• LES REMPARTS DE COURCY (Calvados)

    LES REMPARTS DE COURCY (Calvados) LES REMPARTS DE COURCY (Calvados) LES REMPARTS DE COURCY (Calvados)

     

         Le premier château de Courcy était probablement bâti de terre et de bois. Les fortifications étaient conçues avec une succession de trois enceintes : une première enceinte entourait le village, une autre la basse-cour et la dernière qui seule aujourd'hui subsiste constituait le cœur de la forteresse. Caractéristique de l'architecture militaire des 12e-13e siècles, ce monument est actuellement en danger du fait de l'absence de mesures de protection, alors même qu'il fait l'objet d'une inscription à l'inventaire des monuments historiques depuis 1975...

     

    LES REMPARTS DE COURCY (Calvados)  LES REMPARTS DE COURCY (Calvados)

    Plan hypothétique du site du château de Courcy ; blason de la famille de Courcy par I, Regulus, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2410622

     

    LES REMPARTS DE COURCY (Calvados)     « La fondation de la baronnie de Courcy remonte à Robert de Courcy, fils de Baudric le Teuton. Ce dernier est venu, au début du 11ème siècle, se mettre au service du duc de Normandie Richard II, qui en échange lui donne la terre de Courcy. Ce sont ses descendants, et son fils Robert, le premier, qui prennent le titre de baron de Courcy. Ils ont en leur possession une des plus importantes baronnie du duché, comprenant trente-deux paroisses et cinquante-six fiefs. Ils occupent de très hautes charges au sein du duché ; ils siègent à l’Échiquier et Robert III et Guillaume de Courcy accèdent même au titre de sénéchal de Normandie.

         Le château de Courcy est l'œuvre de cette illustre famille. Cependant, des fortifications existent sans doute déjà à l'époque gallo-romaine, non loin de l'emplacement du château actuel. Courcy étant situé sur une voie qui menait à Jort et à la frontière des territoires des cités de Lisieux et Sées, plus tard aux limites des diocèses de ces mêmes villes, le lieu est particulièrement exposé aux attaques. Lorsque Baudric le Teuton reçoit cette terre, on ne sait par quel système de fortifications le site est protégé. 

     

    LES REMPARTS DE COURCY (Calvados)     La première mention du château de la famille de Courcy apparaît dans "l'Histoire ecclésiastique", d'Orderic Vital, vers 1136-1141, avec la relation du siège du château en 1091, qui oppose Richard de Courcy et son allié Hugues de Grandmesnil à Robert de Bellême, aidé par le duc de Normandie Robert Courteheuse. Dans ce texte, il est fait mention de nouvelles fortifications. Richard de Courcy, petit-fils de Baudric le Teuton, défend donc son château, qui vient récemment d'être reconstruit ou renforcé. Cette construction, à la fin du 11ème siècle, est probablement encore en terre et en bois, mais assez solide pour résister à deux mois de siège.

     

    Gravure ci-dessus par Engelmann (photographie 2008 par Pascal RADIGUE) — Atlas des "mémoires de la société des antiquaires de Normandie", 1826, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4419213

    LES REMPARTS DE COURCY (Calvados) LES REMPARTS DE COURCY (Calvados) LES REMPARTS DE COURCY (Calvados) LES REMPARTS DE COURCY (Calvados)

    Photos Gilloudifs

     

        Les ruines du château actuel sont datées du 12ème et du 13ème siècles. A l'origine, il comprenait trois enceintes. L'enceinte extérieure, dont il ne reste plus de traces, englobait le village. Elle était défendue par des fossés, peut-être même par des palissades. La deuxième protégeait la basse-cour. Quelques vestiges sont conservés: la porte d'entrée du 13ème siècle et les fossés à plusieurs endroits. Les tours ont été démolies à la fin du 18ème siècle. La troisième et dernière enceinte constitue le château proprement dit. Elle a été endommagée dans la première moitié du 17ème siècle, lorsque le cardinal de Richelieu ordonne la destruction de la forteresse. Les agents de ce dernier font alors sauter les murs et les tours à la poudre, ne provoquant finalement que des brèches. A la suite de ces événements, le château est abandonné et abrite aujourd'hui une exploitation agricole.

         [En 1975 les « parties subsistantes de l’ancien château y compris le portail sur le chemin de Tôtes et le portail de la deuxième enceinte » sont protégées au titre de l'inventaire supplémentaire des monuments historiques (ISMH, 07/02/1975).Wikipédia]

     

    LES REMPARTS DE COURCY (Calvados)     L'enceinte, prenant la forme approximative d'un carré, est protégée par des fossés alimentés en eau par un ruisseau, nommé le Douet de Houle et par d'épaisses murailles, de dix mètres de hauteur environ et d'un mètre soixante-dix d'épaisseur, renforcées à l'origine par douze tours. Il ne subsiste que neuf tours rondes et une tour carrée. L'entrée au sud-ouest est défendue par deux tours rondes, qui l'encadrent. A l'extérieur, le rempart et les tours forment un talus à leur base. Les murs sont construits en petits moellons de pierre calcaire. L'ensemble du château fort est daté du 13ème siècle. Il est caractéristique de cette époque, notamment, avec la succession de trois enceintes défensives, l'adoption, pour la dernière enceinte, d'un plan polygonal régulier, flanqué de tours circulaires et la présence d'un talus de base. Gravure ci-dessus extraite de la Statistique Monumentale du Calvados d'Arcisse de Caumont, 1859.

         Cependant, certaines parties de la forteresse sont plus anciennes et semblent remonter au 12ème siècle : la chapelle Sainte-Catherine, aménagée dans un tour sud-est de l'enceinte, la partie basse des murs, à proximité de la chapelle, appareillée en arête de poisson et la tour carrée, dans le rempart nord-est.

         La chapelle datée du milieu du 12ème siècle, par son système de voûtement, se situe actuellement entre la maison d'habitation de la ferme et un bâtiment d'exploitation agricole. De l'extérieur de l'enceinte, sa présence n'est signalée que par une fenêtre plein-cintre appareillée en pierre de taille. L'intérieur minuscule de la chapelle se termine par une abside semi-circulaire éclairée par la baie fortement ébrasée qui donne sur l'extérieur du château. L'abside est couverte par une voûte en cul-de-four, portée par deux branches d'ogives à trois tores, qui retombent sur des culs-de-lampe en ciment. Les deux nervures s'achèvent dans un énorme arc doubleau, qui s'appuie sur des piliers engagés d'un mètre cinquante de large. Cet arc, qui marque la limite de l'abside, permet de soutenir le poids de la partie supérieure de la tour. Devant l'abside, un petit espace est surmonté également de deux branches d'ogives à trois tores, portées par des culs-de-lampe en ciment, mais ces nervures s'achèvent par une clé de voûte sculptée, incrustée dans le mur de la façade. La chapelle n'est qu'en partie romane, elle a subi d'importantes transformations aux 15ème et 16ème siècles. A cette époque, elle est raccourcie. La travée, qui précède l'abside, est alors scindée en son milieu par un mur, qui constitue la façade aujourd'hui et la clé de voûte se retrouve donc intégrée dans ce mur. La façade actuelle présente une porte arrondie moulurée, sous un fronton, garni de choux frisés, encadré de pinacles et sculpté en son centre d'un écu gravé aux armes des d'Aussonvilliers, seigneurs de Courcy au 16ème siècle. Une fenêtre à meneau de style flamboyant surmonte le fronton. L'ensemble de cette façade est intégré dans un arc plein-cintre, qui est, en fait, l'ogive centrale de la voûte sexpartite de l'ancienne travée romane, qui précédait l'abside. La chapelle était donc plus grande au 12ème siècle. L'appareil en arête de poisson à la base du mur du bâtiment agricole, perpendiculaire à la façade de la chapelle s'élève jusqu'à hauteur du sol de l'oratoire sur une longueur de sept mètres environ. La présence de ses arêtes attesterait que la chapelle était non seulement plus longue mais qu'elle mesurait sept mètres de plus et qu'elle se trouvait à l'étage. D'autres éléments; la présence notamment à gauche de la façade d'un autre arc plein cintre défiguré et d'arêtes de poisson à la base de ce mur, atteignant également le niveau du sol de la chapelle, permettent de supposer l'existence d'une structure contemporaine au petit édifice religieux. A l'intérieur de l'oratoire, dans les murs nord-est et sud-est de la demi-travée, sont conservés les vestiges de deux arcs plein-cintre, témoignant peut-être de la présence, à l'origine, d'un transept ou d'un passage dans la chapelle.

         La tour carrée, en mauvais état, est probablement aussi du 12ème siècle. Elle est constituée d'un blocage épais d'un peu plus de deux mètres d'épaisseur. A l'intérieur, des trous carrés, situés à trois ou quatre mètres du sol, recevaient sans doute l'extrémité des poutres d'un plancher.

         Le château fort de Courcy, pour l'essentiel du 13ème siècle, mais dont les vestiges les plus anciens datent de l'époque romane, témoigne des profonds changements, qui s'opèrent entre l'architecture militaire du 12ème siècle et celle du 13ème siècle. » Extrait de http://www.mondes-normands.caen.fr/france/patrimoine_architectural/normandie/Plaine_falaise/Morteaux-Couliboeuf/01-05courcy/courcy.htm

     

    LES REMPARTS DE COURCY (Calvados) LES REMPARTS DE COURCY (Calvados) LES REMPARTS DE COURCY (Calvados) LES REMPARTS DE COURCY (Calvados)

    Photos Gilloudifs

     

         Un dossier pédagogique sur le château de Courcy a été établi par le Service Départemental d'Archéologie du Calvados en 1997 : http://www.etab.ac-caen.fr/discip/action_culturelle_academique/serviceseducatifs/pdf/dossier_courcy.pdf

     

    Bonnes pages :

    O http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateaux-calvados-chateau-a-courcy-chateau-fort-courcy.html

    O  https://books.google.fr/books?id=GeQAAAAAYAAJ&pg=PA102&lpg=PA102&dq=Ch%C3%A2teau+de+Courcy+Calvados&source=bl&ots=TN0NPSt4Jm&sig=RrUqbDB-Fj8AYhNHdXCh5orobfE&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwis0d7ok8POAhUsK8AKHVE2CU04FBDoAQhDMAY#v=onepage&q=Ch%C3%A2teau%20de%20Courcy%20Calvados&f=false

    O http://mes-vieux-chateaux.blogspot.fr/2016/08/le-chateau-de-courcy.html

    « LES REMPARTS DE SAINT-PIERRE-DE-SEMILLY (Manche)LES REMPARTS DE DAMVILLE (Eure) »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :