• LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne)

    LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne)     « A Bonsmoulins dans l'Orne se trouvent les ruines d'un ancien château médiéval. En fait de ruines, il ne subsiste que les vestiges du logis. (...) » http://photos.piganl.net/2009/bonsmoulins/bonsmoulins.html

     

         « Le petit village de Bonsmoulins, situé à la limite de la Normandie et du Perche, fut jadis un centre important, ayant son église, fondée dès 1113 par l'abbaye de Saint-Evroult, son hospice ou Hôtel Dieu richement doté, sa haute-justice, ses assises judiciaires et son château-fort redouté et envié. » P. de Longuemare. T : II. Normandie Illustrée 1897 http://genpetit.net/bonsmoulins/histoire-2.htm

     

         « La forteresse semblait formée d'au moins deux enceintes circulaires (murailles) et de trois fossés dont le second communiquait avec la rivière à proximité (l'Iton). » http://photos.piganl.net/2009/bonsmoulins/bonsmoulins.html

     

    LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne)   LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne)

    Plan hypothétique du château de Bonsmoulins d'après un plan de Bernard Jouaux architecte trouvé sur http://photos.piganl.net/2009/bonsmoulins/plan.JPG ; Blason par King-charles — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4080851

     

    LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne)     « Relevé de ses ruines, vers 1100, par Henri Ier d'Angleterre, qui sur l'emplacement du vieux château fit construire une place forte redoutable, Bonsmoulins avait été donné à Richer de Laigle par Rotrou, gendre du roi, en 1137. Devenu un vrai repère de brigands, il fut repris, treize ans après, en 1150, par Geoffroy d'Anjou.

         Après plus de deux siècles de tranquillité relative, quand les luttes avec l'Angleterre recommencèrent, la forteresse déjà vieille, subit le sort de toutes les places fortes du Perche et tomba au pouvoir de l'envahisseur. C'était en 1418 : Jean Triptofs, qui avait eu les honneurs de cette capture, s'empressa de remettre en état le château dont il venait d'être nommé capitaine. » P. de Longuemare. T : II. Normandie Illustrée 1897 http://genpetit.net/bonsmoulins/histoire-2.htm

     

    « Prise de Bonsmoulins, par les Français :

         Peu de jours après la prise de Laval, et quelque temps avant celle de Saint-Céneri, par Jean d'Armanges, lieutenant de Loré, et par le breton, Henri de Villeblanche, vers l'an 1429 ou 1430, le vaillant capitaine Ferbourg, originaire de la Bretagne, cette ancienne pairie des braves, parvint à chasser la garnison anglaise du château de Bonsmoulins. Après s'être rendu maître, de la place il s'empressa d'en rétablir les fortifications que les différents assauts qu'elle avait eu à subir, avaient fortement endommagées. Il espérait, à l'aide de ses robustes murailles, et de ses triples et profonds fossés, s'en faire un solide rempart pour inquiéter et harceler les Anglais. Le duc d'Alençon, à qui appartenait ce château, fut ravi en apprenant ce beau fait d'armes, et, pour récompenser celui qui en était l'auteur, il donna à Ferbourg la charge de commandant de cette place, frontière de la Normandie et du Perche, et qui passait à bon droit pour une des plus fortes du pays. » Antiquités et chroniques percheronnes, ou Recherches sur l'histoire civile, religieuse de l'ancienne province du perche et pays limitrophes par Louis Joseph Fret, 1838

     

    LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne)     «  (…) Le compagnon de Loré, le capitaine Ferbourg..., par ordre du duc d'Alençon, le conserva sous son commandement pendant quatre années. Elles suffirent à peine à réparer les ruines causées par le dernier siège.

         En 1433, le comte d'Arundel s'empara de nouveau du château à la suite de combats longs et sanglants, et le fit complètement raser. » (…) « Ferbourg et les braves qui composaient la garnison, se défendirent avec une rare intrépidité ; la haine profonde qu'ils ressentaient pour la domination odieuse des Anglais, doublait leurs forces, et stimulait puissamment leur courage. Ils soutinrent long-temps les efforts de l'ennemi ; mais que peut la valeur contre un nombre trop supérieur ? Nos braves épuisés de lassitude, après tant de jours d'une lutte incessante, se virent, malgré leur héroïsme, dans la triste nécessité d'en venir à capituler. Ferbourg traita avec Arundel, et sortit honorablement lui et les siens du château qu'il remit à ce général Anglais. Ce dernier exaspéré par la résistance qu'il avait éprouvée, et les efforts multipliés que lui avait coûté la victoire, détruisit la place en la faisant raser. Il livra ensuite à la flamme tout ce que renfermait l'intérieur ; vivres, magasins, et autres provisions ; voulant par cet acte de vandalisme , la mettre hors d'état de ne servir jamais de retraite aux Français. Bientôt cet antique et noble château, n'offrit plus qu'un amas de cendres, de décombres et de débris calcinés. C'est dans cet état qu'ils la léguèrent aux Français qui depuis cette époque, ne virent jamais sortir de leurs ruines ; ses tours, ses donjons, ses hautes et superbes murailles. » (...)

     

    LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne)     Les débris accumulés redisent la triste histoire de Bonsmoulins et les boulets en pierre trouvés dans ces ruines démontrent ce fait fort remarquable, de l'emploi du canon dans le siège des forteresses normandes, durant les premières années du 15e siècle.

         Les boulets ne sont pas les seuls vestiges intéressants découverts à Bonsmoulins. Un chercheur, M. l'abbé Saffrey, alors curé d'une paroisse voisine, Saint-Aquilin-de Corbion, a patiemment exhumé, il y a quelques années, ces restes curieux. Au milieu d'ossements d'hommes et de chevaux qui attestent combien le siège subi fut meurtrier, il a découvert des fragments de poteries en terre et en grès, des éperons, des étriers, des boucles, un petit poignard, une clef, une cuillère et un couteau, trois monnaies féodales du 14e siècle (1359-1399), enfin un sceau, ou pour mieux dire, la matrice en bronze du sceau de la châtellenie de Bonsmoulins. Fort bien conservé, ce sceau porte d'un côté, les armes du duc d'Alençon, « aux fleurs de lys sans nombre avec un quartier à la croix ancrée », et la légende : « Sceau de la Chastellenie de Bonsmoulins ». [https://www.cairn.info/revue-annales-de-normandie-2011-2-page-103.htm] 

     

    LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne)     En somme, toute une collection d'objets témoins des luttes qui ensanglantèrent la vieille forteresse.

         D'un autre côté, certaines démolitions faites pour reconstruire des bâtiments de ferme, ont mis à jour des colonnettes, des chapiteaux sculptés et des bases de piliers. C'est non loin de la grande muraille, auprès d'un reste de grande porte romane, que l'on a recueilli les objets les plus intéressants, et comme dans presque tous les châteaux détruits à cette époque, une épaisse couche de charbon et des morceaux de tuiles calcinées indiquent que le feu avait été le principal moyen employé par les assaillants pour réduire la garnison.

     

    LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne)     Les ruines actuelles, quoique considérables, ne peuvent guère donner qu'une vague idée de l'importance de la place. Un grand pan de muraille fort élevé, avec un reste de tour, en font la partie principale, un puits profond solidement construit en grison gris est également bien conservé. Entre la tour et le pan de muraille s'élève une haute butte de terre traversée en tous sens de murs épais, dont il est assez difficile de reconstituer le plan d'ensemble; cependant la partie qui longe le dernier fossé de l'enceinte laisse voir très visible la penture d'une des deux portes d'entrée. Plan ci-dessus extrait de http://photos.piganl.net/2009/bonsmoulins/plan.JPG

         On distingue également les murailles formant la seconde enceinte, auprès de laquelle on remarque les restes d'un bâtiment assez élevé et qui, d'après sa forme circulaire à une extrémité pouvait être une petite chapelle; c'est contre cette deuxième enceinte que se trouve le second fossé communiquant avec la rivière d'Iton; il est encore en partie rempli d'eau et sert d'écluse au moulin voisin.

