• LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)

     LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne) LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne) LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)

     

    A droite, une vue aérienne extraite du site Géoportail

     

    Mottes castrales de Villeray à Condeau / Sablons sur Huisne :

         On trouve à Villeray deux sites fortifiés, la motte d'Assé et la motte de Husson, édifiés par les seigneurs de Bellême, sur la rive droite de l’Huisne, pour faire face à Rivray, la forteresse des Rotrou. Ces sites sont anéantis par les Anglais lors de la guerre de Cent Ans. On découvre aujourd'hui à Villeray un château construit au 16e siècle. [NDB]

     

         « Le village de Villeray est accroché à flanc de coteau au pied du château (16e-19e s.) dont l’entrée est signalée par deux tours rondes en poivrière. Au 11e s, Villeray fut une forteresse des Talvas, seigneurs de Bellême, qui occupaient là un poste avancé commandant la vallée de l'Huisne. Le site protégé de Villeray offre un bel exemple d'architecture rurale percheronne. De petites maisons basses, aux enduits colorés, s'étagent le long de la rue étroite descendant vers le moulin. » [1]

     

         « Village pittoresque avec sa rue principale, égayée par les couleurs des enduits à la chaux des maisons percheronnes qui la bordent, et qui monte sur une colline à partir du moulin (restaurant réputé) situé sur les berges de l'Huisne. Cette colline était occupée par deux mottes castrales, Husson et Assé, dont on peut encore voir les vestiges. » [2] 

     

    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)

     

    Plan de situation des mottes de Villeray ; blason de la famille de Villeray par Gilloudifs, d’azur au chevron d’or accompagné de trois casques d’argent posés 2 et 1. 

     

    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)     « On sait que la plupart des retranchements gallo-romains qui surveillaient les forêts et les passages des rivières ont été réoccupés et transformés lors des invasions : le Perche a joué un rôle de premier plan dans l'organisation militaire de l'Ouest du domaine mérovingien ; après la période de paix mise à profit par l'abbaye parisienne de Saint-Germain-des-Prés pour se tailler un important domaine agricole dans la centenie de Corbon, il fallut se protéger des Normands, en essayant, malgré l'émiettement du pouvoir en petits fiefs locaux, d'édifier un système castral pour la défense des marches du Perche face aux territoires concédés aux compagnons de Rollon. Ce fut le travail des Rotrou, tandis que la maison de Bellême se gardait du Maine - par les « fossés Robert », sorte de route de service réunissant une vingtaine de mottes - mais également des Rotrou (Chanceaux, Villeray) Devenues inutiles quand la Normandie fut conquise par Philippe II Auguste, certaines retrouvèrent une raison d'être lors de la guerre de Cent Ans, lorsque le Perche devint une pièce maîtresse dans la stratégie de Charles VII, reconnu roi par les populations des pays de la Loire. En avant même des défenses du Perche proprement dit, 34 points fortifiés, munis de signaux pouvant mobiliser toute la région en un quart d'heure, purent servir de protection contre l'armée anglaise : uniques monticules de ce plat pays qu'est le Saosnois, au Sud de Mamers. (...)

     

    Ci-dessus, plan extrait de ce même document Mottes féodales et maisons fortes : une frontière méconnue sur les franges bocagères de l'Ouest par Jean Pelatan

     

    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)     A Villeray, la motte est en position élevée à l'extrêmité d'un coteau dominant de 40 m. La rive concave de l'Huisne, affouillant ici la craie de Rouen, et la basse-cour domine, au nord, un vallon adjacent. Un ancien chemin creux curviligne, à l'ouest, remis en valeur par la desserte de « maisons de week-end » prolonge en chemin de ronde la limite communale : l'ancien parcellaire s'appuie sur ces deux lignes et se retrouve dans les propriétés privées et le long du vallon. Au-delà, un parcellaire plus disparate, avec des champs géométriques, larges et plus ou moins rectangulaires.

