• LES REMPARTS DE RIVRAY (Orne)

    LES REMPARTS DE RIVRAY (Orne) LES REMPARTS DE RIVRAY (Orne) LES REMPARTS DE RIVRAY (Orne)

    Photo 1 extraite de http://www.monumentum.fr/motte-feodale-rivray-pa00110781.html ; photo 2 extraite de http://fr.geoview.info/la_chapelle_saint_jeanbaptiste_et_la_butte_feodale_au_haut_rivray_conde_sur_huisne,33087688p ; photo 3 extraite de http://www.mondes-normands.caen.fr/france/patrimoine_architectural/normandie/Perche/remalard/1806Conde/B.htm

     

         « Le hameau de Rivray, sous lequel existent encore quelques souterrains, est situé sur la commune de Condé sur Huisne dans le département de l'Orne, en région Normandie, qui est devenue le 1er janvier 2016 une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Sablons-sur-Huisne. (...) » [3]

     

         « Rivray a certainement été, jusqu'à sa destruction par les Anglais en 1428, une place importante pour la défense du Perche. La motte est située sur une hauteur qui était autrefois traversé par le Chemin de César, voie ancienne de Chartres au Mans. » [1]

     

         « La chapelle basse romane, couverte d'une charpente du 17e siècle … est à demi enterrée, et formée de quatre voûtes d'arêtes soutenues par un pilier central. Cette chapelle est le seul édifice de tous ceux qui compostaient l'ensemble castral, qui échappa à la destruction. Elle était située dans l'enceinte de la forteresse, au pied d'un monticule qui devait être l'emplacement du donjon. » [2] 

     

    LES REMPARTS DE RIVRAY (Orne)   LES REMPARTS DE RIVRAY (Orne)

     Plan hypothétique de la motte de Rivray à Condé-sur-Huisne ; blason du Perche par Bruno Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Bruno., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1425366 

     

    Historique :

         « La motte féodale entourée de ses fossés est un bel exemple d'architecture militaire antérieure aux donjons de pierre (10e et 11e siècle). » [1]


         « Dépouillée de son titre de ville elle n'en continua pas moins d'exister comme château-fort, un des plus considérables de l'ancienne province. Il était possédé par les plus puissants seigneurs du Perche, les sires de Rivray, ainsi que ceux de Villeray qui figurent dans les chartes à la cour des premiers comtes du Perche, et dont l'histoire fait mention.
         Compagnons assidus de leur suzerain, ils le suivaient partout en paix comme en guerre et partageaient ses plaisirs et ses fatigues, ses lauriers et ses revers, investis de sa confiance et participant à ses œuvres pieuses ainsi qu' à ses exploits militaires comme on Ie verra dans les différentes chartes de fondations et autres où les châtelains de Rivray de Riveriaco sont toujours, ou presque toujours, nominativement désignés.
         La place de Rivray était extrêmement fortifiée comme on peut encore s'en convaincre par la simple inspection des lieux. Une charte de Rotrou IV relative à la reconstruction du prieuré ou monastère de Moutiers au Perche, parle de Rivray en ces termes : « à l occasion des bienfaits dons exemptions et privilèges que le comte accordait aux religieux de Saint Laumer de Moutiers, Nullam omninô retinens inquisitionem nullam exactionem prœter mandatum trium dierum ad reparanda fosseta de Riveriaco tantummodo. Ne faisant aucune réserve et ne stipulant d'autre redevance que celle de trois journées de travail par an pour les réparations des fossés de Rivray. Donné à Blois dans le cloître des moines de Saint-Benoît l'an de Notre Seigneur 1159 ». Ecrit de la main du chancelier du comte.
         L'ancienne demeure des sires de Rivray, de ces fidèles compagnons d'armes, de nos illustres et vaillants comtes du Perche, continua de dominer majestueusement du haut de la montagne où s'élevaient ses énormes tours et ses murailles colossales toute la vallée où serpente la Corbionne et à projeter sur les champs des alentours l'ombre gigantesque de ses remparts crénelés.
         Sous la conduite des Bedfort et des Salisbury les Anglais, devenus maîtres de la France presqu'entière, et en particulier de la province du Perche, détruisirent cette forteresse et la renversèrent de fond en comble en 1428. La place fut vigoureusement défendue par son seigneur, un des plus zélés défenseurs de l'indépendance nationale, mais comme le courage n'est pas toujours un garant suffisant contre un nombre trop inégal, elle fut obligée de céder sous les efforts multipliés des nombreux assaillants. Une fois maitres de l'édifice, ils détruisirent cette antique forteresse malgré son étendue et son importance première. Il n'en reste presque rien, sinon rien. La tradition du lieu a conservé intact le souvenir de cette catastrophe, plusieurs fois les habitants de Rivray ont été interrogés sur l'époque précise de la démolition de leur château, et sur les auteurs présumés de ce désastre, ils ont toujours répondu qu'il avait été détruit par les Beauxfort, sans pouvoir toutefois en dire davantage, ni fournir aucun autre détail sur ces Beauxfort et sur le siècle où ils exercèrent leurs ravages. Ils gardent seulement un souvenir confus de l'invasion anglaise au 15e siècle sous le règne de Henri VI encore enfant. L'Angleterre ayant pour régent pendant l'enfance et la toute jeunesse du jeune roi, le duc de Bedfort ou Beaufort, les Anglais reçurent le surnom de Beauxforts parce que ce prince était à cette époque l'âme de toutes leurs entreprises contre notre malheureuse patrie qu'ils inondèrent de sang et jonchèrent de ruines sous Charles VII, roi de France. Le détachement de troupes qui fit le siège de Rivray avait pour général en chef le comte de Salisbury.
    De tous les édifices qui composaient l'ensemble du château de Rivray, un seul échappa au marteau destructeur, la rage anglaise s'arrêta à ses portes, c'est la chapelle qui fut fondée par les châtelains du lieu en l'honneur de Saint-Jean-Baptiste, située dans l'enceinte même de la forteresse, au pied d'un monticule artificiel, qui s'élève derrière le sanctuaire. Ce monticule, ou cavalier, était probablement l'emplacement du donjon ou de la tour du beffroy. » [3]

