• LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)

     

          « Cette petite ville doit probablement son origine à un château fort que Guillaume le Conquérant y fit construire, et dont quelques débris subsistent encore. Henri II, roi d’Angleterre et duc de Normandie, donna cette seigneurie à Robert de Montfort ; elle fut vendue, en 1210, à Philippe Auguste et devint ensuite le partage de Charles, roi de Navarre, qui l’échangea, en 1410, avec Charles VI, pour d’autres terres. Elle appartint enfin à la maison de Bouillon, en 1651, en même temps qu’Évreux.

     

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)     Breteuil est située sur la rive droite de l’Iton, dans une contrée abondante en mines de fer. L’exploitation de ces mines, la fonte du minerai, donnent à la ville une grande activité ; elle possède des fabriques d’objets de toute espèce et des sources d’eaux minérales ferrugineuses froides assez estimées. » [1]

     

     

    Ci-dessus, plan du cadastre de Breteuil extrait des archives de l'Eure.

     

         " L’histoire de Breteuil-sur-Iton, dominée par sa situation aux frontières de la Normandie, ne peut être racontée sans évoquer le puissant Raoul d’Ivry, demi-frère du duc Richard Ier. La Ville, au début du 11e siècle, lui appartenait. Au milieu de ce même siècle, le fief était tenu par son petit-fils Guillaume Fitz-Osbern, fondateur de l’abbaye de Lyre.

         Face à la perte de son château de frontière à Tillières, en 1054, le duc Guillaume, futur Guillaume le Conquérant, fait édifier à Breteuil, pour son fidèle ami Guillaume Fitz-Osbern, une forteresse destinée à contrer les Français.

         A l’époque, l’importance de la cité euroise était prépondérante. Les chefs normands ont donc pris la décision de créer un cours d’eau artificiel : le bras forcé de l’Iton, depuis le Becquet à Bourth jusqu’à Condé-sur-Iton. C’était en 1054. Ce cours d’eau avait pour objectif de renforcer les défenses du château de Breteuil, « rempart inexpugnable longtemps opposé aux rois de France ».

     

    Aux mains des Anglais, des Français

     

         En fondant un bourg, zone franche fiscalement avantageuse pour ses habitants, castral, attaché au château, Guillaume a voulu rendre dynamique la région de Breteuil, en retard sur ses voisines. De fait, le bourg va devenir une place locale importante politiquement, militairement et économiquement.

         Les monuments étant sujets à l’usure et au temps qui passe, il ne reste plus aucune trace de la forteresse en bois de Guillaume le Conquérant.

         Elle a été remplacée par un château qui a appartenu à Philippe Auguste. Aux mains des Anglais ou des Français, le château a été pris par Du Guesclin et démantelé en 1378.

         De ce château, il ne subsiste que quelques vestiges, surélévations ou buttes, restes de murailles, appartenant à la grande enceinte située dans le parc de l’ancien château de la famille Pillon de Buhorel et dans le grand jardin public.

         Dans ce bourg castral, un monument représentait le monde religieux : l‘église Saint-Sulpice. Avec ses vestiges romans en matériau local de « grison », une pierre typique du territoire, et son clocher qui domine l’édifice.

     

    Eglise, Tour Carrée, Hôtel de Ville

     

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)     Dans cette église, on peut voir un orgue du 16e siècle, restauré dans sa facture d’origine. Un instrument remarquable et particulièrement rare par la qualité du matériel ancien réutilisé. Il présente deux claviers et seize jeux, quatorze au grand orgue et deux au récit (en tirasse à la pédale). Outre l’orgue, le buffet, la balustrade et ses anges sont du 16e siècle et n’ont subi aucune transformation depuis leur origine.

         La cité bretolienne devient définitivement française en 1450. En ces temps, la vie là-bas est paisible et calme. La ville euroise connaît d’importants travaux au cours du 11e siècle. Parmi ces travaux, un chantier de conservation pour le bras forcé de l’Iton, cheminant lentement à travers la ville et l’étang. Un étang devenu réserve ornithologique, situé au fond du parc public dans un site ombragé et attrayant.

          Quand on évoque le patrimoine de Breteuil, impossible de ne pas évoquer la Tour Carrée. Elle date du 12e siècle, vestige de l’ancienne enceinte et une très belle façade Renaissance (rue Paul d’Urclé). Mais également l’Hôtel de Ville qui donne l’illusion d’un très ancien édifice. " [9]

     

    Ci-dessus, la Tour carrée, photo extraite de http://normandiesud.over-blog.com/2020/02/breteuil-sur-iton-une-cite-historique-dans-un-ecrin-de-verdure.html

     

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)

     

    Plan hypothétique des remparts de Breteuil-sur-Iton au Moyen Âge. Blason de la commune de Breteuil par User:Spedona Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona., GFDL, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5551160

     

         « L’histoire de Breteuil sur Iton est dominée par sa situation aux frontières de la Normandie.
         Au début du 11e siècle, Breteuil appartenait au puissant Raoul d’Ivry, demi-frère du duc Richard Ier. Au milieu du 11e siècle, le fief  était tenu par son petit fils Guillaume Fitz-Osbern, fondateur de l’abbaye de Lyre.
         En 1054, le duc Guillaume, futur Guillaume le Conquérant, dut compenser la perte de son château de frontière à Tillières. Il fit édifier à Breteuil, pour son fidèle ami Guillaume Fitz-Osbern, une forteresse destinée à contrer les Français.
         L’importance de la cité était à ce point prépondérante que la nécessité de lui procurer artificiellement un cours d’eau s’imposa aux chefs normands.
         C’est ainsi que fut créé, en 1054, le bras forcé de l’Iton (depuis le Becquet à Bourth jusqu’à Condé-sur-Iton) destiné à renforcer les défenses du château de Breteuil , « rempart inexpugnable longtemps opposé aux rois de France ».
         Par la fondation d’un « bourg » (zone franche fiscalement avantageuse pour ses habitants) castral (attaché au château), Guillaume dynamisa cette région quelque peu en retard sur ses voisines.
         Jusqu’à la fondation de Verneuil dans les années 1120-1130, le bourg castral de Breteuil devint un importante plate-forme locale politique, militaire et économique.
         De la forteresse en bois de Guillaume le Conquérant, il ne reste plus aucune trace. Elle a été remplacée par un château dont s’empara plus tard Philippe Auguste. " [2]
     

