• LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados)

    LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados) LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados) LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados)

    Datant de la première moitié du 11e siècle, l'église Sainte-Anne de Norrey-en-Auge comporte une nef romane représentant le plus ancien sanctuaire monastique de Normandie.

     

         La motte castrale de la Baronnie à Grantmesnil ou Grandmesnil, édifiée au 11e s, se trouve sur la commune de Norrey-en-Auge.

         « Les sires de Grantmesnil étaient très illustres dans le 11e siècle. »

     

         Les vestiges du château des sires de Grantmesnils qui avaient fait donation de Norrey et furent les fondateurs de l'abbaye de Saint-Evroult, se trouvent sur le territoire de Norrey, au lieu dit la Baronnie.


         « On distingue bien les anciens fossés du château, qui se composait d'une motte assez considérable, sur laquelle est aujourd'hui une maison neuve, et de deux autres enceintes assez vastes. » (A de Caumont, Statistique Monumentale du Calvados, 1859)

     

         Une chapelle de la Trinité aujourd'hui détruite y est attestée en 1135 et des bâtiments agricoles ont été élevés dans la basse cour au 18e siècle. Au 19e siècle, un logis a été construit sur la motte.

     

    LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados) LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados)

     Plan hypothétique du château de Grandmesnil à Norrey-en-Auge ; blason de la famille des Grandmesnil extrait de https://www.myheritage.fr/photo-1501357_261807711_261807711/grandmesnil-blason-de-grandmesnil

     

    LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados)     Galeron, 1828 : « Nous avons à visiter, sur Norrey, le château fort et le bois des Grantmesnil. Bien que ces seigneurs aient donné leur, nom à l'une des communes de l'arrondissement de Lisieux, ils appartiennent cependant au nôtre, puisque leur baronnie, leur forteresse et leurs principaux domaines sont sur notre territoire.
         M. Alex. de Beaurepaire reconnut, le premier, il y a six ans, l'emplacement de la baronnie de Grantmesnil sur Norrey ; voici ce qu'il écrivait en 1822 : «
    Le château des anciens sires de Grente Mesnil devait être au lieu aujourd'hui connu sous le nom de la Baronnie. Il n'y reste aucune construction en pierre, mais on distingue très-bien les anciens fossés qui ne sont comblés qu'en partie. Ils sont d'une fort grande étendue, et forment une triple enceinte dont l'aspect répond parfaitement à l'idée d'un château habité par des seigneurs puissans et guerriers.
         Au bout de l'enceinte arrondie des anciens remparts, se voit, sur un plan plus bas, plus allongé, plus resserré, une place également entourée de fossés, et appelée la Trinité c'était le nom de l'église que Hugues de Grantmesnil avait fait construire avant de fonder son abbaye.
    »

    Document ci-dessus, photo et plan extraits de Les Normands en Méditerranée aux 11e-12e siècles par Pierre Bouet, voir [3]    

     

    LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados)     M. de Beaurepaire appuie son opinion sur d'autres raisons puissantes : « 1. l'emplacement appartenait au domaine avant la révolution ; 2. près de là, également sur Norrey, se voit une futaie connue sous le nom de Bois de Grantmesnil, dépendant autrefois du fief de la Baronnie et maintenant encore possédé par l'hospice de Caen.» ; 3. près des remparts, il y a vingt ans, on découvrit une certaine quantité de pierres, dont la forme arrondie a donné lieu de penser qu'elles avaient pu servir à l'arme de la fronde ; 4. enfin, dans un vieux titre du chartrier des Tyrmois de Bel-Hôtel, on lit que Jean de Corday rendit hommage, au roi, dans le 15e siècle, et promit de faire, la garde au château de la Baronnie de Grantmesnil, quand château y aurait. » Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

         Ces motifs nous semblent, sans réplique. Nous avons dernièrement aussi visité le lieu, avec M de Beaurepaire, et nous, avons été comme lui convaincu que la Baronnie, désignée sous ce nom par Cassini, est bien le château fort, le castrum des Gràntmesnil. La motte principale, où est la maison neuve de l'abbé Perier, était le centre de la forteresse. Quelques-uns des fossés d'alentour ont encore quinze pieds de profondeur, et les redoutes en terre, cinq à six pieds. L'enceinte est triple. C'est une image de ce qu'on voit à Vignats et au château Ganne.  Le lieu nommé la Trinité, est l'emplacement de la chapelle que nous avons vu mentionnée dans la charte de Robert, fils de Hugues, comme attenant à son châtel, capellam Trinitatis de castro meo.*
         Le Logis du Bois, qui se trouve au-dessous, sur Grantmesnil, ne devait être qu'un manoir sans importance. C'était sans doute la maison des champs, la villa de Grentmesnil dont parle la même charte.
    * » [1]  

     

         * « Nous voyons encore Robert, comte de Leicester, fils de Hugues de Grandménil, donner aux religieux l'église, le manoir et la dime de Norrey avec ses dépendances, le droit de pacage dans tous les herbages de Grandménil, la dîme de tout ce qui se consommerait dans le château-fort et la maison de plaisance de Grandménil, pendant la résidence des seigneurs, les droits de la fête de Norrey, le patronage de celle de Saint-Gilles, la chapelle de la Sainte-Trinité du château , la dîme du gibier, des agneaux, des béliers et même du grand bois sur toute l'étendue des fief, domaine et château de Grandménil, etc., etc. Cette charte de Robert de Leicesler fut confirmée en 1035, par Henri Ier, roi d'Angleterre, et nous n'énumérons ici qu'une faible partie des libéralités qu'elle contient, et qui embrassent, sur d'autres points du pays, près de quarante paroisses. » [2] 

     

    « Le domaine normand des Grentemesnil

     

    LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados)     C'est d'abord le château des Grenternesnil dans la commune actuelle de Norrey-en-Auge (Calvados), au lieu-dit « La Baronnie » ou « Le Camp », près de la limite communale avec Grandmesnil (aujourd"hui commune de l'Oudon dans le Calvados). Le territoire de la commune de Norrey -en-Auge et celui de l'ancienne commune de Grandmesnil représentent le centre de l'Honneur des Grentemesnil. Il existe un bois de quelques hectares appelé « Bois de Grandmesnil ». On connaît l'utilité d'un tel bois, c'était le complément indispensable d'une grande seigneurie rurale. Le paysage est une vaste plaine sans un repli de terrain pour y asseoir une fortification. La défense du château ne pourra donc se faire que par des fossés en eau. La fortification primitive était très probablement une enceinte circulaire plutôt qu'une motte. Malgré la construction d`une grande maison, on peut voir qu'il s'agit sans doute d'une enceinte au diamètre de celle-ci bien conservé grâce au tracé des douves. Deux basses-cours contiguës, au sud, et un enclos rectangulaire, au nord, complétaient cette fortification. À 500 m à l'est, sur l'ancienne commune de Grandmesnil, se trouve un lieu-dit « le logis du Bois » où, dans un taillis, existe un fossé circulaire rempli d'eau : il pourrait s'agir d'une autre enceinte circulaire, d'un poste avancé, d'une maison forte plus tardive ou simplement d'un enclos pour le bétail. Au chateau de Norrey existait, dans l'une des basses-cours, une chapelle dédié la Sainte-Trinité. Cette chapelle était desservie au 12e siècle par le curé de Norrey. En 1216, il y a encore un « Prieur au château de Grandmesnil ». L'épitaphe d'Hugues de Grentemesnil, telle qu'elle est rapportée par Orderic Vital signale ainsi l'existence de ce château : Mansio Grentonis munitio dicitur eius.
    Document ci-dessus extrait de Les Normands en Méditerranée aux 11e-12e siècles par Pierre Bouet, voir [3]

     

         Ce château est, comme la plupart des châteaux seigneuriaux de l'époque (11e siècle), fait de terre et de bois. Il n'est pas impossible qu'il soit d'abord, selon l'expression de Suger, un château « adultérin » construit pendant une période troublée, la minorité de Guillaume le Bâtard, et régularisé par la suite comme fief détenu du duc. Le château devint ensuite le centre d'une seigneurie, c'est-à-dire qu'il est le moyen pour son détenteur d'asseoir son autorité locale sur les paysans et les terres d'alentour et face aux seigneurs voisins, les plus proches étant ici les Montgommery (Sainte-Foy de Montgommery et Saint-Germain de Montgommery). » [3]

     

    LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados) LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados)

    Ci-dessus, à gauche un plan extrait du cadastre napoléonien ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    La prestigieuse famille des Grandmesnil

     

         « Les Grandmesnil ou Grantmesnil, Grentemesnil sont une famille de la moyenne aristocratie normande originaire du Calvados. L'histoire de cette famille est assez bien connue, car avec la famille Giroie, elle restaura l'abbaye de Saint-Évroult dans laquelle le célèbre chroniqueur du 12e siècle Orderic Vital fut moine.

         Elle était établie dans la région de Falaise (Norrey-en-Auge, Grandmesnil). Son premier membre connu est Robert († vers 1036), seigneur de Grandmesnil, dont on ne connaît pas les origines. Les Grandmesnil avaient pour voisins et alliés les Giroie, et eurent souvent à lutter contre les membres de la famille de Bellême, seigneurs de Bellême.

         Robert (I) († v. 1036), de concert avec Roger de Tosny combattit Roger de Beaumont vers 1035-1040, dans le cadre des troubles qui agitaient la minorité du jeune duc de Normandie Guillaume le Bâtard (plus tard le Conquérant). Robert reçut une blessure aux entrailles qui le fit mourir 3 semaines plus tard. Il distribua ses terres à ses fils Robert et Hugues, puis se fit moine au couvent d'Ouche pour y mourir. » [4] « on l'enterra près de l'église Ste.-Marie de Norrey, en dehors, secus Ecclesiam St. Mariae apud Nuceretum sepultus... » [1]

    Il eut au moins trois fils dont :

     

        - Arnaud s'exile en Italie vers 1047. Il est tué en 1062 à Gerace dans la guerre fratricide qui oppose Roger Ier de Sicile, qu'il soutient, à Robert Guiscard.

     

    LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados)       - Hugues († 1098), probablement impliqué dans des luttes incessantes avec la famille de Bellême, fut forcé à l'exil vers 1060 par le duc. Il fut rappelé en 1062, un conflit contre les Bretons et les Manceaux ayant débuté, et ses alliés ayant défendu sa cause auprès du duc. Il participa à la conquête de l'Angleterre en 1066, et combattit à la bataille de Hastings. En récompense, il obtint une centaine de manors (seigneuries) dans le Leicestershire et huit autres comtés. Il est mentionné comme conseillers des corégents du Royaume d'Angleterre, Odon de Bayeux et Guillaume FitzOsbern, pendant le retour du roi Guillaume en Normandie en 10675. Plus tard, il est fait shérif du Leicestershire, et constable du château de Leicester. » [4] « C'est lui que nous avons vu, avec son frère, relevant le monastère de Saint-Évroult, où il se fit moine sur la fin de ses jours. » [1] Document ci-dessus extrait de Les Normands en Méditerranée aux 11e-12e siècles par Pierre Bouet, voir [3] 

     

         - Robert (II) († 1089), reçut une éducation littéraire, et était probablement destiné à entrer dans les ordres. Ayant abandonné ses études, il fut écuyer du duc pendant cinq ans. Peu après la mort de son père (entre 1035 et 1040), il se fit moine au couvent d'Ouche. Avec son frère Hugues et ses oncles Guillaume et Robert Giroie, il restaure l'abbaye de Saint-Évroult, et la dote richement vers 1050. Il en devint l'abbé en 1059. Victime d'un complot ourdi par Rainier, moine de Conches, il est forcé de quitter la Normandie en janvier 1061 et de s'exiler en Italie accompagné de 10 de ses moines. Accueilli en Calabre par Robert Guiscard, il devient l'abbé du monastère de Sainte-Euphémia (Calabre), fondé par Guiscard en 1062. En décembre 1061, il maria sa demi-sœur Judith d'Évreux à Roger de Hauteville, frère cadet de Guiscard, et futur comte de Sicile. » [4]

     

         Hugues de Grandmesnil eut au moins trois fils dont :

         - Robert (III) († 1126 ou 1136) hérita de ses possessions normandes, et son fils, Yves († v. 1102) de ses possessions anglaises. Robert survivra à ses dix frères et sœurs. »

     

         - Yves (I) († 1101/1102), participe à la première croisade avec le duc de Normandie Robert Courteheuse, et est présent au siège d'Antioche. Avec ses frères Guillaume et Aubrey, il s'attire le déshonneur en s'enfuyant de la ville assiégée croyant que les croisés vont tous se faire massacrer et fut excommunié par le pape Pascal II en janvier 1100. À la mort de son père, il hérite du patrimoine anglais de la famille, et devient donc lord de Leicester, possédant entre autres la ville et son château. Il succède aussi à l'office de shérif du Leicestershire. Il épouse une fille de Gilbert de Gant. En 1100/1101, il choisit de soutenir Robert Courteheuse dans son invasion de l'Angleterre contre son frère Henri Ier. Mais les deux frères s'entendent lors su traité d'Alton (1101), et Yves se retrouve exposé à la colère royale. Il décide alors de faire un nouveau pèlerinage en Terre sainte pour racheter ses fautes. Ayant besoin d'argent pour financer son voyage, il engage pour 500£ ses terres pour quinze ans auprès de son voisin (dans le Leicestershire) Robert Ier de Meulan, comte de Meulan, et arrange un mariage entre le fils aîné d'Yves et une fille de Robert. Il meurt lors du voyage, et le comte Robert, encouragé par le roi Henri Ier d'Angleterre, ignore les revendications de Yves (II) le fils d'Yves sur ses terres et sur la fiancée promise, et unit les terres des Grandmesnil avec les siennes. Le comte possède alors le gros de ce qui sera connu plus tard comme l'honneur de Leicester. C'est pourquoi il est possible que Robert ait été créé comte de Leicester en 1107, bien qu'il n'en existe aucune preuve formelle. Le second Yves meurt avec son frère dans le naufrage de la Blanche-Nef en 1120, ne laissant pas de descendant. » (…) [4]

     

         - Guillaume : « Guillaume, suivi les Hautevilie en Pouille, et devint l'époux d'une des filles de Guiscard. Il mourut à son retour de la guerre sainte. » [1] : « Le roi Guillaume le Conquérant offrit une de ses nièces, fille de Robert de Mortain, à épouser à Guillaume († avant 1114). Mais celui-ci partit pour l'Apulie, et peu après participa à la campagne de Robert Guiscard, le duc d'Apulie, contre Durrës (1081). Sa carrière en Italie fut particulièrement réussie, et il épousa Mabile, la fille de Robert Guiscard. Il fit partie de ceux, avec son frère Aubrey, qui lors de la première croisade s'échappèrent d'Antioche de crainte que les Turcs ne la reprennent, se couvrant de honte. (...) " [4] 

     

         « Tous les autres membres de cette famille qui avait été nombreuse, disparurent promptement à ce qu'il paraît. Ordéric Vital a donné des détails étendus sur les principaux d'entre eux. » [1]  

     

    L'héritière des Grandmesnil

     

         « Les terres normandes des Grandmesnil reviennent aux Beaumont par mariage de Robert III de Beaumont avec Pernelle, l'héritière des Grandmesnil, vers 1155. Pernelle était probablement une descendante d'Hugues de Grandmesnil par son fils Robert, mais il n'existe que des présomptions pour le déduire. Pernelle fut le dernier membre connu de la famille de Grandmesnil. » [4]

     

    LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados) LES REMPARTS DE GRANDMESNIL (Calvados)

     Ci-dessus, deux cartes postales situées à la Baronnie : à gauche, l'ancien logis ; à droite, le nouveau logis.

     

     Sources :

    [1] Extrait de la Statistique de l'arrondissement de Falaise. Tome 2 / , par MM. Fréd. Galeron, Alph. de Brébisson, Jules Desnoyers, etc. Editeur Brée aîné (Falaise) 1826-1829

    [2] Extrait de La France pontificale (Gallia Christiana) par Etienne Repos, 1864

    [3] Extrait de Les Normands en Méditerranée aux 11e-12e siècles par Pierre Bouet ; Presses universitaires de Caen, 30 mars 2017 - 290 pages. https://books.google.fr/books?id=EaujDgAAQBAJ&pg=PA114&dq=Grandmesnil+ch%C3%A2teau+Calvados&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj50sTGoePVAhUlBMAKHQhlBskQ6AEIMjAC#v=onepage&q=Grandmesnil%20ch%C3%A2teau%20Calvados&f=false

    [4] Extrait de Wikipédia

     

    Bonnes pages :

     

    O https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_de_Grandmesnil

    O http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Grentemesnil.pdf

    O https://books.google.fr/books?id=EaujDgAAQBAJ&pg=PA114&dq=Grandmesnil+ch%C3%A2teau+Calvados&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj50sTGoePVAhUlBMAKHQhlBskQ6AEIMjAC#v=onepage&q=Grandmesnil%20ch%C3%A2teau%20Calvados&f=false

    « LES REMPARTS DE JUMILLY (Orne)LES REMPARTS DE GONNEVILLE (Manche) »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :