• LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche) LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche) LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche) LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche) LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche)

     

         Mortain a eu un château et une enceinte fortifiée entourant la ville au Moyen-Age. Peu de sources sûres sur le tracé de ces fortifications si ce n'est dans le livre de Victor Gastebois sur « Le Vieux Mortain » édité en 1930...[NDB] : 

     

    LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche) LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche)

     

    Le Moyen Âge

     

         « La région fut annexée à la Normandie en 933. Le comté de Mortain comprenait de vastes territoires : sa juridiction s’étendait sur presque l’actuel département de la Manche et une partie de l’Orne et du Calvados (soit grossièrement à partir de La Haye du Puits, Villers-bocage, Aunay sur Odon, Agentan, Flers).
          C’était une ville frontière face à une Bretagne hostile. Le duc Guillaume le Conquérant confia ce fief à son demi-frère Robert. Le comte Robert après la bataille d’Hastings devint un des plus importants personnages de la cour ducale. Il était en Angleterre, comte de Cornouailles, possesseur de près de mille manoirs. Il pacifia la Northumbrie d’où la plupart des experts pensent qu’il ramena le fameux "chrismale", fleuron du trésor de la collégiale.
          Robert constitua à Mortain une brillante cour, dans le château. "
    [1]

     

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    Gravure à droite : ruines du château de Mortain, gravure de 1839

     

          " Le château qui sans doute sous le règne de Guillaume Longue Épée était en bois fut construit en dur au 11e siècle. Sa situation était particulière, dominant à pic la vallée de la Cance, et bien protégé côté ville par un fossé, un étang, des obstacles naturels et une passerelle.
    Au contact de la cour comtale, une des plus brillantes d’Europe, la ville se développa tout d’un coup. Il fonda la Collégiale de Saint-Evroult en 1082, les travaux dureront onze ans. "
    [1]

     

        "  En 1888, dans son livre « Le diocèse d'Avranches », Émile-Aubert Pigeon donne cette description du château de Mortain : « La ville de Mortain eut un château dès le 10e siècle. Nous en trouvons la preuve dans la grande charte de Richard II. Ce château, qui fut agrandi et complété au 12e siècle, avait un emplacement fort remarquable. Élevé sur un rocher de grès armoricain, abrupte sur trois côtés, il ne se rattachait à la ville fortifiée que par un isthme. Cette langue de terre était en­core coupée par un énorme fossé qu'on ne pouvait franchir qu'à l'aide d'un pont-levis. » (…) « Le castrum, qui suivait les mouvements du rocher, offrait une forme trapézoïde. Ses murailles étaient reliées par quatre tours généralement rondes. Le donjon était au couchant de l'enceinte. Sa base qui existe encore nous prouve qu'il était rectangulaire ». [3]

     

         " Pour protéger cette fondation ainsi sans doute que la petite ville en pleine expansion, celle-ci s’entoura de remparts. De fait, il fallait relier le château citadelle à une ville close dont l’enceinte formait un vaste rectangle comportant deux portes fortifiées (Bourg-Lopin et Planche-Majotin), quatre tours d’angles et plusieurs autres sans doute tout au long des remparts.
         En 1106, après la bataille de Tinchebray, le comté passa sous domination Anglaise et ce jusqu’en 1204. Henri Ier Beauclerc fit démolir une grande partie de l’enceinte fortifiée et en septembre 1212, Philippe Auguste vint faire le siège de cette citadelle qui fut prise en quatre jours sans trop de dégâts.
         A l’extinction de la maison de Boulogne, Saint Louis rattacha Mortain directement à la Couronne, puis vint la guerre de Cent ans. Charles le Mauvais, ennemi du roi de France était devenu comte d’Évreux et de Mortain. Il renforça les défenses, mais en 1355 le traité de Valognes le redonna à Jean Le Bon.
         Le parti royal dut le reprendre en 1378 sans trop d’effusion de sang.
    En 1418, les Anglais s’emparèrent de toute la Normandie sauf le Mont, et la reconquête passait forcément par Mortain où cette fois (en 1449), ce fut plus rude.
         Le traité de Formigny [ NDB : bataille ? ] ramena la paix, les murailles avaient sans doute souffert et il n’est plus question de château dans l’histoire.

     

    Les Temps Modernes

     

         Le 6 mars 1562, L’attaque des Huguenots mit plutôt à mal la ville, surtout la collégiale.
         Le pouvoir royal au 17e siècle délaissa assez rapidement ces forteresses qui se dégradèrent rapidement. "
    [1]

     

    LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche)Le 19ème siècle

     

         " La période révolutionnaire fut relativement calme, si ce n’est une attaque des chouans le 24 décembre 1795 (18 tués chez les royalistes), repoussée par la vaillante garnison républicaine.
    On sait que le donjon fut abattu en 1792, et la dernière tour dite "des archives" tomba en 1838. "
    [1]

     

         " Au 19ème siècle ne subsiste plus en effet que la tour dite du « Dessous-la-Porte » devenue la tour des Archives. L'archiviste Hippolyte Sauvage la décrit ainsi : « Nous l'avons vue dans son entier, fort bien conservée et couverte d'un toit en poivrière ; nous avons gravi son escalier en spirale ; sa hauteur était d'environ 25 mètres. Divisée en trois chambres voûtées, on y conserva les archives : le bas fit affecté aux greffes, le milieu aux titres, et la partie supérieure aux registres des notaires. Cette tour s'est écroulée en avril 1838 ». (...) « Aujourd'hui, il ne reste plus que la maison des ducs d'Orléans qui ne mérite pas le nom de château [devenue par la suite la sous-préfecture], des murs d'enceinte élevés sur les anciens, l'emplacement de quatre ou cinq tours, reproduit dans le plan cadastral, la base du donjon, et des fragments de murs du 11e siècle dans les anfractuosités du rocher. » [3] H.S.

     

         " Le 19ème siècle a vu passer quelques artistes dans le Mortainais : Géricault, Corot, Courbet, Pelouze y ont peint ; Barbey d’Aurevilly y a séjourné (chez son frère). En 1877 est né à Mortain, Henri Breuil, futur abbé, et " pape de la préhistoire ". » [1]

     

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     Blason par Syryatsu, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2356784

     

    LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche)     « La dernière moitié du 11e siècle fut pour Mortain l'époque la plus remarquable. Néel de Saint-Sauveur venait d'être disgracié quand le duc Guillaume donna le comté à son frère Robert, avec un pouvoir beaucoup plus étendu que celui de ses prédécesseurs.

         A l'assemblée de Lillebonne, Robert joua un rôle très distingué ; à l'expédition d'Angleterre, il avait un des principaux commandements ; tout te Cotentin avait suivi sa bannière ; personne ne fut plus largement récompensé que lui dans le pays conquis. Jamais le château de Mortain ne fut aussi brillant que de son temps et dans les premières années de son fils Guillaume ; mais après la journée de Tinchebray, ce château fut en partie démoli et ne se releva point. Quoique deux de ses possesseurs soient devenus rois d'Angleterre, il avait perdu sa gloire et son importance : les comtes de Mortain l'habitaient rarement. Sous la domination française, il appartint à des comtes titulaires dont la plupart n'y résidèrent point. Nos rois le donnèrent quelquefois à titre de récompense. François Ier l'échangea, en 1529, avec Louis de Bourbon, comte de Montpensier, pour des terres situées dans les pays-Bas et promises par le roi Charles Quint. Le comté et le château de Mortain resta dans la famille de Montpensier jusqu'à la mort de Henri, arrivée en 1608. Celui-ci laissa une immense fortune à sa fille unique qui épousa Gaston de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIII.

         De ce mariage naquit Louise d'Orléans, marquise de Montpensier, plus connue dans l'histoire sous le nom de Mademoiselle. Elle posséda le comté de Mortain jusqu'à sa mort, en 1697. Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, lui succéda en qualité de légataire universel. Il laissa à son fils, régent du royaume durant la minorité de Louis XV, le comté de Mortain, qui appartenait encore à la maison d'Orléans à l'époque de la révolution.

         Dans son état actuel, le château de Mortain, placé au-dessous de la ville, à peu de distance vers le couchant, offre des ruines, sinon bien caractérisées, du moins très pittoresques. Le centre en est occupé par une habitation moderne. L'ancienne enceinte était garantie d'un côté par un vallon étroit, et des autres côtés par des fossés profonds, dont la partie intérieure, à moitié comblée, présente des revêtements en maçonnerie. Il y avait au moins quatre tours, sans compter le donjon qui était au midi de l'enceinte. C'était une tour considérable, solidement établie sur un rocher fort escarpé. Il n'y a pas longtemps que ce donjon a été démoli ; plusieurs habitants de Mortain se souviennent de l'avoir vu entier. La seule tour qui existe maintenant se trouve sur la porte principale*. Elle est d'une assez grande dimension, mais défigurée par un revêtement et une toiture moderne qui lui donnent l'apparence d'un colombier. Il ne reste plus du côté de la ville aucune trace d'ouvrages avancés, et l'accès a été si bien aplani qu'on arrive facilement au château en voiture. » [2]

         * Cette tour n'existe plus, voir ci-avant.

     

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    A droite, photo de la tour des Prêtres, dernière tour du château de Mortain encore visible aujourd'hui (Wikipédia).

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de http://www.ville-mortain.fr/specific/formats/format_patrimoine.jsp?id=64

    [2] Extrait du Guide pittoresque du voyageur en France contenant la statistique et la description complète des 86 départements, Volume 5 par Girault de Saint-Fargeau, 1838.

    [3] Hippolyte Sauvage

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  • Mise en garde : pas facile de retrouver le tracé précis des remparts de Gournay-en-Bray, peu de documents sont accessibles sur le Web et le centre ville de Gournay a été détruit en 1940... Aussi le plan qui suit est-il très approximatif et appelé, je l'espère, encore à s'affiner. C'est donc encore un brouillon que je livre ici. Si un Gournaisien peut me transmettre des informations plus précises qu'il n'hésite surtout pas et qu'il en soit, par avance, remercié. [NDB]

     

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    Une brève histoire de Gournay :

     

         « 911 : au traité de Saint Clair-sur-Epte, Charles III le Simple, roi de France, concède la Normandie à Rollon, à charge pour lui de mettre fin aux dévastations de cette partie de la Neustrie, et de lui faire hommage. A l’un de ses compagnons, Eudes, il confie le « pagus » de Bray, et la défense de la frontière orientale du Duché . Eudes, le chevalier à l’écu noir, prend possession de ses terres en 912. Il est à l’origine des Sires de Gournay. " [2]

     

         " Gournay se fortifie à partir de 984, avec la construction de la tour Hue construite par Hugues Ier de Gournay. " [1]

    LES REMPARTS DE GOURNAY-EN-BRAY (Seine-Maritime)

    Ci-dessus la tour Hue (du nom de Hugues, premier Sire de Gournay) , élevée rue de Ferrières. Elle défendait l’entrée est de Gournay et sera démantelée au 18ème siècle. Dessin de Marc Bégué extrait du site http://www.gournay-en-bray.fr/mairie/histoire/

     

         En 990, Gournay reçoit les reliques d'Hildevert, évêque de Meaux. Le seigneur de Gournay décide alors de construire une église qui prend alors son vocable actuel.

         En 1066, Hugues II de Gournay et son fils Néel combattent aux côtés de Guillaume le Conquérant à la bataille de Hastings. En raison de leur bravoure Hugues II reçoit des fiefs dans l'Essex et le Suffolk et Néel reçoit plusieurs domaines dans le Somerset près de Bristol et de Bath.

         En 1171, 9 chanoines de l'abbaye Notre-Dame de Bellozanne sont nommés à la paroisse Saint-Hildevert de Gournay permettant à l'église de devenir une collégiale.

         En 1174, alors en guerre contre son père, Henri le Jeune et ses alliés, Philippe d'Alsace comte de Flandre, Mathieu d'Alsace comte de Boulogne et Louis VII de France prennent Gournay et font prisonniers Hugues IV de Gournay et 160 hommes ; ils incendient partiellement le château et la collégiale Saint-Hildevert. " [1]   

     
         " Henri II, Duc de Normandie et Roi d’Angleterre, viendra les délivrer. Il aidera le sire de Gournay à relever la ville et à renforcer ses fortifications. " [2]

     

         " La nouvelle église est consacrée le 29 avril 1192. La foire Sainte-Croix, qui a lieu en septembre, remonte à 1193, quand Hugues V de Gournay revient de croisade. " [1] 

     

         1202 : " en guerre contre Jean Sans Terre, Roi d’Angleterre et Duc de Normandie, auquel il reproche de refuser de rendre les services qu’il devait en tant que vassal, le Roi de France Philippe Auguste pénètre en Normandie, prend le contrôle des places d’Eu et de Drincourt (Neufchâtel), puis met le siège devant Gournay. Retenues par un barrage, les eaux de l’Epte et de la Morette sont libérées. Elles emportent les défenses de la ville… Pour marquer son hostilité à Jean, Philippe Auguste renoue avec Arthur, neveu du Roi d’Angleterre. Il le fiance à sa fille Marie et l’envoie ouvrir un second front en Poitou. Le sort de ce malheureux prince, sans doute tué par son oncle en 1203, intéresse les Gournaisiens : c’est son image qu’ils font figurer sur l’écu noir d’Eudes. Depuis cette époque, les armes de Gournay sont de sable, à un cavalier d’argent, tenant à la main droite une lance de même, et une fleur de lis d’or en chef. " [2]

     

         " En 1204, le roi de France confisque les domaines d'Hugues V de Gournay qui quitte la France. La ville et le comté appartiennent alors à la couronne de France jusque sous le règne de Louis XI de France qui la donne à la famille d'Harcourt, comtes de Tancarville, avant de passer aux mains des princes d'Orléans-Longueville en 1488 puis à la maison des Montmorency-Luxembourg à partir de 1724. " [1]

     

    Des fortifications de GoLES REMPARTS DE GOURNAY-EN-BRAY (Seine-Maritime)urnay, il reste cette tour construite au début du 13ème siècle ; photo extraite de http://www.gournay-en-bray.fr/mairie/histoire/

     

     

     

        " En 1375, la ville subit un incendie qui se termine après une procession des reliques de Saint-Hildevert.

         Durant la guerre de Cent Ans, la ville est occupée durant 41 ans par les Anglais.

         En 1435, les troupes anglaises de John FitzAlan, comte d'Arundel sont battues par les troupes françaises commandées par La Hire lors de la bataille de Gerberoy et Jean Poton de Xaintrailles et poursuivies jusqu'au lieu-dit « Les Épinettes », aux abords de Laudencourt, un hameau des environs de Gournay.

         Gournay est reprise en 1449 par les troupes royales du roi de France commandées par Louis de Luxembourg comte de Saint-Pol.

         Le 24 juin 1465, le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, prend la ville, la pille et la saccage ainsi que le château de Goulancourt situé à Senantes, celui du Coudray-Saint-Germer, les environs de Gerberoy et le pays de Bray. Le 20 septembre de la même année, Charles de Melun reprend la ville au nom du roi de France.

         Le 21 août 1589, Henri d'Orléans, duc de Longueville et seigneur de Gournay, ouvre les portes de la ville à Henri IV. Le 4 septembre 1589, la ville, défendue par 700 à 800 hommes, est assiégée par les troupes de la Ligue commandée par Charles de Mayenne. Le 7 septembre, après avoir ouvert une brèche près de la porte Ybert, les ligueurs pénètrent et prennent la ville. Philippe de Marles, seigneur de La Falaise devient gouverneur de Gournay. " [1]   

     

    LES REMPARTS DE GOURNAY-EN-BRAY (Seine-Maritime)

    Le 4 septembre 1589 : Gournay est assiégée par les troupes de la Ligue. Gravure extraite de http://www.gournay-en-bray.fr/mairie/histoire/

     

        " En octobre 1591, le maréchal Biron assiège et prend la ville au nom de Henri IV. René du Bec, marquis de Vardes devient gouverneur de la ville. " [1] 

    LES REMPARTS DE GOURNAY-EN-BRAY (Seine-Maritime) 

    Le siège de Gournay en 1591, gravure extraite de http://www.gournay-en-bray.fr/mairie/histoire/

     

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        " Une longue période de paix s'installe dans la région, permettant à la ville de prospérer jusqu'à la Révolution française. De 1789 à 1793, elle fut chef-lieu du district de Gournay. De 1791 à 1794, période d'incertitude, chaque élection municipale apporte un nouveau maire. En 1793, les districts sont supprimés et Gournay devient chef-lieu du canton de Gournay-en-Bray.
    En 1791, les paroisses sont regroupées. C'est ainsi que les paroisses Notre Dame de Gournay, Saint-Aubin, Saint-Clair et une partie de celle de Ferrières sont réunies à la paroisse Saint-Hildevert de Gournay.

         L'église paroissiale Notre-Dame est fermée en 1792, vendue comme bien national tout comme le Prieuré de Saint-Aubin et les églises d'Alges et de Saint-Clair.

         Du 3 septembre 1870 au 9 juin 1871, durant la guerre de 1870, Gournay est occupée par les Prussiens.

         Le 7 juin 1940, le centre de Gournay est presque totalement détruit par les bombardements allemands. La ville est occupée à partir du 9 juin. Le 30 août 1944, Gournay est libérée par les troupes canadiennes. Il a fallu plus de dix ans pour achever sa reconstruction.

         La référence au pays de Bray a été ajoutée le 9 avril 1962 au nom de la commune. »  [1]  

     

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    Blason par Chatsam — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9664559

     

    LES REMPARTS DE GOURNAY-EN-BRAY (Seine-Maritime)     1861 : « Toutefois, un travail d'ensemble et vraiment redoutable ne fut entrepris qu'au XIe siècle, sous Hugues Ier. Nous en donnerons la description, d'après Nicolas Cordier, qui écrivait sur les lieux en 1733, ayant sous les yeux les objets qu'il décrivait, et sous la main un grand nombre de chartes et de titres divers qui n'existent plus. Le plan que nous publions ici sera très utile pour l'intelligence du texte et montrer l'aspect de Gournay, comme ville fortifiée, au temps de nos anciens ducs de Normandie. « Ces fortifications sont de grosses et épaisses murailles de pierres grises avec des parapets, flanquées d'espace en espace de grosses tours avec des créneaux, accompagnées en dehors de profonds et larges fossés, le tout à l'antique et à la manière que l'on avait coutume de fortifier avant qu'on eut l'usage du canon. » [3]

     

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    Ci-dessus, plan aimablement fournis par l'Office de Tourisme de Gournay-en-Bray ; celui de droite avec détail agrandi est extrait de Essai historique et archéologique sur le canton de Gournay par J-E Decorde 1861 : http://www.gournay-en-bray.fr/wp-content/uploads/2013/08/histoire-gournay-14.jpg

     

         " Pour entrer en la ville, il y a quatre portes chacune garnie de sa herse ou sarrasine qui se voit encore dans les coulisses ménagées dans le corps de la muraille ; et chacune de ses portes est munie d'une seconde porte qu'on peut nommer avant-porte, éloignée de 20 toises de la première, ce qui fait que chaque porte est double. Avant cette première porte il y avait un fossé couvert d'un pont de bois qu'on pouvait lever et ôter, et qui faisait l'office de pont levis afin d'empêcher les surprises : mais depuis 40 ans on a comblé ces fossés et l'on a pavé dessus, de sorte qu'a présent il n'y a plus de pont. » Mais pour faire mieux connaître la forme qu'avait anciennement cette ville, il faut faire distinction entre le château et la ville. Le château était le terrain qui forme la paroisse de St-Hildevert : il avait trois portes, l'une qui était à l'horloge, et qui donnait communication du château à la ville : on y voit encore les gonds sur lesquels la porte tournait, et une coulisse ménagée dans le centre de la muraille garnie encore de sa herse ou sarrasine. Devant cette porte du coté de la ville il y a une grande arche de pierre dessous la rue par ou passait l'eau des fossés de ce château que l'on nomme encor le pont du Catel. » Il y avait une autre porte dans la rue de Cantemele un peu plus loin que le presbytère de St-Hildevert, laquelle se nommait la porte Baudri : elle était flanquée de deux tours de pierres, comme on le voit dans les titres anciens. De ces deux tours partaient de part et d'autre des murailles de traverse qui allaient tomber perpendiculairement sur celles qui régnaient le long des deux viviers : on voit encore les fondements de ces tours. » Enfin la troisième porte était située au moulin, ou il y a encore deux arches par dessous lesquelles passe l'eau de la rivière d'Epte qui venant d'en haut va tomber aux Planquettes. » C'est ce terrain renfermé entre ces trois portes qui formait le château, et qui était environné de bonnes murailles de toutes parts, flanquées de tours d'espace en espace, comme on le voit encore du coté du midi depuis le pont du Catel jusqu'aux Planquettes où ces murailles subsistent et sont munies de leurs tours et de leur fossé. » [3]

     

    LES REMPARTS DE GOURNAY-EN-BRAY (Seine-Maritime)

    La place forte de Gournay au Moyen  Age : au nord, les portes Cantemèle et Notre Dame ; au sud, les portes Ybert et du Moulin ; à l’est, la tour Hue, ou porte de Ferrières. Tableau de Cyprien RIDEN (1858-1952) http://www.gournay-en-bray.fr/wp-content/uploads/2013/08/histoire-gournay-15.jpg

     

        " Après avoir parlé des murailles qui se trouvaient du côté des anciens viviers, et d'une tour placée près de la porte Cantemele, qu'il avait ueu subsister en son entier, notre historien rappelle un contrat de donation par lequel le roi saint Louis accorda, en 1269, au chapitre de Gournay une tour qui était derrière le chœur de l'église de St-Hildevert sur le bord du grand vivier a condition toutefois que s'il arrivait guerre le roi pourrait la reprendre pour la défense de la ville. « Pour ce qui est de la rue de Ferrières, continue-t-il, ou de la chaussée qui va du moulin à la porte, comme aussi de celle qui règne depuis l'ancienne porte Baudri jusqu'à la porte de Cantemele, ce ne sont que deux boyaux ou chaussées qu'on a ménagées pour passer avec facilité à cause des marais : ces chaussées même étaient fortifiées de murailles, comme on le voit encore en celle de Ferrières du coté du midi ou cette muraille subsiste encore en son entier, et l'on en voit encore des restes à Cantemele. On a aussi élevé a la tête de ces chaussées deux forts ou redoutes de pierres pour les défendre et empêcher les approches. » Ce qu'on appelle la ville c'est la partie de la paroisse de Notre-Dame qui se trouve dans l'enceinte des murailles : elle a trois portes ainsi que le château, 1° la porte de l'horloge qui lui est commune avec le château ; 2° la porte de Notre-Dame par où l'on va à Rouen, enfin la porte Ibert par ou l'on va à Paris. Toutes ces portes tant de la ville que du château (hormis celle de l'horloge) sont doubles et encore garnies de leurs sarrasines. » Outre les importantes fortifications dont nous venons de parler, Gournay trouvait une défense naturelle dans les marais qui entouraient la ville. Nous citerons surtout le grand Vivier, qui fut transformé en prairies nommées en 1733 les Pipets. Cet étang, traversé par la rivière d'Epte, était situé derrière l'église de Saint-Hildevert, entre la porte de Cantemele et celle de Ferrières. L'autre était nommé le plat Vivier, et se trouvait derrière l'établissement des Capucins ; il recevait les eaux de la rivière de Saint-Aubin. » [3] 

     

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    Ci-dessus à gauche gravure de la porte de Paris extraite de Supplément aux recherches historiques sur la Ville de Gournay-en-Bray de N-R Potin de la Mairie, 1844.

     

    Vestiges des fortifications :

     

         " La porte de Paris ou porte Ibert (18e siècle), inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 1930. Elle se trouve à l'emplacement d'une ancienne porte fortifiée construite par le duc de Montmorency.

         Fortifications de la ville (13e siècle) rue des Remparts et rue Castagne.

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    Photo à droite des vestiges des anciens remparts extraite du site http://mapio.net/pic/p-54942888/ 

     

         Anciens fossés du 10e siècle rue du Croquet Dubosc et boulevard Montmorency. " [4]  

     

    L'inondation lors du siège de 1201 :

     

        « Au siège de Gournay, en 1201, l'inondation fut pour Philippe-Auguste un puissant auxiliaire, et Guillaume le Breton trace le tableau suivant de cet épisode : « Les fossés du château de Gournay étaient très vastes et très-profonds, et l'Epte les avait tellement remplis de ses eaux que nul ne pouvait les franchir pour s'avancer vers les murailles. Non loin des murs était un très vaste étang dont les eaux, telles que celles d'une mer stagnante, étaient rassemblées pour former un lac plein de sinuosités*, et contenues par une chaussée en terre recouverte de pierres cassées et d'un gazon fort épais. Le roi fit rompre cette chaussée vers le milieu : par là s'écoula aussitôt un immense déluge ; sous ce gouffre ouvert à l'improviste, la vallée disparut et ne présenta plus que l'aspect d'une mer ; l'inondation, se répandant avec impétuosité, porta de tous côtés ses ravages et fut ruineuse pour les habitants, entraînant avec elle les champs, les maisons, les vignobles, les meules, les frênes déracinés ; les gens de la campagne fuient gagnant en hâte les points les plus élevés pour échapper au péril et s'inquiétant peu des choses qu'ils perdent, pourvu qu'ils puissent sauver leur corps.... Les habitants fuient pour ne pas être submergés, et tout le peuple évacue les champs et les laisse absolument déserts. Ainsi, ce lieu puissant par ses armes, fort de ses murailles et de ses habitants, qui ne craignait d'être pris ni par artifice ni par force, est pris par un déluge inopiné. L'assaut que livrent les eaux renverse les remparts ; en peu d'instants elles ont détruit cette forteresse, qui naguère ne redoutait ni les machines de guerre, ni les armes des combattants. » [5]  

    * Les étangs appelés le Plat-Vivier et le Grand-Vivier, prés de Gournay, furent desséchés en 1660. V° Histoire de la ville de Gournay-en-Bray, par H. Potin, 3 volumes. in-8. Gournay, 4842-44.

     

    Sources :

     

    [1] Extraits de Wikipédia et également de http://www.gournay-en-bray.fr/mairie/histoire/)

    [2] Extrait de Wikipédia

    [3] Ce texte des pages 156-159 et le plan schématisé sont extraits de Essai historique et archéologique sur le canton de Gournay par J-E Decorde 1861

    [4] Extrait de Site internet : http://www.gournay-en-bray.fr/mairie/histoire/

    [5] Extrait de Guillaume Le Breton - La Philippide, chant VI. Collect. Guizot, t. Xll, p. 460. https://books.google.fr/books?id=nDMAAAAAQAAJ&pg=PA175&dq=Gournay-en-Bray+rempart&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwio3MS8tozOAhXHJcAKHXNGAxkQ6AEIMzAE#v=onepage&q=Gournay-en-Bray%20rempart&f=false

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  • LES REMPARTS D'EXMES (Orne) LES REMPARTS D'EXMES (Orne) LES REMPARTS D'EXMES (Orne)

     

         « La position topographique du bourg d’Exmes, sur un éperon naturel,étroit promontoire aux flancs abrupts, encadré par les vallées de la Vie et de la Dives, explique pour partie le rôle historique qu’a joué Exmes depuis la protohistoire et la richesse de ses occupations. » [1]  

     

    LES REMPARTS D'EXMES (Orne) LES REMPARTS D'EXMES (Orne)

     

    Blason par Syryatsu — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5153348

     

    LES REMPARTS D'EXMES (Orne) LES REMPARTS D'EXMES (Orne) LES REMPARTS D'EXMES (Orne) LES REMPARTS D'EXMES (Orne) LES REMPARTS D'EXMES (Orne)

     

         « La ville est mentionnée dès l'époque mérovingienne sous la forme « Oxma », ensuite on trouve « Usmis » vers 1055. Il s'agit du type toponymique gaulois « Ux(i)sama » « la très haute », dérivé en « -ama », suffixe de superlatif, du thème « uxs- » « haut ». (...)

         Le village actuel est bâti sur l'emplacement d'une cité gallo-romaine autrefois florissante, qui se désagrégea au Bas-Empire. Cette cité était la capitale de la tribu des Ésuviens (Esuvii en latin), peuple celte qui occupait un vaste territoire compris entre la Manche au nord, la Dives à l'est, la Vire à l'ouest et le massif d'Écouves au sud.

         La révolte des Ésuviens contre les troupes romaines rapportée par Jules César dans ses Commentaires, fut fatale à la cité d'Exmes. Son territoire fut en représailles sensiblement réduit au profit de ses tribus vassales qui furent pour l'occasion émancipées de la tutelle des Ésuviens. Au nord, Aregenua (Vieux), chef-lieu de la tribu des Viducasses, fut élevée au rang de Cité, ce qui priva le Pagus Oximensis de sa façade maritime et au sud par les Sagiens dont le chef-lieu Séez fut également élevé au rang de Cité, isolant ainsi Exmes de ses puissants voisins aulerques avec lesquels elle commerçait.

         Elle fut siège d'un évêché fondé par saint Latuin probablement dès la fin du 4e siècle, à la même époque que les autres cités de la future Normandie, Bayeux, Lisieux, Coutances, Avranches, Évreux et Rouen. Conséquence ultime du redécoupage de l'ancien territoire ésuvien par l'administration romaine, l'évêché d'Exmes fut transféré à peine un demi-siècle plus tard dans la nouvelle cité de Séez, marquant ainsi le début du déclin de l'antique cité hiémoise qui s’accélérera avec les invasions vikings.

         Elle était la capitale du comté d'Hiémois, dévolu à Robert le Magnifique, futur duc de Normandie. " [2]

     

    LES REMPARTS D'EXMES (Orne) LES REMPARTS D'EXMES (Orne) LES REMPARTS D'EXMES (Orne)

     

     

    A gauche, vue aérienne d'Exmes extraite du site http://www.inrap.fr/place-du-marche-4002

     

         « Le Hiémois, difficile à cerner, est une circonscription allant de Caen (d’où la rue Exmoisine) à Alençon, soit le département actuel de l’Orne et une partie du Calvados. Il semblerait que cette région ait été agrandie au cours des siècles, puisque aux environs de Caen a existé pendant un court laps de temps l’Otlinga, petite partie du territoire de Bayeux, qui est intégré rapidement à l’Hiémois (IXe siècle). L’Hiémois ne s’étend pas au-delà de Saint-Sylvain, la limite avec le Bessin passant entre Saint-Sylvain et Tassilly. » [3]

     

    LES REMPARTS D'EXMES (Orne)     « L’occupation antique a été reconnue par de nombreux vestiges sur toute l’étendue de la ville lors de différents travaux. Un rempart de datation inconnue barre la ville à 100 mètres à l’est de l’église [NDB : En effet, on note la présence d’un puissant rempart de 200 m de long, connu sous le nom de «Cavaliers d’Exmes», une déformation de « castellier » ? ; rempart de près de 5 m de haut, précédé d’un large fossé de 8m de large encore visible et séparant le bourg du faubourg]. La possibilité d’un rempart primitif daté de la fin de l’indépendance gauloise est souvent proposée dans la littérature archéologique régionale sans preuve formelle en l’absence de fouilles. » [4]

     

           La forteresse est attestée en 869 (prise par les normands) et le donjon est construit entre 1182 et 1190. [NDB]

     

    LES REMPARTS D'EXMES (Orne)     « C’est après le rattachement de la Normandie au royaume de France que commença le déclin inexorable de la cité au profit des villes d’Argentan,d’Alençon et de Caen, entres autres. Elle ne se remettra pas de la guerre de Cent Ans qui la détruisit aux quatre cinquièmes

    [NDB : les remparts ont été réparés entre 1444 et 1447 mais en 1449, les Anglais quittent Exmes en incendiant la ville ; la cité revient alors dans le duché d'Alençon].

         Le château, devenu inutile, fut démantelé sur ordre d’Henri IV à partir du début du 17e siècle [1605] et ses pierres ainsi que celles des remparts servirent à consolider ou à construire les maisons et les monuments de la ville [NDB : et pour la construction du prieuré Notre-Dame-des-Loges]. »  [4]

     

    LES REMPARTS D'EXMES (Orne) LES REMPARTS D'EXMES (Orne) LES REMPARTS D'EXMES (Orne)

     

         « La chapelle néo-romane Saint-Godegrand-et-Sainte-Opportune (1879-1888) est bâtie sur l'emplacement de l'ancien donjon. » (…) Eugène-Victorin Chichou (1828 à Bivilliers - 1904 à Exmes), botaniste. Curé-doyen d'Exmes de 1871 à sa mort, est inhumé dans la nef de la chapelle Saint-Godegrand-et-Sainte-Opportune qu'il a fait édifier sur le site de l'ancien château. " [2] 

     

     

    Sources :

    [1] Extrait de http://www.academia.edu/8555949/Arch%C3%A9ologie_et_Histoire_d_un_lieu_exceptionnel_Le_site_de_Hauteur_d_Exmes_de_la_Pr%C3%A9histoire_%C3%A0_la_fin_du_Moyen_%C3%82ge

    [2] Extrait de Wikipédia

    [3] Extrait de http://www.patrimoine-normand.com/index-fiche-29839.html

    [4] Extrait de http://www.academia.edu/8555949/Arch%C3%A9ologie_et_Histoire_d_un_lieu_exceptionnel_Le_site_de_Hauteur_d_Exmes_de_la_Pr%C3%A9histoire_%C3%A0_la_fin_du_Moyen_%C3%82ge

     

    Bonnes pages :

     

    O Sur les origines et les fouilles d'Exmes publiées dans le Numéro 5 - septembre-octobre 2014 de la revue LE PAYS D’AUGE : http://www.academia.edu/8555949/Arch%C3%A9ologie_et_Histoire_d_un_lieu_exceptionnel_Le_site_de_Hauteur_d_Exmes_de_la_Pr%C3%A9histoire_%C3%A0_la_fin_du_Moyen_%C3%82ge

    O Précis sur la ville d'Exmes... par l'abbé Jean-Jacques Gautier, 1789 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6529529z/f30.image

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  • ... Et voici l'article sur Caen, aussi complexe à réaliser que celui sur Rouen... Une surface fortifiée très importante difficile à rendre en un seul plan ci-dessous...

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)   LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

     

    Plan hypothétique des remparts de la ville de Caen ; blason de Caen par Syryatsu — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3057057

     

    Légende

     

    LLES REMPARTS DE CAEN (Calvados)E CHÂTEAU

    1 donjon

    2/3/4/5 tours du Cheval Noir/Blanc/Rouge/Gris (chemise du donjon)

    6 porte des Champs ou de la Pigacière dite « de Secours »

    7 barbacane de la porte des Champs

    8/9 tours de (?)

    10 tour de la reine Mathilde, à l’angle sud-est du Château de Caen.

    11/12 tours de (?)

    13 porte Saint-Pierre

    14 barbacane de la porte Saint-Pierre

    15 tour du Jardinier

    16 tour de (?)

    17 tour du Bedeau

    18 tour Puchot, à l’angle nord-ouest du Château pour protéger la porte Saint-Julien

     

    Gravure ci-dessus : Veüe du chasteau // de Caen // dessiné du costé d'une hauteur en dehors // de la Ville vis a vis // 1702 / [Louis Boudan] http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69017277

     

    LE BOURG-LE-DUC puis BOURG-LE-ROI

     

    19 porte Saint-Julien ou Calibourg (Calibor) ou Vilaine ouvrant sur le faubourg Saint-Julien et la partie ouest du Bessin. Mentionnée en 1247. Elle est détruite en 1785.

    20 porte des Mineurs derrière le jardin des Cordeliers, ouvrant sur les fossés de Saint-Julien (vers l’actuelle clinique de la Miséricorde, anciennement couvent des Cordeliers). (?)

    21 tour Silly ou des Cordeliers. Elle remplace la porte des Mineurs.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)22 tour Saint-Julien, classement au titre des monuments historiques depuis le 13 juin 1927.

    23 porte Saint-Martin ou du Marché ou de Bayeux ou Pémagnie ou Baudry accédant à la route de Bayeux (vers Bessin ou Bretagne), après suppression de la Porte Arthur. Détruite en 1783.

    24 porte Arthur ou au Duc (?) donnant entrée sur le Bourg-l'Abbé, vers la rencontre des fossés de St-Martin et de St-Étienne. Elle fut fermée lorsqu'on construisit la tour Chastimoine voisine.

    25 tour Chastimoine ou Grosse Tour ou de Harcourt ou aux Fous. Elle remplace la porte Arthur. Construite sur un plan de fer à cheval entre 1455 et 1465, elle sert par la suite de dépôt aux aliénés. Elle est détruite au cours des années 1785-1787.

    26 tour Lourirette

    27 porte Saint-Étienne (à proximité de l’église Saint-Étienne-le-Vieux) ouvrant le long des jardins de l'abbaye St-Étienne, vers Saint-Ouen et les grandes prairies. Elle est détruite en 1758.

    28 porte de l’île Renaud (non loin de celle de la Porte Saint-Étienne) (?) 

    29 porte de la Boucherie ou Notre-Dame placée dans la Venelle-aux-Chevaux (actuelle rue de Strasbourg), où passe le Grand-Odon, et conduisant au pont St-Jacques ;

    tour de la Boucherie ou Meritain, tour proche de la porte de la Boucherie.

    30 porte du Moulin sur le moulin de Saint-Pierre (au bout de la rue Hamon sur l’actuel boulevard Maréchal-Leclerc)

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)31 porte du Pont de Darnetal ou Pont St-Pierre (fortifié par le Châtelet) donnant accès sur les prairies au sud, par la Chaussée-Hiémoise (plus tard rue Saint-Jean) menant au pont de Vaucelles. Cette porte était le seul point de passage entre le Bourg-le-Roi et l'Île Saint-Jean. Le Châtelet est la première maison de ville au 13e siècle et disposait d'un carillon.Sur ses murs, était inscrit la devise de la ville : « un Dieu, un Roy, une Foy, une Loy ». Le Châtelet est détruit en 1755.

     

     

    Le Châtelet par Georges Bouet — Bibliothèque municipale de Caen, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3179317

     

    32 tour Leroy ou Guillaume-Le-Roi ou Bazin ou de la Basse Rue ou de Lévi ou de Saint-Malo. Elle était reliée par une chaîne à une tour située sur la rive droite de l'Odon, la tour aux Landais. Elles sera utilisée comme prison pour les contrebandiers. Elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 19 avril 1933.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)33 porte au Berger communiquant avec les faubourgs de Saint-Gilles et du Vaugueux, et donnant accès aux chemins de La Délivrande et de Ouistreham. Elle est détruite en 1782.

     

    L'ÎLE SAINT-JEAN

     

    34 tour aux Landais ou au Maréchal, reliée à la tour Leroy par une chaîne pour protéger l’accès au port. Du nom et du titre d'un personnage de cette famille des Landois, connus comme maréchaux héréditaires de Venoix, au 14e siècle, et qui avaient leur hôtel près de là.

    35 porte du Bac, Saint-Malo ou Saint-Gilles donnant accès au port et communiquant de la rue Saint-Malo à la rue Basse-Saint-Gilles, et conduisant à Bénouville, Ouistreham, etc

    36 tour Lebaski à l’extrémité de la rue Neuve-Saint-Jean

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)37 tour Machard ou au Massacre, vers l’angle sud-ouest de la place d’armes placée au point où se réunissaient alors les deux courants de l'Orne. Elle arrêtait les navires remontant la rivière, pour leur faire payer les redevances. On y avait attaché une chaîne de fer, qui se tendait d'un côté à l'autre de la rivière. Renaud Machart, bailli de Caen en 1446, l'aurait faite construire. Une figure sculptée sur la pierre aurait été l'effigie de ce Machard.

     

    La tour Machard par  François-Gabriel-Théodore Basset de Jolimont — Bibliothèque nationale de France, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3395355

     

    38 tour Malguéant ou Malquéant ou des Moulins de l’Hôtel-Dieu de Caen à proximité de la Porte Millet (?)

    39 porte Millet (entre l’île Saint-Jean et Vaucelles) mentionnée en 1175. Elle est détruite au début des années 1760.

    40 tour-ès-Morts, vers l’angle entre la promenade de Sévigné et le cours de Gaulle (rue Paul Toutain)  Cette tour tombait déjà en ruine avant le sinistre de 1944. Vétuste et barricadée, danger public, elle fut soufflée par les bombes. Son nom : la Tour des Morts ou Tour-ès-morts car située proche du cimetière de l'Hôtel Dieu.

    41 tour Anzeray (?)

    42 tour Pendant (?)

    43 porte des Jacobins sur le courant de la Petite-Orne, vers le pont Saint-Jacques (vers le théâtre) et tour Saint-Jacques (?)

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

     

    Caen, cadastre Napoléon, section I consultable sur Gallica.

     

    LES NOUVELLES FORTIFICATIONS : LES PETITS PRÈS (16e-17e s)

     

    44 bastion de la Foire à l'extrémité sud du champ de foire, sur la partie nord-ouest du canal du duc Robert. Commencé au temps d'Henri IV, vers l'an 1595 et achevé sous Louis XIII, en 1620 et formé en majeure partie du jardin de la Cercle, acheté aux religieux dominicains.

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)45 porte Neuve ou des Prés (sur la courtine construite en 1590, du côté ouest de l’actuelle place Gambetta).

    La porte des Près par Ch. Pichon d'après un tableau de Ch. de Vauquelin de Sassy — Fernand Enguerrand, « Histoire du musée de Caen » dans Bulletin de la Société des beaux-arts de Caen, Caen, Imprimerie Charles Valin, 1878, 5e volume, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7796623

     

    46 bastion des Jésuites placé vers le nord-ouest du bastion de la Foire, le long des Jésuites, sur le courant du Grand-Odon au point de son entrée en ville. Il fut construit probablement de 1610 à 1617. On l'attribuait au maréchal d'Ancre, qui était alors gouverneur de Caen.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)L'ABBAYE-AUX-HOMMES

     

    47 tour d'angle, rue du Carel, inscrite au titre des MH depuis le 24/02/1928

    48 tour Guillaume, dans la cour de l'ancien palais ducal, inscrite au titre des MH depuis le 2/05/1927.

     

    Dessin à gauche : domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=289134

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)LE SÉPULCRE

     

    49 Pillée en 1346, les chanoines de la collégiale du Sépulcre reçoivent l'autorisation de se mettre en sûreté en s'entourant de remparts et de fossés. En 1372, il est fait mention d'une enceinte défensive entourant l'église, son cimetière, ainsi qu'un jardin ; l'accès à l'ensemble se faisait par une porte à deux vantaux à claire-voie. Le fort était également protégé par cinq balistes. Mais ces fortifications, insuffisamment entretenues, ne permettent pas de résister à un assaut et disparaissent avant le 16e siècle.

     

    L'ABBAYE-AUX-DAMES

     

    50 L'abbaye aux Dames reçoit en 1359 l'autorisation de collecter une taxe afin de renforcer ses défenses.Un donjon est alors construit au sud de l’église (arasé en 1812) et une tourelle de guet est aménagée dans la tour sud de l’abbatiale. Chaque habitant du bourg de Calix devra faire le guet à tour de rôle. L’abbaye devient une véritable place forte au sommet d’une colline, ce qui en fait l’objet de nombreuses convoitises. En 1417, les hommes du duc de Clarence réussissent à s’en emparer. Le roi d’Angleterre, Henri V, décide d’y installer son quartier général.

     

    La même chose sous un aspect peut être plus pratique :

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)  LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

     

    A gauche : Le vray Pourtraict de Caen en 1575 par François de Belleforest — La Cosmographie universelle de tout le monde. Paris, 1575. Traduction en français de la Cosmographia de Sebastian Münster., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2990845 ; A droite : Caen à l’époque classique (1705) par Nicolas de Fer — Archives, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2919483

     

    --------------------------------------------

         "Les fortifications de Caen ont longtemps été un signe de la richesse de la cité, bien qu’elles n’aient pas permis de protéger la ville des agressions extérieures, notamment pendant la guerre de Cent Ans. C'est un des éléments les plus importants du patrimoine militaire de Caen.

         Le premier témoignage historique de l'existence de la ville de Caen est une charte de l’abbaye de la Trinité de Fécamp datant de 1025 qui mentionne des églises, un port, des moulins, un marché et d’autres activités, mais la ville était encore ouverte. La ville s'entoure de murs dès la conquête de l'Angleterre. Constituée en réalité de plusieurs ensembles fortifiés, la ville garda longtemps un développement multipolaire. Les remparts furent démantelés au 18e siècle, mais il demeure quelques vestiges disséminés dans la ville.

     

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    Le château

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)     Vers 1060-1080, la muraille du château de Caen est construite. Ces remparts sont maintes fois réaménagés mais l’emprise du château n’a que peu évolué depuis le 11e siècle. Les accès au château en revanche ont été modifiés au fil des siècles. À l’origine, l’accès se faisait par une tour-porte au nord à proximité immédiate du donjon ; au sud, on trouvait une petite poterne accessible depuis un étroit sentier assez abrupt. Au 13e siècle, quand la ville devient française, Philippe-Auguste fait construire une courtine autour du donjon et on supprime partiellement l’entrée nord. Un nouvel accès principal, la Porte des Champs ou de la Pigacière, est alors construit au nord-est de l’enceinte. Elle est précédée au 14e siècle par une barbacane. À la même époque, une véritable entrée est aménagée au sud avec la construction de la porte Saint-Pierre qui est, un siècle plus tard, au 15e siècle, également dotée d’une barbacane. L’enceinte, hérissée de tours, est entourée de fossés que l’on peut encore voir aujourd’hui. Les murailles de la ville se rattachent à l'enceinte du château au niveau de la tour Puchot à l'Ouest et de la tour Mathilde à l'est. Ces deux tours ont été construites au début du 13e siècle

    .

