• LES REMPARTS DE PONT-AUDEMER (Eure)

         « Comme le traduisent ses différents noms, Pont-Audemer est née là où la traversée de la rivière était la plus aisée. Ce point remarquable où les éléments propices au dynamisme économique étaient réunis (forêts, eau abondante, riches prairies) est devenu un lieu de passage obligé d'échanges et d'installations artisanales. Rapidement, son dynamisme économique lui a imposé d'organiser sa protection : un château au 11ème siècle, des fortifications au 12ème siècle et une charte des communes au 13ème siècle. » [1]

     

    LES REMPARTS DE PONT-AUDEMER (Eure)   LES REMPARTS DE PONT-AUDEMER (Eure)

     

    Plan hypothétique des remparts de Pont-Audemer ; blason par User:SpedonaCette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2791439

     

    LES REMPARTS DE PONT-AUDEMER (Eure)      « Jusqu'au 11e siècle, la localité n'était pas un centre administratif important ou le chef-lieu d'une seigneurie. Selon l'historien Sébastien Lefèvre, elle dépendait certainement du village voisin de Tourville. Pour attirer la population et augmenter leurs revenus, les descendants de Bernard le Danois y fondèrent un bourg. Dès lors, les indices d'une importance de Pont-Audemer se multiplient. Une charte évoque un marché dès 1034-1035. Orderic Vital parle d'un port maritime au milieu du 11e siècle. Du temps de Guillaume le Conquérant, le seigneur de Pont-Audemer était Onfroi de Vieilles, également seigneur de Beaumont, un partisan de Guillaume. Dans ses vieux jours, Onfroy se retira dans le monastère de Préaux qu'il avait restauré, et ses domaines furent répartis entre ses fils : Roger pour la seigneurie de Beaumont et Robert pour celle de Pont-Audemer. À la mort de ce dernier, Pont-Audemer passa aux mains de Roger. Pont-Audemer est ainsi devenu le chef-lieu d'un honneur dominé par la puissante famille de Beaumont.

    LES REMPARTS DE PONT-AUDEMER (Eure)     Une foire se déroulait dans le bourg depuis, au plus tard, les années 1118-1120. Un château est mentionné en 1123. Situé sur la rive droite de la Risle, il est aujourd'hui presqu'entièrement détruit.

         Au 12e siècle, Pont-Audemer poursuivit sa croissance et présentait des caractères de type urbain. Elle était le siège d'une vicomté, circonscription fondamentale de l'administration locale en Normandie. Quatre paroisses la composaient (Saint-Ouen, Saint-Aignan, Saint-Germain et Notre-Dame). Un système d'enceintes semblait protéger le bourg entre les deux bras de la Risle et le quartier Saint-Aignan. Le dynamisme économique est indéniable. De nombreux artisans s’installent, créant notamment des ateliers de tannerie. Pont-Audemer abrite l'une des plus importantes communautés juives en Normandie aux 12e et 13e siècles.

    LES REMPARTS DE PONT-AUDEMER (Eure)     La ville est prise par Philippe Auguste en juin 1204 et se voit accorder une charte communale. Le roi y installe le siège d’un bailliage tout spécialement pour un de ses hommes de main, Lambert Cadoc, chef d’une bande de routiers, peu fréquentable, qui s’était mis au service du roi de France lors de l’annexion du duché de Normandie. Ce dernier pressure la ville et ses habitants, multipliant taxes et détournements. Les Pont-Audemériens vont se plaindre au roi qui relève Cadoc de ses fonctions et supprime, vers 1219/1220, le bailliage qui sera par la suite rattaché à celui de Rouen.

    LES REMPARTS DE PONT-AUDEMER (Eure)     La Guerre de Cent Ans cause de grands ravages à la ville. Vers la fin de la guerre, à la faveur d'un coup de main anglais sur Fougères, Charles VII rompt une trêve établie depuis 1446. Dunois, parti d'Évreux le 8 août 1449, prend d'assaut Pont-Audemer le 12, faisant prisonnier 420 Anglais. Le château et les remparts de la ville, qui s’étaient apparemment trop facilement donnés aux Anglais, sont rasés. La guerre s'achève quelques semaines plus tard avec la bataille de Formigny.

        Aussi, la ville avait-elle besoin d'un nombre considérable de réparations. Par lettres patentes, le roi Louis XI soutint en septembre 1481 les dépenses pour les réparations des chaussées, des chemins et du pavage de la ville. » [2] 

     

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    LES REMPARTS DE PONT-AUDEMER (Eure)     « Les limites de la vieille ville sont encore faciles à reconnaître, malgré la destruction d'une grande partie des remparts, commencée en 1779. Le plan que j'en ai fait faire me dispense de donner une description détaillée des fortifications. Qu'il me suffise de dire que Pont-Audemer avait cinq portes principales, défendues par des tours: la porte de Saint-Germain, la porte de la Ruelle, la porte de Geôle, la porte de Rouen ou de l'Archevêché, la porte de Bernay. Deux autres portes pour la commodité du port avaient été ouvertes dans les remparts de la rue de la Poissonnerie et au bout de la rue du Sépulcre. Les remparts, en forte maçonnerie, étaient assis sur d'énormes poutres de bois, couchées à plat sur le galet, que l'on retrouve partout à une très faible profondeur.

         Si l'on en croyait la tradition , il aurait existé plusieurs souterrains dans la ville. La nature du sol ne permet guère d'admettre cette assertion; pourtant c'est une opinion généralement répandue ici, qu'un chemin voûté conduisait de la Tour Grise au château. Un autre, dit-on, du même point, se prolongeait jusqu'au château de Montfort. Je n'en parle que parce qu'il faut bien quelquefois payer son tribut aux erreurs populaires ». [3]

     

    Ci-dessus, document extrait de Des châteaux et des sources par Jean-Louis Roch, Bruno Lepeuple, Élisabeth Lalou : Analyse topographique d’une petite ville normande au Moyen Âge : les origines et le développement de Pont-Audemer du XIe au XIIIe siècle, p. 469-497, par Sébastien Lefevre https://books.openedition.org/purh/10038?lang=fr

     

    Le château de Pont-Audemer :

     

    LES REMPARTS DE PONT-AUDEMER (Eure)

     

    Ci-dessus, l'emplacement du château de Pont Audemer, photo aérienne extraite du site Géoportail. 

     

         " D'épaisses murailles, des fossés larges et profonds, des tours redoutables, des tourelles, des bastions, des casemates, des mâchicoulis, des portes fortifiées, avaient fait de Pont Audemer, avant l'usage fréquent du canon, une place de guerre des plus importantes. La ville fut encore défendue par une forterresse (*), détruite en 1378, par Duguesclin. Quoique l'emplacement de l'ancien château dépende maintenant du territoire de Saint-Aignan-Village, je crois devoir lui consacrer ici quelques lignes. Cette forteresse était située sur la hauteur qui domine le quartier de la Madeleine. La position était naturellement très avantageuse ; protégée d'un côté par le Longval, elle n'était accessible que vers la Lorie, dont elle était encore séparée par un léger accident de terrain, que l'on pouvait facilement défendre. L'enceinte devait être considérable ; on retrouve encore des fondations au-delà du chemin et tout près de la Lorie. Le donjon occupait la pointe la plus élevée. Des chemins souterrains se croisaient dans différentes directions. D'après les vestiges qu'on a découverts, plusieurs descendaient vers la rivière, et un autre se dirigeait du côté du Longval. Ils devaient être nombreux, car, en 1124, les habitants purent y déposer toutes leurs richesses. Il ne reste plus des anciennes fortifications qu'une ligne de murailles à fleur de terre. En 1743, suivant l'auteur de l'Essai, on montrait encore dans la cote voisine des enfoncements qui paraissent avoir été faits exprès, et que l'on dit avoir servi à placer les canons employés par Duguesclin.

         Le propriétaire de l'ancien emplacement du Chastel n'a trouvé, jusqu'à présent, dans les fouilles qu'il a fait faire, que quelques gros projectiles en pierre et une flèche oxidée. "

         (*) Les seigneurs de Tourville étaient tenus de faire le service d'ost à la porte normande de ce château. Comme ce service n'était dû ordinairement qu'au duc, on peut en conclure que les sires de Pont-Audemer n'ont été que les gardiens du château, au lieu d'en être les propriétaires. Guillaume de Jumièges, l. 8, c. 31 , nous dit que Henry Ier fit réparer plusieurs châteaux de son duché ; sans doute celui de notre ville fut de ce nombre. " [3]

     

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     Ci-dessus : A gauche : localisation des édifices religieux (11e-12e siècles) de Pont-Audemer et de la voie antique reliant Lisieux à Lillebonne/Caudebec-en-Caux ; au centre : cadastre de la ville de Pont-Audemer dressé en 1835 sur lequel a été superposé le tracé du mur d’enceinte de la ville démantelé au 19e siècle ; à  droite : topographie de la ville aux 11e-12e siècles. Documents extraits de Des châteaux et des sources par Jean-Louis Roch, Bruno Lepeuple, Élisabeth Lalou : Analyse topographique d’une petite ville normande au Moyen Âge : les origines et le développement de Pont-Audemer du XIe au XIIIe siècle, p. 469-497, par Sébastien Lefevre https://books.openedition.org/purh/10038?lang=fr

     

         " Le développement du bourg et des activités artisanales ou commerciales fut favorisé par la présence d’un château qui assurait la protection matérielle bien qu’il soit très difficile de déterminer s’il existait une relation topographique entre la fortification et le bourg (voir ci-dessus à gauche). La proximité entre le château et l’agglomération permet néanmoins de classer Pont-Audemer dans la catégorie des bourgs castraux, nombreux dans la vallée de la Risle et celle de son affluent la Charentonne. L’étude détaillée du château de Pont-Audemer n’entre pas dans le cadre de ce travail. Il faut néanmoins préciser ici que nos recherches effectuées ont montré que le château appartient probablement à une série de fortifications comprenant Conteville, Montfort-sur-Risle, Brionne (et peut-être Harcourt), établies entre la fin du 10e et la première moitié du 11e siècle à la limite méridionale du diocèse de Rouen constituant comme Pont-Audemer des chefs-lieux d’honneurs. L’apparition du château dans les sources écrites est plus tardive. En juin 1123, écrit Orderic Vital, le duc-roi Henri Ier Beauclerc, informé de la révolte de plusieurs barons normands, fit le siège de Montfort puis de Pont-Audemer. Il brûla la ville et prit la forteresse au bout de six semaines. Les vestiges encore visibles s’élèvent sur la rive droite de la Risle à l’extrémité d’un éperon formé par la vallée et un petit vallon sec qui entame le plateau. Ils consistent en deux tertres de dimensions inégales séparés par un fossé incurvé vers l’est. La structure la plus imposante, ovalaire, domine au sud-est une petite terrasse, probablement artificielle, légèrement inclinée vers la pente de l’éperon. Au sommet de ce tertre principal subsiste encore la base d’un donjon de 17,20 m de côté tout à fait comparable à celui de Brionne. " [4]

     

     

    Sources :

    [1] http://www.ville-pont-audemer.fr/tourisme/histoire.php

    [2] Wikipédia

    [3] Essai historique archéologique et statistique sur l'arrondissement de Pont-Audemer, 2 volumes par Alfred Canel, Vimont 1833.

    Tome 1 : https://books.google.fr/books?id=4_FAAAAAcAAJ&pg=PA204&lpg=PA204&dq=Pont-Audemer+tour+grise&source=bl&ots=wSiefWU2e7&sig=5JEC7B6j9MXueJRcrJawtQzMa80&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi64Mic8cTSAhXKIsAKHX8lDNQ4FBDoAQgmMAE#v=onepage&q=Pont-Audemer%20tour%20grise&f=false

    Tome 2 : https://books.google.fr/books?id=-QlBAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=Essai+historique,+arch%C3%A9ologique+Pont+...+Par+Alfred+Canel+tome+2&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj1taX288TSAhUoIcAKHXTtA5sQ6AEIIDAB#v=onepage&q&f=false

     [4] Extrait de Des châteaux et des sources par Jean-Louis Roch, Bruno Lepeuple, Élisabeth Lalou : Analyse topographique d’une petite ville normande au Moyen Âge : les origines et le développement de Pont-Audemer du XIe au XIIIe siècle, p. 469-497, par Sébastien Lefevre https://books.openedition.org/purh/10038?lang=fr

     

    Bonnes pages :

     

    O Des châteaux et des sources par Bruno Lepeuple,Jean-Louis Roch, publication Univ Rouen Havre 2008 : https://books.google.fr/books?id=sUyhEcpCanwC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

     

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