     

         " Breteuil a été mêlé à toutes les guerres du moyen âge. Ses titres historiques datent du 11e siècle, époque à laquelle Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, voulant assurer sa frontière du côté de la France, y construisit une forteresse, dans laquelle les eaux de l'Iton furent amenées par un canal de dérivation partant de Bourth. Le premier seigneur de Breteuil dont il soit fait mention fut le sénéchal des ducs de Normandie, Guillaume, fils d'Osberne. Ce seigneur se distingua brillamment à la conquête de l 'Angleterre, et reçut en récompense de ses services, le comté de Herefort, ainsi que l'île de Wight. De retour en France, il se signala par une grande piété et fonda l'abbaye de Lyre et celle de Cormeilles. " [10]

     

    " CHAPITRE XXV.
         Comment le duc Guillaume construisit le château de Breteuil et le confia à Guillaume fils d'Osbern. Quelle était la femme de celui-ci. 

         Ensuite le duc fit construire en face du château de Tilliers que le roi lui avait enlevé depuis longtemps, un autre château non moins fort et que l'on appelle encore aujourd'hui Breteuil, et confia à Guillaume, fils d'Osbern, le soin de le défendre contre tous ceux qui viendraient l'attaquer. Celui-ci, homme juste et généreux, avait épousé Adelise fille de Roger du Ternois et en eut deux fils Guillaume et Roger l'Obstiné, et une fille, qui fut dans la suite mariée au comte Raoul, né Breton, avec lequel elle alla à Jérusalem, du temps du pape Urbain..." [11] 


         " Guillaume de Breteuil hérita, vers 1081, de tous les domaines français de son père, et mourut, après une vie troublée par des guerres incessantes, à l'abbaye du Bec, le 12 janvier 1103 ; il fut inhumé dans l'église de Lyre.
         Eustache, fils naturel de Guillaume, lui succéda au 12e siècle, grâce à l'appui que lui prêta Henri ler, roi d'Angleterre, dont il avait épousé une fille naturelle, appelée Julienne. Mais il ne tarda pas à se révolter contre son beau- père, qui le déposséda et donna sa baronnie à Raoul de Gaël petit fils de Guillaume, fils d'Osberne, dont nous avons déjà parlé ; Ce seigneur défendit Breteuil contre les Français ayant à leur tête Louis le Gros, et céda plus tard son domaine à son gendre, Robert II, comte de Leicester, qui prit une part active à toutes les guerres du règne d'Étienne, roi d'Angleterre et duc de Normandie. "
    [10]

     

         " Raoul, sire de Gaël, accompagna Guillaume à la conquête d'Angleterre en 1066 et reçut de ce prince le royaume d'Eastangle, comprenant les comtés de Norfolk et de Suffolk. Il bâtit en 1091 le château de Montfort, dont il prit le nom, et mourut à la croisade de 1096 ; Raoul II son fils, défendit en 1117 le château de Breteuil contre toutes les forces de la France... " [12]

     

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)     " Le fils de ce roi, Eustache, se révolta contre son père et livra la ville de Breteuil aux flammes. L'année suivante, 1138, Roger de Tosny lui fit subir le même sort ; l'église fut en partie détruite. En 1152, Robert, ayant pris l'habit religieux en Angleterre, Robert III, aux blanches mains, son fils, fut reconnu comme seigneur de Breteuil et de Leicester, par Henri II. Ce comte assista, en 1189, au sacre de Richard Cœur de Lion, et s'embarqua quelques jours après pour la terre sainte ; il mourut dans la traversée, et son fils, Robert IV, hérita de ses domaines. Comme son père, il se croisa et se montra l'un des plus dévoués compagnons de Richard. De retour en France, en 1193, il défendit Rouen avec vigueur, résista aux entreprises de Philippe-Auguste, fut fait prisonnier, et se vit contraint de céder Pacy pour sa rançon. Il mourut sans laisser d'héritier direct, et l'époque de sa mort ayant coïncidé avec la conquête de la Normandie, Philippe put réunir la baronnie de Breteuil et de Pacy au domaine royal.
         En 1352, Breteuil fut donné avec Evreux et Beaumont, à Charles le Mauvais. La place fut assiégée plusieurs fois pendant les guerres de Cent ans : d'abord par Jean le Bon, à deux reprises, puis par le captal de Buch qui l'occupa en 1372, ensuite par du Guesclin, qui fit démanteler le château, et enfin par 5 000 ligueurs d'Évreux qui échouèrent dans leur entreprise (1590).
    Plusieurs rois, à partir de Philippe-Auguste, ont séjourné au château de Breteuil. La mouvance de cette baronnie a été l'une des plus considérables de la Normandie ; elle comprenait, en 1172, quatre-vingt-un fiefs de chevaliers. Ce domaine a eu titre de baronnie et de vicomté.  Les bourgeois de la ville possédèrent, dès 1119, différents droits et franchises communales, qui furent augmentés par Philippe-Auguste et ses successeurs.
         Breteuil appartint, en 1492, à Antoine de Lattre, seigneur de Grassard, au sieur de Maison, président de la cour des aides de Paris, en 1645, et fut compris, en 1651, avec le comté d'Évreux, dans la cession faite au duc de Bouillon.
         Il reste encore quelques ruines des fortifications de l'ancien château. L'église, bâtie en grison, vers le 11e siècle, n'a rien de remarquable. " [10]

     

    Photo ci-dessus extraite de https://actu.fr/normandie/breteuil_27112/patrimoine-breteuil-une-forteresse-guillaume-conquerant-contre-francais_27404607.html

