• LES REMPARTS DE BLANGY-LE-CHÂTEAU (Calvados)

    LES REMPARTS DE BLANGY-LE-CHÂTEAU (Calvados) LES REMPARTS DE BLANGY-LE-CHÂTEAU (Calvados) LES REMPARTS DE BLANGY-LE-CHÂTEAU (Calvados)

     

         Les ruines du donjon du vieux château de Blangy-le-Château. Construit au 11ème siècle, le château fut détruit au 14ème siècle durant la guerre de Cent-Ans.

     

    LES REMPARTS DE BLANGY-LE-CHÂTEAU (Calvados)     Arcisse de caumont, 1862 : « Blangy possédait un château-fort dont il reste encore quelques pans de murs. La construction consiste dans un blocage de moellons, régulièrement taillés pour faire parement. On n'y retrouve aucune moulure, aucune ouverture, et, dans un tel état de choses, il est impossible de préciser une date. C'est un reste du donjon, qui paraît avoir été carré. [Gravure ci-dessus extraite du même ouvrage.]

         En avant de cette ruine se trouvent des bâtiments, beaucoup plus modernes, qui lui forment en quelque sorte des ailes. Les toits d'ardoise sont rapides ; la pierre forme des angles en chaînage. Le reste est en briques.

         Du côté de la prairie se détachent deux petits pavillons carrés, construits d'après le même système, destinés originairement à accompagner une grille. Je regarde ces constructions comme datant du 17e siècle.

         Un cours d'eau qui serpente encore autour devait, dans l'origine, servir à alimenter les fossés de l'enceinte. » [1]

     

    LES REMPARTS DE BLANGY-LE-CHÂTEAU (Calvados)   LES REMPARTS DE BLANGY-LE-CHÂTEAU (Calvados)

    Plan hypothétique du site de la motte de Blangy-le-Château ; blason de Blangy-le-Château par Chatsam — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10669900

     

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    Photo 1 extraite de http://www.blangy-le-chateau.fr/tourisme-et-culture/patrimoine-culturel/le-chateau/ photo 2 extraite de http://forteresses1066.canalblog.com/archives/2010/03/27/17382418.html ; photo 3 extraite de http://www.alovelyworld.com/webfranc/htmfr/blangy_le_chateau_ruine_donjon.htm

     

    LES REMPARTS DE BLANGY-LE-CHÂTEAU (Calvados)     « (…) La motte est surmontée d’une tour en bois afin d’assurer la surveillance, une palissade en bois renforce le rôle défensif.

         [ photo ci-contre extraite de http://www.blangy-le-chateau.fr/tourisme-et-culture/patrimoine-culturel/le-chateau/ ]

         Le château fut construit au début du 11ème siècle, vers l’an 1000. C’est Gilbert Ier Crespin qui l’a fait édifier en sa baronnie. Il avait à l’origine un donjon carré en bois qui a été remplacé par un donjon en pierre. (...) 
         Au moment de la guerre de Cent Ans en 1346, lors de la première invasion anglaise, le château a un peu souffert, puis entre 1350 et 1370, il a été la proie des flammes. En 1382, il est libéré par les troupes du sire de Tancarville qui se battait aux côtés de Du Guesclin. Un lieu-dit de Blangy s’appelle les « Batailles » en souvenir de cette époque. Pendant quelques années, le château connut une certaine célébrité, mais en 1410, une nouvelle invasion anglaise se dirigeait vers Lisieux. Les Anglais employaient de l’artillerie. Ils s’installèrent dans les grottes du mont Brou pour bombarder le bourg et le château de Blangy, qui furent incendiés. En 1880, on a retrouvé des boulets anglais provenant de cette époque.
         L’herbage des « Buttes », qui se trouve sur la commune de Fierville, à la limite de Blangy, fut l’endroit où les Protestants, au moment des guerres de religion, se sont regroupés pour attaquer Lisieux. En passant à Blangy, ils ont achevé la destruction du château.
         Après la guerre de Cent Ans, le bourg de Blangy qui comptait, dit-on, 3 000 habitants, fut reconstruit, mais le château ne devait pas se relever de ses ruines ; ses pierres serviront, à plusieurs reprises, à encaisser les chemins de la commune !
         Aujourd’hui les vestiges du château médiéval sont constitués d’une motte conservée sur près de 5 m de haut, avec sur son sommet deux pans de murs envahis par la végétation. « Des tortuosités de lierre pénètrent dans chaque refend, payant la tour hospitalière qui les soutient… en l’étouffant » comme le dit si poétiquement Théophile Gautier.

         Il n’y a plus vraiment de douves, mais l’eau est toujours présente et vous l’écouterez couler sous la passerelle au bout de la venelle. [2]

         Proposition de restitution du donjon à partir des éléments archéologiques conservés élaborée par l’archéologue : 

     

    LES REMPARTS DE BLANGY-LE-CHÂTEAU (Calvados) LES REMPARTS DE BLANGY-LE-CHÂTEAU (Calvados)

    A gauche : proposition de restitution du donjon du 12ème siècle à partir des éléments archéologiques conservés, document extrait de http://www.blangy-le-chateau.fr/tourisme-et-culture/patrimoine-culturel/le-chateau/ ; à droite, vue aérienne du site de la motte de Blangy-le-Château extraite du site Géoportail. 

     

    Les Seigneurs de Blangy

     

         « (…) La famille Crespin a possédé le Château jusqu’en 1330, car à cette date, et après la mort du dernier héritier mâle des Crespin, il est devenu la propriété du sire Jehan II de Tancarville qui avait épousé Jeanne Crespin. (...)

         Ils se sont installés à Blangy vers l’an 1000, donc avant Guillaume le Conquérant. Gislebert Crespin baron de Blangy en 1020 s’est marié avec Gonnor de Centvilles, dame de Livarot. Vers 1030, Gislebert s’illustra par un fait d’armes pour le duc de Normandie en combattant contre le roi de France Henri Ier.

         Son fils Guillaume Ier Crespin avait été attaqué par des brigands. Pour remercier Dieu de l’avoir protégé il a signé une charte en 1050 avec les moines du Bec Hellouin dans laquelle ils faisaient don à l’abbaye du Bec, de la dîme des moulins de Blangy, du patronage de l’église de Blangy et de la dîme provenant du marché de Blangy.

         Pendant la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, on voit briller en 1066 à Hastings les fils Crespin, Guillaume Crespin Ier et Gislebert II ainsi que le neveu Milon, Hugues Le Vicomte et cinq autres membres de la famille Le Vicomte.

           Le fils de Guillaume Crespin Ier, Gislebert fut d’abord moine du Bec Hellouin puis est devenu abbé de Westminster en Angleterre, abbaye qu’il gouverna 32 ans comme en témoigne une plaque apposée sur la tour Saint-Nicolas de l’abbaye du Bec Hellouin. » [2]

     

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    Photo 1 extraite de http://forteresses1066.canalblog.com/archives/2010/03/27/17382418.html ; photo 2 extraite de http://chateau.over-blog.net/article-calvados-chateau-de-blangy-le-chateau-77206289.html 

     

         « Les Rôles de l'Échiquier de 1180 nous ont conservé les noms de Osbert de Blangy et de Durand de Blangy.

         Au milieu du 14e. siècle une nouvelle famille paraît en possession de la baronnie de Blangy, celle de Melun de Tancarville à qui elle était échue par le mariage de Jeanne Crespin avec Jean de Melun, sire de Tancarville (A. Deville, Histoire de Tancarville).

         L'invasion anglaise vint spolier les anciens propriétaires ; mais ils durent rentrer dans leurs droits quand les étrangers eurent été chassés du pays. » [1]

     

    Le château et la légende de Claire au bracelet d’or 

     

    LES REMPARTS DE BLANGY-LE-CHÂTEAU (Calvados)     « Au début du 14ème siècle, le comte de Hoyes, le bon Robert, comme on l’appelait dans la contrée, occupait le château avec sa femme Bertrade et Gaston, bel enfant de deux ans, unique héritier de la famille, doué d’une imagination vive et d’une intelligence précoce.

         Il faisait les délices de sa famille et surtout la joie de son vieux père.
    Bertrade, qui craignait qu’une jeunesse orageuse ne vint troubler les heureux instincts de la nature dans cette âme candide et pure, confia son éducation à un digne prêtre du lieu…
         Pour son malheur, la providence devait réserver à Gaston une terrible épreuve.
         L’année 1348, avec son double et douloureux cortège : peste noire et occupation étrangère, allait couvrir d’un long deuil notre belle province. Le bon Robert allait mourir le premier, et deux mois plus tard, Bertrade allait rejoindre celui qu’elle avait tant aimé sur la terre. Désemparé, Gaston quitta Blangy pour se rendre à Paris y achever ses études. Il ne devait revenir au château qu’à sa majorité. Hélas ! bien vite, les voisins s’aperçurent que le fils du comte avait bien changé : on ne parlait plus que des orgies se déroulant dans un pavillon du château.
         A peu de distance de là, vivait une jeune fille d’une rare beauté et d’une conduite exemplaire. Elle s’appelait Claire. Gaston avait, en vain, épuisé près d’elle toutes les séductions. Ne pouvant réussir à toucher son cœur, et connaissant son goût pour le luxe et les parures mondaines, il lui avait alors présenté un bracelet d’or magnifiquement ciselé appartenant à sa mère. Claire ne put résister à la vue de ce bijou et accepta le présent. Elle oubliait que trop souvent quand une jeune fille accepte les présents d’un jeune homme, elle est bien près de payer la valeur du cadeau aux dépens de son bonheur. Elle devint donc, elle aussi, une habituée du château.
         Un jour, elle était allée, comme à l’ordinaire, rejoindre le jeune homme au château. La chaleur était excessive, et, çà et là, paraissaient de gros nuages cuivrés.
         La nuit précédente, les habitants avaient entendu, avec effroi, l’aboiement des chiens et le cri lugubre de la chouette. On était alors aux mauvais jours de l’occupation anglaise et la misère publique était si grande que les routes et les chemins étaient infestés de brigands.
         Quelques-uns n’hésitaient pas à venir jusque dans les bourgs pour piller à mains armées. C’était, ce jour-là, le tour de Blangy. Une heure après le coucher de soleil, on entendit dans différentes maisons des appels au secours. Un autre spectacle n’allait d’ailleurs pas tarder à effrayer les malfaiteurs eux-mêmes. Le tonnerre roulait, le ciel était de feu. Tout à coup, une lueur jaillit dans la nuée et couvrit le château : un fracas épouvantable répondit aux éclats de la foudre et un violent incendie éclaira le village.
         En quelques instants, le château fut presque entièrement consumé. On chercha, en vain, le propriétaire du château, il avait disparu…

         Mais Claire ? Nul ne put en avoir la moindre nouvelle.

         Seulement, le soir, quand une femme attardée était obligée de passer dans le chemin qui longeait les restes du château, une jeune fille vêtue de noir et foulant aux pieds les restes d’un bracelet, apparaissait à l’angle de la tourelle et accompagnait la voyageuse jusqu’à l’extrémité du mur, répétant inlassablement : « Femme que mes souffrances te servent de leçon. »
         L’apparition dura, dit-on, jusqu’aux guerres de Religion, époque à laquelle les Protestants achevèrent de brûler de château. Mais, longtemps encore après, on parlait de la légende de Claire, « La fille au bracelet d’or ». [2]

     

    Sources :

     

    [1] Statistique monumentale du Calvados, Volume 4 par Arcisse Caumont Derache, 1862 https://books.google.fr/books?id=e8kDAAAAYAAJ&pg=PA387&focus=viewport&dq=Blangy-le-Ch%C3%A2teau+Calvados+Statistique+Caumont&hl=fr&output=text#c_top

    [2] http://www.blangy-le-chateau.fr/tourisme-et-culture/patrimoine-culturel/le-chateau/

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