• LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)

    LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)     « La ville close de Bellême est un ensemble fortifié, comprenant le Porche et des remparts, située à Bellême, en France.

         D'après le photographe français Frédéric Chéhu, « Bellême est une toute petite ville fortifiée » du Perche, dont « le point d'orgue […] est le porche du 15e siècle, surmonté de ses tours : le plus beau du Perche ». [1]

     

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    Ci-dessus : cartes postale montrant la porte Saint-Sauveur dite "le Porche" ; photo de droite extraite du site http://www.villedebelleme.fr/histoire-de-belleme-2/

        
     

     LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)  LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)

    Plan hypothétique des remparts de la ville de Bellême ; blason par Thomas Lebée — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2174102

     

    LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)     « Une ville qui conserve les traces de son passé
     

         « L’histoire de Bellême commence au milieu du 10ème siècle quand un certain Yves, appelé plus tard Yves de Creil, reçoit du souverain carolingien Louis IV d’Outremer, l’ordre de mettre en défense un carrefour de deux routes, l’une venant de Chartres, l’autre venant d’Evreux et toutes deux allant au Mans. Pendant deux siècles la descendance d’Yves contrôle la destinée du lieu et de ses environs.

         Un premier château est construit sur une motte artificielle en contrebas de la ville actuelle, à l’extrémité d’un éperon barré. Dans cette enceinte Yves et son épouse Godehilde fondent une église en l’honneur de Notre-Dame pour abriter leurs dépouilles à leur mort. Cet édifice religieux, depuis dédié à saint Santin, un contemporain et ami de saint Eloi, est aujourd’hui une des plus vieilles églises du Perche.

     

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    Photos 1-2 du "Porche" extraites du site :
    http://36000communes.canalblog.com/archives/2013/04/15/26931296.html ; photo 3 extraite de http://www.francebalade.com/maine/sgrbelleme.htm ; photo 4 : plaque commémorative du siège de 1229 placée sous le Porche, photo extraite de http://www.ca-fondationpaysdefrance.org/fondation4/index.php/component/cdf/?controller=articles&view=articles&task=getArticlesItem&id_cdf_content=1412

     

        Au début du 11ème siècle, les Talvas, nom que prirent les descendants d’Yves, font construire un nouveau château sur la partie la plus haute de l’éperon qu’ils protègent d’une puissante muraille flanquée de tours et percée de deux portes à chaque extrémité d’une rue appelée aujourd’hui rue Ville Close. En dehors des remparts, ils créent un bourg avec une église, l’une dédiée au Sauveur et l’autre à saint Pierre. Cette dynastie fait régner une certaine terreur dans le pays et au-delà des frontières de la région pendant de nombreuses années.

         En 1113, Henri Beauclerc, roi d’Angleterre, et Louis VI, roi de France, s’entendent pour emprisonner le seigneur de Bellême et lui confisquent ses biens, qu’ils donnent vers 1115 à Rotrou III, comte de Nogent et de Mortagne, gendre du souverain anglais. Le comté du Perche est né !

         Pendant plus d’un siècle, la dynastie des Rotrou gouverne le Perche. L’un d’eux Rotrou IV, second comte du Perche, devient le beau-frère du roi de France Louis VII et l’oncle du roi Philippe-Auguste. A ce titre, les comtes du Perche sont pendant deux générations les chefs de la cavalerie française.

         Lorsque meurt en 1226 le dernier rejeton mâle de cette lignée, le comté du Perche passe en héritage au roi de France, mais pas sans problème, car le jeune roi saint Louis et sa mère Blanche de Castille vinrent y mettre le siège durant les trois mois de l’hiver 1229 pendant la révolte des Barons contre la régente.

         Après la mort du roi saint Louis, le Perche est donné en apanage avec le comté d’Alençon à des princes cadets de la famille royale et il en sera ainsi jusqu’ à la fin du 18ème siècle. Le dernier comte du Perche sera Monsieur le comte de Provence, frère du Roi Louis XVI et futur Louis XVIII.

         Bellême est détruite et occupée à plusieurs reprises par les Anglais pendant la guerre de Cent ans et sans interruption de 1417 à 1449. Le porche de la rue Ville Close du côté de l’église Saint-Sauveur semble avoir été construit à cette époque.

         En 1562 et 1568, la ville est pillée et incendiée par les armées de l’amiral de Coligny et les partisans de la nouvelle religion dite réformée. Un temple protestant existe à Bellême jusqu’en 1685 accueillant de nombreux adeptes : gentilshommes et marchands.

     

    LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)     La ville de Bellême est considérée jusqu’au 16ème siècle comme la capitale du Perche à cause de sa puissante forteresse qui avait résisté à de multiples attaques. Mais la ville perd peu à peu de son importance lorsque l’administration royale s’installe à Mortagne.

    Photo d'un bas relief de bellême au 16ème siècle extait de http://bellemepatrimoine.fr/histoiredebelleme/

         Bellême, ayant conservé sa préséance sur Mortagne et Nogent-le-Rotrou, les Etats généraux du Perche y furent convoqués en 1588, 1614 et 1789. Le clergé, la noblesse et le Tiers Etat y élirent leurs députés, et y rédigèrent leurs cahiers de doléances.

         Bellême est sous l’ancien régime le siège d’un bailliage, d’une maîtrise particulière des Eaux et Forêts, et d’un grenier à sel. Tous ces corps siègent dans l’hôtel de ville actuel agrandi en 1782. Une des pièces abrite une salle des Eaux et forêts couverte de boiseries en chêne de style Louis XVI dont deux doubles portes qui sont ornées des symboles de la chasse, de la pêche, de l’agriculture, et de la musique. Quant au bâtiment de l’ancien bailliage bâti en 1582, il conserve au dernier étage deux étranges cages en bois que la tradition affirme être des prisons.

         Bellême, comme Mortagne et Nogent-le-Rotrou, est habitée jusqu’au milieu du 19ème siècle par de nombreuses familles nobles et bourgeoises des environs : les vieilles maisons des rues Ville Close et d’Alençon en sont un témoignage.

         Un marché se tient dans la ville près de l’église Saint-Sauveur tous les jeudis depuis plusieurs siècles. Autrefois il s’y vendait une grande quantité de produits agricoles (blé, œufs et volailles, et des toiles en chanvre) comme en témoignent encore le nom de quelques rues ou places telles que les rues aux Gélines, Coquetière ou place au Blé.

         Des halles occupaient jusqu’en 1860 la grande place actuelle devant l’église. De nouvelles furent bâties en 1817 à l’emplacement du vieux donjon des Talvas. Aujourd’hui elles ont été transformées en salle des fêtes.

         L’église Saint-Sauveur est le seul édifice religieux conservé, tous les autres excepté la chapelle du vieux château, ont été détruits. Cette église date du 17ème siècle. A l’intérieur, une des huit chapelles latérales a été décorée par Aristide Boucicaut, du "Bon Marché" à Paris, né à Bellême en 1810, et inventeur du commerce moderne.

        Aujourd’hui, Bellême, est une petite ville paisible de province d’environ 1600 habitants, qui vit au rythme de son marché et des fins de semaines, où la population locale et les résidents secondaires se pressent pour faire leurs achats. » [4]

         " La structure médiévale de Bellême, avec ses remparts, ses tracés viaires, ses escarpes et contrescarpes, est encore facilement lisible dans la ville actuelle. Cela renforce l’intérêt historique de la Porte Saint Sauveur, aujourd’hui appelée Porche, qui subsiste presque entièrement.


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    Une cité médiévale de caractère

        Au sommet de la ville, des vestiges de l’enceinte du château sont encore visibles. De la place de l’Europe (ancienne place du château), vous aurez également une belle vue sur les toits en tuiles plates et l’église Saint-Sauveur. En passant sous le Porche vous pourrez découvrir la rue Ville Close avec ses façades colorées et ses hôtels particuliers des 17e, 18e et 19e siècles. Habitée jusqu’au milieu du 19e par de nombreuses familles nobles et bourgeoises des environs, les vieilles maisons des rues Ville Close et d’Alençon en sont un témoignage. En 2015, Bellême a obtenu le label Petite Cité de caractère. » [2]

     

     LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)

     Lithographie extraite du site : http://bellemepatrimoine.fr/leporche/

     

    LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)La Ville Close

         « Au Moyen-âge, on désigne toujours sous ce nom un lieu fortifié entouré de remparts et fermé d’une ou plusieurs portes. La ville close de Bellême avait près de huit cent mètres de circonférence. [Ci-contre, plan de Bellesme en 1744]

     

         On y accédait par deux portes. Celle à l’ouest du côté du faubourg Saint-Sauveur, appelée aujourd’hui le porche, enfermait une ancienne herse et une salle des gardes transformée en grenier à sel. Celle à l’est du côté du faubourg Saint-Pierre fut détruite en 1777." [3]

     

    LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)

    La forteresse de Bellême en 3D extraite du site : http://www.le-perche.fr/47335/les-techniques-de-defense-de-la-porte-saint-sauveur/

     

    LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)L’ancienne forteresse, ses fortifications, remparts et fossés.

         Aujourd’hui seuls demeurent visible de l’ancienne forteresse de Bellême, le porche, l’ancienne salle des gardes, quelques morceaux de remparts, les morceaux de l’ancienne chemise du château, une partie des douves et une tour de l’enceinte dite tour de l’Horloge.

         Guillaume de Nangis, historien du roi saint Louis, affirme dans ses chroniques que le château de Bellême  "paraissait inexpugnable tant par son site naturel, qu’à cause de la puissance des murs et des tours". Bellême était alors une des plus grandes forteresses du royaume de France lorsque la ville fut assiégée au cours de l’hiver 1229 par les armées royales après la révolte du duc de Bretagne Pierre de Dreux, surnommé Mauclerc, contre l’autorité de la régente Blanche de Castille.

    LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)     La forteresse de Bellême se composait de deux châteaux. Le premier construit par Guillaume Talvas vers 1010 était un gros donjon carré entouré d’un fossé chemisé avec une tour à chaque coin. Ruiné pendant la Guerre de Cent-ans, il servit de prisons jusqu’à la révolution et fut démoli en 1805 pour laisser la place en 1817 à des halles devenues aujourd’hui la salle des fêtes. Le second dit le "château neuf" fut bâti à la fin du 14ème siècle par Pierre II comte d’Alençon et se situait en face de l’ancien. Ce dernier fut totalement détruit après 1823. Certains vestiges sont encore visibles comme le sont une partie de la chemise du donjon derrière la salle des fêtes. (photo ci-dessus extaite de ce même site : ancienne chemise du château)

    LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)     Le porche est un passage qui subsiste entre deux tours de la ville close. La tradition attribue sa construction au général anglais Warwick à l’époque de l’occupation anglaise du Perche de 1417 à 1449. A la fin du 16ème siècle, la tour de gauche en montant dite de Blandé fut vendue à un particulier pour devenir ensuite une maison particulière appelée la maison du portail jusqu’à la Révolution. Tandis que celle de droite devint le magasin à sel de la ville de Bellême et des environs. Un pont-levis existait encore au début du 17ème siècle quelques mètres avant le porche actuel. Quelques vestiges subsistent encore aujourd’hui à l’angle de la rue Ville close et la place de la République.

     

     LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)    Une seule des huit tours de l’ancienne forteresse demeure aujourd’hui. Elle est visible de la rue dite du Fossé de l’Horloge qui se prend par un passage sous la mairie. Cette tour octogonale au milieu des vestiges des remparts donnait autrefois l’heure aux Bellêmois avant de devenir vers 1780 une propriété privée après la vente des fossés, murs et anciennes fortifications de la ville par le dernier comte du Perche, le comte de Provence." [3] [à gauche, photo extraite de http://slideplayer.fr/slide/1873360/à droite, photo de la tour de l'Horloge extraite du site http://www.villedebelleme.fr/belleme-tour-de-lhorloge-2/]

     

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     Les douves, du côté du faubourg Saint-Pierre.

     

         "Les douves de l’ancienne forteresse ont été conservées du côté du faubourg Saint-Pierre à la fin du 18ème siècle pour servir de réserve d’eau en cas d’incendie dans la ville. Autrefois un tiers de la ville était entouré de fossés et de douves. Le reste était composé de terrains vagues aux pentes très escarpées." [3]

     

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    A gauche, plan du château de Bellême en 1783 ; à droite, vestiges du château, photo extraite de http://slideplayer.fr/slide/1873360/

     

    LES REMPARTS DE BELLÊME (Orne)     "Au sein de la ville close existait une collégiale dédiée à Saint Léonard, dépendant du prieuré de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême, fondée au 11ème siècle par les premiers seigneurs de Bellême. Le corps de l’ermite manceau saint Léonard des bois y était conservé. Les reliques de ce dernier furent dispersées par les armées protestantes de l’amiral de Coligny en 1562. L’église est fermée au culte en 1706, sa voûte s’écroule en 1709 et elle est démolie en 1749. » [3]

    Plan ci-dessus : la ville de Bellême au 16ème siècle, plan publié par la Société Historique et Archéologique de l'Orne.

    La porte Saint-Sauveur dite "le Porche" :       "Porte d'entrée de ville au 15e siècle, la porte Saint-Sauveur abrita dès l'époque moderne le grenier à sel de la cité. En 1582, la tour sud du Porche devient maison de dépôt de sel avec les deux greniers à sel au-dessus. Ainsi, la porte Saint-Sauveur permettait de protéger le sel de la population. Concrètement, l'ancienne salle des gardes devient le grenier fortifié et la salle de vente se situe au rez-de-chaussée.

         Toutefois, avec le temps, le sel ronge et détruit la pierre. C'est aujourd'hui un monument menacé.

         Le porche est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 19 mai 1937. » [1]

     

    Sources :

     

    [1] Wikipédia

    [2] http://bellemepatrimoine.fr/belleme/

    [3] http://www.villedebelleme.fr/histoire-de-belleme-2/

    [4] http://www.villedebelleme.fr/histoire-de-belleme-3/

     

    Bonnes pages :

     

    http://www.francebalade.com/maine/sgrbelleme.htm

     

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