     LES REMPARTS DE RIVRAY (Orne)

    Ci-dessus : vue aérienne extraite du site Géoportail 

     

    Architecture :

         « À l'extrémité d'une colline formant un vaste éperon, la motte castrale de Rivray occupait une position stratégique. En contrebas, le chemin "des Césars" - voie antique reliant Chartres au Mans - rejoint le hameau de la Chaussée avec ses maisons aux enduits ocre rosé. (...)

         Elle est cernée d’un fossé et de deux basses cours. Dans l’une reste une chapelle dédiée à Saint-Jean-Baptiste avec une crypte semi enterrée du début du 12e Siècle.
         Ce château de Rivray dépendait des seigneurs de Nogent et fut détruit en 1428 pendant la guerre de 100 ans.
         Au 11e siècle, la vallée de l’Huisne est le théâtre des luttes entre les familles de Rotrou et de Bellême, qui multiplient les fortifications.
         La motte de Rivray, à Condé-sur-Huisne, est édifiée par Rotrou au milieu du 11e siècle. Haute de 15 m, d’un diamètre de 80 m à la base et 22 m au sommet, elle est flanquée de deux basses-cours. Elle portait à l’origine une tour de bois, à laquelle succède une tour carrée en pierre au début du 12e siècle. Une chapelle est alors édifiée au pied de la motte. La motte de conquête devient une résidence seigneuriale.
        Le mobilier archéologique évoque un mode de vie aristocratique. » [3]

     

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    Photo 1 extraite de https://www.visorando.com/randonnee-tour-des-collines-du-perche-etape-1-8-de/la-chapelle-de-rivray.html  ; photo 2 extraite de http://www.panoramio.com/photo/79090853 ; photo 3 extraite de http://www.mondes-normands.caen.fr/france/patrimoine_architectural/normandie/Perche/remalard/1806Conde/A.htm ; photo 4 extraite de http://www.mondes-normands.caen.fr/france/patrimoine_architectural/normandie/Perche/remalard/1806Conde/C.htm

     

    La chapelle Saint-Jean-Baptiste de Rivray


         « Le site de Rivray tire son origine du réseau de fortifications de terre mis en place au début du 11e s. par les Rotrou, seigneurs de Nogent, pour contrôler le comté du Perche en formation en bordure du territoire normand.
         Au 12e s., après la formation et la pacification du comté, la motte avec basse-cour devient le centre d’une seigneurie châtelaine. Un donjon de pierre de douze mètres de côté remplace alors l’ancien donjon en bois et d’autres constructions sont édifiées dans la basse-cour. Cet ensemble est occupé sans interruption jusqu’en 1428 où il est alors détruit, exceptée la chapelle castrale située au nord-ouest.
         De dimensions moyennes (environ 9 m sur 7 m) et bâtie sur un plan très simple, rectangulaire, elle était accolée à une grande salle de 15 m sur 9 m avec laquelle elle communiquait par une porte percée dans son mur nord-occidental.
         Cette pièce permettait également d’accéder à une salle basse à demi enterrée (une autre chapelle ?) dont les quatre voûtes d'arête rayonnant à partir d'un gros pilier central cruciforme supportaient la chapelle proprement dite. L’ensemble date des premières décennies du 12e s. » [4]

     

         Motte féodale de Rivray (cad. B 183) : inscription par arrêté du 19 août 1975.

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/mersri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA00110781

    [2] Extrait de http://www.loomji.fr/conde-sur-huisne-61116/monument/ancienne-chapelle-rivray-21863.htm

    [3] Extrait de http://maintenance-et-batiment.blogspot.fr/2016/07/fiche-historique-les-chateaux-forts_9.html

    [4] Extrait de http://www.mondes-normands.caen.fr/france/patrimoine_architectural/normandie/Perche/remalard/1806Conde/index.htm


    Bibliographie

    (extraite de http://www.mondes-normands.caen.fr/france/patrimoine_architectural/normandie/Perche/remalard/1806Conde/index.htm)


    - L'art roman dans l'Orne, Art de Basse-Normandie, n° 66, été 1975, p. 10, 19, 26, 27
    - Decaëns J., De la motte de conquête (11e s.) à la seigneurie châtelaine (12e s.). l’exemple de Rivray à Condé-sur-Huisne (Orne), Château Gaillard, XVI, 1994, p. 109-120

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