• LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados) LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados) LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)

     

          Michel Fixot, 1968 :

        « Fontenay-le-Marmion (Coordonnées Lambert : 403 000 X 158 050).

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)      La motte de Fontenay-le-Marmion a fait l'objet d'une description et d'un relevé de la part d'Arcisse de Caumont. Cet auteur a vu dans son temps un ouvrage beaucoup plus complet qu'il ne l'est à l'heure actuelle : la recons­truction d'une ferme et de bâtiments d'exploitation ont fait disparaitre la basse-cour que l'on voyait encore au milieu du 19e siècle. Il ne reste plus que la motte aux formes abîmées, esplanade carrée de 80 pieds sur 55, qui porte encore une construction de pierre dans son angle nord-ouest. Dans cette direction, des sols marécageux assuraient la défense. Le site est en effet celui d'un petit vallon descendant vers l'ouest en direction de la Laize. Vers le sud-est, l'ancienne fortification se rattachait au niveau de la plaine.

     

    Ci-dessus, une photographie extraite de ce même document.

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)     Il est intéressant de noter que ia motte est construite à proximité du village de Fontenay-le-Marmion, et non pas sur le Chemin Haussé tout proche. En revanche, la motte contrôle un axe semblable à tous ceux qui viennent de la plaine et pénètrent dans le Cinglais. Le chemin qui passe auprès de la motte de Fontenay-le-Marmion vient de Bellengreville, Becqueville, Lorguichon. Rocquancourt ; il gagne Laize, et traverse l'Orne vers Percauville. Cette fortification se rattache donc aux ouvrages de Bretteville, Gouvix et Urville, qui tous dépendaient de la zone d'influence des Marmion dont elle est le coeur. » [1]

     

    Ci-dessus, un schéma extrait de ce même document.

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)   LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)

     Plan de situation de la motte de Fontenay-le-Marmion ; blason des Marmion (?) [descendants anglais] extrait de http://www.heraldique-europeenne.org/Armoriaux/Glover/Glover_5.htm

     

          Arcisse de Caumont, 1850 :

         « Ancien château des Marmion.

          On trouve encore dans une ferme de Fontenay l'emplacement de la forteresse du sire de Fontenay, dont parle Wace. On pourra reconnaître dans le jardin de la ferme l'éminence qui supportait le donjon. C'est une esplanade carrée d'environ 80 pieds sur 55, défendue par des fossés autrefois remplis d'eau. Ce donjon se liait à une enceinte arrondie, dont le contour est encore reconnaissable du côté de l'est. Les bâtiments qui remplacent de ce côté les constructions. primitives sont en grande partie du 16e siècle ou de la fin du 15e. On voit, à l'intérieur, des portes et une cheminée très remarquables par la finesse des sculptures qui les couvrent, mais quelques parties de ces bâtiments sont beaucoup plus anciennes. Vers le nord est, se trouvent des fenêtres a plein-cintre et une porte romane ornée de zigzags, par laquelle on pouvait entrer dans la place au moyen d'un pont jeté sur le fossé.

         Il est fort douteux que ces portions d'architecture , appartenant au style roman, remontent au temps de la conquête, et je serais porté à les regarder comme postérieures, mais ce sont probablement des restes de l'ancien château, ruiné au 12e siècle par Geoffroy, comte d'Anjou. Le puissant comte, irrité d'avoir inutilement assiégé la place de Falaise, dans laquelle commandait Marmion, vint à Fontenay, prendre d'assaut le château de ce capitaine. Voici comment l'historien Dumoulin raconte le fait d'armes du comte d'Anjou :

          « Cependant l'Angevin, qui toujours avait le cœur à Falaise et ne pouvait l'enlever ni par force, ni par ruse (d'autant que Robert Marmion, seigneur de Fontenay, y commandait et le gardait soigneusement), tourne ses forces contre le château de Fontenay, que la nature du lieu et l'artifice l'avaient rendu très-fort, le bat avec ses machines, le force et le détruit entièrement. »

         La force du château, vantée par l'historien, devait principalement consister dans les murs et les larges fossés pleins d'eau qui existaient.

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)     J'ai donné un petit plan de ce château dans l'atlas de mon Cours d'antiquités, pl. LXV.

         Robert Marmion ratifia les donations faites sur son fief au Sépulcre de Caen, et ses fils transigèrent en 1243 avec Guillaume Acarin, doyen de ce chapitre, a l'occasion d'un moulin situé à Fresnay-le-Puceux, et donné a cette église par les Marmion.

         En 1232, Robert Marmion fit une donation à l'abbaye de Saint-Etienne de Caen.

         En 1239, Henry de Beaufou confirma à l'abbaye de Fontenay une donation de terres dépendantes de son fief de Fontenay.

         En 1333, Robert Bertrand, seigneur de Fontenay-le-Marmion, obtint l'établissement d'une foire Saint-Hermès, à Fontenay.

          Vers 1455, Jean de Montenay, chevalier seigneur du lieu de Garencières, et Vicomte de Fauguernon, vendit pour 2 400 livres la vicomté de Fontenay à Thomas de Lorailles, seigneur d'Ecoville.

         Avant la révolution, la seigneurie de Fontenay-le-Marmion appartenait à la famille de Guerchy, qui possédait aussi celle de Fresnay-le-Puceux et plusieurs autres. » [2]

     

    Ci-dessus, schéma de la motte de Fontenay-le-Marmion extrait de Cours d'antiquités monumentales : histoire de l'art dans l'Ouest de la France, depuis les temps les plus reculés jusqu'au XVIIe siècle. ATLAS, partie 5 / professé à Caen par Caumont, Arcisse de (1801-1873). Éditeurs : Lance (Paris)/T. Chalopin (Caen)/Edouard frère (Rouen) ; Date d'édition : 1830-1843https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k114698h/f17.item.r=atlas%20du%20Cours%20d'antiquit%C3%A9s

     

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    Ci-dessus, au centre un plan extrait du cadastre napoléonien (1812-1829), Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/accueil.html

     

         « Le nom de Fontenay apparaît au 11e siècle. La paroisse de Fontenay fut divisée une première fois pour former les paroisses et seigneuries de Fontenay-le-Marmion et Fontenay-le-Tesson. Cette dernière fut divisée à nouveau entre le 11e et le 14e siècle pour former Saint-Martin-de-Fontenay et Saint-André-de-Fontenay (actuellement Saint-André-sur-Orne). La seigneurie de Fontenay-le-Marmion appartient alors à une famille puissante, les Marmion dont les possessions s'étendent outre-Manche. » [3]

     

          « FONTENAY-LE-MARMION

         Fontenay est un des noms de lieux les plus communs en Normandie et en d'autres parties de la France. Il semble promettre un sol où abondent les eaux de source. Il ne faut pas trop se fier à cette annonce des noms. Fontenay-le-Marmion se distingue de ses homonymes, par son surnom, emprunté du nom de famille de ses plus anciens possesseurs. Nous avons essayé de recueillir ailleurs le peu qu'on sait de l'origine et de l'histoire de cette famille de Marmion. Nous n'avons point à nous en occuper ici. Nous devons seulement y rappeler :

         1. Que l'un de ses premiers chefs connus assista à la bataille d'Hastings (1066), où il se signala par des exploits qui furent dignement récompensés.

             2. Que déjà, à cette époque, ce même personnage était possesseur de cette seigneurie de Fontenay, qualifiée baronnie et vicomté, et à laquelle était en outre attaché l'office militaire de champion héréditaire de nos ducs.

         3. Que les descendants de ce guerrier continuèrent de posséder Fontenay, avec beaucoup d'autres seigneuries, jusqu'à l'extinction de leur ligne, arrivée au milieu du 13e siècle, après laquelle leur héritage passa aux mains des Tesson, et de ceux-ci, plus tard et par beaucoup d'intermédiaires, aux d'Harcourt et aux Guerchy. Nous avons vu que deux de ces Marmion furent fondateurs de l'abbaye de Barbery, et on a pu juger, par la richesse de la dotation qu'ils lui firent (année 1181), quelle pouvait être l'importance de leurs domaines dans tout le pays. On se rappellera aussi que les Marmion avaient, à Fontenay , un château fortifié, qu'alla prendre et raser le comte Geoffroy d'Anjou, en 1138, par manière de petite représaille, de ce que le possesseur, chargé, contre lui, de la défense de Falaise, avait repoussé ses attaques avec trop de bravoure et de succès. Sur ces divers objets, nous ne pouvons que renvoyer aux articles où nous les avons traités. (V. Rech. sur l'anc. pays de Cingl., art. Fam. Marmion ; et ibid., art. Abb. de Barbery. ) A l'époque de la dotation de l'abbaye de Barbery (1181), il y avait à Fontenay-le-Marmion, deux églises paroissiales, l'une dite de St.-Hermès, l'autre de St.-Germain-du-Chemin. Robert Marmion, seigneur du lieu, avait des droits sur l'une et l'autre. Ils étaient des trois quarts pour chacune. Il les céda ensemble à son nouvel établissement religieux. (Gall. Christ., 11, instr. col. 85 D.) L'église de St.-Hermès est celle qui s'est conservée. Celle de St.-Germain-du-Chemin a été démolie depuis longtemps. Elle devait son nom à sa situation aux abords de la voie romaine, dite Chemin-Haussé, entre Fontenay et le Val de Fresné. (Lamare, man. de Fontenay, etc.) Cette localité de St.-Germain-du-Chemin formait un fief particulier, appartenant à une famille de ce nom, dont plusieurs membres se trouvent mentionnés dans les sommaires des chartes de M. Léchaudé.(Léch. Antiq., etc., t. 7, p. 141, 151 et 157.) Les familles de Vassy et d'Ouffières paraissent l'avoir possédé après eux, sur la fin du 13e siècle. Il existe des actes de personnages de l'une et de l'autre, relatifs au quart de dixmes à eux réservé, à Fontenay, et qui en font alors l'abandon à l'abbaye de Barbery. (Id., ib., t. 7, p. 21 et 143.) Nous avons vu que dès les plus anciens temps, la seigneurie de Fontenay-le-Marmion se trouve qualifiée à la fois des titres de baronnie et de vicomté. D'où lui venait ce dernier ? Il semble qu'à cette époque elle ne pouvait guères l'avoir reçu que comme équivalent et continuation de celui de vicairie, auquel on sait qu'il se substitua fréquemment sous nos premiers ducs. (V. De La Rue, Ess., etc., t. 2, p.263.) Ce serait pour Fontenay-le-Marmion un souvenir précieux d'ancienne suprématie administrative, que nous voudrions pouvoir dégager de son obscurité. On montre encore à Fontenay l'emplacement et les vestiges de l'ancien manoir des Marmion. » [4] 

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados) LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)

    Ci-dessus, à gauche : une photo aérienne extraite du site Géoportail ; à droite, une photo extraite du site Google Earth.

     

    La famille Marmion :

     

         "… en 1181, la charte de dotation de l'abbaye de Barbery est souscrite par un Guillelmus Marmion de Urvilla. La famille seigneuriale des Marmion est, dans le Cinglais, la seconde en importance après celle des Taisson dont elle relève pour une partie de ses possessions. Le siège de la seigneurie est Fontenay-le-Marmion ; la puissance territoriale de celle-ci semble d'abord s'étendre sur la rive occidentale de l'Orne. Au 11e siècle, un Willelmus Marmion est cité dans la charte de fondation de l'abbaye Saint-Etienne de Fontenay ; Robert Marmion, probablement le frère aîné du précédent, aurait pris part en 1066 à la conquête de l'Angleterre. La fondation de l'abbaye de Barbery au cours de la seconde moitié du 12e siècle est l'oeuvre de Robert II qui met à éxécution un projet de son père Robert Ier. Guillaume Marmion d'Urville paraît le contemporain de Robert II et son parent ; il était alors apparemment seigneur d'urville. L'acte d'octobre 1181 montre que les possessions des marmion comprennent la plus grande part de Cintheaux, Quilly, Bretteville-Sur-laize, Barbery ; il mentionne aussi le nom de Radulphus de Goviz, qui dépend de la même famille féodale. Urville et Gouvix complètent ainsi le domaine des marmion, lui donnant une consistance notable à l'est de la forêt de Cinglais. » [5] 

     

          « Il est constant que le Marmion, seigneur de Fontenay, qui assista à la conquête, s'appelait Robert, et non Roger. Il a bien existé postérieurement un Roger Marmion, cité dans une charte de Richard Cœur-de-Lion, en faveur de l'abbaye de Grestain, mais ce n'est point lui qui a pu se trouver à Hastings. Il paraît certain aussi que Robert Marmion reçut de Guillaume la ville et le château de Tamworth , dans le Warwickshire. Après avoir chassé de ses domaines les religieuses de Pollesworth, il les y ramena, de manière que lui et sa femme Milisende furent regardés comme seconds fondateurs de ce couvent. Voyez, à ce sujet, le Monast. anglic., I, p. 198. Leur fille Gersende épousa Robert Fitz-Erneis, second du nom. La famille Marmion a possédé aussi pendant plusieurs siècles la terre de Scrivelsby, dans le Lincolnshire, à laquelle est attachée la noble prérogative d'être le champion du roi le jour de son couronnement, et de défier solennellement quiconque oserait contester la légitimité de son titre. Suivant les généalogistes anglais, cette donation daterait du règne du Conquérant; mais leur assertion est démentie par le témoignage du Doomesday Book, et par la qualité de champion du roi que prend un personnage étranger à cette famille, dans une charte de 1103 (Monast. anglic., II, p. 973). Robert Marmion, fils ou petit-fils du précédent, prit parti pour le roi Étienne, et son château de Fontenay fut, suivant Collins, pris et rasé par Geoffroi, comte d'Anjou. Lui-même périt misérablement en 1143, après avoir profané l'église de Coventry, en s'y retranchant.

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)    Enfin un troisième Robert Marmion fonda en 1181 l'abbaye de Barbery. La famille Marmion a subsisté en Angleterre jusqu'au règne d'Edouard III, époque où ses biens passèrent, par mariage, aux Ludlow, puis aux Dymock, qui possèdent encore aujourd'hui Scrivelsby et le titre de champion du roi. (A.L.P.) » [6] 

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)      O « Église Saint-Hermès des 12e et 13e siècles, dont le clocher et le chœur font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 14 octobre 1911. »

     

     

    LES REMPARTS DE FONTENAY-LE-MARMION (Calvados)     O « Tumulus de la Hogue qui fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 26 décembre 1975. » [3]

     

     

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Les fortifications de terre et les origines féodales dans le Cinglais par Michel Fixot (1941-....) Edité par Centre de Recherches archéologiques médiévales 1 vol. (123 p.) ; ill., cartes, plans, (2) dépl ; 27 cm ; 1968

    [2] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados : T. II. par Arcisse de Caumont ; Derache, 1850 - 622 pages https://books.google.fr/books?id=vBdRAAAAcAAJ&pg=PA166#v=onepage&q&f=false

    [3] Extrait de Wikipédia

    [4] Extrait des Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, Volume 2 ; Derache, 1841

    [5] Extrait de Les enceintes d'Urville et de Bretteville-sur-Laize (Calvados). [Contribution archéologique aux recherches sur l'habitat fortifié] Contribution archéologique aux recherches sur l'habitat fortifié Joseph Decaens ; Annales de Normandie Année 1968 18-4 pp. 311-375 https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1968_num_18_4_6396

    [6] Extrait de Le Roman de Rou et des Ducs de Normandie publié pour la premiere fois avec des notes par Frederic Pluquet, Volume 2 par Robert Wace ; Edouard Frere, 1827 https://books.google.fr/books?id=wrpUAAAAcAAJ&pg=PA268&lpg=PA268&dq=famille+Marmion&source=bl&ots=kKBTO4-2oi&sig=uVty0DvnycwZvkAaoLZGrrejJJA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiF97aHquveAhUKJBoKHV1rBQ04ChDoATAOegQIChAB#v=onepage&q=famille%20Marmion&f=false

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