     

         " En 1354, à la suite du traité de Mantes, la ville est cédée par le roi Jean II le Bon à son gendre le roi Charles II de Navarre, avec de nombreuses autres terres normandes. Mais les deux hommes entrèrent rapidement en conflit. En avril 1356, Breteuil fut reprise aux Navarrais par le maréchal d'Audrehem. En 1358, elle fut restituée à Charles II de Navarre, mais Bertrand du Guesclin la reprit en 1371 pour le compte de Charles V. " [3]

     

         " Tantôt français, tantôt anglais, il fut (…) démantelé en 1378. " [2] 

     

         " Henri Beauclerc, qui avait pris la Normandie à son frère, Robert Courte-Heuse, avait vu se former contre lui un parti puissant, destiné à faire revivre les droits de Guillaume Cliton, fils de Robert. Ce jeune prince, confié par le roi d'Angleterre à la garde d'Hélie de Saint Saëns, fut conduit par celui-ci à la cour de Louis VI, roi de France, qui le fit élever sous ses yeux et lui apprit le métier des armes en attendant l'heure de la vengeance. Les partisans de Guillaume Cliton, parmi lesquels se distinguait le turbulent Amaury de Montfort, comte d'Evreux, sollicitèrent Eustache de Breteuil d'abandonner le parti du roi et de se joindre à eux, si Henri ne lui rendait pas la tour d'Ivry, qui avait appartenu à ses prédécesseurs. Henri se défiait de son gendre, mais il ne voulut point l'irriter par un refus absolu. On convint que le fils de Raoul Harenc, gouverneur d'Ivry, serait confié à Eustache, comme garantie de l'engagement que prenait le roi de lui donner Ivry quand le calme serait rétabli. D'un autre côté, les deux filles d'Eustache furent remises à Henri comme gage de la fidélité de leur père.
         Le seigneur de Breteuil, circonvenu par Amaury de Montfort, ne tarda pas à se repentir de cet arrangement, et résolut de rompre ouvertement avec son beau-père. Pour bien marquer son mécontentement, il ordonna qu'on lui amenât le jeune Harenc, et, sans pitié pour sa faiblesse et son innocence, il lui fit arracher les yeux et les envoya à son père.
         Raoul Harenc, transporté de rage, demanda justice au roi d'Angleterre, et celui-ci se crut obligé de lui livrer les deux petites filles que lui-même avait reçues en otage. Harenc, sans se laisser émouvoir par les larmes de leur grand-père, emmena les jeunes princesses et les traita comme son fils avait été traité. De plus, il leur coupa le bout du nez.
         Juliane et son mari croyaient leurs filles en sûreté sous la garde de leur aïeul. Lorsqu'ils apprirent les cruelles représailles de Harenc, leur affliction fut excessive. Eustache fit aussitôt fortifier Lyre, Glos, Pont-Saint-Pierre et Pacy, et en ferma soigneusement l'accès, afin que le roi ou ses partisans n'y pussent pénétrer. Puis il envoya Juliane à Breteuil avec les troupes nécessaires pour garder cette place.
         Henri Beauclerc, appelé par les bourgeois de Breteuil, qui lui étaient restés fidèles, ne tarda pas à se présenter devant le château. Juliane conçut alors un horrible projet. Elle demanda fallacieusement un entretien avec son père, et, quand elle le vit paraître, elle tendit une baliste et lança au roi un trait, qui du reste ne l'atteignit pas. A l'instant même, Henri fit détruire le pont du château et tira de sa fille une vengeance aussi indécente que bizarre. Par son ordre, la malheureuse parricide fut forcée de se laisser glisser le long d'une corde du haut des murs, et dut descendre ainsi jusqu'au fond du fossé, en montrant ses fesses nues devant les soldats assemblés pour être témoins de ce singulier spectacle. « Cet événement, dit Orderic Vital, arriva au commencement du carême, dans la troisième semaine de février 1119, lorsque le fossé du château était rempli des eaux de la saison, et que la gelée, qui les glaçait, refroidissait d'une manière cruelle la chair délicate de la princesse, qui s'y plongea dans sa chute. »
         Juliane alla rejoindre son mari à Pacy, et le château de Breteuil fut donné au Breton Raoul de Gael, qui, dès le 17 septembre 1119, eut à le défendre contre le roi de France Louis VI. Celui-ci conseillé par Amaury de Montfort, conduisit à Breteuil de nombreuses troupes, venues de toutes les provinces de la France et de la Flandre, pour rendre à Eustache ce qu'il avait perdu et rétablir dans leurs domaines les autres seigneurs qui partageaient l'exil de Guillaume Cliton. Raoul de Gael alla au-devant de l'ennemi et le reçut à coups de lance et d'épée. Par bravade, il fit ouvrir les trois portes du château ; mais, malgré cette facilité qu'il offrait, aucun des envahisseurs ne fut assez hardi pour
    entrer. Raoul de Gael courait d'une porte à l'autre et changeait souvent d'armure pour n'être pas reconnu. Il renversa plusieurs chevaliers fameux et donna généreusement leurs montures à ceux de ses compagnons qui en manquaient. Louis VI, rebuté par cette héroïque résistance, se décida à lever le siège.
         Quelques semaines après, au mois de novembre, les rois de France et d'Angleterre eurent une entrevue à Gisors et firent la paix. Dans cette réunion, Eustache de Breteuil et sa femme obtinrent leur pardon de Henri Beauclerc, qui néanmoins ne leur rendit pas Breteuil, mais assigna à son gendre une pension de 300 marcs. Quant à Juliane, elle embrassa la vie religieuse à Fontevrault.
         La vaillance et la générosité de Raoul de Gael n'avaient pu triompher de la répulsion qu'il inspirait aux gens de Breteuil à cause de son origine bretonne. Désespérant de se faire aimer d'eux, il résolut de retourner en Bretagne et d'abandonner Breteuil, Glos et Lyre à sa fille Amicie. Celle-ci devait épouser Richard, fils naturel du roi Henri ; mais son fiancé périt dans le naufrage de la Blanche-Nef, et Amicie devint la femme de Robert le Bossu, comte de Leicester.
         Eustache étant mort à Pacy, en 1136, Guillaume de Pacy, son fils, revendiqua, les armes à la main, la châtellenie de Breteuil, qu'il considérait comme son héritage ; mais Robert le Bossu lui résista victorieusement.
         Robert Ier fut moins heureux en 1138 contre Roger de Tosny, châtelain de Conches. Celui-ci, pour venger diverses injures, parut tout à coup devant Breteuil, avec une troupe nombreuse. Des ouvriers battaient la moisson et il y avait, devant les maisons, de grands monceaux de paille, qui propagèrent rapidement l'incendie allumé par l'ennemi. L'église de Saint-Sulpice fut réduite en cendres, ainsi que
    beaucoup d'hommes et de meubles des bourgeois qui s'y trouvaient renfermés. Les chevaliers de la garnison, pris à l'improviste, ne purent même se réfugier dans la citadelle et tombèrent sous les coups des agresseurs.
         Cet acte de brigandage féodal se passa sous le duc Etienne de Blois, qui avait succédé à Henri Beauclerc, et dont Robert le Bossu abandonna le parti pour suivre celui de l'impératrice Mathilde, fille de Henri.
         Robert avait fondé, en 1125, le prieuré de Notre-Dame-du-Désert. L'Angleterre lui doit aussi les trois abbayes de Notre-Dame de Leicester, de Garandon et d'Etona. En 1152, Robert se fit admettre comme chanoine régulier dans la première, tandis qu'Amicie prenait le voile dans la troisième. En 1154, le roi Henri II, fils de Mathilde, attiré à Breteuil par le désir de châtier le baron de l'Aigle, investit Robert II aux blanches mains, fils de Robert Ier le Bossu, des fiefs de son père avec toutes leurs dépendances. Robert II prit part aux discussions de Henri II avec saint Thomas de Cantorbéry, et s'attacha ensuite à Henri Court-Mantel, fils du roi, lorsque celui-ci se révolta contre son père. Cette conduite attira de nouveau le malheur sur Breteuil, qui fut livré aux flammes par le roi d'Angleterre.
         Robert aux blanches mains assista, le 3 septembre 1189, au couronnement de Richard Cœur de Lion, où il portait un glaive d'or, puis il partit pour la Palestine ; mais il mourut pendant la traversée, en 1190, et fut enterré à Durazzo.

     

         Son fils, Robert III, l'avait suivi à la croisade, où il se montra le compagnon dévoué de Richard. De retour en occident, il continua à lui être dévoué et résista aux entreprises de Philippe-Auguste. Il mourut sans enfants, le 20 octobre 1204, et ses deux sœurs Amicie et Marguerite se partagèrent ses immenses possessions. Philippe-Auguste, qui venait de conquérir la Normandie, voulut avoir Breteuil et conclut avec Amicie, femme de Simon de Montfort, un traité par lequel elle lui abandonnait le château de Breteuil en échange de celui de Saint-Léger-en-Yve.
         Cette châtellenie, où les rois de France, de Philippe-Auguste à Philippe VI de Nalois, résidèrent plusieurs fois, fut cédée par Philippe VI à son fils puîné, Philippe, duc d'Orléans, puis, en 134 par Jean II, à son gendre Charles, roi de Navarre et comte d'Evreux.
         Après l'arrestation du roi de Navarre à Rouen, le 5 avril 1356, le duc de Lancastre, joignant ses forces à celles de Philippe de Navarre, se dirigea, en ravageant le pays, sur Breteuil, qu'il ravitailla. Mais le roi de France, Jean II, vint en personne assiéger la place. On voyait dans son armée, avec l'élite de la noblesse française, le comte de Douglas, Ecossais, et Henri de Transtamare, bâtard de Castille, qui fuyait la colère de son frère, Pierre le Cruel. Froissart décrit ce siège, qui fut remarquable par l'emploi que les assiégés firent de l'artillerie. Avec leurs canons, ils démolirent un grand beffroi à trois étages porté sur des roues, et construit par ordre du roi Jean dans le but de dominer leurs remparts. Quand ils virent cette tour de bois s'écrouler dans le fossé, ils s'écrièrent : « Seigneurs Français, vous ne nous aurez point ainsi que vous cuidez. » Cependant, une somme d'argent leur ayant été offerte, ils consentirent à se retirer sur Cherbourg avec armes et bagages.
         Ensuite Jean le Bon alla se faire battre à Poitiers, le 19 septembre 1356 et, par le traité de Calais, qui fut signé le 24 octobre 1360, la châtellenie de Breteuil fut restituée à Charles de Navarre, dit le Mauvais.
         Elle lui fut reprise, en 1372, par Duguesclin, puis lui fut rendue par le roi de France. Enfin, en 1378, Charles V, poussé à bout par les menées du roi de Navarre, envoya le comte d'Harcourt et Bureau de la Rivière pour s'emparer du château de Breteuil et le fit démanteler.
    Aujourd'hui, il ne reste que l'emplacement de cette forteresse qui vit couler tant de sang, et Breteuil n'a pas d'autre monument ancien que son église, dédiée à saint Sulpice, évêque de Bourges, mort en 644. L'édifice est assez grand, et offre le type de l'architecture rustique des environs... " [13]

     

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)

     

    Ci-dessus les vestiges du château de Breteuil : 01. https://www.routes-touristiques.com/tourisme/visiter-nos-regions/haute-normandie/eure/route-du-grison-27.html ; 02. http://www.normandie-sud-tourisme.fr/patrimoine-culturel/breteuil-sur-iton/ ; 03. http://www.lereveilnormand.fr/2016/02/26/projets-le-tourisme-est-il-l-avenir-de-la-commune/ ; 04-05-06 http://jeunes-francophones.fr/2016/08/08/breteuil-siege-de-la-forteresse-de-guillaume-le-conquerant/ ; 07. http://breteuil-sur-iton.stationverte.com/fr/breteuil-sur-iton_omanifestation.html ; 08-09. http://mapio.net/pic/p-25023157/

     

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)     De ce château, il ne subsiste que quelques vestiges, surélévations ou buttes, restes de murailles, appartenant à la grande enceinte située dans le parc de l’ancien château de la famille Pillon de Buhorel et dans le grand jardin public.

