• LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche)

    LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche) LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche) LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche) LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche) LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche)

     

          « Depuis la fin de l'époque armoricaine, le pays de Pontorson fait partie intégrante du territoire breton. Cette portion de Bretagne est occupée pendant la régence d'Havoise de Normandie, veuve du duc de Bretagne et sœur de Richard II de Normandie. À la suite de l'agression du roi viking « Olaf » sur Dol-de-Bretagne en 1014, le duc normand Richard II repousse de son propre chef et avec l'aval de sa sœur, vers 1027-1030, la frontière avec la Bretagne de la Sélune au Couesnon.

          Robert, fils de Richard II, demande au capitaine normand Orson de bâtir un pont qui permettra à ses troupes aller et venir plus aisément vers la Bretagne. » « Ce pont marqua la limite des deux provinces, et le point de départ d'une ville fortifiée qui prit le nom de Pontorson. »

         « Eon de Penthièvre, prince de Bretagne, effectuera de nombreux raids pour récupérer les terres occupées. Mais la Bretagne trop divisée, n'aura plus les moyens de recouvrir ses territoires. Elle parviendra à chasser Guillaume le Bâtard qui tentait la conquête de la Bretagne, mais pas plus. La conquête de l'Angleterre par les armées flamande, bretonne et normande fera oublier les territoires de la discorde, particulièrement celui entre Couesnon et Sélune.

         La cité de Pontorson fut fondée au 12e siècle sur un vœu de Guillaume le Conquérant. Par sa position stratégique aux portes de la Bretagne, la forteresse de Pontorson joua un rôle important au cours du Moyen Âge et des guerres de religion. Deux capitaines de Pontorson figurent en bonne place dans l'histoire de France : le Breton Bertrand Du Guesclin et Gabriel de Montgommery. »

         « Grand Sénéchal du Roy de France, Bertrand Duguesclin fut nommé capitaine de Pontorson, faisant de la ville la capitale des joutes et des tournois. » « Bertrand Duguesclin : Gouverneur de Pontorson à partir de 1359. De nombreux faits et anecdotes relatent la présence du Connétable à Pontorson. » (...)

         « Le roi Henri II d'Angleterre accorda de nombreux privilèges aux bourgeois de Pontorson et ceux-ci sont consignés dans « la charte des précieux privilèges ». Ce document a subsisté jusqu'à aujourd'hui et représente une mine d'informations. Le roi fit également édifier les deux tours brettes (visibles sur le plan de la forteresse mais aujourd'hui disparues). « Brettes » car tournées vers la Bretagne). (...)

         Saint Louis : Il séjourna à Pontorson et ordonna la construction et le renforcement des défenses de la forteresse. »

         « Une fameuse famille anglaise, Montgommery, vint en France pour servir le Roy François Ier, puis le Roi Henri II. Leur logis de Pontorson est aujourd'hui transformé en hôtel. (…) En 1590, Gabriel II de Montgommery fit construire un temple protestant. (...) »

         NDB : La ville est devenue une place forte protestante à partir de 1590, date à laquelle Gabriel II de Montgommery, fils de Gabriel Ier (qui tua le roi Henri II lors d'un tournoi) et chef de file du protestantisme, est nommé gouverneur de la ville.  

         « En 1621, Montgommery est contraint de céder son fief au roi Louis XIII, qui ordonne la destruction du château et des fortifications de Pontorson qui débute le 5 juillet 1623. Fin octobre 1624, 2 500 ouvriers venus de 55 paroisses travaillent encore au démantèlement de la place. » NDB : Des détails de la destruction des remparts de Pontorson dans la « Revue historique de l'Ouest » de 1891 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k67167f/f585.item.r=remparts%20de%20Pontorson.zoom

    Extraits (en bleu) du site Wikipédia

    Extraits (en vert) du site Wikimanche

    Extraits (en rouge) de http://www.pontorson.fr/?page_id=27

    Extraits (en violet) d'un document aimablement communiqué par l'Office de Tourisme de Pontorson (voir ci-après). http://www.pontorson.fr/

     

    LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche)  LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche)

    Blason par User : ArocheCette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Aroche., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4504005

     

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    « 1 L'église Notre Dame :

         « De l'ancienne Pontorson, vous apprécierez la très belle église construite à partir de l'an 1050, dont la façade aux deux tours romanes est unique en Europe. On retrouve dans cet édifice les prémices du style gothique. L'église ne cessera de subir jusqu'au 15ème siècle des transformations sous l'influence de cet art religieux qui inspira les plus beaux édifices. L'intérieur, majestueux et dépouillé, est à lui seul une belle leçon d'architecture. » (…) http://www.pontorson.fr/?page_id=27

         Romane de transition gothique, elle aurait été construite pas les bâtisseurs du Mont Saint Michel au 12e siècle. Le plan nous la révèle cernée d'un vaste cimetière. Les fouilles archéologiques menées récemment à Pontorson ont confirmé l'étalement du cimetière tel que dessiné sur le plan. Le cimetière a été entièrement déplacé et des maisons furent construites à son emplacement. Certains propriétaires actuels font encore aujourd'hui d'étonnantes découvertes chez eux.

     

    LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche)2 La maison Guischard de la Menardière

         dite « maison romane » « En direction du Mont, vous admirerez rue Saint-Michel une très belle maison du 15ème siècle, avec ogives en arcades obstruées et à entablement en pierre, qui fut la résidence de la famille Guischard de la Ménardière. » http://www.pontorson.fr/?page_id=27

         « Située dans la rue Saint Michel, il subsiste des doutes sur ses origines et sa datation. Certaines parties remonteraient aux 12e- 13e siècles mais la grande part de la construction serait des 14 et 15 siècles. Elle sera remaniée aux siècles suivants à divers endroits. Sa façade rythmée par des arcades a été superbement préservée. Au 18e, la maison est occupée par la famille Guischard, qui donne son nom actuel à la maison. Il y a encore des zones d'ombres au sujet de la fonction première de cette construction. On pense qu'il s'agissait peut être de l'hôpital de Pontorson. L'église étant toute proche, cela n'aurait rien d'étonnant mais cela reste de l'ordre de la supposition.

    3 La chapelle Saint Nicolas, dite aussi la maladrerie
         On connaît son emplacement actuel mais il ne reste rien de cet édifice hormis un portail fleuri. On sait que sa fondation est d'ordre royal.

     

    LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche)4 L'hôtel des Montgommery situé rue Couesnon.

         Bâtiment phare de l'histoire de Pontorson, il a subsisté à travers les siècles et est aujourd'hui bien identifiable dans la ville. Devenu un hôtel, son architecture est une superposition de différents styles, allant du 16e (date de sa construction) jusqu'à l'époque contemporaine. Les clients sont les seuls à pouvoir admirer les vestiges qu'il renferme notamment de magnifiques plafonds boisés à solives peints et datés du 16e siècle. Cet hôtel particulier fut la résidence d'une des familles les plus illustres de la ville : Les Montgommery. La famille implanta le protestantisme à Pontorson. Un des membres, Gabriel Ier de Montgommery passa à la postérité en tuant accidentellement le roi de France Henri II au cours d'un tournoi (1559).

     

    LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche)5 Le prêche protestant

         Le culte protestant fut introduit à Pontorson en 1590 par Gabriel II de Montgommery, le seigneur ayant réussi à s'emparer de la ville face aux ligueurs. Le culte protestant fut célébré dans cet édifice de plan rectangulaire jusqu'au début du règne de Louis XIII, époque à laquelle il fut interdit suite aux nombreux troubles intervenus entre Catholiques et Protestants. Désaffecté, le temple fut vendu à Jean Oursin (secrétaire du roi) qui le transforma en entrepôt. Il a été récemment inscrit sur la liste supplémentaire des Monuments Historiques.

         Origines de l'architecture : Il est fort probable que ce bâtiment ait connu un autre usage avant de devenir temple protestant. L'église étant proche, on pense qu'il aurait pu s'agir d'une ancienne grange à dîme. D'autres pensent qu'il pourrait être une chapelle du prieuré de Pontorson. »

    Extraits (en violet) d'un document aimablement communiqué par l'Office de Tourisme de Pontorson, voir ci-après.

