• LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)

    LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne) LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne) LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)

     

         « Entre Colonard et Nocé, sur le revers d'un vallon, on découvre de façon tout à fait inattendue, les toits du manoir de Courboyer dont les poivrières pointues apparaissent curieusement à ras des prés et des pommiers. » [2]

     

         « Le manoir de Courboyer est situé sur le territoire de la commune de Nocé, dans l’Orne. » [1]

     

         « Courboyer était jadis entouré d'une enceinte qui a complètement disparue : les bâtiments de ferme, eux-mêmes, ne semblent dater que du 19ème siècle. (...)

         Contrairement à beaucoup de manoirs du Perche, dont le nom n'apparaît qu'après la guerre de Cent Ans, Courboyer est connu antérieurement, aux mains d'une famille portant le nom même de cette terre. C'était une maison forte. » [2]

     

         « Depuis 2000, le manoir de Courboyer est le siège de la Maison du Parc naturel régional du Perche. » [1]

     

    LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)    LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)

      Plan hypothétique du manoir de Courboyer à Nocé ; blason du Perche par Bruno Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Bruno., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1425366

     

    Historique

     

    LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)     « Sur les quelques 700 manoirs percherons construits lors de la période de redressement économique d'après la Guerre de Cent Ans, une centaine seulement subsiste aujourd'hui. Erigé à la toute fin du 15e siècle, le manoir de Courboyer est l'un des rares ouverts à la visite, et l'un des plus grands. » [3]

     

         « La seigneurie de Courboyer relevait directement de la châtellerie de Bellême car le seigneur était tenu à la garde et à la défense d'une tour du côté du faubourg Saint-Pierre. De nombreux fiefs constituaient les dépendances de Courboyer. Non seulement le chapelain mais aussi le curé de Nocé étaient à la présentation du seigneur de Courboyer qui possédait le droit de haute, moyenne et basse justice.

         Il recevait, en outre, les revenus des banalités de Nocé, four et moulin. (...)

         La guerre de Cent Ans, dont les opérations militaires se terminèrent dans le Perche en 1449, avait décimé la plus grande partie de la noblesse locale et complètement anéanti les châteaux et les demeures seigneuriales.
         Aussi, aux premières heures de la Renaissance, une nouvelle noblesse vit le jour et entreprit de relever les terres dévastées par plus d'un siècle de combats. Les manoirs à la différence des châteaux accueillaient, non seulement le corps de logis dont le volume et le décor se devaient d'extérioriser la richesse du seigneur qui l'habitait, mais aussi des bâtiments de ferme (...)

         Courboyer est bâti à l'emplacement d'un manoir plus ancien ou d'une maison forte qui devait porter ce nom. Il plonge ses racines dans le Moyen-Age, et garde sa part de mystère. Ni les dates de construction, ni le nom de son constructeur ne sont connus. Il faut attendre 1368 pour voir apparaître un bail portant ce nom et la fin de la guerre de Cent Ans pour rencontrer, dans les actes, de nouveaux seigneurs de Courboyer : Guyot de Raygniel et Marie de Cintray sa femme (décédés vers 1480/1500). 

         Il est couramment admis que c'est à ce couple que l'on doit le manoir actuel, construit entre 1450 et 1480.

     

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         La chapelle, de style gothique flamboyant, fut fondée le 3 novembre 1500 par Jehan de Courboyer et placée sous le patronage de Notre-Dame-de-la-pitié. L'intérieur renfermait des peintures murales représentant des saints et la vie de Saint-Hubert et Saint-Christophe portant l'Enfant Jésus sur ses épaules.
         Parmi les descendants de Guyot de Raygniel et de Marie de Cintray, figure Marie de Courboyer, née sous François 1er, mariée quatre fois, décédée en 1594.

         Elle épousa successivement :
    1 Guillaume de Pluviers dont elle aura 4 filles et un garçon. Il est emprisonné à la Conciergerie à Paris et meurt en 1558.
    2 François de Guérin (...) dont elle aura trois filles. Il est tué le 4 juillet 1573 à Mortagne d'un coup d'épée dans la gorge.
    3 Pierre de Besnard, tué le 24 mai 1580, d'un coup d'arquebuse alors qu'il se rendait à Saint-Jean-de-la-Forêt, sur la route de Courboyer à Bellême.
    4 Pierre Simon, exécuté, pendu, le 17 octobre 1586, au Mans. Affaire de religion ou condamnation pour meurtre et violences ? Elle décède vers 1591
         Courboyer et son domaine échurent aux deux plus jeunes de ses filles : Marie et Suzanne Guérin, qui se marièrent à deux frères, Jehan et Jacques Frébourg Seigneurs du Plessis. Les deux couples vendirent (en 1600) Courboyer à Pierre de Fontenay, écuyer, sire de la Reynière, déjà propriétaire de l'Angenardière à Saint-Cyr-la-Rosière.


     LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)    Lorsque Pierre de Fontenay fait l'acquisition de Courboyer entre 1594 et 1600, il était déjà un homme puissant, issu d'une grande lignée, possédant terres et seigneuries. Il était également capitaine de cinquante homme d'armes et gouverneur de la ville et du château de Bellême. Capitaine de grande réputation, il se comptait parmi les fidèles de Henri IV auquel il avait soumis toute la contrée au temps des guerres de la Ligue.

    Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_de_Fontenay

    Ci-dessus, blason de la famille de Fontenay par Gilloudifs.

     

    LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)     Aussi, commença une longue période d'inoccupation du manoir, seules les dépendances étaient habitées par les fermiers chargés d'exploiter le domaine.

         Après sa mort survenue le 18 mai 1610, son fils René hérita de Courboyer.
         Par le jeu des mariages, Courboyer passa vers 1650 aux Pilliers qui cédèrent en 1733 le manoir à Pierre de Barville, frère du seigneur de Nocé. Ce dernier possédait d'autres manoirs et résidences, mais il décida cependant d'habiter Courboyer et de redonner vie au vieux logis abandonné. Après sa mort, en 1761, le manoir entra dans les familles d'Escorches et de Mésenges. Courboyer connut, alors, une nouvelle période d'abandon. Le domaine traversa la Révolution sans encombre avant d'être saisi comme bien national en 1797. Il connut ensuite plusieurs autres familles.
         Malgré les réparations survenues au 18ème siècle, la chapelle subit une lente dégradation. En 1947, elle était en ruine, fut démolie et les matériaux servirent à empierrer les chemins et construire une bergerie. Cette affaire eu un retentissement national et le propriétaire condamné devant le tribunal correctionnel, à payer une forte amende. (…)

         Depuis février 2000 Courboyer est devenu la propriété du Parc naturel régional du Perche. » [2]

     

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    LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)     « Le 11 juillet 2005, Mme Nelly Olin, ministre de l'Écologie et du Développement durable, inaugure la Maison du Perche. » [1]

     

         « Aujourd'hui encore, le manoir de Courboyer s'élève fièrement au milieu d'un domaine de 65 hectares. Au détour des sentiers de promenade et d'interprétation, les visiteurs peuvent voir des prairies où vivent chevaux percherons, chevaux de selle, ânes normands et du Cotentin, vaches normandes... mais aussi vergers, mares, étang, rivière, potager, rucher conservatoire... » [3]

     

    Architecture

     

    LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)     « 15e siècle ; 16e siècle : Corps de logis rectangulaire à trois étages. En arrière, se trouve une forte tour cylindrique, et en avant une tour octogonale contenant l'escalier à vis ainsi que le pigeonnier. Chaque angle comprend une tourelle en encorbellement avec mâchicoulis. [A quelques mètres en avant de la façade principale, est située une chapelle indépendante, percée de baies flamboyantes, et renfermant des fresques du 16e siècle. aujourd'hui détruite] Cette demeure constitue le type le plus complet et le plus classique des manoirs du Perche. » [4]

     

    LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)     « C’était un manoir seigneurial, une gentilhommière dont les fortifications avaient principalement pour but d’intimider les vassaux récalcitrants et de défendre les châtelains contre les attaques du voisinage. En approchant du manoir, la première chose qui frappe les yeux est la tour cylindrique, formant donjon, placée à l’arrière du bâtiment principal et dominant tout l’édifice par son importance et sa hauteur; puis on aperçoit l’élégante tourelle octogonale coupant en deux la façade du principal corps de logis, dans laquelle serpente l’escalier à vis qui dessert les trois étages. Quant au bâtiment central, il est rectangulaire et terminé, aux deux extrémités, par des pignons […] flanqués de deux échauguettes à mâchicoulis, posées en encorbellement sur l’angle des murs. Ces échauguettes, ainsi que la partie la plus élevée du donjon, servaient à abriter les guetteurs qui observaient, de leur poste, les quatre points cardinaux. » Charles Wable, architecte à Paris, 1896 [5] Plan ci-dessus d'après les travaux de M. Wable.

     

    LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)     « Autant la façade arrière est restée rude et toute militaire, quoique la bretèche ne fut qu'un lieu d'aisance, autant la façade principale, à l'est, se présente d'une manière agréable avec un percement régulier ; une fenêtre à chacun des trois niveaux éclaire une grande salle de chaque côté de la tour d'escalier, de plan octogonal.

         La plupart des baies ont conservé leur mouluration et ont retrouvé dernièrement leurs croisées de pierre. Une belle porte gothique s'ouvre au pied de la tour d'escalier, au nord.

         Toute la grâce de Courboyer tient à ses toits de vieilles tuiles avec ses échauguettes aux quatre angles portées par des mâchicoulis, avec sa petite tourelle qui accoste la tour d'escalier, avec ses hauts pignons dont les rampants s'ornent de rostres sculptés. » [2]

     

         « Trois des cinq niveaux du manoir se visitent. Le visiteur peut y découvrir des expositions temporaires sur les thématiques portées par le Parc (biodiversité, circuits courts, eau...), des expositions artistiques, une évocation du monde manorial et une collection d'objets ayant appartenu à la famille de Fontenay, anciens seigneurs de Courboyer, le drapeau des Ligueurs (classé M.H.), un diaporama sur les fleurs et les manoirs du Perche. » [3]

     

    LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)     « Tout le confort intérieur réside dans les cheminées, encore d'esprit gothique, hautes et à simples moulurations prismatiques ; la grosse tour comporte également une cheminée à chaque étage, mais la dernière est arrachée, ainsi que la souche qui sortait du toit. Au dernier étage de la tour d'escalier, la chambre du guetteur, transformée plus tard en colombier, s'orne également d'une cheminée qui elle aussi, a depuis longtemps perdu son conduit ; la clé du linteau est gravée d'une inscription latine qui peut se traduire en lettres capitales : « Maison des Muses et de Jacques de Frébourg, avocat au siège de Bellême et gendre de cette maison. Fait l'an du Seigneur 1589 ; le jour du 4 septembre. » (…)

     

    La chapelle disparue :

     

    LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)     Courboyer avait une chapelle plantée de biais dans la cour ; la porte flamboyante et un petit clocher-mur à deux cloches en étaient le principal ornement. L'intérieur avait comporté des fresques représentant la vie de Saint Hubert et de Saint Christophe relevées par un archéologue au siècle dernier. Cette chapelle a été froidement abattue par le propriétaire en 1947, à cause de son mauvais état. La condamnation par les tribunaux pour cette destruction de Monument historique fit quelque bruit dans le pays et prévint, sans doute, d'autres démolitions en décourageant d'éventuels vandales. » [2]

     
     

     

    LES REMPARTS DE COURBOYER (Orne)     « La chapelle était située à droite mais complètement détachée du bâtiment principal ; elle avait été édifiée au 15e siècle par Jean de Courboyer. Le petit clocher, en bâtières, était percé de deux arcades à jours, d’un modèle courant dans le midi de la France, mais unique dans notre Perche. Le portail était aux moulures simples mais d’un profil raffiné. Cette chapelle gardait des fresques représentant « le Jugement Dernier », « la Chasse de saint Hubert et saint Christophe », et d’inestimables peintures murales qui ornaient les murs. De cette chapelle, de ces fresques et de ces peintures, il ne reste plus rien, puisque sans autorisation, monsieur Virlouvet, ayant besoins de pierres pour bâtir et boucher les ornières de ses chemins, fit jeter bas cette merveille. Quelques archéologues, venus visiter Courboyer pour admirer ce joyau d’architecture, eurent le stupéfaction de ne plus trouver que les ruines de cette chapelle, dédiée à Notre-Dame de Pitié. Cette visite eut cependant un heureux résultat puisqu’elle empêcha M. Virlouvet de jeter à terre le manoir tout entier. Il dut se contenter de faire construire, sur l’emplacement de la chapelle disparue, des niches à lapins. Le marchand de bestiaux vient de comparaître devant le tribunal correctionnel de Mortagne qui rendra son jugement le 15 décembre 1947. Les Beaux Arts réclament un million de dommages et intérêts et la Société Historique de l’Orne demande la reconstruction de la chapelle, évaluée à trente millions, celle-ci apparaît pratiquement impossible. (...)

         M. Virlouvet […] qui avait fait démolir une chapelle du 15e siècle dans son domaine de Courboyer, a comparu hier devant le tribunal de Mortagne. Le maquignon a été condamné à 50.000 francs d’amende et à 500.000 francs de dommages et intérêts. […] La loi de 1913 relative aux Monuments historiques et celle de 1926 relative à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques obligent à avoir une autorisation de l’administration des Monuments Historiques avant toute modification d’un bâtiment classé ou inscrit à l’Inventaire Supplémentaire. » [5] 

     

         « Courboyer est classé Monument historique depuis le 10 avril 1981. » [2]

     

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    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de http://pignard-lachaize.fr/bio-decourboyer.htm

    [3] Extrait de http://www.parc-naturel-perche.fr/le-parc-en-action/bienvenue-la-maison-du-parc/le-manoir-de-courboyer

    [4] Extrait de http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA00110876

    [5] Extrait de http://www.lamaisondeprintemps-normandie.com/p/maison-du-parc-du-perche-manoir-de.html

     

    Bonnes pages :

     

    O Site de la Maison du Parc Naturel Régional du Perche : http://www.parc-naturel-perche.fr/le-parc-en-action/bienvenue-la-maison-du-parc

    O http://pignard-lachaize.fr/bio-decourboyer.htm

    O http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k426711t/f253.image.r=%22manoir%20de%20Courboyer%22

    O http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6496718m/f31.image.r=%22manoir%20de%20Courboyer%22?rk=150215;2

    O http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54572948/f374.image.r=Courboyer%20Wable

     

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