         Dans ce bourg castral, l’église Saint-Sulpice assurait l’encadrement religieux. L’église possède de très intéressants vestiges romans en matériau local de « grison ».
         De la seconde moitié du 11e siècle, subsiste le clocher qui domine l’édifice de sa noble simplicité.

         Breteuil devint définitivement française en 1450 et, à dater de cette époque, connut un calme uniquement troublé par les grands remous qui secouèrent la France.
         Des travaux considérables entrepris au 11e siècle, Breteuil a conservé le bras forcé de l’Iton qui chemine lentement à travers la ville et l’étang, devenu réserve ornithologique. Il est situé au fond du très beau parc public dans un site ombragé et attrayant. »
    [2] 

     

    Description du château 

     

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)     " Le château de Breteuil joua son rôle dans les guerres du 12e siècle ; il le reprit lorsque, sous le roi Jean et sous Charles V, les Anglais, joints aux rebelles partisans de Charles le Mauvais, vinrent de nouveau désoler la Normandie. Domaines du roi de Navarre, la ville et la forteresse furent plusieurs fois assiégées par les troupes françaises, et c'est à propos du premier de ces sièges, en 1356, que Froissart constate l'action déjà décisive de l'artillerie, encore à ses débuts. Après la reddition de 1378, Charles V, suivant une politique qui lui était habituelle, fit détruire les défenses du château de Breteuil. « L'an dessus dit [1378] furent abatuz XV des chasteaulx au roy de Navarre, c'est assayer Avranches, Gavrey, Mortaing, Tinchebrey, Orbec, Ponteaudemer, Berney, Beaumont le Rogier, Bretueil, Nonnancourt, Evreux, Pacy, Ennet, Nogent et Breval. Et V en demoura, c'est assaver Conches, Renieville, Carenten, Valongnes et Chierbourc. » Ce passage de la Chronique du Mont-Saint-Michel est confirmé par une quittance émanée, à la date du 1er décembre 1379, d'un certain Laurent du Val, qui reconnaît avoir reçu du vicomte de Breteuil la somme de dix francs
    d'or « pour l'abatement et demolussion du chastel de Bretueil ». Il faut croire que les murailles de la ville furent elles-mêmes démantelées, car le nom de Breteuil cesse dès lors de figurer dans l'histoire militaire. Il n'est pas question de cette ville au cours de la longue occupation de trente années que les Anglais firent peser sur le pays normand après l'invasion de 1418 et qui fut marquée cependant par tant d'épisodes divers où se dévoilait la frémissante impatience des vaincus. Les constructions du château ne sont plus représentées que par quelques fragments de murailles extrêmement dégradés, mais la plupart des retranchements de terre existent encore. Ils occupent un emplacement de forme générale rectangulaire, limité au sud et à l'ouest par les
    étangs, à l'est par la ville. Le sol monte légèrement vers le nord, et c'est pour cette raison que tout le front de ce côté est couvert par une levée rectiligne de deux cents mètres de long, qui règne ininterrompue de l'est à l'ouest, depuis la ville jusqu'à l'étang.
         Derrière cette levée, et séparées d'elle par un fossé profond, s'alignent les deux enceintes inégales qui composent le château. Celle de l'est était la plus considérable. Ses contours dessinent un trapèze ou plutôt un pentagone, car le front sud, le plus étendu, présente un angle saillant assez accentué. On compte environ 120 mètres de l'est à l'ouest et 140 du nord au sud. La seconde enceinte constituait le château proprement dit. Située à l'ouest de la précédente, elle est protégée à l'est par le fossé qui l'en sépare, au sud et à l'ouest par les étangs, au nord par le fossé qui règne derrière le boulevard ou levée. Cette seconde enceinte, dont la forme est celle d'un carré barlong aux angles largement arrondis, comme, d'ailleurs, ceux de la première enceinte, mesure 50 mètres de l'est à l'ouest et 70 du nord au sud. Le sol en est un peu plus élevé que celui de la première enceinte, mais il ne dépasse pas sensiblement le sommet du boulevard. Il n'y a aucune trace de maçonnerie sur ce boulevard, dont le terre-plein se reliait par son extrémité orientale aux retranchements de la première enceinte. Il y a, de plus, de ce côté, des surélévations ou buttes qui ont dû porter des tours ou autres ouvrages défensifs. L'une de ces petites mottes, de forme ronde, commandait peut-être l'une des entrées du château, laquelle, ainsi placée près des remparts de la ville, se fût trouvé bien protégée. Il nous a été impossible de reconnatîre les entrées de la seconde enceinte. L'une d'elles se trouvait nécessairement à l'est et permettait de communiquer avec la première enceinte. L'autre, accessible du dehors, et dont l'existence est probable, mais non certaine, se trouvait peut-être au nord-ouest, commandée, près de l'étang, par l'extrémité du boulevard. Il y a là aujourd'hui un terrain plat, qui fait saillie dans l'étang et où nous restituerions volontiers quelque ouvrage avancé. C'était en cet endroit peut-être que se trouvait l'extrémité du long pont de bois dont parle la tradition et qui donnait une communication directe avec la forêt, et même, dit-on, avec une défense extérieure appelée Butte des Ponlards ; mais on peut douter que ce pont et cette défense aient toujours existé [Il est difficile, nous le répétons, de reconnaître l'emplacement et même le nombre des entrées du château. Dans son récit de l'attaque tentée par Louis VI en septembre 1119, Orderic Vital (éd. Le Prévost, t. IV, p. 367) dit que l'on se battit terriblement aux trois portes. L'une des entrées était connue sous le nom de porte de Verneuil. (Mém. et notes d'Aug. Le Prévost, t. III, p. ig5.) ].
         La première enceinte possédait une ceinture de murailles dont on retrouve les restes sur tout le front nord et, çà et là, en petit nombre, sur le front est et à l'angle sud-ouest. Suivant la méthode du 11e siècle, le retranchement de terre qui porte ces défenses est surélevé au-dessus du sol intérieur du camp. Seules, les défenses du front méridional ont complètement disparu. Peut-être de certains vestiges doit-on conclure que cette enceinte était munie de tours carrées, oeuvre probable du 12e siècle. L'existence de tours de ce genre paraît, du moins, certaine pour l'enceinte du château proprement dit, où les vestiges de maçonneries sont plus nombreux et plus importants. Les courtines mesuraient 2 m 50 d'épaisseur. Un palier sur l'escarpe du front sud et un fragment de mur au bord extérieur de ce palier indiquent, sans doute, qu'il y avait là une première défense ou fausse-braie, à moins qu'il ne s'agît de la chemise du donjon. Au donjon appartenait peut-être, en effet, une muraille supérieure dont il reste encore des vestiges. Un fragment de maçonnerie tombé sur la pente a fait partie d'un angle rentrant placé à la rencontre de deux murs. Ce fragment appartenait-il au donjon et à l'un de ses contreforts ? Nous le supposerions volontiers, sans pouvoir l'affirmer. Toujours est-il que le débris en question est du très petit nombre de ceux qui possèdent encore leur parement de grison taillé.  Les parements ont, en effet, été partout arrachés, et les restes du château de Breteuil ne montrent plus, en général, que des agglomérations informes de silex et de moellons de grison liés par du mortier et formant des masses d'une dureté extraordinaire. On constate l'emploi de longrines de forte équarrissure combinées, comme à Tillières, avec des poutres plus petites perpendiculaires au parement.
         On le voit, les dispositions générales du château de Breteuil et de ses enceintes étaient restées fort archaïques et probablement telles qu'elles avaient été conçues par le fondateur. Mais il est évident qu'on avait, plusieurs fois peut-être, renouvelé les constructions. C'est un point, d'ailleurs, sur lequel l'état actuel ne permet aucune précision.
    Aujourd'hui, l'emplacement de la vieille forteresse, propriété de Mademoiselle de Buhorel, est un parc où régnent le calme et le silence. Les plantations, le percement des allées n'ont que fort peu modifié les formes générales.
         On peut regretter seulement la coupure pratiquée au milieu du boulevard septentrional pour faciliter l'accès ; mais cette coupure remonte sans doute à une date déjà ancienne.
         La ville avait ses fortifications particulières, protégées sur toute leur étendue par des fossés où coulent encore des eaux tirées du faux Iton. Mais cette ceinture ne doit pas être contemporaine du château, auquel nous croyons pouvoir rattacher, au contraire, une enceinte plus petite, de forme demi-circulaire, qui en formait, vers l'est, comme l'annexe, l'enceinte avancée, ce qu'on appelait au 12e siècle le balle. Le bras d'eau qui la protégeait a été comblé sur une grande partie de son parcours, mais la direction des rues permet encore aujourd'hui de reconnaître le contour de cette première enceinte du château, qui fut plus tard supprimée et incorporée à la ville.


