• LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime)

    Au centre, photo extraite du site http://maintenance-et-batiment.blogspot.com/2017/06/fiche-historique-les-chateaux-forts_3.html ; à droite, photo aérienne extraite du site Éditer Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime)      « Dampierre-en-Bray s'est formée des paroisses de Dampierre et de Beuvreuil. » [1]

     

         « Entre Amiens et Rouen, à deux pas de la limite départementale avec l'Oise, Beuvreuil placé aux bords de l'Epte sur un plateau calcaire du Pays de Bray, un peu plus loin que la célèbre frontière anglo-normande, a bénéficié elle aussi de sa place forte en son temps. » [2]

     

         « Le château dit des Huguenots (Beuvreuil) daté du 14e siècle. Son nom vient du fait qu'il y avait plusieurs familles seigneuriales huguenotes qui y vivaient. » [1]

     

      LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime)   LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime)

     Plan de situation du château des Huguenots à Beuvreuil, commune de Dampierre-en-Bray ; blason de la famille Le Cat par infofiltrageCette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par infofiltrage., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3545966

     

    Histoire

     

    LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime)     « Situé à proximité de l'église du hameau de Beuvreuil, ce manoir est dit « des Huguenots » du simple fait qu'au 15ème siècle son propriétaire Jean le Cat, seigneur de Beuvreuil y accueillait des calvinistes. » [3]

     

         Au 15e siècle, on trouve un François le Cat qui avait épousé Marguerite de Monsures, et qui était seigneur de Beuvreuil, puis Jean le Cat, son petit-fils, Gilles le Cat, écuyer, seigneur de Beuvreuil au 16e s iècle, qui avait épousé Françoise Vadequarre. Leur arrière petit-fils Samuel le Cat était seigneur de Beuvreuil. Cette famille portait de gueules à une croix ancrée d'or. Son origine remonte a Giroldus le Cat, écuyer qui vivait en 1118. En 1205, on trouve Nicolaus Catus et Guillelmus Pastor, domini régis milites et Baillivi. En 1677, David de la Louel était seigneur de Beuvreuil.
         Beuvreuil a appartenu aux Sarous, aux Pont-carré, aux Sassetot, aux Sommesnil, aux Fumechon : c'est aujourd'hui la propriété de M. Lefilleul.
         On appelle encore, dans le pays, Beuvreuil le château des Huguenots, probablement parce qu'au 16e siècle les Huguenots s'en emparèrent et s'y établirent. »
    [4] 

     

         « Quant à la paroisse de Beuvreuil (qui sera plus tard rattachée à Dampierre), elle relevait de l'abbaye de Saint-Germer (Oise). C'était en 1118 une seigneurie appartenant à la famille Le Cat. » [1]

     

    L'architecture

     

    LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime)     1844 : « Un ancien château fort du 14e ou 15e siècle est toujours debout a Beuvreuil. Il est bien conserve, et semble défendre encore la vallée avec les quatre tourelles à cul de lampe, dont il est flanqué. Les fossés qui l'entouraient ont été comblés. Des croisées à meneaux existent auprès de nouvelles fenêtres percées dans les épaisses murailles de la construction primitive ; c'est de l'habillement moderne ajusté à l'armure d'un preux. Un ancien bâtiment appelé indistinctement chapelle ou prison, a été entièrement démoli depuis peu. En revanche quelques constructions nouvelles, sans aucun caractère ont été appliquées au vieux château. Du contrefort de chaque pignon, sort une cheminée de forme ronde comme une petite tourelle.
         A quelque distance de là, à une extrémité de la cour, on voit un bâtiment moderne porté sur les arceaux surbaissés d'une voûte soutenue par des piliers courts et massifs comme ceux d'une crypte souterraine ou d'un sombre cachot. » [4]

     

    LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime)     1861 : « Auprès de l'église de Beuvreuil, il existe un ancien château fortifié, nommé dans le pays Château-des-Huguenot, soit parce que ceux-ci s'en seraient emparé au 16e siècle, soit parce qu'il aurait appartenu à quelque protestant. Cet édifice, construit sur d'assez grandes dimensions, est flanqué de tourelles en encorbellement, et conserve encore, au milieu de travaux modernes, ses contreforts et ses fenêtres partagées en croix par des meneaux. C'est une construction de la fin du 15e siècle.

         En 1118, la seigneurie appartenait déjà à la famille Le Cat, dont un membre, Jean Le Cat, seigneur de Beuvreuil, était commissaire des étapes pour les gens de guerre, à Gournay, en 1555. Dans la suite, cette seigneurie a appartenu aux familles de la Loueu Sarcus, Pontcarré, Sasselot, Sommesnil et Fumechon. C'est aujourd'hui la propriété de Mme veuve Lefilleul, de Rouen. » [6]

     

         « Le superbe manoir de Beuvreuil est resté « dans son jus » depuis plus de cinq cents ans !

         Entièrement construit en pierre, ne laissant à la brique que quelques rares encadrements de baies, le manoir se présente sur un plan rectangulaire, cantonné de tours cylindriques en encorbellement prenant leur assise sur de puissants contreforts.

         Les fenêtres à croisées de pierre de l'étage, avec leurs linteaux de forme ogivale sont les premiers signes annonciateurs d'une Renaissance non encore affirmée, l'ensemble ayant conservé son aspect de maison forte. » [3]

     

    LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime)     « Vieux château, dit le Château des Huguenots, transformé en ferme près de l'église fut construit en pierre du pays au 13e siècle se compose d' un corps carré long flanqué à chacun de ses quatre angles d'une tourelle circulaire placée en encorbellement sur des contreforts énormes. Les façades, comme les pignons, sont soutenues par des contreforts gigantesques, ceux de chaque bout renferment deux cheminées circulaires dont une est double. Ce grand et austère bâtiment est encore éclairé par des fenêtres ogivales dont une a gardé ses meneaux de pierre. A droite et à gauche de ce castel sont de vieux bâtiments en ruine qui remontent également au 13e siècle. Il s' y rattache des traditions et des légendes mystérieuses...

    Document ci-dessus : plan extrait du cadastre napoléonien, archives de la Seine-Maritime, http://www.archivesdepartementales76.net/


         Le superbe manoir de Beuvreuil est resté tel que depuis plus de cinq cents ans, entièrement construit en pierre, ne laissant à la brique que quelques rares encadrements de baies, le manoir se présente sur un plan rectangulaire, cantonné de tours cylindriques en encorbellement prenant leur assise sur de puissants contreforts. Les fenêtres à croisées de pierre de l'étage, avec leurs linteaux de forme ogivale sont les premiers signes annonciateurs d'une Renaissance non encore affirmée, l'ensemble ayant conservé son aspect de maison forte. » [5]

     

    Protection :

     

         « Il a été classé par arrêté du 2 mai 1921 (…) (propriété privée, ne se visite pas). » [1]

     

    LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime)

    Photo à gauche extraite de https://monumentum.fr/chateau-dit-des-huguenots-beuvreuil-pa00100615.html ; photo au centre extraite de http://maintenance-et-batiment.blogspot.com/2017/06/fiche-historique-les-chateaux-forts_3.html ; photo à droite extraite de http://www.cabinet-lebourg.fr/annonce/ref/101155/

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE DAMPIERRE-EN-BRAY (Seine-Maritime)     La chapelle de Beuvreuil est l’une des plus anciennes chapelles du pays de Bray. Elle est classée Monument historique en 1920. (NDB)

         « Beuvreuil possédait une église dès 1308. Le pape Alexandre III en confirma la possession et la dîme à l'abbaye de Saint-Germer. L'abbaye présentait à la cure. L'église actuelle porte plusieurs dates, le chœur et le clocher rappellent le 14e siècle. La nef est moderne avec un plafond à solives, parsemé de fleurs grossièrement peintes. Elle a pour patrons Saint-Pierre et Saint-Paul. » [4]

    Photo ci-dessus extraite du site : https://www.tourismedes4rivieresenbray.com/nos-communes/dampierre-en-bray/

     

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de http://maintenance-et-batiment.blogspot.com/2017/06/fiche-historique-les-chateaux-forts_3.html

    [3] Extait de http://chateau.over-blog.net/article-seine-maritime-chateau-beuvreuil-dampierre-en-bray-122580962.html

    [4] Extrait de Supplément aux Recherches historiques sur la ville de Gournay-en-Bray par M. N.-R. [Potin] de La Mairie ; Éditeur :  Vve Folloppe (Gournay) ; Date d'édition : 1844

    [5] Extrait de http://maintenance-et-batiment.blogspot.com/2017/06/fiche-historique-les-chateaux-forts_3.html

    [6] Extrait de Essai historique et archéologique sur le canton de Gournay par l'abbé J.-E. Decorde, curé de Bures-en-Bray ; A Paris : Derache, libraire, rue du Bouloi, 7 ; Didron, libraire, rue St-Dominique, St-Germain, 23. A Rouen : chez Lebrument, libraire, quai Napoléon, 45 ; 1861 https://archive.org/stream/bub_gb_RPNAAAAAcAAJ/bub_gb_RPNAAAAAcAAJ_djvu.txt

     

    Bonnes pages :

     

    http://maia-blog.eklablog.com/beuvreuil-et-le-manoir-des-huguenots-a108899562

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  • LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure) LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure) LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)

     

         « Alizay proviendrait du gaulois « alésia » dont la racine correspond au germanique « falisia » et signifie la « falaise ». (…) L'origine de cette terre remonte à l'époque où Rollon venait de triompher des troupes royales. Ces terres de Rouville constituaient dès le 12e siècle le fief le plus important de la paroisse. Ses possesseurs portèrent à partir du 14e siècle le titre de seigneur d'Alizay.
          Il existait jusqu'alors une famille de ce nom qui possédait le fief de la Motte, situé à côté de l'église. Cette motte, qui a donné son nom à la propriété qui s'y élève et qui a depuis été transformée en mairie, était une place fortifiée entourée d'une palissade de bois et de fossés. » [1] 

     

    LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)    LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)

     Plan de situation de la motte d'Alizay ; blason de la famille de Meulan par Odejea, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4043234

     

    LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)     « Les premières mentions d'Alizay remontent au 12e siècle, lorsqu'une paroisse fut créée. Les terres des Rouville devinrent le fief le plus important de la paroisse. Aussi, à compter du 14e siècle, le titre de seigneur d'Alizay est attesté, qui appartenait à la famille de Rouville. Cette puissante famille, acculée par les dettes, dut céder le fief à Gilles Hallé en 1684. La famille Hallé construisit ce qui est aujourd'hui le château de Rouville (voir ci-dessus). (...)

     

    LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)      L'ancienne habitation de la famille de la Motte Saint-Pierre a été acquise par la municipalité en 1979 et a été transformée en mairie. » [2]

     

     

     

     

    « La motte d'Alizay, vestige d'une petite forteresse médiévale

     

          Le monticule de terre à côté de la mairie d'Alizay a pendant longtemps excité l'imaginaire de nos aînés. Beaucoup d'entre eux ont vu dans ce vestige, l'entrée d'un sous-terrain se prolongeant de plusieurs kilomètres. La réalité issue de recherches archéologiques de ces dernières décennies est tout autre. Cette butte est en réalité une motte féo­dale (petit château-fort) éri­gée au début du 12e siècle.

     

    LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)

     Photos ci-dessus extraites de ce même site https://fr.calameo.com/read/0003460840ca2be5a6e76

     

    Un peu d'histoire …

     

    LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)     Le village d'Alizay a certainement des origines anciennes remontant à l'Antiquité ou au Haut-Moyen-Age.

         Deux indices nous permettent d'avancer cette hypothèse. Tout d'abord, selon François de Beaurepaire dans son ouvrage intitulé : «Les noms des communes et anciennes paroisses du département de l'Eure», le nom d'Alizay aurait comme origine latine Alésia. On retrouve ce nom de lieu en d'autres endroits et no­tamment à Alise-Saint-Reine (Côte d'Or - Bourgogne) où se trouve vraisemblablement le célèbre site gaulois d'Alésia.

         D'autre part le vocable Saint-Germain de l'église du village renforce certainement l'oc­cupation du site d'Alizay à l'époque mérovingienne. En effet, le culte de ce saint s'est répandu dans nos régions du nord ouest de la France au cours du 7e siècle.

         Pour le Moyen-Age, nous ne disposons que de très peu de textes pour la période des 11e et 12e siècles. Nous savons simplement qu'une partie du village était sous la dépendance des puissants sei­gneurs de Beaumont-Meulan au début du 12e siècle.

     

    La construction d'un château féodal

     

    LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)     C'est certainement au début du 12e siècle lors des événements militaires qui ont secoué notre région pendant cette période qu'une motte féodale a été érigée par la famille des Beaumont-Meulan ou par l'un de leurs vassaux.

          A cette époque, cette butte de terre était couronnée d'une palissade et une tour en bois était édifiée en son sommet.

          L'ensemble était entouré de fossé. Au pied de cette motte devait se trouver une basse-cour dans laquelle étaient construits des bâtiments dits communs ou agricoles notamment un four, un colombier, une grange et des logements pour les serviteurs.

    Ci-dessus, photo aérienne d'Alizay, extraite de http://andelle.paroisse.free.fr/ALIZAY.htm 

     

    LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)     A noter que la motte d'Alizay était le château féodal le plus proche de Rouen. Ceci s'ex­plique par le fait que c'était le domaine seigneurial le plus à proximité de Rouen qui échap­pait à la domination directe des ducs de Normandie.

         Ce type de petite forteresse fut fréquemment construit dans notre région entre la fin du 11e siècle et le premier tiers du 12e siècle. Elles étaient bien souvent situées dans des zones de frontière avec le domaine des rois de France ou à la limite de domaines seigneuriaux.

         Par ailleurs, elles ont souvent été construites dans un contexte de guerre notamment après la mort de Guillaume le Conquérant en 1087 et lors des conflits qui ont opposé les ducs de Normandie et les rois de France. Dans beaucoup de cas, leur occupation fut relativement brève. Elles furent ensuite remplacées par des forteresses en pierre ou par des bâtiments résidentiels comme ce fut le cas à Alizay. En effet, un manoir fut installé à côté de la motte. La mairie actuelle est en fait une résidence seigneuriale construite au 17e siècle.

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien (1834), Archives de l'Eure, http://archives.eure.fr/

     

         Nous aurons l'occasion dans une prochaine édition de revenir sur l'histoire de celle-ci. A l'époque de l'édification de l'actuelle mairie au 17e siècle, une glacière fut installée dans la motte. Il s'agissait d'un puits situé dans une structure encavée dans lequel on pouvait conserver avec l'apport de glace, les aliments périssables au frais.

         Cette structure servit ensuite de cave et même de refuge pendant la seconde Guerre Mondiale. » [3]

     

    LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure) LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)

     Ci-dessus, à gauche photo aérienne extraite du site Géoportail ; à droite, photo extraite du site Google Map.

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)LES REMPARTS D'ALIZAY (Eure)     « L'église Saint-Germain (12e, 14e, 16e, 18e et 19e) Inscrit MH (1926). L'édifice conserve certains vestiges du 12e siècle dans le mur sud du chœur ainsi qu'une fenêtre du 14e siècle sur le chevet. Le bras du transept, la tour clocher et les culots sculptés datent du 16e siècle. Enfin, la nef a fait l'objet d'une réfection au 18e siècle et la façade occidentale à la fin du 19e siècle. L'inscription de l'église au titre des monuments historiques concerne uniquement le clocher. » [2]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de http://www.alizay.fr/vivre-a-alizay/histoire/

    [2] Extrait de Wikipédia

    [3] Extrait de Actu'Alizay, bulletin municipal d'Alizay n°80 Mars 2015 par mairie d'Alizay https://fr.calameo.com/read/0003460840ca2be5a6e76

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  • LES REMPARTS DE SENOVILLE (Manche) LES REMPARTS DE SENOVILLE (Manche) LES REMPARTS DE SENOVILLE (Manche)

    Ci-dessus : à gauche, une photo extraite de http://cotentin.canalblog.com/archives/2011/04/01/20789587.html ; au centre, une photo extraite de http://chateau.over-blog.net/article-manche-manoir-fortifie-de-senoville-91908085.html ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         La commune de Sénoville possède un « manoir du 16e-18e avec vestiges d'une tour circulaire flanquée d'une tourelle d'escalier, meurtrières à mousquet. » [1]

     

    LES REMPARTS DE SENOVILLE (Manche)    LES REMPARTS DE SENOVILLE (Manche)

    Plan du manoir de Sénoville ; blason hypothétique de la famille Hervieu par Gilloudifs (blason à vérifier...)

     

    Histoire

     LES REMPARTS DE SENOVILLE (Manche)     « On trouve comme seigneur de Senoville, en 1278, Guillaume de Sottevast ; en 1308, Yvon du Buisson... » [2]

     

         « Une première mention d'un seigneur de Senoville est constatée en 1394. » [1]

     

         « En 1394, Pierre Hervieu est seigneur de Sénoville. Il décède en 1414. » [3] « Ce fief noble dépendait de la baronnie de Bricquebec et portait le nom de fief Bacon. (...)

         « L'église paroissiale Saint-Lô abrite (…) le monument funéraire de Louis Hervieu, 24e abbé de l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, avec le gisant d'un prêtre placé dans un enfeu. » [1]

    Photo ci-dessus extraite de http://michel-lesrandosdulundi.blogspot.com/2010/04/randonnee-du-lundi-12-avril.html

     

         « On trouve comme seigneur de Senoville… en 1521, Jean Hervieu était seigneur de Senoville et de Lanquetot. Sa fille, Marguerite Hervieu, épousa Guillaume Michel, sieur de Belouze, lieutenant-général au bailliage de Saint-Sauveur-Lendelin. » [2]

     

         « A la fin du 15ème siècle, construction du manoir fortifié.

         Au 17ème siècle, aménagement du logis seigneurial et des communs.

         Au 18ème siècle, Bon-Antoine de la Haye est seigneur de Sénoville. Il occupe les fonctions de conseiller du roi et Lieutenant Général au Bailliage de Valognes.

         A partir de 1741, une ferme est aménagée.

         En 1980, de nombreux bâtiments sont détruits (colombier, tourelle octogonale, logis renaissance, chambre médiéval, etc...).

         En 1990, la tourelle-escalier du colombier s'effondre. » [3]

     

    LES REMPARTS DE SENOVILLE (Manche) LES REMPARTS DE SENOVILLE (Manche) LES REMPARTS DE SENOVILLE (Manche) LES REMPARTS DE SENOVILLE (Manche)

    Photo 1 extraite de http://chateau.over-blog.net/article-manche-manoir-fortifie-de-senoville-91908085.html ; photo 2 extraite de http://michel-lesrandosdulundi.blogspot.com/2010/04/randonnee-du-lundi-12-avril.html ; photo 3 extraite de http://chateau.over-blog.net/article-manche-manoir-fortifie-de-senoville-91908085.html ; photo 4 extraite de http://cotentin.canalblog.com/archives/2011/04/01/20789587.html

     

    Architecture

     

         « Ce manoir seigneurial qui a connu bien des vicissitudes au cours de son histoire possède des bâtiments dont la construction s'échelonne du 15e au 18e siècle. Le logis seigneurial, l'entrée et les communs sont du 17e, mais ils ont été remaniés au 18e siècle. L'entrée se fait par un portail et sur la gauche, une charreterie s'ouvre sur la cour par une double arcade avec pilier.

         Le domaine est actuellement divisé en deux propriétés. (…)

         Un des éléments les plus importants du manoir est la tour ronde (en F sur le plan). Malgré son air de donjon médiéval, elle date de l'extrême fin du 15ème siècle (compte tenu de la faible épaisseur de la maçonnerie : 0,70 m en moyenne).

         La construction est en petit appareillage souligné dans sa partie basse par quatre bandeaux de pierres plus soigneusement taillées.

         La tour, d'une douzaine de mètres de hauteur et de cinq mètres de diamètre, est éclairée par une fenêtre étroite à traverse avec linteau et montants chanfreinés.

         Selon une disposition classique, l'édifice a servi de colombier dans sa partie la plus élevée, d'où les deux ouvertures carrées, dont l'une est murée. » [4]

     

    LES REMPARTS DE SENOVILLE (Manche) LES REMPARTS DE SENOVILLE (Manche) LES REMPARTS DE SENOVILLE (Manche)

    Documents ci-dessus : à gauche, carte d'Etat Major extraite du site Géoportail ; au centre, plan extrait du cadastre napoléonien de 1825, Archives de la Manche, http://www.archives-manche.fr/ ; à droite photo extraite de http://chateau.over-blog.net/article-manche-manoir-fortifie-de-senoville-91908085.html

     

    Sources

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de Annuaire du département de la Manche, année 1867, Article de Mr Renault https://www.le-petit-manchot.fr/cc-12-15-senoville/articles/

    [3] Extrait de http://chateau.over-blog.net/article-manche-manoir-fortifie-de-senoville-91908085.html

    [4] Texte extrait d'un panneau explicatif installé sur place.

     

    Bonnes pages :

     

    O http://cotentin.canalblog.com/archives/2011/04/01/20789587.html

    O http://chateau.over-blog.net/article-manche-manoir-fortifie-de-senoville-91908085.html

    O http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article70&id_document=1415

    O https://www.le-petit-manchot.fr/cc-12-15-senoville/articles/

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  • LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados) LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados) LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados)

    Ci-dessus, à gauche, une photo aérienne extraite du site Géoportail ; au centre et à droite, deux photos extraites du site Google Map.

     

         Peu de choses à rapporter sur la motte féodale d'Annebault, siège originel d'une ancienne grande famille du Pays d'Auge. Elle domine désormais l'autoroute A 13 qui l'a épargnée. (NDB)

     

         « Annebault est située dans le pays d'Auge, à 17 kilomètres de Lisieux. Attesté sous les formes Olnebac, début 12e siècle ; Ounebaus 1195. La commune compte un monument historique : les vestiges d'une motte féodale, classée par arrêté du 8 mai 1973 (cad. B 514). » [1]

     

         « Ancien château. Il reste sur le territoire d'Annebaut des vestiges considérables d'un ancien château à une demi-lieue au sud de la route de Caen à Pont-l'Evêque, dans le bois (Voir le Bulletin monumental, t. II, p. 247). (...) La famille des seigneurs d'Annebaut était une des plus anciennes et des plus illustres de la Normandie. » [2]

     

    LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados)LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados)

     Plan de situation de la motte d'Annebault ; blason de la famille d'Annebault par Wikimandia — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jacques Lys., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4317648

     

    La famille d'Annebault :

     

         « La famille d'Annebault, principalement possessionnée dans la vallée de la Risle, près de Pont-Audemer, descend de petits seigneurs établis en Pays d'Auge depuis le 12e siècle, et peut-être d'un compagnon de Guillaume le Conquérant, le sire d'Onebac. Elle étend son influence aux environs de Vernon (il s'agit de Notre-Dame-de-l'Isle) par succession des Jeucourt (1485) puis en pays de Caux par succession des Blosset (1507). » [1]

     

         « On en trouve des membres à la conquête de l'Angleterre en 1066, puis à la suite du duc Robert en Terre-Sainte. Un vieux manuscrit des nobles de la province cite, comme vivant à peu près à la même époque, un Richard et un Enguerrand d'Annebaut. » [2]

     

    LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados) LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados)

     Ci-dessus : un plan extrait du cadastre napoléonien d'Annebault (tableau d'assemblage - 1826) Archives du Calvados https://archives.calvados.fr/accueil.html ; à droite une photo aérienne (années 1950-1965) extraite du site Géoportail : on y distingue nettement la motte féodale.

     

         « Richard d’Annebault, trouvère normand, vivait sous Saint Louis, il mit en vers français en 1280, les Institutes de Justinien. Cet ouvrage fut imprimé dans la seconde moitié du 15e siècle Il paraîtrait qu’il tenait une école de jurisprudence. Il était de la maison seigneuriale qui s’est éteinte avec le cardinal évêque de Lisieux et l’Amiral (Abbé de la Rue – Bardes et Jongleurs Tome III p.180, 187). Echiquier de Normandie p.206 – Assises de Pont l’Evêque de l’an 1259 » [3]

     

         « Dès-lors, on a une généalogie, non interrompue, de tous les membres de cette famille jusqu'à son extinction qui eut lieu dans la personne de Jean d'Annebaut, baron de Retz et de la Hunaudaye, tué à la bataille de Dreux, en 1662. Il ne laissait qu'une fille nommée Diane, qui mourut peu de temps après lui, et sa succession passa à Madeleine d'Annebaut, sa sœur, comtesse de Rochepot, par son second mariage avec Jacques de Silly de Rochepot.
         Madeleine mourut aussi sans enfants et eut pour héritières ses deux tantes , les dames de Vieux-Pont et de Saint-Germain, sœurs du cardinal-évêque de Lisieux et du fameux Claude, amiral et maréchal de France (Claude d'Annebaut est enterré dans l'église paroissiale d'Annebaut). » [2] NDB : En réalité, il a été inhumé dans la crypte de l'église d'Appeville-Annebault dans l'Eure.

     

    LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados)     « Claude d'Annebault (env. 1495-1552) est un militaire français, qui fut amiral et nommé amiral de France en 1544. » (…)

     https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_d%27Annebault

     

       Son père, Jean V d'Annebault, était capitaine des toiles de chasse de François Ier. De son mariage avec Catherine de Jeucourt, Jean V d'Annebault a au moins six enfants (Anne, Claude, Jacques, Jeanne, Jacqueline et Marie). » [1]


    Ci-dessus portrait de Claude d'Annebault
    par [1]; original at Musee Conde, Chantilly, France, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3387821

     

    LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados)LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados)LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados)LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados)LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados)

    Blasons ci-dessus : 1. Blason de la famille de Silly de Rochepot extrait de https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=blasons&id=6760712&desc=de_silly_gesnes_le_gandelin_seigneurs_de_vaux ; 2. Blason de la famille de Vieux-Pont extrait de https://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=6180 ; 3. Blason de la famille Potier de Tresmes par Jimmy44 Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4585891 ; 4. Blason de la famille d'Hanicamp par Gilloudifs. ; 5. Blason de la famille du Parc de Barville extrait de https://www.heraldrysinstitute.com/lang/es/cognomi/Parc+De+Barville/idc/665698/#

     

         « Charlotte de Vieux-Pont, arrière-petite-fille de ladite dame de Vieux-Pont, porta la terre d'Annebaut dans la famille Potier, par son mariage avec Bernard Potier, seigneur de Blérencourt-Saulzy, Cattegny, Dominois-le-Fresnel, comte de Pont-Authou, Pont-Audemer et Montfort-sur-Risle, seigneur de Saint-Pierre-en-Caux et Chailloué, qui devint marquis d'Annebaut par érection qui fut faite en sa faveur l'an 1643.
    Après lui, le marquisat d'Annebaut passa dans une branche
    latérale, et l'on trouve en possession du titre François-Bernard, duc de Tresmes, fils de Léon Potier, pair de France, et de Marie-Françoise-Angélique du Val.


    LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados)LES REMPARTS D'ANNEBAULT (Calvados)     Le 3 août 1723, Jean-Baptiste-Julien d'Hanicamp, comte de Montfort, marquis de Pont-Audemer et Pont-Authou, acquit le marquisat d'Annebaut et d'Aubigny-en-Auge. Il n'eut qu'un fils, et une fille nommée Marie-Adelaide, qui devint marquise d'Annebaut en 1777. Elle avait épousé, en 1748, François du Parc de Barville, seigneur et patron du Mesnil-Au-Val. Le petit-fils de ce dernier a vendu, il y a quelques années, la terre et la seigneurie d'Annebaut à M. de La Chouquais, membre de la Société française d'archéologie, président honoraire à la Cour impériale de Caen. Ce dernier a donné au musée d'antiquités de Caen, où on le voit, un poteau qui était, il y a trois ans, près du château, à côté de la halle ou cohue, et qui servait aux expositions des criminels de la haute-justice d'Annebaut ; ce poteau porte encore la chaîne et le collier de fer qui servaient a attacher les condamnés. On y lit la date 1775. »
    [2]

     

         Documents ci-dessus : le pilori du marquisat d’Annebault (Calvados) extrait de https://antiquaires-de-normandie.org/spip.php?article193. Il est orné d’armoiries, celles de la famille d’Hanicamp, qui posséda le marquisat d’Annebault et Aubigny-en-Auge pendant une bonne partie du 18e siècle. 

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados, Tome 4 par M. Arcisse de Caumont (1801-1873) ; Éditeurs :  Derache (Paris)/Dumoulin (Caen)/A. Hardel () ; Date d'édition : 1846-1867. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9662166n/f93.item.r=Statistique%20monumentale%20du%20Calvados%20tome%204.texteImage

    [3] Extrait de http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=5733

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  • LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne) LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne) LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)

     

         « Tinchebray est une petite ville du département de l'Orne, et faisait autrefois partie de la comté de Mortain. La lutte fratricide des fils du Conquérant a donné une célébrité historique à son ancienne forteresse, dont il ne subsiste plus rien aujourd'hui, mais qui était encore debout au 13e siècle. » [1]

     

    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)     1912 : « Saint-Rémy est longé d'un côté par la vieille rue de la Geôle, aux maisons moyenâgeuses, mais sans caractère ; c'est de ce côté que s'élevait le château de Tinchebray. Aujourd'hui on en chercherait vainement la trace : le donjon, les murailles, les tours ne sont plus qu'un souvenir. Une propriété particulière occupe l'emplacement de l'ancienne forteresse ; nous y pénétrons sur l'invitation gracieuse du propriétaire, M. Quentin Foucault.
         La maison d'habitation est une construction du 18e siècle ; elle est placée au point culminant du rocher qui servait d'issue au donjon, des terrasses ont été aménagées au-dessous et dominent agréablement une prairie formée des anciennes douves et de l'étang, qui défendaient de ce côté les abords du château, et par delà la petite vallée du
    Noireau.
         A voir actuellement ces lieux d'un aspect si tranquille on
    a peine à croire qu'ils aient été autrefois le théâtre de luttes
    meurtrières ; c'est ici pourtant que se déroulèrent les phases souvent sanglantes de l'histoire de Tinchebray, liée intimement à celle de son château. » [2]

     

    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)     LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)

     Plan de situation probable du château de Tinchebray (j'ignore si la cité a connu des remparts propres) ; blason de la commune de Tinchebray par Aroche Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Aroche., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6628025

     

    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)     « Les chroniques écrivent diversement ce nom. Mathieu Paris écrit Herchebray, Orderic Vital, Tenerchebraicum. On lit aussi Tenebrachium, dans les annales de Baronius. Le château de Tinchebray fut bâti pendant la première moitié de l'onzième siècle, sous le règne de Robert-le-Diable, par Guillaume, comte de Mortain et petit-fils de Richard-sans-Peur, troisième duc de Normandie. Il était défendu au sud et à l'ouest par un marais profond et des rochers escarpés. De fortes murailles flanquées de tours, et des fossés le protégeaient au nord et à l'est. Des souterreins, que l'on voit encore aujourd'hui, le mettaient en communication avec des forts avancés. Il fut rasé après la bataille. Le peu qui en reste semble échappé à la fureur des Anglais, pour rappeler à la mémoire la barbarie de leur roi, et vouer son nom au courroux déjà postérité. La famille de Lusignan possédait la châlellenie de Tinchebray. Selles-de-Lusignan, châtelain en 1066, accompagna à la conquête d'Angleterre Guillaume-le-Bâtard, avec les seigneurs de La Lande et de Cerisy. Treize hommes pour Tinchebray, sons la conduite de Roger d'Amoudeville, partagèrent les périls de cette expédition. Gille II de La Roque, châtelain en 1096, et les seigneurs de Cerisy et de La Lande, suivirent le prince Robert à la première croisade. » [3]

     

    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne) LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)

    Ci-dessus : à gauche, une photo aérienne extraite du site Géoportail ; à droite, parcelles cadastrales extraites du site Géoportail.

     

    Le Château de Tinchebray

    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)     « Ce qu'il était, ce qu'il est devenu. (Nous reproduisons ici une intéressante notice que M. l'abbé Dumaine a rédigée spécialement en souvenir de notre visite à Tinchebray ; nous lui en exprimons tous nos remerciements. )
         « Ce fut, dit Hurel, dans la première moitié du 11e siècle de 1028 à 1048, que Guillaume Verleng, fils de Mauger et, petit-fils de Richard Ier, fit bâtir le château de Tinchebray.
    Suivant l'usage du temps, il l'assit aux flancs et sur le sommet du rocher, dont le génie militaire sut toujours se faire un rempart. Ce rocher d'ailleurs était rendu inaccessible au sud et à l'ouest par un marais bourbeux qui plus tard, au moyen d'une digue, fut converti en un étang vaste et profond.
         Cette digue elle-même fut ensuite protégée par une forte tour qui commandait la porte orientale du château et le chemin se dirigeant sur Chanu et Domfront.
         En 1820, affirme Hurel, on voyait encore les deux piliers de cette porte fortifiée, en tête de la ruelle qui conduisait au moulin de « Sous la Tour » (On dit encore dans le pays « aller sous la Tour »).
         De larges fossés, alimentés d'eau par des sources et par le ruisseau de la vallée, rendaient le château inabordable. Des remparts, garnis de tours, complétaient l'état de défense de la forteresse. Au centre, sur le point culminant du rocher, se dressait le donjon, couronné lui-même par sa tour de guet. Le granit et le schiste du pays coulés dans un bain de ciment, formaient des murs de trois mètres d'épaisseur, d'une résistance à toute épreuve.
         Des souterrains, dont quelques-uns sont encore visibles, se ramifiaient sur divers points de la ville et permettaient de communiquer avec les forts avancés.


    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)     Après la journée du 28 septembre 1106, où le duc Robert, après s'être retranché dans le château pour opposer une énergique résistance à son frère Henri Ier d'Angleterre, dut enfin céder devant le nombre, le château de Tinchebray fut une première fois démantelé.
         Depuis lors les Anglais, ayant voulu s'y retrancher eux-mêmes, l'avaient remis sur le pied de guerre, puisque en 1141 les troupes du comte d'Anjou ne purent s'en emparer qu'après un siège long et pénible.
         Quelque temps après le château de Tinchebray était de nouveau aux mains du roi d'Angleterre ; celui-ci semble même en avoir fait une de ses résidences de choix, puisqu'on l'y retrouve à diverses reprises ; de là le monarque anglais organisait ses chasses dans la forêt voisine de Lande-Pourrie et dans les bois d'Yvrandes.
         Aussi, en 1180, le château participait-il à la répartition de plusieurs tonneaux de vin d'Anjou que le roi Henri II faisait conduire dans ses résidences de la contrée (Grands rôles de Normandie ).

     

    Ci-dessus, monument commémoratif de la bataille de Tinchebray au champ Henriet (champ de foire) : la stèle représente Robert Courteheuse (1054-1134) le duc de Normandie vaincu à Tinchebray. Photo Gilloudifs.


    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)     Ce prince fit même élever au château de Tinchebray plusieurs constructions nouvelles, notamment une cuisine en dehors de la porte du château, puis une petite tour avec une chambre dans sa partie supérieure, un moulin nouveau et la salle des veneurs du roi (Grands rôles de Normandie, année 1180. T. Vides mémoires des Antiquaires de Normandie). » [2]

     

    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)     « Les comptes rendus par Richard de Fontenay à l'Échiquier de Normandie montrent que ce château avait, en 1203, une petite garnison composée de trois hommes d'armes à cheval et de neuf hommes d'armes à pied. Trente-deux ans plus tard, dans le partage de la comté de Mortain, à la suite de la mort du comte de Boulogne, la forteresse de Tinchebray figure encore comme appartenant au roi de France. Sa destruction complète remonte sans doute à l'époque des guerres contre les Anglais. » [1]


         « Longtemps encore cette résidence royale continua d'avoir son importance ; en 1205 Jean sans Terre enjoignait à Richard de Fontenay d'établir à Tinchebray, pour la garde du château, une garnison de trois cavaliers et de neuf fantassins qui y séjournèrent soixante jours (Grands rôles de Normandie. Ibid. p. 13.).
         Cette même année, Brica, fidèle chambellan du roi d'Angleterre et duc de Normandie, était nommé gouverneur de Tinchebray.

     

    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)     Puis vint le temps où les troupes anglo-navarraises, à la solde de Charles le Mauvais, détinrent cette forteresse et s'en servirent comme de point de départ pour leurs chevauchées spoliatrices à travers le pays. Dans les comptes du roi de Navarre on voit en effet qu'il confia la garde du château de Tinchebray à des officiers qu'il s'efforçait d'attacher à sa cause par d'assez larges soldes (Les comptes du roi de Navarre, Tinchebray et sa région. T. II, p. 386 et suiv.).
         « En 1378, Duguesclin, à la tête d'une troupe de soldats français, pénétrait dans le comté de Mortain, s'emparait de Tinchebray, d'où il chassait les Navarrais, et conseillait au roi de France, Charles V, de raser cette forteresse qui avait trop longtemps servi de repaire aux pillards à la solde du Mauvais.
         Aussi, à la date du 9 août 1380, un ordre du roi Charles V prescrivait à Guillaume d'Enfernet, bailli du Cotentin, de faire démolir le château aux frais et dépens des habitants du pays, « par telle manière qu'il n'y demeure chose par quoi l'on puisse ramener la dite place à nulle forteresse et qu'aucun péril et dommage ne s'en pût suivre à nous ni au pays » (Extrait des Documents inédits de l'histoire de France, p. 944, 1364-1380. ). L'exécution suivit de près l'ordre royal, car, dès le 4 septembre de la même année, la solde de la main-d'oeuvre employée à ces travaux de démolition était ordonnancée par Guillaume d'Enfernet, en vertu d'une injonction faite à Thomas Le Quelnie, receveur général des finances ; pour six journées de travaux à l'abattement des forts les ouvriers reçurent une somme de deux sous six deniers par jour (Léopold Quinault. Les grands baillis du Cotentin, note 2. Mémoires des Antiquaires de Normandie. T. XXV, p. 145.).
         Cet ordre de paiement fut rédigé à Tinchebray même. Depuis lors le temps acheva peu à peu ce que la main de l'homme avait ainsi commencé. Un certain nivellement du terrain de l'ancien château s'était produit au cours des siècles, insuffisant cependant pour que l'emplacement pût être utilisé à de nouveaux usages.
         En 1756, Adrien-Michel Pitot, fermier général de la châtellenie de Tinchebray, fit à Mgr le duc d'Orléans comte de Mortain et comme tel propriétaire des ruines et dépendances de l'ancien château représentation qu'à la partie orientale de la ville de Tinchebray se trouvait l'emplacement de l'ancien château du lieu ; et, comme à ce moment là, il restait encore quelques pans de murailles, derniers débris de l'antique forteresse, et que l'on y distinguait aussi des traces des anciens fossés, avec quelques pointes de rochers, tout cela rendait cet emplacement d'un accès peu facile. L'escarpement du rocher subsistait avec sa pente très accentuée se terminant sur le chemin allant du Val de la Fontaine à l'abreuvoir et au moulin de Sous la Tour.Cet état de choses empêchait que l'on se servît d'un terrain pouvant fort bien être utilisé. Pour le marché et les foires de Tinchebray on était alors obligé d'emprunter un terrain particulier, souvent incommode par sa situation ou son éloignement tant pour les marchands que pour les fermiers de la « coutume ». Ces derniers même, à cause de cela, étaient obligés de multiplier à leurs frais des gardes pour empêcher la fraude.
         Se rendant à ces raisons, Mgr le duc d'Orléans abandonna à Michel Pitot l'emplacement de l'ancien château avec le terrain vague qui l'environnait, le tout d'une contenance d'une acre trois vergées à charge par lui de combler les fossés, d'aplanir le sommet et les environs du château, ainsi que tout ce qui était susceptible d'être dressé dans le rocher. On espérait pouvoir en dégager une surface plane, d'environ une acre, devant servir pour les foires.
         Le surplus était regardé comme inaccessible, à cause de la trop grande déclivité du terrain ; aussi Pitot était-il autorisé à s'en servir à son bénéfice. Il s'engageait d'ailleurs à faire cet aplanissement à ses frais dans le cours de trois années.
         L'emplacement ainsi aménagé pour les foires devait avoir deux entrées, mais Pitot pouvait les clore de barrières pour la conservation des arbres qu'il était en droit de faire planter, à la condition toutefois d'observer une distance de dix-sept à dix-huit pieds entre chaque arbre.
    Pitot s'était aussi réservé le droit de faire élever un mur de clôture sur le chemin de Landisacq, avec faculté d'y appuyer des appentis susceptibles d'être loués aux marchands, merciers et autres, sans aucun préjudice pour les droits de coutume et d'étalage.
         Il se réservait enfin le droit de faire bâtir à l'extrémité de cette place, sur l'extrémité du rocher, une maison pouvant lui servir d'habitation et de faire cultiver à son profit tout ou partie du vallon adjacent.


    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)     Tout cela fut accordé à la condition de tenir ces choses mouvant et relevant du domaine de Mortain, sous la châtellenie de Tinchebray, sujettes aux droits de reliefs et treizièmes, avec tous les autres droits et devoirs coutumiers et ordinaires, et avec obligation d'aveu et de déclaration au Papier terrier, quand il appartiendrait.
         De plus, Michel Pitot devait payer annuellement une mesure d'avoine de cens et rente foncière « domaniale perpétuelle et irraquitable » à la recette du domaine de Mortain, au terme de Pâques.
         L'acquisition de l'emplacement de l'ancien château fut donc ainsi faite à peu de frais, mais les travaux de déblaiement devaient entraîner une certaine dépense. Le travail dura trois ans et les ouvriers qui y étaient employés furent payés sur le pied de douze à dix-huit sous par jour.
         Il fallut tout d'abord s'attaquer à la butte elle-même, pour la faire disparaître, et combler de ses débris les douves qui l'entouraient. Ce travail commença le 17 août 1756.

     

    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne) LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne) LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne) 

     

        On sapa à mi-butte, du côté de la ville, parce que le chemin de Landisacq donnait la hauteur à garder pour l'ensemble des aplanissements à faire. La douve du côté de la Bourbe ayant été remplie de manière à continuer le vallon, on se mit ensuite à la fouiller, parce qu'ainsi on obtenait un point d'appui pour recevoir les terres. C'est ce qui permit d'ailleurs de gagner en largeur une trentaine de pieds de terrain sur toute la longueur, jusque vis-à-vis de l'Abreuvoir.
         On trouva là beaucoup de pierres et de carreaux propres à bâtir. Cent cinquante jours de travail furent employés à aplanir et jeter dans les douves les terres se trouvant le long du chemin de Landisacq.
         Il fallut de plus dresser une petite butte dominant le jardin Mauduit et en faire disparaître une autre jouxtant le jardin de Julien Lecoq. Puis l'on attaqua la motte du château pour la niveler en la rejetant dans la douve, les pierres propres à bâtir étant mises de côté.
         Le long du jardin de M. de la Beaujardière, on fit l'aplanissement d'une autre partie à hauteur des douves.
         Du côté de la place du château, vers le pré de M. de la Baronnière, on aplanit le terrain tendant vers la Bourbe. Vingt-sept ans plus tôt M. de la Boutrière avait déjà planté une devise en cet endroit.
         Il restait sans doute du côté de la petite douve quelque chose des vieilles constructions, car dans le journal de Pitot on trouve une somme de quinze livres allouée « pour abastre et dresser » ce coin du château dans les douves, au bout de l'entreprise de Jacques Durand.
         Ensuite il est fait mention de six livres pour achever d'aplanir le terrain vers la Noitte (Ces divers noms de propriétaires et de propriétés correspondent à un relevé du plan du château et des terrains adjacents fait en 1756 par les soins de M. Bence, architecte de S. A. S. Mgr le duc d'Orléans, et qui accompagne le journal d'Adrien-Michel Pitot.). La butte sur laquelle le château avait été bâti formait une sorte de mamelon. Pour le fortifier dès sa base les douves avaient été creusées dans le roc afin de mieux assurer leur résistance. Du côté d'un jardin, dit de Marmousot, là où le château aurait été plus accessible à l'ennemi, les douves avaient trente pieds de large, avec des murs de douze à vingt pieds de haut, et quinze de profondeur ; du côté de la Bourbe et de l'Etang, qui faisaient une protection naturelle à la forteresse, elles étaient un peu moins larges et moins profondes. On mit trente jours à les vider.


    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)     Pour détruire le château, le feu fit d'abord son oeuvre, ensuite les murailles furent démolies pierre par pierre. Les fouilles aux alentours des anciennes forteresses donnent lieu parfois à certaines découvertes ; ici on ne trouva que peu de chose. La douve donnant sur le jardin de la Belle-Noë offrit cette particularité qu'on y trouva une fontaine assez spacieuse, entourée elle-même de murs formant une sorte de réservoir, pouvant servir de lavoir ou d'abreuvoir, sur une longueur de vingt-quatre pieds. (On croit qu'elle se trouvait sous la porte d'entrée, l'ouverture du château faisant face à l'Orient).
         Cinq issues de souterrains donnant sur les douves furent alors découvertes, dont l'une se trouvant sous une vieille tour du château. De construction assez étroite, ces souterrains ne pouvaient guère donner passage qu'à un seul homme. Dans ce dernier on retrouva des doliches de bois de chêne faites à la varloppe.
         Dans la douve faisant face au lieu dit la Belle-Place on rencontra une autre fontaine de six pieds de profondeur sur quatre à cinq pieds de large. Dans le fond, il se trouva des bois assez bien conservés, « des morceaux de souliers apparemment jetés à l'aventure », des quartiers de buires et de pots à puiser de l'eau, et jusqu'à un morceau de vieux
    chapeau. Tout cela gisait dans un limon visqueux et infect. C'est à cette place que fut creusé et maçonné le puits qui sert à l'habitation actuelle et qui ne compte pas moins de quarante-huit pieds de profondeur.
         Une grande quantité de pierres propres à bâtir furent retirées de tous ces déblaiements et vendues à sept habitants de Tinchebray qui s'en servirent pour se construire des maisons.
         Au-dessous de la muraille, qui fermait le château du côté de la Bourbe, commençait une pente conduisant au sentier de l'Abreuvoir. L'acquéreur pouvait disposer de cette partie à sa guise. Le 3 septembre 1759, Pitot commença la construction d'une habitation pour lui-même en l'appuyant du côté nord, contre l'un des vieux murs du château : on voit encore les vestiges de cette ancienne muraille sous les degrés de l'escalier qui conduit aux chambres situées au soleil levant. La maison compta en longueur vingt-six pieds et seize en largeur ; elle se composa d'une salle, d'une chambre et de quatre cabinets à divers usages.
    Comme la pente était trop rapide du côté du midi, on nivela le terrain pour établir une petite cour et donner par là une issue à la maison.
         Du côté de l'étang, on fut obligé de construire des murs de soutènement pour faire un jardin avec des terrasses. Tous ces travaux nécessitèrent plus de cinq mille journées d'ouvrier et une dépense de quatre mille quatre-cent-deux livres treize sols (Tous ces détails sont tirés du journal manuscrit d'Adrien-Miche Pitot où il spécifie jour par jour les travaux et les dépenses qu'a entraîné l'aménagement de la propriété actuelle de l'ancien château-fort de Tinchebray. Si nous n'avons pas mentionné ces détails dans notre Histoire de Tinchebray, c'est que ce manuscrit nous était resté inconnu jusqu'à ce jour. (Note de M. l'abbé Dumaine.)
         Cet endroit a continué à s'appeler le « château » et porte encore ce nom aujourd'hui.


    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)     En quittant le château, nous descendons la rue de la Geôle pour gagner le chemin couvert qui nous conduit en dehors de la ville au lieu dit les Croix. C'est là, d'après la tradition, que fut déposée la dépouille mortelle de trois chevaliers tués à la bataille de Tinchebray. Longtemps la piété populaire y a entretenu trois croix, d'où le nom qui s'est conservé en souvenir des trois preux tombés au champ d'honneur. Aujourd'hui un calvaire en granit s'y dresse sur de gros blocs de rochers assez artistiquement disposés.
         On dit aussi qu'aux époques où la peste fit de nombreuses
    victimes à Tinchebray, ce lieu a servi de cimetière. Un peu plus loin se trouve l'église des Montiers. ... »
    [2]

     

    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)

     Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de Tinchebray (1834), Archives de l'Orne, http://archives.orne.fr/

     

    La bataille de Tinchebray, 28 septembre 1106 :

     

    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)     « Henri Beauclerc était en conflit avec son frère aîné, Robert Courteheuse, depuis la mort de leur frère Guillaume le Roux en 1100. En effet, Robert, poussé par son conseiller Rainulf Flambard, lui contestait la couronne d'Angleterre. En 1101, Robert avait débarqué sans succès à Portsmouth avant d’être forcé à renoncer, devant le manque de soutien populaire anglais, à sa prétention sur le trône anglais par le traité d'Alton.

         Les conflits persistants entre les deux frères poussèrent Henri à envahir la Normandie en 1105, prenant notamment les villes de Bayeux et de Caen. Forcé un moment d’interrompre sa campagne en raison des problèmes politiques résultant de la querelle des Investitures, Henri revint en Normandie à l’été 1106. Après la prise rapide de l’abbaye fortifiée de Notre-Dame de l'Épinay à Saint-Pierre-sur-Dives, Henri mit le cap vers le sud et mit, le 28 septembre 1106, le siège devant le château de Tinchebray, place forte située sur une colline au-dessus de la ville. » [4]

    Ci-dessus : monument commémoratif de la bataille de Tinchebray au champ Henriet (champ de foire) : la stèle représente Robert Courteheuse (1054-1134) le duc de Normandie vaincu à Tinchebray. Photo Gilloudifs.

     

         « Le duc de Bretagne et le comte d'Anjou, ses alliés, arrivent bientôt à la tête de leurs troupes, et vont commencer la campagne par le siège du château de Tinchebray. (...)

         Le roi d'Angleterre n'ignorait pas qu'il ne pourrait forcer, sans des peines extrêmes, une place si bien fortifiée ( Munitissfmum Herchebray castellum. Mathieu Paris). Il élève donc un fort devant, pour la tenir en respect, y laisse de nombreux corps de cavalerie et d'infanterie, et se dirige sur sa bonne ville de Domfront. [En 1091, les habitants de Domfront convièrent Henri de venir prendre possession de leur château. Cette trahison fut une source de calamités pour le pays ( Histoire de Domfront).

         Gille II de La Roque, châtelain de Tinchebray, avertit le comte de Mortain, dont il relevait, du danger qui le presse. Celui-ci vole à son secours augmente la garnison et fait entrer des vivres dans la place. Quand les fourrages vinrent à manquer, on coupa les blés, encore verts, pour la cavalerie. De Saint-Jean et les Anglais renfermés dans leur fort, n'osèrent arrêter ces secours. Henri, de retour, et instruit de ce qui s'était passé pendant son absence, change le siège en blocus.
    Si les assauts livrés au château furent vifs et multipliés, la résistance fut longue et opiniâtre. Attaqué avec fureur par les Bretons et les Anglais , le comte de Mortain implore le secours de son suzerain. Le duc de Normandie, suivi du comte de Belesme, de d'Estouteville, de Guillaume de Ferrière et de quelques autres grands vassaux, sort de Falaise, à la tête d'une armée peu nombreuse, il est vrai, mais pleine de courage et d'audace. Arrivé à Tinchebray, il invite le roi d'Angleterre à lever le siège ou à accepter la bataille.
         Henri n'était pas d'un caractère à abandonner une proie qu'il croyait déjà dévorer. Ses conseillers avaient trop d'intérêt à dépouiller un prince qu'ils avaient lâchement abandonné, pour ne pas partager ses desseins. Aussi vit-on les comtes de Meulan, d'Evreux, du Mans, de Conches, de Montfort rejeter tout accommodement. La province frémit d'horreur à la nouvelle de ce combat, où l'on allait voir, dans des rangs opposés, les pères et les fils, les frères s'entr'égorger.
         L'incendie de Bayeux avait exaspéré les Normands contre le roi d'Angleterre qui saccageait la province.
         Les malheurs de Robert, au contraire (chose assez rare), grossissaient de jour en jour le nombre de ses partisans. On allait en venir aux mains : Orderic Vital, à la tête de quelques pieux cénobites, abandonne les retraites solitaires de Saint-Evroult et se rend au camp du roi d'Angleterre. Mais que pouvait la sagesse de ses conseils sur l'âme d'un ambitieux et de lâches déserteurs ? Ses avis rejetés, il s'arme de la puissance que la religion a mise dans ses mains, il jette un interdit sur les deux frères.
         A ce coup inattendu, Henri feint de prêter l'oreille aux conseils du solitaire. Il propose la paix, mais à des conditions si humiliantes, que l'honneur du prince et de ses barons ne peut y souscrire. Il demande la moitié de la Normandie et le gouvernement de la province entière. Les comtes de Mortain et de Belesme, surtout, sont indignés d'une telle proposition.
         Henri a l'audace de prendre Dieu à témoin de la justice de sa cause. Il rend la liberté à quelques prisonniers, il promet de relever les églises qu'il a incendiées. Ils s'avancent ensuite au combat , ces deux frères ennemis, que n'avaient pu toucher la voix de la religion et les cris de détresse des peuples opprimés.
         Le trouvère, déjà cité, dit à ce sujet :

    Grant fu la guerre et grant fu l'ire ;
    Mais tout ne puis compter ni dire
    Del rey Henri et de son frère
    D'un père nez et d'une mère.

         Quel était le prix de la victoire ? La Normandie. » [3]


         « Situé dans le Sud-Ouest de la Normandie, sur la frontière du comté de Mortain, Tinchebray est tenue par le comte Guillaume de Mortain, un des quelques barons normands importants toujours fidèles à Robert Courteheuse. L’armée ducale arrive au secours des assiégés le 28 septembre. Après l’échec des tentatives de négociations, le duc refusant les offres du roi, la bataille s’avère inévitable et Henri donne l'ordre du combat.

         Robert Courteheuse a avec lui le comte Guillaume de Mortain et Robert II de Bellême. Chacun commande une bataille. À l’issue du combat qui ne dure qu’une heure la majeure partie de l’armée ducale est capturée ou tuée, sans compter Robert lui-même qui fait partie des prisonniers et mourra en captivité près de 30 ans plus tard en Angleterre. Parmi les combattants capturés, figure également Edgar Atheling, l’oncle de l’épouse d’Henri et le comte de Mortain. (…)

          À l'issue de la bataille de Tinchebray, le 28 septembre 1106, lors de laquelle Henri Ier Beauclerc, roi d'Angleterre vainc son frère Robert Courteheuse, duc de Normandie, le duché de Normandie est de nouveau rattaché à l'Angleterre, dix-neuf ans après le partage entre les fils de Guillaume le Conquérant...

         La seigneurie de Tinchebray est rattachée au domaine royal en 1259. » [4]

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)LES REMPARTS DE TINCHEBRAY (Orne)« La chapelle Saint-Rémy est une église romane fortifiée située à Tinchebray-Bocage, classée Monument Historique en 1944. (...)

    Construite probablement au 12e siècle, la chapelle Saint-Rémy a été remaniée à l'époque de la Guerre de Cent ans. De l'église ne subsistent que le transept et le chevet plat. La nef disparue laisse sa silhouette sur le mur ouest du clocher élevé sur la croisée du transept. Le bras nord a été fortifié par l'adjonction de deux échauguettes à archières et machicoulis. La croisée est surmontée d'une tour romane terminée par une flèche de charpente modifiée depuis sa construction. Les trois travées du transept et celle du chœur sont couvertex de voûtes sur croisées d'ogives.

    On y trouve des peintures murales de Saint Martin, Saint Joseph et une Charité de Saint Martin. La chapelle Saint-Rémy au cœur du système de défense dans la bataille de 1796 contre les chouans. » [4]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait du Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie, Volume 5, 1868.

    [2] Extrait du Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne (Alençon) ; Date d'édition : 1912 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5457297h/f146.item.r=%22histoire%20de%20Tinchebray%22.texteImage

    [3] Extrait de La Bataille de Tinchebray, 27 septembre 1106 / par Hurel, Julien-Modeste. Éditeur : impr. de J. Élie (Saint-Lo) 1829 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6498340p/f9.image.r=%22Ch%C3%A2teau%20de%20Tinchebray%22

    [4] Extrait de Wikipédia

     

    Bonnes pages :

     

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Tinchebray

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