• LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados) LES REMPARTS DU THUIT (Calvados) LES REMPARTS DU THUIT (Calvados) LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)

    Photos ci-dessus extraites de http://boulonmonvillage.wifeo.com/histoire.php

     

    La forteresse du Thuit ou du Thuis

     

         1829, Galeron : « L'homme curieux qui veut visiter les ruines du Thuit, (…) aperçoit, au-dessus des taillis, quelques pans de hautes murailles où se dessine la grande ogive primitive du 13e siècle. S'il peut s'enfoncer entre les buissons épais, il reconnaît l'enceinte des larges fossés, les restes des forts remparts garnis de lierre, et la chaussée ferrée qui conduisait jusqu'au centre de la forteresse. » [1]

     

         « On trouve sur le territoire de la commune de Boulon un des sites les plus prestigieux du Val de Laize, mais aussi de la région, au lieu-dit la chapelle du Thuit. On peut affirmer que cet endroit est occupé par l’homme depuis fort longtemps, car le nom Thuit vient du scandinave Thueit qui désigne un essart, c'est-à-dire un défrichement, datant ici de la période des invasions vikings. Le plus remarquable est l’occupation ultérieure de ce site et surtout la succession des propriétaires prestigieux qui l’ont possédé. Les fameux Tesson, si influents dans l’histoire du Cinglais et dont le souvenir demeure à travers le nom du village d’Ouilly-le-Tesson, y ont établi une forteresse au 11e siècle. » [2]

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)   LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)

     

     Plan hypothétique du site du château du Thuit à Boulon (en attendant mieux...) propriété privée ; blason de la famille Tesson ou Taisson par VALPHI2014 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36167224

     

         « Selon M Fixot, le Thuit était aux 11ème et 12ème siècles l’un des trois château de pierre du Cinglais (avec le château Ganne de la Pommeraie et Tournebu)...

         Le premier possesseur connu au Thuit aurait été Raoul d’Anjou, baron de Thury, qui avait reçu d’immenses domaines du duc Richard II et se serait établi dans la région entre 1017 et 1025. » [3]

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)     « Son fils aîné, que les chroniqueurs ont désigné sous le nom de Raoul Tesson de Cinglais (Raol Tesson de Cingueleis, dit Robert Wace, Roman de Rou, tome II, page 30) forma du Thuit une baronnie particulière, vers l'an 1030.

    blason de la famille Tesson ou Taisson par VALPHI2014 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36167224

         Ce Raoul Tesson était très puissant, et sa famille passait pour posséder le tiers pied en Normandie (la tierce-partie des terres). A la bataille du Val-des-Dunes, il avait eu l'idée de se réunir aux barons du Cotentin, ligués contre le jeune Guillaume ; mais, à la vue de la bannière ducale, sa vieille fidélité se ranima, il passa, avec ses cent chevaliers, dans les rangs du duc, et il y amena la victoire. Guillaume , reconnaissant, le combla de nouveaux biens. » [1]

     

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     Le dessin ci-dessus est extrait du blog http://telle-une-tapisserie.eklablog.com/la-vie-de-guillaume-le-conquerant-02-a112524080 qui raconte l'existence de Guillaume le Conquérant : 1047 à Val-ès-Dunes : Au début de la bataille, Raoul Tesson vient se rallier à Guillaume.

     

         « Les premiers Tesson (ou Taisson), qui étaient barons de Thury et du Thuit, ont joué un rôle majeur dans la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, ce qui leur a valu de nombreuses récompenses de la part de celui-ci. » [2]

     

         « On prétend que, vers 1033, dans le temps où mourut son père, Raoul Tesson soutint au Thuit un siège contre quelques seigneurs puissants de son voisinage, Il en triompha, mais par la ruse encore autant que par la valeur. De ce jour il fut craint et respecté comme le maître de ce pays. » [1]

     

         « 1213 : Disparition de la famille Taisson ; la seigneurie passe par le mariage aux Bertran. » [3]

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)

     Dessin des ruines du Thuit, par M. de Vauquelin.

