• LES REMPARTS DE CANISY (Manche)

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche) LES REMPARTS DE CANISY (Manche) LES REMPARTS DE CANISY (Manche)

    A droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         « Le château de Canisy est un château de la Manche, situé près de Canisy à sept kilomètres de Saint-Lô.

         Magnifique ensemble architectural au sein d'un vaste parc et domaine agricole de 300 hectares, il figure parmi les « 7 merveilles de la Manche. » [1]

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Le château de Canisy fut construit au 16e siècle, sous Henri IV, en pierre de Troisgots. Son escalier est daté de 1588. Deux ailes du quadrilatère initial ont été détruites en 1740 par un incendie, il en reste deux tours cylindriques. Le château, restauré en grande partie à la période romantique, est entouré d'un beau parc à l'anglaise. Il évoque celui de Torigni pour le maréchal de Matignon, beau-père de Hervé de Carbonnel, constructeur du château de Canisy. Propriété privée de la famille de Kergorlay, il est classé Monument Historique depuis le 8 septembre 1945. » [2]

     

         « Depuis le Moyen Âge, le château est resté dans la même famille et il offre à la fois la diversité et la continuité historique : tours médiévales, ailes Renaissance, parc romantique à l'Anglaise mais incluant des perspectives à la Française. ». [1]

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)LES REMPARTS DE CANISY (Manche)

     Plan hypothétique du château de Canisy ; blason famille de Carbonnel extrait de https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=blasons&id=5998056&desc=carbonnel_famille_normande&individu_filter=carbonnel

     

    Historique :

     

         « Les familles qui ont possédé le château sont les Carbonnel, les Faudoas et les Kergorlay. » [3]

     

    Les Carbonnel :

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « En 1066, Hugues de Carbonnel participe à la conquête de l'Angleterre aux côtés de Guillaume le Conquérant. Il est déjà à l'époque le seigneur de Canisy. Du château médiéval subsistent une tour fortifiée et un corps de logis. » [4]

     

         « En 1096, cinq membres de la famille de Carbonnel prennent part à la première croisade et se trouvent à la prise de Jérusalem.

         En 1145, Henri de Carbonnel prend part à la seconde croisade. » [2]

     

         « Au milieu du 12e siècle, Toustain de Billy trouve une famille de Canisy, dont une fille épouse Hugues de Carbonnel, seigneur de Nacqueville. Celui-ci portait dans ses armes : Coupé de gueules et d'azur, chargé de trois besants d'hermine.

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     Les Carbonnel étaient probablement d'origine normande. Vincent de Beauvais, dans son Speculum historiœ, parle d'un Harold Carbonnel, compagnon de Rollon, et M. de Gerville d'un Hubert Carbonnel qui suivit Guillaume en Angleterre, d'un Hugues de Carbonnel qui se croisa contre les Sarrazins, et de plusieurs membres de cette famille qui partirent avec les Tancrède pour la conquête de la Sicile.
    Puis nous les trouvons parmi les bienfaiteurs de l'église de Coutances. Diverses autres abbayes, celles de Saint-Fromond, de la Périne, l'hospice de Saint-Lô, sont l'objet de leurs générosités. (…) » [3]

    Ci-dessus, blason famille de Carbonnel extrait de https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=blasons&id=5998056&desc=carbonnel_famille_normande&individu_filter=carbonnel

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Au 13e siècle, Hubert de Carbonnel possède la seigneurie de Canisi. La famille de Carbonnel y est jusqu'en 1752.

         A partir de 1286, les « de Carbonnel » sont les bienfaiteurs de l'abbaye de la Perrine au Dézert. » [2]

     

         « Pendant la guerre de Cent ans, nous voyons les Carbonnel soutenir la cause du roi de France. » [3]

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Au 15e siècle, Guillaume de Carbonnel est gouverneur de Saint-Lô. Il fait rebâtir la forteresse que les Anglais ont détruite. Mais ceux-ci faisant une nouvelle descente, il dut rendre la place au duc de Gloucester malgré une courageuse résistance. Tous ses biens sont alors confisqués au profit de Jehan Burgh et de Guillaume Foret.

