partagea entre ses fils Michel et Jean. Il décéda vers 1463 et fut inhumé dans le choeur de l'église abbatiale d'Hambye aux côtés de sa femme Jeanne Paisnel. » (...) 

         « En 1457, le château auquel les hommes étaient sujets faire guet et garde, n'existait plus. Il avait été abattu « autrefois par les guerres anciennes ». Un manoir le remplaçait, auquel les hommes devaient divers services « tant de motte curer, que aultres. »

         Le manoir avait un colombier et une chapelle bâtie vers 1320, que desservait le curé de la paroisse. » [5]

     

         « Moyon se retrouva dans les familles suivantes : les Paisnel, les d'Estouteville, les Matignon, les Grimaldi. Les d'Estouteville, vieille souche normand remontant à la fondation du pays, furent les défenseurs du Mont Saint-Michel face aux Anglais en 1421, 1422 et 1424.

        Les Matignon dont l'hôtel du même nom était leur résidence parisienne, étaient comtes de Thorigny, gouverneurs militaires de Cherbourg, Chausey, Granville, lieutenants généraux de Normandie, barons de Saint-Lô, etc.

         Les Grimaldi, prince de Monaco par mariage de Jacques de Matignon avec Louise Hyppolite Grimaldi, seule héritière de Monaco. Ce fut la première signature du petit Louis XV et du Régent, pour l'approbation du mariage. Leur fils Honoré III de Monaco, qui vécut au château de Thorigny où il élevait des chevaux, fut dépossédé de ses biens, dont Moyon, lors de la Révolution française. Cependant, le titre resta à la famille princière, le prince Albert II de Monaco est l'actuel baron de Moyon. » [1]

     

         « Le château se dressait sur là rive occidentale et était défendu, au nord, à l'ouest et au midi par de profondes douves, dit M. de Gerville, et, à l'est, par l'étang lui-même. Une chaussée entre le grand étang et la mare ès Châtias, le reliait aux communs et dépendances bâtis sur la rive orientale. Un lieu plus bas dans la vallée, se trouve la mare de Criqueville, au nom bien significatif, qui jouxte, dans une courbe, le chemin du Calvaire à la Maugerie. De nos jours un village, à la limite des communes de Moyon et de Tessy, porte encore le nom de Mare Saint-Clerc. » [5]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikimanche

    [2] Extrait des Recherches sur les anciens châteaux de la Manche par M de Gerville – arrondissement de Saint-Lô. Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie ; Auteur : Société des antiquaires de Normandie. Éditeur : Mancel (Caen)/Ponthieu et Delaunay (Paris) ; date d'édition : 1829. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k200047d/f300.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Moyon%22.texteImage

    [3] Extrait de Wikipédia

    [4] Extrait de Wikimanche

    [5] Extrait d'un article d'André Descoqs. Notices, mémoires et documents publiés par la Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire naturelle du département de la Manche ; Auteur : Société d'archéologie et d'histoire de la Manche ; Éditeur : Imprimerie d'Elie fils (Saint-Lô) ; Date d'édition : 1938 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55769359/texteBrut

     

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    Bonnes pages :

     

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55769359/texteBrut

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55769359/f38.item.r=Moyon.zoom

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k200047d/f297.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Moyon%22

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