     

    "La seigneurie du Thuit :

     

         « On la trouve disloquée, au 13e siècle, en deux parties qui venaient de passer presque simultanément, dans les familles Bertrand de Briquebec et Crespin, par mariages...

         De ces deux parties, la dernière qui fut probablement la moins considérable, suivit sans difficulté ses mutations naturelles, et a dû passer, comme la seigneurie de Thury, des Crespin, aux d'Harcourt-Beuvron, par l'intermédiaire établi ailleurs, des Préaux et des Ferrières ; et plus tard, desdits d'Harcourt-Beuvron aux Guerchy... 

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)     L'autre partie, qui semble avoir été la plus importante, et à la possession de laquelle dut rester attachée celle du manoir, a bien fini par arriver au même but final, mais par une voie très différente, et avec des accidents de transmission graves et étranges. Les Clisson la reçurent, d'abord,... » [4]

    Ci-dessus, blason de la famille de Clisson par Jimmy44 Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personnel iLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4243658

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)     « Le château fortifié, qui semble avoir été l’un des plus importants de la région, va ensuite passer dans des mains tout aussi prestigieuses, comme celles de la famille de Tournebu, des Clissons, connétables de France. » [2]

    Ci-contre, plan extrait du cadastre napoléonien, tableau d'assemblage de la commune de Boulon. (1809)

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)     « … Une alliance le transmit à Olivier II de Clisson, vers 1280. Olivier III de Clisson s'étant rendu coupable d'intelligence avec les Anglais, en 1343, fut décapité, ses biens furent confisqués, et le Thuit fut donné, par le roi Philippe de Valois, au sire de Mathefelon ; la donation consistait dans « le manoir du Thuit, près la forest de Cinguelais, une coupe annuelle de 500 livres dans ladite forest, un moulin à foulon de 8 livres de rente, deux moulins à blé de 7 muids de froment de rente, les minières de fer de Beaumont, de 100 livres de rente, une foire à Saint-Laurent-de-Condel, le jour Saint Laurent, le patronage de deux chapelles audit manoir, etc."

     

    Blason ci-dessus de la famille de Mathefelon dessiné par O. de Chavagnac pour l'Armorial des As http://dechav.free.fr/armorial/blason.php?id=Mathefelon

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)     Nous ne savons comment le domaine fut retiré au sire de Mathefelon, mais nous le voyons donné, en 1358, par Charles V, alors régent de France, à Pierre de Tournebu, chevalier. Puis, deux années plus tard, en 1360, il fut restitué à Olivier IV de Clisson. Le revenu en était estimé, en ce temps, à 1 200 livres. » [1]

    Blason ci-dessus de la famille de Tournebu par Apn — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=38577818

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)     « 1376. La seigneurie de Thuit à Boulon, Calvados. Cette source précise que Charles V achète le château en 1376/1378 et le donne à Bertrand du Guesclin ainsi que la forêt de Cinglais. Selon certains historiens le château est confisqué par le roi Charles V à Olivier de Clisson et cédé à Bertrand du Guesclin. Il l’échange avec le duc Pierre d’Alençon contre une terre en Bretagne, en 1379.

    Blason ci-dessus de la famille Du Guesclin dessiné par O. de Chavagnac pour l'Armorial des As http://dechav.free.fr/armorial/blason.php?id=Guesclin

         En réalité Charles V échange avec Olivier de Clisson le Thuit contre le Chastel-Josselin, Morbihan, et la forêt de Porhoët. Le 16/12/1376, Charles V donne la châtellenie du Thuit et la forêt de Cinglais à Bertrand du Guesclin. Ce dernier l’échange avec le comte Pierre d’Alençon le 5 septembre 1378, contre la seigneurie de La Guerche, Ille-et-Vilaine. » [5]  

     

    Autre précision :

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)     « Cette châtellenie, dont le chef-mois était situé dans la paroisse de Boulon, à l'orée de la forêt de Cinglais, fut confisquée sur Olivier de Clisson à qui elle appartenait. Le régent Charles en fit don, à titre viager, à Pierre de Tournebu en 1358. Le roi l'échangea ensuite avec Olivier II de Clisson (à qui elle avait été restituée) contre Chastel-Josselin et la forêt de Porhoët et la donna, ainsi que la forêt de Cinglais, à Bertrand du Guesclin et à ses descendants mâles le 16 décembre 1376.

