• LES REMPARTS D'ETOUTTEVILLE (Seine-Maritime)

    Les " mottes " d'Etoutteville

     

         " Cette commune, d'origine fort ancienne, tire son nom de la famille des Estoutteville implantés à Valmont et qui ont été les compagnons de Rollon. " [1]

     

         " Le nom de la localité est attesté sous les formes de Stotavilla vers 1135, en 1151 et 1153 ; de Stuttevilla et de Stutevilla en 1155 et 1158 ; de Estutevilla en 1156 et 1160 ; de Stotevilla en 1162 ; de Stutavilla en 1172 et 1175 ; de Stotevill en 1180 ; de Estoltevill et de Stoltevill en 1195 ; de Estoutevill en 1198 ; Estutevile et Estuteville fin du 12e siècle ; de Stutevilla en 1252 ; Ecclesia de Estoutevilla vers 1240 ; Estotam Villam en 1251 ; Estoutevillam en 1253 ; Prior de Estoutevilla en 1428 ; Etouteville en Caux en 1557 ; Saint Thomas d'Estouteville en 1714 ; Etouteville en 1715 (Frémont), en 1757 (Cassini) ; Etouteville sur la mer en 1740 ; Etoutteville en 1953. " [2] 

     

         " Comme celle d'Esneval, la fameuse maison d'Estouteville était originaire du domaine ducal de la région d'Yvetot. On voit encore, à quelque distance de l'agglomération d'Étoutteville, l'énorme motte de son château. " [3]

     

    LES REMPARTS D'ETOUTTEVILLE (Seine-Maritime)      "Au sud, dans le "Bois des Mottes", il ne reste que des terrassements à l'emplacement d'un château à grande courtine flanquée de tours rondes connue par une gravure ancienne.

     

    R. d'Estaintot, Recherches historiques, archéologiques et féodales sur les sires et le duché d'Estouteville, Caen, 1861." [4]

     

    Ci-dessus, gravure ancienne du château d'Etoutteville extrait de [4]

     

    LES REMPARTS D'ETOUTTEVILLE (Seine-Maritime)   LES REMPARTS D'ETOUTTEVILLE (Seine-Maritime)

     

    Plan de situation des Mottes d'Etoutteville ; blason de Robert II d'Estouteville et de la commune d'Etoutteville, burelé d'argent et de gueules, au lion de sable armé, lampassé et couronné d'or par Celbusro — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=46114414

     

    Abbé Cochet 1864 :

     

    LES REMPARTS D'ETOUTTEVILLE (Seine-Maritime)     " Étouteville-sur-la-Mer. Époque incertaine. - Entre Étoutteville et les Baons, on voit au bord du chemin un taillis appelé le Bois-des-Mottes. Ce nom lui vient de ce que sous ses halliers se cachent des douves profondes dont la triple enceinte conserve une motte de plus de trente mètres de hauteur. Ce doit être l’assiette d’un vieux câtel des Francs ou des Normands.
         Il y a à Étoutteville une campagne que l’on nomme la
    Plaine-des-Batailles. " [5] 

     

    Ci-dessus, deux documents extraits du site Géoportail.

     

    Abbé Cochet, 1871 :

     

         " Étoutteville-sur-Mer. Époque franque et normande ? Terrassements énormes que recouvre entièrement le bois des Mottes. Ce doit être l'assiette d'un vieux château fort dont la célèbre famille d'Estoutteville a pris le nom. - Plaine des Batailles, tradition de la fondation d'un prieuré à la suite d`une bataille perdue près de l'église par un sire d'Estoutteville, révolte contre le duc de Normandie, alors roi d'Angleterre. (Voir un manuscrit de 1610 conservé aux archives de la Seine-Inférieure) " [6] 

     

    " Les mottes


    LES REMPARTS D'ETOUTTEVILLE (Seine-Maritime)     L'abbé Cochet y voit là, les vestiges d'un ancien castel qui aurait été démonté pendant la guerre de Cent ans, particulièrement dévastatrice en Pays de Caux. C'est fort possible bien qu'il ne reste plus rien, à part des levées de terre très importantes. La commune voisine de Veauville a possédé aussi un château détruit par les Anglais, mais les fondations existent et sont encore visibles aujourd'hui. Sans doute, s'agit-il d'un endroit d'habitat très ancien. " [1]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         " Dans certains cas, cependant, la fortification comporte deux enceintes adjacentes ou davantage et leur juxtaposition aboutit parfois à des jeux complexes de terrepleins entrecroisés. L'accent y est mis de toute évidence sur l'organisation militaire de l'ouvrage. Il se peut que cette structure très spéciale résulte quelquefois de la mise en place de défenses complémentaires autour d'un château simple, initialement doté d'une seule basse-cour. La fortification d'Étoutteville, qui représente le type achevé de ce genre d'ouvrage évolutif, est un peu formée à l'image de l'essor du lignage dont il fut le berceau. " [3]

     

         " Au début du 13e siècle, Étoutteville, chef-lieu historique de la baronnie, comprenait cinq fiefs et demi de chevaliers. Outre Valmont, le fief avait des dépendances à Autretot, Ectot-les-Baons et Cléville, localités toutes proches d’Étoutteville ; à l’est, il s’étendait jusqu’à Yerville, dont l’église fut donnée à l’abbaye de Valmont en 1169. La résidence seigneuriale primitive devait se trouver au cœur du village, près de l’église. Son emplacement était occupé au 13e siècle par un prieuré de Saint-Pancrace de Lewes, en Angleterre. Cet établissement fut régulièrement visité par l’archevêque de Rouen Eudes Rigaud (1248-1275). Il n’y avait plus alors que deux moines avec un serviteur anglais, et le vieux corps de logis, qualifié de "manoir", était en très mauvais état. On ne sait à quelle date ni de qui les moines de Lewes avaient reçu cette propriété. L’un des donateurs possibles est Geoffroy d’Estouteville, frère présumé de Robert I, connu comme bienfaiteur de Lewes sous le règne de Guillaume le Roux (1087-1106).

     

    LES REMPARTS D'ETOUTTEVILLE (Seine-Maritime)     " Le site présumé du château des sires d’Étoutteville se trouve à l’extérieur du village, à environ 900 mètres au sud de l’église, au lieu-dit « le Bois-des-mottes ». À cet endroit, la plaine est traversée par l’ancien chemin public qui reliait la Basse-Normandie à Arques, près de Dieppe (actuelles D 37 et D 27). Selon le chroniqueur Wace, c’est cette route que, à l’annonce de la rébellion de Guillaume de Talou en 1053, le duc Guillaume aurait suivie pour se rendre en toute hâte de Valognes (Manche) à Arques, en passant par Bayeux, Caen, Pont-Audemer, Caudebec-en-Caux et Baons-le-Comte. Les vestiges, qui s’étendent sur environ 3 hectares, sont constitués par une série d’ouvrages en terre, sans trace visible de maçonneries. Ils correspondent aux infrastructures d’une forteresse de bois semblable à celles que l’on voit représentées sur la Tapisserie de Bayeux (vers 1070-1080). La pièce maîtresse en était une grande tour érigée au sommet d’une motte artificielle en forme de tronc-de-cône, entourée d’un fossé. Particulièrement bien conservée, la motte d’Étoutteville s’élève sur une hauteur de 5 à 6 mètres (ill.1). À l’est, elle est précédée par une cour en demi-lune, délimitée par un rempart de terre doublé d’un fossé. Trois autres enceintes fossoyées se greffent sur cet ouvrage principal, à l’ouest, au nord et au nord-ouest. Les châteaux à motte, qui se caractérisent par la présence d’une tour maîtresse érigée sur un tertre artificiel, sont issus d’un perfectionnement du château-enceinte, type en usage durant la première moitié du 11e siècle, où l’organe principal de défense était une tour-porte érigée au-dessus de l’entrée. En Normandie, l’âge d’or du château à motte se situe au dernier quart du 11e siècle, lors des guerres de la succession de Guillaume le Conquérant ; cette période est précisément celle du premier essor de la famille d’Estouteville.

         Il est probable que l’abandon du manoir familial voisin de l’église paroissiale et sa donation aux moines de Lewes eurent lieu peu de temps après l’achèvement du château (de Valmont). Ce déplacement de la résidence seigneuriale a pu s’accompagner, comme souvent, de la fondation d’un bourg auprès du château. " [7]

     

    Photo ci-dessus, extraite de ce même document [7]

     

    La famille d'Estouteville

     

    LES REMPARTS D'ETOUTTEVILLE (Seine-Maritime)     " C'est à l'origine un lignage typique de chevaliers de village. Son fief patrimonial ne paraît pas avoir compris, outre Étoutteville, d'autre localité que celle d'Yerville, et encore cette dernière doit-elle représenter une acquisition récente. Toute une tradition historiographique laudative a déformé ce que l'on peut savoir des débuts du lignage. Robert Wace dit que Robert I d'Estouteville fut présent à la bataille d'Hastings, mais en admettant que l'information soit exacte ), Robert n'y fut sans doute pas en qualité de grand feudataire ; son nom ne figure nulle part dans le Domesday-Book. C'est seulement tard au cours du règne de Guillaume que les sires d'Estouteville émergent du rang des petits chevaliers de la maison ducale. Robert Ier d'Estouteville, qui fut apparemment remarqué pour ses qualités d'homme de guerre, se vit confier la garde de la forteresse d'Ambrières, lors du conflit angevin. Après 1087, Robert Courteheuse le garde à son côté, le dote de biens considérables, l'allie à un grand lignage, celui des Grentemesnil, et la famille d'Estouteville va devenir un des principaux soutiens du duc. Robert d'Estouteville accompagne ce dernier en Terre-Sainte en 1096 ; il garde les forteresses ducales du Pays de Caux en 1105, durant l'année critique qui précède la bataille de Tinchebray, au cours de laquelle il se bat au côté de Robert Courteheuse. La rapide ascension des Estouteville est exemplaire. " [3]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne du site vu depuis le nord extraite du site Google earth.

     

         " Au 13e siècle, la famille d’Estouteville avait sa résidence principale au château de Valmont près de Fécamp, mais son siège primitif se trouvait dans une petite localité proche d’Yvetot, Étoutteville (ancien canton de Yerville, canton d’Yvetot), encore identifiée comme chef-lieu de la baronnie sur le registre des fiefs dressé vers 1210 sur l’ordre du roi Philippe Auguste. Sans doute en raison d’une tradition attribuant la fondation de ce village à un de leurs ancêtres arrivé avec les Vikings, plusieurs membres de la famille décidèrent d’appeler Estout ou Estold un de leurs fils. Le premier fut un fils de Jean d’Estouteville (†1258) et d’Agnès, fille de Geoffroy, vicomte de Châteaudun. Il reçut deux manoirs en Angleterre et vécut jusqu’en 1308. Après lui, il y eut encore deux Estout, un fils de Nicolas d’Estouteville (†1328), né en 1311, et un fils de Jean d’Estouteville (†1356), qui fut abbé de Cerisy, du Bec-Hellouin et de Fécamp, et mourut le 13 octobre 1423. Comme ce nom d’Estout n’apparaît dans la famille qu’au 13e siècle, il est cependant peu probable que celle-ci ait eu quelque lien de parenté avec le personnage, au nom germanique de Stutto, qui était à l’origine du toponyme Étoutteville. On doit noter en revanche qu’Estout était aussi le nom d’un des douze guerriers d’élite de Charlemagne dans la « chronique du pseudo-Turpin », roman historique très populaire au 13e siècle. La tradition tardive qui attribue au lignage un ancêtre « compagnon de Rollon » n’a pas plus de fondement historique. À part la dynastie ducale, aucune des familles normandes dont on a pu reconstituer la généalogie sur la base de sources fiables ne remonte plus haut que la fin du 10e siècle ; les premières lueurs sur l’histoire de ces familles n’apparaissent donc que bien après l’établissement des Normands en Neustrie. " [7]

     

         Sur la famille d'Estouteville voir ici et .

     

         Ci-dessous, un document très intéressant sur la famille d'Estouteville extrait de https://hal-normandie-univ.archives-ouvertes.fr/hal-02272410/document :
     

     

    A proximité :

     

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         " Le Château et la ferme de Pleinbosc sont inscrits au titre des monuments historiques. La protection porte sur les façades et toitures du château, la cheminée de la pièce située à gauche de l'entrée principale au rez-de-chaussée, le mur d'enceinte avec ses deux porches d'entrée, et le pigeonnier. " [2]

     

         " Ce château a appartenu à deux grandes familles cauchoises, d'abord les Brèze et ensuite les Langlois de Canteleu et de Motteville. Ce dernier fut le bâtisseur du château de Motteville, malheureusement détruit aujourd'hui. Probablement, a-t-il été reconstruit à l'emplacement d'une bâtisse féodale, comme c'était souvent le cas à cette époque. Des douves importantes sont encore visibles autour de la bâtisse. La construction, que l'on peut voir maintenant, a été édifiée d'abord sous Henri IV et ensuite sous Louis XIII. Elle combine de façon très agréable le grés, le caillou et la brique. Le château domine une vaste cour où se trouve une exploitation agricole. C'est un ensemble magnifique et de plus soigneusement entretenu. " [1]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de http://cahiers.de.minerve.pagesperso-orange.fr/HTML/cdtdc_village_etoutteville.html

    [2] Extrait de Wikipédia

    [3] Extrait de L'apparition des seigneuries châtelaines dans le Grand-Caux à l'époque ducale par Jacques Le Maho in Archéologie médiévale, tome 6, 1976. pp. 5-148 ; doi : https://www.persee.fr/docAsPDF/arcme_0153-9337_1976_num_6_1_1307.pdf

    [4] Extrait du Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen âge en France par C.L. Salch, éditions Publitotal 1979.

    [5] Extrait de La Seine-Inférieure historique et archéologique : époques gauloise, romaine et franque par M. l'abbé Jean-Benoît-Désiré Cochet (1812-1875) - Éditeur (Paris) 1864 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32141851/f264.item.r=%22Bois%20des%20Mottes%22.texteImage

    [6] Extrait du Répertoire archéologique du département de la Seine-Inférieure rédigé sous les auspices de I'Académique des sciences, belles-lettres et art de Rouen, par M. I'abbé Jean-Benoît-Désiré Cochet (1812-1875) - Éditeur (Paris), 1871 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36742w/f278.image.r=%22EtoutteviIIe%22

    [7] Extrait de https://hal-normandie-univ.archives-ouvertes.fr/hal-02272410/document

     

    Bonnes pages :

     

    https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00100647

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