• LES REMPARTS DE BRIONNE (Eure)

    Merci à l'association "Les Amis d'Harcourt" qui ont mis en ligne la conférence de David Farcy, professeur d'histoire, sur "Brionne au Moyen Âge". Cela m'a permis de construire ce chapitre sur Brionne : http://www.lesamisdharcourt.fr/wordpress/wp-content/uploads/Brionne-au-moyen-age-.pdf 

     

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         « Fondation celtique, cette cité doit son existence urbaine au carrefour de voies antiques qui s’y croisaient. La situation privilégiée du site fit de Brionne l’objet de nombreux enjeux : le duc Richard Ier céda la ville à son fils Godefroy. Assiégée par Guillaume le Conquérant durant trois années (1047-1050), la ville était alors resserrée sur l’île formée par les deux principaux bras de la Risle et défendu par un château de pierres et de bois érigé en fond de vallée. » http://www.ville-brionne.fr/histoire.aspx 

           Les ruines du donjon de Brionne, érigé au 12ème siècle, s’élèvent sur une pointe de coteau. Elles dominent toute la ville offrant ainsi de nombreuses perspectives sur l'ensemble de la vallée de la Risle.  

     

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    LES REMPARTS DE BRIONNE (Eure)  LES REMPARTS DE BRIONNE (Eure)

     Plan hypothétique des fortifications de Brionne ; Blason par A.T-2013 Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape.iLe code de ce fichier SVG est valide. — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30071764

     

          « Les historiens pensent qu'il existait un fort à l'époque romaine, à ce carrefour important entre Lisieux, Pont-Audemer, Rouen et Évreux. (…) Selon Robert de Torigni, Godefroi [ou Geoffroy], fils naturel du duc Richard Ier de Normandie, reçut probablement le titre de comte d'Eu du duc Richard II, son demi-frère. Par contre, son titre de comte de Brionne est douteux. Si Orderic Vital écrit que le père de Godefroi lui donna le château et le comté de Brionne, Robert de Torigni parle plutôt d'une simple cession de la forteresse, de plus par volonté de Richard II. Ce qui est sûr, c'est que Godefroi était au moins le châtelain de Brionne. » [Wikipédia]

          « L'administration de Brionne fut [ensuite] confiée à Guillaume, comte d'Exmes, tuteur de Gilbert, fils de Godefroy. » http://www.ville-brionne.fr/histoire.aspx 

          « Gilbert, comte de Brionne est assurément un des grands personnages de son temps. Il survit non seulement à son oncle Richard II, mais encore à ses cousins Richard III et Robert Ier. Il se marie de bonne heure et a deux fils, l’aîné Robert et le second Baudouin. » http://www.lesamisdharcourt.fr/wordpress/wp-content/uploads/Brionne-au-moyen-age-.pdf

         "En 1033, le chevalier Herluin participa à une bataille avec le comte Gilbert de Brionne. Il s'ensuivit une déroute au cours de laquelle Herluin, menacé pour sa vie, fit le vœu de se consacrer à Dieu s'il parvenait à s'échapper et créa en 1034 l'abbaye du bec Herluin à quelques kilomètres de Brionne. http://www.ville-brionne.fr/histoire.aspx 


         
    « Nommé tuteur (du duc) Guillaume le Bâtard (plus tard le Conquérant), après l'assassinat du duc Alain III de Bretagne, Gilbert est assassiné fin 1040 par Robert, fils de Giroie sur l'instigation de Raoul de Gacé. » [Wikipédia]

     

          (La date de la construction du premier château de Brionne «... est très incertaine mais on peut estimer qu’elle correspond à la première grande campagne de construction de châteaux médiévaux en Normandie. Campagne notamment entreprise par les ducs Richard Ier et Richard II. Il est possible de considérer le château primitif de Brionne comme l’une des toutes premières fortifications défensives de la vallée de la Risle dès 933 et la sédition de Riouf et des normands païens localisés dans l’actuel Basse-Normandie et qui se sont dressés contre le Duc Guillaume Longue épée. Plus tard ce château a du faire l’objet de modifications techniques, sûrement au tout début du 11e siècle, puisque les contemporains nous le décrivent comme constitué d’un soubassement en pierres, relativement remarquable à l’époque puisqu’il impressionne les chroniqueurs.

