• LES REMPARTS DE SAINT-ANDRE-DE-L'EURE (Eure)

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          « Saint-André-de-l'Eure porta au Moyen Âge le nom de Saint-André-en-la-Marche, du fait de son appartenance à la zone frontalière entre Normandie et France. La localité est mentionnée au début du dernier tiers du 11e siècle ; elle était le chef-lieu d'une seigneurie appartenant à Richard fils Herluin, dépendant sans doute de l'«honneur» de Breteuil, aux mains de la puissante famille du même nom. Richard eut deux fils, Jourdain et Robert, et une fille Eustachie ; les trois décédèrent sans descendance, les deux premiers s'étant retirés à la fin de leur vie à l'abbaye de Coulombs, et la troisième comme moniale à l'abbaye Saint-Sauveur d'Évreux. Il est probable qu'Ascelin Goël récupéra cette seigneurie en 1103 au plus tard, dans le règlement de la succession de Guillaume de Breteuil mais on ne peut l'affirmer de façon certaine. (…) Après la mort d'Ascelin Goël, la seigneurie de Saint-André, jointe à celle de Grossœuvre, fut attribuée à son fils Roger, dit le Bègue. (…) Son fils Roger II hérita des deux seigneuries, et les tint jusqu'à 1204 au plus tard, date à laquelle elles furent confisquées par Philippe Auguste. Peu après la conquête, Pierre Mauvoisin, fils de Raoul IV, dut être investi de la seigneurie de Saint-André (…) Dans un acte non daté, Pierre Mauvoisin donna à un certain Guillaume Mancel, à la demande instante de Simon d'Ilou, un droit sur les barrières (garolia) du château, probablement l'octroi levé aux portes du bourg. À Pierre succéda son fils Raoul Mauvoisin, dont le premier acte connu remonte à 1228 (…).

         Pierre II Mauvoisin, seigneur de Saint-André, mourut avant 1269 ; il n'est pas sûr qu'il survécut à son père. En tout cas, on trouve en 1269 Guy Mauvoisin (distinct du Guy Mauvoisin, seigneur de Rosny, qui était de la branche principale des Mauvoisin) qui confirma les donations de ses prédécesseurs à Coulombs.

         On trouve un autre Guy Mauvoisin seigneur de Saint-André en 1318 ; en 1337 serait cité encore un autre Guy Mauvoisin, célibataire, peut-être identique au précédent. Enfin, un Jean de Mauvoisin, seigneur de Saint-André, aurait épousé au milieu du 14e siècle une Alix d'Ivry.

         On ignore la façon dont la seigneurie de Saint-André passa à la famille d'Ivry avant la fin du 14e siècle, un mariage ou une succession étant parmi les hypothèses les plus vraisemblables. En décembre 1416, Jean d'Ivry, rendait hommage au roi pour les biens tenus après la mort de son frère Charles, sire d'Ivry et qui comprenaient la terre de Saint-André. En 1423, Ambroise de Loré, époux de Catherine de Marcilly héritière d'Ivry, était signalé comme seigneur de Saint-André, bien que cette seigneurie soit passée dans les mains anglaises peu après Azincourt.

         Leur fille, dénommée Ambroise comme son père, les apporta à Robert d'Estouteville, prévôt de Paris, son mari ; [ les seigneuries] revinrent à Jacques d'Estouteville, également prévôt de Paris, dans la dernière décennie du 15e siècle.

         La seconde fille de Jacques, Marie d'Estouteville, reçut la seigneurie de Saint-André comme dot lorsqu'elle épousa, en 1512, Charles, baron d'Allègre, alors qu'Ivry demeurait à sa sœur aînée Charlotte, épouse de Charles de Luxembourg, comte de Brienne. Saint-André demeura par la suite jusqu'au 18e siècle dans la famille d'Allègre."

    Texte ci-dessus extrait de « Les seigneuries d'Ivry, Bréval et Anet aux 11e et 12e siècles et leurs fortifications aux marches entre France et Normandie » par Jean Mesqui http://www.mesqui.net/Page-d-accueil/indexfran.htm

     

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    Plan hypothétique du tracé des remparts de Saint-André-de-l'Eure.

    Blason par User:SpedonaCette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2797827

    "La structure du site

         La fortification de Saint-André a été implantée près de l'itinéraire est-ouest qui franchissait l'Eure à Ivry, certainement antique mais que rien ne permet de caractériser comme on le fait trop souvent de «voie romaine».

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    A gauche, un extrait du cadastre napoléonien.

     

         Cependant, la structure révélée par la cadastre napoléonien est clairement organisée autour d‟un axe principal de direction nord-sud, parallèle à la voie romaine authentique Évreux-Dreux passant à Grossœuvre, ainsi qu'à son doublon passant par Les Autieux, un peu à l'ouest de l'agglomération de Saint-André. Cet axe principal a obligé l'itinéraire est-ouest, qui arrivait primitivement d'Ivry au nord de la ville, à faire une grande chicane avant de repartir vers l'ouest et Les Autieux au sud de celle-ci. Il est probable que la fortification de Saint-André a donc conduit à un remodelage des cheminements dès lors qu'elle fut créée et devint un pôle d‟attraction pour la circulation médiévale.

         Le plan par masses de cultures du début du 19e siècle montre clairement la structuration en trois zones distinctes : le château proprement dit et la basse-cour accueillant l'église paroissiale, tous deux entourés de fossés en eau ; et le bourg elliptique situé au nord.

         Cette première vision s'affine avec le cadastre de 1838, bien plus précis, si l'on y ajoute la présence de la motte (A) qui n'y est pas figurée, mais apparaît dans le cadastre moderne, et dans la réalité puisqu'elle est en partie conservée. Ainsi se dessine un ensemble complexe, formée par la motte (A), la haute-cour (B), le bourg primitif (C) et un bourg sans doute plus récent (D).

         La motte qui devait être tronconique, portait encore dans la première moitié du 19e siècle, si l'on en croit Le Prévost, les ruines d‟une tour carrée ; il nous a été impossible de le vérifier. Elle est aujourd’hui partiellement recoupée au sud ; au-dessus d'un mur de clôture moderne en béton de bien pauvre facture, on voit les traces d'un mur du 19e siècle pratiqué lorsqu'elle fut rescindée.

         Les fossés qui entouraient la motte et sa haute-cour, autrefois en eau, sont encore visibles dans leur contour, quoique comblés et servant de simple écoulement pour les eaux usées des maisons d'habitation construites dans la haute-cour.

         Celle-ci était encore en partie vierge d‟urbanisation au début du 19e siècle ; la porte devait en être située à l'ouest, comme aujourd'hui, bien que la rue rectiligne tracée au travers de la haute-cour puisse être considérée comme moderne, percée afin de permettre l'urbanisation du secteur.

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         Le bourg était situé à l'est, le long de la rue principale dans laquelle se trouvaient les halles. On y trouvait l'église paroissiale Saint-André à proximité de la porte du château. Très étroite au sud, cette enceinte s'élargissait au nord en enveloppant partiellement la haute-cour du château.

         Enfin, il existait au nord un second bourg. Sa création est nécessairement postérieure à celle des autres éléments de la fortification, puisqu'il est centré autour du point de rencontre de trois des chemins venant converger à Saint-André : le chemin d'Ivry, vers l'est, le chemin de Pacy au nord, le chemin d'Évreux au nord-ouest.

         Ce bourg avait une forme elliptique entourée de fossés également en eau ; sa structure montre clairement la prédominance des itinéraires venant du nord. Les mentions textuelles des 12e et 13e siècles excluent l'existence d'ouvrages maçonnés pour la clôture de ces cours et basses-cours. On peut penser que Saint-André avait perdu toute importance stratégique dès la conquête de la Normandie ; il ne semble pas que la localité ait joué le moindre rôle durant les guerres postérieures. »

    Texte ci-dessus extrait de « Les seigneuries d'Ivry, Bréval et Anet aux 11e et 12e siècles et leurs fortifications aux marches entre France et Normandie » par Jean Mesqui http://www.mesqui.net/Page-d-accueil/indexfran.htm 

     

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