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     « Date du plan : 1616

         Ce plan de la forteresse qui sera détruite sept ans plus tard, donne une bonne idée de l'état du bâti d'époque moderne. Les rues constituent un excellent repère puisque elles sont immédiatement identifiables dans le tracé urbain contemporain. En effet, par superposition des plans 17e et 20e, la concordance est parfaite (rues Saint Michel, Saint Nicolas, Couesnon...). Le château : Il a aujourd'hui complètement disparu, détruit au 17e par la sape et la mine. On sait néanmoins grâce aux recoupements des plans anciens et cadastre napoléonien où il se trouvait. A son emplacement, dit « Le Colombier » on retrouva des pierres sculptées. Un des vestiges du château se situe aujourd'hui dans le jardin public. Il s'agit d'un contrepoids de pont-levis. » Extrait d'un document aimablement communiqué par l'Office de Tourisme de Pontorson, voir ci-après. 

     

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         « […] Le château de Pontorson a complètement disparu, à part un bloc de maçonnerie qui a roulé au bord de la rivière, et qu'on appelle la Masse ; l'emplacement était le terrain dit le Colombier, dans lequel on trouve des murs, des voûtes, et même des souterrains dont l'un allait, dit-on, au Mont-Saint-Michel, et l'autre à Caugé. On y trouve aussi des matériaux plus récents, des plâtres avec des moutures. Le château, baigné par la rivière, s'appuyait au pont, vers lequel il était défendu par deux tours, dites les Tours-Brettes, qui flanquaient le pont. Entre ces tours et les anciens moulins, au rapport de dom Morice, subsistait encore en 1403 une pierre carrée, d'environ deux pieds et demi sur chaque face, armoriée vers la Normandie des armes de France, et vers la Bretagne des armes de cette province. Duguesclin avait posé cette limite des deux territoires, et, à cette occasion, avait distribué beaucoup de noix aux enfants, afin qu'ils conservassent te souvenir de ce qui venait d'être fait. (…)

     

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         Détruit en 1627, ce château devint une carrière d'où furent tirés les matériaux qui servirent à bâtir la maison dite de Montgommery, et, beaucoup plus tard, les maisons Le Sénécal et Allendy. En 1809, on en tira de bettes pierres qui servirent à la construction d'un pont à portée du flot sur le chemin de Saint-Georges-de-Grehaigne. Nous ne croyons pas qu'il existe de dessins de cette forteresse : la gravure que Malingre a mise dans son texte, représentant deux donjons, n'est sans doute qu'une illustration. Mais ce n'est assurément qu'à ce titre qu'il faut accepter un croquis à la plume que traça, en rêvant, le moine qui écrivit dans te Cartulaire du Mont une charte relative à Pontorson.

         De l'enceinte, il ne reste plus que des noms, des mouvements de terrain, et des dépressions régulières du sol, qu'on appelle toujours les Douves, et qui représentent les anciens fossés. La rue de Bordeaux indique le voisinage de ces fossés inondés sur lesquels elle se trouvait. Dans le champ des Douves était un ouvrage avancé triangulaire dont te plan est encore nettement dessiné : derrière, des débris annoncent la présence d'une tour ou bastion. II est très probable que le tertre du jardin de M. Lacordaire était couronné d'une tour. Au sud est un chemin qui suivait le contour des fortifications, et dont te nom, chemin de l'Éperon, indique la présence d'un travail avancé. Au nord est un endroit qu'on appelle la Tour Percée. A l'ouest, où était la partie la plus fortifiée, la ville était défendue par la rivière, le château et les murs qui s'élevaient sur ce terrain planté, lequel devint un jeu de mail, comme l'indique encore son ancien nom de Pat-Mail ». [Quelques antiquaires, dit Ménage, disent encore le jeu du pallemail ; c'est très mal parler. Il faut dire le jeu de mail (Observations sur la tangue française). Cassini écrit Palinas. Il y a à Pontorson un village du nom du Geai-qui-Couve.] Dans la rue des Fossés on a trouvé, parmi des ossements, des fers à cheval et des éperons. Il y avait encore une partie qu'on appelait le Corridor de la Contrescarpe, dans laquelle de Viques fut traîtreusement assassiné.

         Peu de châteaux ont éprouvé autant de vicissitudes que celui de Pontorson.

         La plus ancienne mention authentique que nous connaissons de Pontorson est dans un acte de 1031, dans lequel Havoise, Haduissa, mère d'Alain, duc de Bretagne, donna : « Quoddam moiendinurn apud Pontera Ursi. »

         Toutefois, selon M. Tanguy, en 1014, Richard II donna la ville de Pontorson et la moitié de Dreux à Mathilde, sa sœur.

         Le duc Robert, père du Conquérant, bâtit le château et l'église de Pontorson, et fit de cette forteresse un des anneaux de cette chaîne de défense contre ta Bretagne qu'il établit depuis te Mont Saint-Michel jusqu'à Saint-Hilaire.

         Henri Ier, fils du Conquérant, fit rebâtir, en 1135, ex integro in margine provinciae, le château de Pontorson, d'après Robert du Mont.

         En 1137, Geoffroy d'Anjou, se préparant à assiéger cette place, vit venir à lui les habitants qui lui en apportaient les clefs : il y reçut les seigneurs bretons qui reconnurent son autorité, et lui proposèrent de se charger de la garde de la ville.

         Henri II fit réédifier le château, selon le même témoignage : « Rex perrexit ad Pontera Ursonis et divisit ministris suis et ordinavit quomodo castrum iltud reedificaretur. »

         En 1171, il fut détruit par le feu : « An. 1171 castrum Pontis Ursonis combustum est, » dit le même chroniqueur. C'est sans doute à la suite de cet incendie que l'église fut rebâtie. En cette année, Henri Il resta quinze jours à Pontorson pour préparer son expédition contre les Bretons. (...)

         En 1162, Aquilin du Four, le gouverneur, fut chassé par les habitants qui se plaignaient de ses pillages. Le roi Henri Il remit ce titre à Robert du Mont, abbé du Mont Saint-Michel. C'est à Pontorson que ce prince arrangea sa trêve avec Guiomark.

         Dans le 12e siècle, Pontorson formait une prévôté, Praeositura, qui relevait du roi. Les Comptes de l'Échiquier pour 1198, nous font connaître les dépenses faites, au nom de Henri II dans cette Prévôté, qu'un comte anglais, W. de Salisbury, avait possédée à titre de ferme royale. En cette année l'exécution de la justice y avait coûté 2 livres 9 sols, et certaines sommes avaient été accordées pour des réparations : « in reparandis pontibus et calceio et domfbus castri de Ponte Orsonis. » Isabelle ou Elle, fille de W. de Salisbury, fut mariée par le roi à son frère naturel, dit W. Longue-Épée, qui posséda dès lors les biens de sa femme en Normandie. Les termes du rôle de 1198 prouvent qu'il avait tenu Pontorson du droit de la couronne. Sous te règne suivant, des terres lui furent assignées en Angleterre pour la place de Pontorson jusqu'à ta valeur de 1300 livres, et te roi rentra en possession de cette place. Les Salisbury revinrent quelques siècles après reconquérir leurs domaines primitifs, et Shakespeare put dire dans son Henri V : « Et vous, Salisbury, vous aurez reçu de profondes blessures dans les champs de la France et teint de votre sang les plaines de la Normandie. » (...)

         Lors de l'attaque de Gui de Thouars sur le Mont Saint-Michel où, selon dom Lobineau, « il brûla les tours de bois et de pierre jointes par de bonnes courtines de la même matière, » les Bretons, après être allés jusqu'à Caen, furent renvoyés jusqu'à Pontorson par Philippe-Auguste, effrayé du zèle de ses alliés.

         En 1232, Ranulfe, comte de Chester, prit cette ville, la rasa et la brûla. En 1233, le roi l'acquit en donnant des terres à Henri d'Avanjour.

         Mais le 14e siècle, celui de Du Guesclin et de Clisson, et surtout le 15e furent féconds en événements qui illustrèrent cette place. On sait que, pour récompense de ses services, Du Guesclin fut nommé capitaine de Pontorson.

    « Li ducs fisc moult Brant joie o Bertran, ce dit-on,
    Cappitaine le fist adonc de Pontourson. »

         [La Vie vaillant Bertrand du Guesclin, par Cuvelier, trouvère du 14e siècle, vers 3 670. La tradition met à Pontorson une maison de Duguesctin, comme une maison de Montgommery. Mais si les Montgommery avaient des maisons, l'homme de guerre du 14e siècle ne logeait que dans les donjons. C'est en souvenir de cette tradition qu'un romancier, qui d'ailleurs se joue souvent de la réalité historique, a dit : «  De belles entreprises à la gloire de la Normandie, et qui demandent l'intelligence et les bras des plus habiles ouvriers, comme de relever la maison de Duguescdin à Pontorson, de décorer celle de Malherbe à Caen, d'étayer celle de Corneille à Rouen. » Nodier, Fée aux Miettes.]

         Aussi La mention de cette place se trouve-t-elle dans toute l'histoire du connétable : c'est sur le pont de Pontorson qu'il jura confraternité d'armes à Olivier de Clisson « envers et contre tous qui pouvaient vivre et mourir » ; c'est là qu'il vint trouver le duc d'Anjou avec son frère d'armes :

    « Lors Glequin et Clfczon alèrent
    Au duc d'Anjou que ils trouèrent
    A Pontorson en Normandie
    Ou il estoit en compaingnie
    Moult très grande de chevaliers
    Avec eulx pluaseurs escuiers »

         C'est à Pontorson que dom Lobineau a rattaché ce fait d'armes de Du Guesclin :

         « Jean Felleton, La Grié et G. Issonai conduisant trois cents Anglais ou siège de Bécherel et passant devant Pontorson appelèrent Bertrand qui différant pour lors de se battre, manda les garnisons de Dol, de Landel, de Beuvron et du Mont Saint-Michel, monta à cheval avec Leraut, son escuier, Thomas Routier, gentilhomme de sa compagnie, et autres jusqu'au nombre de cent lances... et ayant atteint les Anglois dans les landes de Combourg, il les défit après un combat assez rude. Felleton y fut pris par Rolland Bodin et mené prisonnier avec les deux autres capitaines. Felleton pensa depuis prendre cette place par la trahison d'une servante, mais il manqua son coup. » Cette affaire, que dom Lobineau appelle bataille de Pontorson, eut Lieu en 1364.

         C'est à Pontorson que le rude soldat, quoique malade, eut avec un chevalier anglais une rencontre qui a été racontée par dom Lobineau :

         « Les Anglois ne pouvant digérer l'affront que Blanchourg avait reçu au siège de Rennes, voulaient avoir leur revanche ; mais le duc de Lancastre leur défendoit de se mesurer avec Bertrand. Celui-ci était alors à Pontorson malade de la fièvre. Un Anglais, Guillaume Troussel, pria Bertrand de mettre en liberté, moyennant rançon, un de ses parents qu'il avoit fait prisonnier, Bertrand refusa. Troussel l'envoya défier à Pontorson et lui demanda trois coups de lance et deux coups d'épée. Bertrand accepta ce combat, à la charge que celui qui seroit vaincu paierait cent écus, destinés à régaler les témoins. Le seigneur d'Andreghen, qui commandait la place, donna le camp à Pontorson. Comme Du Guesclin avoit la fièvre, le duc de Lancastre blâma Troussel, qui envoya dire qu'il attendroit qu'il fût guéri ; mais son adversaire répondit qu'un chevalier ne pouvoit retirer son gage de bataille. Le jour marqué les champions, suivis de leurs écuyers, entrèrent en lice. Troussel du premier coup de lance désarçonna Du Guesclin, mais celui-ci se remit bientôt et d'un coup vigoureux perça l'épaule de l'Anglois de part en part. Il tomba, se rendit et paia les cent écus. L'écuyer de Bertrand défit aussi celui de Troussel. » Ceci se passa en 1357.

     

    LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche)     C'est encore à Pontorson qu'eut lieu le fait si souvent cité de la digne sœur du brave Breton, Julienne Du Guesctin, abbesse de Saint-Georges de Rennes, et récemment chanté par une femme. Julienne demeurait dans le château de Pontorson ; son frère était absent. Deux de ses femmes nouèrent des intelligences avec un capitaine anglais nommé Felleton, et promirent de l'introduire dans le donjon. A la faveur de la nuit, les Anglais s'approchèrent, appliquèrent des échelles, et déjà ils montaient à l'escalade quand Julienne Du Guesclin, éveillée par le bruit, courut aux créneaux, et voyant des ennemis donna l'alarme. Les soldats accourent, renversent les échelles, et tuent ou noient un grand nombre des assaillons. Le lendemain les perfides chambrières, cousues dans des sacs, furent jetées dans le Couesnon. Du Guesclin rencontra Felleton, dons sa retraite, et le fit prisonnier pour la seconde fois.

         C'est à Pontorson qu'en 1379 se rassembla l'armée avec laquelle Du Guesclin commença les hostilités contre la Bretagne.

         Le château de Pontorson fut donné en 1370 à ce même Olivier de Clisson à titre d'engagement pour ce que le roi lui devait : "Donatio Castri et Castellaniae Ponds Ursonis facto domino de Clisson constabulorio donec pagatus fuerit. » (...)

         En 1379, Beaurnanoir se prépara à faire des courses en Normandie : son armée alla jusqu'à Pontorson où le roi de France avait rassemblé des troupes pour les faire entrer en Bretagne ; mais le duc d'Anjou proposa une trêve qui fut acceptée.

         En 1393, Chartes VI sanctionna les privilèges que Henri II et Chartes V avaient octroyés à Pontorson. (...)

         En 1400, Charles VI envoya le duc d'Orléans à Pontorson pour y conférer avec les seigneurs de Bretagne. Il les reçut dans cette ville et négocia avec eux, mais inutilement, pour obtenir la personne de Jean de Montfort,

         Le 15e siècle, l'époque de l'occupation anglaise, est le plus riche en événements pour la ville de Pontorson, sous les murs de laquelle se heurtent les Français, les Bretons, les Anglais, et où le Mont Saint-Michel amasse les gens de guerre et multiplie les rencontres. Dans le siècle précédent, Du Guesclin et Clisson s'étaient rencontrés sur le pont de cette place ; le duc de Richement et son frère le duc de Bretagne s'y rencontrèrent aussi au commencement du siècle suivant. Richemont, celui qui fut connétable de France et qui expulsa les Anglais de Normandie, avait été fait prisonnier à Azincourt, et était resté en captivité jusqu'en 1420. Sur sa parole il vint à Pontorson qui avait été pris par les Anglais en 1419, voir les seigneurs bretons et resta Loyal chevalier (...)

         Pontorson avait été pris par les Anglais dès 1417, et ils y avaient établi pour gouverneur Jean de Gray auquel succéda Jean de Mautravers. En 1419, le roi Henri V nomma G. de La Pôle capitaine de cette place et lui donna : « Officium castri et ville de Pontorson ac terrien) super pontem. »

         En 1424, Jean de La Haye, baron de Coutances, défit les Anglais dans les grèves du Mont Saint-Michel, dans une rencontre que nous avons racontée ailleurs. [Voir Courtils.]

        Pontorson fut repris sur les Anglais en 1426. Le duc de Bretagne alla avec son frère, le connétable de Richemont, assiéger Saint-James, « après avoir, dit dom Lobineau, pris et razé Pontorson occupé par les Anglois. » (…)

         [En 1427] Le duc de Bedford apprenant que la ville de Pontorson avait été récemment fortifiée, y envoya le comte de Warwick assisté de lord Scales et d'autres vaillants capitaines montant à sept mille assiéger cette ville... Le siège ayant continué longtemps, les provisions devinrent rares dans l'armée anglaise. En conséquence lord Scales accompagné du sir Jean de Harpelaie... du sir Raoul de Tesson, du sir Jean de Carbonel et de trois mille hommes de guerre bien solides quittèrent le siège pour se procurer des vivres, de la poudre, etc. Et comme ils s'en revenaient avec leurs chariots, le long de la mer, près du Mont St-Michel, ils furent subitement rencontrés par leurs ennemis... six mille hommes de guerre. Lord Scales et sa compagnie s'apercevant qu'ils étaient menacés d'un côté par la mer et de l'autre par les ennemis mirent pied à terre, et comme des lions affamés, avec une inexprimable furie, se précipitèrent sur les ennemis. Le combat fut rude et cruel. Les Anglais se tenaient serrés les uns aux autres, en sorte que leurs ennemis ne pouvaient les entamer. A la fin lord Scales s'écria : St Georges, ils battent en retraite ! Sur ces paroles les Anglais s'élancèrent sur leurs chevaux et se mirent à leur poursuite leur tuant ou faisant prisonniers onze cents hommes... Après cette victoire lord Sentes avec ses vivres et ses prisonniers retourna au siège de Pontorson où il fut joyeusement reçu par le comte de Warwick. Ceci s'est passé le jeudi de la Cène. Pontorson se rendit peu de temps après. »

         Après la bataille de Formigny, Pontorson retomba aux mains des Français. (…)

     

    LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche)     Dans la première guerre de religion, quand s'unirent en Basse-Normandie Montgommery, Colombières, Brecey et deux gentilshommes manceaux, Davaines et Deschamps, des partisans leur arrivèrent de toutes les provinces. Un d'eux fut surpris en chemin par la Villarmois, qui lui fit couper les bras et les jambes. Comme on craignait l'entrée des Bretons en Normandie, Davaines et Deschamps s'acheminèrent vers la Bretagne pour couper les ponts du Couesnon et de la Sélune. Mongommery se rendait dans l'Avranchin et Colombières, s'emparait de Coutances.

    Portrait ci-dessus de Gabriel de Lorges, comte de Montgomery (1530-1574). Anonyme, 16e siècle (Musée d'histoire de l'art de Vienne). Par Anonyme — Kunsthistorisches Museum Wien - http://bilddatenbank.khm.at/viewArtefact?id=4360, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12878323

     

         Dans ces guerres de religion de la fin du 16e siècle, Pontorson joua un rôle important. Cette ville, boulevard du Calvinisme de Basse-Normandie, en face de la catholique Bretagne, eut pour gouverneurs les Montgommery, et après la paix fut une des places de sûreté laissées aux Protestants. Elle fut assiégée en 1580, et ce siège fut signalé par la mort de Louis de La Moricière de Vicques, le chef des catholiques de l'Avranchin, celui qui avait repris le Mont Saint-Michel sur les Calvinistes, l'Hector de l'Homère de Poilley. [Voir les imitations homériques de Jean de Vitel, à l'article de Saint-Quentin.] De Vicques avait déterminé le duc de Mercoeur, chef de la ligue en Bretagne, à venir assiéger Pontorson qui était à Montgommery, le chef des Calvinistes du pays. La ville fut investie par les deux chefs catholiques du côté de la Normandie, le 20 septembre 1580. Montgommery avait sous ses ordres un capitaine nommé La Coudraye qui avait autrefois servi sous de Vicques. Celui-ci ayant un jour demandé aux assiégés si La Coudraye était avec eux, il parut bientôt et de Vicques voulant lui faire voir un renfort qu'il avait reçu de Saint-Malo, lui proposa de venir dîner te lendemain avec lui. La Coudraye répondit qu'il demanderait la permission au gouverneur. Le jour suivant, de Vicques étant retourné à la tranchée fit demander si la Coudraye était sur les murs : il répondit lui-même, et exigea que de Vicques parlât, afin qu'il pût sur sa parole aller dîner avec lui. Le chef catholique sortit alors de la tranchée, et le capitaine protestant sortit de son côté de ce qu'on appelait alors le corridor de la Contrescarpe, et se précipita sur son adversaire, qui était devenu son hôte. Celui-ci, surpris, mit l'épée à la main, mais il ne fut suivi que de trois de ses gens, et tous les quatre restèrent sur le terrain, après s'être défendus avec un grand courage. L'épée et le chapeau de de Vicques furent portés en triomphe dans la ville par les assiégés. Dès le Lendemain, tous les Normands se retirèrent, et le duc de Mercoeur fut obligé de lever le siège quelque temps après. 

     

    LES REMPARTS DE PONTORSON (Manche)     Après la paix, Pontorson fut une des places de sûreté laissées aux Calvinistes, et, plus tard, une des quatre-vingt-dix-sept que Louis XIII retira de leurs mains, Claude Malingre a gravé les deux tours de son château parmi les images de ces places fortes, en regard de son texte. Aussi, selon Masseville, en 1621, le roi ayant appris que Gabriel Montgommery avait fait fortifier Pontorson, dont il était gouverneur, lui fit proposer de se défaire du gouvernement de cette place en l'en dédommageant. Le comte y consentit, et on y établit Blainville. [Tom. VI, p. 105. Le souvenir des Montgommery, très vivant dans tout l'Avranchin, l'est surtout à Pontorson. C'est là qu'on dit : « La part à Montgommery » pour dire la part du lion. ] En 1627, après la prise de La Rochelle, Louis XIII fit démolir les fortifications. » L'Avranchin monumental et historique, volume 2, par Édouard Le Héricher, 1847, canton de Pontorson, page 149 et suivantes... http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article11074

    Tous mes remerciements à l'Office de Tourisme de Pontorson qui m'a transmis très aimablement les informations reprises ci-avant et présentées ci-dessous : http://www.pontorson.fr/?page_id=27

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