• LES REMPARTS DU MESNIL-SOUS-JUMIEGES (Seine-Maritime)

     

    Ci-dessus : à gauche, une photo de Gilloudifs ; au centre, une photo extraite de https://monumentum.fr/manoir-dit-agnes-sorel-pa00100752.html ; à droite, une photo extraite de https://www.normandie-tourisme.fr/sites-lieux-de-visites/manoir-agnes-sorel/

     

     Le manoir de la Vigne dit " le manoir d'Agnès Sorel " se situe sur la commune du Mesnil-sous-Jumièges :

     

    1855 : 

         " Ce fut là qu'expira la dame de Beauté, pendant que son royal amant, redevenu quelque chose de mieux que le roi de Bourges, travaillait à achever, sous les murs de Caudebec, l'œuvre commencée par Jeanne d'Arc, son bon génie. Le joli manoir de Mesnil-la-Belle, occupé maintenant par un bon laboureur, n'a plus rien de sa distribution intérieure ; mais le dehors a été respecté, et ses murs gardent encore les chiffres de la dame de Beauté. Surtout contemplez cette petite fenêtre ogivale du bord de l'eau. A cette ogive se tenait, blanche et calme, la belle Agnès, songeant à son bien aimé Charles de France, et regardant du côté de Jumièges, d'un regard attentif, si elle ne voyait rien venir. " [1] 

     

         " C'est une grande maison qui se détache dans le beau paysage des boucles de la Seine. Pierre blanche de Caumont, lignes épurées. Le manoir est un témoignage du moyen-âge. (14e siècle)
         C'était une dépendance de l'abbaye de Jumièges, appelé " manoir de la vigne ". Le moines cultivaient le raisin. Il est aujourd'hui souvent nommé manoir d'Agnès Sorel.
         La maitresse adorée de Charles VII y mourut en pleine jeunesse en février 1450, un empoisonnement au mercure, qui demeure mystérieux. " [2]

     

         " Le mystère reste entier quant à cet empoisonnement : a-t-elle été assassinée ou bien est-elle morte à la suite d’un surdosage de ce médicament sensé soigner ses maux de ventres ? Quoiqu’il en soit, après sa mort, son cœur sera placé dans un monument de la collégiale de Jumièges, tandis que son corps reposera à Loches. " [3]


         " Cette maison inhabitée depuis des siècles menaçait ruine. Un amoureux du patrimoine la restaure depuis 1993. "
    [2]

     

    Abbé Cochet, 1864 :

     

         " Manoir d'Agnès Sorel, construction de pierre du 13e siècle, qui n'avait pas été élevée pour la femme célèbre qui lui a donné son nom. Ce manoir, bien défiguré aujourd'hui, consiste encore en deux corps de bâtiment formant angle droit, dont l'un sert de grange et l'autre de maison de fermier. Dans le premier bâtiment, l'entrée principale est formée de deux portes ogives du 13e siècle, dont une grande pour les voitures et l'autre petite pour les piétons ; des fenêtres carrées à croisées de pierre avec bancs dans leurs embrasures et de vastes cheminées dont les foyers sont faits avec de la tuile artistement ménagée. Dans la partie devenue la maison du fermier, des pignons percés d'ogives, une pièce recouverte par une magnifique charpente, qui fut la chapelle. On y voit, en effet, une jolie piscine de pierre à double cuvette, une crédence encadrée de tores et de colon-nettes ; en face, le tabernacle ou sacraire et le banc seigneurial dans l'embrasement du mur. Toute cette partie vient d'être profondément altérée. Un petit bâtiment placé en face présente trois archières en forme de croix de Malte. " [5] 

     

       

     

     Plan de situation du manoir de la Vigne dit d'Agnès Sorel au Mesnil-sous-Jumièges ; blason de l'abbaye de Jumièges extrait de https://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=5292

     

    Histoire

     

         " Le site, construit et habité depuis l’époque gauloise, se situe sur une butte qui surmonte une boucle de la Seine. L’histoire du manoir est ainsi bien antérieure à la venue d’Agnès Sorel. Autrefois appelé manoir de la Vigne, ce dernier a appartenu jusqu’à la Révolution à l’abbaye de Jumièges, se trouvant non loin de là. " [3]

     

