• LES REMPARTS DE NEHOU (Manche)

    LES REMPARTS DE NEHOU (Manche) LES REMPARTS DE NEHOU (Manche) LES REMPARTS DE NEHOU (Manche)

    Au centre, photographie prise en 1872 extraite du site http://www.le-petit-manchot.fr/cc-39-08-nehou-le-chateau/N%C3%A9hou/articles/21/

     

         En 1907, les ruines du château de Néhou ont disparu pour laisser la place à une minoterie... (NDB)

     

         « … Les restes du château de Néhou sont situés dans le département français de la Manche sur la commune de Néhou, sur les bords du fleuve de l'Ouve entre les églises de Saint Georges de Néhou et de Sainte Colombe, au passage de la rivière, coupé par la route. » [1]

     

         « Le terrain contigu est marécageux, et l'on pouvait facilement en inonder les approches, excepté vers l'eglise de Néhou, où l'on voit encore des retranchements avancés et des fosses, qui servaient à en défendre l'accès. » [2]

     

         « Le château de Néhou est construit au début du 10e siècle par Néel Ier de Saint-Sauveur, fils de Richard Ier de Saint-Sauveur, vicomte de Saint-Sauveur et du Cotentin. (…) L'édifice, déjà en ruines, a été détruit au début du 20e siècle. » [1]

     

         « Siège depuis le 11e siècle d'une importante baronnie, celui-ci fut directement impliqué dans les événements de la guerre de Cent ans. Guillaume de la Haye, son propriétaire, était l’un des principaux officiers de Charles le Mauvais en Cotentin et son capitaine, Guillaume aux Epaules, d'abord au service de Charles de Navarre, était « tourné françoiz » à son détriment en livrant en 1364 Néhou et le Pont-d’Ouve à Bertrand du Guesclin. Le 4 juin 1366, Guillaume de la Haye en céda la propriété au roi Charles V, qui renforçait ainsi son implantation dans la presqu'île. » [3]

     

    LES REMPARTS DE NEHOU (Manche)     « En 1907, le site est vendu d'abord à une compagnie de minoterie, cette dernière achèvera de faire disparaître les dernières ruines qui subsistaient de l’ancienne forteresse, puis vendu à la Société industrielle récupération animale Manche (SIRAM) dans les années 1970.

         Du château de Néhou, il ne subsiste, au 21e siècle, que la trace d'une forte motte sur laquelle se dressait avant la Révolution un petit château. » [1]  Photo ci-dessus extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE NEHOU (Manche)   LES REMPARTS DE NEHOU (Manche)

     Plan hypothétique du château de Néhou ; au-dessus, blason de la famille de Reviers-Vernon par Gilloudifs, au-dessous, blason de la commune de Néhou http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/1249899

     

     Historique du château :

     

         « Parmi les anciens châteaux forts du Cotentin, celui de Néhou est l’un de ceux qui a suscité le plus vif intérêt de la part des historiens et des archéologues. Les recherches inaugurées dans les années 1820 par Charles du Hérissier de Gerville ont été poursuivies au 19e siècle par l’abbé Lebredonchel, et l’abbé Bernard, puis, au début du 20e siècle, par Lemarquand, qui fut l’un des derniers à en observer les ruines encore subsistantes.

     

    LES REMPARTS DE NEHOU (Manche)

     

         A la suite de Gerville, qui s’appuyait sur une prétendue charte originale de fondation rédigée en l’an 920, ces différents auteurs ont attribué la constitution du domaine à Richard, compagnon de Rollon, premier seigneur de la grande baronnie voisine de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Ce dernier aurait ensuite inféodé le domaine à son fils Néel, qui, pour s’y établir, construisit le château. » [4]

     

    LES REMPARTS DE NEHOU (Manche)     Gerville, 1824 : « En allant de Morville à Saint-Sauveur, on traverse la grande paroisse de Néhou, qui fut jadis le chef-lieu d'une baronnie assez étendue pour qu'on ait pu en former trois avec ses démembrements. On sait qu'en 912 notre province fut cédée à Rol, chef d'une armée de Normands, qui la partagea à ses compagnons ; Richard eut pour sa part le domaine de Saint-Sauveur-le-Vicomte, dont celui de Néhou faisait partie. L'ensemble de cette baronnie n'avait pas alors la valeur que celle de Néhou seule eut dans la suite : ravagée depuis un siècle, la Normandie était inculte et dépeuplée.

         En 920, Richard, seigneur de Saint-Sauveur-le-Vicomte, donna à son fils Néel le domaine de Néhou ; cette paroisse était alors inculte et couverte de bois : ce fut là que Néel bâtit près de l'Ouve et de l'endroit où est aujourd'hui l'église un château dont nous voyons les ruines. Ce domaine prit alors le nom de Néhou , qui signifie habitation de Néel. » [2] Document ci-dessus : dessin de la collection Gerville effectué vers 1820 extrait du site http://www.le-petit-manchot.fr/cc-39-08-nehou-le-chateau/N%C3%A9hou/articles/21/

     

    LES REMPARTS DE NEHOU (Manche) LES REMPARTS DE NEHOU (Manche) LES REMPARTS DE NEHOU (Manche)

    A gauche et au centre, plans extraits du cadastre de 1829 ; à droite, plan de 1788. Documents 2-3 extraitts du site http://www.le-petit-manchot.fr/cc-39-08-nehou-le-chateau/N%C3%A9hou/articles/21/

     

         « D’après les sources vérifiables aucun seigneur de Saint-Sauveur n’est cependant attesté avant Roger le Vicomte, vivant à l’époque du duc Richard Ier (942-996). Si l’étymologie de Néhou désigne bien « l’île /le rivage de Néel », elle pourrait, de fait, aussi bien se rattacher au fils (Néel I), voir au petit-fils (Néel II) de Roger le Vicomte qu’à un ancêtre semi légendaire du même nom. Selon une tradition plus solidement établie, la constitution du domaine en baronnie indépendante serait consécutive à la bataille du Val-ès-Dunes, en 1046/47. » [4]

     

         « Vers 1046 , Néel de Saint-Sauveur se révolta contre Guillaume,duc de Normandie. Il fut vaincu et forcé de quitter la province. La baronnie de Saint-Sauveur fut confisquée; le duc en démembra la seigneurie de Néhou, et la donna avec titre de baronnie à Baudouin de Meules, mari de sa nièce Albereda. Peu après, Néel obtint sa grâce, et revint en Normandie. Le duc lui rendit Saint-Sauveur ; mais Néhou qui en avait été distrait, resta à Baudouin et à sa postérité. Le fils de Baudouin prit le nom de Reviers, et ses descendants celui de Vernon. Peu de familles furent plus richement dotées en Angleterre ; les Reviers devinrent comtes de Devon et seigneurs de l'île de Wight. » [2]

     

         « Guillaume le Bâtard, victorieux, aurait alors confisqué le château appartenant à Néel II le Vicomte pour le punir de son implication dans l’insurrection menée par Guy de Bourgogne. Le duc aurait ensuite fait don de Néhou à l’un de ses familiers, Baudoin de Meules, avec en dépendance une trentaine de fiefs nobles répartis dans toute la presqu’île du Cotentin.

     

    LES REMPARTS DE NEHOU (Manche)     Néhou est ensuite transmis à Richard de Reviers, seigneur de Vernon, puissant baron anglo-normand, qui dirigea en Cotentin le groupe des partisans de Henri Beauclerc lors des guerres consécutives à la mort du Conquérant. Le nom de Richard de Reviers est également attaché à la fondation de l’abbaye de Montebourg, où est conservée sa sépulture. Après le décès de Richard, intervenu en 1107, Néhou et les autres possessions normandes de la famille sont transmis au fils cadet, Guillaume de Vernon, tandis que Baudoin de Reviers, l’aîné, obtient les héritages anglais, situés principalement en Devon et dans l’Île de Wight. Baudoin et Guillaume figurent, dans les années 1136-1140, parmi les principaux partisans de Geoffroy Plantagenêt, particulièrement actifs en Cotentin lors du conflit de succession de Henri Ier. » [4]

    Plan ci-dessus extrait du site http://closducotentin.over-blog.fr/le-ch%C3%A2teau-de-sainte-colombe-cotentin

     

         « Au commencement du règne d'Etienne de Blois en Angleterre , Baudouin de Reviers , comte de Devon, refusa de reconnaître ce prince pour son souverain ; celui-ci lui fit la guerre, lui prit ses forteresses, et le contraignit à se refugier en Normandie, où il vint résider dans son château de Néhou. » [2]

     

         « Suite au traité d’Issoudun, en 1195, Néhou passe provisoirement sous tutelle royale, avant de revenir à la famille de Reviers-Vernon après l’annexion de la Normandie par Philippe Auguste. » [4]

     

         « Les Reviers-Vernon possédèrent Néhou jusqu'en 1283. Guillaume, le dernier de cette branche, ne laissa en mourant que des filles, qui partagèrent entre elles la baronnie; mais comme chacune d'elle voulut conserver le même titre que leur père, elles firent de Néhou trois baronnies, celle de l'Angle, celle d'Orglandes et celle du château. » [2]

     

         « Le château et les biens qui lui étaient attachés passent alors à la famille de la Haye et y restent jusqu’au milieu du 14e siècle.

        Le 4 juin 1366, Guillaume de la Haye cède Néhou au roi Charles V en échange du château de Metz-le-Maréchal, en Gâtinais. Comme l’a bien montré Anne Vallez, cette acquisition s’inscrivait pour Charles V dans une patiente politique de noyautage du Clos du Cotentin, alors dominé par le navarrais. Elle participait également d’une stratégie militaire d’encerclement de la garnison anglaise, établie dans la forteresse de Saint-Sauveur-le-Vicomte, suite au don qu’en avait fait Geoffroy d’Harcourt au roi Edouard III, à titre d’héritage.

         Dès avant 1366, la château de Néhou avait été impliqué dans les événements de la Guerre de Cent ans. Son propriétaire, Guillaume de la Haye, était l’un des principaux officiers de Charles le Mauvais en Cotentin. Son capitaine, Guillaume aux Epaules, avait également servi Charles de Navarre, avant que d’être « tourné françoiz » à son détriment en livrant Néhou et le Pont-d’Ouve à Olivier du Guesclin, en 1364. » [4]

     

         « Les Anglais, que Geoffroy d'Harcourt, seigneur châtelain de Saint-Sauveur le Vicomte, avait amenés dans le Cotentin, s'emparèrent du château de Néhou, vers l'an 1370. Il fut rendu à la France en 1375. » [5]

     

         « Depuis ce temps jusqu'au siècle suivant, cette forteresse suivit à peu près la fortune de celle de Saint-Sauveur. Les Anglais la reprirent en 1418, et la gardèrent jusqu'en 1450 ; elle repassa alors, avec le reste de la province , sous la domination française. Je ne vois pas qu'elle ait soutenu de siège bien sérieux. » [2] 

     

    LES REMPARTS DE NEHOU (Manche)     « En 1418, le château est donné par le roi Henry V d’Angleterre au chevalier Jean de Robessart, puissant baron du Hainaut, également établi à Saint-Sauveur-le-Vicomte. Après le départ des Anglais, Charles VII, renouvelant une ordonnance du 25 mai 1413, réunit la baronnie de Néhou à celle de Saint-Sauveur, et fait don de l’ensemble à André de Villequier. A compter de 1575, le domaine, revenu à la couronne, sera successivement cédé à plusieurs engagistes, avant d’être revendu après la Révolution. Il était en 1845 en possession de la famille Lefèvre de la Grimonière. L’établissement d’une minoterie, construite en 1907, achèvera de faire disparaître les dernières ruines qui subsistaient de l’ancienne forteresse. » [4]

     

    Photo ci-dessus : « Détail de peinture à thème paysager décorant le manteau de la cheminée de la salle haute de la Cour de Rauville-la-Place, manoir des 15e et 17e siècles tout proche de Néhou. Si la perspective atmosphérique des hautes montagnes bleutées de l’arrière-plan n’est guère cotentinaise, le large fleuve où naviguent des gabares, un cygne et des canards géants, correspond bien en revanche à la topographie du site de l’ancien château, édifié en bordure de la rivière d’Ouve. » extraite du site http://www.le-petit-manchot.fr/cc-39-08-nehou-le-chateau/N%C3%A9hou/articles/21/

     

    Architecture :

     

         "Le 4 juin 1366, Guillaume de la Haye cède la propriété du château de Néhou au roi Charles V" :

          « L’acte d'échange mentionne rapidement l'aspect de l'édifice, situé au cœur des marais de l'Ouve, qui était entouré d'un vaste étang et dont le donjon et la basse-cour étaient protégés par une double rangée de fossés précédée de deux tours. La disparition intégrale de l'édifice empêche toute analyse précise, mais les sources écrites et la documentation iconographique permettent de restituer avec quelque précision les dispositions de ce château sur motte, formé d’une enceinte circulaire plus haute que large, abritant des bâtiments résidentiels et ouvrant par une imposante tour porche. » (…) [3] 

     

         « Le donjon médiéval, déjà cité en 1366 et 1394, était constitué en 1473 d’un pan de « muraille à chaux et à sablon d’environ cent et cinquante pieds de haut et soixante pieds de long... (...)

          En 1835, Lebredonchel signalait aussi qu’« une partie du donjon existait encore dans le siècle dernier. C’était une grosse tour carrée, qui s’élevait jadis à une grande hauteur. Mais, minée peu à peu par le pied à force d’en extraire la pierre de taille dont elle était construite, elle s’écroula tout à coup, pendant une tempête, le lundi d’avant les cendres, en l’année 1771. »

         Vers 1820, Gerville n’avait pu observer que « des retranchements avancés et des fossés », ainsi que des « restes considérables mais informes, de maçonnerie, que le propriétaire actuel fait démolir et convertir en de nouveaux bâtiments ».

    LES REMPARTS DE NEHOU (Manche)     En introduction de son article paru en 1904, Lemarquand notait enfin : « Les derniers restes du château sont menacés. Le vieux fort féodal va faire place à une pacifique minoterie ». Il avait pu alors photographier les ultimes ruines subsistantes, dans un état qui, semble t-il, avait bien empiré depuis l’époque où Gerville les avait visitées. La motte que couronnait l’ancien château présentait tout de même une hauteur atteignant encore « de 8 à 10 mètres », et des vestiges de doubles fossés apparaissant «intacts à l’ouest ». [4]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait du site Wikipédia

    [2] Extrait de Recherches sur les anciens châteaux de la Manche par M de Gerville ; Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie ; Caen Mancel 1824 https://books.google.fr/books?pg=PR1&id=8NIDAAAAYAAJ&hl=fr&output=text

    [3] Extrait de http://closducotentin.over-blog.fr/page/8

    [4] Texte issu d'un ouvrage de Julien Deshayes, septembre 2002 Note sur le château disparu de Néhou mis en ligne sur https://www.le-petit-manchot.fr/cc-39-08-nehou-le-chateau/articles/

    [5] Extrait de Guide pittoresque du voyageur en France contenant la statistique et la description complète des 86 départements, Volume 5 Girault de Saint-Fargeau ; Didot frères, 1838

     

    Bonnes pages

     

    http://www.le-petit-manchot.fr/cc-39-08-nehou-le-chateau/N%C3%A9hou/articles/21/

    Abbé Lebredonchel, Histoire de la Paroisse de Néhou, 1835, Imprimerie de Noblet, Cherbourg. https://books.google.fr/books?id=70AFAAAAYAAJ&pg=PA42&lpg=PA42&dq=ch%C3%A2teau+de+N%C3%A9hou&source=bl&ots=aDqOz9a3bx&sig=k5xuHUVm89n2bpfcBP5AF2B5piU&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjZpPThr5vXAhVaGsAKHdaUBiwQ6AEIZzAI#v=onepage&q=ch%C3%A2teau%20de%20N%C3%A9hou&f=false

    Guide pittoresque du voyageur en France contenant la statistique et la description complète des 86 départements, Volume 5 Girault de Saint-Fargeau ; Didot frères, 1838

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