• LES REMPARTS DE CONDE-SUR-NOIREAU (Calvados)

    LES REMPARTS DE CONDE-SUR-NOIREAU (Calvados) LES REMPARTS DE CONDE-SUR-NOIREAU (Calvados) LES REMPARTS DE CONDE-SUR-NOIREAU (Calvados)

     

    Condé-sur-Noireau, un château disparu...

         « Le nom de la localité est attesté au Moyen Âge sous les formes latinisées Condatensem, Condetensem vicum vers 1020, puis Condati 1106-1135, Condé en 1236. » [1]

     

    LES REMPARTS DE CONDE-SUR-NOIREAU (Calvados)     Condé-sur-Noireau est surtout connu pour son passé industriel : « La ville comptait avant le 18e siècle deux importants moulins à farine sur le Noireau, le moulin de Saint-Martin en amont et le moulin Biot en aval, et un autre sur la Druance, le moulin de la Bataille. Il y avait également des moulins à tan et des moulins à foulon.

         Dès le 18e siècle, Condé est l’une des cités les plus actives du département. La fabrication de la toile, des draps et du lin fait vivre environ 7 000 ouvriers. La coutellerie est également réputée. (...)

         Condé fut l'une des premières villes majoritairement réformée. Au 16e siècle, les protestants y tinrent plusieurs assemblées. » [1] 

     

    LES REMPARTS DE CONDE-SUR-NOIREAU (Calvados)     Plus loin dans le passé, Condé-sur-Noireau posséda son château-fort et, peut-être même, des remparts enserrant le bourg médiéval. Ces fortifications ont aujourd'hui totalement disparu d'autant que la ville ancienne a été détruite à 95 % par les bombardements en 1944. (NDB)

     

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     Plan hypothétique de l'emplacement de la tour de Condé-sur-Noireau ; blason de Condé-sur-Noireau par Anno16Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personnel iLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Anno16., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1363506

     

    LES REMPARTS DE CONDE-SUR-NOIREAU (Calvados)     1785 : « Condé consistoit originairement dans le château dont on voit encore les ruines ; il étoit environné de douves profondes, et commandé par un château plus ancien, situé sur la motte de Lûtre (Luttre). Ce dernier a donné le nom à la rue du Vieux Château.
    La première cour du château de Condé s'étendoit depuis le carrefour jusqu'au pont où il y avoit deux portes, l'une tendante aux Chaillouets, appellée Porte Gallon, qui subsiste encore (Il y avoit une Inscription Gothique sur une poutre de cette porte qui ne peut être déchifrée que par le sieur Boulot, médecin de Condé ; mais elle a été perdue) ; l'autre au Nord, appellée Porte Callar, en face du pont dont elle étoit éloignée d'environ sept toises, fut abattue au commencement de ce siècle, afin d'y passer une voiture d'orangers en caisse pour un certain seigneur. La troisième étoit située proche l'auberge du Chat qui tourne, à l'entrée de la rue qui conduit de la Halle-a-Bled au moulin de la Bataille. La quatrième étoit au bout oriental de la rue du Chêne ; les vieillards disent en avoir encore vu les gonds qui étoient d'une grosseur prodigieuse.
    Le ruisseau du Bas-Mênil, qui passe derrière l'auberge du Lion d'Or, traverse la rue du Vieux Château où étoit la Porte Noger, et se jette dans la Druance, au-dessous du pont de Condé, formoit la seconde enceinte du château. Le vieux château de la motte de Lûtre étoit défendu par un fort qui étoit dans la rue Saint-Pierre, vers la maison d'André. 
    » Abbé Marie [2]

     

    Gravure ci-dessus :Veüe du Bourg de Condé sur la Rivière de Noireau à 5 lieües de Vire, et à sept de Falaise 1706 : [dessin de Louis Boudan ?] http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6901725d.r=Cond%C3%A9-sur-Noireau?rk=21459;2  On voit très distinctement la tour de Condé-sur-Noireau.

     

    LES REMPARTS DE CONDE-SUR-NOIREAU (Calvados)     1844 : « C'est une tradition, généralement admise à Condé, qu'un ancien édifice existait sur la motte de Lûtre, Une des collines qui domine la ville, au midi.