         Il prend vraisemblablement la forme d’un bourg castral entre les deux bras de la Risle qui en renforcent l’aspect défensif... » extrait de Brionne au Moyen Âge PDF voir ci-après. http://www.lesamisdharcourt.fr/wordpress/wp-content/uploads/Brionne-au-moyen-age-.pdf

     

          « Au milieu des années 1040, Gui de Brionne [ou de Bourgogne, cousin du duc Guillaume] possède les importants châteaux forts de Brionne, sur la Risle, et de Vernon, sur la Seine. Il les a reçu après la mort de Gilbert de Brionne, tuteur du duc Guillaume. Il a aussi reçu la seigneurie de Brionne avec le titre de comte. [Révolté contre le duc Guillaume et] Blessé à la bataille du Val-ès-Dunes, en 1047, il échappe à la capture sur le champ de bataille. Il se réfugie alors dans son château de Brionne, avec une importante troupe armée, et en renforce les fortifications. » [Wikipédia]

     

    LES REMPARTS DE BRIONNE (Eure)

     Ci dessus en 1048 à Brionne Guillaume fait le siège du château de son cousin, le conspirateur Guy. Au Bec-Hellouin, Guillaume rencontre Lanfranc dont il appréciera les grandes qualités. Image extraite du blog http://telle-une-tapisserie.eklablog.com/la-vie-de-guillaume-le-conquerant-02-a112524080 

     

          « ...Cette guerre d'un seul jour fut certes très avantageuse et remarquable pour tous les siècles, en ce qu'elle établit un exemple terrible, abattit par le fer des têtes trop élevées, renversa par la main de la victoire beaucoup de repaires de crimes, et assoupit pour long-temps chez nous les guerres civiles. S'étant honteusement échappé, Gui gagna Brionne, avec un grand nombre de chevaliers. Cette ville, et par la nature du lieu et par des fortifications de l'art, paraissait inexpugnable ; car, outre les autres remparts que la nécessité de la guerre a accoutumé à construire, elle a une enceinte de pierre, dont les combattant se servent comme de citadelle, et est entourée de tous côtés par le fleuve de la Risle, qui n'est guéable nulle part. Le vainqueur, ayant promptement poursuivi Gui, pressa étroitement cette ville par le siège, et fit élever des tours sur les rives du fleuve séparé là en deux parties. Ensuite, effrayant les ennemis par des attaques journalières, il leur interdit entièrement les moyens de sortir. Enfin, le Bourguignon, succombant à la disette de vivres, envoya des intercesseurs pour implorer la clémence du duc, qui, touché par la parenté, les supplications et le malheur du vaincu, ne voulut pas exercer une vengeance plus sévère. Ayant reçu de lui le château, il lui permit de demeurer à sa cour. Pour des motifs raisonnables il aima mieux remettre le supplice à ses associés, qui auraient bien mérité la peine capitale. Je vois que, dans un autre temps, il punit par l'exil Nigel, qui l'offensait méchamment. Gui, pour se dérober au chagrin de la honte, retourna de lui-même en Bourgogne. » Extrait de Guillaume de Poitiers ; vie de Guillaume le Conquérant http://remacle.org/bloodwolf/historiens/guillaumedepoitiers/normands1.htm

     

    LES REMPARTS DE BRIONNE (Eure)      « Selon Guillaume de Poitiers et Guillaume de Jumièges, il s’agit d’une formidable forteresse quasi imprenable. Guillaume choisit la patience pour épargner à ses soldats des assauts inutiles et fait vraisemblablement ériger deux contre châteaux sur les hauteurs de Brionne. Le premier est localisé sur le site de l’éperon barré du Bois du Vigneron et son tracé subsiste encore (campagne de fouilles) et son pendant est probablement l’enceinte circulaire qui entoure encore actuellement le site du donjon. Ce fossé paraît en effet hors de la logique de la construction défensive militaire du donjon carré bien postérieur. Plan ci-dessus des enceintes de Brionne extrait de extrait de Brionne au Moyen Âge PDF voir ci-après.

          Il paraît acquis qu’en 1050, les assiégés se rendirent par lassitude plus que par manque de vivres, qui continuèrent d’être envoyées dans le château. Guillaume semble avoir épargné les Brionnais et conservera cette citadelle, vraisemblablement intacte jusqu’à sa mort. 

          Il faut attendre 1090, pour que dans les troubles de l’héritage dynastique laissé par Guillaume à ses enfants, on ne retrouve le comté de Brionne au cœur d’une guerre violente. Le comté de Brionne avait été confié à Roger de Bienfaite, petit fils du comte de Brionne et fils de Richard de Bienfaite, l’un des héros de la victoire de Hastings, puissant seigneur anglo-normand. 

     

    LES REMPARTS DE BRIONNE (Eure)      Mais Robert Courteheuse change d’avis en 1090 et décide de confier le comté de Brionne à un autre vassal, le comte Roger de Beaumont en dédommagement du château d’Ivry confié au pouvoir ducal. Dans la semaine de la Pentecôte de l’an 1090, l’armée ducale vient mettre le siège devant Brionne. Le comte Roger de Beaumont et son fils ont convoqué leurs vassaux des seigneuries de Pont-Audemer et de Beaumont, et commencent dès leur arrivée à assiéger la place.

          Le comte de Brionne, Robert de Bienfaite s’est enfermé avec quelques chevaliers dans la place forte, qui se trouvait encore entre les deux bras de la Risle, celle que Wace, Guillaume de Jumièges et Guillaumes de Poitiers nous ont décrite. Gilbert du Pin, qui commande les troupes des Beaumont est mortellement touché à la tête. Les assaillants doivent alors employer les grands moyens. A l’aide de traits incendiaires, ils décident de viser la toiture du château, faite d’essentes de bois. Il s’agit là d’un siège intéressant, car c’est une des premières mentions d’une nouvelle technique militaire de siège, Le siège commence par la construction d’un « fornax fabrile », foyer de forge, élément indispensable pour porter à l’incandescence les projectiles métalliques, les missilia, que les assiégeants lancent en direction de la toiture d’essentes et de chaume desséchées du château primitif de Brionne.

          C’est durant cet assaut que le château de Brionne n’est pris qu’en une seule journée, alors que Guillaume avait attendu trois longues années. En 1090, la prise du château de Brionne n’est qu’une formalité pour Meulan et son père Roger de Beaumont. Il est vrai que les moyens sont radicaux. On peut donc estimer que la forteresse de Brionne ne correspondait déjà plus aux exigences militaires de cette fin de 11e siècle, et que, fortement endommagée par cette violente attaque, il fut peut-être décidé de la raser entièrement. » extrait de Brionne au Moyen Âge PDF voir ci-après. http://www.lesamisdharcourt.fr/wordpress/wp-content/uploads/Brionne-au-moyen-age-.pdf

     

    LES REMPARTS DE BRIONNE (Eure)      « En 1094, Roger meurt et son fils reprend la succession de ses importantes terres normandes qui comprennent notamment les châteaux de Pont-Audemer, Brionne et Beaumont(-le-Roger).
         
    Le donjon que nous voyons aujourd'hui a probablement été érigé par Robert Ier de Meulan, seigneur de Brionne, en remplacement d’une fortification plus ancienne située sur un îlot de la Risle, au cœur du bourg, et qui avait subi au moins deux sièges en 1047 et 1090. »
    [Wikipédia]

     

         « Le comte de Brionne, Galéran de Meulan et ses places de Pont-Audemer, Beaumont, Brionne et Vatteville restent fidèles au roi. Mais à partir de 1121, il semble qu’il change de camp et qu’il se décide à soutenir le parti de Guillaume Cliton, que vient juste de rejoindre le roi de France, Louis le Gros.

         Depuis la ville de Brionne, Galéran pille et incendie tout ce que possèdent les partisans du roi d’Angleterre. Il vient de perdre ses châteaux de Pont Audemer et de Montfort. Il est fait prisonnier le 26 mars 1124. Pourtant le sénéchal du comte de Brionne, Morin du Pin, fortifiant ses châteaux engage la résistance face au roi. Celui-ci met le siège devant la ville de Brionne au mois d’avril 1124. »

    LES REMPARTS DE BRIONNE (Eure)     « Pour certains auteurs, plusieurs indices laissent penser qu’une muraille ceinturait la ville de Brionne et il est fort probable que le donjon de Brionne fut déjà construit à l’emplacement qu’on lui connaît aujourd’hui. L’évolution de l’architecture militaire a certainement conduit les comtes de Brionne à construire un donjon carré s’inspirant de ce qui se fait en Angleterre. Une fusion des techniques de construction entre la Normandie et l’Angleterre, depuis 1066, a sûrement permis de réemployer l’enceinte urbaine du bourg castral, entre les bras de la ville jusqu’à l’ancien contre château cité précédemment. On aurait l’idée d’une enceinte vaguement triangulaire partant du donjon jusqu’au petit bras de la Risle.

          Plusieurs indices convergent, Orderic Vital, mentionne qu’Henri Ier, assiégea la ville de Brionne au mois d’avril 1124. Devant la résistance de la garnison, toute la ville fut brûlée avec ses églises.

     

    LES REMPARTS DE BRIONNE (Eure)     Siméon de Durham, auteur contemporain, décrivant les combats menés par les troupes du roi, assure qu’il brûla la ville, mais qu’il ne put s’emparer du donjon. Le roi, irrité de la longue résistance des Brionnais, fit crever les yeux du gouverneur de la place. Cet épisode renforce bien l’idée que la ville était fortifiée. Il fait construire deux énormes beffrois mobiles, qui approchant des remparts, lancent des projectiles incendiaires qui détruisent la ville et ses églises, obligeant les assiégés à capituler. » extrait de Brionne au Moyen Âge PDF voir ci-après. http://www.lesamisdharcourt.fr/wordpress/wp-content/uploads/Brionne-au-moyen-age-.pdf

    Dessin ci-dessus extrait de l'Atlas partie 5 du Cours d'antiquités monumentales : histoire de l'art dans l'Ouest de la France, depuis les temps les plus reculés jusqu'au 17e siècle professé à Caen par M. de Caumont (1801-1873) Éditeurs : Lance (Paris), Chalopin (Caen), Edouard frère (Rouen) 1830-1843

     

          « Philippe Auguste s'en empare en 1194. Il est partiellement détruit en 1735 pour la construction de moulins sur la Risle.

         La ville de Brionne entreprend des travaux de consolidation de l'édifice de 1994 à 1996. A la même époque, des recherches architecturales sont entreprises par M. Brabant. Ainsi, plusieurs pièces de bois ainsi qu'une poutre horizontale sont prélevées en vue d'une datation par la dendrochronologie. » [Wikipédia]

     

         « Les analyses de ces deux pièces de bois par le laboratoire de Rennes proposent une date d’abattage probable entre 1107 et 1122, dates probables de construction du Donjon. » extrait de Brionne au Moyen Âge PDF voir ci-après. http://www.lesamisdharcourt.fr/wordpress/wp-content/uploads/Brionne-au-moyen-age-.pdf

     

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    « Architecture

          Selon toute vraisemblance, le château de Brionne a été érigé à la fin du 11e siècle. Construit sur un plan carré, il possède des murs épais d'environ 1 m à la base, mais cette épaisseur augmente aux angles et sur les côtés, à l'emplacement des contreforts plats extérieurs.

         Seule la façade sud est relativement bien conservée. (…) Il semblerait qu'à la fin du 12e siècle, il fait l'objet de travaux importants : ainsi, il reçoit un double revêtement, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, de pierres de taille. (…)

         Par ailleurs, la porte qui se trouve dans le mur ouest est certainement ultérieure à la construction de l'édifice, car, à l'époque, les donjons romans étaient habituellement aveugles.

     

    LES REMPARTS DE BRIONNE (Eure)     (…) Enfin, un réaménagement de la partie sommitale du donjon a également eu lieu, entraînant une modification de la distribution intérieure du monument. Certains espaces sont comblés des hourds sont installés, une partie de la voûte est détruite, la cheminée et son conduit sont condamnés, etc...

         Il est à noter que M. de Caumont, dans son ouvrage intitulé "Histoire sommaire de l'architecture religieuse, militaire et civile au Moyen-Age", fait remarquer la présence de trous carrés dans les façades extérieures. Ces trous contenaient des poutres saillantes. Celles-ci supportaient un balcon en bois qui faisait le tour de l'édifice (comparable, sur ce point, au château de Loches qui garde des vestiges d'un pareil balcon en bois). » [Wikipédia] https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Brionne

     

    Bonnes pages :

     

    O http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1998_num_156_2_1759000

    O http://www.montjoye.net/donjon-de-brionne

    O https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Brionne

    O http://www.lesamisdharcourt.fr/wordpress/wp-content/uploads/Brionne-au-moyen-age-.pdf (document ci-dessous)

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