• LES REMPARTS D'ECOUCHE ( Orne)

         Un nouvel essai de restitution... Ecouché. 

     

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         « Écouché se distingue aujourd'hui par une belle église, un autel républicain très rare, unique en France, plusieurs maisons de marchands médiévaux, une quinzaine de tours du 16e siècle, et, un rappel de l'épreuve de la Seconde guerre mondiale et de la Libération, un char d'assaut Sherman : le Massouah. (...) » [1] 

     

         « Écouché ne fut jamais fortifiée. Les tours de guet furent les seules constructions qui en assuraient la défense, en dehors des rivières et des fossés qui l'entouraient. S'il est certain que quelques-unes d'entre elles ont été construites dans un but de protection, nous osons affirmer que la plupart étaient surtout bâties aux 15e ou 16e siècles par de riches bourgeois pour leur seul agrément. (Texte de Jean-Claude Gouyet   "Écouché à la belle époque" - 1990) » [2] 

     

         Ecouché disposait autrefois de défenses naturelles avec les rivières Orne au nord et d'Udon à l'ouest et des marais vers le sud. Des fossés peut-être renforcés de palissades défendaient la cité vers le sud et à l'est. Quatre portes munies de tours de guet en contrôlaient les accés.

         Enfin, au cœur de la cité, un château dont il subsiste des vestiges de sa motte avaient été érigé sans doute au 11e siècle. (NDB)

     

         « A Écouché, … on n'aperçoit plus qu'avec peine le lieu où se trouvait la motte du château ; mais on peut distinguer encore la ligne des fossés, qui étaient étendus. » [3] 

     

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     Plan hypothétique des défenses d'Ecouché (à améliorer en fonction des découvertes à venir...) ; Le blason d'Ecouché est celui de la famille de Lorges de Montgommery,  anciens  seigneurs d'Écouché et de Ducey. Blason par Anno16 Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Anno16., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1193486

     

         « Il est difficile de dater précisément l’origine de la commune d’Écouché. Les plus anciens documents écrits faisant référence à la commune datent du 12e siècle. Toutefois,le passage des Romains est attesté par les débris de leurs constructions, leurs sépultures et les dépôts monétaires mis à découvert.

         Pendant le Moyen Age, Écouché fut fortifiée, ce qui lui valut la dénomination de Castrum. » [4]

     

         « Vieille cité au passé célèbre qui tire son nom du latin : Scoceium ou Scocetum, en français Escouchy puis Ecouché – un étymologiste fantaisiste prétend qu’un gouverneur prisonnier dans la ville s’en serait échappé au moyen d’un « ais » (planche) couché sur l’un des fossés qui entouraient la ville. » [5] 

     

         « Le premier seigneur d'Écouché qui nous soit connu fut Raoul de Gacé. Raoul de Gacé (« Tête-d'Ane ») ou Wacé était petit-fils de Richard Ier, troisième duc de Normandie. (…) Robert de Gacé succéda à son père dans la possession de ses nombreux domaines et, en particulier, de celui d'Écouché. Ce personnage peu marquant mourut sans postérité vers l'an 1064.
         Le duc Guillaume réunit ses héritages à son domaine particulier. (…) Après la mort de Raoul Tête-d'Ane, sa veuve, Bazilie Fletel, épousa, en secondes noces, Hugues de Gournay. Cette union avait donné le jour à ce Girard de Gournay ; c'est ainsi qu'il était frère de Robert de Gacé. (…) Girard de Gournay. Ce seigneur, grâce à la faiblesse du successeur de Guillaume-le-Conquérant, put se maintenir en possession du domaine d'Écouché (…) Girard avait laissé,… un fils qui porta le nom de Hugues. » [6]

         Ecouché reste dans la famille de Gournay jusqu'à la conquête de la Normandie par Philippe Auguste en 1204.

         « Écouché, sur l'Orne, fut une place militaire bien défendue, au temps du comte Geoffroy, d'Anjou, qui parvint à la prendre et à la brûler... Mais elle se releva bientôt, et elle était florissante au temps des Mallet, qui en devinrent seigneurs sous Philippe Auguste, comme héritiers des comtes d'Alençon, qui l'avaient dans leur apanage. » [3] 

     

         Pour la succession des barons d'Ecouché voir : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6525388w/f65.item.texteImage [6]

     

         « Ecouché a, au cours de son histoire, reçu d’illustres visiteurs et notamment Charles VII qui, reprenant possession de la Normandie y signait le 31 Juillet 1450 les lettres confirmatives de l’Université de Caen. En décembre 1589, Henri IV coucha à l’Hôtel de la Corne du Cerf. » [5]

     

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    Les fortifications médiévales :

     

