• LES REMPARTS DE CRASVILLE-LA-ROCQUEFORT (Seine-Maritime)

    LES REMPARTS DE CRASVILLE-LA-ROCQUEFORT (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE CRASVILLE-LA-ROCQUEFORT (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE CRASVILLE-LA-ROCQUEFORT (Seine-Maritime)

     

          A Crasville-la-Rocquefort subsiste une motte féodale circulaire haute de 2,80 m, seul vestige du château médiéval. A l'Est de celle-ci, s'élève aujourd'hui un château des 16e et 17e siècles, bel exemple des constructions cauchoises d'époque Henri IV. [NDB]

     

         « De nos jours site paisible, Crasville-la-Roque occupe cependant une position stratégique : un mamelon qui commande la source du Dun à la limite du Talou et du Grand Caux, sur la route de Rouen à Veules-les-roses. D’après la toponymie, Roquefort est littéralement « Roque Forte », au sens de maison forte et Crasville dérive de « cras » qui signifie « grand, important » [1]

     

         « Le Dun prend sa source à Crasville-la-Rocquefort et se jette dans la Manche à Saint-Aubin-sur-Mer après un parcours de 12,8 kms. (…) » [3]

     

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     Plan de situation du château de Crasville-la-Rocquefort ; blason de la famille de Clapion ou de Glapion extrait de http://www.armorial-limousin.fr/blasons_argentat.htm

     

    Historique

     

    LES REMPARTS DE CRASVILLE-LA-ROCQUEFORT (Seine-Maritime)     « Nous empruntons aux notes de M. de Montfort l’histoire brèves des familles qui se sont succédé au château de Crasville. » [1]

     

         « En 1200, la terre de Crasville appartient à Guérin de Clapion (ou Glapion), sénéchal de Normandie, qui après avoir joui de la faveur du roi d’Angleterre Jean sans Terre (1166-1216) abandonne son parti pour celui de Philippe Auguste (1165/1223). » [3] 

     

    Ci-dessus, le château de Crasville-la-Roquefort par Dujardin Paul (1843-1913). Héliograveur https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b100508187.r=%22Crasville%20la%20Rocquefort%22?rk=21459;2

     

    LES REMPARTS DE CRASVILLE-LA-ROCQUEFORT (Seine-Maritime)     « Guérin de Glapion, sénéchal de Normandie. (? - 1227)
         Il est possible qu'il descende de la famille de Bellême-Montgomery, mais nous sommes réduits aux hypothèses. On suppose que son père était Robert de Glapion, cité en 1173 dans la carte de donation à une église. Il était seigneur de Sainte Scholasse et portait: «
    d’azur à trois fasces d’or et une bordure de gueules ». La première mention qui le concerne date du 22 mai 1200 lors du traité du Goulet entre Philippe Auguste et Jean sans Terre. Il figure parmi les seigneurs anglo-normands se portant caution pour Jean sans Terre de la bonne et loyale exécution du traité.
         La mauvaise foi de Jean sans Terre l'empêcha de tenir correctement le rôle qui lui avait été assigné. Le manque à peu près total de soutien du roi d'Angleterre et les offres de ralliement que lui firent la chancellerie capétienne le décidèrent, en même temps que le duc d'Alençon, à «
    tourner français » lors de la conquête de la Normandie en 1202-1204.
    Il en fut récompensé en mai 1204, car par un acte signé à Saint-Pierre sur Dives, Philippe Auguste lui donnait Moyon et Montpinçon et lui confiait la charge de sénéchal de Normandie. Dans deux actes datés des 17 et 30 avril 1205, le roi lui octroyait les biens des vassaux du bailliage de Sainte Scholasse qui n'avaient pas fait leur soumission. Il lui accordait également la ville de la Ferté-Macé, que le comte Juhel de Mayenne lui abandonnait en échange d'une autre terre que lui donnait le roi.
         On assiste à un autre échange de terres par un acte daté du 22 avril 1207, lorsque Philippe-Auguste donna le château d'Argentan à son maréchal Henri Clément. Il lui confirmait les fiefs de Sai et de Pommainville, qui lui avaient été donnés par Robert, comte d'Alençon et Guérin de Glapion en échange d'autres seigneuries.
    On trouve le nom de Guérin de Glapion dans plusieurs chartres datées de 1208, traitant de donations à l'église de Sainte-Scholasse et à la chapelle de Glapion. Il mourut sans héritiers en décembre 1216 ou janvier 1217. C'est pour cette raison qu'en janvier 1217, Philippe-Auguste s'attribuait Courtemer. Il profita aussi des circonstances pour ne pas lui désigner de successeur dans sa fonction de sénéchal de Normandie et faire gouverner le duché par son Chancelier Guérin, un homonyme, et ses baillis.
    » [4] 

        Bibliographie : Gaston Guérin : « Guérin, chancelier de Philippe-Auguste » Auto édition 1990.

    Ci-dessus, blason de la famille de Clapion ou de Glapion extrait de http://www.armorial-limousin.fr/blasons_argentat.htm

     

    LES REMPARTS DE CRASVILLE-LA-ROCQUEFORT (Seine-Maritime)     « Jean sans Terre confisqua alors le fief au profit d’un de ses fidèles, le comte Guillaume de Varenne.
    Les descendants de ce dernier. Robert et Laurent de Sainte-Beuve, furent tout deux tués à Azincourt (1445), sous la bannière du roi de France Charles VI. La terre fut alors à nouveau confisquée par le vainqueur, le roi d’Angleterre, qui la remit à un chevalier anglais, Roger Penys, vicomte d’Arques. » [1]

    Ci-dessus blason de la famille de Varenne ou Warenn par SanglierT — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17666253

     
    LES REMPARTS DE CRASVILLE-LA-ROCQUEFORT (Seine-Maritime)     « Après l’expulsion des Anglais, en 1464, la terre est rendue aux
    descendants des Sainte-Beuve.

    Dès les premières années du 16ème siècle, la terre de Crasville passe entre les mains de la
    famille de Rocquigny qui la conserve jusqu’en 1876. » [3] 

     

    Blason de la famille de Sainte-Beuve dessiné par O. de Chavagnac pour l'Armorial des As extrait de http://dechav.free.fr/armorial/blason.php?id=Sainte-Beuve

     

    LES REMPARTS DE CRASVILLE-LA-ROCQUEFORT (Seine-Maritime)     « Cette famille de Rocquigny a essaimé, dans la vallée du Dun, dans le Pays de Caux et au-delà. Plusieurs branches sont encore florissantes aujourd’hui. » [1]

     

    Blason de la famille de Roquigny par gilloudifs

     

         La terre de Crasville est achetée aux héritiers de la famille de Rocquigny en 1876 par le vicomte Louis Philogène de Montfort (1840-1911), époux de Marie Alice Bathilde de Martel de Janville, sénateur de la Seine Inférieure et maire de Crasville-la-Rocquefort où il décède en son château. (...) » [3] 

     

         « Louis Philogène de Montfort, né le 3 février 1840 à Paris, mort le 10 octobre 1911 à Crasville-la-Rocquefort (Seine-Maritime), est une personnalité politique française. Fils d'un général, il entre à Saint-Cyr. Il quitte l'armée en 1873 et se lance dans la politique. Maire de Crasville-la-Rocquefort, conseiller général en 1883, il est député de la Seine-Maritime de 1889 à 1900, où il siège au groupe de la Droite républicaine et sénateur de 1900 à 1911. Il intervient beaucoup sur les questions militaires. » [5]

    Voir également : https://gw.geneanet.org/garric?lang=fr&n=de+montfort&oc=0&p=louis+philogene

     

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     Ci-dessus : à gauche, plan extrait du cadastre napoléonien ; à droite, calque du cadastre de 1947 : la parcelle 253 correspond-t-elle à l'emplacement de la motte féodale ? Archives de la Seine-Maritime, http://www.archivesdepartementales76.net/

     

    Description

     

    LES REMPARTS DE CRASVILLE-LA-ROCQUEFORT (Seine-Maritime)     « Le château de Crasville possède une motte féodale qui a joué certainement un rôle défensif pour la vallée du Dun. L’ouvrage se compose au centre d’une motte presque parfaitement circulaire (diamètre Nord-Sud : 32 mètres : diamètre Est-Ouest : 34 mètres) ; elle s’élève à 2,80 m au-dessus du fossé qui l’entoure. Au-delà de ce fossé, une enceinte à peu près concentrique est encore très visible ; sa largeur passe de 28 mètres d’Est en Ouest à 36 mètres du Nord au Sud. L’ensemble de l’ouvrage, protégé par de magnifiques hêtres roux, atteint environ 90 mètres de diamètre. Les études archéologiques menées par J. Le Maho à la motte de Mirville permettent d’imaginer cette motte féodale surmontée d’une tour de bois et entourée de palissades et de pieux. La partie la plus large de l’enceinte pourrait constituer la basse cour, habitat des soldats et refuge des paysans. Telle qu’elle est conservée, la motte de Crasville constitue une intéressante réserve archéologique. Il y a eu continuité entre cette motte et le château. Les anciens cadastres l’attestent et le vieux jardinier du château a relevé maintes fois des blocs de grès quand il voulait parfaire les pelouses. S’agissait-il d’une maison forte ? » [1]

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         « Le logis, ainsi que deux pavillons, ont été rebâtis un peu plus à l’Est par Jacques de Roquigny. Une inscription au-dessus de linteau de la porte mentionne la date de 1602 … » [3] 

     

         « Nous ne connaissons pas le maître d’œuvre de Crasville dont toutes les archives ont disparu. » [1]

     

         « Le château du 17e en briques et chaîne de grès est précédé d'une cour d'honneur avec deux pavillons symétriques et beau colombier plus ancien du 16e siècle. » [2] 

     

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         « Comme les pavillons d’entrée, le logis, abrité par une haute toiture d’ardoise, est édifié, sur un soubassement de grès, en brique sur laquelle tranche les grés clair en appareil harpé des chaînages d’angle et des piédroits des ouvertures. » [1]


         « La disposition est semblable sur les deux façades : un avant-corps central (escalier) en légère saillie, couronné par un fronton (curviligne avec oculus sur le jardin, de tracé triangulaire coupé par une grande lucarne sur la cour) ; de part et d’autre, une travée de grandes fenêtres surmontée, du côté de la cour, d’une importante lucarne a grand tympan triangulaire et petite ouverture en plein cintre. » [3]

     

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         « Les fenêtres intercalées entres ces travées et l’avant-corps central sont de facture beaucoup plus simple et doivent résulter de modifications ultérieures comme paraissent l’indiquer des remaniements dans l’appareil de brique.

         Les deux façades diffèrent cependant à leurs extrémités. Sur la cour d’honneur, le corps de logis es flanqué de chaque côté en avancée d’un pavillon de plan carré à toiture en hache, qui reproduit l’ordonnance des travées décrites ci-dessus.

         Par contre, sur le jardin, ce sont d’élégantes tourelles latérales cylindrique coiffées en poivrière très élancée, elles reposent en encorbellement sur un haut soubassement de plan carré ou l’on retrouve aux angles l’appareil de grand harpé. La brique est habilement utilisée à l’ornementation des façades.

         Les deux tourelles portent à leur base un bandeau en dents d’engrenage ; puis, au dessus de leur fenêtre, un bandeau plus large fait de damiers et de dents d’engrenage ; enfin, juste au-dessous de la corniche, se développe un troisième bandeau fort original qui s’inscrit au même emplacement tout au long des différentes façades du château : quatre rangées de briques de profil semi-elliptique, placées en opposition deux à deux, y dessinent deux chaînes superposées. Ce décor de briques de nos gentilhommières normandes mériterait à lui seul une étude approfondie qui à notre connaissance n’a pas encore été faite. Il faut pouvoir admirer ce décor par un bel après midi ensoleillé, comme le firent les congressistes. Signalons aussi que des trous de tir sont percés au niveau du premier étage, principalement sur la façade vers le jardin, ce qui nous rappelle que ce château fut construit en une période troublée. » [1]

     

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    Protection


    LES REMPARTS DE CRASVILLE-LA-ROCQUEFORT (Seine-Maritime)     « Les façades et les toitures du château (à l'exclusion de l'aile du 19e siècle), les deux pavillons d'entrée et le colombier sont inscrits aux Monuments Historiques en 1978." (...) » [3]

     

     

    Le colombier du château de Crasville-la Rocquefort, Crédit photo : Foxandpotatoes - Sous licence Creative Commons 3.0 https://monumentum.fr/chateau-pa00100608.html

     

     

    Légende

     

         « Une légende raconte qu'un sire de Crasville-la-Rocquefort voulut acheter un moulin à Fontaine-le-Dun. Le propriétaire de ce dernier refusa de vendre son bien. Le seigneur de Crasville-la-Rocquefort pour se venger utilisa des balles de laine afin de boucher les sources du Dun. Depuis l'eau ne coule quasiment plus sur Fontaine-le-Dun sauf lors des fortes pluies. » [3]

     

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    Sources :

     

    [1] Extrait de isamiga76 https://www.flickr.com/photos/33852840@N06/12953055185

    [2] Extrait de https://www.gralon.net/tourisme/a-visiter/info-chateau-de-crasville-la-roquefort-crasville-la-rocquefort-16708.htm

    [3] Extrait de http://www.auxpaysdemesancetres.com/pages/haute-normandie/seine-maritime-76/crasville-la-roquefort.html

    [4] Extrait de Bibliographie : Gaston Guérin : « Guérin, chancelier de Philippe-Auguste » Auto édition 1990. http://galaxie.guerin.free.fr/guppy/articles.php?lng=fr&pg=39

    [5] Extrait de Wikipédia

     

    Bonnes pages :

     

    O https://www.communes.com/photo-crasville-la-rocquefort,313872

    O https://gallica.bnf.fr/services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&startRecord=15&maximumRecords=15&page=2&query=%28gallica%20adj%20%22Crasville%20la%20Rocquefort%22%29#resultat-id-18

    O https://fr-fr.facebook.com/famille.la.chevre/photos/a.377109069018217/382763445119446/?type=3

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