• LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

    ... Et voici l'article sur Caen, aussi complexe à réaliser que celui sur Rouen... Une surface fortifiée très importante difficile à rendre en un seul plan ci-dessous...

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)   LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

    Plan hypothétique des remparts de la ville de Caen ; blason de Caen par Syryatsu — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3057057

     

    Légende

    LLES REMPARTS DE CAEN (Calvados)E CHÂTEAU

    1 donjon

    2/3/4/5 tours du Cheval Noir/Blanc/Rouge/Gris (chemise du donjon)

    6 porte des Champs ou de la Pigacière dite « de Secours »

    7 barbacane de la porte des Champs

    8/9 tours de (?)

    10 tour de la reine Mathilde, à l’angle sud-est du Château de Caen.

    11/12 tours de (?)

    13 porte Saint-Pierre

    14 barbacane de la porte Saint-Pierre

    15 tour du Jardinier

    16 tour de (?)

    17 tour du Bedeau

    18 tour Puchot, à l’angle nord-ouest du Château pour protéger la porte Saint-Julien

    Gravure ci-dessus : Veüe du chasteau // de Caen // dessiné du costé d'une hauteur en dehors // de la Ville vis a vis // 1702 / [Louis Boudan] http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69017277

     

    LE BOURG-LE-DUC puis BOURG-LE-ROI

    19 porte Saint-Julien ou Calibourg (Calibor) ou Vilaine ouvrant sur le faubourg Saint-Julien et la partie ouest du Bessin. Mentionnée en 1247. Elle est détruite en 1785.

    20 porte des Mineurs derrière le jardin des Cordeliers, ouvrant sur les fossés de Saint-Julien (vers l’actuelle clinique de la Miséricorde, anciennement couvent des Cordeliers). (?)

    21 tour Silly ou des Cordeliers. Elle remplace la porte des Mineurs.

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)22 tour Saint-Julien, classement au titre des monuments historiques depuis le 13 juin 1927.

    23 porte Saint-Martin ou du Marché ou de Bayeux ou Pémagnie ou Baudry accédant à la route de Bayeux (vers Bessin ou Bretagne), après suppression de la Porte Arthur. Détruite en 1783.

    24 porte Arthur ou au Duc (?) donnant entrée sur le Bourg-l'Abbé, vers la rencontre des fossés de St-Martin et de St-Étienne. Elle fut fermée lorsqu'on construisit la tour Chastimoine voisine.

    25 tour Chastimoine ou Grosse Tour ou de Harcourt ou aux Fous. Elle remplace la porte Arthur. Construite sur un plan de fer à cheval entre 1455 et 1465, elle sert par la suite de dépôt aux aliénés. Elle est détruite au cours des années 1785-1787.

    26 tour Lourirette

    27 porte Saint-Étienne (à proximité de l’église Saint-Étienne-le-Vieux) ouvrant le long des jardins de l'abbaye St-Étienne, vers Saint-Ouen et les grandes prairies. Elle est détruite en 1758.

    28 porte de l’île Renaud (non loin de celle de la Porte Saint-Étienne) (?) 

    29 porte de la Boucherie ou Notre-Dame placée dans la Venelle-aux-Chevaux (actuelle rue de Strasbourg), où passe le Grand-Odon, et conduisant au pont St-Jacques ;

    tour de la Boucherie ou Meritain, tour proche de la porte de la Boucherie.

    30 porte du Moulin sur le moulin de Saint-Pierre (au bout de la rue Hamon sur l’actuel boulevard Maréchal-Leclerc)

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)31 porte du Pont de Darnetal ou Pont St-Pierre (fortifié par le Châtelet) donnant accès sur les prairies au sud, par la Chaussée-Hiémoise (plus tard rue Saint-Jean) menant au pont de Vaucelles. Cette porte était le seul point de passage entre le Bourg-le-Roi et l'Île Saint-Jean. Le Châtelet est la première maison de ville au 13e siècle et disposait d'un carillon.Sur ses murs, était inscrit la devise de la ville : « un Dieu, un Roy, une Foy, une Loy ». Le Châtelet est détruit en 1755.

    Le Châtelet par Georges Bouet — Bibliothèque municipale de Caen, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3179317

    32 tour Leroy ou Guillaume-Le-Roi ou Bazin ou de la Basse Rue ou de Lévi ou de Saint-Malo. Elle était reliée par une chaîne à une tour située sur la rive droite de l'Odon, la tour aux Landais. Elles sera utilisée comme prison pour les contrebandiers. Elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 19 avril 1933.

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)33 porte au Berger communiquant avec les faubourgs de Saint-Gilles et du Vaugueux, et donnant accès aux chemins de La Délivrande et de Ouistreham. Elle est détruite en 1782.

     

    L'ÎLE SAINT-JEAN

    34 tour aux Landais ou au Maréchal, reliée à la tour Leroy par une chaîne pour protéger l’accès au port. Du nom et du titre d'un personnage de cette famille des Landois, connus comme maréchaux héréditaires de Venoix, au 14e siècle, et qui avaient leur hôtel près de là.

    35 porte du Bac, Saint-Malo ou Saint-Gilles donnant accès au port et communiquant de la rue Saint-Malo à la rue Basse-Saint-Gilles, et conduisant à Bénouville, Ouistreham, etc

    36 tour Lebaski à l’extrémité de la rue Neuve-Saint-Jean

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)37 tour Machard ou au Massacre, vers l’angle sud-ouest de la place d’armes placée au point où se réunissaient alors les deux courants de l'Orne. Elle arrêtait les navires remontant la rivière, pour leur faire payer les redevances. On y avait attaché une chaîne de fer, qui se tendait d'un côté à l'autre de la rivière. Renaud Machart, bailli de Caen en 1446, l'aurait faite construire. Une figure sculptée sur la pierre aurait été l'effigie de ce Machard. 

    La tour Machard par  François-Gabriel-Théodore Basset de Jolimont — Bibliothèque nationale de France, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3395355

    38 tour Malguéant ou Malquéant ou des Moulins de l’Hôtel-Dieu de Caen à proximité de la Porte Millet (?)

    39 porte Millet (entre l’île Saint-Jean et Vaucelles) mentionnée en 1175. Elle est détruite au début des années 1760.

    40 tour-ès-Morts, vers l’angle entre la promenade de Sévigné et le cours de Gaulle (rue Paul Toutain)  Cette tour tombait déjà en ruine avant le sinistre de 1944. Vétuste et barricadée, danger public, elle fut soufflée par les bombes. Son nom : la Tour des Morts ou Tour-ès-morts car située proche du cimetière de l'Hôtel Dieu.

    41 tour Anzeray (?)

    42 tour Pendant (?)

    43 porte des Jacobins sur le courant de la Petite-Orne, vers le pont Saint-Jacques (vers le théâtre) et tour Saint-Jacques (?)

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

    Caen, cadastre Napoléon, section I consultable sur Gallica.

     

    LES NOUVELLES FORTIFICATIONS : LES PETITS PRÈS (16e-17e s)

    44 bastion de la Foire à l'extrémité sud du champ de foire, sur la partie nord-ouest du canal du duc Robert. Commencé au temps d'Henri IV, vers l'an 1595 et achevé sous Louis XIII, en 1620 et formé en majeure partie du jardin de la Cercle, acheté aux religieux dominicains.

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)45 porte Neuve ou des Prés (sur la courtine construite en 1590, du côté ouest de l’actuelle place Gambetta).

    La porte des Près par Ch. Pichon d'après un tableau de Ch. de Vauquelin de Sassy — Fernand Enguerrand, « Histoire du musée de Caen » dans Bulletin de la Société des beaux-arts de Caen, Caen, Imprimerie Charles Valin, 1878, 5e volume, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7796623

    46 bastion des Jésuites placé vers le nord-ouest du bastion de la Foire, le long des Jésuites, sur le courant du Grand-Odon au point de son entrée en ville. Il fut construit probablement de 1610 à 1617. On l'attribuait au maréchal d'Ancre, qui était alors gouverneur de Caen.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)L'ABBAYE-AUX-HOMMES

    47 tour d'angle, rue du Carel, inscrite au titre des MH depuis le 24/02/1928

    48 tour Guillaume, dans la cour de l'ancien palais ducal, inscrite au titre des MH depuis le 2/05/1927.