          Après l'expulsion des Anglais (1450), ses biens lui sont rendus. Après son décès, il n'y a plus de Carbonnel à Canisy et son oncle hérite, continuant à Canisy la ligne directe des Carbonnel. » [2]


    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Jean Ier faisait partie, d'après la Chronique du Mont Saint-Michel, publiée par M. Siméon Luce, d'une association patriotique contre l'envahisseur, qui prenait le nom de « 
    Galants de la feuillée ».
    Un autre Carbonnel tint Jersey pendant 10 ans, à l'époque de la guerre des deux Roses.
         Louis XI écrit de Chartres, en mai 1467, à son fidèle seigneur de Canisy.

         En 1569, Charles IX envoya le collier de son ordre à Philippe Carbonnel. D'après les termes de la lettre du roi, rapportés par Toustain de Billy, cette distinction était due aux services rendus à la couronne pendant les guerres de religion.

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     A partir de ce moment les Carbonnel furent admis à la cour et leur élévation fut rapide. Hervé Carbonnel (1558 - 1625), chevalier, seigneur de Canisy, Cambernon, Tresgots, Marcambye, Orval, etc., est lieutenant général pour le roi en Basse-Normandie, gentilhomme de la chambre, gouverneur d'Avranches, capitaine de 50 hommes d'armes d'ordonnance, et colonel d'un régiment d'infanterie. Il accompagne le maréchal de Matignon dans presque toutes ses campagnes.
         Après la mort de Henri III, il prit le parti du Béarnais contre les ligueurs, combattit au Pollet, à Arques, à Ivry. C'est à la suite de cette campagne qu'il succéda à M. de Longaunay comme lieutenant général dans le grand bailliage de Cotentin. »
    [3]

         « Henri IV en profite pour faire une visite à Canisy. »

         « Il avait épousé (1588) la fille du maréchal de Matignon. »

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « En 1590, Hervé de Carbonnel échoue dans une attaque contre la ville d'Avranches qui est prise en 1591 par Montpensier.

         Le marquis de Canisy deviend alors gouverneur d'Avranches. Il s'empare du château de Theurteville et du fort de Tatihou.

         En 1592, à l'époque de la ligue, le marquis de Canisy et le comte de Torigny sont continuellement sous les armes, pour arrêter le cours des brigandages et assassinats. Jean de Gourfaleur est le chef des pillards, ligueurs de cette contrée. Il est aidé des « de Bonfossé, d'Aubigny, de Saint-Gilles, de Semilly Mathan, etc... » [2] « Il mourut en 1604. »

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « L'essentiel de l'architecture actuelle du château de Canisy remonte à l'époque d'Henry IV lorsque Hervé de Carbonnel entreprit d'édifier un château à la hauteur de son illustre alliance avec Anne de Matignon, fille du comte de Thorigny, maréchal de France. En 1558, il passe commande à l'architecte François Gabriel, ancêtre de la célèbre famille d'architectes royaux. L'utilisation de la magnifique pierre du Cotentin et « poudinge », pierre violette aux couleurs d'améthyste, pour la réalisation des bossages et encadrement des portes et fenêtres, donne à ce château une coloration et un relief absolument uniques. » [4]

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Ses deux fils servirent comme lui dans les armées royales : le second avait d'abord été destiné à l'Eglise, et désigné pour succéder à M de Briroy comme évêque de Coutances. Il n'avait pas apparemment reçu les ordres, car il embrassa la carrière des armes, et, devenu maréchal de camp, général de l'armée de Piémont, il fut tué d'un coup de pistolet au siège de Valence, en 1646.
         René Carbonnel, l'aîné, succéda a toutes les charges héréditaires de son père. C'est en sa faveur que la seigneurie de Canisy fut érigée en marquisat par la réunion des baronnies de Courcy, du Hommet et de Canisy. Cette dernière baronnie comprenait 28 paroisses, dont relevaient 27 fiefs (décembre 1619).
         Il épousa noble dame Claude Pellet, fille du grand bailli et gouverneur de Caen, et héritière de Geoffroy Herbert, évêque de Coutances. »
    [3]

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Le marquisat : Les baronnies de Courcy, du Hommet et de Canisy, furent unies et érigées en marquisat, sous le nom de Canisy, par lettres du mois de décembre 1619, registrées en 1643, en faveur de René de Carbonnel, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, capitaine et gouverneur d'Avranches. (...)

         De Carbonnel de Canisy, maison d'origine chevaleresque de la province de Normandie, où elle florissait dès le milieu du treizième siècle. Elle prouve une filiation directe depuis Herbert de Carbonnel, seigneur de Canisy, qui vivait en 1286.

         Services. Elle a donné des officiers-généraux, des gentilshommes de la chambre ; un chevalier du Saint-Esprit, nommé en 1604, mort sans avoir été reçu ; des gouverneurs de places, des officiers supérieurs, des chevaliers de Saint-Louis , etc., etc.

         Honneurs de la cour : en 1753, 1770 et 1787, en vertu de preuves faites au cabinet des ordres du roi.

         Armes : coupé de gueules et d'azur, à trois besants d'hermine bien ordonnés. » [5]

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Le dernier mâle de la branche des Carbonnel habitant Canisy fut René, fils de Hervé II. » [3]

     

         « En 1696, le marquis de Canisy en titre fait échouer une tentative des Anglais contre le port de Granville. Ce seigneur n'a qu'une fille qui épouse Antoine de Faudoas » [2] « comte de Sérillac, descendant du sire de Barbazan, le chambellan de Charles III. » [3]

     

    Les Faudoas : 

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Les « de Faudoas » (famille originaire du Tarn et Garonne) sont à Canisy de 1752 à 1794. » [2]


         « En juin 1761, messire Charles-Antoine de Faudoas, chevalier de Saint-Louis, lieutenant pour Sa Majesté au gouvernement de Basse-Normandie, obtint du roi de joindre à son nom celui de la terre de Canisy, qui dut s'appeler désormais le fief de Faudoas-Canisy.

    Ci-dessus, blason de la famille de Faudoas par ByacC — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20379708

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     Le fils de Charles-Antoine de Faudoas, Augustin-Hervé, épousa Isabelle-Jeanne de Bernières, qui lui donna deux filles : Éléonore et Marie-Élisabeth-Justine.
         Eléonore, son père et une tante, veuve de M. de Beaurepaire, furent arrêtés
    « à Canisy le 15 juin 1794, transférés à la Conciergerie, et guillotinés le 14 juillet 1794, 13 jours avant la chute de Robespierre, le 9 thermidor... » [4] « Le prétexte de leur arrestation fut une lettre saisie par la police jacobine et que l'accusateur public dénonça comme une insulte à la majesté de la nation. Mademoiselle de Faudoas avait écrit que sa chienne venait de lui donner « trois petits citoyens (...)

         La sœur de la victime, Marie-Elisabeth-Justine échappa seule au massacre. Dame pour accompagner Madame, comtesse de Provence, elle avait épousé, en 1789, Louis-Florian-Paul, comte de Kergorlay, et la Révolution avait surpris les deux époux au milieu de leur voyage de noces, qui se transforma en un exil de plusieurs années passées en Bohême. » [3]

     

    Les Kergorlay :

     

         « Cette famille possède le château de Canisy depuis 1794. » [2]

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Le comte de Kergorlay descendait d'une noble famille de Bretagne, l'une des plus anciennes de cette province, et qui comptait parmi ses ancêtres Conan, duc de Bretagne, et une aïeule de Marie Stuart. Un Kergorlay se distingua par son énergie au combat des Trente, du côté des Français, et un de ses petits-fils, Alain-Marie, fut blessé à Fontenoy.
    Le nouveau châtelain de Canisy ne démentit pas la renommée guerrière de ses ancêtres. Il servait dans la cavalerie avant la Révolution et se joignit, en 1792, à l'armée des Princes.
         A leur retour en France, M. et Madame de Kergorlay retrouvèrent intact le domaine de Canisy, qu'un ami dévoué avait eu l'art, par une procédure savamment traînée en longueur, d'arracher à la confiscation. » [3]

    Ci-dessus, blason de la famille de Kergolay dessiné par O. de Chavagnac pour l'Armorial des As extrait de http://dechav.free.fr/armorial/blason.php?id=Kergorlay

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Le château privé de ses propriétaires échappa à la confiscation et à la vente comme Bien National grâce à son régisseur. Selon le récit familial, « quand les agents du département venaient avec l'intention de mettre la main sur le château, il les grisait à fond, les remontait dans leur voitures et les renvoyait à Saint-Lô. (...)
         De retour dès 1803, Gabriel et Justine de Kergorlay se réinstallèrent à Canisy (...) » [4]

     

         « Gabriel Louis Marie de Kergorlay est député à la chambre des Pairs de 1820 à 1827 (Restauration). » [2] « Il mourut en 1830. (...)

         Obéissant à la mode rapportée de l'émigration par beaucoup de propriétaires et qui a causé la destruction de la plupart des créations de Le Nôtre ou de ses élèves, le comte de Kergorlay fit abattre les avenues, et tracer le plan d'un parc anglais. (…) » [3] 

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Son fils Jean Florian Hervé de Kergorlay (1803-1874) devint un notable influent de la Manche comme conseiller général puis député de 1852 à 1863 (IIe République et Second Empire), et surtout comme agronome réputé qui avait transformé son domaine en exploitation agricole d'avant-garde.

         Cet homme entreprenant apporta des aménagements importants tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du château ; la transformation du parc à l'anglaise date également de son époque.
         Le cousin germain d'Hervé, Louis de Kergorlay, entretint des relations d'intense amitié avec un illustre châtelain de la Manche, Alexis de Tocqueville. Une très abondante correspondance, aujourd'hui publiée, retrace de manière vivante et émouvante les destins croisés de ces deux aristocrates lucides de leur temps

          Au 20e siecle le château de Canisy demeure le fief de la famille Kergorlay qui, de génération en génération, l'habite, le conserve, le restaure. Endommagé par les combats lors du débarquement allié de 1944, le château fut restauré avec le concours des Monuments Historiques qui le classèrent en 1945. Aujourd'hui, à l'initiative de Denis et Marie-Christine de Kergorlay, le château de Canisy brille de tous ses feux, qu'il s'agisse de week-ends d'amis si bien évoqués sous la plume de Pierre-Jean Rémy, ou bien de rencontres culturelles organisées par des fondations et des sociétés désireuses de réunir leurs membres dans un lieu d'exception. » [4]

     

    Architecture :

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Le château de Canisy ne se présente pas à nos yeux dans l'intégrité du dessein qui reçut son exécution à la fin du 16e siècle. A cette époque, le plan décrivait un quadrilatère aux côtés presque égaux, flanqué à chaque angle d'une tour ronde. Des fossés entouraient l'enceinte dans la majeure partie de son périmètre. A l'est, un étang, bordé par une importante chaussée, maintenait l'eau des douves à un niveau suffisamment élevé. Des murailles ou des logements entouraient une vaste cour d'honneur. 

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1826 ; archives de la Manche, http://www.archives-manche.fr/

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)      Hervé de Carbonnel, qui ordonna la construction du château, s'était préoccupé de l'idée de défense ; mais la disposition des murs formant courtines, flanqués par des tours, et qui rappelle le réduit féodal de l'homme de guerre, est le seul élément ancien transmis par le moyen âge au constructeur de la nouvelle résidence. Obéissant aux habitudes prises, depuis le milieu du 16e siècle, par les seigneurs de la cour des Valois-Angoulême, Hervé de Carbonnel laissa son architecte percer les murailles et les tours d'angle, d'ouvertures hospitalières, ornées, suivant les données importées d'Italie et accommodées au goût français par Philibert Delorme et ses élèves, de matériaux polychromes appareillés en bossages.
         Le rude et austère extérieur du palais féodal se transforma en façades plaisantes à l'œil ; l'idée de luxe supplanta celle de puissance militaire.
         Tel qu'il sortit des mains de l'architecte, aux environs de 1610, Canisy était pourtant à l'abri d'un coup de main, mais il réunit tous les éléments de la construction moderne. L'importance des ouvertures, le remplacement des meneaux en pierre par des fenêtres en menuiserie, la soumission aux lois de la symétrie, ce sont là des formules qui n'appartiennent plus au moyen âge.
         A une époque que nous n'avons pu préciser, le seigneur de Canisy accentua encore le caractère solennel commun à toutes les grandes habitations du 17e siècle en France, par la création d'avenues rectilignes qui conduisaient du château dans la campagne.
         L'incendie qui, vers 1740, vint détruire une partie des bâtiments, et après lequel la cour d'honneur resta ouverte sur deux de ses faces, les remaniements importants dont l'aménagement intérieur a été l'objet au cours du 18e siècle, n'ont pas altéré l'impression d'ensemble qui devait frapper le spectateur quand il apercevait dans son intégrité cette importante construction.
         Il nous est resté, à peu près intacts, tout le côté est du grand quadrilatère, plus de moitié de la façade sud, avec le pavillon central, puis trois des quatre tours d'angle, et nous savons à quelle époque le tout a été bâti.


    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     Le marché conclu entre Hervé de Carbonnel et François Gabriel, architecte du maréchal de Matignon, existe encore dans sa forme originale aux archives du château de Canisy.contenus dans cet écrit, les dimensions minutieusement relevées, s'appliquent à l'escalier principal qui dessert encore aujourd'hui les étages du château. Cet escalier est à volées droites et à paliers, avec des marches dressées sur trois faces, celle du dessous formant plafond. Les marches portent aux deux bouts dans des murs d'échiffre. Sans doute la technique est un peu naïve et l'aspect général plus solide qu'élégant ; mais éclairée par de grandes fenêtres, larges et commodes, cette montée, de deux mètres d'ouverture, produit un effet réellement grandiose. Les murs comportent la même ornementation que l'extérieur : des bossages en pierre violette se détachant sur le nu de la maçonnerie, traversés par des moulures finement profilées en pierre blanche ; bref, la décoration est identique à celle des façades du dehors.
         Des remaniements successifs ont modifié la distribution intérieure. Au rez-de-chaussée, d'énormes pièces, qui participent de la salle des gardes, de la galerie, du salon moderne, ont été aménagées et décorées au cours du 17e siècle. Les chambres à coucher, situées au premier étage, avec jour au midi et à l'est, sont rangées le long d'un corridor.
         Dans le plan primitif, le rez-de-chaussée comportait un plafond moins élevé que le premier étage.
          La décoration intérieure n'est pas contemporaine de la construction. Les chambres du premier étage ont dû être aménagées après l'incendie de 1740, lorsque les Faudoas, renonçant à reconstruire la partie en ruines, sont venus s'installer dans les bâtiments que le feu avait respectés. Ce qui donne crédit à cette supposition, c'est que la décoration des chambres, soigneusement respectée dans la dernière restauration, offre tous les caractères de l'architecture de la dernière moitié du 18e siècle.


    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)      L'architecte nommé dans le marché que nous avons cité et qui a construit le grand escalier après 1588, s'appelait François Gabriel. Il résulte de la lecture du document que le château était déjà debout à cette époque, et que Hervé de Carbonnel entendait transformer en un escalier monumental ce qui servait alors de cuisine. L'écrit que nous avons sous les yeux ne se refuse pas à la supposition - que l'architecte, chargé de l'escalier, était le même que l'inventeur du plan d'ensemble. Ce qui est certain, c'est que Gabriel n'a fait qu'appliquer au morceau qu'il s'est chargé de construire les formules architecturales qui ont présidé à la construction de tout le monument. La construction a pu être scindée en plusieurs reprises, des améliorations ont pu être apportées, au cours du travail, au dessein primitif, mais, nous pouvons l'affirmer, une inspiration unique a dirigé toute l'œuvre.
          Le caractère le plus saillant du monument, c'est la grandeur de l'effet obtenu, la solidité de l'aspect, et la simplicité autant que la logique des moyens employés. Moins ornées que celles de Torigny, peut-être moins ambitieuses, les façades de Canisy peuvent passer pour un modèle accompli de sincérité et de discrétion dans l'expression architecturale du luxe et de la puissance. » [3]

     

    Protection :

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Les façades du château ont été classées le 8 septembre 1945, tandis que le domaine a été inscrit le 9 juin 2005, comprenant : le parc, avec son ruisseau (le Joigne), son étang, ses avenues, ses perspectives, ses bois et ses pâturages, les façades et les toitures de l'orangerie, des serres, des écuries et des remises, à l'exclusion du bâtiment moderne, le potager et ses murs de clôture, y compris les façades et les toitures du petit bâtiment situé à l'angle ouest, la ferme de Saint Gilles avec les façades et les toitures de la grange, l'extérieur et l'intérieur de la laiterie, le potager circulaire et les façades et toitures de l'ancien pavillon du jardinier, la ferme de la Mesnagerie : les façades et les toitures du bâtiment d'entrée avec son porche, les moulins de Canisy et de Saint-Gilles. » [1]

     

    Visites :

     

    LES REMPARTS DE CANISY (Manche)     « Le parc et le château font l'objet depuis plusieurs années d'une restauration approfondie permettant aux visiteurs et aux hôtes de découvrir avec ravissement ce lieu chargé d'histoire. (...)

          Une partie du parc est ouverte toute l'année à la visite gratuite selon un itinéraire indiqué à l'entrée du château.

         Le château ouvre ses portes à l'occasion des journées européennes du patrimoine, chaque troisième week-end de septembre. Des journées "portes ouvertes" sont organisées depuis plusieurs années. » [1]

    Ci-dessus, photo extraite du site officiel du château de Canisy : http://www.canisy.com/

     

         Ci-dessous, une vidéo hébergée sur le site Youtube :

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de https://www.wikimanche.fr/Ch%C3%A2teau_de_Canisy

    [2] Extrait de https://www.le-petit-manchot.fr/cc-45-01-canisy/articles/articles/21/

    [3] Extrait de l'article de Gaétan Guillot in La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc.. Manche ; Éditeur : Lemale & Cie, impr. édit. (Le Havre), 1899 ; Contributeur : Travers, Émile (1840-1913). http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64809897/f55.item.r=Canisy

    [4] Extrait du site http://www.canisy.com/

    [5] Extrait de https://fr.geneawiki.com/index.php/50095_-_Canisy

     

    Bonnes pages :

     

    Site officiel du château de Canisy : http://www.canisy.com/

     

    O http://www.ila-chateau.com/normandy-hotel-chateau-canisy/francais.htm

    O https://www.revedechateaux.com/fr/chateau-de-canisy-2131197189/show

    O https://www.maguytran-pinterville.com/2017-coq-de-feu/canisy-pr%C3%A9sident-de-kergorlay/

    O Article de Gaétan Guillot in La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc.. Manche ; Éditeur : Lemale & Cie, impr. édit. (Le Havre),1899 ; Contributeur : Travers, Émile (1840-1913).
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64809897/f55.item.r=Canisy

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