• LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)

    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche) LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche) LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)

     

     Ci-dessus : au centre, une photo par Xfigpower — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21693798 ; à droite, une photo aérienne extraite du site Google Earth.

     

         On trouve à Saint-Germain-sur-Sèves ou Saint-Germain-le-Vicomte (du nom de la paroisse avant la Révolution), les ruines d'un château du 15ème siècle. Je suppose (je n'ai encore rien trouvé pour le confirmer...) que ce château a été détruit lors des violents combats qui ont eu lieu dans les environs, en 1944. [NDB]

     

    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)

     

    Plan de situation du château de Saint-Germain-sur-Sèves ; blason supposé de la famille de Saint-Germain (à vérifier) http://armorialdefr-ru.1gb.ru/communes/95-somme/138-assevillers

     

    Histoire

     

    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)     " Bien que les documents d'archives soient peu nombreux, ils indiquent que les de Saint- Germain ont possédé le patronage de l'église et de la paroisse du 13e au 17e siècle. M. Regnault, dans ses notices sur l'arrondissement de Coutances, parle, sans citer ses sources, d'un chevalier Richard de Saint-Germain, châtelain du lieu avant 1300. C'est un membre de la famille de ce nom qui a bâti le château entre 1450 et 1500, probablement l'ancêtre de celui des de Saint-Germain, qui fut délégué par la noblesse du bailliage de Saint-Sauveur-Lendelin à l'assemblée tenue à Rouen pour la réformation de la coutume de Normandie (1597). (...)

     

    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)     Par suite de quelles circonstances, de quelles relations, de quels déplacements le seigneur qui, au lendemain de la guerre de Cent ans, se fit construire une habitation sur un plan tout nouveau, d'un aspect moins rébarbatif que les forteresses du moyen âge, fut-il engagé à faire venir un artiste étranger au pays, c'est ce que nous avouons ignorer complètement. Nous laissons le problème à résoudre à des chercheurs plus heureux, ou mieux outillés que nous ne l'avons été. (...)

     

    Ci-dessus, blason supposé de la famille de Saint-Germain (à vérifier) extrait de http://armorialdefr-ru.1gb.ru/communes/95-somme/138-assevillers

     

         Sur les parapets du pont actuel sont placés deux gros boulets en pierre. La tradition rapporte que l'un des anciens seigneurs lançait ces énormes moellons par-dessus le château. Le portrait prétendu de cet hercule bas-normand s'est conservé au musée de Saint-Lô. Si la laideur est signe de force, ce portrait rend la légende vraisemblable. (...)


    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)     Vers le milieu du 17e siècle, les de Saint-Germain cèdent la place aux de Camprond, dont la descendance mâle ne tarda pas à s'éteindre, du moins dans la branche fixée dans notre château.
         L'héritière de celui-ci, Charlotte-Renée de Camprond, l'apporta à Jean-Baptiste-César de Costentin, comte de Tourville, neveu du glorieux vaincu de la Hougue." [1]

     

    Ci-dessus, blason famille de Camprond extrait de https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&desc=de_camprond_seigneurs_de_saint&id=1820254&rubrique=blasons

     

    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)     " La famille de Costentin de Tourville, a possédé le domaine et le château de Saint-Germain. Jean-Baptiste-César de Costentin, comte de Tourville, et neveu de l'amiral, épousa Charlotte-Renée de Camprond de Saint-Germain. La comtesse et son jeune fils furent inhumés dans l'église de Saint-Germain-le-Vicomte : leurs pierres tumulaires ont été profanées ; on en a détruit les inscriptions.

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Costentin de Tourville par Jimmy44Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10387459

     

    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)     Le château de Saint-Germain passa dans la famille du Mesnildot, par le mariage de l'un de ses membres avec la fille de Renée-Charlotte de Camprond. Une demoiselle du Mesnildot le porta dans la famille de Vaubadon par son mariage avec Le Tellier de Vaubadon qui, en 1789, était encore seigneur de Saint-Germain-le-Vicomte et de Gourbesville... " [2]

     

    Ci-dessus, blason de la famille du Mesnildot extrait de https://www.wikimanche.fr/Fichier:Angoville.png

     

    La marquise de Vaubadon

    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)     " Née à Saint-Germain, celle-ci y séjourna pendant la plus grande partie de la Révolution, et on raconte dans le pays que le château servit souvent de refuge aux chouans de Lastelle, de Lithaire et du pays environnant. Si l'on en croit les traditions locales, Madame de Vaubadon dirigea elle-même, vêtue en homme, l'expédition hardie qui fit périr, passés par les armes sur la place de Gorges, en plein jour, à la sortie des vêpres chantées par le curé-jureur.
         La fin de la vie de Madame de Vaubadon appartient à l'histoire et à la littérature. Après le 18 brumaire, la jeune femme quitta Saint-Germain, pour habiter Vaubadon, près de Bayeux, dans un château récemment construit à la lisière de la forêt de Balleroy. Là, elle ouvrit un salon qui réunit tout ce que la contrée comptait de jolies femmes et d'élégante jeunesse, amie du plaisir. Au milieu de ce monde qui comprenait les légitimistes et les partisans du régime déchu, elle jouit de tous les succès que peuvent procurer la beauté, la grâce et une réelle intelligence. Parmi les messieurs qui la poursuivaient de leurs assiduités, celui dont elle accueillit avec plus de faveur les avances, fut un agent des princes en exil, le brillant et courageux baron d'Aché.
    Le roman débuta par une idylle, sous prétexte de conspirations royalistes à favoriser, mais il ne tarda pas à dégénérer en drame, et la dernière page mêla le meurtre à la trahison. Une nuit, l'amoureux partit de Vaubadon au-devant d'un messager attendu d'Angleterre. Ce guet-apens avait été dressé sur sa route, au détour d'un chemin, tout près de la Délivrande. Le malheureux se défendit bravement, mais tomba sous la balle d'un gendarme.

     

    Ci-dessus, blason de la famille Le Tellier de Vaubadon extrait de https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=blasons&id=209546&desc=le_tellier_de_vaubadon


    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)     Madame de Vaubadon, que sa vie dissipée avait réduite aux expédients, avait vendu son amant à Fouché, pour la somme de 600,000 francs, dit la tradition.
         Le prix du sang ne fut jamais complètement versé, et la trahison ne servit guère à la coupable.
         Le vide se fit autour d'elle, et l'opinion publique vengea le crime. Madame de Vaubadon vendit château et domaine et se retira à Paris, où elle mourut délaissée, dans l'oubli et le mépris. (...) (...)

     

    Ci-dessus, un extrait de la carte d'Etat Major, extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)     Puis nous le voyons entre les mains des du Mesnildot (encore dans cette famille ? NDB), jusqu'en 1806, époque à laquelle le château fut vendu à M. de Goulhot, commissaire des guerres sous Napoléon Ier. Le nouveau propriétaire fit planter, au milieu des marais, la superbe avenue qui donne accès au château. Le fils de M. de Goulhot, sénateur sous l'Empire, fit de Saint-Germain une habitation confortable et luxueuse. Il y mourut en 1875, laissant pour unique héritière Madame la baronne Finot, femme du sportman connu de toute la France, aussi distingué comme artiste que comme éleveur. " [1]

     

    Ci-dessus, blason supposé de la famille de Goulhot de Saint-Germain par Gilloudifs.

     

         Voir Achille de Goulhot de Saint-Germain :

    https://www.wikimanche.fr/Achille_de_Goulhot_de_Saint-Germain

     

    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)     Le baron Finot, qui eut une des plus grandes écuries du steeple-chase, mettait tous ses chevaux de courses à la chasse. A la mort du duc de Valençay, il racheta une partie des chiens de Valençay en 1897 pour reformer son équipage de chevreuil. Le baron Finot était par ailleurs un aquarelliste renommé et de grand talent. Ses scènes de chasses sont réputées. Le baron Finot est mort en 1906. [NDB]

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1814, Archives de la Manche, http://www.archives-manche.fr/

     

         Aujourd'hui, le château de Saint-Germain-sur-Sèves est une ruine. [NDB]

     

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    Ci-dessus : 1. Photo extraite de https://monumentum.fr/restes-chateau-pa00110573.html ; 2 Photo par Xfigpower — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21693796 ; 3. Photo extraite de http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/image/chateau-de-st-germain-50_a.JPG

     

    Architecture


    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)       " Le château de Saint-Germain-le-Vicomte a été retouché à différentes époques ; il était entouré de larges fossés dont quelques-uns existent encore ; l'eau qui les remplissait battait le pied d'une partie des murailles. Au-delà d'une première enceinte se trouvaient d'autres fossés sur lesquels un pont-levis était établi.

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

      

         On remarque des portes, des fenêtres avec des arcades en accolade, ce qui annonce le 15e ou le 16e siècle. Plusieurs fenêtres sont surmontées d'un fronton triangulaire dont les rampants, garnis de crochets, reposent sur des têtes d'animaux. Les tours ont subi des retouches importantes ; il en est deux qui, placées en encorbellement, se terminent par un toit conique couronné de deux personnages, Adam et Ève, qui font office d'épi : on remarque Ève offrant la pomme à Adam. La chapelle est sans intérêt. - On indique encore l'emplacement où devait se trouver la prison qui dépendait du château. " [2]

     

    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)      " Initialement entouré de douves en eau, ce château brique et pierre, implanté en bordure du marais de la Sève, a perdu les deux tiers de son déploiement initial. Desservi par un châtelet (disparu), l'édifice, de plan régulier en U, se déployait sur trois des côtés de la parcelle qu'il protégeait, le côté nord étant naturellement défendu par les marais. Au sud-ouest, bien que partiellement ruinée, la tour hexagonale est la seule encore présente sur les trois qui cantonnaient les angles extérieurs de l'édifice. Au sud-est, lui répondent les vestiges du corps de logis, dont le rez-de-chaussée appareillé en pierre de taille contraste avec la brique des étages supérieurs. Si l'étroitesse et la sobriété sont de mise pour les ouvertures du rez-de-chaussée, marquant ainsi l'aspect encore défensif de la bâtisse, les ouvertures des étages sont plus larges et reçoivent des moulurations plus riches. " [3] 

     

    Ci-dessus, une photo extraite de https://www.wikimanche.fr/Fichier:Saint-Germain-sur-Seves_Chateau_en_ruine.jpg

     

    LES REMPARTS DE SAINT-GERMAIN-SUR-SÈVES (Manche)     " Le plan primitif comportait un quadrilatère entouré de fossés, dont quelques-uns existent encore, et une enceinte extérieure, très vaste, de murailles crénelées qui enclavaient des bâtiments destinés aux services ruraux. Au 17e siècle, trois des faces du quadrilatère furent démolies, une des courtines fut remplacée par un logis à la mode de Louis XIV, que les affouillements du sol menacent d'une ruine prochaine. Il ne reste plus de la construction du 15e siècle que la partie orientale, mais celle-ci digne de toute notre admiration par l'élégance et l'harmonie de sa silhouette. Cette partie se compose d'une poterne, flanquée de deux poivrières en encorbellement, d'une façade surmontée de hautes lucarnes, et de deux tours d'angle, l'une au nord, l'autre au sud.
         Les tours seules rappellent la donnée du logis fortifié. L'architecte a obéi à la préoccupation, qui commençait à naître, au temps de Charles VIII et de Louis XII, chez les gentilshommes bâtisseurs. Ceux-ci apercevaient la possibilité d'ouvrir leurs habitations à l'air et à la lumière. Mais cette demeure qui, par cette infraction aux habitudes anciennes, semble se rattacher à l'architecture de la Renaissance, appartient cependant à la pure tradition ogivale. Les meneaux en croix, la silhouette des tourelles, les moulures des encorbellements, les profils, les détails de l'ornementation ressortissent à la langue gothique telle qu'on la parlait au 15e siècle.
         Les deux épis qui couronnent les tours de la poterne sont célèbres dans le pays ; ils représentent l'un Ève, offrant la pomme, l'autre Adam, qui avance la main pour la recevoir.
         Autrefois un pont-levis donnait accès à la cour d'honneur. Un pont voûté remplace la vieille machine guerrière. (...)

     

    Ci-dessus, d'après une photographie de M. Valette extraite de ce même document [1]

      

         L'intérieur du château ne conserve presque plus rien de l'aménagement primitif. Aussitôt après la poterne, le visiteur entre dans des pièces au plafond élevé, dont les solives saillantes, les cheminées monumentales ont dû être remaniées à plusieurs reprises, s'éloignant de plus en plus de l'aspect primitif. Dans la partie construite sous Louis XIV, existe, au rez-de-chaussée, un salon décoré sous le premier Empire, et une bibliothèque d'un caractère assez pittoresque. Dans le tympan de la cheminée de cette pièce, l'auteur de ces lignes se rappelle avoir vu un magnifique portrait de l'une des dernières propriétaires du château, la trop célèbre marquise Le Tellier de Vaubadon. " [1]

     

    Protection :

     

         Château (restes) : inscription par arrêté du 13 décembre 1950

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Article de Gaétan Guillot in La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc.. Manche 1re [-2e] partie. Partie 1 / Héliogravures de P. Dujardin ; d'après les photographies de E. Durand, D. Freuler et A. Thiébaut - Éditeur : Lemale & Cie, impr. dit. (Le Havre) 1899

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64809897/f236.item.r=%22Saint-Germain-le%20Vicomte%22.texteImage.zoom

    [2] Extrait de l'Annuaire du Département de la Manche, Volume 29, par Julien Gilles Travers - J. Elie, 1857 https://books.google.fr/books?hl=fr&output=text&id=ax0XAAAAYAAJ&q=Saint-germain#v=snippet&q=Saint-germain&f=false ou http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article10720

    [3] Extrait de http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateaux-manche-chateau-a-st-germain-chateau-de-st-germain.html

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