    Dessin à gauche : domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=289134

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)LE SÉPULCRE

    49 Pillée en 1346, les chanoines de la collégiale du Sépulcre reçoivent l'autorisation de se mettre en sûreté en s'entourant de remparts et de fossés. En 1372, il est fait mention d'une enceinte défensive entourant l'église, son cimetière, ainsi qu'un jardin ; l'accès à l'ensemble se faisait par une porte à deux vantaux à claire-voie. Le fort était également protégé par cinq balistes. Mais ces fortifications, insuffisamment entretenues, ne permettent pas de résister à un assaut et disparaissent avant le 16e siècle.

     

    L'ABBAYE-AUX-DAMES

    50 L'abbaye aux Dames reçoit en 1359 l'autorisation de collecter une taxe afin de renforcer ses défenses.Un donjon est alors construit au sud de l’église (arasé en 1812) et une tourelle de guet est aménagée dans la tour sud de l’abbatiale. Chaque habitant du bourg de Calix devra faire le guet à tour de rôle. L’abbaye devient une véritable place forte au sommet d’une colline, ce qui en fait l’objet de nombreuses convoitises. En 1417, les hommes du duc de Clarence réussissent à s’en emparer. Le roi d’Angleterre, Henri V, décide d’y installer son quartier général.

     

    La même chose sous un aspect peut être plus pratique :

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)  LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

    A gauche : Le vray Pourtraict de Caen en 1575 par François de Belleforest — La Cosmographie universelle de tout le monde. Paris, 1575. Traduction en français de la Cosmographia de Sebastian Münster., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2990845 ; A droite : Caen à l’époque classique (1705) par Nicolas de Fer — Archives, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2919483

     

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         "Les fortifications de Caen ont longtemps été un signe de la richesse de la cité, bien qu’elles n’aient pas permis de protéger la ville des agressions extérieures, notamment pendant la guerre de Cent Ans. C'est un des éléments les plus importants du patrimoine militaire de Caen.

         Le premier témoignage historique de l'existence de la ville de Caen est une charte de l’abbaye de la Trinité de Fécamp datant de 1025 qui mentionne des églises, un port, des moulins, un marché et d’autres activités, mais la ville était encore ouverte. La ville s'entoure de murs dès la conquête de l'Angleterre. Constituée en réalité de plusieurs ensembles fortifiés, la ville garda longtemps un développement multipolaire. Les remparts furent démantelés au 18e siècle, mais il demeure quelques vestiges disséminés dans la ville.

     

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    Le château

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)     Vers 1060-1080, la muraille du château de Caen est construite. Ces remparts sont maintes fois réaménagés mais l’emprise du château n’a que peu évolué depuis le 11e siècle. Les accès au château en revanche ont été modifiés au fil des siècles. À l’origine, l’accès se faisait par une tour-porte au nord à proximité immédiate du donjon ; au sud, on trouvait une petite poterne accessible depuis un étroit sentier assez abrupt. Au 13e siècle, quand la ville devient française, Philippe-Auguste fait construire une courtine autour du donjon et on supprime partiellement l’entrée nord. Un nouvel accès principal, la Porte des Champs ou de la Pigacière, est alors construit au nord-est de l’enceinte. Elle est précédée au 14e siècle par une barbacane. À la même époque, une véritable entrée est aménagée au sud avec la construction de la porte Saint-Pierre qui est, un siècle plus tard, au 15e siècle, également dotée d’une barbacane. L’enceinte, hérissée de tours, est entourée de fossés que l’on peut encore voir aujourd’hui. Les murailles de la ville se rattachent à l'enceinte du château au niveau de la tour Puchot à l'Ouest et de la tour Mathilde à l'est. Ces deux tours ont été construites au début du 13e siècle.

