• LES REMPARTS D'AUTHEVERNES (Eure)

    LES REMPARTS D'AUTHEVERNES (Eure) LES REMPARTS D'AUTHEVERNES (Eure) LES REMPARTS D'AUTHEVERNES (Eure)

    A droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail. 

     

         « Authevernes compte sur son territoire un édifice inscrit au titre des monuments historiques : l'ancien manoir, dit « Ferme du Fort » (13e et 15e) Inscrit MH (1933). » [1]

     

          « Quelle date peut-on assigner à la construction de la maison forte ? D'après certaines caractéristiques architecturales : baies en segment d'arc de cercle, jambage extérieur chanfreiné, archère sous plafond, coussièges, on peut vraisemblablement dater certaines parties des 12e et 14e siècles mais le 15ème siècle peut convenir à l'ensemble. » [2]

     

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     Plan de situation du fort d'Authevernes ; blason de la famille Daniel de Bois d'Ennemets par Gilloudifs

     

    Histoire

     

         « La première mention du fief est faite en 1152, au nom de Guillaume d'Authevernes, seigneur de Chaumont.

     

    LES REMPARTS D'AUTHEVERNES (Eure)     Au 12e siècle, la famille de Tournebu possédait à Authevernes un fief très important : lors de la conquête de la Normandie, Philippe Auguste donna à un seigneur français, Baudouin Daniel, de la famille de Bois d'Ennemets, tout ce que Jean de Tournebu possédait à Authevernes. Prévoyant que ce dernier n'aurait pas d'enfant, il transféra à son frère Gilbert Daniel le fief d'Authevernes en 1216.

    Blason de la famille de Tournebu par Apn — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=38577818

     

         En 1226, le fort se tenait dans la famille de Trie, puis demeura longtemps dans la famille de Fours. Ces deux familles donnèrent leurs noms aux villages de Trie-Château et de Fours.

     

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    Ci-dessus : à gauche, blason de la famille Daniel de Bois d'Ennemets par Gilloudifs ; au centre, blason de la famille de Trie par Manassas Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Manassas., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3600500 ; à droite, blason de la famille de Fours par Thorstein1066 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43638964

     

         Certains relatent aussi son appartenance au réseau des fortifications des templiers, avec un réseau de larges souterrains taillés dans le calcaire qui raccordait, entre autres, les châteaux de Gisors (point clé du dispositif), celui de Château-sur-Epte et enfin le château Gaillard surplombant la Seine aux Andelys.

         Un dénommé Claude Daniel achète aux Chartreux de Gaillon la présente seigneurie en 1763. Ce chevalier est écuyer de la reine en 1733. Lieutenant général, il meurt le 1er mars 1790. » [1]

     

    LES REMPARTS D'AUTHEVERNES (Eure)     « Jusqu'en 1895, le fort resta par le jeu des alliances, dans la famille des Bois d'Ennemets. Il fut vendu, et son propriétaire s'en désintéressa allant jusqu'à le dépecer, pour vendre les tuiles, les charpentes et les pierres en 1947. » [2]

     

         « Laissée à l'abandon de 1947 à 1989, cette « ferme » ou « maison fortifiée » a connu bien des dégradations, d'abord par le propriétaire qui en vend les tuiles et les boiseries, puis durant la dernière guerre, où la tour nord-est fut décapitée pour y installer une batterie de défense contre-aéronefs et enfin, à cause d'un incendie dans la grange sud-ouest qui en détruit toute la charpente peu avant 1980.

         En 1989, monsieur et madame Barthel acquièrent l'ensemble et s'efforcent de lui rendre son lustre originel. Dans la partie de la basse cour qui était en friche, ils créent un jardin d'inspiration médiévale, mélangeant fleurs, plantes médicinales, fruits et légumes dans un verger et un potager. » [1]

     

         « Les travaux sont dirigés par l'architecte des Bâtiments de France. La maison forte d'Authevernes est sauvée. » [2]

     

    Architecture

     