    Ci-dessus, un extrait de la carte de Cassini. 

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)     C'est par voie d'échange que la châtellenie du Thuit entra dans le comté d'Alençon : le comte, qui était seigneur de La Guerche, en Bretagne, céda cette terre à du Guesclin moyennant une compensation de 1 300 livres de terre ou de rente. Par des lettres du 5 septembre 1378, le connétable abandonna la châtellenie du Thuit à Pierre d'Alençon pour le prix de 900 livres à valoir sur les 1 300 livres convenues, et promit de s'employer à la faire unir au comté. Des lettres royaux du 15 avril 1379 permirent au comte d'Alençon de réunir à son comté les terres du Thuit, du Hable et de Saint-Pierre- Aumont. Cependant, après la mort du connétable, Le procureur général du roi au Parlement intenta un procès au comte d'Alençon sous le prétexte que la châtellenie avait fait partie du domaine et devait donc y faire retour, mais le roi ordonna de laisser le comte et ses descendants jouir à perpétuité de la terre du Thuit. La châtellenie fut rattachée à la vicomte de Saint-Sylvain dont elle forma l'une des sergenteries. » [6]

    Blason des ducs d'Alençon par Ipankonin — SVG elements from Used as reference:, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3111399

     

         « La  baronnie est incorporée par le roi au comté d’Alençon. » [3] Les « ducs et comtes d’Alençon, apparentés aux rois de France,... ont d’ailleurs laissé leur nom à la forêt environnante. Le Thuit a donc été le centre d’une puissante seigneurie en tant que forteresse, puis le siège d’une vicomté, une prison et un centre économique dont dépendaient des halles et des marchés. » [2]

     

         « Louis, palatin du Rhin, duc de Bavière, mari de Catherine d'Alençon, fille de Pierre, se trouvait, par sa femme, seigneur du Thuit, en 1412. Cinq ans après, pendant l'invasion de la Normandie, l'armée anglaise prit le fort du Thuit, qui fut confisqué sur Catherine et donné à Louis Robessart. » [1]

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)     « 1451 : Catherine d’Alençon reprend l’administration du Thuit. » [3] « … En 1460, elle en fit don à Catherine de Rohan, sa nièce, lors du mariage de celle-ci avec François de Dunois, fils du fameux Dunois. » [1]

    Blason de la famille Dunois par Elements by Sodacan — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=50627123

     

         « En 1474, le duc d'Alençon, Jean II, ayant encouru, pour félonie, un jugement capital, qui emportait la confiscation de ses domaines, la terre du Thuit lui fut enlevée, et rentra une seconde fois entre les mains du roi. » [7]

     

         « 1476 : Le domaine revient, après quelques péripéties dans l’apanage d’Alençon jusqu'à la Révolution où il  sera vendu comme bien national.

         Le Thuit est signalé dans de nombreux actes de tabellionage jusqu’au début du 17ème siècle. Mais le siège en est alors établi à Saint-Sylvain (en 1534). » [3]

          [ M. Vaultier, dans ses recherches sur le Cinglais et sur l'ancien doyenné de Vaucelles, établit que Saint-Sylvain et le Thuit ont eu longtemps une juridiction commune et que lorsque le Thuit se trouva ruiné au 16e siècle, probablement par les guerres de l'invasion anglaise, ce fut à Saint-Sylvain que le siège et le titre en furent immédiatement transportés : on trouve une multitude d'actes de cette nouvelle vicomté, dite alors de Saint-Sylvain et du Thuit et elle n'a cessé d'exister qu'en 1747. ] [10]

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados) LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)

    Ci-dessus, deux photos aériennes de la Chapelle du Thuit extraites du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)    « Il en fut fait alors ou plus tard, une vente publique par laquelle elle (la partie comprenant le manoir) est arrivée aux Guerchy, sans doute par l'intermédiaire des Ferrières ou des Harcourt-Beuvron, leurs auteurs, qui déjà propriétaires de l'ancienne portion des Crespin, durent naturellement se porter pour adjudicataires de celle-ci (...) Il paraît toutefois que l'aliénation ne fut pas tellement complète, qu'il n'eût été fait exception de quelques portions de terres ou de titres réservés, sur lesquelles purent plus tard élever leurs prétentions les princes de la maison royale, nommée en divers temps, apanagistes de ce duché d'Alençon (...) »

    Blason de la famille de Guerchy par Jimmy44 Image created for the Blazon Project of the French Wikipedia [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons https://commons.wikimedia.org/wiki/File%3ABlason_fam_fr_de_Guerchy.svg

     

         « A l'époque de la révolution, le Thuit, avec le bois d'Alençon, formaient une seule et même propriété appartenant à M. le marquis de Guerchy (...) Mme d'Haussonville, née Guerchy, conserve ledit emplacement du Thuit, avec la terre de Fresné. Le Thuit et le bois d'Alençon, tout entier, dépendaient de la paroisse de Boulon. » [7]


         « Le Thuit abandonné depuis des siècles, a été victime d’actes de vandalisme et a surtout servi de carrière. Les matériaux (moellons de grès et de pierre blanche de Quilly) se trouvent dans plusieurs maisons de Boulon. » [3]

     

         « Malheureusement, il ne reste que très peu de vestiges de cette grandeur passée, à part quelques ruines. L’ensemble est situé sur un éperon rocheux d’une dizaine de mètres de hauteur, flanqué de deux petites vallées peu profondes parcourues par des ruisseaux, le Tourtours et le ruisseau de la Fontaine bouillante. » [2] « avec zones marécageuses. (...) Un fossé bordé d’un rempart en arc de cercle, barre l’éperon au sud du coté du plateau. L’ensemble couvre environ 1 ha. » [3]

     

         « Le site a la forme d’un quadrilatère d’environ 100 à 150 mètres de côté. Le périmètre habitable, qui était protégé par des murailles et par un fossé, est inclus dans le terroir ainsi délimité. L’endroit peut sembler faiblement défensif, mais on pense qu’un système d’écluses permettait d’inonder les fossés et isolait alors la forteresse. » [2]

     

         « Il subsiste au Thuit, des ruines d'une Chapelle, et autres établissements, formant deux masses distinctes, communiquant ensemble par une chaussée ferrée, avec traces de pont-levis, etc. L'emplacement de la chapelle, qui apparemment devait contenir aussi le château, est accessible de plain-pied par une de ses extrémités ; — le reste forme promontoire avancé, au milieu d'un étroit vallon, où, des eaux réunies de quelques fontaines voisines, se forme un ruisseau, qui débouchant par l'extrémité opposée, va prendre son cours vers Fresney-le-Puceux. — Il traverse à cet effet une chaussée factice, où se trouvait apparemment une écluse, à l'aide de laquelle on pouvait inonder le petit vallon, et isoler par conséquent le château, sauf un seul de ses côtés. En-dehors de cette chaussée, se trouvent deux côtes dites des Vignes et des Celleries, et ce nom de Celleries est aussi celui d'un hameau vers lequel se dirigeait le Chemin pavé du Thuit. Il reste de l'ancienne Chapelle du Thuit, quelques grands pans de murs, et dans un de ceux-ci, une grande et haute fenêtre à plein cintre. » [4]

     

         « Chapelle carrée avec arcades 16e siècle signalée en 1830, détruite ; vestiges : deux enceintes, quelques pans de murs. » [9] 

     

    Les légendes :

     

         « Ce n'est pas une des moindres singuralités de la destinée de cette baronnie du Thuit, que la croyance où l'on est aujourd'hui dans le pays, que ce fut autrefois une des demeures des Templiers. On va même jusqu'à désigner cette partie de la forêt et les ruines sous les noms de Bois des Templiers, de Chapelle du Thuit et des Templiers. Une telle opinion ne nous paraît avoir aucun fondement historique. Aussi, en publiant le dessin de ces curieux débris, nous leur avons restitué le vrai nom de Chapelle et Château dit Thuit, qui leur appartient. (…) Dans deux de nos excursions au Thuit, nous rencontrâmes un petit vieillard, nommé Croix, que les enfants des bûcherons désignaient sous le nom de Tonquin, et que l'on signalait comme ayant les traditions de tout ce qui était arrivé anciennement en cet endroit. Nous interrogeâmes beaucoup le Tonquin. Voici quelques-uns de ses récits, tels qu'ils furent écrits presque sous sa dictée :

         « Il y avait là, jadis, un château occupé par un seigneur puissant, Roul Tesson (Raoul), qui ne craignait personne. Roul battait de la fausse monnaie et était très riche. Une fille très belle qu'il avait fut conduite à la cour, et le prince l'ayant enchantée, il en tira l'aveu que son père était un faux monnayeur, et on envoya en conséquence des troupes de Paris contre lui. Roul ne fut point effrayé, il coupa les arbres de la forêt, les couvrit d'habillements rouges et de grands chapeaux ; et quand les troupes du prince arrivèrent, elles furent prises de peur à la vue d'une si grande armée, et se retirèrent précipitamment. Plus tard, on les ramena devant la forteresse qu'elles assiégèrent en forme. Roul se défendit avec beaucoup de courage, et l'on vit bien que l'on ne pourrait le prendre que par la famine. Mais lui, pour ôter même cet espoir, jetait tous les jours des pains et des morceaux de bœuf frais dans les douves qui entouraient le château ; ce qui décourageait beaucoup les assiégeants.

         Enfin, cependant, Roul se vit réduit aux extrémités, et pour ne pas tomber vif au pouvoir de ses ennemis, il fit jeter ses trésors et le peu de vivres qui lui restaient dans les fossés, se frappa ensuite et se fit précipiter dans les eaux. On retrouva son corps qui fut enseveli dans la chapelle du Bois-Halbout. Ces faits se sont passés en l'an 1223.

         La chapelle appartint depuis à des Templiers, et, après eux, les Anglais s'en emparèrent. Quand ceux-ci furent forcés de s'en éloigner, ils cachèrent des barils d'or et d'argent dans des fossés près de la chapelle, à l'entrée du château.

         Dans le temps on l'on construisait la grosse tour de Barbery, les fonds étant venus à manquer, l'ouvrage restait interrompu. Alors vivait dans le monastère un moine nommé dom Bernard, qui était, dit-on, plus fin que les autres, qui avait commerce avec lé diable, et que l'on avait enfermé, pour le punir, dans une cage de fer. Dom Bernard dit que si l'on voulait le laisser libre, il trouverait de l'argent plus qu'il n'en faudrait pour achever la tour. On le fit donc sortir de sa cage, et, peu de jours après, il revint de la forêt avec un baril d'or et d'argent qu'il avait chargé sur plusieurs mulets. On peut voir encore, sous une cépée, le trou d'où il tira son trésor. La grosse tour en fut construite et le monastère enrichi, etc., etc.

     

    LES REMPARTS DU THUIT (Calvados)     Voilà quelques-uns des récits du Tonquin, qu'il débitait avec une grande assurance. Il ajoutait quelques détails de son invention pour faire penser qu'il avait été à la recherche des autres trésors, et qu'il saurait les retrouver Si on voulait l'y employer. Ces fables, assez amusantes, pourront être lue dans un autre écrit où nous les avons consignées. Du reste, nous avons cru devoir reproduire la physionomie et le costume de ce singulier personnage dans notre Atlas. On peut le voir très naturellement rendu sur le dessin des Ruines du Thuit, par M. de Vauquelin (voir ci-dessus). Plusieurs villageois nous ont confirmé l'aventure de dom Bernard et de son trésor. Ils assurent que, jusqu'en ces derniers temps, on montrait la cage de fer où il avait été enfermé. Un ancien maire va même jusqu'à soutenir qu'il l'a vue aussi, étant très jeune. Cette cage de fer était en bois selon lui. » [1]

     

    Le site est entièrement privé.