    LES REMPARTS D'ECOUCHE ( Orne)     « Pendant le moyen-âge, Écouché fut fortifié, ce qui lui valut, dans les chartes du 12e. siècle, la dénomination de Castrum (charte de Hugues IV de Gournay). On le trouve dans quelques actes désigné comme ville ; mais c'était une forme de langage qui semble indiquer ce qu'on nommait anciennement ville bateice, c'est-à-dire lieu fortifié de palissades et d'un château de bois nommé bretèche (ordonnance de Charles-Ie-Bel, roi de France, du 13 avril 1325, qui exemple « les villes baleices » de payer la taille.) En effet, les fossés qui défendaient Écouché ne furent jamais renforcés de murailles. Il existait au centre du bourg une motte féodale, entourée de larges fossés, qui dut servir d'assiette à une de ces bretèches dont nous venons de parler. Comme Écouché n'était pas habité par ses seigneurs, ils commettaient à sa garde un chevalier désigné sous la qualification de præfectus.
    Écouché ne joua aucun rôle dans les guerres qui se succédèrent pendant le cours du moyen-âge. Ses modestes défenses suffisaient à peine à le protéger contre un coup de main ; ainsi, en l'année 1065, elles sauvèrent les habitants des entreprises d'une troupe de brigands. (…) Les guerres de succession, sous les ducs de Normandie, amenèrent de grands malheurs. Après la mort de Henri Ier, Étienne de Blois, son neveu, éleva des prétentions contre la fille et héritière du duc, Mathilde, épouse de Geoffroy Plantagenet, comte d'Anjou, lequel, avec l'aide du comte de Ponthieu, fils de Robert de Bellême, répandit des flots de sang pendant le cours de l'année 1135. »

    Plan ci-dessus extrait du cadastre napoléonien de 1812.

     

         En 1136, Geoffroy « reparut à la tête de ses Angevins, renforcés d'une foule d'aventuriers. » Après la prise de Carrouges son armée se dirigea vers Ecouché. « Les malheureux habitants, voyant fondre sur eux cet orage qu'ils étaient impuissants à conjurer, s'enfuirent avec ce qu'ils avaient de plus précieux ; mais, en se retirant, ils mirent le
    feu à leurs maisons (…) Dans ce désastre, le château de bois ou bretèche qui le commandait avait disparu. Fut-il jamais reconstruit ? Nous ne saurions le dire. Il y a une trentaine d'années, une masse importante de la motte féodale existait encore ; les propriétaires, voulant utiliser son emplacement, le déblayèrent. Ce travail ne mit à découvert aucune substruction de maçonnerie un peu importante ; mais les ouvriers trouvèrent une assez notable quantité de blé noirci, ayant parfaitement conservé son aspect ordinaire, mêlé à des débris d'incendie. (…) Cet emplacement continua jusqu'à nos jours d'être la motte féodale, comme marquant l'assiette de la résidence seigneuriale ou siège du fief, quand il n'y eut plus de demeure. »

     

    LES REMPARTS D'ECOUCHE ( Orne)Plan extrait du cadastre napoléonien de 1812 Tableau d'assemblage.

     

    « Le bourg d'Ecouché : 


    LES REMPARTS D'ECOUCHE ( Orne)     Le bourg d'Écouché est encore aujourd'hui enfermé dans son ancienne enceinte fortifiée, dont on suit parfaitement les traces, marquées par des fossés très apparents ; ses portes, correspondant aux principales routes qui le traversent, furent particulièrement défendues par des fermetures et des tours dont ou aperçoit les vestiges. Ces issues avaient chacune un nom qui les distinguait : c'est
    ainsi que la porte par laquelle on se dirige vers Argentan se nomma, jusqu'au 14e siècle, la porte Bourges, nom qu'elle échangea contre celui de St.-Mathurin, à cause de la chapelle de l'Hospice dédiée à ce saint patron, près de laquelle elle était située. L'issue vers Boucé, Carrouges, etc., prit le nom de porte Saint-Nicolas, d'une chapelle consacrée à ce saint et située, non loin de là, dans le cimetière. La porte fermant le bourg, du côté de la route de Bretagne, se nommait porte d'Udon, parce qu'elle était presque baignée par la rivière de ce nom. Enfin, celle qui donnait accès sur le grand pont d'Orne était désignée sous l'appellation de porte de Falaise.

         Ces défenses, aussi bien les tours que les fossés, étaient entretenues aux frais des bourgeois. (...)

         Au commencement du 16e siècle, les enceintes du bourg étaient en mauvais état et protégeaient mal les habitants, qui s'adressèrent au roi François Ier, lui présentèrent une requête à l'effet d'être autorisés à s'imposer, afin de faire les fonds nécessaires pour réparer leurs fortifications. Ils obtinrent des lettres d'octroi, datées du mois de
    mai 1530. (…)

         C'est à ces lettres d'octroi, et aux ressources qu'elles procurèrent, que furent sans doute dus les nouveaux fossés d'Écouché qui agrandirent le bourg, en l'année 1587, du côté des marais d'Udon, et qu'on appela les grands fossés neufs.

         L'espace compris entre cette nouvelle enceinte et l'ancienne, qui se reconnaît encore, se nomme « les Diguets » ; il fut inféodé aux habitants par les seigneurs, comme ayant fait partie du marais commun.
    L'agrandissement de l'enceinte dut être plus considérable du côté de la rue aux Oies (actuellement route impériale de Paris à Granville). En effet, parallèlement à cette rue, du côté du bourg, s'en trouve une autre qui a emprunté son nom à l'ancien fossé Meslet, dont il est encore question dans un acte de 1491. L'enceinte nouvelle, prenant obliquement à travers le marais, s'écarte de l'ancien tracé et vient se refermer sur les fossés de Loucé, à la tour de la porte Saint-Nicolas. Le fossé de Loucé s'appelle ainsi, à cause de la paroisse de ce nom dont le territoire jouxte celui d'Écouché dans cette direction ; on le nomme aussi
    le fossé de l'Angevine, parce que le réage qu'il longe est ainsi appelé. Ce fossé est le plus important, parce qu'il n'était point fortifié par les rivières ; il est très large et très apparent et se remarque de la nouvelle route impériale qui le traverse. Un autre fossé, partant de l'Hôpital, allait
    s'appuyer sur le bief du moulin qui, avec le lit même de la rivière, au-dessous, complétait l'enceinte. »
    [6]

     

    En résumé :

         « L'eau fut… utilisée comme moyen de défense au Moyen-Age :
         - Une défense naturelle avec les rivières Orne au nord et d'Udon, à l'ouest de la ville, des marais vers le sud.
         - Des fossés peut-être renforcés de palissades vers le sud et à l'est.
    L'entrée de la ville disposait de quatre portes munies de tours de guet :

         Porte de Bourges, plus tard, porte de Saint-Mathurin, vers Argentan, près de la mairie.

         Porte de Saint-Nicolas, vers Loucé et Carrouges.

         Porte d'Udon, vers la Bretagne, vers la poste.

         Porte de Falaise, près du pont principal sur l'Orne. » [1]

     

         « Les fossés servant d’enceinte à la ville ont toutefois été comblés au début du 16e siècle. A cette même époque, la cité Écubéenne a été utilisée comme étape sur les chemins des pèlerins du Mont Saint-Michel. Ces mille ans d’histoire sont présents dans le nom des rues du bourg d’Écouché mais aussi et surtout dans le patrimoine qui a été préservé.

         Un dédale de ruelles permet de déambuler dans la cité. Celles-ci sont bordées de grands murs laissant cependant entrevoir des tourelles datant des 15e et 16e siècles, situées en façade arrière et desservant les étages de ces maisons souvent bourgeoises. » [4] 

     

    La motte d'Ecouché :

     

    LES REMPARTS D'ECOUCHE ( Orne)     « Le monticule de terre au centre d'Écouché, bien que rendu inutile par l'incendie de 1136, est un rappel de l'autorité du seigneur féodal. Il a été réduit en volume qu'au début du 19e siècle pour permettre à certains logements de se construire près de l'église. Ce qui reste de la butte est maintenant couvert de jardins privés.

         Les palissades d'Écouché étaient renforcés par des cours d'eau naturels et des fossés. Le nom d'une rue, la rue des Fossés Meslet, garde la mémoire des fossés à l'esprit. » [1]

    Photo ci-dessus extraite du site Géoportail

     

    LES REMPARTS D'ECOUCHE ( Orne)

     Document ci-dessus extrait de http://www.patrimoine-environnement.fr/wp-content/uploads/2015/06/61-Ecole-Primaire-dEcouch%C3%A9-CM1-CM2.pdf

     

           « Après les communes de Saint-Céneri-le-Gérei, La Perrière, Le Sap, Bellême et Domfront, Écouché est officiellement labellisé « Petite Cité de Caractère » depuis le 12 janvier 2017. » [2]

     

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    Sources :

     

    [1] Extrait de http://ecouche.blogspot.fr/2012/11/ecouche-cite-medievale.html

    [2] Extrait de https://ecouche-ranes-tourisme.jimdo.com/d%C3%A9couvrir/%C3%A9couch%C3%A9-les-vall%C3%A9es/monuments-histoire/

    [3] Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, Volume 9 Mancel, 1835 https://books.google.fr/books?id=93xfAAAAcAAJ&pg=PA489&lpg=PA474&ots=Mva2AvsvXc&focus=viewport&dq=remparts+d%27Ecouch%C3%A9&hl=fr&output=text#c_top*

    [4] Extrait de http://www.petitescitesdecaractere.com/sites/default/files/user/122/uploads/72dpi_a5_petites_cites_de_caractere.pdf

    [5] Extrait de http://www.cdc-courbesdelorne.fr/ecouche.asp

    [6] Extrait de l'Histoire du bourg d'Écouché (département de l'Orne) par M. Alfred de Caix ; Éditeur : Le Gost-Clérisse (Caen), 1862 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6525388w

     

    Bonnes pages :

     

    Histoire du bourg d'Écouché (département de l'Orne) par M. Alfred de Caix ; Éditeur : Le Gost-Clérisse (Caen), 1862 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6525388w 

     

    Document ci-dessous consultable sur http://www.patrimoine-environnement.fr/wp-content/uploads/2015/06/61-Ecole-Primaire-dEcouch%C3%A9-CM1-CM2.pdf :

     

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