    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)     Il reste à peine quelques vestiges des fortifications. Au nord-ouest, près de l'avenue des Plesses, à l'entrée de laquelle s'élève le buste de Théodule Ribot, on voit encore la partie inférieure d'une tour carrée construite en grison et qui ne présente aucune trace d'ouvertures défensives. Cette tour ne se défendait donc que par ses étages supérieurs, comme celles du 12e siècle ; de plus, elle était ouverte à
    la gorge, ce qui la rapproche des tours construites par Henri II Plantagenet au château de Gisors. Il semble donc qu'on soit autorisé à la supposer contemporaine de ce prince, qui se montra partout très attentif à protéger ses villes fortes et ses châteaux. " [7]  

     

    Ci-dessus, la tour carrée, photo extraite de http://www.normandie-sud-tourisme.fr/patrimoine-culturel/breteuil-sur-iton/

     

    " Breteuil-sur-Iton (Eure). Château de Breteuil

     

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)     Le complexe castral de Breteuil est un site de grande ampleur, bâti vers 1054 sous l’impulsion du duc Guillaume II le Bâtard. Le relief naturel a été remodelé afin de créer un large tertre ovalaire (80 m de diamètre) légèrement surhaussé, associé à une enceinte trapézoïdale (80 m x 122 m). L’ensemble est défendu au nord par de larges fossés (25 m à l’ouverture) initialement drainés et doublés d’un talus de contrescarpe. Les fronts ouest et sud sont baignés par un étang artificiel captant les eaux de l’Iton. Enfin, la partie est du château est accolée à la ville de Breteuil dont elle est isolée par un bras détourné de la rivière. L’installation d’ateliers sidérurgiques à proximité dès 1480 et la transformation du site en parc romantique au tournant des 19e et 20e s. ont considérablement accéléré l’oblitération des micro reliefs. En outre le démantèlement de la fortification à partir de 1378 et son utilisation comme carrière durant l’époque moderne ont conduit à la disparition de la plupart des vestiges maçonnés. Seuls d’imposants blocs renversés parsèment encore le site.

             Le relevé a permis de mettre en évidence des traces du siège de Jean II le Bon (1356) notamment la tentative d’assaut avortée au moyen d’un puissant beffroi mobile. Les terrassements conçus pour acheminer la machine de guerre jusqu’aux murs de la forteresse sont perceptibles, notamment une rampe d’accès aux fossés et le percement mal réparé du talus de la contrescarpe. L’abandon rapide du site après cet événement a sans doute contribué à la fossilisation de ces structures qu’il est rare d’observer. (Relevé et étude : Thomas Guérin, Magali Heppe.) " [8]  

     

    Plan ci-dessus extrait de ce même document.

     

    L'église Saint-Sulpice :

     

         " Cette église de style roman fut construite en belle pierre appelée « grison du pays d’Ouche » au 11e, qui lui donne un caractère original. Elle fut donnée vers le milieu du 11e s. par un des principaux collaborateurs de Guillaume le Conquérant à son abbaye de Lyre. Constituée d’une longue nef en forme de croix, elle abrite un buffet d’orgue du 16e, d’une charpente en bois polychrome et historié du plus bel effet. C’est dans cette église que fut célébré au 11e s le mariage d’Adèle, la fille de Guillaume le Conquérant avec le comte de Blois. " [4]  

     

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)

     

          « L’église Saint-Sulpice abrite un orgue du 16e siècle, restauré dans sa facture d’origine. Cet instrument est remarquable et particulièrement rare par la qualité du matériel ancien réutilisé.
         Il présente deux claviers et seize jeux, quatorze au grand orgue et deux au récit (en tirasse à la pédale). Le buffet, la balustrade et ses anges sont du 16e siècle et n’ont subi aucune transformation depuis leur origine.

     

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)

     

    Ci-dessus, la Tour Carrée à Breteuil extraite du site : http://www.immobiliere-normandie.com/Fiche_Vente_de_bien_SURFACE_DIVERSE_1_pieces_Centre_ville_BRETEUIL_9_ref700243 

     

         En déambulant dans les rues de cette petite cité, on peut admirer la Tour carrée datant du 12e siècle, vestige de l’ancienne enceinte et une très belle façade Renaissance (rue Paul d’Urclé). » [2]
     

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)     Le château qui abrite aujourd’hui un institut psychothérapique est réputé pour l’une des portes de son orangerie de style Renaissance. La scène du passage du certificat d’études avec Bourvil dans le film " Le Trou Normand " y fut tourné. [NdB]

     

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure) LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)

      
         « L’hôtel de ville donne l’illusion d’un très ancien édifice. C’est une curieuse construction de 1860 édifié dans le style de la chapelle de l’ancien Hôtel Dieu qui occupait cet emplacement. »
    [2] 

     

    Autres pages intéressantes sur l'histoire de Breteuil ici.

     

    « Frontière du pays chartrain.

     

         La petite rivière d'Avre, coulant pendant soixante-dix kilomètres dans une étroite vallée, entre les plaines de l'Evrecin et celles de la Beauce formait de ce côté un fossé naturel et délimitait la frontière d'une manière qui n'a jamais varié.

    Avra licet parva Francorum dividit arva.

         Les châteaux de Chênebrun, Verneuil, Tillières et Nonancourt étaient bâtis sur les collines qui dominent cette rivière au nord et se trouvaient tous au passage de routes anciennes qu'ils interceptaient. Illiers-l'Évêque se trouvait un peu plus loin dans la plaine, sur la route de Dreux à Évreux. Dans plusieurs endroits où la rivière encore faible ne formait pas un obstacle suffisant, le roi Henri II avait fait creuser de longues lignes de fossés avec un rempart de terre. M. de Caumont les signale dans les communes d'Irai, Chênebrun, Saint-Christophe et Courleilles, où ils portent le nom de Fossés-ie-Roi. Il engage à les étudier dans leur ensemble et par rapport avec les forteresses voisines.

         A une dizaine de kilomètres en arrière, le cours de l'Iton et les châteaux de Bourth, Cintray, Condé-sur-Iton, Breteuil et Damville formaient une seconde ligne parallèle à la première. Une troisième consistait dans les trois fortes places de Laigle, Conches et Évreux, reliées par le cours de la Risle et par les forêts de Breteuil, de Conches et d'Évreux. Cette frontière fut rarement attaquée avec succès, et plus d'une fois, particulièrement en 1119, Breteuil fut le bouclier de la Normandie. » [5] 

     --------------------------------------------------------- 

     

    « L’histoire du Becquet

     

    LES REMPARTS DE BRETEUIL-SUR-ITON (Eure)     Le Becquet est un éperon de maçonnerie construit au 12ème siècle parle roi-duc Henri Beauclerc pour amener l’eau de l’Iton vers la ville nouvelle de Verneuil. L’ouvrage se situe sur la commune de Bourth entre les bois de Chéraumont (et l’usine) et le hameau des Graviers qui forme la « frontière » avec Francheville. On disait jadis « le Becquet de Chéraumont »

     

    Étymologie

     

         En scandinave ancien, « un bec » (bekkr) est un ruisseau. Son dérivé « becquet » s’emploie aussi pour une pointe de terre formée par le confluent de deux rivières.

     

    Description

     

         L’historien Vaugeois décrit parfaitement le Becquet : « ouvrage hydraulique remarquable et ancien. C’est un barrage de la rivière solidement établi en maçonnerie et présentant, en amont, un épi qui partage les eaux et les rejette à droite et à gauche dans deux canaux creusés pour les recevoir.
         Le barrage a pour effet d’élargir le lit de l’Iton qui est compartimenté par le creusement de deux bassins réservoirs ou déversoirs. En amont, les réservoirs sont écartés l’un par rapport à l’autre, mais ils se rapprochent au niveau de l’éperon. Leur ensemble, ayant donc la forme d’un V, fait penser à un bec et peut expliquer aussi le nom de l’ouvrage. Les bassins sont inclinés l’un par rapport à l’autre. Ils dirigent les eaux vers les deux canaux, et, étant d’égale longueur (34 mètres), ils partagent par moitié les eaux entre les deux bras.

         Les eaux tombent en cascade dans les réservoirs, et leur chute accroît leur vitesse.»