    Document virtuel ci-dessus montrant le donjon restitué du château de Caen extrait de http://www.club-innovation-culture.fr/levesque-musee-normandie-maitrise-contenus-enjeu-numerisation/

     

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    Bourg-le-Roi

         Sous Guillaume le Conquérant, la cité au pied du château est également clôturée. D'après les chartes de l'abbaye aux Hommes, créée à cette même époque, les travaux commencent après la conquête de l’Angleterre et sont terminés en 1077. Dans l'une des premières chartes de Saint-Étienne, il est fait notion du bourg « à partir du mur vers l'ouest ». A d'autres endroits, il ne doit s'agir sûrement que d'une levée de terre semble-t-il précédée d'un fossé, puisque qu'un texte de 1083 mentionne une partie du cimetière Saint-Étienne-le-Vieux comme étant « située à l'extérieur du fossé au roi ». Cet ouvrage était peut-être surmonté d'une palissade en bois. La valeur défensive de l'ensemble est toutefois hypothétique. Il semble plutôt qu'il était destiné à délimiter le Bourg-le-Duc des faubourgs placés sous la juridiction des abbayes. Aucune preuve archéologique ou textuelle ne fait d'ailleurs mention d'ouvrages au nord et au sud du bourg ; peut-être la présence de barrière naturelle (le coteau de Bagatelle au nord et la rivière au sud) semble-t-elle suffisante. Le clos enserre la paroisse de Saint-Sauveur, une grande partie des paroisses Notre-Dame, Saint-Étienne et Saint-Pierre et une portion plus congrue des paroisses Saint-Martin et Saint-Julien, la majeure partie de ces dernières étant placées de fait en position de faubourg.

     

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         Au début du 13e siècle, il est plausible que l'octroi de privilèges communaux soit accompagné d'un renforcement des structures défensives de la cité. Bien qu'aucune source écrite n'accrédite cette thèse, il est probable que les murs est et ouest prennent leur caractère militaire à cette époque. Il ne s'agit probablement que d'une palissade en bois percée de portes. La mention de la porte au Berger en 1245 serait la première référence à ces fortifications. Ce n'est toutefois qu'après la prise de la ville par les Anglais en 1346 que sont entrepris la construction d'une enceinte en pierre, le roi Philippe de Valois donnant des lettres patentes pour que les Caennais reconstruisent les murailles à leur frais. Charles le Sage autorise l'abbesse de la Trinité en 1358 à prélever un impôt supplémentaire afin de financer les travaux de renforcement. Le murs, d'une épaisseur de 6 à 7 pieds, sont surmontés d'un chemin de ronde et flanqués de 32 tours rondes ou carrées, avec plate-forme pour l'artillerie ; le tout étant protégé par des fossés ou par des cours d'eau. Les différents ouvrages sont construits entre 1346 et 1363. Au nord, le nouveau mur précédé d'un fossé abrupte, creusé au pied du coteau, se prolonge jusqu'au douve du château dont il est séparé par un mur. Au sud, les « petits murs », larges d'environ 2,10 m, sont élevés le long de l'Odon et une muraille est érigée entre le pont Saint-Pierre et le mur oriental à l'emplacement de l'actuel chevet de l'église Saint-Pierre. Le mur oriental est également reconstruit, comme l'atteste une source datant de 1409, et précédé d'un fossé. À l'ouest, un nouveau mur est également dressé, légèrement plus proche de l'église Saint-Étienne-le-Vieux que les ouvrages en terre qui l'ont précédé.

         Endommagés lors des sièges de la ville en 1417 et en 1450, cet ensemble d'ouvrage est reconstruit. Après la reprise en main de la ville par les Français, le système défensif est remanié par la construction de deux tours rondes protégeant l'angle nord-ouest (tour Chastimoine) et le flanc nord (tour de Silly) de la ville. L'enceinte prend alors sa forme définitive. Les murs semblent avoir été construits rapidement. Des fouilles menées sur le rempart nord en 1970 ont démontré que ce dernier reposait sur des fondations très peu profondes. L'emploi de ces méthodes de construction peu appliquées expliquerait la rapide détérioration des murailles qui durent être reprises dès le 16e siècle.

         Au 16e siècle, des travaux d'entretien et de réfection sont menés. À la fin des années 1570, la Porte Millet et la Porte au Berger sont réparées. Dans les années 1580, la porte de Bayeux est rénovée et un corps-de-garde est construit pour la protéger. Dans les années 1590, c'est la porte Saint-Julien qui fait l'objet de travaux.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

    Plan de Caen par Matthäus Merian l’Ancien publié en 1657 — Archive Municipale de Caen, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2990298

     

    L’île Saint-Jean

         Le nouveau duc de Normandie Robert Courteheuse, fils du Duc Guillaume fait creuser au début du 12e siècle un canal entre la Noë (petit bras d’eau) et l'Orne. Il fait aussi construire une première muraille à partir de 1102. Afin que la nouvelle rivière artificielle soit toujours en eau, il fait détourner une partie du cours de l’Orne grâce à la construction d’un barrage nommé la Chaussée Ferrée. Saint-Jean devient ainsi une île. Mais ces cours d'eau peuvent être traversés à gué pendant l'été. Ainsi en 1343, en prévision d'une attaque de la ville par les Anglais, une palissade en bois est élevée le long des rivières. Cette enceinte n'empêche pas la prise de la ville par Édouard III. C'est alors qu'est prise la décision d'ériger une ligne de remparts autour de l’îlot. Elle part de la tour au Landais (en face de la tour Leroy, longe le bras de l'Orne jusqu'au sud (actuel quai Vendeuvre) puis repart vers l'ouest vers le canal Robert pour finalement rejoindre les petits près. L'enceinte est relevée après les sièges de 1417 et 1450.

         Au Moyen Âge, le port de Caen est aménagé sur les berges de l'Odon, côté Saint-Jean. Il est protégé par la tour Leroy, sur la rive gauche, et par la tour aux Landais, sur la rive droite, reliées entre elle par une chaîne empêchant des navires hostiles de remonter le cours de la rivière.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

     

    Les abbayes

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)     L'abbaye aux Hommes (au-dessus à gauche) et l'abbaye aux Dames (à droite) sont fondées au milieu du 11e siècle par le couple ducal. Elles sont probablement entourées d'un mur marquant les limites de leurs propriétés et les protégeant des pillards. Toutes les deux ont juridiction sur les faubourgs qui les environnent ; ainsi sont formés le Bourg-l’Abbé autour de Saint-Étienne et le Bourg-l’Abbesse autour de la Trinité et de Saint-Gilles.

    Plan ci-dessus extrait de https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_aux_Hommes 

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)Pendant la Guerre de Cent Ans, la ville est prise et dévastée à plusieurs reprises ; les abbayes subissent également les assauts des belligérants. L'abbaye aux Dames reçoit en 1359 l'autorisation de collecter une taxe afin de renforcer leurs défenses. L'abbaye aux Hommes est également fortifiée. En février 1433, Henri VI d'Angleterre, qui occupe la ville depuis 1417, ordonne l'abaissement des murs des bourgs abbatiaux. Les murailles sont en fait conservées, mais les fossés de l'abbaye aux Dames sont comblés.

    Veüe de l'Abbaye de la // SAINCTE TRINITE DE CAEN // fondé par Guillaume le Conquerrant Roy // d'Angleterre et duc de Normandie, pour // des religieuses benedictines. // dessiné du costé des prez 1702 / [Louis Boudan ?] http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6901730q

    Les nouvelles fortifications (Petits Près)

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)     Les deux ensembles fortifiés de Bourg-le-Roi et de Saint-Jean ne forment pas un ensemble cohérent. Entre les deux agglomérations, un morceau de campagne, les Petits Prés, pénètre jusqu'au cœur de la ville. Pour remédier à cet état de fait, une courtine est construite à partir de 1590 pour relier la porte Saint-Étienne et l'île de la Cercle, appelée ensuite le Champ de foire. Ce rempart s'appuie sur deux bastions élevés l’un près de la porte Saint-Étienne, appelé bastion des Jésuites à partir du 17e siècle, l’autre dans la Cercle des Jacobins, nommé bastion de la Foire.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)Une porte percée dans la courtine, dite porte neuve ou des Près, permettait d'entrée dans la ville depuis la Prairie. Le quartier de la place Royale peut alors être aménagé à l’emplacement des Petits Près entre cette courtine et les enceintes de Bourg-le Roi et de l’île Saint-Jean. Cet espace offre ainsi l’avantage de combler le vide entre la paroisse Notre-Dame et la paroisse Saint-Jean en permettant de sécuriser par la même occasion la chaussée Saint-Jacques, voie de circulation permettant de désengorger le Pont Saint-Pierre. La partie des murailles située désormais à l’intérieur de l’espace urbain devient alors obsolète.

    Ci-dessus : plan de fortifications de la ville et du château dessiné vers 1695-1713 par Inconnu (Collection Roger de Gaignières) — Cette image provient de la Bibliothèque en ligne Gallica et est d’identifiant btv1b6901726t https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7308196

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)Destruction des enceintes

         En 1432, les Anglais envisagent de détruire certaines fortifications autour de Saint-Étienne et la Trinité puis se ravisent.

         La destructions des fortifications commence à la fin du 17e siècle par les Petits murs, rendus obsolètes par la construction de la courtine. La tour Saint-Jacques et la Porte des Jacobins sont ainsi détruites pour ouvrir la rue de Bernières. Les tours sont utilisées comme prison.

         Mais le mouvement s'accélère dans la seconde partie du 18e siècle quand les édiles et les officiers royaux conçoivent de grands plans d’urbanisme pour aérer la cité médiévale. Malgré le rapport du maréchal de camp Louis Le Bègue Duportail qui préconise la remise en état des fortifications, celles-ci sont démolies progressivement. En 1716, les murs le long des quais entre la tour aux Landais et le pont Saint-Pierre sont abattus ; de l’autre côté de cette tour, les murs soutenus par des terrasses sont arasés et le terrain pavé afin d’élargir la rue des quais. Afin d’aménager la place Saint-Pierre et d’améliorer la circulation générale, notamment sur l'axe Paris – Cherbourg, on détruit le Châtelet en 1755 et la Porte Millet, au sud de l'île Saint-Jean, au début des années 1760. Dans les années 1750 encore, l’intendant de la Généralité de Caen, François-Jean Orceau de Fontette, fait raser une partie des remparts vers le Coignet aux Brebis, extrémité ouest de la place Saint-Sauveur, pour aménager la place Fontette et ouvrir une nouvelle voie d’accès à la ville par l’ouest à travers les jardins de l’Abbaye aux Hommes, la rue Guillaume le Conquérant. La porte Saint-Étienne est détruite en 1758. La tour Chastimoine est détruite à la fin des années 1780 pour construire le nouveau Palais de Justice. LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)En 1782, la porte au Berger est démolie. En 1783, la porte de Bayeux est démolie pour créer la place Saint-Martin et en 1785, la porte Saint-Julien disparaît. En 1786, on comble les Fossés Saint-Julien pour les aménager en promenade. Les fortifications des deux abbayes sont également démantelées. On aménage les jardins de l’Abbaye aux Hommes en remblayant le terrain pour créer une grande esplanade.

         Les destructions continuent tout au long du 19e siècle jusque dans la première partie du 20e siècle. En mai 1806, la porte des Près est démolie. Sur l’ancienne courtine, est créé l’actuel Boulevard Bertrand. Puis en août 1819, c'est au tour de la porte de la Basse rue d'être démolie ; c'est la dernière porte à avoir été détruite. En 1821, les vestiges de l'enceinte de l'Abbaye aux Dames sont également démolies. En 1830, les tours du Massacre et Malguéant sont également démantelées. En 1922, le canal Robert est comblé.

         Lors de la destruction de l'hospice Saint-Louis au début des années 1920, un pan des murailles demeurant entre l'actuelle place Maréchal Foch et la place du 36e Régiment d'infanterie est démoli afin de lotir le quartier Saint-Louis. La tour Ès-Morts et la tour Devers-les-Près font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques en 1921 et sont conservées. Mais en 1926, la tour Devers-les-Près, dans un état de délabrement trop avancé, est radiée de la liste des monuments historiques. La tour Ès-Morts quant à elle est détruite pendant les bombardements de la bataille de Caen.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

    A gauche : la tour-ès-morts ; à droite, la tour Machard (?)

     

    Les vestiges

         On peut encore retrouver des traces des différentes enceintes dans le tissu urbain d’aujourd’hui."

    Texte ci-dessus extrait de Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fortifications_de_Caen

         Vestiges actuels (en dehors du château)

     

    o un mur dans une cour de la rue de Geôle (19) donnant sur le rue Gémare, entre l'ancienne école des Beaux-Arts et une crèche.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) Photos GP

     

    o un mur et une tour dans la cour de la clinique de la Miséricorde.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) Photos GP

     

    o la tour Leroy (32).

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) Photo GP

     

    o la tour Saint-Julien inscrite dans le mur du Collège Pasteur avec les anciennes murailles de la ville qui délimite le sud des fossés Saint-Julien (22).

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) Photos GP

     

    o le soubassements d'une tour accolée à l'abside de l'église Saint-Pierre.

     

    o les anciennes murailles de la ville au pied de l’église Saint-Étienne-le-Vieux (à l’origine le sol dans ce secteur était plus bas, puisqu’il a été remblayé au 18e siècle) (27).

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) Photo GP

     

    o une tour du 14e siècle et les vestiges défensif du mur de l'abbaye aux Hommes, rue du Carel (47).

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) Photo à gauche : GP ; photo à droite extraite de https://www.bing.com/images/search?q=enceinte+remparts+bourgs+normandie&view=detailv2&&id=96F80E9DBE46B72E10C1E1E137E5FEE0E06F86C3&selectedIndex=0&ccid=b%2f2qglRb&simid=608025851078378693&thid=OIP.M6ffdaa82545b6fd8b110f8b204ddc510o0&ajaxhist=0

     

    o la tour Guillaume du 14e siècle de l’enceinte de l’abbaye aux Hommes dans la cour du Palais Ducal, rue Lebailly (48).

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) Photo GP

     

    o l'ancien mur du bastion des jésuites dans la cour de ERDF, promenade du Fort (46).

     

    o une levée de terre dans les jardins de l'hôtel de préfecture du Calvados révélant le tracé d'une ancienne courtine du 16e siècle.

     

    o enfin en 2015, lors des travaux de construction d'un immeuble sur le site de l'ancienne caserne Martin, l'Institut national de recherches archéologiques préventives retrouve les fondations du bastion de la Foire du 16e siècle, dont le bon état de conservation justifie des fouilles complètes (44)... D'après https://fr.wikipedia.org/wiki/Fortifications_de_Caen

     

    Bonnes pages :

     

    o Les Recherches et antiquités de la province de Neustrie, à présent duché de Normandie par Charles de Bourgueville, sieur de Bras, 1588 : https://books.google.fr/books?id=eKxfAAAAcAAJ&pg=PA193&dq=Sieur+de+Bras+Caen&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiygKvg1Z7OAhXFWxQKHbtQCJoQ6AEIHjAA#v=onepage&q=remparts&f=false

    o Les Origines de la ville de Caen, et des lieux circonvoisins par P. D. Huet, 1702 : https://books.google.fr/books?id=BqpfAAAAcAAJ&pg=PA89&lpg=PA89&dq=Porte+neuve+Caen&source=bl&ots=3z6X3zl4Zf&sig=RrRCqxoRdRHSGEzkfEHcf5m00L4&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjp5cyxypnOAhVMDcAKHeQKDLsQ6AEIQTAG#v=onepage&q=Porte%20neuve%20Caen&f=false

    o Histoire de la ville de Caen par F. Vautier, 1843 : https://books.google.fr/books?id=fQIIAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=Histoire+de+la+ville+de+Caen&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj38s_Y057OAhVmCsAKHVK6CMgQ6AEIHjAA#v=onepage&q=Enceinte&f=false

    o Vidéos sur Viméo : https://vimeo.com/96469450 http://www.dailymotion.com/video/x2p6au7

     

     

    Survol du Château de Caen par drone-activity.com : https://www.youtube.com/watch?v=5Bnjn133Pr4

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