         C'était, dit-on, un château, dont on a cru reconnaître les fondements, en pratiquant, sur les lieux, des excavations récentes. Un autre fait vient à l'appui de cette opinion ; une des rues de la ville, qui n'en est pas éloignée, porte encore le nom de rue du Vieux-Château.

         Ce qui paraît beaucoup moins douteux, c'est que Condé consistait originairement dans le château, dont on voit encore une ruine remarquable à peu de distance de l'église Saint-Sauveur. (...)

     

    LES REMPARTS DE CONDE-SUR-NOIREAU (Calvados)     Si l'on en croit une chronique manuscrite de la bibliothèque d'Alençon, et, souvent citée dans le Neustria Pia, Rollon, premier duc de Normandie, passa par Vire, Condé sur-Noireau et Falaise, en 911, première année de son règne.

     

         Quoiqu'il en soit, dans l'onzième siècle, le seigneur de Condé-sur-Noireau ne resta pas étranger aux événements signalés qui illustrèrent le règne de Philippe Ier, roi de France, la conquête de l'Angleterre et la première croisade. En 1066, il accompagna le duc Guillaume à la conquête de l'Angleterre, avec Roger et Ildebert de Lacy, les seigneurs de Saint-Jean-le-Blanc, d'Aunay, de Saint-Omer, du Tourneur, de Vassy et de la Ferrière.

    Détail ci-dessus de la gravure montrant la tour de Condé au début du 18ème siècle ; Veüe du Bourg de Condé sur la Rivière de Noireau à 5 lieües de Vire, et à sept de Falaise 1706 : [dessin de Louis Boudan ?] http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6901725d.r=Cond%C3%A9-sur-Noireau?rk=21459;2  

     

         La majeure partie de la noblesse Normande s'empressa aussi de suivre Guillaume-le-Conquérant à cette brillante expédition.

         En 1096, le seigneur de Condé-sur-Noireau accompagna aussi Robert, duc de Normandie, à la première croisade, avec Jean de Saint-Germain-du-Crioult, Robert de Marsengle (village de Saint-Jean-le-Blanc) et les seigneurs de Cerisy, de Coulonces, de Croisilles, de La Ferrière, de Vassy, de Tournebu et une grande partie des seigneurs et barons Normands. (...)

         Quoiqu'il en soit, nous regardons comme ayant été fondées au plus tard, dans le douzième siècle, les deux vieilles églises, de Saint-Sauveur et de Saint-Martin.

         Ce fut aussi à la même époque que furent jetés les fondements du château, dont on voit encore une ruine remarquable à peu de distance de l'église Saint-Sauveur Indépendamment de ces deux édifices religieux et de ce château-fort plusieurs fondations pieuses furent faites, au 12e siècle. (…)

         Un siècle ne s'était pas encore entièrement écoulé depuis que Saint-Louis avait honoré de sa présence la ville de Condé-sur-Noireau lorsque la Basse-Normandie fut en proie au fléau de la guerre. (…)

         En 1356, le roi de Navarre, maître du Cotentin, débarqua à Cherbourg, avec dix mille hommes, qui, réunis aux Anglais, se répandirent sur divers points, de la Basse-Normandie, pour s'emparer des forteresses. (...)

         Ils se rendirent maîtres des forteresses de Saint-Vaast, près Tilly-sur-Seules, et du fort de Lingèvres, dans le canton de Balleroy. De ces deux points, la troupe se répandait journellement dans le Bocage ; elle pillait les fermiers, emprisonnait les maîtres, et leur arrachait de fortes rançons. La forteresse de Villers-Bocage, celle de Condé-sur-Noireau, de Saint-Sever et de Saint- Denis-le-Gast, tombèrent en leur pouvoir. (…)

         En 1360, par suite des traités de Calais et de Brétigny, le roi Édouard rendit la tour de Villers-Bocage, les forteresses de Saint- Vaast, de Condé-sur-Noireau, etc., que ses troupes occupaient. (...)

         Charles II, dit le mauvais, roi de Navarre, sépara la baronnie de Condé-sur-Noireau, du comté de Mortain, avec sa justice, pour la donner, en dot, à Blanche sa sœur, qui fut la seconde femme de Philippe de Valois, en 1349. (…)

         En 1396, la reine Blanche donna le château et la châtellenie de Condé-sur-Noireau à Pierre de Navarre son neveu, comte de Mortain. En 1412, le roi de Navarre hérita de cette châtellenie, par la mort de son frère Pierre, ainsi que des terres de Vassy, Tracy, Saint-Vigor-des-Monts, etc., que son frère avait acquises. » [3]

     

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         « En 1418, pendant la guerre de Cent Ans, elle tombe sous la domination anglaise et John Fastolf en est le gouverneur. La ville est plus tard employée par François de Surienne pour attaquer la ville de Fougères en Bretagne. Cela mène à la fin de la guerre de Cent Ans, quand Charles VII reprend la ville, et tout le duché de Normandie. » [1]

     

           « Le château de Condé occupait un emplacement considérable : on y accédait par quatre portes dont deux, la porte Gallon et la porte Callar étaient situées auprès du pont qui traverse la Druance.

     

    LES REMPARTS DE CONDE-SUR-NOIREAU (Calvados)     « La tour du château de Condé, dit M. l'abbé Marie, était un superbe monument, qui l'emportait de beaucoup sur la halle à farine de Paris, si vantée par nos contemporains. C'était un cylindre, haut de 50 pieds, dont le diamètre intérieur était de 36 pieds, et le diamètre extérieur de 54 pieds à cause de l'épaisseur des murs qui a était de 9 pieds, ce qui formait une circonférence de plus de 160 pieds.

         Cette tour, construite en pierres de taille, était ornée à l'extérieur par 20 grosses colonnes, qui s'élevaient du bas jusqu'à l'astragale, ou cordon, qu'on y voit encore ; ces colonnes étaient surmontées par vingt autres plus petites. La cime était terminée par des crénaux et des arcades très élevées : au centre était un puits, qui est comblé, le bas n'avait d'autre ouverture que par une porte située à l'occident, deux fenêtres au midi , et une meurtrière, à l'orient. On avait pratiqué, dans l'épaisseur de la maçonnerie, des cachots, des latrines et un escalier tournant pour monter dans la chambre, qui était un décagone régulier, et sur le parapet, où l'on pouvait commodément jouer aux boules (Le jeu des boules qui servoit de récréation a la jeunesse, et dont le plus fréquenté étoit celui du Champ Saint-Gilles, a cessé l'an 1779 pour
    faire place au jeu de billard). La chambre voutée avait une cheminée du côté du midi. Il y avait aux environs de cette tour différents chemins souterrains, dont l'un conduisait à l'église, l'autre au carrefour, etc.

         La partie orientale de la tour croula, l'an 1747 ; 30 ans après, un nommé Lair de la Blare entreprit de l'abattre jusqu'à la hauteur où elle est aujourd'hui : il eut toutes les peines du monde à en venir à bout, tant il est vrai que les Romains savaient donner à leurs ouvrages l'empreinte de l'immortalité. Les premiers décombres servirent à réparer les ponts, les « écluses et les rues ; les derniers furent employés à construire la prison, dans le lieu de l'ancienne maison du château, qui tomba en ruines, l'an 1771, sans écraser le garde qui habitait le haut, ni le concierge avec ses prisonniers, qui demeuraient en bas.

         La démolition de la tour devint funeste aux volatiles, qui en étaient en possession de temps immémorial.

         L'oiseau nocturne y faisait entendre ses lugubres cris ; les moineaux y avaient fondé une bruyante république dont le voisinage nuisait beaucoup à nos jardins et à nos champs ; les martinets y avaient aussi un pied-à-terre, et passaient tous les ans la mer pour venir nous rendre visite, dans la belle saison ; mais ils furent contraints, les uns et les autres, d'abandonner les foyers où leurs aïeux s'étaient maintenus, pendant tant de siècles, malgré la guerre continuelle que leur faisaient nos arquebusiers. »

         Il y avait, au midi de la tour, une porte, avec pont-levis, nommée le corps-de-garde. Ce fut par cette porte que les troupes de Charles VII, pénétrèrent dans le château, en 1449.

         Il fut repris, par les Français, sur les Anglais, qui en avaient été maîtres, pendant 31 ans. Le château de Condé, dont on voit encore les ruines près de l'église Saint-Sauveur, était alors en état de défense, comme il l'était encore, dans le seizième siècle, tandis que le duc de Montpensier était lieutenant général de la Normandie.

         Charles de la Broyze, sieur de la Plantine était capitaine-gouverneur du château et bourg de Condé. Le 13 juin 1582, il nomma son lieutenant, au gouvernement du même château, Jacques Deprépetit, écuyer, sieur de la Turquaizière, pour sa bonne conduite, diligence, hardiesse et vaillance.

         Louis, de Rohan-Guéméné, comte de Montbazon, seigneur de Condé, écrivit une lettre, le 15 avril 1585, à M. de la Turquaizière, capitaine à Condé-sur-Noireau. Quand M. Deprepétit reçut sa commision de lieutenant, ce château était menacé d'un siège, par le baron de Verrier, seigneur de Vassy, qui en était éloigné de deux lieues. Pierre Deprepétit, mort en 1711, sieur de Saint-Pierre, fut le dernier gouverneur de Condé-sur-Noireau et du château de ce bourg. »

         « Les ruines de la vieille tour du Château que l'on voit encore au nord de la ville, près de l'église Saint-Sauveur, ont en partie échappé au marteau des démolisseurs, pendant la tourmente révolutionnaire. Les murs ont environ trois mètres d'épaisseur et dix de hauteur.

         Les souterrains, par lesquels on communiquait avec l'extérieur, subsistent encore en partie. C'est par erreur, que le bon et respectable abbé Marie attribue aux romains ce monument du moyen-âge. Pour nous, nous sommes convaincu que c'est un édifice de l'onzième siècle ou au plus tard du douzième. » Abbé Barette [3] 

     

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     A gauche : plan extrait du cadastre napoléonien : le pointillé vert signale la possibilité du tracé d'anciens remparts ou d'une ligne de palissades voire d'un fossé... ; à droite, superposition de ce cadastre sur un plan actuel qui permet de situer l'emplacement de l'ancienne tour de Condé sur Noireau. Tout cela reste bien sûr à vérifier... Si quelqu'un a des informations à ce sujet...

     

         En ce qui concerne la fin du Moyen-Âge, après la mort de Charles III, roi de navarre, en 1425 « cette châtellenie passa à Jeanne de Navarre, sa sœur, épouse de Jean Ier, vicomte de Rohan. Louis II de Rohan, vicomte de Guéméné, et arrière petit-fils de Jeanne de Navarre, fit hommage à Louis XI en février 1469, de ses terres de Condé-sur-Noireau, Tracy et Vassy. (…)

         L'un de ses descendants, Louis de Rohan VI, comte de Montbazon et sénéchal d'Anjou, la laissa, en 1469 à Isabelle de Rohan, sa fille, qui la porta, en mariage, ainsi que la terre de Tracy, à Nicolas de Pellevé, comte de Flers. Nicolas de Pellevé eut pour successeur Louis de Pellevé, son fils aîné. Celte seigneurie passa ensuite à Pierre de Pellevé, maréchal de camp des armées du roi.... » [3]

     

    LES REMPARTS DE CONDE-SUR-NOIREAU (Calvados)« Eglise Saint Sauveur :

     

         A l’origine, cette église correspondait à la chapelle du château construit au 10ème siècle. Elle se trouvait ainsi à l’extérieur des murs. Un souterrain la reliait au château pour que le châtelain puisse assister à la messe sans sortir de l’enceinte du château. La chapelle est devenue une église annexe de la paroisse de Saint-Martin en 1695, mais Saint-Martin demeura l’unique église paroissiale de la commune jusqu’à la Révolution. » [4]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de Histoire de Condé-sur-Noireau par l'abbé MARIE (1785) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5489377j/f50.item.r=Cond%C3%A9-sur-Noireau.texteImage

    [3] Extrait de Histoire de la ville de Condé-sur-Noireau ; suivie d'une notice sur Dumont-d'Urville par l'abbé Jean Barette ; Éditeur : Auger (Condé-sur-Noireau), 1844. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6522912w/f17.image.r=Cond%C3%A9-sur-Noireau

    [4] Extrait de http://normandie61.eklablog.com/conde-sur-noireau-a106810524

     

    Bonnes pages :

     

    O http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5489377j/f50.image.r=Cond%C3%A9-sur-Noireau

    O http://normandie61.eklablog.com/conde-sur-noireau-a106810524

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