     

    L’origine

     

         Lorsque Guillaume II le bâtard, duc de Normandie, construisit la forteresse de Breteuil pour assurer la défense de son duché contre les invasions de ses voisins français ; il dérive le cours de l’Iton au niveau de Francheville pour alimenter les fossés de la forteresse. Cinquante plus tard (1120) son fils Henri 1er Beauclerc, duc de Normandie et roi d’Angleterre, entreprend de construire une ville forte qui sera Verneuil.
         Pour remplir d’eau les fossés de la ville, il est envisagé d’utiliser les eaux de l’Avre, cependant le projet a deux inconvénients : l’Avre est en territoire Français et il est en contrebas de la ville. Les ingénieurs hydrauliciens normands décident que la prise d’eau doit se faire plus en amont pour obtenir une pente suffisante et permettre l’alimentation des fossés. On construit alors l’ouvrage du Becquet et l’on creuse deux nouveaux canaux. Le premier, qui s’étire sur 13,5 kms, se dirige vers Breteuil, le second canal ou « cours forcé » après un parcours de 16,5 kms se jette dans l’Avre au dessous du moulin de Bâlines, sans avoir oublié de remplir au passage les fossés de Verneuil.
         Ces deux fossés conçus dans un but prioritairement défensif servirent aussi à irriguer les champs riverains et à actionner de nombreux moulins. (...)

     

    Classement du becquet

     

         Le 14 octobre 2002 Monsieur Bruno Fontenaist, préfet de la région de Haute Normandie, a signé un arrêté par lequel l’ensemble de l’ouvrage du « Becquet de l’Iton » est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
         Le classement du Becquet sous sa forme actuelle est dû à la volonté de différents partenaires, et surtout à celle de Monsieur Jacques Demaire, ancien conseiller général, et ancien maire de Verneuil-sur-Avre, qui a initié la réhabilitation de cet ouvrage.

         Le Becquet est devenu un lieu propice au tourisme grâce à des aménagement appropriés :
    - Un parking paysagé.
    - Deux passerelles qui enjambent les bras forcés qui se dirigent respectivement vers Breteuil et Verneuil.
    - Un chemin spécialement aménagé pour permettre l’accès aux personnes à mobilité réduite. "
    [6]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait du site : https://cgma.wordpress.com/2013/08/13/france-pittoresque-%E2%80%93-1835-eure-2/

    [2] Extrait de http://www.villedebreteuilsuriton.fr/fr/information/71232/un-peu-histoire

    [3] Extrait de Wikipédia

    [4] Extrait de http://www.eure-tourisme.fr/Fiche/Detail/Activite/BRETEUIL/Eglise-Saint-Sulpice/PCU-PCUNOR0271000086

    [5] Extrait du Congrès archéologique de France : séances générales tenues... par la Société française pour la conservation des monuments historiques ; éditeur : Derache (Paris) / A. Hardel (Caen), 1876.

    [6] Extrait de https://fr.wikipedia.org/wiki/Becquet_de_l%27Iton

    [7] Extrait de l'Annuaire des cinq départements de la Normandie publié par l'Association normande – Éditeur (Caen) 1914 - https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5453921j/f192.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Breteuil%22.texteImage

    [8] Extrait de Haute-Normandie. Étude microtopographique des fortifications de terre de Haute-Normandie Responsable d’opération : Anne-Marie Flambard Héricher - Notice rédigée avec Bruno Lepeuple, Thomas Guérin, Magali Heppe, Daniel Étienne, Gilles Deshayes, Sébastien Lefèvre et Jimmy Mouchard - p. 268-271 - Année de l'opération : 2007 https://journals.openedition.org/archeomed/22021

    [9] Extrait de l'article https://actu.fr/normandie/breteuil_27112/patrimoine-breteuil-une-forteresse-guillaume-conquerant-contre-francais_27404607.html

    [10] Extrait de l'Histoire et géographie du département de l'Eure par Paul Rateau et J. Pinet (inspecteur de l'instruction primaire) – Éditeur A. Blot (Evreux) 1870. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96926896/f240.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Breteuil%22.zoom.texteImage

    [11] Extrait de Histoire des Normands par Guillaume de Jumièges (10..-1090?). Vie de Guillaume le Conquérant par Guillaume de Poitiers (1020?-1087?) - (Paris) 1826 - Guizot, François (1787-1874), traducteur. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k94621d/f222.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Breteuil%22.texteImage

     [12] Extrait du Nobiliaire et armorial de Bretagne. Edition 2,Tome 2 / par Pol Potier de Courcy (1815-1891) - Éditeur (Nantes) 1862 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5406239c/f207.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Breteuil%22.texteImage

    [13] Extrait de l'article de Jacques Lestrambe in La Normandie monumentale et pittoresque - Éditeur Lemale (Le Havre) 1896 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6240655t/f87.item.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Breteuil%22.zoom.texteImage

     

         Le document ci-dessous est une synthèse du travail remarquable effectué par Monsieur Michel Lesueur, ancien maire de Bourth, et paru dans le bulletin municipal de Bourth 2003. » http://ccpverneuil-avre.fr/le-becquet/ Voir également à ce sujet ci-dessous ce document PDF :

     

    « LES REMPARTS DE LA FERTE-MACE (Orne)LES REMPARTS DE SAINT-CENERI-LE-GEREI (Orne) »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    1
    Mme ANTOINE NICOLE
    Lundi 20 Avril à 16:29

    Bonjour

    Pourriez vous me dire ce qu'est devenu le chateau  ou était , l internat qui existait a Breteuil sur Iton, j étais allée voir mon frère . qui s appelait BERCLAZ Daniel et j aurais aimé savoir si vous aviez des photos de cette époque

     

    Merci de votre réponse

     

    Mme Nicole ANTOINE

     

      • Mme ANTOINE NICOLE
        Jeudi 23 Avril à 16:07

        VOIR PLUS HAUT MA DEMANDE

         

        MERCI

    2
    Gilloudifs
    Jeudi 21 Mai à 12:37

    Bonjour,

    J'ai rajouté quelques éléments dont un plan actualisé de l'emplacement du château de Breteuil.

    Cordialement

    Gilloudifs

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :