• LES REMPARTS DE BURES-EN-BRAY (Seine-Maritime)

    LES REMPARTS DE BURES-EN-BRAY (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE BURES-EN-BRAY (Seine-Maritime) LES REMPARTS DE BURES-EN-BRAY (Seine-Maritime)

     

    Ci-dessus, à gauche, une photo extraite de https://www.drone-malin.com/album-photos/la-france-vue-du-ciel/villes-et-villages-de-france-vues-du-ciel/villes-de-normandie-vues-du-ciel/photo-aerienne-de-bures-en-bray-en-normandie.html ; à droite,une photo extraite du site Google Earth.

     

    La motte de Bures-en-Bray :

     

         " Bures-en-Bray est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en Normandie. Le nom de la localité est attesté sous la forme Bures vers 1025.

         L'appellatif germanique bur, « maison », est répandu dans toute la moitié nord de la France. Un buret est une « porcherie » en normand. La référence au pays de Bray dans le nom de la commune a été ajoutée en 1950. " [1]

     

         " La motte ou butte féodale du 11ème siècle : Présence d’une motte féodale dans la cour de l'ancien hôtel du général Desmarets : portait un château fort mentionné au 12ème. " [2]

     

         " Motte circulaire entourée de fossés, et qui n`a pas moins de 10 mètres de hauteur, dans la cour de l'ancien Hostel du général Desmarais. " [3]

     

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    Plan de situation de la motte de Bures-en-Bray ; blason actuel de la commune de Bures en Bray http://blasonsdefrance.free.fr/departements/76.htm

     

    Histoire

     

         L'abbé Jean-Eugène Decorde fait paraître en 1872 l'Histoire de Bures-sur-Dives. Cet ouvrage comporte plusieurs erreurs, en particulier la confusion entre les nombreux "Bures" de Normandie (dont Bures-le-Roi près de Bayeux). Quant à Guillaume de Bures, seigneur de Tibériade, il serait originaire de Bures-sur-Yvette en Ile de France... Un ouvrage à consulter avec précaution donc... [NDB]

     

    LES REMPARTS DE BURES-EN-BRAY (Seine-Maritime)     " La première fois que nous voyons Bures figurer dans l'histoire, nous sommes en 1058. Alors on était dans une année de calme ; la plus formidable coalition qui eût jamais été formée contre la Normandie avait été vaincue à Mortemer ; Guillaume II, 7e duc des Normands, avait profité de cette victoire pour obliger Henri Ier, roi de France, à lui abandonner toutes les conquêtes qu'il pourrait faire sur Geoffroy Martel, comte d'Anjou, seul prince de la Gaule qui pût résister aux Normands. A l'occasion de cette stipulation, le duc de Normandie avait livré bien des combats au comte d'Anjou, sans obtenir de résultats décisifs ; c'est alors que nous voyons le roi de France soutenir une conspiration tramée par Jérôme de Bures, issu de Richard-sans-Peur, qui prétendait avoir des droits sur le duché de Normandie. Mais Jérôme de Bures échoua, et le moment n'était pas encore venu où la France dût joindre un riche fleuron à sa couronne, par la conquête de notre pays.

     

    Ci-dessus, la motte de Bures-en-Bray ; photo extraite d'un site néerlandais très complet et fort bien documenté sur les mottes en Europe dont celles de Normandie : http://www.basaarts.nl/vraagbaak.php

     

         Lorsque Guillaume-le-Conquérant eut fondé en Angleterre une monarchie qui dure depuis huit siècles, il distribua ses états à ses enfants. Robert, son aîné, eut la Normandie, et Guillaume l'Angleterre, où il alla se faire couronner en 1087. Cependant, bientôt la guerre éclata entre les deux frères, et les Normands conçurent le projet de rétablir à leur profit l'empire formé par Guillaume. Mais loin d'être capable de régner sur l'Angleterre, Robert-Courte-Heuze ou Courte-Botte ne devait même pas conserver la Normandie. Aussi Guillaume n'eut pas plutôt triomphé de son frère, qu'il chercha à régner en même temps sur l'Angleterre et la Normandie, où un parti s'était formé en sa faveur. Il ne réussit pas d'abord; mais, en 1094, les Normands ayant pris les armes contre lui, il s'empressa de passer la mer, et bientôt la révolte fut comprimée. Bures avait alors une forteresse qui fut enlevée de vive force par Guillaume lui-même, qui venait de la ville d'Eu, où il avait gagné la plupart des seigneurs normands par ses présents et ses belles promesses. Le château devait avoir alors pour gouverneur Guillaume de Bures, seigneur de Tibériade, dont les armes se voient à Versailles, au plafond d'une des salles des Croisades, avec la date de 1096.

         Les châteaux de Bures et d'Arques, avec tout le territoire circonvoisin, avaient été accordés à titre de dot à Hélie de Saint-Saens, en 1089, au moment de son mariage avec une fille naturelle de Robert II (Courte-Heuze). Ce prince voulait par là se créer un appui contre les nombreux ennemis qui le menaçaient; mais les événements qui se préparaient ne devaient pas laisser longtemps Hélie en possession du comté d'Arques. Cependant il fut toujours fidèle au duc, et il eut beaucoup de calamités à souffrir sous Guillaume-le-Roux et Henri Ier.

     

    LES REMPARTS DE BURES-EN-BRAY (Seine-Maritime)     Au commencement du 12e siècle, la Normandie était loin d'être tranquille ; elle n'avait plus, à proprement parler, ses ducs particuliers et avait perdu, pour ainsi dire, son indépendance. Cependant les Normands voyaient avec peine leur nationalité s'anéantir, et de longues luttes furent engagées, luttes auxquelles prirent part l'Angleterre et la France. C'est ainsi qu'en 1118, redoutant les entreprises de Henri Ier, troisième fils de Guillaume, qui avait usurpé la couronne d'Angleterre, le roi de France, le comte de Flandre et le comte d'Anjou se coalisèrent pour combattre celui qu'ils regardaient comme leur ennemi commun. Averti de cette coalition, Henri passa aussitôt en Normandie pour maintenir son pouvoir; mais il s'aperçut bientôt qu'il avait à lutter contre de redoutables ennemis. Plusieurs villages furent brûlés sous ses yeux, aux environs d'Arques, par Baudouin, comte de Flandre, suivi d'une nombreuse armée. Alors Henri s'empresse de fortifier le château de Bures et y met une garnison de Bretons et d'Anglais. Aussitôt Baudouin vient attaquer cette garnison: mais il est blessé à la tête par Hugues Boterel, et se retire à Aumale, où s'estant le soir emporté dans la bonne chère et le vin nouveau, et la nuict dans la desbauche, et de là sa playe devint incurable. Baudouin, 7e du nom, succomba à Aumale, après avoir misérablement langui depuis le mois de septembre jusqu'au 17 juin 1119, âgé de 26 ans.

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         M. Désiré Le Beuf reporte la blessure du comte de Flandre, devant le château de Bures, à l'année 1119, et il ajoute qu'ayant été pris les armes à la main, il fut retenu captif jusqu'à ce que le pape Calixte II, alors en Normandie, eût obtenu sa délivrance. D'après H. J. Houel, le château de Bures aurait été pris en 1117, et Baudouin tué dans une action près des ruines de la ville d'Eu, au moment où, se retirant vers la Picardie, il mettait tout à feu et à sang. Sans préciser le lieu du combat, H. Daniel Gurney le fixe en 1118, et dit que, mortellement blessé, le comte de Flandre mourut peu de temps après à Aumale. Cette opinion, entièrement conforme au récit d'Ordéric Vital, historien contemporain, nous paraît la plus probable. S'il faut en croire M. A. Guilmeth, d'après Guillaume de Malmesbury, ce serait sous les remparts d'Arques que le comte de Flandre aurait reçu la contusion dont les suites négligées le conduisirent au tombeau. Ce sentiment est contraire à la généralité des historiens, qui fixent le lieu du combat à Bures. (...)

         Nous retrouvons encore un Guillaume Buure en 1248 ; voici à quelle occasion : La maison d'Aliermont, de l'archevêque de Rouen, avait été violée par Gautier Carue, châtelain de Gamaches, qui commit de grandes déprédations dans le manoir épiscopal et aux environs. Néanmoins, comprenant l'importance de son forfait, le dévastateur demanda à être absous par l'archevêque ; ce qui lui fut accordé, après qu'il eut donné plusieurs pleiges, parmi lesquels était Guillaume Bure. (...)

         En 1555, le 11 août, un membre de la famille de Bures fut frappé mortellement dans un combat naval qu'il livra aux Flamands, en vue de Douvres et de Boulogne, par ordre du roi Henri II. Le brave Louis de Bures mourut en mer et n'eut pas la satisfaction de jouir de la belle victoire remportée par la flottille dont il avait été nommé commandant par les capitaines de l'expédition.

         C'est probablement un membre de cette même famille que nous retrouvons à Dieppe, en 1593, au moment où Henri IV vint en cette ville avec Mme de Bourbon, sa sœur. Cette princesse était encore alors si attachée au protestantisme que, pendant les six semaines qu'elle passa là, elle fit faire publiquement le prêche dans la maison de Richard de Bure, où elle logeait.

         Ne perdons pas de vue le château de Bures. En 1418, les Anglais s'emparèrent de Bacqueville, qu'ils mirent à feu et à sang. Ils tenaient d'autant plus à cette victoire, dit M. Guilmeth, que le château des Martels, réuni aux forteresses de Brachy, Longueville, Arques, Bures, Bellencombre, Auffay, etc., formait une ligne de forts détachés, de formidable défense. Au moment de cette victoire de nos éternels ennemis d'outre-mer, la Normandie faisait déjà légalement partie de la France : depuis près de deux siècles, tout en conservant ses lois et sa nationalité." [4]

     

    Description

     

    LES REMPARTS DE BURES-EN-BRAY (Seine-Maritime)

     

     Ci-dessus, une photo de la motte de Bures-en-Bray extraite du site Google Earth.

     

         On trouvait autrefois à Bures-en-Bray une demeure : on appelait ce manoir seigneurial la Maison du général Desmarais. Charles Desmarais, capitaine de Dieppe au 15e siècle, qui conquit cette ville sur les Anglais en 1433, partit en effet du château de Bures pour livrer l'assaut décisif. " [3]

    [ Dieppe est libérée de l'occupation anglaise le 28 octobre 1435 quand la ville est reprise par les Français commandés par le capitaine Charles Desmarets (mort en 1469) pour le compte de Charles VII. Charles Desmarets (ou Charles des Marets) dote la ville de Dieppe de grandes fortifications et entreprend de faire construire un nouveau château. ]

         Le manoir Renaissance, dit du général Desmarets, fut démoli en 1866 : ses éléments les plus intéressants furent réutilisés à Gaillefontaine. [NDB]

     

    LES REMPARTS DE BURES-EN-BRAY (Seine-Maritime)     " A une distance de 70 à 80 mètres de la maison que nous venons du décrire, on voit un monticule, en forme de cône tronqué, fait de main d'homme, comme il en existait encore, il y a quelques années, à Saint-Vaast et en divers autres lieux. Ce monticule, connu de temps immémorial sous le nom de La Motte, était entouré d'une double enceinte de fossés larges et profonds qui ont été presque entièrement comblés. Comme ces anciennes buttes étaient assez communes dans les environs, nous supposons qu'elles avaient été élevées pour exercer la surveillance aux alentours, pour procurer une retraite contre les attaques des ennemis, et peut-être aussi pour correspondre d'un point à l'autre. Ces Mottes étaient très-multipliées au temps des Romains; mais nous n'oserions affirmer que celle de Bures remontât à cette époque, encore moins à l'époque gauloise ou même préhistorique, comme quelques-uns l'ont pensé, et d'après lesquels les Romains et les Normands se seraient successivement approprié ces anciens ouvrages pour se mettre à l'abri des différents peuples envahisseurs de nos contrées. Nous ne croyons pas davantage qu'on puisse voir là une Motte seigneuriale, comme on en éleva auprès des anciens manoirs, en signe de châtellenie, sur lesquelles on tenait les plaids sous un arbre. Il nous parait plus probable que ces Mottes ont été faites par les ducs de Normandie aux 10e, 11e et 12e siècles. M. de Caumont cite un passage de Jean de Colmieu, extrait de la vie de saint Jean, évêque de Térouane, vers la fin du 11e siècle, qui dit formellement que, à cette époque, c'était l'usage de faire élever ces Mottes. Voici la traduction de ce que dit cet historien, en parlant des hommes les plus marquants de son temps: «Ils élèvent aussi haut qu'il leur est possible un monticule de terre transportée ; ils l'entourent d'un fossé d'une largeur considérable et d'une effrayante profondeur; sur le bord intérieur du fossé, ils plantent une palissade de pièces de bois équarries et fortement liées entre elles, qui équivaut à un mur. S'il leur est possible, ils soutiennent cette palissade par des tours élevées de place en place. Au milieu de ce monticule, ils bâtissent une maison ou plutôt une citadelle d'où la vue se porte de tous côtés également. On ne peut arriver à la porte de celle-ci que par un pont qui, jeté sur le fossé et porté sur des piliers accouplés, part du point le plus bas, au-delà du fossé, et s'élève graduellement jusqu'à ce qu'il atteigne le sommet du monticule et la porte de la maison, d'où le maître le domine tout entier.»

         D'après ce que nous avons dit des ducs de Normandie, qui possédaient une chapelle à l'église de Bures et un manoir dans le voisinage, secut atrium ecclesiæ, nous concluons que la Motte remonte à cette époque. " [4]

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1823 ; Archives de Saine-Maritime, http://www.archivesdepartementales76.net/

     

    " Motte féodale
         Cette motte, de 12 mètres de haut, d’époque incertaine est identique à celles que l‘on retrouve à Gaillefontaine, Arques-la-Bataille et Dieppe. Lorsqu‘en 1096 Guillaume de Bures est seigneur de Tibériade, sa forteresse doit certainement se situer à cet endroit car la butte reçoit probablement une tour de guet [?NDB]. Elle constitue peut-être au 12e siècle la base d’un donjon en bois, point d’appui d’une ligne de forfications articulée sur Arques, Bellencombre et Bures. Elle a servi de socle aux feux que l'on allumait pour signaler sa position aux troupes alliées. " [5] 

     

    A proximité :

     

    LES REMPARTS DE BURES-EN-BRAY (Seine-Maritime)     " L'église Saint-Aignan fut construite au 12e et 13e siècle, elle possède un clocher tors de 60 mètres de haut dont la flèche recouverte d'ardoise tourne de gauche à droite.

         Le clocher a été complètement restauré en 2000 ainsi que la nef en bois. " [1]

     

     

    LES REMPARTS DE BURES-EN-BRAY (Seine-Maritime)   LES REMPARTS DE BURES-EN-BRAY (Seine-Maritime)   " Manoir de Tourpes, vieille demeure féodale, devenue une ferme, mais où l'on reconnaît encore la chapelle, la galerie et des lambris sculptés du 16e siècle. Une tradition locale rapporte que ce manoir fut habité par Gabrielle d`Estrées, qui recevait souvent la visite de Henri IV. On prétend même que ce fut à la demande de Gabrielle que ce prince donna à l'église de Bures les cloches de la ville d'Hesdin, prise par lui. Ce qui est certain, c'est que Henri lV s'est battu dans le bourg de Bures et aux environs en 1592. On cite même quatre engagements des royaux et des ligueurs à Bures et aux environs. Bures, autrefois lieu important, portait le titre de bourg et avait une haute justice, dont on montre encore la cour et les potences. " [3]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de http://www.buresenbray.fr/fr/information/15926/histoire

    [3] Extrait du Répertoire archéologique du département de la Seine-Inférieure rédigé sous les auspices de l'Académique des sciences, belles-lettres et art de Rouen, par M. l'abbé Cochet, 1871.

    [4] Extrait de l'Histoire de Bures-en-Bray par Jean-Eugène Decorde (1811-1881) - Date de la première publication : 1872 https://gutenberg.ca/ebooks/decorde-histbures/decorde-histbures-00-h-dir/decorde-histbures-00-h.html ou https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1043087.r=%22Bures%20en%20Bray%22?rk=21459;2

    [5] Extrait de https://seine76.fr/communes/communes_result.php?var=BURES-EN-BRAY

     

    Bonnes pages :

     

    http://www.buresenbray.fr/fr/information/15926/histoire

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