• LES REMPARTS DE DANGU (Eure)

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure) LES REMPARTS DE DANGU (Eure) LES REMPARTS DE DANGU (Eure)

     

         J'ai tardé à faire paraître cet article sur Dangu, une ancienne place forte contrôlant la frontière de la Normandie sur l'Epte, car il est parfois difficile de s'y retrouver dans la succession des quatre châteaux qui se sont dressés sur ce territoire. Aussi, comme souvent, je fais appel à ceux qui sauront apporter de précieuses précisions sur ce sujet... Merci.

     

         Pour essayer d'y voir plus clair, on trouvait à Dangu :

     

         1- Un premier château fort construit sur motte aux Daines (à l'ouest du parc) au 11e siècle, incendié en 1119 par Louis VI.

     

         2- Un second château dit du « bois de Dangu » ou « Château Brûlé » du 11e siècle situé au sommet d’un coteau qui domine la vallée de l’Epte, à 1 km au nord du village. Il est construit sur motte en bordure de la falaise et connaît des travaux importants en 1182. Il est abandonné au roi de France en 1200. Ce château se composait au 12e siècle d’un donjon et d’une double enceinte.

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     3- Un troisième château dit le « Vieux Château » ou l'« Ancien Château » de Dangu : Jacques de Bourbon abandonne la vieille forteresse et en fait construire une nouvelle au-dessus du village de Dangu qui, prise par les Anglais en 1411, n'est recouvrée que trente ans plus tard par Charles VII. Celle-ci est reconstruite en 1567 sur l'enceinte circulaire du château primitif dont on nivelle la motte et renverse le donjon. Le château est modifié pour François Sublet de Noyers [mort le 20 octobre 1645 en sa propriété de Dangu] dans la première moitié 17e siècle : travaux de décoration par Charles Errard.

         Le château connaît des reprises considérables au 18e siècle. Il disparaît dans un incendie en 1911. 

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     4- Enfin un quatrième château de style néo-classique est édifié entre 1896 et 1899, par le duc Pozzo di Borgo qui fait démonter et transporter tous les éléments du château de Montretout de Saint-Cloud du 18e siècle qui avait été habité par la marquise de Pompadour, incendié en 1871 et restauré en 1876 par l'architecte Lambert. L'architecte Dauvergne remonte et modifie la construction d'origine, désormais appelée « Nouveau Château », réhaussant le comble et ajoutant un étage aux ailes. (NDB)

     

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     Plan de situation des châteaux de Dangu ; blason de la famille Crespin du Bec par User:SsireCette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Ssire., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5012623

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     A. de Caumont, 1867 : « DANGU. Quoique le château de Dangu, qui appartint aussi à la famille des Crespin, n'ait jamais eu l'importance de ceux de Neaufle et de Gisors, cependant son nom revient souvent dans les guerres et les traités entre les rois de France et d'Angleterre, qui s'en disputaient la mouvance. L'histoire de Dangu serait d'autant plus intéressante à débrouiller que l'on trouve en ce lieu les restes de trois châteaux-forts, de même qu'il y avait trois églises dans la paroisse, et qu'il serait curieux de connaître leur succession ou s'ils ont existé simultanément. Ils sont situés à quelques cents mètres l'un de l'autre, sur le bord d'une pente fort raide qui domine l'Epte, deux lieues au-dessous de Gisors. Je n'ai pu visiter les ruines du premier, le plus rapproché de Neaufle, que l'on nomme le château Brûlé, et où l'on voit des pans de murs et des fossés.

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     Vient ensuite le château moderne, habité par le comte de La Grange et construit selon un arc de cercle de 30 à 40 mètres de rayon. Autrefois les diverses dépendances du château complétaient le cercle formé par un rempart d'une toise d'épaisseur, dont les mouvements de terrain du parc ont fait disparaître la trace. L'arc de cercle qui reste n'a pas la régularité qu'on lui eût donnée à partir du 13e siècle c'est plutôt un polygone dont les nombreux côtés ont des longueurs très variables. Le château actuel a été construit, en 1567, sur cette enceinte circulaire d'un château du 11e siècle, dont on nivela la motte et renversa le donjon.
         Enfin la chapelle d'Henri de Ferrières est construite sur une motte extrêmement abrupte et élevée, et qui est séparée du plateau sur le bord duquel elle se trouve par un profond fossé. »
    [1]

    Ci-dessus, plan extrait du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure) LES REMPARTS DE DANGU (Eure)

     Ci-dessus à gauche, plan extrait du cadastre napoléonien de 1840, Archives départementales de l'Eure  http://archives.eure.fr/  ; à droite, photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     « DANGU. Commune du département de l'Eure, arrondissement des Andelys, canton de Gisors, sur l'Epte 476 hab : Station des chemins de fer de l'Eure, ligne de Gisors à Vernon. Usine à bronze, à cuivre et à zinc ; fabriques de dominos. Ferme et haras du comte de Lagrange. Château construit en 1567 et qui appartint au baron de Breteuil, restauré et agrandi de nos jours dans le parc, chapelle du 15e siècle, sépulture de la famille de Lagrange. Il ne reste aucun vestige de la forteresse féodale construite au 11e siècle sur la colline qui domine la rive gauche de l'Epte et qui joua un grand rôle dans les guerres du moyen âge, comme défense des frontières de la Normandie. Possédé d'abord, comme tant d'autres châteaux normands, par la maison de Crespin, il était la propriété, vers 1400, de Jacques de Bourbon ; celui-
    ci abandonna la vieille forteresse et en fit construire une nouvelle qui, prise par les Anglais en 1411, ne fut recouvrée que trente ans plus tard par Charles VII. Le duc de Mayenne pilla et incendia le château de Dangu en 1590. Il passa au 15e siècle à la maison de Ferrières et au
    17e siècle à la famille de Montmorency. » [2]

     

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    Historique

     

    « 10e siècle

     

         « Le premier château de Dangu [en bois sur motte castrale] fut probablement édifié au 10e siècle ».

     

    11e siècle

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     « En 1077, Guillaume Crespin, baron de Dangu, veuf d'Eve l'Aiguillon, épousa Agnès de Trie, veuve de Guillaume Martel de Bacqueville ; c'est la première fois qu'il est question dans l'histoire des seigneurs de Dangu. (Nobiliaire du Beauvaisis)». (…)

    Blason de la famille Crespin du Bec par User:SsireCette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Ssire., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5012623

            Guillaume d'Évreux s'empare du château de Dangu en 1092 (première mention historique du château). (...)

         Guillaume le Roux reprend possession d'une partie des châteaux du Vexin, dont celui de Neaufles et de Dangu qu'il fait fortifier. En 1097, il fait construire la forteresse de Gisors par Robert II de Bellême, qui dirige alors les opérations militaires (et avait été pardonné d'avoir participé, en 1088, au complot visant à renverser Guillaume le Roux au profit de Robert Courteheuse). « Les historiens du temps appellent [alors] les châteaux de Neaufles et de Dangu "Gisortii appenditiia castella" ». (...)


    12e siècle

     

         « Le château [de Dangu] se composait au 12e siècle d’un donjon et d’une double enceinte ; la seconde, circulaire, entourant le donjon, formée de hautes et épaisses murailles flanquées de tours et protégée par un fossé ; la première, moins forte, ayant la forme d’un arc de cercle, dont les extrémités venaient s’appuyer au sud-ouest sur la seconde. Deux portes donnaient accès de l’extérieur dans la première ; l’une, du côté du village, regardait l’église Saint-Jean ; l’autre lui étant opposée, regardait l’occident et donnait sur la campagne. Cette enceinte renfermait les bâtiments d’habitation et les magasins. De cette enceinte, on parvenait à la seconde, qui la dominait, en traversant un fossé sur un pont-levis, et en pénétrant par une porte pratiquée dans une grosse tour carrée ; on se trouvait alors dans la cour ou place d’armes du château. Les bâtiments d’habitation s’appuyaient sur la muraille circulaire qui la protégeait au milieu, et sur une éminence artificielle ou motte s’élevait le donjon, dont la masse imposante dominait les deux enceintes, les autres bâtiments, le village et toute la campagne voisine. De sa plate-forme, on apercevait les murs fortifiés de Gisors et son château, les tours de Neaufles, de Bouri, de Courcelles et de Gamaches.». (…)

         1119 - Louis VI, roi de France, voulait donner la Normandie à Guillaume Cliton, fils de Robert Courteheuse au détriment de son oncle Henri Ier d'Angleterre. Cette année-là, quand il envahit la Normandie, « il vint en personne assiéger le château de Dangu. Le châtelain Robert [de Dangu] se défendit vigoureusement et mis le feu au château avant de se retirer sur Gisors. ». (…)

     

         « Le roi Louis (VI) assiégea le château de Dangu, et la valeur des Français pressa vivement Robert, qui le défendait. Enfin ce châtelain par le conseil des amis qu'il avait parmi les assiégeans, mit le feu à la place ; d'où il sortit en ne laissant à l'ennemi que des cendres. Dans la même semaine Robert, à la tête des troupes de Gisors, fondit sur les Français, et leur enleva beaucoup de butin à Chaumont et dans les bourgs voisins. Cependant le roi de France se réjouit beaucoup de l'incendie du château de Dangu ; il assiégea Château-Neuf que Guillaurne-le-Roux avait bâti à Fuscelmont-sur-l'Epte ; mais il n'obtint pas tout le succès qu'il désirait... » [4] 

     

         1144 - Geoffroy Plantagenêt a repris la couronne d'Angleterre et le duché de Normandie. En remerciement pour son soutien, il offre à Louis VII une partie du Vexin normand - si convoité par les rois de France - dont les places fortes de Gisors, Dangu (deuxième château), Neaufles-Saint-Martin, Gamaches, Etrépagny, Hacqueville, Châteauneuf, Baudemont et Noyon-sur-Andelle.

         1158 - Henri II Plantagenêt, fils de Geoffroy et Mathilde, rencontre Louis VII à Gisors pour signer un traité de paix historique, le traité de Gisors. Au château d'Heudicourt, ils concluent un mariage entre leurs héritiers respectifs, Marguerite de France et Henri le Jeune âgés respectivement de deux et trois ans… La dot de Marguerite comprend le Vexin normand, permettant ainsi au roi d'Angleterre de récupérer le cadeau de son père à Louis VII. Les châteaux du Vexin apportés en dot sont remis en gage de paix à la garde de trois templiers : Robert de Pirou, Tostes de Saint Omer et Richard de Hastings. Ces derniers s'installent au château de Gisors pour veiller au respect du traité.

         1160 - Dès 1159, Henri II d'Angleterre entre en conflit armé avec Louis VII et pénètre dans le pays de Gisors. En 1160, un nouveau traité est donc signé entre les deux rois. Il précise que le Vexin normand reste propriété du roi de France jusqu'au mariage de sa fille Marguerite avec Henri Le Jeune. Henri II d'Angleterre obtenant une dispense papale, le mariage a lieu au Neubourg cette même année, et Henri II se fait remettre la dot par les trois templiers qui quittent alors Gisors et le Vexin normand. Henri II fait alors « relever de ses ruines le château de Dangu ». (…)

         1184 - « Henri II d'Angleterre répare le château de Dangu ». Cette date est sujette à caution, car on peut par ailleurs lire qu'« en 1182, Henri II dépensa 208 l. 10 s., pour refaire une tour du château, réparer les murs, le pont-levis et les portes ; 29 boucliers furent distribués dans les forteresses de Gisors, Neaufles, Château-sur-Epte et Dangu qui étaient confiés à la garde de Guillaume de Mainneville, comte d'Essex et d'Aumale ». (...)

         « Le lundi 12 avril 1193, […] Philippe Auguste vint prendre position avec des forces considérables, sous les murs de Gisors, du côté de Trie. Gisors et son château reconnaissaient alors pour commandant en chef Gilbert, seigneur de Wascoeuil, en qui le roi d’Angleterre avait toute confiance. […] Quand la nouvelle de l’emprisonnement de Richard fut parvenue sur les bords de l’Epte, le sire de Wascoeuil fit proposer à Philippe-Auguste de lui livrer Gisors et ses dépendances, moyennant un prix dont on ignore aujourd’hui et la quotité et même la nature. […] Le château de Neaufle et tout le Vexin normand passèrent également sous domination française ». (…)

          1194 à 1199 - Durant plusieurs années de guerre, Richard Cœur de Lion parvient à redresser la situation et à défendre efficacement la Normandie contre Philippe-Auguste. Dangu est au cœur de nombreux conflits : Plusieurs épisodes considérables des guerres de Philippe-Auguste et de Richard Cœur de Lion se passèrent sous les murs de Dangu. La prise de Dangu, en 1196, par Philippe-Auguste ; la tradition de Dangu à Richard par Guillaume Crespin, en 1197 ; la seconde prise de Dangu par Philippe-Auguste ; la capitulation de la garnison française après la bataille de Courcelles, et la rentrée de Richard dans Dangu ; la troisième prise de Dangu par Philippe Auguste, tels sont les principaux événements dont Dangu fût le théâtre de 1196 à la paix de 1199 ».

         « Vers la fin de septembre 1198, Richard s’étant emparé des châteaux de Gamaches et de Dangu, établit son quartier général dans cette dernière place. Le dimanche, 27 du même mois, il traversa l’Epte et se rendit devant le château de Courcelles, dont il somma Robert, commandant de cette forteresse, de lui ouvrir les portes. Sur le refus de celui-ci, il ordonna l’assaut, et la place, bien que défendue avec vigueur, fut emportée de vive force et livrée aux flammes. Le vainqueur mena ensuite ses troupes contre le château de Bouri, dont il s’empara également, et le soir il revint, chargé de butin, à Dangu.» [3]

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     1197-1198 « En rentrant en France, Philippe-Auguste passa par Gisors où il séjourna quelque temps pour ravitailler ses troupes.
    Quelques jours après, les Anglais ayant fait une incursion jusqu'auprès de Beauvais, firent prisonnier Philippe, évêque de cette ville, oncle du roi de France.
         Richard fit ensuite une irruption dans le Vexin-normand, se rendit maître de la forteresse de Gamaches (Mathieu Paris, Rigord, Roger de Hovedeti) et du château-fort de Dangu. Ce dernier était sous le commandement de Guillaume du Bec, seigneur et capitaine du lieu.
    Il fit alors réparer la forteresse de Dangu et la pourvut d'hommes et de vivres en abondance. Au sujet de Dangu, Guillaume-le-Breton, dans sa Philippide, dit que le roi d'Angleterre eut beaucoup de peine à se retirer, avec son armée, des prés marécageux de Dangu.
    Aussitôt que Philippe-Auguste sut que ce château était tombé au pouvoir de Richard, il forma le dessein de le reprendre.

    Ci-dessus : emplacements des forteresses anglo-normandes et françaises de la frontière de l'Epte, extraite de http://www.gamaches-en-vexin.fr/Histoire.html

           Avant que le roi d'Angleterre, dit Roger de Hoveden, n'eût eu le temps de revenir en Normandie, le monarque français prit le château de Dangu, accordant la vie et les membres saufs aux chevaliers et aux sergents qui s'y trouvèrent, moyennant une rançon de cinq cents marcs d'argent et leur permit alors de s'en aller libres. Il fortifia ensuite ce lieu et le garda en sa possession.
    Cependant les Anglais étaient toujours maîtres du château-fort de Gamaches. Vers le milieu du mois de septembre 1198, Richard se rendit dans cette dernière place pour y organiser une nouvelle attaque contre le château de Dangu ; mais Philippe-Auguste, informé de l'arrivée du monarque anglais dans le Vexin-normand, assembla son armée et marcha contre lui. Richard, de son côté, dès qu'il sut l'intention dans laquelle était son adversaire, alla au-devant de lui, et, l'ayant rencontré dans la plaine entre Gamaches et Villers-en-Vexin, il le chargea avec tant d'impétuosité et de vigueur qu'il resta maître du champ de bataille. Le roi de France et son armée se sauvèrent à Vernon où le vainqueur les poursuivit l'épée dans les reins. Quelques jours après ce fait d'armes, Richard reprit la forteresse de Dangu et y transféra son quartier-général.
         Le dimanche 27 septembre 1198, ayant traversé l'Epte, au gué de Dangu, il se rendit devant le château fortifié de Courcelles-lès-Gisors et somma le gouverneur de lui en ouvrir les portes. Robert-Guillaume, qui possédait cette place, rejeta cette demande avec mépris. Sur ce refus, le monarque anglais ordonne l'assaut, et malgré la défense vigoureuse de la garnison, la forteresse fût prise. »
    [5]

     

         « En 1199, Philippe Auguste reprend le château de Dangu. « Il accorda, pour une rançon de cinquante marcs d'argent la vie et les membres, ainsi que la possession de leurs chevaux et de leurs armes, aux chevaliers qui se trouvaient dans la forteresse : il y mit garnison et la fortifia. ». « Dès lors, la place perdit son intérêt par l'absorption de la Normandie par le Capétien. Mais ce fut l'une des plus disputées de la frontière de l'Epte ».

     

    13e et début du 14e siècle

     

         1200 à 1337 – À la suite de la paix signée entre Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion, un calme relatif s’installe le long de l’Epte jusqu’au début de la guerre de Cent Ans (1337-1453). (…)

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     1325 - Fondation de la chapelle Saint-Jean.

         « Vers le milieu du treizième siècle, il n'y avait à Dangu qu'une seule cure et une seule église ; Jean Crespin, au commencement du quatorzième siècle, en fit construire une autre, qui fut dédiée par l’évêque de Bethléem, et placée sous l'invocation de saint Jean ; on y voyait autrefois le tombeau de Pierre de Ferrières, qui fut détruit au moment de la Révolution, ainsi que l'église de Saint-Aubin, qui remontait au dixième siècle ». [3]

     

     

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    14e – 15e siècle : guerre de Cent Ans

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     « Il était la propriété, vers 1400, de Jacques de Bourbon ; celui-ci abandonna la vieille forteresse et en fit construire une nouvelle qui, prise par les Anglais en 1411, ne fut recouvrée que trente ans plus tard par Charles VII. » [2]

     

         (…) vers 1350 - « Au milieu du 14e siècle, craignant les attaques des Anglais, Jacques de Bourbon remit son château [de Dangu] en état. Il fit construire la tour Bourbon, qui terminait au sud-ouest les corps de logis du château et renfermait le beffroi des heures et le cabinet des archives ».

         « Les Anglais s’emparèrent du château de Dangu pendant la guerre de Cent Ans ». (...)

         Richard Wideville le 1er février 1419 : Henry V lui donne les terres de Préaulx, Dangu et Nauville, à la charge de payer un cor de chasse, à Rouen. ».

         18 décembre 1439 – « On avertit les capitaines de Mante et Creil de venir servir le roy au secours et recouvrance de la place de Dangu ».
    Ce fait consigné dans l'une des notes de la chambre des comptes des Archives de Rouen est très intéressant. Charles VII était Roi de France à cette date, et remportait depuis quelques années nombre de victoires décisives sur les Anglais. Si on en croit le vicomte d’Arlincourt, Charles VII en personne se serait déplacé en personne à Dangu pendant la guerre de Cent Ans : « Quatre rois combattirent sous les murs assiégés de Dangu, à différentes époques : Louis VI, Philippe-Auguste, Richard Cœur de Lion et Charles VII ». Est-ce vraiment le cas à cette date, ou a-t-on demandé aux capitaines de Mantes et de Creil de se rendre à Dangu pour libérer le château au nom de Charles VII ? (…)

         Jean Chartier, probablement né au début du 15e siècle à Bayeux, écrit à propos de cet événement : « Chapitre 186 – De la reddiction du chastel de Dangu au roy de France. Ledit jour de samedy, oudit an [samedi 27 août 1449], Guillaume Chenu, capitaine de Pontoise, avec un certain nombre de gens de guerre, alla courir devant le chastel de Dangu, et là somma, au nom du roy, devant le portail dudit chastel, le cappitaine, nommé Portingal, qui dedens estoit pour les Anglois, de rendre ladite place en l’obéissance du roy. À quoy ce capitaine, oyant nouvelles de jour en jour comment tout le pays se rendoit au roy et la recognoissance que faisoient tous les habitans d’iceluy pays au roy comme à leur souverain seigneur, désirant à leur exemple et voulant aussi luy obéir, et sachant de vray luy estre impossible de résister au roy, ni à sa puissance, fit composicion avec ledit Chenu parmy rendant ladite place, c’est à sçavoir, que ledit capitaine et ses compaignons gens de guerre s’en iroient francs et quictes tous leurs biens où bon leur sembleroit. Et ainsi s’en départirent, en mectant ladite place ès mains dudit Chenu pour le roy. Lequel Chenu leur promit qu’il ne feroit ou porchasseraoit aucun dommage ès corps ne ès biens à aucun de tous les gens retirez dans ce lieu. Et pour ce que lesdits Angloys ne pouvoient pas bien emporter leurs biens, ils en vendirent et débitèrent partie sur le lieu, à qui les voulut acheter, selon qu’il leur estoit permis. Et partant demoura ce chastel en l’obéissance du roy, lequel y commit et ordonna un capitaine pour la garde d’iceluy ». [3]

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     « Les Anglais, qui avaient jeté toutes leurs troupes dans les places de cette province, voyaient avec grande inquiétude la tempête qui les menaçait de toutes parts, et avec peu d'espérance de pouvoir soutenir un tel effort. Guillaume Chenu, gouverneur de Pontoise, fut un des premiers à entrer en action ; il attaqua le fort château de Dangu, dans le Vexin, auprès de Gisors, et le prit... » [6]

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     « La famille de Ferrières (...) rentra en possession de la baronnie de Dangu aussitôt que les Anglais en eurent été chassés, le roi Charles VII la rendit à Jean de Ferrières, fils de Gauvin. Guillaume de Ferrières succéda à son père, en 1454 ; il épousa Jacqueline du Fayel vicomtesse de Breteuil, dont il eut entre autres enfants Pierre de Ferrières, deuxième du nom ; ce fut ce dernier qui, au commencement du seizième siècle, fit construire le château actuel » (second château qui n'existe plus à ce jour).

    Ci-dessus, blason de la famille de Ferrières par TretinvilleCette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Tretinville., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18651735

           1490 – Fondation de la chapelle Notre-Dame-de-la-Motte (tombeaux détruits à la Révolution).

     

    16e siècle

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     Françoise de Ferrières, sœur de Pierre II de Ferrières ; « dame et héritière de Dangu, épousa, vers 1500, Ferry d'Aumont, seigneur d'Aumont et de Méru. De ce mariage naquit Louise d'Aumont, qui céda Dangu, par échange, au connétable-duc Anne de Montmorency, aux termes de deux contrats des 14 octobre et 27 novembre 1554, à la charge de droits envers la duchesse de Férare, comtesse de Gisors ».

    Ci-dessus, à gauche blason de la famille d'Aumont par Jimmy44Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3769368 ; à droite, blason de la famille de Montmorency dessiné par O. de Chavagnac pour l'Armorial des As http://dechav.free.fr/armorial/blason.php?id=Montmorency

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)      « En 1567, le donjon du château de Dangu fut abattu ». A ce propos, on peut lire qu'« à la mort du connétable de Montmorency, la terre de Dangu passa à Guillaume, seigneur de Thoré, son cinquième fils, qui fit abattre le donjon, niveler les fossés, démolir les murs d'enceinte, et percer de larges fenêtres. Le château ne se composa plus que d'un grand corps de logis, ayant la forme d'un immense fer à cheval, terminé par une tour à chaque bout, et ayant au centre une tour carrée qui servait d'entrée ».

         « En 1590, le duc de Mayenne, qui tenait Gisors, envoya des troupes, sous le commandement du baron de Contenant, pour s'emparer de Dangu. Deux pièces d'artillerie furent mises en batterie, et eurent bientôt fait une brèche au château, qui fut pris d'assaut ; les ligueurs ne se retirèrent qu'après avoir pillé le village et y avoir mis le feu ».

     

    17e siècle

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     En 1597, Madeleine de Montmorency-Thoré épousa Henri duc de Piney-Luxembourg, auquel elle apporta en dot la terre de Dangu. « De ce mariage naquirent deux filles, Marguerite et Marie, qui, en 1641, échangèrent la seigneurie de Dangu contre la principauté de Mortagne en Saintonge, appartenant à François Sublet, seigneur de Noyers, surintendant des bâtiments royaux, et secrétaire d’État. C'est lui qui fit achever le Louvre, où il installa l'imprimerie royale. Il aimait beaucoup Dangu, qu'il se plut à embellir. Il fit jeter un pont en pierres sur l'Epte, fit paver la rue qui sépare les deux anciennes paroisses de Saint-Aubin et de Saint-Jean. Après la mort de Richelieu, qui avait été son protecteur, François Sublet tomba en disgrâce, et se retira à Dangu, où il mourut après avoir fondé le couvent des Carmélites à Gisors, le 28 octobre 1645 ». (…)

    [ François Sublet de Noyers est un administrateur et homme d’État français voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Sublet_de_Noyers ]

     

    Ci-dessus, blason de la famille de Piney-Luxembourg par Ipankonin — Lion from, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3006816

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     « Un arrêt du parlement de Rouen, du 16 juin 1663, annula l'échange fait entre mesdames de Montmorency-Luxembourg et François Sublet, et ordonna la restitution de la terre de Dangu à François-Henri de Montmorency dit le maréchal de Luxembourg, qui avait intenté contre Guillaume Sublet, fils de François, l'action de clameur lignagère ».

    Ci-dessus, blason de la famille de Montmorency-Luxembourg extrait de http://www.heraldique-europeenne.org/Regions/France/Montmorency.htm

         « On assure que la veuve de Henri II de Montmorency, qui fut décapité à Toulouse, sous le ministère du cardinal de Richelieu, se retira à Dangu, où elle vécut dans la retraite, et porta le deuil toute sa vie. On ajoute que Louis XIII, lui ayant écrit pour lui annoncer qu'il irait lui rendre visite, en compagnie de son ministre, elle fit la réponse suivante : « Le roi sera reçu à Dangu avec tous les honneurs dus à la majesté d'un roi de France ; mais quant au cardinal, je ferai placer sous le pont-levis douze barils de poudre, auxquels je ferai mettre le feu quant il passera, afin de l'envoyer au ciel, où il devrait être depuis longtemps. » Le roi vint seul à Dangu ».

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure) LES REMPARTS DE DANGU (Eure) LES REMPARTS DE DANGU (Eure) LES REMPARTS DE DANGU (Eure) LES REMPARTS DE DANGU (Eure)

     

    18e siècle

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     « A la mort de François-Henri de Montmorency-Luxembourg, arrivée à Versailles, en 1695, la seigneurie de Dangu passa à son fils Charles-François-Frédéric, qui la vendit, le 7 juin 1714, à Louis-Guillaume Jubert de Bouville marquis de Bizy et de Panilleuse, seigneur de Saint-Martin, † 1741, intendant d'Orléans puis conseiller d’État, qui lui-même la laissa à son fils André († 1742 au château de Dangu) puis à son petit-fils Nicolas-Louis marquis de Bouville (marquisat érigé en 1764 à Brécourt, Douains), neveu du vicomte de Bouville. [...] La famille de Bouville ne conserva qu'un temps cette seigneurie, car elle fut vendue le 31 août 1781, avec les terres de Gisancourt, Montbine, Beausséré et autres lieux, à M. Louis-Auguste Letonnelier, baron de Breteuil, alors ambassadeur de France à Vienne ».

    Ci-dessus, blason de la famille Jubert de Bouville dessiné par O. de Chavagnac pour l'Armorial des As http://dechav.free.fr/armorial/blason.php?id=Jubert_de_Bouville

     

    [ Louis Charles Auguste Le Tonnellier, baron de Breteuil, baron de Preuilly, est un diplomate et homme politique français né à Azay-le-Ferron (Indre) le 7 mars 1730 et mort à Paris le 2 novembre 1807. https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Auguste_Le_Tonnelier_de_Breteuil ]

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     C'est M. Louis-Auguste Letonnelier, baron de Breteuil, « qui mit de niveau les divers bâtiments qui formaient le fer à cheval. Il restaura et embellit à grands frais le château, les jardins et le parc, qu'il fit entourer de murs ; il fit construire l'aqueduc de Vesly au château, ainsi que le chemin qui, de Dangu, va s'embrancher au Mont de Magny, sur la route de Gisors à Paris, appelée aujourd'hui route du Baron, en mémoire de son fondateur. ».

    Ci-dessus, blason de la famille Le Tonnelier de Breteuil Par Titimaster ; User:Tretinville — Cette image vectorielle contient des éléments, éventuellement modifiés, qui ont été extraits de : Blason Nicolas-Joseph Maison.svg (par auteur : Jimmy44 - Récupération de l'épervier (1ère version du blason)).Cette image vectorielle contient des éléments, éventuellement modifiés, qui ont été extraits de : Escudo de Sangarrén.svg (par auteur : Anenja - Récupération de la tête et des "mouchetures" du corps de l'épervier (2e version du blason)).Cette image vectorielle contient des éléments, éventuellement modifiés, qui ont été extraits de : Eagle with fasces.svg (par auteur : F l a n k e r - Récupération de la "structure" générale de l'oiseau (2e version du blason)).Cette image vectorielle contient des éléments, éventuellement modifiés, qui ont été extraits de : Grelot.svg (par auteur : Groteddy (2e version du blason))., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16307260

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)      « Les travaux les plus considérables [ sur le château de Dangu ] furent exécutés par le baron de Breteuil à la fin du 18e siècle. Il mit de niveau les différents bâtiments qui formaient le fer à cheval ; il fit abattre la partie de la muraille fortifiée qui, vers le nord-ouest, fermait le château, et la convertit en un mur à hauteur d’appui. »

         « M. de Breteuil, auquel le roi avait accordé le droit de battre monnaie, avait installé un atelier de monnayage dans les caves et dépendances de son château ; et, il y a quelques années [en 1867], on en voyait encore les traces ».

         « Lorsque la révolution éclata, M. de Breteuil fut forcé d'émigrer, et il ne dut son salut qu'à un habitant de Beausséré, nommé Pierre Prarière, qui vint, au milieu de la nuit, le prévenir qu'il allait être arrêté ; il se hâta de fuir, et, à peine avait-il quitté son château, qu'une troupe de forcenés y pénétrait et le mettait au pillage ».

         « La terre de Dangu fut confisquée en 1792, et déclarée propriété nationale ; pendant plusieurs années, le château servit de prison à des soldats anglais, qui achevèrent de le dévaster ; ils arrachèrent les lambris pour les brûler, et descellèrent les plombs et ferrailles pour les vendre ».

     

    19e siècle

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     « En 1802, M. le marquis de Talhouët reçut la propriété de Dangu en compensation de ses biens, que l'État avait fait vendre, perce qu'à tort il avait été considéré comme émigré. Lorsque M. de Breteuil rentra en France, M. de Talhouët, mu par un sentiment de délicatesse fort honorable, lui remit, de son propre mouvement, une somme assez importante pour l'indemniser de la perte de sa propriété ».

    Ci-dessus, blason de la famille de Talhouët par Jimmy44Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3430446

     

         « A la mort de M. de Talhouët, la terre de Dangu fut attribuée an partage à sa fille, madame la comtesse Joseph de Lagrange, par acte de 1810. En 1849, les enfants de cette dame ayant procédé au partage des biens de sa succession, le château et les propriétés de Dangu échurent à M. Joseph-Barthélemy-Frédéric, comte de Lagrange, officier de la Légion d'honneur, membre du conseil général de l'Eure pour le canton de Gisors, député du Gers, l'éleveur intelligent et habile qui est à la tête du sport français » [citation de 1867].

    [ Frédéric Joseph Barthélémy, 2e comte (« de ») Lagrange (21 juin 1815 - Dangu - † 22 novembre 1883 - Paris), est un homme politique français du 19e siècle. Il fut député du Gers puis sénateur du Second Empire. Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Lagrange ]

         « Depuis [le 18e s], M. de Lagrange a embelli le château et les jardins ; il ne reste presque plus de vestiges de l’ancien manoir féodal.»

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     En 1884, le duc Pozzo di Borgo acquiert le domaine de Dangu qui comprend des parties fortifiées anciennes et un édifice médiéval dit "ancien château" (second château).

     

    [ La famille Pozzo di Borgo est une famille subsistante de la noblesse française originaire de Corse où elle était connue dès le 15e siècle. Elle a une filiation prouvée depuis 1629 et fut maintenue noble en 1774 par le Conseil souverain de Corse. Elle a formé de nombreux rameaux, encore subsistants. Plusieurs de ses membres se sont illustrés dans l’armée, la diplomatie, la politique et la finance. https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Pozzo_di_Borgo ]

     

         L’histoire de l'actuel château de Dangu (troisième château) commence... à Saint-Cloud, au 18e siècle. De style néoclassique, il s’appelle alors Montretout. Mais Madame de Pompadour, favorite de Louis XV, le surnomme « Mon Très Tout ». Puis il appartient au baron de Breteuil, ministre de Louis XVI, qui fut le premier à apporter la pomme de terre en France et qui la mit en culture dans le Vexin.

    Ci-dessus, blason de la famille Pozzo di Borgo http://heirsofeurope.blogspot.fr/2012/10/1a.html

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     De 1896 à 1899, le duc Pozzo di Borgo acquiert le château de Montretout et le fait déplacer vers son domaine de Haute-Normandie. L'architecte Louis Dauvergne remonte et modifie la construction d'origine, désormais appelée « Nouveau Château », rehaussant le comble et ajoutant un étage aux ailes. Le paysagiste Achille Duchêne modifie le parc en créant des alignements en rapport avec la nouvelle construction. » [3] 

     

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    La forteresse dite "Vieux château" du "bois de Dangu"

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     L. Coutil, 1921 : « Retranchement du Vieux Château. — Nous donnons un nouveau plan du Vieux Château de Dangu (fig. 9) ; la disposition de ce retranchement est unique dans le départemenf de l'Eure, et nous n'en connaissons pas d'autre analogue en Normandie ; il se trouve à 6 ou 700 mètres de la route venant de Vesly et des premières maisons de Dangu, à 30 mètres en moyenne de la route de Dangu à Neaufles, qui part du haut de la côte, en face de l'ancien château démoli et d'une ancienne briqueterie, à la cote 104. Le terrain renfermant les retranchements est formé d'un amoncellement de galets noirs reposant sur de la glaise, et comme il est impropre à la culture, il est resté boisé, alors que les terrains voisins, ]àdis boisés et figurés comme tels sur le cadastre (Sect. B. nos 33 bis et 34 bis, lieu dit le Vieux Château et bois de Dangu) sont défrichés depuis 1880. L'ensemble a une longueur d'environ 130 mètres, du Nord au Sud ; on remarque un donjon au Nord avec une partie légèrement concave mesurant 25 mètres du Nord au Sud et 35 mètres de l'Ouest à l'Est, isolé par un fossé de 6 mètres ; une entrée se remarque au Nord et au Sud ; le fossé est peu apparent au Nord et souvent plein d'eàu, comme les autres, en hiver ; trois larges talus parallèles s'en détachent du Nord au Sud avec fossés sur les deux côtés Ouest et Est ; enfin, au Sud , vers Dangu, une sorte dé losange également entouré de fossés peu profonds et talus de 50 à 60 mètres de diagonale, avec des ouvertures au Nord, et au Sud.
         Ce retranchement commandait les vallées del'Epte et de la Bonde. Il se trouve à proximité d'un vieux chemin encaissé nommé la ravine et qui débouche au haut de la côte près de l'ancienne briqueterie.
    Doit-on faire remonter ce retranchement à l'époque où Charles le Chauve convoqua ses Seigneurs à Neaufles en septembre 856, pour repousser les Normands ?

    (Un inventaire bibliographique publié en 1921, nous fait dire que ce retranchement se .trouve à 150 mètres de Gisors ; nous n'ayons jamais indiqué une pareille énormité, sachant fort bien que Dangu est éloigné de 7 kilomètres de Gisors !) » [8] 

     

    DANGU (Eure) « Le Bois de Dangu »

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     « Le site occupe le sommet d’un coteau qui domine la vallée de l’Epte, 1 km au nord du village. La fortification est contenue dans une parcelle boisée entièrement cernée par des espaces cultivés et la route de Dangu à Neaufles-Saint-Martin qui la borde au sud-est. Le site se décompose en trois enceintes alignées, tangentes, et dont la puissance des défenses décroît progressivement. La première, au nord-ouest, présente une levée de terre en forme de fer-à-cheval, de 25 m de diamètre, plus forte vers le plateau, à l’ouest, et entièrement ceinturée d’un fossé. L’accès à la deuxième enceinte se fait vers le sud, celle-ci est complexe et présente de nombreux microreliefs. L’ensemble est grossièrement rectangulaire si l’on excepte une surépaisseur du talus vers l’ouest, celui-ci est interrompu au sud-est entre deux monticules qui marquent l’accès vers la troisième enceinte. L’espace contenu entre les deux entrées est légèrement surélevé par rapport au reste de l’enceinte. La troisième enceinte s’organise à l’intérieur d’un quart de cercle de 60 m de rayon ; il est rejoint par deux levées de terre qui assurent la connexion avec les deux monticules qui marquent l’entrée de la deuxième enceinte. Ce talus présente deux interruptions vers le sud et le nord-est. Une mare creusée immédiatement à l’extérieur de l’enceinte draine les eaux issues des fossés du flanc ouest de la fortification et d’une zone marécageuse qui s’étend de ce côté. La nature du sol est assez particulière, sur l’ensemble du site, on observe de nombreux galets de petite taille. Les levées de terre sont en partie constituées par l’accumulation de ce matériau que l’on retrouve également en blocs agglomérés, notamment au sommet du rempart de terre de l’enceinte principale. Ce détail soulève la question d’une utilisation de ces blocs dans la constitution de la levée de terre et leur participation aux aménagements défensifs.

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     Les trois enceintes ne semblent pas contemporaines les unes des autres. Néanmoins, la proximité du site de Neaufles-Saint-Martin avec lequel il est en communication visuelle, et les similitudes, au niveau de l’enceinte principale, avec le Château-Saussart, plaident pour un ouvrage à vocation militaire remontant au milieu du 11es. Pour les deux autres enceintes, l’hypothèse d’une maison forte venue se greffer sur un site plus ancien est privilégiée.

         ( voir plan ci-dessus, Fig. n°1 : Relevé de la fortification du « Bois de Dangu ») (Relevé et présentation sous la direction de Bruno Lepeuple). » [7]

    Photo ci-dessus extraite de http://maintenance-et-batiment.blogspot.fr/2015/01/

     

    Ancien château de Montretout ou "Nouveau Château" de Dangu :

     

          « Pour mémoire, le château de Dangu n’est autre que le château de Montretout de Saint-Cloud, habité un temps par la marquise de Pompadour. » [9]

         « En 1871, le château de style néo-classique, construit (à Saint-Cloud) au milieu du 18e siècle, est incendié lors des combats du siège de Paris (voir à gauche ci-dessous). En 1876, il est restauré par l'architecte Lambert.

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         « En 1884, le duc Pozzo di Borgo à qui il appartient alors, achète le domaine de Dangu, qui comprend d’anciennes fortifications et un vieux château médiéval » dit « ancien château ». Entre 1896 et 1899, le duc fait démonter et transporter par chemin de fer tous les éléments du château de Montretout pour qu’il soit remonté en lieu et place du château médiéval de Dangu. » [9]

     

    LES REMPARTS DE DANGU (Eure)     « L'architecte Dauvergne remonte et modifie la construction d'origine, désormais appelée "Nouveau Château", réhaussant le comble et ajoutant un étage aux ailes. Le » « paysagiste en vogue à la fin du 19e siècle » [9] « Achille Duchêne modifie le parc en créant des alignements en rapport avec la nouvelle construction. (…) » « On lui doit notamment le parc du jardin de Coutances. Fervent admirateur de Le Nôtre, il remet à l’honneur le tracé des jardins à la française. » [9]
    Auteur(s) : Lambert (architecte) ; Dauvergne (architecte) ; Duchêne Achille (architecte paysagiste) » [10] 

     

     

    La légende de la chapelle Notre-Dame-de-la-Motte, fondée en 1490 :

     

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         « On prétend que « la chapelle de Notre-Dame de la Motte, ou de Recouvrance, placée dans le parc du château [...] fut bâtie par Guillaume de Ferrières, pour accomplir un vœu qu'il avait fait à la sainte Vierge, dans un grand danger. Voici ce que la tradition et Bérée de Courpont racontent : « Un jour que le seigneur de Ferrières se promenait, chevauchant devant son château, il rencontra une très jolie fille qui gardait des dindons, à laquelle il fit des propositions déshonnêtes, qu'elle repoussa brutalement ; le comte, outré, voulut avancer sur elle ; mais elle frappa le cheval avec la gaule qui lui servait à chasser les dindons, et le força à s'éloigner. Le seigneur, rentré au château, fit lâcher sa meute sur cette jeune fille, qui fut déchirée vivante et dévorée. L'année suivante, jour pour jour, Guillaume de Ferrières passait à cheval à l'endroit même où la scène dont nous venons de parler avait eu lieu ; tout à coup son cheval s'emporte, le jette à terre et le traîne, le pied pris dans l'étrier, jusqu'à environ deux cent cinquante pas de là ; dans ce danger extrême, le comte fit vœu de bâtir une chapelle à la sainte Vierge, à l'endroit où son cheval s'arrêterait. Le cheval s'arrêta ou fut arrêté, à l'endroit où est aujourd'hui la chapelle de la Motte ; Guillaume de Ferrières y fut inhumé et elle sert aujourd'hui de sépulture à la famille Lagrange ».

         On notera que cette histoire est souvent rapportée, mais qu'au moins un détail historique est incohérent... En 1490, deux ans avant la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, donc il est impossible que la jeune fille en question eut été gardienne de dindons... » [3]

     

    Protection :

     

         Ancien château de Montretout ou « Nouveau Château » de Dangu : l'ancien château, les perspectives nord-sud et ouest l'accompagnant, ainsi que les sols des parcelles AB 62 et AB 70 sur lesquelles ils se situent : inscription par arrêté du 22 février 2005.

     

    Sources :

     

    [1] Extrait du Bulletin monumental / publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques ; et dirigé par M. de Caumont ; Société française d'archéologie. Éditeurs : Lance (Paris) / Frère (Rouen) / Marie-Viel (Caen) / Société française d'archéologie (Paris), 1867. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310522/f362.item.r=%22Ch%C3%A2teau%20de%20Dangu%22.texteImage

    [2] Extrait de La grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Tome 13 / par une société de savants et de gens de lettres ; sous la dir. de MM. Berthelot,... Hartwig Derenbourg,... F.-Camille Dreyfus,... A. Giry,... [et al.] Éditeurs : H. Lamirault (Paris) / [puis] Société anonyme de « La Grande encyclopédie » (Paris) Date d'édition : 1885-1902

    [3] Extrait de Wikipédia

    [4] Extrait de l'Histoire de Normandie... par Orderic Vital ; [trad. par Louis-François du Bois] Editeur J.-L.-J. Brière (Paris), 1825-1827

    [5] Extrait de l'Histoire de la ville de Gisors par P.-F.-D. Hersan ; Éditeur : Lapierre (Gisors), 1858 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6529661h/f118.item.r=%22Ch%C3%A2teau%20de%20Dangu%22.texteImage

    [6] Extrait du Magasin militaire des Français : écho de la guerre : journal illustré des victoires et conquêtes nationales anciennes et modernes : récits, combats, pièces officielles, anecdotes, études de moeurs, actions d'éclat, campagnes anciennes et modernes, etc... Volume 2 / directeur : M. Ernest Rasetti ; Éditeur : bureaux de la publication (Paris) Date d'édition : 1859-1860

    [7] Extrait de http://journals.openedition.org/adlfi/8020#tocto1n4

    [8] Extrait du T. XVIII. 1921 N° 8. Commission des enceintes et souterrains-refuges – Premier supplément aux inventaires Eure retranchements et souterrains-refuges de l'arrondissement des Andelys par Léon Coutil ; Bulletin de la Société préhistorique de France Éditeur : Institut de bibliographie (Paris) / Société préhistorique de France (Paris), 1921 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56922326/f1.item.r=%22Ch%C3%A2teau%20de%20Dangu%22.texteImage

    [9] Extrait de https://www.asalf-levriere.org/visite-citerne-de-dangu

    [10] Extrait de http://www.actuacity.com/dangu_27720/monuments/

     

    Bonnes pages :

     

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Dangu

    http://maintenance-et-batiment.blogspot.fr/2015/01/

     

    Ci-dessous fiche conseil n°99 "Les Essentiels" DRAC Haute-Normandie - 2015 - France Poulain http://www.eure.gouv.fr/content/download/20347/138397/file/ESSENTIEL_CONSEIL_99%20Dangu_Ancien%20Ch%C3%A2teau%20de%20Montretout_ZFSP.pdf

     

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