• LES REMPARTS DE LA ROCHE-MABILE (Orne)

    LES REMPARTS DE LA ROCHE MABILE (Orne) LES REMPARTS DE LA ROCHE MABILE (Orne) LES REMPARTS DE LA ROCHE MABILE (Orne)

    Photo à droite montrant le site du village de la Roche-Mabile prise depuis le sommet de la butte Chaumont extraite du site http://www.etab.ac-caen.fr/discip/geologie/paleozoi/Carrouges/gresarmoricain2.html

     

    LES REMPARTS DE LA ROCHE MABILE (Orne)     « Il reste à La Roche-Mabile dans le sud de l’Orne les vestiges d’un château. Ils rappellent à notre souvenir cette femme, véritable personnage de roman, dont les chroniqueurs de l’époque (tous des religieux) et à leur suite Albert du Peyroux, qui voit en elle « une des âmes les plus intrigantes et les plus noires qui se puisse rencontrer », ont laissé un portrait sans doute injuste. 

         Le château de La Roche-Mabile (autrefois Roche-Jagleium) aurait été démantelé sous Philippe-Auguste au 12ème siècle. » [1] Les deux photos ci-dessous sont extraites de ce même site.

     

    LES REMPARTS DE LA ROCHE MABILE (Orne) LES REMPARTS DE LA ROCHE MABILE (Orne)

     

         « Si Mabile de Bellême revenait contempler le paysage du haut des ruines de son donjon, rien que lui ne lui paraîtrait changé. La même vallée serait toujours verte, les mêmes collines toujours couvertes des mêmes forêts et des mêmes moissons à l’horizon, d’autres collines encore, nues, arides et pelées comme autrefois. » [4]

     

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     Plan hypothétique du site du château de la Roche-Mabile ; à gauche blason de la famille de Bellême par Thomas Lebée — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2174102

     

    LES REMPARTS DE LA ROCHE MABILE (Orne)La Roche-Mabile
         « Le sommet de la butte de la Roche Mabile, culminant à 254m, est constitué de Grès armoricain. Il supporte les ruines du château recouvertes de végétation. » [2] A gauche carte géologique extraite de ce même site.

     

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    Ci-dessus à gauche, photo extraite du site http://www.etab.ac-caen.fr/discip/geologie/paleozoi/Carrouges/gresarmoricain2.html ; au centre, photo extraite de http://www.laconfreriedesfinsgoustiers.org/article-deux-chateaux-deux-familles-97809129.html ; à droite, photo extraite du site géoportail

     

    LES REMPARTS DE LA ROCHE MABILE (Orne)     « La Roche-Mabile, située à environ 15 km au nord-ouest d'Alençon, dans une enclave de défrichement de la forêt d'Ecouves, au pied de la Butte Chaumont, est essentiellement connue pour le donjon quadrangulaire qui domine d'une cinquantaine de mètres la vallée du Sarthon, voie de passage au peuplement ancien (Doranlo, 1936-1937, 166). Bourg et paroisse de l'archidiaconé de Passais, chef-lieu de doyenné, élection de Normandie, site de forges, La Roche-Mabile avait autrefois une vie économique assez importante, grâce à ses foires et ses marchés (Le Paige, 1895, 401-404).

         La fortification, dont l'origine remonte au 11ème siècle, et ceux qui l'ont bâtie ou conquise, ont inscrit La Roche-Mabile dans l'histoire événementielle (Louise, 1988, 843). » [3] Plan ci-dessus extrait de ce même site.

     

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    LES REMPARTS DE LA ROCHE MABILE (Orne)     « Sous le règne du grand duc Guillaume, Mabile, fille de Hugues, sire de Montgommery*, était chargée de la défense des marches normandes du côté de l’Anjou et du Maine, et du côté de la France par le Perche. C’était une femme vaillante, active, jouissant auprès du duc de la plus grande faveur et toute dévouée à ses intérêts. C’est pourquoi, voulant, de ce côté, préserver ses vassaux des incursions de ses dangereux voisins, elle bâtit un château dans une position formidable, sur une roche qui s’élève tout-à-coup au milieu de la vallée arrosée par le Sarthon, entre la butte de Chaumont et la montagne de Rochelle qui la dominent. Elle hérissa ses flancs d’une triple enceinte d’où elle pouvait écraser aisément ses ennemis, et la couronna d’un donjon carré qui lui permettait d’avoir l’œil toujours ouvert sur une étendue considérable de pays. La famine pouvait seule la chasser de son inexpugnable citadelle ; mais, en ce cas, un souterrain, ménagé dans l’intérieur du rocher, lui offrait, dans la campagne, une retraite assurée. Aussi ne voit-on point que la Roche-Mabile ait eu de siège à soutenir ; mais en 1220, Philippe-Auguste, intervenant dans la succession embrouillée de Robert, comte d’Alençon, mort à Motteville, près Laval, sans héritiers directs, fit si bien qu’Émeric de Châtellerault s’obligea, non de gré sans doute, mais de force, à démolir les fortifications de la Roche-Mabile, toutes et quantes fois il plairait au roi de France ; car alors les barons s’étaient affaiblis et envieillis, et lui avait cru en force et en sagesse (Chronique manuscrite citée dans l’art de vérifier les dates; t. 1 , p. 578.)

         Le 12 février 1345, Philippe VI unit la Roche à la pairie d’Alençon, mais le comte se vit bientôt obligé de la rendre, car c’était une place des plus importantes à cause de son voisinage de la Bretagne.

         (...) Nous voyons que ces habitants possédaient d’assez nombreux et d’assez importants privilèges : droit de bourgeoisie, c’est-à-dire droit de ne payer aucune redevance, soit censuelle, soit féodale, ni au roi, ni aux seigneurs particuliers, pour recueillir un héritage roturier situé dans l’enceinte de la ville. Les seigneurs tentèrent plusieurs fois, mais en vain, de l’anéantir ; il subsista jusqu’à la révolution : droits très considérables dans la forêt et dans lesquels ils furent maintenus par plusieurs arrêts de l’échiquier d’Alençon ; ils n’en furent dépouillés que par l’ordonnance de 1669 ; enfin, exemption de toute espèce de coutume ; une haute justice y avait été établie par Emmanuel Armand, marquis de Vassé, et la Roche était le siège d’un des deux notaires du val d’Ecouves. En échange de cette sécurité et de ces privilèges successivement acquis, les vassaux étaient obligés de faire guet et garde au château et à la ville tout le temps qu’ils étaient en état de défense ; le possesseur du fief de Buhéru était particulièrement tenu de faire 7 jours de garde à la porte de Saint-Pierre, et les autres seigneurs des fiefs étaient assujettis à de semblables redevances, suivant l’étendue de leurs terres. 

     

    LES REMPARTS DE LA ROCHE MABILE (Orne)     Roger de Montgommery et Mabile avaient fondé à la Roche une église collégiale en faveur de Saint Nicolas. Ils lui donnèrent la dîme du moulin de la Roche et des cens du château, l’église provinciale de Saint-Pierre, celle de la Ferrière-Bochard, et y établirent des chanoines. Mais ayant fondé, peu de temps après, l’abbaye Saint-Martin de Sées, ils voulurent que l’église de Saint-Nicolas et ses dépendances lui appartinssent. Les moines de Saint-Martin étaient, dit Orderic Vital, les seuls que ne détestât pas Mabile, cette femme uniquement livrée au monde. Néanmoins l’église continua d’être desservie par les chanoines. (...)

    LES REMPARTS DE LA ROCHE MABILE (Orne)     Le château avait suivi toutes les vicissitudes de possessions particulières à ces temps. Il avait passé successivement dans les maisons de Châtellerault, de Lusignan, d’Harcourt, d’Avaugour, de Châteaubriant, de Thouars et de Laigle. Jean, sire de Laigle, le vendit pour 100.000 livres au duc d’Alençon, qui le céda pour pareille somme au roi d’Angleterre. Henri V le remit entre les mains de Fitz-Hugues, chevalier anglais. Quand les anglais furent chassés de France, Charles le vendit aux Avaugour. Marguerite d’Avaugour le porta à Jean d’Aligny, seigneur d’Echauffour, et Jacqueline d’Aligny, dans la maison de Vassé, où il est resté jusqu’au mariage d’Adélaïde de Vassé avec Alexis Lemaire, marquis de Courdemanche, en 1767.

         Quand avait fini le règne des grands barons, le formidable château était descendu dans la plaine. On rasa le donjon de Mabile, on renversa ses murailles. Un autre château s’éleva au pied de la roche sur laquelle était bâti le premier ; mais la royauté, qui avait détruit l’un, fit sans doute abandonner l’autre, et depuis longtemps leurs débris se sont confondus.

         La Roche-Mabile a perdu toute son importance. Jadis elle avait ses foires et ses marchés, elle était le chef-lieu d’un doyenné, relevant de l’évêché du Mans et de l’archidiaconé de Passais (...)

         L’église, sous l’invocation de Saint Pierre, est restée debout. C’est aussi un ouvrage de Mabile de Bellême (…) » [4]

    * voir ci-après la biographie de Mabile de Bellême.

     

         « Mabile Talvas (ou Mabel) de Bellême († 1077) est la fille de Guillaume II Talvas et Hildeburge. (…) D'après Vital, Mabile a naturellement hérité des vices de son père auxquels il ajoute les défauts propres au sexe féminin selon les jugements de l'époque. Elle est « cruelle », « fourbe », « amorale », « arrogante », sans oublier « bavarde ».

         Vers 1050, elle épouse l'un des plus importants seigneurs du duché de Normandie, Roger II de Montgommery, proche conseiller de Guillaume le Bâtard. (…) En mariant l'héritière de la seigneurie de Bellême, Mabile, avec un de ses fidèles Roger II de Montgommery, le duc s'assure la tranquillité du sud de son duché. (...)

         Comme le duc, ils fonderont ou restaureront plusieurs monastères : Almenèches, Troarn, Saint-Martin de Sées. Écoutés par Guillaume, ils obtiendront la disgrâce de plusieurs seigneurs (...)

         Vers 1070, après la mort de son oncle, Yves, évêque de Sées, Mabile hérite probablement de la seigneurie de Bellême. En 1071 ou 1074, elle devient comtesse de Shrewsbury car son mari a été placé à la tête de ce comté anglais par le roi Guillaume le Conquérant.

     

    LES REMPARTS DE LA ROCHE MABILE (Orne)     La mort de Mabile en 1077, probablement au mois de décembre, est horrible : tandis qu'elle séjourne dans son château de Bures (près de Caen), un ami des Giroie, Hugues de Saugei et ses deux frères parviennent à s'introduire dans la forteresse et décapitent la femme. (…) Elle est enterrée à Troarn, dans le monastère qu'elle avait restauré avec son mari... » [5]  

     

    Ci-dessus, dessin du tombeau de Mabile de Bellême dans l'abbaye de Troarn, notes de Nicolas Joseph Foucault (Archives numérisées de la BNF - www.gallica.fr). Ce tombeau subsista jusqu'au début du 18e siècle mais en 1752, il avait disparu.

     
     Sources :

     

    [1] extrait de http://www.laconfreriedesfinsgoustiers.org/article-deux-chateaux-deux-familles-97809129.html

    [2] Extrait de http://www.etab.ac-caen.fr/discip/geologie/paleozoi/Carrouges/gresarmoricain2.html

    [3] Extrait de l'article : « Un atelier de potier de la fin du 12ème siècle à La Roche-Mabile (Orne) » par P. Bernouis, D. Dufournier et B. Fajal Revue archéologique de l'ouest Année 1993 Volume 10 Numéro 1 pp. 129-139 http://www.persee.fr/doc/rao_0767-709x_1993_num_10_1_1003

    [4] Extraite de « Le département de l'Orne archéologique et pittoresque » par Léon de La Sicotière. Beuzelin, 1845 - 304 pages https://books.google.fr/books?id=AX60J1ME6d4C&pg=PA28-IA3&lpg=PA26-IA4&focus=viewport&dq=ch%C3%A2teau+de+La+Roche-Mabile&hl=fr&output=text#c_top

    [5] Extrait de Wikipédia

     

    Bonnes pages :

     

    O http://www.laconfreriedesfinsgoustiers.org/article-deux-chateaux-deux-familles-97809129.html

    http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article13650

    O  http://www.etab.ac-caen.fr/discip/geologie/paleozoi/Carrouges/gresarmoricain2.html

    O  http://www.bmlisieux.com/archives/vallory.htm

    O https://sites.google.com/site/archeoelectro/la-roche-mabile

    O https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=sites&srcid=ZGVmYXVsdGRvbWFpbnxhcmNoZW9lbGVjdHJvfGd4OjU1M2E2NDc0NTExODhjNTA

    O https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=sites&srcid=ZGVmYXVsdGRvbWFpbnxhcmNoZW9lbGVjdHJvfGd4OjVlNjI0ZDkzZTUyZDg4MGI

    O https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=sites&srcid=ZGVmYXVsdGRvbWFpbnxhcmNoZW9lbGVjdHJvfGd4OjExMzU1MjI0ZmEzZTRhYWY

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