         Le troisième fossé, qui porte comme les deux autres le nom de Fossé-le-Roi, n'est plus maintenant, sur une certaine longueur du côté de Saint-Aquilin, qu'un petit ruisseau, limite des deux communes. Enfin, l'on rencontre à quelque distance de larges tranchées ou de vieilles routes, se dirigeant vers Verneuil ou Essay ; elles marquent l'emplacement de chemins qui conduisaient au château.

         Aux environs, le Champ de la Chapelle auprès du Gibet, et le lieu dit les Fourches, suffiraient à attester, à défaut de documents historiques, l'existence de la haute-justice alors que Bonsmoulins portait le titre de ville. » P. de Longuemare. T : II. Normandie Illustrée 1897 http://genpetit.net/bonsmoulins/histoire-2.htm

     

         « Après les guerres de religion et la restauration du pouvoir royal par Henri IV, de nombreux châteaux sont démantelés après l'édit de Nantes afin d'éviter les sièges de résistance : le château de Bonsmoulins est démantelé ainsi que ceux d'Exmes et Essay à partir de 1600. » [Wikipédia] 

     

         « Comment se fait-il que cette localité soit déchue rapidement de son ancienne splendeur, et que les ruines d'un château si considérable aient disparu presque complètement ? Leur histoire est hélas celle de beaucoup d'autres monuments importants ; le vandalisme incessant de destructeurs inconscients a plus fait que les ravage de la guerre : on a trouvé là des masses de pierres facile à employer et on s'en est emparé. 

     

    LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne)     M. Louis Duval, éminent archiviste de l'Orne, a bien voulu nous communiquer un certain nombre de pièces qui nous racontent l'histoire de cette destruction méthodique et en quelque sorte autorisée. Ce sont des lettres de M. de Soalhat, subdélégué à Sées et de M. de Courteilles à l'intendant d'Alençon, traitant cette question ; des demandes instantes de Madame de Préville-Férault et de M. d'Anneville (1), président-trésorier de France au bureau des Finances de Caen, et d'autres propriétaires, qui tous sollicitent la permission d'employer les pierres soit pour réparer la nef de l'église, soit pour entretenir les chemins ou reconstruire des bâtiments d'exploitation : Aussi, bien que ces murs « fussent faits de matière si bonne, qu'il était impossible d'en avoir qu'en cassant les pierres par petits morceaux (2) », la démolition marcha avec une rapidité effrayante, et si, par ordre l'on n'avait « conservé pour bornages, les trois murs situés au midy et qui formaient ci-devant le pignon », il est probable que rien ne resterait plus pour attester l'ancienne splendeur de Bonsmoulins. » P. de Longuemare. T : II. Normandie Illustrée 1897 http://genpetit.net/bonsmoulins/histoire-2.htm

    (1) Archives de l'Orne. Série C. Liasse IV. (2) lettre du 22 septembre 1759

     

    LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne) LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne) LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne) LES REMPARTS DE BONSMOULINS (Orne)

     Photo 1 : http://cdcpaysdelamarche.free.fr/index.php?menu_gl=communes#Bonsmoulins ; Photo 2 : http://photos.piganl.net/2009/bonsmoulins/bonsmoulins.html ; Photo 3 : http://dfcf-orne.over-blog.com/article-dfcf-61040-le-chateau-de-bonsmoulins-74517583.html ; Photo 4 : Information Description = Ruines du chateaux de Bonsmoulins |Source=travail personnel |Date= |Author= King-charles |Permission= |other_versions= https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ruines_Bonsmoulins.JPG

     

    Bonnes pages :

     

    http://genpetit.net/bonsmoulins/histoire-2.htm

    http://genpetit.net/bonsmoulins/bibliographie.htm

    « LES REMPARTS DE MONTFORT-SUR-RISLE (Eure)LES REMPARTS DE VALMONT (Seine-Maritime) »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :