• LES REMPARTS DE RONCHEVILLE (Calvados)

    LES REMPARTS DE RONCHEVILLE (Calvados) LES REMPARTS DE RONCHEVILLE (Calvados) LES REMPARTS DE RONCHEVILLE (Calvados)

    A gauche, photo aérienne extraite du site Google Earth ; au centre, plan extrait du cadastre napoléonien de 1829.

     

         Depuis le 1er juin 1828 Roncheville est inclus à la commune de Saint-Martin-aux-Chartrains dont l’église Saint-Martin aurait été construite par le chapitre de la cathédrale de Chartres qui avait possession des paroisses à l’entour par un don de Richard II le Bon, duc de Normandie, fait le 21 septembre 1014. (NDB)

     

         « Roncheville, au début du 11ème siècle était l’une des paroisses les plus importantes de la prévôté de Normandie... Le 21 septembre 1014, Richard II le Bon, duc de Normandie (996–1026), arrière-petit-fils de Rollon et arrière-grand-père de Guillaume le Conquérant, fait une importante donation à la cathédrale de Chartres, pour faire pardonner, dit-on, l’incendie de la cathédrale en 962 par son père Richard Ier de Normandie, dit Richard Sans-Peur...
         ... Nous savons que Roncheville tire sa prospérité notamment de la navigabilité de la Touques.
         Privée de la navigabilité de la Touques, Roncheville ne tarda pas à décliner pour pratiquement disparaitre physiquement, n’ y subsistant que quelques vestiges rappelant sa puissance d’ autrefois, la
    motte féodale et le calvaire toujours visible aujourd’hui près du site où était édifiée l’église Saint-Nicolas. » [1] 

     

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     Plan hypothétique de l'emplacement de la motte de Roncheville ; blason de la famille Bertran par Anno16 Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Anno16., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1401352

     

         A. de Caumont, 1859 : « Roncheville, Ronchevilla, Runtiavilla, Rocheville-la-Bertrand. L'église de Roncheville, qui a été démolie, était sous l'invocation de saint Nicolas ; elle faisait partie du doyenné de Beaumont.
         La commune a été supprimée et réunie, par ordonnance du 1er juin 1828, à la commune de Saint.-Martin-aux-Chartrains.
         Il y avait à Roncheville, dans une prairie désignée sous le nom de clos Bertrand, dit M. La Hutte, dans son Essai historique sur Honfleur et l'arrondissement de Pont-l'Evêque, un château, dont la fondation remontait à une époque fort éloignée ; quoiqu'il n'existe plus aujourd'hui aucune trace de ce château, la tradition doit être fondée. En effet, Roncheville, une des plus petites localités de l'ancienne sergenterie de Beaumont-en-Auge, eut cependant une grande importance au point de vue féodal ; elle porta le titre de baronnie, puis de comté. Elle est encore appelée burgus, dans un aveu du 16e siècle.
         La famille le plus anciennement en possession de ce fief est la famille Bertran, vieille souche normande que l'on peut faire remonter, sans interruption dans la filiation, jusqu'à Auslec, seigneur de Briquebec, qui vivait en 938... » [Statistique Monumentale du Calvados par Arcisse de Caumont, tome 4, page 227].

         « On sait combien l'invasion anglaise amena de perturbations dans les tenures féodales de la Normandie. Les barons du pays, qui avaient, jusqu'au bout, résisté à l'envahisseur, furent dépossédés de leurs terres, que le vainqueur donna à des courtisans ou à des capitaines d'aventuriers, destinés à maintenir le pays dans la dépendance du nouveau souverain. C'est ainsi que, le 12 juillet 1421, le roi Henri V fit don à Raoul-le-Sage, chevalier, son conseiller, et à ses hoirs mâles, de la terre et seigneurie de Roncheville, avec tous ses fiefs nobles, leurs appartenances et dépendances, occupée autrefois par le fils et héritier du seigneur de la Roche-Guyon et de sa mère, rebelles...
    Après que Charles VII eut reconquis la Normandie, les anciens seigneurs dépossédés rentrèrent dans leurs droits. Le sire de la Roche-Guyon reprit sa terre de Roncheville... » [Statistique Monumentale du Calvados par Arcisse de Caumont, tome 4, page 228] [2]

     

    LES REMPARTS DE RONCHEVILLE (Calvados)

     Photo aérienne ci-dessus extraite du site Géoportail. La motte se trouve en bas à gauche.