    Document virtuel ci-dessus montrant le donjon restitué du château de Caen extrait de http://www.club-innovation-culture.fr/levesque-musee-normandie-maitrise-contenus-enjeu-numerisation/

     

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    Bourg-le-Roi

     

         Sous Guillaume le Conquérant, la cité au pied du château est également clôturée. D'après les chartes de l'abbaye aux Hommes, créée à cette même époque, les travaux commencent après la conquête de l’Angleterre et sont terminés en 1077. Dans l'une des premières chartes de Saint-Étienne, il est fait notion du bourg « à partir du mur vers l'ouest ». A d'autres endroits, il ne doit s'agir sûrement que d'une levée de terre semble-t-il précédée d'un fossé, puisque qu'un texte de 1083 mentionne une partie du cimetière Saint-Étienne-le-Vieux comme étant « située à l'extérieur du fossé au roi ». Cet ouvrage était peut-être surmonté d'une palissade en bois. La valeur défensive de l'ensemble est toutefois hypothétique. Il semble plutôt qu'il était destiné à délimiter le Bourg-le-Duc des faubourgs placés sous la juridiction des abbayes. Aucune preuve archéologique ou textuelle ne fait d'ailleurs mention d'ouvrages au nord et au sud du bourg ; peut-être la présence de barrière naturelle (le coteau de Bagatelle au nord et la rivière au sud) semble-t-elle suffisante. Le clos enserre la paroisse de Saint-Sauveur, une grande partie des paroisses Notre-Dame, Saint-Étienne et Saint-Pierre et une portion plus congrue des paroisses Saint-Martin et Saint-Julien, la majeure partie de ces dernières étant placées de fait en position de faubourg.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

     

         Au début du 13e siècle, il est plausible que l'octroi de privilèges communaux soit accompagné d'un renforcement des structures défensives de la cité. Bien qu'aucune source écrite n'accrédite cette thèse, il est probable que les murs est et ouest prennent leur caractère militaire à cette époque. Il ne s'agit probablement que d'une palissade en bois percée de portes. La mention de la porte au Berger en 1245 serait la première référence à ces fortifications. Ce n'est toutefois qu'après la prise de la ville par les Anglais en 1346 que sont entrepris la construction d'une enceinte en pierre, le roi Philippe de Valois donnant des lettres patentes pour que les Caennais reconstruisent les murailles à leur frais. Charles le Sage autorise l'abbesse de la Trinité en 1358 à prélever un impôt supplémentaire afin de financer les travaux de renforcement. Le murs, d'une épaisseur de 6 à 7 pieds, sont surmontés d'un chemin de ronde et flanqués de 32 tours rondes ou carrées, avec plate-forme pour l'artillerie ; le tout étant protégé par des fossés ou par des cours d'eau. Les différents ouvrages sont construits entre 1346 et 1363. Au nord, le nouveau mur précédé d'un fossé abrupte, creusé au pied du coteau, se prolonge jusqu'au douve du château dont il est séparé par un mur. Au sud, les « petits murs », larges d'environ 2,10 m, sont élevés le long de l'Odon et une muraille est érigée entre le pont Saint-Pierre et le mur oriental à l'emplacement de l'actuel chevet de l'église Saint-Pierre. Le mur oriental est également reconstruit, comme l'atteste une source datant de 1409, et précédé d'un fossé. À l'ouest, un nouveau mur est également dressé, légèrement plus proche de l'église Saint-Étienne-le-Vieux que les ouvrages en terre qui l'ont précédé.

         Endommagés lors des sièges de la ville en 1417 et en 1450, cet ensemble d'ouvrage est reconstruit. Après la reprise en main de la ville par les Français, le système défensif est remanié par la construction de deux tours rondes protégeant l'angle nord-ouest (tour Chastimoine) et le flanc nord (tour de Silly) de la ville. L'enceinte prend alors sa forme définitive. Les murs semblent avoir été construits rapidement. Des fouilles menées sur le rempart nord en 1970 ont démontré que ce dernier reposait sur des fondations très peu profondes. L'emploi de ces méthodes de construction peu appliquées expliquerait la rapide détérioration des murailles qui durent être reprises dès le 16e siècle.

         Au 16e siècle, des travaux d'entretien et de réfection sont menés. À la fin des années 1570, la Porte Millet et la Porte au Berger sont réparées. Dans les années 1580, la porte de Bayeux est rénovée et un corps-de-garde est construit pour la protéger. Dans les années 1590, c'est la porte Saint-Julien qui fait l'objet de travaux.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

     

    Plan de Caen par Matthäus Merian l’Ancien publié en 1657 — Archive Municipale de Caen, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2990298

     

    L’île Saint-Jean

     

         Le nouveau duc de Normandie Robert Courteheuse, fils du Duc Guillaume fait creuser au début du 12e siècle un canal entre la Noë (petit bras d’eau) et l'Orne. Il fait aussi construire une première muraille à partir de 1102. Afin que la nouvelle rivière artificielle soit toujours en eau, il fait détourner une partie du cours de l’Orne grâce à la construction d’un barrage nommé la Chaussée Ferrée. Saint-Jean devient ainsi une île. Mais ces cours d'eau peuvent être traversés à gué pendant l'été. Ainsi en 1343, en prévision d'une attaque de la ville par les Anglais, une palissade en bois est élevée le long des rivières. Cette enceinte n'empêche pas la prise de la ville par Édouard III. C'est alors qu'est prise la décision d'ériger une ligne de remparts autour de l’îlot. Elle part de la tour au Landais (en face de la tour Leroy, longe le bras de l'Orne jusqu'au sud (actuel quai Vendeuvre) puis repart vers l'ouest vers le canal Robert pour finalement rejoindre les petits près. L'enceinte est relevée après les sièges de 1417 et 1450.

         Au Moyen Âge, le port de Caen est aménagé sur les berges de l'Odon, côté Saint-Jean. Il est protégé par la tour Leroy, sur la rive gauche, et par la tour aux Landais, sur la rive droite, reliées entre elle par une chaîne empêchant des navires hostiles de remonter le cours de la rivière.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

     

    Les abbayes

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)     L'abbaye aux Hommes (au-dessus à gauche) et l'abbaye aux Dames (à droite) sont fondées au milieu du 11e siècle par le couple ducal. Elles sont probablement entourées d'un mur marquant les limites de leurs propriétés et les protégeant des pillards. Toutes les deux ont juridiction sur les faubourgs qui les environnent ; ainsi sont formés le Bourg-l’Abbé autour de Saint-Étienne et le Bourg-l’Abbesse autour de la Trinité et de Saint-Gilles.

     

    Plan ci-dessus extrait de https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_aux_Hommes 

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)Pendant la Guerre de Cent Ans, la ville est prise et dévastée à plusieurs reprises ; les abbayes subissent également les assauts des belligérants. L'abbaye aux Dames reçoit en 1359 l'autorisation de collecter une taxe afin de renforcer leurs défenses. L'abbaye aux Hommes est également fortifiée. En février 1433, Henri VI d'Angleterre, qui occupe la ville depuis 1417, ordonne l'abaissement des murs des bourgs abbatiaux. Les murailles sont en fait conservées, mais les fossés de l'abbaye aux Dames sont comblés.

     

    Veüe de l'Abbaye de la // SAINCTE TRINITE DE CAEN // fondé par Guillaume le Conquerrant Roy // d'Angleterre et duc de Normandie, pour // des religieuses benedictines. // dessiné du costé des prez 1702 / [Louis Boudan ?] http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6901730q

     

    Les nouvelles fortifications (Petits Près)

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)     Les deux ensembles fortifiés de Bourg-le-Roi et de Saint-Jean ne forment pas un ensemble cohérent. Entre les deux agglomérations, un morceau de campagne, les Petits Prés, pénètre jusqu'au cœur de la ville. Pour remédier à cet état de fait, une courtine est construite à partir de 1590 pour relier la porte Saint-Étienne et l'île de la Cercle, appelée ensuite le Champ de foire. Ce rempart s'appuie sur deux bastions élevés l’un près de la porte Saint-Étienne, appelé bastion des Jésuites à partir du 17e siècle, l’autre dans la Cercle des Jacobins, nommé bastion de la Foire.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)Une porte percée dans la courtine, dite porte neuve ou des Près, permettait d'entrée dans la ville depuis la Prairie. Le quartier de la place Royale peut alors être aménagé à l’emplacement des Petits Près entre cette courtine et les enceintes de Bourg-le Roi et de l’île Saint-Jean. Cet espace offre ainsi l’avantage de combler le vide entre la paroisse Notre-Dame et la paroisse Saint-Jean en permettant de sécuriser par la même occasion la chaussée Saint-Jacques, voie de circulation permettant de désengorger le Pont Saint-Pierre. La partie des murailles située désormais à l’intérieur de l’espace urbain devient alors obsolète.

     

    Ci-dessus : plan de fortifications de la ville et du château dessiné vers 1695-1713 par Inconnu (Collection Roger de Gaignières) — Cette image provient de la Bibliothèque en ligne Gallica et est d’identifiant btv1b6901726t https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7308196

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)Destruction des enceintes

     

         En 1432, les Anglais envisagent de détruire certaines fortifications autour de Saint-Étienne et la Trinité puis se ravisent.

         La destructions des fortifications commence à la fin du 17e siècle par les Petits murs, rendus obsolètes par la construction de la courtine. La tour Saint-Jacques et la Porte des Jacobins sont ainsi détruites pour ouvrir la rue de Bernières. Les tours sont utilisées comme prison.

         Mais le mouvement s'accélère dans la seconde partie du 18e siècle quand les édiles et les officiers royaux conçoivent de grands plans d’urbanisme pour aérer la cité médiévale. Malgré le rapport du maréchal de camp Louis Le Bègue Duportail qui préconise la remise en état des fortifications, celles-ci sont démolies progressivement. En 1716, les murs le long des quais entre la tour aux Landais et le pont Saint-Pierre sont abattus ; de l’autre côté de cette tour, les murs soutenus par des terrasses sont arasés et le terrain pavé afin d’élargir la rue des quais. Afin d’aménager la place Saint-Pierre et d’améliorer la circulation générale, notamment sur l'axe Paris – Cherbourg, on détruit le Châtelet en 1755 et la Porte Millet, au sud de l'île Saint-Jean, au début des années 1760. Dans les années 1750 encore, l’intendant de la Généralité de Caen, François-Jean Orceau de Fontette, fait raser une partie des remparts vers le Coignet aux Brebis, extrémité ouest de la place Saint-Sauveur, pour aménager la place Fontette et ouvrir une nouvelle voie d’accès à la ville par l’ouest à travers les jardins de l’Abbaye aux Hommes, la rue Guillaume le Conquérant. La porte Saint-Étienne est détruite en 1758. La tour Chastimoine est détruite à la fin des années 1780 pour construire le nouveau Palais de Justice. LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)En 1782, la porte au Berger est démolie. En 1783, la porte de Bayeux est démolie pour créer la place Saint-Martin et en 1785, la porte Saint-Julien disparaît. En 1786, on comble les Fossés Saint-Julien pour les aménager en promenade. Les fortifications des deux abbayes sont également démantelées. On aménage les jardins de l’Abbaye aux Hommes en remblayant le terrain pour créer une grande esplanade.

         Les destructions continuent tout au long du 19e siècle jusque dans la première partie du 20e siècle. En mai 1806, la porte des Près est démolie. Sur l’ancienne courtine, est créé l’actuel Boulevard Bertrand. Puis en août 1819, c'est au tour de la porte de la Basse rue d'être démolie ; c'est la dernière porte à avoir été détruite. En 1821, les vestiges de l'enceinte de l'Abbaye aux Dames sont également démolies. En 1830, les tours du Massacre et Malguéant sont également démantelées. En 1922, le canal Robert est comblé.

         Lors de la destruction de l'hospice Saint-Louis au début des années 1920, un pan des murailles demeurant entre l'actuelle place Maréchal Foch et la place du 36e Régiment d'infanterie est démoli afin de lotir le quartier Saint-Louis. La tour Ès-Morts et la tour Devers-les-Près font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques en 1921 et sont conservées. Mais en 1926, la tour Devers-les-Près, dans un état de délabrement trop avancé, est radiée de la liste des monuments historiques. La tour Ès-Morts quant à elle est détruite pendant les bombardements de la bataille de Caen.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)

     

    A gauche : la tour-ès-morts ; à droite, la tour Machard (?)

     

    Les vestiges

     

         On peut encore retrouver des traces des différentes enceintes dans le tissu urbain d’aujourd’hui."

    Texte ci-dessus extrait de Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fortifications_de_Caen

         Vestiges actuels (en dehors du château)

     

    o un mur dans une cour de la rue de Geôle (19) donnant sur le rue Gémare, entre l'ancienne école des Beaux-Arts et une crèche.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) Photos GP

     

    o un mur et une tour dans la cour de la clinique de la Miséricorde.

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) Photos GP

     

    o la tour Leroy (32).

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) Photo GP

     

    o la tour Saint-Julien inscrite dans le mur du Collège Pasteur avec les anciennes murailles de la ville qui délimite le sud des fossés Saint-Julien (22).

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) Photos GP

     

    o le soubassements d'une tour accolée à l'abside de l'église Saint-Pierre.

     

    o les anciennes murailles de la ville au pied de l’église Saint-Étienne-le-Vieux (à l’origine le sol dans ce secteur était plus bas, puisqu’il a été remblayé au 18e siècle) (27).

     

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) Photo GP

     

    o une tour du 14e siècle et les vestiges défensif du mur de l'abbaye aux Hommes, rue du Carel (47).

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados)LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) 

    Photo à gauche : GP ; photo à droite extraite de https://www.bing.com/images/search?q=enceinte+remparts+bourgs+normandie&view=detailv2&&id=96F80E9DBE46B72E10C1E1E137E5FEE0E06F86C3&selectedIndex=0&ccid=b%2f2qglRb&simid=608025851078378693&thid=OIP.M6ffdaa82545b6fd8b110f8b204ddc510o0&ajaxhist=0

     

    o la tour Guillaume du 14e siècle de l’enceinte de l’abbaye aux Hommes dans la cour du Palais Ducal, rue Lebailly (48).

    LES REMPARTS DE CAEN (Calvados) Photo GP

     

    o l'ancien mur du bastion des jésuites dans la cour de ERDF, promenade du Fort (46).

     

    o une levée de terre dans les jardins de l'hôtel de préfecture du Calvados révélant le tracé d'une ancienne courtine du 16e siècle.

     

    o enfin en 2015, lors des travaux de construction d'un immeuble sur le site de l'ancienne caserne Martin, l'Institut national de recherches archéologiques préventives retrouve les fondations du bastion de la Foire du 16e siècle, dont le bon état de conservation justifie des fouilles complètes (44)... D'après https://fr.wikipedia.org/wiki/Fortifications_de_Caen

     

    Bonnes pages :

     

    o Les Recherches et antiquités de la province de Neustrie, à présent duché de Normandie par Charles de Bourgueville, sieur de Bras, 1588 : https://books.google.fr/books?id=eKxfAAAAcAAJ&pg=PA193&dq=Sieur+de+Bras+Caen&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiygKvg1Z7OAhXFWxQKHbtQCJoQ6AEIHjAA#v=onepage&q=remparts&f=false

    o Les Origines de la ville de Caen, et des lieux circonvoisins par P. D. Huet, 1702 : https://books.google.fr/books?id=BqpfAAAAcAAJ&pg=PA89&lpg=PA89&dq=Porte+neuve+Caen&source=bl&ots=3z6X3zl4Zf&sig=RrRCqxoRdRHSGEzkfEHcf5m00L4&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjp5cyxypnOAhVMDcAKHeQKDLsQ6AEIQTAG#v=onepage&q=Porte%20neuve%20Caen&f=false

    o Histoire de la ville de Caen par F. Vautier, 1843 : https://books.google.fr/books?id=fQIIAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=Histoire+de+la+ville+de+Caen&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj38s_Y057OAhVmCsAKHVK6CMgQ6AEIHjAA#v=onepage&q=Enceinte&f=false

    o Vidéos sur Viméo : https://vimeo.com/96469450 http://www.dailymotion.com/video/x2p6au7

     

     

    Survol du Château de Caen par drone-activity.com : https://www.youtube.com/watch?v=5Bnjn133Pr4

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  • LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche) LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche) LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche) LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche) LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)

     

         « 1439, le 26 octobre, c’est la date où Sir Thomas de Scales, sénéchal de Normandie, officier anglais de la guerre de Cent Ans acheta la Roque à Jean d’Argouges. Sur ordre du roi Henri VI d'Angleterre, afin d’isoler le Mont-Saint-Michel, dernière tête de pont française en territoire normand, il fit édifier l’enceinte de Granville. En 1440 commença la construction de la forteresse. Pour protéger encore cette ville, Thomas de Scales fit creuser un fossé entre la presqu’île et le continent, de sorte que la mer et les eaux du Boscq fassent de la pointe une île.

     

    LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)     Mais, le 8 novembre 1442, par ruse, Louis d'Estouteville reprit le château qui resta dès lors définitivement aux mains des Français. Charles VII décida de faire de Granville une ville fortifiée et signa en 1445 une charte octroyant armoiries et exemptant d’impôts les habitants. Dès 1450, les navires pêchaient à Terre-Neuve. En 1470, Louis XI visita la ville pour s’assurer de sa fidélité dans le conflit qui l’opposait aux Bretons et Bourguignons. (...)

         En 1562 débuta la réfection des remparts et une garnison s’installa dans les casernes. Puis en 1593 les clefs de la ville furent présentées à Henri IV, marquant l’importance de la cité pour le royaume. Sous Louis XIII, les fortifications furent adaptées à l’artillerie. (…) En 1688, Louvois fit raser une partie des défenses de la ville.

     

    LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)

     

    La ville de Granville par par Caspar Merian, Frankfurt, 1657

     

         Mais en 1695, durant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, les Anglais bombardèrent la cité, détruisant vingt-sept maisons. Vauban aurait alors étudié des améliorations à apporter à la place forte sans avoir le temps de les réaliser.

     

    LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)     À la suite de cette attaque, les remparts furent relevés et augmentés en 1720. Puis, à partir de 1749, des travaux d’aménagement et d’agrandissement du port furent entrepris, avec, en 1750, la pose du môle toujours présent aujourd’hui. Ces travaux s’achevèrent en 1757, entre-temps, une nouvelle caserne fut construite. En 1763, un incendie ravagea les faubourgs. En 1777, une nouvelle caserne fut ajoutée, la caserne Gênes toujours présente aujourd’hui. Le 20 juillet 1786, un nouvel incendie se déclara, cette fois dans le quartier de la Tranchée, aux portes de la citadelle.

     

    LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche) LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche) LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)

     

    Deux cartes postales du siège de Granville ; à droite, l'incendie de Granville par Jean-François Hue — Historial de la Vendée, Les Lucs sur Boulogne, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3313396

     

    LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)     Du 14 novembre 1793 au 24 brumaire de l’An II eut lieu le siège de Granville par les Vendéens au cours de la virée de Galerne. Repoussés par la population, ayant perdu deux mille hommes, ils durent abandonner l’assaut mais partirent en incendiant la rue des Juifs. Le 14 septembre 1803, les Anglais bombardèrent à nouveau la ville après avoir imposé un blocus des côtes. » [1]

     

    Ci-dessus, au siège de Granville, la mort de Desmaison http://www.wikimanche.fr/Fichier:Si%C3%A8ge_de_Granville_mort_de_Desmaison.jpg

     

    LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)   LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)

     

    Plan hypothétique des fortifications de Granville ; blason de Granville par Manassas Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personnel iLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Manassas., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2731789

     

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    « En flânant dans les ruelles de la Haute Ville

         Perchée sur son promontoire rocheux, la Haute Ville s’impose d’emblée à la vue de quiconque arrive dans la cité, par terre ou par mer, voire par les airs.

         Pour découvrir les charmes de la cité historique, il faut la visiter à pied. Mesurant 400 m de long sur 200 m de large, on peut en faire le tour en longeant ses remparts ou en serpentant dans ses nombreuses ruelles et venelles.

     

    LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)Porte Saint-Jean ou Grande Porte

         Pour pénétrer dans la Haute Ville, franchissez l’une des deux portes qui, à l’origine, en protégeaient l’accès : la Porte Saint-Jean ou la Grande Porte. Un autre point d’accès a été créé au 20e siècle : « L’escalier du Moulin à Vent comporte pas moins de 180 marches mais permet de jouir d’un panorama unique », glisse Emmanuel Collignon, président des Amis de la Haute Ville. Ces marches mènent de la place Foch, où est situé le casino, à la place de l’Isthme.

     

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         L’entrée principale dans la forteresse se fait par la Grande Porte en passant sur un pont-levis construit en 1630. Placés de chaque côté de cette porte, deux canons servaient de chasse-roues dans les temps plus anciens.

         La Grande Porte est protégée sur sa gauche par un bastion appelé l’Oeuvre. C’est ici qu’en 1793 se déroula l’assaut des Vendéens.

     

    LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)Vue sur les toits

         Une fois la porte franchie, on passe devant la guérite de pierre qui abritait le garde de la Milice puis on peut choisir de grimper, sur la droite, l’escalier de la rue Lecarpentier. En baissant les yeux sur les marches, formées de dalles provenant de l’ancien rempart, l’on peut distinguer la trace des entailles qui permettaient de les réunir les unes aux autres avec un coin de bronze. On trouve, à droite le Logis du Roi qui abrite le musée d’Art et d’Histoire et ses collections qui retracent l’histoire locale et normande. La rue longe ensuite le rempart Sud qui offre une vue à 180° sur les toits caractéristiques de la ville basse, recouverts de zinc, et les ports.
         Si l’on ne choisit pas cette option, il faut continuer tout droit par la rue Cambernon pour déboucher au cœur de la Haute Ville, sur la place éponyme, carrefour des deux seules rues où est autorisée la circulation automobile : les rues Notre-Dame et Saint-Jean.

     

    Vue aérienne ci-dessus extraite de https://www.homelidays.com/hebergement/p6231260]

     

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    LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)Vierge à l’enfant

     

         Vers la gauche, la rue Notre-Dame conduit vers l’église du 15e siècle. Les pierres qui ont servi à sa construction proviennent des îles Chausey, révèle Hélène Lassau, présidente de l’association des Amis de l’église Notre Dame du Cap-Lihou. En 1113, les pêcheurs du rocher de Lihou remontèrent dans leurs filets une statue en bois d’une Vierge à l’enfant. Ils la récupérèrent et l’installèrent dans une chapelle édifiée en son honneur. Cette statue de bois a disparu, probablement à la fin du 14e siècle. Celle qui la remplace dans l’église a été sculptée dans du calcaire de Caen, au début du 15e siècle. Près de l’église, dans le petit jardin rempli de fusains, subsistent quelques tombes d’un cimetière datant d’avant la Révolution. On peut observer, dans le rempart, la porte dite Des Morts qui permettait de rejoindre le port. Sur la place du parvis, on remarque la Maison du Guet, édifiée vers 1905.
         Au coin de la rue la rue Cambernon et de la rue Notre-Dame se trouve l’ancienne demeure de François de Matignon, qui devint prince de Monaco par son mariage avec Louise Grimaldi en 1715. En continuant à droite, au n°54, on entrevoit, au travers de grilles monumentales, la belle façade de l’Hôtel Le Mengnonnet, l’un des grands armateurs granvillais. Juste en face, se trouve l’ancien tribunal de commerce qui a été reconverti en théâtre de poche, le Théâtre de la Haute Ville. Le n° 76, était la résidence du lieutenant de l’Amirauté. Puis, c’est l’arrivée sur la place de l’Isthme et le musée d’Art Moderne Richard-Anacréon. Sur cette place, d’où l’on peut jouir d’un magnifique panorama sur les côtes situées vers le Nord, se trouve l’entrée des fameux souterrains par lesquels les Vendéens tentèrent d’envahir la cité.

     

    Demeures remarquables

     

         Depuis la place de l’Isthme, on a le choix entre se diriger vers la rue Saint-Jean et la rue du Nord ou la Promenade Charles VII qui domine le casino et la Tranchée des Anglais et permet de découvrir la partie la plus ancienne des remparts et la caponnière.

         La rue Saint-Jean abrite, tout comme la rue Notre-Dame, d’anciennes résidences d’armateurs et de remarquables bâtisses en granit de Chausey, des 17e et 18e siècles. Au n° 32, l’Hôtel Dry de la Turbotière date de 1692. La maison du n° 37, l’une des plus anciennes (16e siècle), possède des pilastres reposant sur une moulure en plate-bande, une corniche, deux grands linteaux de bois supportant le granit et les trois dalles-chalands de l’ancienne boutique. Elle abritait des messes clandestines pendant la Terreur.

         De superbes pierres d’étal en granit garnissent de nombreuses fenêtres, attestant la présence d’une multitude de commerces. En 1896, la Haute Ville en comptait  plus de 50 dont 15 débits de boisson.

         Au n°39, la Maison du Puits qui Pleure possède deux puits dans sa cave ;  au 45, l’hôtel Ganne-Destouches date de la fin 17e ;  au 47, vous pourrez admirer une maison du 16e siècle. Au n° 61, l’Hôtel Picquelin de Grainville est doté de jolies chatières de toit. Au n° 3, la maison dite d’Adam et d’Eve vous surprendra avec ses bas-reliefs en terre cuite.
         Tout au long des deux rues principales de la Haute Ville, il faut franchir quelques marches pour accéder aux demeures. La légende dit que plus le nombre de marches était important plus les propriétaires étaient riches… 

     

    Le charme des venelles

     

         La balade dans la Haute Ville serait incomplète si l’on ne parcourait en zigzag  les nombreuses petites rues et venelles qui coupent les deux rues principales, permettant aux défenseurs de rejoindre rapidement les murailles Nord et Sud, aux noms évocateurs de la vie qui y régnait jadis : rues du Marché à la Chaux, du Marché au Cuir, du Marché au Pain, du Marché au Blé, de l’Égout, du Télégraphe, de l’Auditoire…

         La Haute Ville abrite de nombreux ateliers d’artistes, des galeries d’art, quelques crêperies et un unique bar, La Rafale, vestige des nombreux estaminets que connut la citadelle, haut lieu des fins de soirées de Carnaval, un endroit qui a su préserver son identité et dont la terrasse offre une pause bienvenue après la balade. » [2] 

     

    LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)  LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)

     

    Plans de Granville : à gauche, plan de Jean Magin ; à droite , plan de Jacques Nicolas Bellin. Ces plans sont consultables sur Gallica.

     

    LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche) LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)

     

    Autres plan de Granville : à gauche celui extrait de l'Atlas de Trudaine établi de 1745 à 1780 pour les Ponts et Chaussées.

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait du site : http://www.cotemanche.fr/2015/04/11/en-flanant-dans-les-ruelles-de-la-haute-ville/

     

    Bonnes pages :

     

    Sur l'histoire de Granville :

    http://www.vmvg.fr/patrimoine-granvillais/patrimoine-architectural/35-le-granville-militaire.html

    Rapport de SICARD, commissaire de la Marine, du 24 juillet 1731 :

    https://fr.geneawiki.com/index.php/50218_-_Granville_-_Rapport_Sicard

    Sur le siège de Granville de 1793 :

    http://www.vmvg.fr/patrimoine-granvillais/patrimoine-architectural/34-le-siege-de-granville.html

    http://historique-granville.wix.com/accueil#!siege-de-granville-1793/c1hgd

    http://www.wikimanche.fr/Si%C3%A8ge_de_Granville_(1793)

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6259758g.r=vendeens.langFR

    http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article12631

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_Granville

     

    LES REMPARTS DE GRANVILLE (Manche)

     

    Granville vers l’an 1620. Huile sur toile, reproduction du tableau de Claude Vignon qui était placé dans la Grande Galerie du château de Torigni-sur-Vire détruit en 1944. (Coll. Musée du Vieux Granville.) http://www.patrimoine-normand.com/index-fiche-30992.html

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