         " Le manoir de la Vigne doit son nom à la culture du raisin sur la presqu’île. On y produisait le vin de Conihout diversement apprécié. Si certains se félicitent des bonnes récoltes d’autres le considèrent comme un infâme verjus. Un dicton résume leur opinion : « De Conihout ne buvez pas, car il mène l’homme à trépas ». " [6]

     

         " Les princes capétiens et les visiteurs de l’abbaye y étaient logés lors de leurs séjours dans la région. L’architecture du lieu montre que le bâtiment a vraisemblablement été réutilisé et remanié au cours des siècles. La construction du manoir d’Agnès Sorel remonterait à 1325 et celle de la chapelle à 1345. Les armes de Jumièges et de la Normandie figurait dans la décoration des lieux. (...) [3]

     

    Agnès Sorel

     

         Au début de l’année 1450, Agnès Sorel (qui a donc donné son nom au manoir) vient rejoindre le roi Charles VII, installé à Jumièges pour terminer de reconquérir la Normandie et en finir avec la Guerre de Cent ans. Enceinte, elle s’installe au manoir de la Vigne et met au monde un fœtus de 7 mois, qui ne survivra pas. Elle meurt peu de temps après, le 9 février 1450 à l’âge de 28 ans, empoisonnée par du mercure. " [3]

     

    Ci-dessus : La Vierge allaitante en manteau d'hermine représentée sous les traits d'Agnès Sorel, musée royal des Beaux-Arts d'Anvers par Jean Fouquet — musée royal des Beaux-Arts d'Anvers, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=71001742

     

         " Sitôt installée par Charles au manoir de la Vigne au Mesnil-sous-Jumièges près de Rouen, elle est soudainement prise d'un « flux de ventre » selon Jean Chartier, chroniqueur officiel de la cour, et meurt en quelques heures le 9 février 1450, recommandant son âme à Dieu et à la Vierge Marie et rappelant l’indulgence absolutoire in articulo mortis (à l’heure de la mort) accordée par le pape Nicolas V. En donnant naissance à un enfant prématuré de sept mois, sa dernière fille, qui meurt rapidement après sa naissance, celle qui fut la première maîtresse officielle d’un roi de France meurt à l'âge de vingt-huit ans, officiellement d'une infection puerpérale. Elle a le temps de léguer ses biens à la collégiale de Loches pour que des messes y soient dites pour le repos de son âme, à l'abbaye de Jumièges où est déposé son cœur, ainsi qu'aux membres de sa famille et au roi à qui elle lègue ses bijoux.

         Sa mort est si rapide qu'on soupçonne un empoisonnement. On accuse même Jacques Cœur, désigné comme exécuteur testamentaire, de l'avoir fait assassiner, mais c'est l'un des rares chefs d'inculpation dont il est lavé lors de son procès peu après la mort d'Agnès. Les soupçons se portent alors, et jusqu'au 21e siècle, sur le dauphin, futur Louis XI, ennemi du parti qu’elle soutenait. " [4]

     

         " Ses trois premières filles, légitimées par le roi, feront des mariages dans l’aristocratie et Agnès deviendra, de manière posthume, la belle grand-mère de Diane de Poitiers ! Sa descendance nourrira ainsi les familles royales européennes pendant les siècles à venir. " [3]

     

     

    Ci-dessus, une photo extraite de https://www.seine-maritime-tourisme.com/diffusio/fr/je-choisis/une-visite/chateaux-monuments/le-mesnil-sous-jumieges/manoir-agnes-sorel_TFOPCUNOR076FS00092.php

     

    Description

     

         " Le rez-de chaussée du bâtiment principal était constitué de deux appartements destinés aux gens exploitant la ferme. Au premier étage se trouvaient une pièce de service (avec cheminée), une chambre et une salle (avec cheminée également), dédiés à une fonction de réception. A ce même étage, la chapelle, par laquelle on pouvait accéder par un escalier intérieur et un escalier extérieur, accueillait les habitants du manoir mais aussi les gens de ferme. " [3]

     

     

         " L’architecture du lieu montre que le bâtiment a vraisemblablement été réutilisé et remanié au cours des siècles. La construction du manoir d’Agnès Sorel remonterait à 1325 et celle de la chapelle, construite à l'est du manoir en 1345, elle bouche en partie l'un des deux oculi du pignon. Une fenêtre a également été murée. Elle était éclairée à l'est par une grande baie en arc brisé. " [7]