     

         « Avant 1050, Guillaume le Conquérant établit une baronnie à Roncheville. Il la confie à Robert Bertran, un viking. Un parent de ce Robert, Guillaume, a pris part à la conquête de l'Angleterre.

         Constitué d'une bande de terre, en bordure du littoral de la Manche, entre la Touques et la Dives, le territoire initial de la baronnie est très exposé. Robert Bertran doit assurer sa défense. Il élève une butte de terre ceinturée d'un fossé profond, une motte féodale. Il l'installe à 80 m à l'ouest de la Touques et à 80 m au sud de la route de Beaumont-en-Auge à Saint-Martin-aux-Chartrains, la D 58.

         Au 12e siècle, les barons de Roncheville sont appelés à des postes de responsabilité, deux seront maréchaux de France. Leur devoir de défense n'en demeurait pas moins. Un baron décide de remplacer la motte féodale, dépassée, par une enceinte fortifiée. Faite d'un massif de silex cimentés à la chaux et à l'argile, surmonté d'une palissade en bois elle était entourée d'un fossé. Elle est construite au sommet du Mont Roty à Saint-Etienne-la-Thillaye, à un kilomètre à l'ouest de la Touques. » [3]

     

    « Les Bertran et la baronnie de Roncheville (11e s. -1352)

    LES REMPARTS DE RONCHEVILLE (Calvados)     Pour mémoire, la tradition veut que les Bertran soient avec les Montfort, descendants de Tursten de Bastembourg, le fils d’Anslech, compagnon du fils de Rollon. Dans le pays d’Auge les possessions des Montfort se trouvent à l’ouest de la Touques, celles des Bertran s’organisent autour de la motte castrale de Roncheville, du port de Honfleur et du château de Fauguernon.

         Si le maréchal Robert Bertran est connu de tous les historiens comme seigneur de Bricquebec, il l’est moins comme baron de Roncheville et comme seigneur de Honfleur, l’information reste confidentielle. En tant que baron de Bricquebec, ses terres et celles de ses vassaux s’étendent dans le Cotentin entremêlées à celles des Harcourt, en tant que baron de Roncheville, elles s’étendent dans le pays d’Auge de part et d’autre de la riche vallée de la Touques jusqu’au territoire de Fauguernon, à la limite de la banlieue nord de Lisieux. Elles se situent sur les paroisses de Barneville-la-Bertran, Roncheville, Honfleur, Beaumont-en-Auge, Saint-Etienne-la-Thillaye, Tourgéville, Branville, Saint-Cloud, Clarbec, Saint-Benoît, Reux, etc., et s’enchevêtrent avec les terres du roi dans sa vicomté d’Auge. Comme les barons le disent eux-mêmes, leur vicomté de Roncheville est mouvante de la vicomté d’Auge, tout en en étant distincte et séparée. Toutes deux ressortent par appel devant le bailli de Rouen, ou son lieutenant, dans la vicomté d’Auge pour le civil, directement à Rouen pour le criminel. La baronnie de Roncheville est soi-disant la première baronnie de Normandie. C’est la première appelée à l’Échiquier de Normandie et le baron y est assis à la place d’honneur. 

         La terre de Fauguernon ayant été détachée par partage de la baronnie de Roncheville en 1275, Robert VI Bertran a eu l’autorisation de réunir la terre de Honfleur à cette baronnie et depuis, qui est baron de Roncheville est seigneur de Honfleur. » [4] Plan de la vicomté ci-dessus extrait de ce même document, voir ci-après.

     

         « D’Anslech serait issue la longue lignée des Bertran, succession de chevaliers dont le nom semble inscrit à chaque chapitre majeur de l’histoire du duché. Robert Ier Betran figure au début des années 1060 comme témoin de plusieurs actes ducaux et assure ponctuellement, durant la même période, l'office de vicomte du Cotentin. Il fut manifestement l'un des piliers de la politique de stabilisation menée après la révolte de 1047 par Guillaume le Bâtard en Cotentin. On le rencontre vers 1060 comme auteur d'une donation substantielle au profit de l'abbaye Saint-Ouen-de-Rouen, comprenant des biens répartis aussi bien en Cotentin que dans le Pays d'Auge, foyer originel de la famille. Son fils, Robert II, est réputé avoir participé en 1099 à la prise de Jérusalem. Robert III, mort au siège de Caen en 1138, fut en Cotentin l'un des principaux opposants au parti de Geoffroi d'Anjou. En 1172, Robert IV Bertran devait pour sa baronnie de Bricquebec le service de cinq chevaliers et détenait en propre le service de trente trois chevaliers et demi. Il possédait également les seigneuries de Roncheville, Fauguernon, Fontenay le Marmion, et la moitié de la ville de Honfleur. Ses domaines anglais comprenaient le domaine de Barde, dans l'Essex. Il décède avant janvier 1194, date à laquelle son héritage est confirmé à son fils par Jean sans Terre. Lors de l'annexion de 1204, l'héritier de ce grand fief, Robert VI, était mineur. A la mort de son père, en 1202, il avait été placé avec ses frères et sœurs sous la tutelle de Robert de Thibouville. Ce dernier étant resté fidèle à Jean sans Terre, Robert Bertran s'était vu en représailles confisquer ses fiefs normands par Philippe Auguste. Mais étant lui-même resté en Normandie, ses domaines d'outre Manche furent également confisqués... Il ne rentre dans son héritage normand qu'à sa majorité, en 1207, et pouvait alors rendre hommage au roi de sa baronnie, dont dépendaient une quinzaine de fiefs nobles, répartis pour l'essentiel en une couronne resserrée autour de Bricquebec. Il épouse vers 1210 l'une des trois filles de Raoul Tesson, Jeanne, dont il reçoit le fief de Thury. Il suit Philippe Auguste à Bouvines et assiste au couronnement de saint Louis. En 1245 il marie son fils aîné, Robert VII, à Alix de Tancarville, fille de Raoul de Tancarville, chambellan de Normandie. La famille Bertran représente alors le cas le plus net d'ascension sociale d'un grand lignage du Cotentin dans l'entourage capétien.

         Robert IX Bertran, élevé à la dignité de maréchal de France, joue un rôle important durant la période troublée des débuts de la guerre de Cent ans. Ayant obtenu pour son fils la main d’une riche héritière, il suscite la colère d’un second prétendant à ce mariage, Geoffroy d’Harcourt, sire de Saint-Sauveur-le-Vicomte, qui par vengeance s’engage dans une guerre privée contre son rival. Condamné pour ces agissements, Harcourt se réfugie à la cour d’Angleterre et y incite le roi Edouard III à prendre pied en Cotentin. Robert Bertran, que l’on surnomma « le Chevalier au Vert Lion », aurait alors tenté en vain de résister à l’armée anglaise débarquée à Saint-Vaast-la-Hougue le 12 juillet 1346. Il organise aussi, avec son frère Guillaume, évêque de Bayeux, la défense du château de Caen. Peu après le décès du vieux maréchal, dont les deux fils meurent au champ de bataille, s’éteignait une dynastie vieille de quatre cents ans. » [5]

     

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     1. Blason de la famille de la Roche-Guyon extrait de https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=blasons&id=132007&desc=la_roche_guyon&individu_filter=guyon ; 2. Blason de la famille Estouteville par Jimmy44Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3791288 ; 3. Blason de François et de Marie de Bourbon-Saint-Pol par Elements by Sodacan — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=47156595 ; 4. Blason de la famille d'Orléans-Longueville par Jimmy44Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4568042 ; 5. Blason de la famille d'orléans-Montpensier.

     

         Après l'extinction de la famille Bertran, la baronnie de Roncheville se transmet par mariage à la famille de La Roche-Guyon puis à celle d'Estouteville. Adrienne d'Estouteville (1512-1560) épouse François Ier de Bourbon-Saint-Pol en 1534. Leur fils François II de Bourbon-Saint-Pol (1536-1546), duc d'Estouteville, comte de Saint-Pol meurt sans postérité . Sa sœur, Marie de Bourbon-Saint-Pol d’Estouteville (1539-1601) épouse successivement en 1557, Jean de Bourbon-Saint-Pol, en 1560, François de Clèves, en 1563, Léonor d’Orléans, duc de Longueville. Les Montpensier achètent la vicomté de Roncheville en 1605. (NDB)

     

         On conserve un autre souvenir de « Roncheville » à Honfleur :

     

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    Photo à gauche de la cour du Manoir de Roncheville à Honfleur par Daniel Villafruela. — Travail personnel., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=22000673 ; photo à droite du manoir de Roncheville à Honfleur par Daniel Villafruela — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21449804 

     

         « Le manoir de Roncheville est un manoir situé à Honfleur... Le manoir est situé sur la place Arthur-Boudin à Honfleur, près du vieux port et de l'actuel quai de la Tour. Depuis 1206, jusqu'à l'occupation anglaise pendant la guerre de Cent Ans, le manoir de Roncheville, fut la maison seigneuriale des Bertran, barons de Bricquebecq, vicomtes de Faugernon et de Roncheville, seigneurs de Honfleur.

         À l'issue de la guerre, Charles VII fait du manoir de Roncheville la résidence des gouverneurs de Honfleur. Robert de Floques de 1450 à 1461, Jean de Montauban de 1461, Louis de Bourbon à 1470 à 1486.

         Fils bâtard de Charles Ier, duc de Bourbon, Louis de Bourbon, amiral de France, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, chargé par Louis XI de relever les fortifications de Honfleur, reconstruit le manoir en 1470.

         Au cours des siècles, le manoir subit plusieurs transformations :

         - au 15e siècle, l'étage originellement à pans de bois est reconstruit en appareillage de briques et de silex, le bâtiment est allongé par un porche couvert.

         - au 17e siècle, sont construits un grand escalier, ouvert sur la cour qui sera clos par la suite, un bâtiment en retour.

         Les façades et les toitures, ainsi que la cage d'escalier principale avec l'escalier et sa rampe en bois sont classés au titre des monuments historiques depuis le 13 septembre 1990 alors que le reste du manoir est inscrit depuis le 19 décembre 1985. » [6]

     

         Ci-dessous deux documents PDF intéressants : à gauche : De Roncheville à Saint-Martin aux Chartrains, éléments d'histoire par Alain Defressigne ; Saint-Martin-aux-Chartrains ; 21 avril 2014 http://www.adlic.eu/smac/wa_files/De_20Roncheville_20_C3_A0_20Saint-Martin_20aux_20Chartrains.pdf ; à droite : Un nouvel éclairage sur les barons de Roncheville, seigneurs de Honfleur par N. Pallu de la Barrière, 2014. http://www.le-vieux-honfleur.fr/photos/files/Contributions/Seigneurs_de_Honfleur-2.pdf

     

     

    Sources :

     

    [1] Extrait d'Alain Defressigne - Saint-Martin-aux-Chartrains - 21 avril 2014 http://www.adlic.eu/smac/wa_files/De_20Roncheville_20_C3_A0_20Saint-Martin_20aux_20Chartrains.pdf

    [2] Extrait de http://tourisme.aidewindows.net/saint-martin-aux-chartrains.htm

    [3] Extrait de http://reux.pagesperso-orange.fr/feodale.html

    [4] Extrait de N. Pallu de la Barrière, 2014. http://www.le-vieux-honfleur.fr/photos/files/Contributions/Seigneurs_de_Honfleur-2.pdf

    [5] Extrait de http://closducotentin.over-blog.fr/page/19

    [6] Extrait de Wikipédia

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