      

    A proximité :

     

         « L'une des fontaines voisines était jaillissante, et élançait autrefois du sable à plusieurs pieds de sa surface ; le tremblement de terre de 1776 a fait cesser ce phénomène ; seulement l'eau continue de former quelques bouillonnements intérieurs. - Le nom de Fontaine bouillante lui est demeuré. » [4] 

     

         « La forêt de Cinglais qui s'étend sur 1 475 hectares est l'une des plus importante forêt du département du Calvados. Elle englobait autrefois la forêt de Grimbosq et le bois de l'Obélisque. Elle est située entre la vallée de l'Orne et celle de la Laize. Elle est classée en zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique.

         Une grande partie du domaine forestier de Cinglais est privé. La promenade et le ramassage de champignons sont interdits et sont passibles de poursuite. Seule une partie, au sud, sur la commune de Saint-Laurent-de-Condel, le long de la route de Fontaine Guéret, est une forêt domaniale. » [8]

     

    Sources :

     

    [1] Statistique de l'arrondissement de Falaise par Frédéric Galeron ; Brée l'aîné, 1829 https://books.google.fr/books?id=-UEriSQImBAC&pg=PA223&focus=viewport&hl=fr&output=text#c_top ou http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article12303

    [2] D’après Didier Savary. (In le catalogue des journées du patrimoine 1994). » http://boulonmonvillage.wifeo.com/documents/histoire-de-la-chapelle-du-thuit-et-de-la-forteresse-01.pdf

    [3] Texte établi par M.Lacroix http://boulonmonvillage.wifeo.com/histoire.php

    [4] Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie Société des antiquaires de Normandie, 1837. https://books.google.fr/books?id=1ovDuJPmUX4C&pg=PA55&lpg=PA50&ots=pA8dDYYqs0&focus=viewport&dq=chapelle+du+Thuit&hl=fr&output=text#c_top

    [5] Extrait de http://barrat.xyz/Bertrand-du-Guesclin-ses-proprietes-et-ses-titres

    [6] Extrait de La construction du comté d'Alençon (1269-1380). Essai de géographie historique par A. Vallez http://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1972_num_22_1_6670

    [7] Extrait de https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01366132/document

    [8] Extrait de Wikiwand

    [9] Extrait de http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IA00000149

    [10] Statistique monumentale du Calvados. Tome 2 / par M. de Caumont (1801-1873). Éditeur : A. Hardel 1846-1867

     

    Ci-dessus, document extrait de http://boulonmonvillage.wifeo.com/documents/histoire-de-la-chapelle-du-thuit-et-de-la-forteresse-01.pdf

     
     Bonnes pages :

     

    Michel Fixot. Les fortifications de terre et les origines féodales dans le Cinglais. [compte-rendu] Bulletin Monumental Année 1969 Volume 127 Numéro 1 pp. 57-58

    Statistique de l'arrondissement de Falaise par Frédéric Galeron ; Brée l'aîné, 1829 https://books.google.fr/books?id=-UEriSQImBAC&pg=PA223&focus=viewport&hl=fr&output=text#c_top ou http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article12303

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96626634/f212.image.r=%22Le%20Thuit%22

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k408058r/f352.image.r=%22Le%20Thuit%22?rk=836914;0

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k12442p/f201.image.r=%22Le%20Thuit%22?rk=2317608;0

    Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie  Société des antiquaires de Normandie., 1837 https://books.google.fr/books?id=1ovDuJPmUX4C&pg=PA55&lpg=PA50&ots=pA8dDYYqs0&focus=viewport&dq=chapelle+du+Thuit&hl=fr&output=text#c_top

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