• LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne) LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne) LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)

     

          Cet article est pour l'essentiel extrait de l'Histoire d'Echauffour par le général P. de Lesquen - Au Pays d'Argentelles – La Revue Culturelle de l'Orne Juillet – septembre 1979

     http://echauffour.chez.com/Histoire/lesquen.htm

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)     « Le château fort au lieu-dit « Vieux Bourg » construit vers l'an 1000, par Helgon, après attribution du domaine par Richard II de Normandie et appartenant à la famille Giroie par mariage jusqu'au 14e siècle, est remplacé au 15e siècle, par une maison forte. Le logis (où résida le marquis de Sade) est remanié et agrandi au 18e siècle. La ferme du 18e est remaniée au 19e siècle. Chapelle du 15e siècle. » [1]

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)

     Plan de situation du château d'Echauffour ; blason des Giroie extrait de http://remparts-de-normandie.eklablog.com/les-remparts-de-montreuil-l-argille-eure-a132529976

     

    Historique

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)     « L'histoire du Moyen Age est caractérisée par les luttes incessantes auxquelles se livraient non seulement les chefs d'État, mais aussi les seigneurs féodaux jaloux de leur autorité.

          C'est pour cette raison qu'alors les villes s'entourèrent de murailles, et que des châteaux forts furent édifiés dans les campagnes où les seigneurs assuraient leur sécurité et affirmaient leur autorité sur les populations voisines, heureuses éventuellement de trouver un abri à proximité, contre les exactions des seigneurs ou des pays voisins.

    Dessin ci-dessus extrait de ce même article.

         C'est bien ce qui se passa à Échauffour où les seigneurs du lieu, à partir du 11e siècle construisirent un château fort, l'entretinrent et l'améliorèrent jusqu'à la fin du 16e siècle tant qu'il conserva une valeur militaire. Aussi, pendant toute cette période, l'histoire d'Échauffour est elle plus étroitement liée à celle de son château et à celle des seigneurs qui y résidaient.

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)     Vers l'an mil, le duc de Normandie Richard II (966 1027) attribua la seigneurie d'Échauffour à un valeureux guerrier du nom d'Helgon. Cette seigneurie comprenait de vastes domaines s'étendant sur 14 parois­ses et jusqu'à Montreuil l'Argillé. Elle mettait ainsi de gros moyens à la disposition de son titulaire qui reçut du duc la mission de défendre les frontières du duché. C'est pour remplir cette mission qu'à l'origine fut entreprise la construction d'un château fort répondant aux conceptions militaires de l'époque. Blasons ci-dessus extraits de ce même article.

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne) LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)

    A gauche, plan extrait du cadastre napoléonien de 1811, archives de l'Orne http://archives.orne.fr/ ; à droite, photo aérienne extraite du site Géoportail

     

    Les Giroie (11e - 13e siècles)

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)     Pour l'aider dans sa mission, Helgon distingua un autre vaillant chevalier issu d'une famille bretonne, nommé Guillaume Giroie, et lui offrit sa fille en mariage. La valeur de ce dernier lui parut telle que, bien qu'il eût deux fils, c'est à sa fille qu'il donna en dot ses fortes seigneuries d'Echauffour et de Montreuil l'Argillé.

         Mais Helgon et sa fille moururent avant que le mariage n'ait pu avoir lieu. Guillaume Giroie n'en resta pas moins en possession de ces seigneuries et il épousa par la suite Gislette de Bastemberg de Montfort­-sur Risle, dont il eut sept fils et quatre filles. Il déploya tout de suite une grande activité pour faire d'Échauffour une place importante et pour augmenter son rayonnement dans le pays. Comme il était très pieux, il fit construire sur ses biens une église à Echauffour qu'il dédia à l'apôtre saint André. Cette église, fortement remaniée au cours des âges, est encore de nos jours placée sous le vocable de saint André.

    Ci-dessus, blason des Giroie extrait de http://remparts-de-normandie.eklablog.com/les-remparts-de-montreuil-l-argille-eure-a132529976

     

         Parmi les enfants de Guillaume Giroie, quatre filles s'allièrent à des seigneurs distingués de la région, mais ses sept fils périrent dra­matiquement :

         - Ernault, l'aîné, mourut accidentellement en luttant avec un jeune homme de Montreuil l'Argillé.

         - Guillaume, le second, succéda à son père à Échauffour, mais après une vie aventureuse, mourut en Italie en 1056.

         - Foulque, le troisième, fût assassiné par son frère Robert.

         - Robert, le quatrième, seigneur de Saint Céneri, périt empoisonné par sa femme.

         - Raoul, le cinquième, dit « Male couronné », était fort curieux d'art médical. Il devint moine de Saint Évroult et « obtint à force de prière la maladie de la lèpre ».