     

    La chapelle

         " La chapelle est orientée et de plan allongé à deux travées, se terminant par un chevet plat tandis que la partie occidentale se greffe sur le corps de bâti du manoir.
    Élévation extérieure :
         La façade principale est ainsi son chevet qui est ajouré par une en arc brisé à remplages. Sa toiture est à double pan. Le mur gouttereau nord de la chapelle est ajouré de deux baies rectangulaires, accompagnées chacune d'une baie en arc brisé.
    Èlévation intérieure :
         Des travaux de réfection ont révélé des peintures murales situées dans la chapelle, à l'étage et dans le corps du logis. " [8] 

     

         " A proximité du puits, un bâtiment logeait les cuisines et était relié à l’origine au grand bâtiment. " [3]

     

     

     

     

    Protection

     

         " Bâti et sol, y compris les vestiges enfouis des parcelles A 258, 576, 775, 777 : classement par arrêté du 17 décembre 1993 ; Bâti et sol, ainsi que l'ancien enclos sur les parcelles A 778, 776, 774, 773, 462, 251 : inscription par arrêté du 16 juin 1993 " [9]

     

     

    Ci-dessus : à gauche et à droite, deux photos de Gilloudifs ; au centre une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Guides-itinéraires : de Paris au Havre par Eugène Chapus (1800-1877) - Éditeur L. Hachette (Paris) 1855 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97665475/f148.image.r=%22Mesnil%20sous%20Jumi%C3%A8ges%22?rk=171674;4

    [2] Extrait de https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/rouen/diaporama-au-mesnil-jumieges-manoir-agnes-sorel-1297091.html

    [3] Extrait de http://louisegoingout.fr/le-manoir-dagnes-sorel/

    [4] Extrait de https://fr.wikipedia.org/wiki/Agn%C3%A8s_Sorel#Sa_mort

    [5] Extrait de La Seine-Inférieure historique et archéologique : époques gauloise, romaine et franque par M. l'abbé Jean-Benoît-Désiré Cochet (1812-1875) Éditeur (Paris) 1864

    [6] Extrait de https://www.cirkwi.com/fr/point-interet/987129-7-manoir-de-la-vigne-agnes-sorel

    [7] Extrait de http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/manoirs-seine-maritime-manoir-a-le-mesnil-manoir-agnes-sorel.html

    [8] Extrait de https://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/76-Seine-Maritime/76436-Mesnil-sous-Jumieges/181950-ChapelledumanoirditdAgnesSorel

    [9] Extrait de https://monumentum.fr/manoir-dit-agnes-sorel-pa00100752.html

     

    Bonnes pages :

     

    O https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/rouen/diaporama-au-mesnil-jumieges-manoir-agnes-sorel-1297091.html

    O http://louisegoingout.fr/le-manoir-dagnes-sorel/

    O https://www.paris-normandie.fr/region/le-mesnil-sous-jumieges--la-renovation-des-charpentes-du-manoir-agnes-sorel-bientot-termines-HN12869790

    O https://www.persee.fr/docAsPDF/bulmo_0007-473x_1994_num_152_3_3481.pdf

    O http://melao.free.fr/Mesnil_retable.htm

    O http://www.histoireeurope.fr/RechercheLocution.php?Locutions=Agn%E8s+Sorel

    O http://www.abbayedejumieges.fr/wp-content/uploads/2018/04/nov2016-plaque-tombale-dAgn%C3%A8s-Sorel.pdf

    O http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Agnes_Sorel

    O https://books.google.fr/books?id=6By4DwAAQBAJ&pg=PT115&lpg=PT115&dq=manoir+de+la+Vigne+Le+Mesnil+sous+Jumi%C3%A8ges+Sorel&source=bl&ots=jblmENip5L&sig=ACfU3U3UlvKZ-k8yrfx1nsBqdLNZrZ2Dtw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiAwcTY1IztAhXOvKQKHahGDOY4PBDoATAAegQIBRAC#v=onepage&q=manoir%20de%20la%20Vigne%20Le%20Mesnil%20sous%20Jumi%C3%A8ges%20Sorel&f=false 

     

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