• LES REMPARTS DE FONTAINE-ETOUPEFOUR (Calvados)

    LES REMPARTS DE FONTAINE-ETOUPEFOUR (Calvados) LES REMPARTS DE FONTAINE-ETOUPEFOUR (Calvados) LES REMPARTS DE FONTAINE-ETOUPEFOUR (Calvados)

    Ci-dessus : à gauche photo par Roi.dagobert — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid$$ ; au centre, une photo de Gilloudifs ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE FONTAINE-ETOUPEFOUR (Calvados)     Fontaine-Etoupefour possède les vestiges d'un château datant des 15e et 16e siècles.

     

         « Terre acquise officiellement en 1538 par Nicolas Le Vallois d'Escoville. Les vestiges de cette forteresse Renaissance (M.H. 1911) entourée de douves en eau sont toujours dans sa descendance. Poterne du 15e siècle. Ancien corps de logis du 16e siècle. Communs du 18e siècle. Le site fut dévasté au cours de la bataille de la cote 112 en juillet 1944. Il est en restauration progressive depuis 40 ans »[1]

     

    LES REMPARTS DE FONTAINE-ETOUPEFOUR (Calvados)     LES REMPARTS DE FONTAINE-ETOUPEFOUR (Calvados)

     Plan de situation du château de Fontaine-Etoupefour ; blason de la famille Le Valois d'Escoville extrait de https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Blason_fr_valoisdescoville.svg#mw-jump-to-l$*

     

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    Ci-dessus, à gauche, plan extrait du cadastre napoléonien de 1826, Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/accueil.html

     

    Arcisse de Caumont, 1846 :

     

    LES REMPARTS DE FONTAINE-ETOUPEFOUR (Calvados)     « Le château de Fontaine est un des plus curieux qui nous restent dans l'arrondissement de Caen. L'ancienne entrée surtout avec son pavillon d'un effet si pittoresque est d'une très grande élégance. La porte de ce pavillon, aujourd'hui condamnée, était munie d'un pont-levis. Deux étages éclairés par des fenêtres à croisées de pierre surmontent cette porte et sont flanquées de deux élégantes tourelles cylindriques dans leur partie basse et moyenne, octogones dans leur partie supérieure et surmontés de clochetons coniques ornés de crochets.

          Un fronton pyramidal portant des ornements semblables s'élève entre ces deux tourelles et termine élégamment la façade de ce pavillon. Je le crois du temps de Louis XII, ou au plus du temps de Louis XI.

         Derrière cette entrée se développe une cour carrée entourée d'eau et au fond on voit deux corps de logis considérables qui doivent être d'un siècle au moins postérieurs à la partie que je viens de décrire. J'ai d'ailleurs lu sur le fronton d'une des fenêtres la date 1603. Comme les bâtiments se divisent en deux parties de hauteur inégale, il est possible qu'il y ait quelques années de différence entre les dates de ces deux bâtiments qui, du reste, présentent à peu près le même style et peuvent être considérés comme à peu près du même temps. Sur le fronton des fenêtres du bâtiment le plus élevé, j'ai remarqué une inscription que je n'ai pu lire d'en bas et qui jette probablement quelque lumière sur la date ou plutôt sur la destination de la pièce à laquelle correspondait cette ouverture. Je l'indique pour que ceux qui visiteront ce château puissent en chercher le sens.

         De magnifiques avenues rayonnent de tous côtés autour de cette habitation seigneuriale qui nous présente ainsi l'image d'un domaine du 17e siècle.

         Pierre le Vicomte, B. de Blangy, acquit en 1538 la terre de Fontaine-Etoupefour ; elle appartient à M. le comte Max de Blangy qui la conserve avec soin. On doit regretter qu'il n'en ait pas fait son habitation, et qu'aujourd'hui les principaux appartements ne soient plus que des greniers et des magasins. » [2] 

     

    Ci-dessus, gravure extraite de ce même document, SMC de Caumont.

     

    Histoire

     

    LES REMPARTS DE FONTAINE-ETOUPEFOUR (Calvados)     « Vers le 11-12ème siècles, Fontaine-Etoupefour s’affirme avec l’édification d’une ou plusieurs mottes castrales sur le site du château. Ces ouvrages fortifiés bénéficient d’une défense renforcée grâce à de larges douves alimentées par des eaux captées. Plus au nord, sur la même ligne de source, s’établit le village avec son église dédiée à Saint Martin. Les abbayes du Plessis Grimoult, de Fontenay et de Cordillon semblent avoir participé à sa construction. (...)

         Un personnage prestigieux de Caen, Nicolas Le Valois d’Escoville -- le magnifique hôtel qu’il fit édifier, vers 1530, face à l’église saint Pierre porte son nom -- acquiert la seigneurie de Fontaine. Il s’y retirait pour, semble-t-il, se livrer à des expériences d’alchimie en utilisant pour cela un four bien « étoupé », c’est à dire hermétiquement clos. Son fils, Louis, converti au protestantisme, entreprit de compléter le « châtelet » dont l’actuel pavillon d’entrée sert de logis au comte et à la comtesse Henry Jégou du Laz, descendants des Le Valois d’Escoville, par la construction, en 1583, d’une vaste demeure appuyée au sud contre une tourelle d’angle qui subsiste. Ce corps d’habitation fut partiellement démoli il y a un siècle et demi à la suite d’un incendie. (sous le Second Empire) » [3]

     

    Ci-dessus : Château de Fontaine-Etoupefour près de Caen (Calvados), Lithographie de Félix Benoist. Lithographie animée, tirée chez Charpentier, de « La Normandie illustrée » (1852). 

     

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    Ci-dessus, deux photos aériennes extraites du site Google Earth.

     

    Nicolas Le Valois d'Escoville (1475-1541)

     

           « Né en 1475, Nicolas le Valois [ Plusieurs orthographes ont cohabité jusqu'au 20e siècle : Nicolas Valois, le Valois, le Vallois ou Nicolle Valois ] d'Escoville est le fils de Jean le Valois, seigneur d'Escoville et du Mesnil-Guillaume, un des plus riches marchands de Caen anobli en 1522. Membre éminent de l'élite caennaise, il décide de se faire construire un hôtel particulier digne de son rang. Il achète en 1531 un ensemble de maisons de la rue au Change, principal axe reliant le Châtelet où se trouve la maison de ville au carrefour Saint-Pierre (aujourd'hui place Saint-Pierre). Ces habitations sont rasées et à leur place sont construits quatre bâtiments entourant une cour richement décorée dans le goût italianisant de la Renaissance. Les travaux débutent en 1533 : le pavillon et l'aile droite, peut-être construits par Hector Sohier, sont achevés en 1535, alors que le corps de logis sur rue, attribué à Blaise Lepestre et ses fils, n'est érigé qu'à partir de 1537.»

     

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    Ci-dessus, l'hôtel d'Escoville à Caen, avant le second conflit mondial, après les bombardements de Caen et aujourd'hui. A droite, photo de l'hôtel d'Escoville en 2008 extrait de http://www.wikiwand.com/fr/H%C3%B4tel_d%27Escoville

     

    LES REMPARTS DE FONTAINE-ETOUPEFOUR (Calvados)     Nicolas Le Vallois d'Escoville acquiert la terre de Fontaine-Etoupefour en 1538.

         « En 1541, Nicolas le Valois d'Escoville meurt d'une crise d'apoplexie lors d'une réception donnée dans son hôtel terminé un an plus tôt. Son fils Louis, vicomte de Caen, hérite de la demeure familiale.» [4]

     

    1944, la bataille de Normandie :

          En juillet 1944, une bataille entre Allemands et Alliés dévasta le château.

     

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     Ci-dessus, le château catalogue minist.cult. Patrimoine extrait de https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00111339

     

         « Début juillet 1944, les Britanniques ne se sont toujours pas emparés de Caen. Le général Montgomery lance plusieurs opérations afin de briser la ligne de défense allemande mais sans succès majeurs : ses adversaires résistent malgré l’abondance des bombardements et des moyens engagés.

         Le 8 juillet 1944, une nouvelle offensive débute, baptisée opération Charnwood : elle est précédée par l’un des plus violents bombardements aériens de la bataille de Normandie. La commune de Fontaine-Etoupefour est l’un des objectifs de la 129th Infantry Brigade (43rd « Wessex » Infantry Division) afin de flanc-garder la prise de l’aérodrome de Carpiquet par les Canadiens. Mais les Allemands de la 10. S.S. Panzer-Division « Frundsberg » offrent une farouche résistance et les Anglais peinent à percer la ligne de front. Les 4th et 5th Battalions, Wiltshire Regiments n’atteignent Fontaine-Etoupefour et s’en emparent que le lendemain, 9 juillet.

         Du 10 au 11 juillet, les combats se poursuivent pour le 5th Battalion Dorsetshire Regiment (129th Infantry Brigade) à hauteur du château de Fontaine-Etoupefour, situé au sud-est du village. » [5] 

     

    Protection 

     

          « Les restes du château sont classés au titre des monuments historiques le 23 septembre 1911. L'île et les vestiges qu'elle renferme, les douves et leurs murs, le système hydraulique et le lavoir, le bâtiment de commun du 18e siècle, sont inscrits le 10 avril 1995. » [4]

     

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     Ci-dessus, photos de Gilloudifs

     

    Sources :

     

    [1] (calvados-tourisme.com) Extrait de http://tourisme.aidewindows.net/fontaine-etoupefour.htm#chateau

    [2] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados, Volume 1 par Arcisse de Caumont ; Derache, 1846 - 428 pages https://books.google.com.ua/books?pg=PA109&redir_esc=y&id=QNREXwUzh8YC&hl=fr&output=text

    [3] Extrait de https://fontaine-etoupefour.fr/patrimoine/

    [4] Extrait de Wikipédia

    [5] Extrait de https://www.dday-overlord.com/bataille-normandie/communes/calvados/fontaine-etoupefour

     

    Bonnes pages :

     

    O https://www.lamanchelibre.fr/actualite-37728-fontaine-etoupefour-retour-vers-le-passe

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1437140/f1.image.r=%22Fontaine-Etoupefour%22

    O http://peupledigital.over-blog.com/2017/07/battle-of-the-castle-of-fontaine-etoupefour-and-in-the-aftermarth-attack-on-eterville.html

    O https://docplayer.fr/77997202-Le-tresor-des-tresors.html

     

    O https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/henry-un-comte-aux-mille-et-une-vies-1359679 ; voir ci-dessous :

          Un article extrait du site Ouest-France du 30 septembre 2013 sur https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/henry-un-comte-aux-mille-et-une-vies-1359679 :

     

    « Henry, un comte aux mille et une vies

     

    LES REMPARTS DE FONTAINE-ETOUPEFOUR (Calvados)      Henry Jegou du Laz est propriétaire du château de Fontaine-Étoupefour. Loin de l'image du comte oisif, il travaille depuis 40 ans à la restauration du monument après une carrière chargée.

    Profil

         1930. Naissance de Henry Jegou du Laz.

         1971. Début des travaux dans le château.

         1999. Médiévales Mille ans sous les étoiles.

         « Je porte le titre de comte pour en être digne. Comme un drapeau à assumer. » Henry Jegou du Laz est l'une de ces figures de l'ancienne noblesse qui émaille encore la Normandie. Propriétaire du château de Fontaine-Étoupefour, en périphérie caennaise, il maintient un mode de vie hérité d'il y a plusieurs siècles. « Être comte, c'est respecter une certaine façon de vivre », explique-t-il, l'oeil bleu vif et le débit rapide. Et gare à ne pas titiller M. le Comte sur son titre. « Vous considérez cela comme exceptionnel, mais pas du tout. Ma femme et moi avons énormément d'amis dans ce genre de familles : comtes, marquis, barons », rétorque-t-il, un peu sec.

    « Le bagne pendant quelques années »

         Et pour cause ! Outre les châteaux familiaux de Juvigny-sur-Seulles, à l'ouest du Calvados et de Saint-Pierre-Église, entre Cherbourg et Barfleur, aucun noble de la région n'est étranger à Henry Jegou du Laz. Cousins, amis ou simples connaissances, l'amicale aristocratique calvadosienne marche à plein régime.

         Né de sang bleu - des ancêtres Vallois fondateurs de l'hôtel d'Escoville -, Henry Jegou du Laz s'est implanté sur le tard à Fontaine-Étoupefour. « Le château était considéré comme une sorte de Graal que l'on gardait dans la famille. Ma grand-mère refusait de le vendre », raconte-t-il. Le temps passe et la grand-mère décède. « On ne voulait pas le vendre donc on s'est lancé dans les travaux en 1971. »

         Le travail est titanesque. « Pendant quelques années, ça a été une sorte de bagne. Il n'y avait ni route, ni eau courante, ni électricité », se remémore-t-il. De 1450, date de construction de la poterne, au 20e siècle, le château a subi de nombreux dégâts. « Pour trouver une trace du dallage dans la poterne, il a fallu déblayer un mètre de terre. Le château, datant de 1583, n'était plus visible à cause du lierre », poursuit le comte. Sans compter le curage des douves qui ont permis de retrouver 400 obus et des armes en 1975.

    Une vie de comte, pas une vie de château

         Pour mener à bien ces travaux, Henry Jegou du Laz doit enchaîner les allers-retours entre Paris, où le couple habite, et le Calvados. Car la vie de comte ne s'apparente pas à une vie de château. « On s'est toujours dit dans la famille : fais le maximum de ce que tu peux. Je suis devenu juriste international pour Air Liquide ».

         Aujourd'hui, les travaux continuent, au rythme des venues moins fréquentes du comte, 81 ans révolus. Les communs, par exemple, ont été remis à neuf il y a peu. « Je reviens l'été et fais visiter mon château. Il y a beaucoup d'Anglais, très ouverts sur ces questions de noblesse », avance-t-il, fier de son château qui reprend fière allure. « C'est comme si on retrouvait sous une gangue une très belle figure. Comme un roman policier : on redécouvre qui habitait là, qui y faisait quoi... ». Un polar dont l'épilogue n'est pas encore connu. » O.-F. Lucien Devôge.

     

    Ci-dessus, blason de la famille Jégou du Laz extrait de https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_fr_famille_J%C3%A9gou.svg

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