         Notons dans ces deux cas le maintien intégral du fossé, livré à la pâture (et, à Villeray, à l'aménagement paysager) mais jamais à la culture. » [3] 

     

    Ci-dessus, plan extrait de ce même document Mottes féodales et maisons fortes : une frontière méconnue sur les franges bocagères de l'Ouest par Jean Pelatan

     

    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne) LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)

     

    Photos ci-dessus extraites d'un site néerlandais très complet et fort bien documenté sur les mottes en Europe dont celles de Normandie : http://www.basaarts.nl/vraagbaak.php

     

    « Histoire

         « Au flanc d’une colline commandant Ia vallée de I’Huisne, Villeray est, au 11e siècle, une position stratégique importante face a la forteresse des Rotrou, comtes du Perche, érigée à Rivray de I’autre côté de la rivière. Deux châteaux à mottes castrales y sont élevés par Ies Talvas, seigneurs de Bellême. Au nord, Ia motte de Villeray en Husson est distante d’à peine 300 m de celle de Villeray en Assé, au sud. » [4] 

     

    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)     « Villeray est un château situé sur la commune de Condeau (Orne). Le premier seigneur du lieu que l'on connaisse est Aymeric I, qui figurait, sous le nom d'Aymeric de Condeau, parmi les proches des seigneurs de Bellême lorsqu'il assista à la fondation du prieuré de Bellême entre 1059 et 1064.

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1826, Archives de l'Orne, http://archives.orne.fr/

     

         Vers 1077-1078, alors que Robert Courteheuse était en révolte contre son père, il reçut le soutien de Robert de Bellême et de ses vassaux, dont les seigneurs de Villeray et de Rémalard ; le roi de France soutenait, comme de bien entendu, cette révolte. L'armée légaliste anglo-normande ayant pris le château de Rémalard, celui-ci fut assiégé par les seigneurs percherons, ainsi que par des contingents français menés par le sénéchal du roi de France. Aymeric I, revenant d'une entrevue avec le sénéchal du roi français fut surpris par quatre cavaliers ennemis, et tué sur le champ : son cadavre fut renvoyé sanglé sur son cheval au château de Villeray. Orderic Vital précise que, à la vue du traitement infligé à Aymeric, son fils Gouffier I fit la paix avec Guillaume le Conquérant, et que ses descendants servirent fidèlement les rois anglo-normands pendant plus de cinquante ans. » [5] 

     

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         « Les sites, fortifiés, sont détruits par Ies Anglais Iors de la guerre de 100 ans. Sur I’emplacement de la forteresse d’Assé, Gilles de Riants fait construire, à la fin du 16e siécle, un château « à l’appui d’une tour ruinée ». Fidèle au roi Henri IV pendant Ies guerres de Religion, il est récompensé par I’érection de ses châtellenies en baronnie. Sous I’ancien régime, Villeray est un des meilleurs revenus de la province du Perche avec son notariat, son tribunal, ses droits de pêche et de chasse, ses foires et son marché aux toiles. Un petit bourg se blottit près du château et l’Huisne fait tourner deux beaux moulins à Villeray.
    Le château de Villeray est épargné pendant Ia tourmente révolutionnaire grâce à son maire, Ie conventionnel Dugué d’Assé, qui vota Ia réclusion de Louis XVI. En 1845, Ie château est modernisé et sa façade sud est transformée en style « troubadour », en vogue à I’époque. Le moulin continue de fonctionner jusqu’en 1920, après avoir été converti en fromagerie, filature, fabrique de meubles et fonderie. En 1973, il est transformé en hôtellerie de prestige. La municipalité de Condeau demande alors Ia protection du hameau de Villeray et du parc du château, craignant que cette nouvelle activité ne fasse découvrir et menace ce petit coin du Perche si pittoresque « reproduction d’une de ces gravures anciennes figurant des villages idylliques enserrés entre rivière et château ». Le parc du château et Ie hameau de Villeray sont inscrits parmi Ies sites en août 1975. Le périmètre du site englobe, du sud au nord, I’église de Condeau, Ie parc du château, Villeray et Ies terres jusqu’à Ia limite de commune avec Saint-Germain-des-Grois. Quelques années plus tard, Ie château est transformé, à son tour, en hôtel et il forme aujourd’hui un complexe hôtelier de charme avec I’ancien moulin.

     

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    Le site

         La route départementale N°10, de Nogent-Ie-Rotrou à Mortagne, Ionge Ia vallée de l’Huisne où, en rive gauche, s’étendent des prairies et des champs cultivés au pied de la colIine de Villeray. En rive droite, Ie parc du château s’étire sur Ies hauteurs avec ses boisements de chênes et de hêtres. La haute silhouette blanche du chateau émerge des frondaisons au point Ie plus haut. Au nord, quelques maisons du hameau percent I’écran végétal de Ieurs toitures de tuiles brunes. A I’entrée de Villeray, Ie vieux moulin a conservé sa roue à aubes et ses vannes d’où s’échappe l’Huisne bouillonnante. En haut, I’ancienne motte féodale, cachée par Ies arbres, domine, au nord, un verger de pommiers et des prairies humides et, au sud, Ies maisons du hameau, avec Ieurs hautes toitures de tuiles. La petite rue grimpe en pente raide vers Ie château.


    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)     Villeray semble s’être endormi au 19e siècle, rien ne semble avoir changé depuis. L’unique ruelle étage ses maisons, simples et anciennes, parmi Ies jardins et la végétation qui vient, parfois, en caresser Ies murs. L’entrée du château se situe presque en haut de la pente. La porte cochère, encadrée de deux tours en poivrière, s’ouvre sur la cour des communs du 18e siècle, écuries et remises. Derrière un portail, Ia cour du château précède Ia vieille demeure (inscrite MH) flanquée de deux tours rondes et percée de hautes fenêtres à meneaux. En haut de la pente, Ies maisons se resserrent, Ieurs murs de moellons calcaires enduits « à pierres vues », colorent la rue de douces nuances d’ocres et de roses qui mettent en valeur tous Ies détails de la savoureuse architecture percheronne. La petite rue tourne ensuite vers Ie sud pour rejoindre Ie bourg de Condeau. Elle est bordée du haut mur du parc du château, désormais réservé aux hôtes de passage. Ils peuvent y effectuer de Iongues promenades bucoliques Ie long des allées sous Ies bois, à travers Ies grandes pelouses et Ies prairies humides des bords de I’Huisne. La rue débouche, tout au sud du site, sur la place de I’église de Condeau. Un portail d’entrée au château s’y ouvre accompagné d’un élégant pavillon de gardien chainé de briques rouges.

     

    LES REMPARTS DE VILLERAY (Orne)     En bordure de rue, I’église Saint-Denis, d’origine romane, dresse son haut clocher renaissance cantonné de puissants contreforts. Derriére I’édifice religieux, I’ancien prieuré, reconverti en charmante maison bourgeoise, précéde un grand jardin potager qui s’étend presque jusqu’aux rives boisées de I’Huisne. » [4] 

     

    A proximité

     

         « Le Moulin de Villeray : Naguère dépendant du château, ce moulin à farine fonctionna jusque vers 1920. Converti en fromagerie, filature, fabrique de meubles, fonderie, il fut enfin transformé en 1973 en hôtel-restaurant. À l'intérieur de cet établissement raffiné, on remarquera la poutraison d'origine et une gigantesque roue d'engrenage en fonte, de 8m de diamètre, datée de 1873. Jusqu'en 1968, ce moulin était frappé d'une servitude : la roue à aubes servait à faire tourner les rouages permettant de monter l'eau au château pour l'alimentation du bétail. » [1] 

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de http://www.nogentlerotrou-tourisme.fr/data/IndeXysBibliothequeHTML/contenu/Vallees---moulins.pdf

    [2] Extrait de https://ignrando.fr/fr/pointsinteret/fiche/details/id/257643

    [3] Extrait de Extrait de Mottes féodales et maisons fortes : une frontière méconnue sur les franges bocagères de l'Ouest par Jean Pelatan In : Revue Géographique de l'Est. Tome 26, N°3-4, année 1986. Géographie rétrospective des espaces ruraux. pp. 231-240 ; doi : https://doi.org/10.3406/rgest.1986.1612 https://www.persee.fr/doc/rgest_0035-3213_1986_num_26_3_1612

    [4] Extrait de la fiche n° 61057 de la DREAL de Basse-Normandie, septembre 2013

    [5] Extrait de Les seigneuries d'Ivry, bréval et Anet au 11e et 12e siècles et leur fortifications aux marches entre France et Normandie par Jean MESQUI http://www.mesqui.net/Articles_fortif/pdf/LES-SEIGNEURIES-ivry-breval-anet.pdf

     

    Bonnes pages :

     

    https://www.marianne.net/art-de-vivre/le-bonheur-se-leve-louest

    http://www.mesqui.net/Articles_fortif/pdf/LES-SEIGNEURIES-ivry-breval-anet.pdf

     

    Ci-dessous, fiche n° 61057 de la DREAL de Basse-Normandie, septembre 2013

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