    LES REMPARTS D'AUTHEVERNES (Eure)     « Bâti en calcaire du pays, il affecte la forme d'un quadrilatère irrégulier d'environ soixante dix mètres de façade sur la place du bourg. Le monument est divisé dans le sens de la longueur par de grands murs qui délimitent une haute cour, où sont situées les principales constructions et une basse-cour, siège des jardins.
         Le Fort, comme on le nomme dans le pays, ne montre aucune trace de fossés extérieurs, ni aucun autre ouvrage défensif. Il ne s'agit donc pas d'un château féodal classique, mais d'un manoir fortifié, ou maison forte.
         Il se compose de plusieurs corps de bâtiments : le logis du maître de maison, une longue construction avec une tour en façade de rue, puis des granges dont il ne reste que des murs extérieurs ou des fondations.
    La première pièce au sud-est, montre; dans un angle; une construction en maçonnerie qui s'élève du rez de chaussée jusqu'à la toiture, ce sont des latrines, dont le siège en pierre est bien visible au premier étage. Puis existe une tour barlonne de dix sept mètres environ qui occupe toute la largeur de la construction. Vers l'ouest est accolée une tourelle éclairée du côté cour par d'étroites meurtrières. Un escalier cylindrique, aménagé dans une cage ronde, conduit à une sorte de plate forme, actuellement détruite, que les gens du pays avaient baptisée « le paradis ».

     

    LES REMPARTS D'AUTHEVERNES (Eure)     Le rez de chaussée de cette tour est un passage voûté en berceau aplati formé par deux portes cochères, aujourd'hui disparues ; le passage est défendu par deux meurtrières dans les murs latéraux ; deux meurtrières dans la voûte, ainsi qu'une sorte de goulotte creusée dans le linteau de la porte de la rue, et située près d'une cheminée au premier étage, et qui permettait vraisemblablement de verser un liquide bouillant sur les assaillants s'introduisant dans le passage. Chacun des quatre étages de la tour est éclairé par des baies rectangulaires, du côté de la cour. Du côté rue, les premier et second étages sont aveugles. Les troisiéme et quatrième possèdent des baies à ébrasures internes, conservant encore, à leurs bases, deux bancs de pierre, communs dans les forteresses du Moyen-Age, et qui étaient nommés coussièges.

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1840 ; Archives de l'Eure, http://archives.eure.fr/

     

         Dans la pièce, à côté de la tour, on voit l'ouverture de la meurtrière défendant le passage sous la voûte; à côté une grande baie, à appui oblique, est protégé par une grille basculante, et permettait sans doute de déverser du grain en sac, ou en vrac, depuis une charette. L'entrée de cette pièce est défendue par une meurtrière, et possède dans la voûte de la porte d'entrée un curieux cornet accoustique qui débouche au premier et second étage.
         Dans cette pièce existe une cave voûtée, qui faisait sûrement office de cachot, car la porte d'entrée possède une feuillure, et a aussi au milieu du plafond un autre cornet accoustique qui correspond avec la pièce du dessus.
          La cave qui suit est totalement effondrée, et devait être couverte d'un plancher, car il existe les échancrures dans les murs latéraux, qui devaient recevoir les abouts de poutre. L'entrée de cette cave, sur la cour, est moderne, on retrouve l'escalier d'origine dans le mur ouest.

         La pièce suivante, sans cave, possède les restes du four à pain, nécessaire à la garnison. La baie sur cour est garnie de barreaux de fer qui montrent à peu près toutes les façons de garnir une ouverture. En face, au niveau du premier étage, dans la muraille nord existe une niche avec une petite fenêtre carrée dont le linteau et l'appui débordant à l'extérieur, sont garnis de barreaux de fer plat, horizontaux et verticaux, qui permettent de voir à l'extérieur, en étant relativement protégé. A l'intérieur de la niche, un siège en pierre montre un orifice rond correspondant à un conduit traversant la muraille et prenant jour au pied du mur. Ce sont des latrines. Cette ouverture ressemble aux archères sous plafond que l'on voit dans les châteaux forts du 12 au 15ème siècle. C'est une des parties architecturales les plus caractéristiques de tout l'édifice.


    LES REMPARTS D'AUTHEVERNES (Eure)     La dernière cave de cet ensemble de bâtiments est totalement effondrée, mais ses bases de murs font penser qu'elle était un peu en retour de la façade. De plus, des traces d'arrachement ou de déharpé d'attente, et surtout de reste d'une fenêtre au second étage, possédant encore ses coussièges, posent le problème d'une seconde tour, qui aurait été, soit détruite, soit en prévision mais jamais achevée.
         Du côté ouest de la cour sont les bases des murs d'une grange. Du côté sud ouest le mur montre encore des meurtrières à type d'archères et d'arbalètrière. Dans un angle de cet ancien bâtiment, on trouve le puits encore visible sur environ neuf mètres de profondeur.
         Une immense grange de trente mètres sur onze, au nord est, a perdu sa toiture et est adossée à la ruelle du fort. Le long de la ruelle, en remontant vers la maison, il y a des restes d'une grange qui a brulé en 1867.
         La maison est construite au nord-est de la cour, et est séparée des bâtiments du premier groupe, par la porte d'entrée actuelle du fort. Elle comporte un rez de chaussée partielle et sur cave, surmonté d'un étage; et d'un grenier sans combles. La porte principale d'accès située au fond d'une baie en arc de cercle, à linteau en claveau montre l'épaisseur des murs: un mètre trente environ.
         Elle donne accès à la pièce à vivre, où l'on trouve la cheminée. Les autres pièces sont disposées de part et d'autre.
         Les murs donnant sur la cour sont percées de baies, dont on retrouve l'architecture d'origine, étroite, à double ébrasement intérieur et extérieur, avec l'appui intérieur incliné en bas, ce qui donne, malgré leur petite taille une lumière importante.
         Le sol des pièces du rez de chaussée est dallé. Des escaliers bâtis dans l'épaisseur de la muraille donnent accès à des caves voûtées. Au premier étage, les poutres montrent un petit décor typique des 14 et 15ème siècles. Le sol est recouvert de tomettes hexagonales épaisses. Quant au dernier étage, il s'agit d'un grenier avec comble à surcroit, avec une magnifique poutraison à ferme à entraits retroussés, et contrevents à croix de Saint André. Il existe, dans ce grenier, un second conduit de cheminée, aujourd'hui inutilisé, et inutilisable, fait de colombage et de bauge. Ce type de conduit n'est connu qu'à trois exemplaires : Authevernes, un manoir du pays d'Auge, qui a été transformé en Mairie, et un manoir du sud de l'angleterre. Il est à penser que tous les autres, vu les matériaux, ont du finir dans les flammes. »
    [2]

     

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     Ci-dessus : photo 01 extraite de http://nanienormandie.canalblog.com/albums/un_edifice_militaire_du_moyen_age_a_authevernes/index.html ; photo 02 extraite de http://www.cartesfrance.fr/carte-france-ville/photos_27026_Authevernes.html ; photos 03-04 extraites de http://www.authevernes.fr/Histoire/fort.html ; photo 05 extraite de https://locations.filmfrance.net/fr/location/fort-de-authevernes ; photo 06 par Giogo — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10085170 ; photo 07 par Gregofhuest — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=37330968 ; photo 08 par Gregofhuest — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=37331043 ; Photo 09 extrait de http://chateau.over-blog.net/eure-diaporama-authevernes.html

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Le texte a été fourni par M et Mme Barthel, extrait du site http://www.authevernes.fr/Histoire/fort.html

     

    Bonnes pages :

     

    O http://chateau.over-blog.net/article-eure-chateau-authevernes-88859701.html

    O http://www.authevernes.fr/Histoire/fort.html

    O http://lagazettedesaintaubin.pagesperso-orange.fr/interface_coeuroline5/interf_coeuroline.html

    O https://monumentum.fr/ancien-manoir-dit-ferme-fort-pa00099314.html

    O https://books.google.fr/books?id=d_ssAAAAYAAJ&pg=PA168&dq=fort+d%27Authevernes&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj68suh4avbAhWHxxQKHWurCXwQ6AEIJzAA#v=onepage&q=fort%20d'Authevernes&f=false

    O https://27.monvillagenormand.fr/VilleSources.php?INSEE=27026

     

    Ci-dessous, Le Dire de l'Architecte des Bâtiments de France, Les Essentiels, DRAC Normandie, conseil 2492-9727 n°99 - 2016, F. Poulain :

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