• LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche)

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         NDB : Mortain a eu un château et une enceinte fortifiée entourant la ville au Moyen-Age. Peu de sources sûres sur le tracé de ces fortifications si ce n'est dans le livre de Victor Gastebois sur « Le Vieux Mortain » édité en 1930...

     

    LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche) LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche)

     

    « Le Moyen Âge

          La région fut annexée à la Normandie en 933. Le comté de Mortain comprenait de vastes territoires : sa juridiction s’étendait sur presque l’actuel département de la Manche et une partie de l’Orne et du Calvados (soit grossièrement à partir de La Haye du Puits, Villers-bocage, Aunay sur Odon, Agentan, Flers).
          C’était une ville frontière face à une Bretagne hostile. Le duc Guillaume le Conquérant confia ce fief à son demi-frère Robert. Le comte Robert après la bataille d’Hastings devint un des plus importants personnages de la cour ducale. Il était en Angleterre, comte de Cornouailles, possesseur de près de mille manoirs. Il pacifia la Northumbrie d’où la plupart des experts pensent qu’il ramena le fameux "chrismale", fleuron du trésor de la collégiale.
          Robert constitua à Mortain une brillante cour, dans le château.

     

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     Gravure à droite : ruines du château de Mortain, gravure de 1839

     

          Le château qui sans doute sous le règne de Guillaume Longue Épée était en bois fut construit en dur au 11e siècle. Sa situation était particulière, dominant à pic la vallée de la Cance, et bien protégé côté ville par un fossé, un étang, des obstacles naturels et une passerelle.
    Au contact de la cour comtale, une des plus brillantes d’Europe, la ville se développa tout d’un coup. Il fonda la Collégiale de Saint-Evroult en 1082, les travaux dureront onze ans.

     

         En 1888, dans son livre « Le diocèse d'Avranches », Émile-Aubert Pigeon donne cette description du château de Mortain : « La ville de Mortain eut un château dès le 10e siècle. Nous en trouvons la preuve dans la grande charte de Richard II. Ce château, qui fut agrandi et complété au 12e siècle, avait un emplacement fort remarquable. Élevé sur un rocher de grès armoricain, abrupte sur trois côtés, il ne se rattachait à la ville fortifiée que par un isthme. Cette langue de terre était en­core coupée par un énorme fossé qu'on ne pouvait franchir qu'à l'aide d'un pont-levis. » (…) « Le castrum, qui suivait les mouvements du rocher, offrait une forme trapézoïde. Ses murailles étaient reliées par quatre tours généralement rondes. Le donjon était au couchant de l'enceinte. Sa base qui existe encore nous prouve qu'il était rectangulaire ».

     

         Pour protéger cette fondation ainsi sans doute que la petite ville en pleine expansion, celle-ci s’entoura de remparts. De fait, il fallait relier le château citadelle à une ville close dont l’enceinte formait un vaste rectangle comportant deux portes fortifiées (Bourg-Lopin et Planche-Majotin), quatre tours d’angles et plusieurs autres sans doute tout au long des remparts.
         En 1106, après la bataille de Tinchebray, le comté passa sous domination Anglaise et ce jusqu’en 1204. Henri Ier Beauclerc fit démolir une grande partie de l’enceinte fortifiée et en septembre 1212, Philippe Auguste vint faire le siège de cette citadelle qui fut prise en quatre jours sans trop de dégâts.
         A l’extinction de la maison de Boulogne, Saint Louis rattacha Mortain directement à la Couronne, puis vint la guerre de Cent ans. Charles le Mauvais, ennemi du roi de France était devenu comte d’Évreux et de Mortain. Il renforça les défenses, mais en 1355 le traité de Valognes le redonna à Jean Le Bon.
         Le parti royal dut le reprendre en 1378 sans trop d’effusion de sang.
    En 1418, les Anglais s’emparèrent de toute la Normandie sauf le Mont, et la reconquête passait forcément par Mortain où cette fois (en 1449), ce fut plus rude.
         Le traité de Formigny [NDB : bataille ?] ramena la paix, les murailles avaient sans doute souffert et il n’est plus question de château dans l’histoire.

    Les Temps Modernes

         Le 6 mars 1562, L’attaque des Huguenots mit plutôt à mal la ville, surtout la collégiale.
         Le pouvoir Royal au 17e siècle délaissa assez rapidement ces forteresses qui se dégradèrent rapidement.

     

    LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche)Le 19ème siècle

         La période révolutionnaire fut relativement calme, si ce n’est une attaque des chouans le 24 décembre 1795 (18 tués chez les royalistes), repoussée par la vaillante garnison républicaine.
    On sait que le donjon fut abattu en 1792, et la dernière tour dite "des archives" tomba en 1838.

     

         Au 19ème siècle ne subsiste plus en effet que la tour dite du « Dessous-la-Porte » devenue la tour des Archives. L'archiviste Hippolyte Sauvage la décrit ainsi : « Nous l'avons vue dans son entier, fort bien conservée et couverte d'un toit en poivrière ; nous avons gravi son escalier en spirale ; sa hauteur était d'environ 25 mètres. Divisée en trois chambres voûtées, on y conserva les archives : le bas fit affecté aux greffes, le milieu aux titres, et la partie supérieure aux registres des notaires. Cette tour s'est écroulée en avril 1838 ». (...) « Aujourd'hui, il ne reste plus que la maison des ducs d'Orléans qui ne mérite pas le nom de château [devenue par la suite la sous-préfecture], des murs d'enceinte élevés sur les anciens, l'emplacement de quatre ou cinq tours, reproduit dans le plan cadastral, la base du donjon, et des fragments de murs du 11e siècle dans les anfractuosités du rocher. » H.S.

     

         Le 19ème siècle a vu passer quelques artistes dans le Mortainais : Géricault, Corot, Courbet, Pelouze y ont peint ; Barbey d’Aurevilly y a séjourné (chez son frère). En 1877 est né à Mortain Henri Breuil, futur abbé, et "pape" de la préhistoire.» http://www.ville-mortain.fr/specific/formats/format_patrimoine.jsp?id=64

     

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     Blason par Syryatsu, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2356784

     

    LES REMPARTS DE MORTAIN (Manche)     « La dernière moitié du 11e siècle fut pour Mortain l'époque la plus remarquable. Néel de Saint-Sauveur venait d'être disgracié quand le duc Guillaume donna le comté à son frère Robert, avec un pouvoir beaucoup plus étendu que celui de ses prédécesseurs.

         A l'assemblée de Lillebonne, Robert joua un rôle très distingué ; à l'expédition d'Angleterre, il avait un des principaux commandements ; tout te Cotentin avait suivi sa bannière ; personne ne fut plus largement récompensé que lui dans le pays conquis. Jamais le château de Mortain ne fut aussi brillant que de son temps et dans les premières années de son fils Guillaume ; mais après la journée de Tinchebray, ce château fut en partie démoli et ne se releva point. Quoique deux de ses possesseurs soient devenus rois d'Angleterre, il avait perdu sa gloire et son importance : les comtes de Mortain l'habitaient rarement. Sous la domination française, il appartint à des comtes titulaires dont la plupart n'y résidèrent point. Nos rois le donnèrent quelquefois à titre de récompense. François Ier l'échangea, en 1529, avec Louis de Bourbon, comte de Montpensier, pour des terres situées dans les pays-Bas et promises par le roi Charles Quint. Le comté et le château de Mortain resta dans la famille de Montpensier jusqu'à la mort de Henri, arrivée en 1608. Celui-ci laissa une immense fortune à sa fille unique qui épousa Gaston de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIII.

         De ce mariage naquit Louise d'Orléans, marquise de Montpensier, plus connue dans l'histoire sous le nom de Mademoiselle. Elle posséda le comté de Mortain jusqu'à sa mort, en 1697. Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, lui succéda en qualité de légataire universel. Il laissa à son fils, régent du royaume durant la minorité de Louis XV, le comté de Mortain, qui appartenait encore à la maison d'Orléans à l'époque de la révolution.

         Dans son état actuel, le château de Mortain, placé au-dessous de la ville, à peu de distance vers le couchant, offre des ruines, sinon bien caractérisées, du moins très pittoresques. Le centre en est occupé par une habitation moderne. L'ancienne enceinte était garantie d'un côté par un vallon étroit, et des autres côtés par des fossés profonds, dont la partie intérieure, à moitié comblée, présente des revêtements en maçonnerie. Il y avait au moins quatre tours, sans compter le donjon qui était au midi de l'enceinte. C'était une tour considérable, solidement établie sur un rocher fort escarpé. Il n'y a pas longtemps que ce donjon a été démoli ; plusieurs habitants de Mortain se souviennent de l'avoir vu entier. La seule tour qui existe maintenant se trouve sur la porte principale*. Elle est d'une assez grande dimension, mais défigurée par un revêtement et une toiture moderne qui lui donnent l'apparence d'un colombier. Il ne reste plus du côté de la ville aucune trace d'ouvrages avancés, et l'accès a été si bien aplani qu'on arrive facilement au château en voiture. » Guide pittoresque du voyageur en France contenant la statistique et la description complète des 86 départements, Volume 5 par Girault de Saint-Fargeau, 1838.

    * Cette tour n'existe plus, voir ci-avant.

     

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     A droite, photo de la tour des Prêtres, dernière tour du château de Mortain encore visible aujourd'hui (Wikipédia).

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