• LES REMPARTS DE TAILLEBOIS (Orne)

    La motte de Boutemont à Taillebois (Orne)

     

    LES REMPARTS DE TAILLEBOIS (Orne)     " C'est sans doute lors des périodes troublées du milieu du 11e siècle, que les premiers seigneurs de Taillebois érigèrent une motte castrale au lieu-dit Boutemont (la base est toujours visible route de Notre-Dame-du-Rocher à proximité du lieu-dit la Roufinière). Le fief de Boutemont dépendait alors, comme celui de Mille-Savatte (Notre-Dame-du-Rocher), du haut-fief de la Carneille. " [1]

     

    Ci-dessus, une photo extraite du site Google Earth.

     

    LES REMPARTS DE TAILLEBOIS (Orne)   LES REMPARTS DE TAILLEBOIS (Orne)

     

    Plan de situation de la motte de Boutemont à Taillebois ; blason de la famille Le Verrier qui posséda le manoir de Boutemont au 16e siècle par Gilloudifs.

     

         " À cette époque, il s’agit essentiellement de mottes castrales. Il en reste un beau vestige à Taillebois, au lieu-dit Boutemont (route de Notre-Dame-du-Rocher à proximité du lieu-dit la Roufinière, ce qui n’est sans doute pas un hasard : ce toponyme signifie domaine de Rodolphe ou Raoul et nous reparlerons plus loin d’un certain Raoul Taillebois). (...)

         À Hastings en Angleterre, les compagnons de Guillaume sont nombreux et beaucoup resteront anonymes. Ce n’est pas le cas de Guillaume de Briouze, oncle de Guillaume de La Carneille, l’un des premiers tenants de l’important fief seigneurial de La Carneille. Ce n’est pas le cas non plus des Taillebois : Ivo (Yves ou Yvon, peut-être le propriétaire du pont, ou planche, Planquivon), Raoul (Ralph ou Ruffo, de la Roufinière) et Guillaume de Taillebois, cités plusieurs fois dans les documents anciens. Ils ont suivi la bannière d’Henri de Domfront, comme d’autres chevaliers, Mathieu de La Ferté-Macé et Achard d’Ambrières par exemple. On sait que Ralph et Ivo s’établirent en Angleterre. Ralph devint peut-être prieur de Whitby Abbey ou bien vicomte dans le Bedfordshire, mais sa lignée s’est de toute façon éteinte faute de descendance mâle. Par contre, celle d’Ivo, haut shérif du Lincolnshire, se perpétua, et sous le règne de Henri II, elle prit le nom de Lancastre par la permission du roi. On pourrait également supposer que le nom de Talbot en Angleterre leur est apparenté, comme d’Isigny s’est transformé en Disney et d’Ouilly en Doyle.

         On peut enfin imaginer que d’autres compagnons de Guillaume venaient d’Athis Val de Rouvre, comme Tustin (La Toutinière à Ronfeugerai) et le fameux jongleur chevalier Taillefer (La Tailleferrière à La Carneille). (...)

         Le fief de Boutemont dépendait alors, comme celui de Mille-Savatte (Notre-Dame-du-Rocher), du haut-fief de La Carneille où était érigée une motte importante (au coeur du bourg actuel). Mais il existait d’autres mottes sur notre commune, par exemple à Athis (lieu-dit La Motte, proche de Ronfeugerai), et peut-être à Bréel, à Ségrie, aux Tourailles… " [2]

     

    LES REMPARTS DE TAILLEBOIS (Orne) LES REMPARTS DE TAILLEBOIS (Orne)

     

     Ci-dessus : à gauche, une photo aérienne extraite du sité Géoportail ; à droite, une photo aérienne extraite du site Google Earth.

     

         " Le fief de Taillebois avait, dans sa mouvance, le fief de Boutemont, et relevait du haut-fief de la Carneille (...)

         En terminant, consacrons quelques lignes au fief de Boutemont, dont le manoir a été démoli, et dont on ne retrouve plus que les douves et l'emplacement de la motte. Nous venons de dire que Raoul de Saint-Germain en était possesseur, à la fin du 15e siècle ; plus anciennement, il dut appartenir à la famille de Boutemont, dont le nom se retrouve dans de nombreuses chartes du 12e et du 13e siècles (Léchaudé d'Anisy, Chartes du Calvados, t. I, p. 402).

     

    LES REMPARTS DE TAILLEBOIS (Orne)

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1829, Archives de l'Orne, http://archives.orne.fr/ ; On y voit l'emplacement de la motte de Boutemont, parcelle 131.

     

         Au 16e siècle, ce fief avait changé de maître et appartenait à Guillaume Le Verrier. Roullin Le Hardy, l'aïeul de celui qui épousa Anne d'Ouésy, lui rend aveu pour le fief de la Houllière, le 10 novembre 1566. Ce Guillaume Le Verrier fut compromis dans une affaire criminelle qui passionna toute la province. Voici le récit que nous en fait M. Floquet, dans son Histoire du privilège de saint Romain :

     

    LES REMPARTS DE TAILLEBOIS (Orne)     « En 1551, Charles Vauquelin, sieur des Yveteaux, son frère, Guillaume Vauquelin, sieur de Boissay, et plusieurs autres gentilshommes, se rendirent, de Taillebois, à la foire de Guibray, afin d'y rencontrer les sieurs des Rotours, leurs ennemis capitaulx ; y étant arrivés, ils partirent de l'hostellerie du Griffon, accompagnés de seize ou dix-huit individus ayant espées, halebardes, dagues, jaques de maille, boucliers, berce lonnoys et pistolletz. Avertis que les sieurs des Rotours estaient au marché aux chevaux, ils y allèrent. Aussitôt que Guillaume Vauquelin, sieur de Boissay, les aperçut, il cria à ses amis et à ses gens : Sus ! Que personne ne se faingne, et que ceulx qui n'ont des espées prendent des pierres ! Alors tous ensemble, d'une mesme force et volonté, commencèrent à frapper de leurs halebardes et de leurs espées, sur les sieurs des Rotours, le sieur de Boissay criant : Tue ! Tue !.. Dans ceste meslée, un des valets des sieurs des Rotours fut tué, et deux ou trois autres blessés. Le plus coupable de tous, le sieur de Boissay, mourut peu de temps après. Quant à son frère, Vauquelin des Yveteaux, il leva la fierté, en 1555. Parmi ses complices, se trouvaient Guillaume et René Le Verrier, et Jehan de Ronnai. » En 1603, nous retrouvons encore un Georges Le Verrier en possession du fief de Boutemont. Jacob Le Hardy lui rend aveu pour l'aînesse de la Houllière Nous trouvons un Philippe-Joseph de Ronnai qui possédait la sergenterie de l'Espce de la Ferté-Macé, et en rendit aveu au Roi, en 1665 ( Archives impériales. - Normandie. Falaise ). [3]

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE TAILLEBOIS (Orne)     Logis de la Cour - 15e, 18e siècle. MH. Sur Base Mérimée :
         " Le manoir fut, jusqu'à la Révolution, la résidence des seigneurs, possesseurs des bois de Taillebois qui dépendaient, depuis le 12e siècle, du fief de Taillebois. Le manoir s'organise autour d'une cour carrée. Le logis occupe le flanc sud. La partie la plus ancienne, à l'ouest, date de la fin du 15e siècle et comprend, sur sa façade postérieure, une tour d'escalier hors-oeuvre en vis. La partie habitée du corps de logis date du 16e isècle et a été remaniée au 18e. L'entrée se fait à l'ouest par un double porche (fin du 15e siècle) s'appuyant contre une grange et un bâtiment d'exploitation. Un ensemble de communs ferme la cour au nord " [4]  

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de https://www.athisvalderouvre.fr/tourisme-patrimoine/un-peu-d-histoire.html

    [2] Extrait de la fiche PDF https://www.athisvalderouvre.fr/images/bulletins/Site-AVR4-01-32.compressed.pdf

    [3] Extrait de l'Histoire du canton d'Athis, Orne, et de ses communes: précédée d'une étude sur le protestantisme en Basse-Normandie Hector de Masso La Ferrière-Percy (comte de) - A. Aubry, 1858 - 580 pages https://books.google.fr/books?id=1CcbAAAAYAAJ&dq=motte+de+Boutemont+%C3%A0+Taillebois+61&hl=fr&output=text&source=gbs_navlinks_s

    [4] Extrait de http://tourisme.aidewindows.net/orne/taillebois.htm

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