• LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche)

    LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche) LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche) LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche)

     

        NDB C'est à la recherche d'un château qui a complètement disparu que vous convie cet article : « Le château de Hambye était un des plus grands, des plus beaux et des mieux situés du département. » [5] Gerville, 1826. Malheureusement, ses vestiges ont été minés dans la liesse populaire en 1830 !...

     

    LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche) 

         « Il y avait jadis à Hambye, disent les conteurs de la veillée, trois princesses, trois sœurs, qui voulaient laisser de leur puissance un grand souvenir sur la terre. L'ainée bâtit l'abbaye dont le site a inspiré Octave Feuillet au début de La Petite Comtesse. La seconde éleva le château dont Auguste Vaquerie, sous le toit de Victor Hugo à Guernesey, a raconté la légende, dans Les Miettes de l'Histoire. La troisième creusa le puits seigneurial, « qui descendait jusqu'à l'autre monde. » [1]

     

         « Il ne reste rien du château médiéval des seigneurs de Hambye (les Paisnel), compagnons de Guillaume le Conquérant à la bataille d'Hastings, dont la dernière héritière de la branche, Jeanne Paisnel fut mariée à Louis d'Estouteville, capitaine et défenseur héroïque du Mont-Saint-Michel pendant la guerre de Cent Ans. L'épousée est elle-même fille de Guillaume Paisnel, ancien capitaine du Mont-Saint-Michel. » [2]

     

         « Ne retenant plus l'attention de ses propriétaires, il est petit à petit démoli à partir de 1730. Le Conseil municipal se chargera d'en supprimer les éléments les plus remarquables en faisant sauter le donjon et la tour de Moyon. Le journal " l'Echo du département de la Manche " du 11 avril 1830 relate : "Les antiquaires apprendront avec douleur que la dernière tour du château de Hambye a du être renversée le mardi gras à 2 heures après-midi. Le tambour du lieu l'avait annoncé la semaine précédente, et la foule se faisait fête de voir partir en même temps douze mines pratiquées pour abattre l'antique édifice. " [3] 

     

    LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche)    LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche)

     Plan hypothétique du site du château d'Hambye ; blason des Paynel par ArocheCette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Aroche., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2817264 ; blason des Estouteville par Jimmy44Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Jimmy44., CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3791288

     

         « Seigneurs des Moutiers-Hubert, près de Livarot, les Painel se seraient établis, au dernier tiers du 11e siècle, dans le Cotentin, à Bricqueville-sur-Mer et à Hambye, acquérant aussi dans le Yorkshire les terres de Drax et de West Rasen. Le premier seigneur de Hambye bien attesté est Guillaume Ier Painel, fondateur du prieuré de Drax dans le Yorkshire puis, vers 1145, de l’abbaye Notre-Dame de Hambye. 

         En 1204 le rattachement de la Normandie au domaine royal sépare la branche des Painel de Hambye de celle de Rasen. Au début du 14e siècle, les premiers font déjà partie des grandes familles cotentinaises quand Foulques V épouse Agnès de Chanteloup. Leur fils aîné, Guillaume VI, par son mariage en 1338 avec Jeanne Bertran, ajoute au patrimoine familial l’importante baronnie de Bricquebec, alliance qui fait entrer la fortune dans la maison des Painel et les intègre au cercle des grands barons normands. Guillaume VII réalise à son tour une union lucrative en épousant sa riche cousine Jeanne Painel de Moyon. Ils auront deux filles, Jacqueline et Marie, et quatre fils : Guillaume VIII, Jehan du Mesnil-Céron, Foulques VI seigneur de Bricquebec, qui hérite de Hambye en 1407 au décès de son frère aîné, et Nicole, seigneur de Moyon puis de Hambye. Ce dernier disparaît en 1415 moins d’un an et demi après son frère Foulques laissant à sa fille, Jeanne, mariée depuis décembre 1413 à Louis d’Estouteville, le nom et l’immense fortune de la famille. Au début du 15e siècle, c’est donc le riche et puissant baron Foulques qui règne sur Hambye, Bricquebec et sur une quinzaine de fiefs entre Bréhal et Formigny. Foulques V, outre Hambye et Bricquebec, a épousé en 1398 Marguerite de Dinan, fille de « Monseigneur de Chasteaubriant ». En 1415 ses neveux, les jeunes Louis d’Estouteville et Jeanne Painel, prennent possession du château de Hambye, mais pour en être délogés par les Anglais dès 1418. Réfugiés au Mont Saint-Michel, Louis en devient le capitaine en 1425, Jeanne y décède en 1437. Louis d’Estouteville récupère Hambye en 1450, et la baronnie restera jusqu’en 1601 propriété familiale. À la fin du 15e siècle, les seigneurs en sont Jacques d’Estouteville et son épouse Louise d’Albret. » [4]

     

    LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche)     « Château de Hambye. La paroisse de Hambye, une des plus étendues du département, est contiguë à celle de Saint-Denis-le-Gast. Elle contient deux châteaux- forts. Le principal, celui qui porte le nom de la paroisse, a toujours été possédé par des seigneurs très puissants. Celui qui en était propriétaire à l'époque de la conquête de l'Angleterre doit avoir joué un rôle important à cette expéditon, si l'on en juge par les grandes concessions qui lui furent faites dans le pays qu'il avait aidé à conquérir. (...)

         Je trouve deux Paynels en Angleterre sous le règne du Conquérant ; Raoul, cité par les génealogistes anglais, possédait au temps de la confection du grand registre appelé Domesdaybook, dix seigneuries dans le comté de Devon, quinze dans celui de Lincoln, autant dans celui d'York et cinq dans le Somersetshire. Plusieurs branches anglaises descendirent de lui, et entre autres celles de Huntley, de Dudley et de Drax. Newpart Pagnel dans le comté de Buckingham porte encore le nom de cette famille qui possédait des biens en Normandie dans le même temps.

         D'un autre côté, Orderic Vital parle de Guillaume Paynel qui était à la bataille de Hastings, et qui mourut en 1087, ainsi que Guillaume le Conquérant.

         Le nombre des seigneuries qui appartenaient à cette famille en Normandie n'était peut-être pas inférieur à celui de ses concessions d'Angleterre. Elle y donna son nom à une paroisse du département, la Haie-Paisnel (la Haye-Pesnel), et à deux communes de Fontenay dans celui du Calvados. Elle posséda dans notre pays seulement, outre Hambye, berceau et chef-lieu de la famille, Percy, Moyon, Marcey, Agneaux, Agon, Ouville, Regniéville, Chanteloup, Briqueville, les Salines, Lingreville, la Haie-Paisnel, etc.

         Au commencement du 15e siècle, la plupart des seigneuries et des baronnies de la famille se trouvaient concentrées en la personne de Jeanne Paynel, unique héritière des baronnies de Hambye, Briquebec, Moyon et Gacey. Elle les apporta en mariage au sire Louis d'Estouteville dont j'ai eu plus d'une fois occasion de vous parler.

         Depuis ce temps la baronnie de Hambye partagea le sort de celle de Briquebec : elle fut confisquée par Henri V, roi d'Angleterre, donnée au comte de Suffolk et à différents seigneurs Anglais, qui la possédèrent jusqu'à la restauration de Charles VII, et rendue à ses anciens possesseurs ou à leur famille en 1450 (...).

         Le château de Hambye était un des plus grands, des plus beaux et des mieux situés du département : son enceinte était encore entière au commencement de la révolution ; le donjon et une autre tour qui subsistent aujourd'hui suffisent encore pour donner une grande idée de cette forteresse.

         Sa position domine majestueusement le bourg de Hambye. De tous les côtés ses ruines sont très pittoresques. Le donjon est très-bien conservé (Je disais ceci en 1823. Aujourd'hui, peut-être, il n'existe plus. Décembre 1825). Parmi tous les anciens châteaux du pays nous n'en avons aucun qui soit comparable à celui-ci. La belle conservation de ce donjon, sa hauteur, les guérites qui en couronnent le sommet, en font un objet à souhait pour un dessinateur. Cette tour est la plus moderne ; je ne serais pas surpris qu'elle eût été terminée par Louis d'Estouville et Jeanne Paisnel, sa femme, dont la magnificence est remarquable dans toutes ses constructions, surtout à Hambye. Le puits de ce château est d'une largeur et d'une profondeur extraordinaires, il a été entièrement creusé dans le roc avec tant de frais et de travaux que, suivant la tradition locale, la dépense en fut aussi forte que celle de la construction du superbe chœur de l'église abbatiale.

         Le donjon est carré : il a au moins cent pieds de hauteur ; il est flanqué de tourelles dont la plus considérable est celle qui contient l'escalier. Sous le premier palier de l'escalier on voit une chambre qui a probablement servi de citerne.

         La chapelle était au rez-de-chaussée de cette tour. Les étages au-dessus contiennent chacun un appartement simple, solide et sans moulures ou décorations. Tous ces appartements sont voûtés.

         Une plate-forme assez spacieuse est au sommet. Les guérites sont aux quatre angles de cette plate-forme ; elles font saillie et sont soutenues par des consoles. Le couronnement de cette tour est encore très entier ; ses créneaux et ses consoles sont d'un bel effet.

         Une autre tour également bien conservée est entièrement ronde. Extérieurement elle est décorée de cordons qui en marquent les différents étages. Le couronnement de cette tour est démoli ; intérieurement on ne retrouve ni voûtes ni planchers.

     

    LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche)     Celle-ci est plus rapprochée du bourg que le donjon. Elle est connue sous le nom de Tour de Moyon. Je la crois d'une construction plus ancienne que l'autre. Dans le 14e siècle , les Paynel avaient la baronnie de Moyon avec celle de Hambye : l'un d'eux aura fait construire cette tour qui porte encore son nom. Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

         En 1417, au mois de mars, le château de Hambye fut rendu aux Anglais par Jehan de Soulle, écuyer de Messire Philippe de la Haie, chevalier et capitaine de Hambye. Le comte de Gloucester, qui s'en était emparé, accorda à ceux de la garnison et aux autres qui ne voulurent pas se soumettre au Roi d'Angleterre, la permission de se retirer ailleurs.

         Ce château fut repris aux Anglais en 1450, immédiatement après la bataille de Formigny, et rendu par le roi Charles VII à la famille de ses anciens possesseurs avec la seigneurie du Mesnil-Éron à Percy, et celles de Chanteloup, de Moyon et de Briquebec.

         Le 25 de novembre suivant, quoique les Anglais eussent perdu toutes leurs forteresses du Cotentin, il restait encore dans le pays plusieurs compagnies de troupes étrangères. Elles reçurent l'ordre de quitter sous dix jours : il y en avait encore à Hambye et à Chanteloup.

         Depuis le 15e siècle l'histoire ne parle plus du château de Hambye. Il y a bien parmi les anciennes familles de ce quartier quelques traditions relatives au temps de la ligue. On y fait jouer un triste rôle à Bertrand de Musillac ; mais jusqu'à présent ces traditions m'ont été données d'une manière si vague que je n'en ai pu tirer aucun parti. Cependant je suis convaincu qu'elles ne sont pas entièrement destituées de fondement, et qu'elles ont quelque rapport à des événements de la fin du 16e siècle. Avec de la persévérance je ne doute pas qu'on ne parvienne à tirer de cette tradition obscure quelque fait relatif à l'histoire du château qui fait le sujet de cet article.

         Depuis les dernières guerres civiles, la baronnie de Hambye avait graduellement et insensiblement perdu son ancienne importance. Elle était devenue depuis longtemps la propriété des seigneurs de Torigny, qui avaient entièrement négligé ce château depuis le temps de Louis XIV. Ses ruines, les plus pittoresques du département, ne pouvaient avoir de prix que pour les amateurs de belles perspectives et pour les dessinateurs. Celui qui en a fait l'acquisition durant la révolution l'a démoli plus lentement que les autres édifices du même genre ne l'ont été depuis le commencement de l'ère de destruction qui semble être encore loin de son terme. Le département a fait des démarches pour l'acquisition et la conservation des restes de ce château, mais elles n'ont pas réussi ; d'ailleurs il faut convenir que si ses ruines et leur position sont remarquables, c'est à-peu-près tout ce qu'on en peut dire de mieux, et que peu de souvenirs importants se rattachent à son existence.

     

    LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche) LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche)

     

    A gauche : Ce mur sis 3 rue des Bouveries est-il un vestige du château d'Hambye ? Photo extraite du site Google map. ; à doite : muraille du château d'Hambye, photo extraite du document PDF sur l'ancienne baronnie de Hambye (voir ci-après) https://www.patrimoinevaldesienne.fr/app/download/.../conference_hambye_4.pdf

     

         Il n'existe à Hambye aucunes traces d'un château antérieur à celui-ci il n'y a cependant pas de doute que les Paynel n'en eussent un dès le temps de la conquête, et quand ils fondèrent l'abbaye. A cette époque, et jusque dans le 15e siècle, leur famille fut une des plus illustres et des plus puissantes de la province.

         Celle d'Estouteville qui lui succéda, ne l'était pas moins. La défense immortelle du Mont-Saint-Michel par Louis d'Estouteville en 1424, donna un nouveau lustre à cette famille.

         Les Matignon qui furent les derniers propriétaires de Hambye, avaient depuis un siècle, changé leur nom en celui de Grimaldi, et portaient le titre de princes de Monaco.

         Dans le livre rouge de l'échiquier du roi Henri II, et dans le registre des fiefs de Normandie, sous le règne de Philippe-Auguste, on trouve beaucoup de détails sur la famille Paynel et sur ses grandes possessions à la fin du 12e siècle et au commencement du 13e. Ces détails seraient trop longs, je ne fais que les indiquer.

         J'indique également-ceux que donne Laroque dans son histoire de la maison d'Harcourt ; ceux qui se trouvent dans l'histoire des grands officiers de la couronne, sur les Paynel, les Estouteville et les différents possesseurs de la baronnie de Hambye. Les renseignements que je pourrais tirer de ces ouvrages, formeraient un volume étendu. Les mêmes ouvrages indiquent les armoiries de tous les barons de Hambye.

         J'ai fait faire pour le département un dessin des deux tours qui restent encore de ce château ; la forme de ces tours y est passablement rendue ; mais rien n'y fait soupçonner la beauté de leur position.

         M. Charles de Vauquelin, membre de la société des Antiquaires de Normandie, a bien voulu lithographier cette vue qui se trouve dans l'atlas ci-joint. » [5] Voir la gravure de Vauquelin ci-dessous :

     

    LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche)

     Ci-dessus : vue des ruines du château de Hambye, tiré de l'Atlas de la Société des Antiquaires de Normandie, 1825 par Charles de Vauquelin ; Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=38086604

     

    LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche)     « Du château féodal de Hambye nous possédons plusieurs dessins du début du 19e siècle, ainsi qu’un essai de restitution de la fin des années 1930. Sa disparition s’effectua en deux temps : dans les années 1730 Jacques-François-Léonor de Matignon-Grimaldi, prince de Monaco – et lointain héritier des d’Estouteville – fit raser la plupart des bâtiments ne laissant que le donjon et la tour dite de Moyon, vendus en 1805 aux époux Jeanne Godeuil et Thomas Grente. La veuve Grente en proposa en 1820 l’achat au conseil municipal de Hambye, qui sollicita du préfet de la Manche une subvention de 1 000 F. Sur le rapport défavorable de l’architecte départemental, van Cléampatte, qui ne trouva rien de remarquable dans les ruines du château (et de l’abbaye voisine) et suggéra d’en faire des dessins pour en conserver le souvenir, le préfet refusa l’aide demandée. Le donjon fut donc abattu en 1825, la tour de Moyon en 1830. Quant à l’abbaye, seul son isolement la sauva d’un sort identique. » [4]

     

         « Une légende ou histoire merveilleuse se rattache au château de Hambye, et j'en dois le récit ; car tout ce qui est relatif au moyen-âge, tout merveilleux que cela soit, est souvent de l'histoire. Dans l'antique château de Hambye vivaient un preux chevalier et une châtelaine d'une grande beauté. Le chevalier partageait son amour entre sa dame et ses armes, tant était grande son ardeur pour la gloire des combats. Un soir, à la veillée, pendant que la châtelaine faisait à l'aiguille une tapisserie, un de ces rapsodes ou ménestrels qui parcouraient les manoirs et les châteaux redisait au châtelain les malheurs des habitants de Jersey, dont un énorme serpent ou dragon ailé désolait l’ile. Aussitôt le sire de Hambye forme le projet d'aller combattre ce monstre. Le lendemain, on le vit échanger avec la châtelaine un gage de souvenir, se revêtir de son armure, s'élancer en selle, suivi d'un seul écuyer. Le pont-levis s'abaissa pour le laisser passer, et, après un dernier regard d'adieu donné à la châtelaine, qui se tenait à l'une des fenêtres du vieux manoir, on le vit s'éloigner dans la plaine.

         Le sire de Hambye, arrivé à Jersey, se fait indiquer l'endroit où se trouve le serpent. Bientôt il l'aperçoit roulant son corps sinueux sur le gazon. Il s'élance aussitôt, la visière baissée et la lance en arrêt, contre ce redoutable ennemi. Le fer de la lance se brise contre la dureté des écailles. Le chevalier tire son épée ; mais le cheval, qu'une morsure du serpent a empoisonné, tombe frappé de mort. Le sire de Hambye se dégage de ses étriers, et un combat à mort s'engage entre lui et le serpent. L'écuyer effrayé s'enfuit, abandonnant lâchement son chevalier. Après un rude combat, le monstre enfin expire percé de coups. Alors l'écuyer revient près de son maître, qui, épuisé de fatigue, se débarrasse de son armure et s'endort.

         Le lâche écuyer, voyant son seigneur et maître livré au sommeil, conçoit l'affreuse pensée de l'assassiner. Il va ensuite trouver les habitants de l’ile, et leur fait un récit mensonger. Le serpent a tué le noble chevalier, et lui, pour venger sa mort, a plongé son épée dans la gueule béante du monstre. Le sire de Hambye fut enterré dans le lieu témoin de sa victoire, et les trop crédules habitants attestèrent comme vrai le récit faux qui leur fut fait.

         Muni de ce témoignage, l'écuyer revient au château de Hambye, et s'y présente comme le vengeur de l'époux de la châtelaine.

         Lorsque le deuil de la dame de Hambye fut passé, le criminel écuyer ne craignit pas d'aspirer à la main de celle qu'il avait rendue veuve. Les parents paraissaient agréer cette union ; la châtelaine seule éprouvait une répugnance invincible.

         Le ciel frappa le coupable écuyer d'un châtiment exemplaire. Partout il lui semblait voir son maître devant lui. Un jour, il entre dans l'appartement qu'occupait la châtelaine, et aussitôt il aperçoit le sire de Hambye auprès de celle dont il venait demander la main. Un autre jour, invité à un festin que donne la famille, c'est encore son maître qu'il trouve à la place même qui lui est destinée. Alors il quitte la salle, poussant des cris affreux, et, dans un accès de délire, il avoue son crime. Aussitôt il fut arrêté, et, après jugement, dégradé de l'ordre sacré de la chevalerie, et pendu en dehors de l'enceinte du vieux manoir de Hambye.

    LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche)     La dame de Hambye fit élever un tombeau à la mémoire de son noble mari, dans l'ile de Jersey, sur une colline qu'on nomme encore aujourd'hui Hougue-Bie, c'est-à-dire Colline de Bie. » [6] [voir ci-contre une ancienne gravure datée de 1770 montrant la Hougue-Bie extraite de https://www.theislandwiki.org/index.php/La_Hougue_Bie ].

         Voir aussi au sujet de cette légende : http://members.societe-jersiaise.org/geraint/jerriais/hougbie.html

     

    LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche) LES REMPARTS D'HAMBYE (Manche)     A quelques kilomètres au sud du bourg d'Hambye, se dressent, sur les bords de la Sienne, les ruines de l'abbaye d'Hambye fondée en 1145 par le seigneur et baron du lieu, Guillaume Paynel.

     

    Sources :

     

    [1] Extrait des Mémoires de la Société académique du Cotentin : archéologie, belles-lettres, sciences et beaux-arts, tome 14, 1898 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5658254j

    [2] Extrait de wikipédia

    [3] Extrait de La voix du patrimoine de Sienne, 2013, No 63.

    [4] Extrait de https://www.cairn.info/revue-annales-de-normandie-2012-2-page-277.htm#re4no4

    [5] Extraits des Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, 1824 : Sur les anciens châteaux du département de la Manche, adressé à M. le comte d'Estourmel, préfet de ce département; par M. de Gerville (Lu à la séance du 3 avril 1826.)

    [6] Extrait de https://www.le-petit-manchot.fr/cc-34-04-hambye-chateau-legende/Hambye/articles/21/

     

    Bonnes pages :

     

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5804228x/f13.image

    https://www.patrimoinevaldesienne.fr/app/download/.../conference_hambye_4.pdf

    https://www.cairn.info/revue-annales-de-normandie-2012-2-page-277.htm#no7

    http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article10618

    http://www.persee.fr/doc/minf_0398-3609_1892_num_34_1_1531

    http://fr.calameo.com/read/0027849344370a8eb4958

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Paynel

    https://paperzz.com/doc/5415449/paynel---racines-and-histoire

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_d%27Estouteville

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_d%27Estouteville

     

    Ci-dessous, document PDF extrait d'une conférence sur l'ancienne baronnie d'Hambye : https://www.patrimoinevaldesienne.fr/app/download/.../conference_hambye_4.pdf

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