         - Hugues, le sixième, fut tué accidentellement par un de ses écuyers alors qu'il s'exerçait au tir à l'arc à proximité du château sur l'empla­cement actuel du hameau de Saint Germain d'Échauffour. Avant de mourir, Hugues ordonna à son meurtrier involontaire de s'enfuir afin qu'il ne soit pas arrêté et puni. Plus tard, les siens firent construire l'église de Saint Germain d'Échauffour, en expiation et à la mémoire du disparu.

         - Le dernier Giroie, le septième, mourut fou après une expédition sacrilège sur les terres de l'évêque de Lisieux.

          Guillaume II Giroie qui succéda à son père à Échauffour était né en 1021. Il épousa Hiltrude de Beine, fille du seigneur qui à la même époque bâtissait le château voisin de L'Aigle (Au Pays d'Argentelles, 11, 4, avr. 1978, p, 103 106. ). De ce mariage naquit un fils, Ernault, mais, devenu veuf, Guillaume épousa en seconde noces Emma du Tanney, fille de Vauquelin du Tanney, en Cisai, qui lui donna un second fils prénommé également Guillaume. Guillaume II Giroie semble avoir été un seigneur ardent, remuant et aventurier. Etant également seigneur de Saint Céneri, il accepta à ce titre de rendre hommage et service militaire à Geoffroy de Mayenne et, de ce fait, il se trouva bientôt en antagonisme et même en lutte avec le duc de Normandie dont ses voisins Talvas de Bellème et leur gendre Mont­gommery étaient de fermes soutiens dans la région. En 1044, il se réconcilia avec Talvas de Bellème qui le convia même à ses noces à Alençon. Mais, après boire, Guillaume Giroie aurait tenu de tels propos que Talvas le fit saisir, le fit émasculer et essoriller ! Secouru par son frère Raoul, il se remit de ses blessures et laissant son fils Ernault à Echauffour et son frère Robert à Saint Céneri, il partit pour l'Italie. Il en revint en 1047 pour se faire moine à l'abbaye du Bec. Puis ayant donné par une charte à Richard, abbé de Saint Évroult, « les églises de Saint André d'Échauffour avec les quatre chapelles de Notre Dame, de Saint Laurent, de Saint Martin, de Saint Germain et des dîmes qui en dépendaient, plus la dîme de toute la prévôté et 20 sous monnaie courante, la dîme de toute la forêt, etc... ». Il donna également à Herlin, les ruines de l'abbaye de Saint Evroult ; il la rebâtit de ses deniers et s'y retira comme simple religieux, mais demanda par la suite à son père abbé de retourner en Italie où il devint porte étendard de Saint Pierre et mourut en 1056.

         Ernault, le fils de Guillaume II Giroie, que son père avait installé à Échauffour en 1047, paraît avoir été aussi ardent, aussi remuant et aussi aventurier que son père. Il épousa ses inimitiés et ses rancunes et reprit les intrigues et la lutte sournoise que menait son père contre le nouveau duc de Normandie Guillaume le Bâtard et contre son lieu­tenant Montgommery, l'époux de Mabile de Bellême. Cette lutte prit un caractère violent en 1059, mais Ernault fut défait ; son domaine d'Échauffour lui fut confisqué et attribué aux Montgommery. » [2]

     

         « Ernault Giroye, seigneur d'Echauffour et autres lieux, qui avait trouvé un asile chez son proche parent Giroye, sire de Courville, et chez les autres parens et amis qu'il avait dans le Perche, faisait souvent des incursions sur ses domaines séquestrés, lorsque l'absence des troupes normandes lui en fournissait l'occasion. Pendant trois années entières, il exerça de dures représailles dans les environs d'Echauffour et les contrées voisines, d'où il ne revenait jamais sans être chargé d'un ample butin, et sans avoir fait un bon nombre de prisonniers. Un jour entr'autres, cet intrépide chevalier, escorté de quatre cavaliers seulement, s'empara du château d'Echauffour, en poussant des hurlements affreux. La garnison du château, composée de soixante hommes, fut tellement effrayée par ce stratagème, qu'elle prit aussitôt la fuite et abandonna la place, pour se soustraire au ressentiment d'Ernault, qu'elle croyait suivi d'un corps de troupes nombreuses. Celui-ci en possession de son château, le livra aussitôt aux flammes, pour le mettre hors d'état de servir à l'ennemi; après avoir également brûlé le bourg de Saint-Evroult, il partit pour la Pouille. De retour au Perche, après quelques années de séjour en Italie, il employa le crédit de ses nombreux amis pour obtenir sa grâce de Guillaume le Conquérant, alors roi d'Angleterre et duc de Normandie. Touché de ses malheurs, charmé de sa bravoure, et convaincu d'ailleurs de l'injustice de sa disgrâce, ce prince se montra accessible à toutes les demandes qu'on lui fit, et rendit ses bonnes grâces au proscrit, avec promesse de lui rendre sous peu, tous ses anciens domaines. 

         Mabile, informée que Giroye, pour se rendre à Courville, devait passer par Echauffour, suborna quelques uns de ses vassaux, qui, séduits par ses promesses, s'engagèrent à empoisonner le malheureux Ernault, en l'invitant à un festin dans lequel on lui ferait prendre un breuvage vénéneux. Averti à temps par un ami, Giroye évita le piège, en refusant l'invitation des odieux satellites de sa mortelle ennemie ; il ne voulut pas même mettre pied à terre. Ces hommes vendus à l'iniquité, voyant leur criminelle manœuvre complètement déjouée, insistèrent auprès d'Ernault pour qu'il acceptât au moins, tout étant à cheval, un simple rafraîchissement; leurs instances, comme on le pense bien, furent méprisées du noble chevalier, qui ne daigna pas même leur répondre un seul mot. Gilbert de Montgommery, beau-frère de Mabile, qui revenait avec Giroye de la cour du duc, et l'accompagnait dans son voyage du Perche, accepta la coupe remplie de vin, et avala tout d'un trait la liqueur mortelle, sans descendre de cheval ; l'ayant remise aux mains du criminel vassal, qui ignorait sans doute la victime qu'il venait d'immoler, les preux chevaliers continuèrent leur route. Les progrès du poison furent d'abord peu sensibles, mais étant arrivé à Regmalard, l'infortuné Gilbert expira dans des convulsions horribles, au milieu de ses compagnons de voyage et de ses amis consternés. Ainsi périt, au printemps de ses années, le vaillant Gilbert, frère unique de Roger de Montgommery, par la scélératesse de son odieuse belle-sœur. Mabile, à la nouvelle d'un résultat si contraire à son attente, devint furieuse ; la rage du désespoir et la soif d'une horrible vengeance débordent dans son cœur inaccessible aux impressions du remords ; n'importe à quel prix, il lui faut sa victime. La tombe était à peine fermée sur la dépouille mortelle du malheureux Gilbert, que la furibonde Mabile méditait de nouveaux attentats, et dressait de nouvelles batteries. Infatigable à poursuivre sa proie, elle parvint à force d'argent et de promesses, à séduire l'écuyer d'Ernault, nommé Roger Goulafre, le misérable, entraîné par les mille artifices de la nouvelle Sagana, consentit à tout, et promit d'exécuter ponctuellement l'horrible mission dont on le chargerait. Après s'être ainsi assurée de l'entier dévouement de ce vil instrument de sa scélératesse, Mabile lui remit aux mains les nouveaux breuvages qu'elle avait elle-même préparés. Arrivé à Courville où séjournait son maitre, Goulafre, dans l'exercice de sa charge, présenta à Ernault ainsi qu'à Giroye, seigneur du lieu, et à Guillaume Gouet, sire de Montmirail, qui étaient à table, le breuvage empoisonné ; ces deux derniers seigneurs, sentant les premières atteintes du poison, se firent aussitôt porter dans leur maison, et grâces à la promptitude et à l'efficacité des remèdes, qu'on leur administra dans leurs familles, ils échappèrent à la mort ; mais l'infortuné Ernault qui, sans toit et sans patrie, ne put trouver dans la tendresse d'une épouse et l'affection d'une famille, les secours empressés que réclamait sa position, expira après quelques jours d'inexprimables souffrances, en proie aux violentes tortures occasionnées par le poison, qui lui rongeait les entrailles. » [3]

    « ...après avoir revêtu le jour même l'habit monacal de Saint Evroult.

         Ernault avait épousé Emma, fille de Turstin Halduc, dont il eut deux fils. L'aîné, Guillaume, devint écuyer du roi de France Philippe Ier, puis gagna l'Italie où il devint un grand seigneur. Le cadet, Raynald, devint moine de Saint Évroult et fut un brillant professeur de littérature et de musique.

         Les Montgommery restèrent à Échauffour jusqu'en 1118, mais cette année là le château fut assiégé et incendié par les Manceaux conduits par Robert II, fils de Robert de Saint Céneri et petit-fils de Guillaume II Giroie qui revendiquait son domaine familial. La paix revenue, le roi de France, Henri Ier fit rendre Echauffour en 1119 à Robert Giroie qui avait épousé Adélaïde, cousine du duc Guillaume le Conquérant.

         Robert II Giroie mourut en 1124, et son fils Robert Ill lui succéda. Ce dernier semble avoir toujours respecté le lien féodal qui l'unissait à son cousin le roi Henri Ier, et mit à la disposition de celui-ci son château et ses forces. » [2]

     

         « Au mois de juin 1138, Simon le Roux, fils de Baudouin, entra dans le château d’Echaufour avec la permission de Robert, fils de Giroie, et ayant réuni une troupe de satellites, il se mit à ravager les terres de Robert, comte de Leicester, dans l’évêché d’Evreux. Le Roux était un chevalier entreprenant, hardi, prompt de la main, libéral envers ses compagnons d’armes, infatigable dans les plus rudes exercices et par conséquent téméraire dans les entreprises difficiles et cruelles. Dès qu’il eut commencé à ravager le pays, son frère Ribould, vint partager ses crimes et le reçut dans la forteresse que l’on appelle le Pont Echeufrey. » [4]

     

         « Après Robert III Giroie, Échauffour passa à son frère puiné Guillaume qui le transmit ensuite en héritage à son fils Gervais. Ce dernier vivait encore en 1219 mais mourut peu après et sa veuve, remariée à Guy de Lucy, renonça en 1228, en faveur des religieux de Saint Évroult, à tout ce qu'elle pouvait prétendre sur les bois d'Échauffour.

         Échauffour revint ensuite à Jean de Saint Céneri. dont on sait peu de chose sinon que sa fille Agnès était en 1290 l'épouse de Robert de Thibouville. Le domaine d'Echauffour comprenait alors une grande éten­due de l'actuelle forêt de Saint Evroult dont l'exploitation par les moines devait donner lieu à bien des différents entre les propriétaires et les exploitants, si on en juge par une sentence rendue en 1293 par le vicomte de Pont Audemer, sur plainte de Jean, seigneur de Saint­-Céneri, et de Robert de Thibouville, son gendre, « notamment sur ce que le feu de la fosse charbonnière, les dits religieux par la mégarde d'eux ou de leurs gens, avaient fait dommage aux bois dudit Jean et sur ce que les dits religieux contrevenants à tort aux droits forestiers de la forêt d'Échauffour, par laquelle ceux ci sont moniteurs dans leur droiture, mais condamnés à prêter serment de féauté aux religieux qui sont maintenus dans la possession de ce qu'ils avaient acquis dans les fiefs d'Échauffour et de Montreuil, à la charge de payer 150 livres à Jean de Saint Céneri et à Robert de Thibouville ».

         Il semble bien que pendant tout le Moyen Age l'importance de la forteresse d'Echauffour assurant une sécurité relative à ses habitants ait permis un bon développement économique de la localité, malgré les querelles et les luttes entre les grands féodaux de l'époque. Ce qui est certain, c'est qu'en 1271 Echauffour reçut le titre de ville et ses habitants turent qualifiés de « bourgeois ». En 1308, ils désignèrent deux représentants aux États Généraux dont les noms sont parvenus jusqu'à nous : Jouen Desart et Ginfray Roussel.

         Cette suprématie d'Échauffour sur toutes les paroisses avoisinantes durera jusqu'au 19e siècle, et à cette époque Échauffour était encore la commune la plus habitée du canton.

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne) LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne) LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne) LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)

     

    Les Harcourt (14e siècle   début du 16e)

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)     On ignore dans quelles conditions Jean de Saint Céneri et son gendre Robert de Thibouville quittèrent Échauffour dans les dernières années du 13e siècle, mais on sait qu'en 1301 la seigneurie d'Echauffour appartenait à Robert II d'Harcourt, seigneur de Beaumesnil, et que cette année, là il donnait avec sa femme Anne de Villequier confirmation de tout ce qu'ils possédaient dans les fiefs d'Échauffour et de Montreuil.

         En ce début du 14e siècle, le château d'Échauffour était devenu un château important et son seigneur jouait un rôle très en vue en Normandie; c'est pourquoi il avait été érigé en baronnie et son seigneur, Robert II d'Harcourt, tenait séance à l'échiquier de Normandie. Il portait sur son écu : de gueules à deux fasces d'or (armes des d'Harcourt).

    Ci-dessus blason des Harcourt par User : Spedona Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2697928

     

         Depuis le milieu du 14e siècle jusqu'au milieu du 15e eut lieu la guerre de Cent ans qui fut une longue lutte entre les troupes fidèles au roi de France et celles du roi d'Angleterre auxquelles s'était allié Charles le Mauvais, roi de Navarre. Dès le début, les Anglais avaient occupé le duché de Normandie et tenaient le pays, appuyés sur les châteaux forts parmi lesquels celui d'Echauffour n'était pas des moindres. La guerre faisait rage entre les deux partis et de 1356 à 1364 le château d'Échauffour fut pris, perdu et repris à plusieurs reprises.

         Une pièce du chartrier de Saint Evroult mentionne qu'un officier anglais de la place d'Échauffour du nom de Jacques Féron donna le 17 janvier 1364 quittance à Jean de Beaumont de la somme de 60 francs d'or « et de trois pourpoints de camocas (tissu du genre drap en soie) au prix de quarante-deux louis d'or lesquels pourpoings et la dicte somme d'or, le dit Beaumont devait a à dit Anglais pour Monsieur Robert Perez, chevalier, comme le dit Beaumont disait et le dit Englays. Et avecque ce le dit Englays congnut et confessa avoir eu et reçu du dit Beaumont 10 francs d'or et une selle pour le dédommager du deffaut de paiement des dites choses non païées au dit Englays au terme ou le dit Beaumont au nom du dit chevalier luy avait promis de païer ».

          Deux jours plus tard, Pierre de Cointrel, vicomte du Perche, autorisait Jean de Beaumont à faire vendre l'héritage de Pérez pour se rembourser de ce qu'il avait versé à Féron.

         La Chronique Normande du 14e siècle mentionne que vers le milieu de 1364 le sire de la Ferté, maréchal de Normandie, accompagné du sire de Tournebut et de Guillaume du Merle, vinrent mettre le siège devant Échauffour. Bertrand du Guesclin, accourant de Valognes, vint leur prêter main forte et, après un siège de 42 jours, « fut la forteresse rendue par si que ceulx de dedans s'en alèrent, sauves leurs vie et biens ».

         La chronique des quatre premiers Valois relate ce siège de la place forte d'Échauffour en 1364 en ces termes :

            « Plusieurs Barons de Normandie, c'est à sçavoir Guillaume du Merle, etc…, allèrent mettre le siège devant Échauffour, le plus fort chastel que les Anglais avaient en Normandie ny en France, hors les chasteaux roïaulx que tenait en Normandie le roi de Navarre. Cestuy fort d'Echauffour ne pouvait être pris par assault. Et pour Monseigneur du Merle Guillaume qui moult était sage homme d'armes fit et establit une myne et fit venir mineurs du païs de La Ferté et de L'Aigle. Lors commencèrent fort à miner. Les Anglais aperçurent la myne et firent contreminer. Et advint aussi que les deux mynes s'encontrèrent. Les Anglais et les Normans, comme les mynes furent ouvertes, eurent bien souvent de dures batailles et donc par le conseil du dit Monseigneur du Merle on refit une contre myne. Alors avait ung Englais à Echauffour qui avait esté clerc et escollier, lequel avait nom Hoclequin Lucas. Cestui Anglais fit traicté aux Normans qu'il se rendait à eux, et leur rendit le fort d'Échauffour ».

          Le souvenir du passage de du Guesclin venant faire ce siège est resté très vivace à Échauffour. En effet, une maison du vieil Echauffour, proche du château, datant du 14e siècle, qui fut une belle maison, malheureusement aujourd'hui très détériorée, est encore appelée « la Maison de Du Guesclin ».

         Echauffour ainsi libéré des Anglais, les Harcourt purent recouvrer leur baronnie et, en 1396, Robert d'Harcourt était en mesure de jouir de toutes ses prérogatives de seigneur d'Échauffour.

         Mais, au début du 15e, siècle, les combats entre les troupes fidèles au roi de France et celles fidèles au roi d'Angleterre reprirent avec plus de violence. Robert d'Harcourt répondant à l'appel de son suzerain, le roi de France, partit mettre ses forces à la disposition de ce dernier. Malheureusement, le désastre d'Azincourt, en 1415, où Robert d'Harcourt fut tué, permit aux Anglais d'occuper toute la Normandie et la place forte d'Échauffour retomba une fois de plus entre leurs mains.

         En 1417, le Roi d'Angleterre attribuait le domaine d'Échauffour à un fameux chevalier du nom de Glasdal, puis peu après, le 12 avril de cette même année, il le concédait à John Green, « à la suite de la confiscation sur Robert d'Harcourt expatrié et décédé ». Mais le 26 avril suivant, le roi attribuait à nouveau Échauffour à John Newton. Mais l'enregistrement des lettres patentes d'attribution à John Green ayant été établi, celui-ci considéra que John Newton lui devait une indemnité. Le Roi attribua alors à ce dernier la somme de 200 saluts d'or pour obtenir son entier désistement.

          A cette époque, le roi d'Angleterre entendait affirmer sa domination sur tout notre pays et, en 1420, le désastreux traité de Troyes soulignait l'effondrement de l'autorité du roi de France. Malgré tout, en Normandie, ses partisans tentèrent d'intervenir, mais ils furent écrasés à Verneuil, en 1424.

         Le pays était alors soumis à l'occupation des troupes anglaises et déjà, à ce moment, dans les campagnes, cette occupation était mal supportée. C'est une des raisons du sursaut de patriotisme de cette époque dont Jeanne d'Arc fut l'héroïne. A Échauffour même les paysans ne restèrent pas inactifs et au printemps de 1424 ils livraient combat à Planches à une troupe anglaise. Ils n'eurent pas le dessus et durent se retirer avec des pertes en tués et en prisonniers. Ils tombèrent peu après entre les mains des Anglais, de la garnison de L'Aigle. Ceux-ci, poussant jusqu'à Échauffour, pillèrent la localité et emmenèrent pri­sonnier le curé, l'abbé Thibault Le Prévost. Ce dernier ne fut libéré qu'en février 1425 sur intervention du roi de France.

     

    Les Le Gris (16e 17e siècles)

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)     L'occupation anglaise d'Échauffour se prolongea jusqu'en 1449 et après leur défaite en 1453 à Castillon, près de Bordeaux, les Anglais se retirèrent de France, n'y conservant que Calais.

         Lorsque la Seigneurie d'Échauffour fut enfin libérée, elle se trouva sans titulaire car Robert d'Harcourt, baron d'Échauffour, avait été tué à Azincourt, en 1415, sans être marié et sans laisser d'héritier.

    Ci-dessus, blason des Le Gris extrait de https://www.tudchentil.org/spip.php?article1143

          Aussi, par lettre patente du 5 juillet 1461, le roi de France Charles VII attribuait, la seigneurie d'Echauffour à un preux chevalier, Jean Le Gris, dont l'écu portait : de gueules à la face d'or.

         Par ces lettres patentes, le roi accordait « le bénéfice du relief d'appel à Jean Le Gris, écuyer baron d'Échauffour, sur clameur intentée par le duc d'Harcourt à Hue de Veufville, chevalier, son héritier, mort à Azincourt, au temps duquel trépas, le dit suppliant était âgé de huit ans environ, et pour ce que Pierre Le Gris en son vivant chevalier et père du dit suppliant incontinent et assez tost après la desserte de mes dizs ennemis, se parti du dit païs de Normandie et abandonna tous ses biens avec le dit suppliant se « parti et demeure toujours en notre obéissance où il nous a toujours servi en nos guerres comme notre vray et loyal sujet.

          Le dit Pierre Le Gris trépassa semblablement depuis à la bataille de Verneuil. Et à cette cause que le dit suppliant qui tout à l'occasion « de ce qu'il a esté mineur d'ans et que le dit pais d'Echauffour par le fait des guerres a été longtemps inhabité ».

         En 1456, Jean Le Gris avait fait une transaction avec les moines de l'abbaye de Saint Évroult au sujet de la gestion de ses domaines.

         Un aveu rendu en 1491 au duc d'Alençon nous renseigne sur la grande importance de l'autorité du baron d'Echauffour à la fin du 15e siècle. Ses domaines s'étendaient alors sur Heugon, Le Sap André, Saint­-Nicolas des Lettiers, Monnay, Planches, Saint Pierre des Loges, etc… et bien sûr aussi sur Saint Germain et Saint André d'Échauffour. Tous ces domaines donnaient lieu à redevances payables le jour de la Saint Jean-­Baptiste. Les domaines où il y avait château, manoir, haut fourneau, prévôté, moyenne et basse justice étaient astreints à une rente de 33 livres 6 sols 8 deniers envers le duc d'Alençon.

         Pendant tout le 16e siècle, les Le Gris se succédèrent à la tête de la baronnie d'Echauffour. A Jacques Le Gris succéda son fils Pierre qui épousa en 1545 Jeanne de Thieuville, dame de Tallevart Sainte Croix et Montfiquet, puis la baronnie revint à Félix Le Gris qui n'eut pas de descendant mâle, mais une fille, Adrienne, qui fut l'héritière d'Échauffour.

         En 1585, se formait la ligue qui sous l'autorité du duc de Guise groupant les catholiques intransigeants s'opposant aux protestants dont l'animateur était Henri de Navarre, le futur Henri IV. Il y eut alors une véritable guerre de religion qui eut ses répercussions en Normandie.

          En particulier, le baron d'Echauffour avait épousé la cause de la ligue et eut de ce fait son château assiégé à plusieurs reprises.

         De plus, les paysans de la région, excédés par les pillages et les destructions des gens de guerre, se soulevèrent pour défendre leurs libertés et ce fut alors une véritable Jacquerie. Finalement, après la bataille d'Ivry (14 mars 1590), la ligue fut définitivement vaincue par Henri IV, et Félix Le Gris, baron d'Échauffour, dut se soumettre au roi de France. Désormais, le château d'Echauffour ne devait plus jouer aucun rôle dans une opération militaire.

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne) LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne) LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)

     

    Les Érard (17e siècle)

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)      Le 21 novembre 1585, Adrienne Le Gris qui était la fille unique de Félix Le Gris et héritière d'Echauffour épousait Gaspard Érard, seigneur de Cisai. Un ancêtre était venu en 987 avec une armée de Danois au secours de Richard Ier, duc de Normandie, puis au 15e siècle cette famille s'était établie en Lorraine, dans le Barrois, dans l'Est de la France (région de Bar le Duc). Un aïeul de Gaspard Érard avait été mis page chez un prince voisin mais, querelleur, il s'était disputé avec un autre page et l'avait tué. S'étant alors enfui, il s'était réfugié à Alençon où il s'était marié, avait fait ainsi souche en Normandie d'une autre branche de sa famille.

    Ci-dessus, blason des Erard extrait https://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=16334

     

         Ce Gaspard, qui devint baron d'Échauffour après la mort de son beau-père Félix Le Gris, semble avoir été un seigneur batailleur, turbulent et souvent pillard. En août 1604, il aurait tué en duel son cousin et voisin Robert Le Conte, seigneur de Poment et de Saint Aubin. Après 1610, Henri IV ayant été assassiné par Ravaillac, le pouvoir central devint précaire entre les mains de la régente, Marie de Médicis, et c'est alors que Gaspard Érard se distingua par des actes de brigandage contre les seigneurs voisins et aussi contre les populations. » [2]

     

         « Le baron d’Echauffour et ses consorts, tous coupables de vols, de fausse monnaie, d’assassinats, enfermés dans le château de Cisay, bravaient le Parlement qui, à la fin, obtint qu’on fit sortir le canon ; en sorte que ce grand coupable fut arrêté, mené à Rouen, et dut répondre d’une longue vie employée à mal faire (Reg.secr. 28 janvier 1614)
    (Floquet Parlement IV p.439) » [4]

     

         « Mais lorsque Richelieu devint premier ministre en 1624, il s'employa à mettre bon ordre à toutes ces exactions. Il châtia les seigneurs et ordonna la destruction des forteresses qui leur servaient de repaire. Une tradition veut que Gaspard Érard ait été décapité par arrêt de justice. Quant à la forteresse d'Échauffour, une ordonnance royale de juillet 1626 en prescrit le démantèlement.

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne) C'est vraisemblablement le fils de Gaspard Érard qui s'appelait également Gaspard qui obtint lors de la démolition de la forteresse de conserver une tour qui fut écrêtée et les murs qui forment le château actuel. Pour en faire disparaître le caractère militaire, il fit percer de grandes fenêtres à espacements réguliers sur les façades et les pignons. Du reste, de la forteresse, il ne subsiste plus aujourd'hui que des éléments de fossés et de nombreux et importants affleurements de fondations qui soulignent encore toute l'importance de l'ensemble.

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)      Ce deuxième Gaspard fut un personnage plus soucieux que son père de ses devoirs et de ses responsabilités. Non seulement, il s'appliqua à relever et à conserver ce qui était possible de l'ancien château qui formait un véritable centre de la région depuis six cents ans mais désireux de conserver le prestige et les traditions des anciens seigneurs d'Échauffour, il sollicita, ainsi que sa mère le lui avait demandé par testament, de joindre à son nom d'Érard le nom de Le Gris que portait sa mère dont les ancêtres s'étaient distingués depuis deux siècles à Échauffour. Le roi de France lui donna satisfaction et par lettres patentes datées de 1645 il était autorisé à unir les noms d'Érard et Le Gris dans sa personne et celles de ses descendants.

         En outre, ce Gaspard Érard Le Gris sut si bien se faire remarquer du pouvoir royal, et aussi donner de l'importance et du rayonnement à. sa Seigneurie, qu'en 1648 de nouvelles lettres patentes érigeaient en marquisat les baronnies de Montreuil et d'Échauffour qui relevaient en plein fief du duché d'Alençon et qui depuis plus de six cents ans avaient été décorées de ce titre de baronnie.

           Gaspard Érard Le Gris avait épousé en 1628 Louise du Merle, fille de Jean du Merle, seigneur de Blancbuisson, et de Jeanne d'Orbec. Devenu veuf en 1674, il épousa en secondes noces, en 1680, Marie Le Prévost, veuve de Pomponne du Buat, seigneur de Reville, dont elle avait eu 9 enfants.

          De son premier mariage, il eut un fils qu'il prénomma encore Gaspard, ce dernier épousa en 1680, Anne Dorothée du Buat, fille de Pomponne du Buat et de Marie Le Prévost, la seconde femme de son père.

         Ce dernier, Gaspard Érard Le Gris, mourut en 1684, avant son père, laissant après lui une fille unique, Anne Dorothée. Il serait celui dont la pierre tombale se trouve dans l'église Saint André d'Échauffour et qui porte écrit : « Ci gît Messire Érard Le Gris, chevalier, seigneur, comte de Cizay, âgé de 29, fils de haut et puissant seigneur Érard Le Gris, chevalier, seigneur, marquis de Montreuil, Échauffour et autres lieux ».

     

    Les Roncherolles de Pont Saint Pierre (18e siècle)

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)     Anne Dorothée Érard Le Gris épousa le 17 août 1706 Michel de Roncherolles, marquis de Pont Saint Pierre (1669 1754), fils de Charles et Catherine Le Veneur de Tillières, premier baron de Normandie, conseiller d'honneur au parlement de Normandie, comte de Gacé, baron d'Écouis, du Plessis et Marigny. Son écu portait d'argent à 2 fasces de gueules.

         Il semble bien que ce Michel de Roncherolles de Pont Saint Pierre, qui jouissait d'une situation très importante en Normandie et qui disposait déjà pour lui d'autres grandes demeures, ait porté peu d'in­térêt au château d'Échauffour dont le lustre ancien avait été quelque peu terni par les démolitions du siècle précédent.

    Blason des Roncherolles de Pont Saint Pierre par Tretinville — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16406895

     

    Ce dernier eut au moins deux fils qui, ayant des situations importantes ailleurs et disposant aussi d'autres seigneuries, ne  portèrent pas plus d'intérêt que leur père à leur domaine d'Échauffour.

    Aussi, en 1740, ils mirent en vente leurs seigneuries d'Échauffour et de Montreuil ainsi que tous les domaines qui en dépendaient.

         Si en ce milieu du 18e siècle, le rayonnement du château d'Echauf­four était quelque peu terni, les habitants de la localité avaient cependant encore conscience d'habiter une cité florissante qui leur avait valu quelques siècles auparavant d'être qualifiés de « bourgeois ». Un petit fait permet de souligner cet état d'esprit.

         En 1738, les autorités régionales demandèrent aux habitants d'Echauf­four les corvées nécessaires pour l'exécution et l'entretien des routes comme il était d'usage à l'époque. Ceux-ci refusèrent comme indigne d'eux l'exécution de telles « corvées ». Ils s'attirèrent alors une sanction qui était usuelle en pareil cas et qui consistait en l'établissement d'une « garnison » de soldats à la charge des habitants.

         Cette garnison ne fut que provisoire car pour y échapper on trouva vite à Échauffour les 180 hommes demandés pour faire les travaux de route !…

     

    Les Montreuil et les Sade (1740 1844)

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)     Les seigneuries d'Échauffour et de Montreuil, mises en vente en 1740, furent achetées par Claude René Cordier de Launay, qui prit par la. suite le titre de marquis de Montreuil. Il était d'une famille de noblesse de robe dont l'écu portait d'azur au chevron d'or accompagne de trois croissants d'argent. Il tenait lui-même une situation importante à Paris où il était magistrat et devint président de la cour des Aides au Parlement de Paris en 1743. Il avait épousé Marie Madeleine Masson de Plissay qui était une femme dynamique, tenant son rang avec distinction.

    Ci-dessus, blason de la famille de Montreuil par Gilloudifs.

     

         Elle fut jusqu'à sa mort, en 1798, la grande dame d'Échauffour et avait su se concilier l'affection et l'attachement des habitants, ce qui lui permit, malgré son rang, de ne pas être inquiétée sur place pendant les années agitées de la Révolution de 1789.

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)     La fille aînée du marquis de Montreuil, Renée Pélagie, épousa en 1763 Donatien François de Sade, capitaine de cavalerie, qui devait devenir le trop célèbre marquis de Sade. Les écarts de conduite de ce dernier déplaisaient souverainement à son énergique belle-mère qui ne manquait aucune occasion de le rappeler à l'ordre et qui usait, le cas échéant, de ses hautes relations pour le faire sanctionner. Il ne vint à Échauffour qu'au moment de son mariage et une seconde fois, en 1764, mais par la suite il se garda bien d'y reparaître.

    Blason de la famille de Sade Par User:Spedona (13/08/2007)Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons du Wikipédia francophone. — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par User:Spedona (13/08/2007)., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2571180

     

         Séparé de corps de sa femme en 1790, il ne sera plus question de lui à Echauffour. Il mourra en 1814 à l'asile de Charenton où Napoléon l'avait fait interner. » [2]

     

    LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)     « En 1763, à la suite d'un premier scandale, l'affaire Jeanne Testard, le marquis de Sade (ci-contre) est assigné à résidence pendant quatre mois au château d'Échauffour, propriété de son beau-père, Claude-René de Montreuil, président à la cour des aides de Paris. La marquise de Sade, Renée-Pélagie de Montreuil, après sa séparation avec le marquis en 1790, résidera au château avec sa fille la plus grande partie de l'année jusqu'à sa mort en 1810. On peut lire encore aujourd'hui leurs noms gravés sur la pierre tombale, dans le petit cimetière du village. » [1]

     

         « Madame de Sade eut trois enfants, l'aîné, Louis Marie, né en 1767, fut le soutien de sa mère pendant les heures difficiles de la Révolution. Il fut officier dans les armées de Napoléon et périt en 1808, assassiné par des bandits sur la route en allant rejoindre son unité en Italie.

         Madame de Sade mourut en 1810 et fut inhumée à Échauffour, sa fille Madeleine Laure qui ne se maria pas habita après elle le château où elle mourut en 1844 et fut enterrée auprès de sa mère.

     

     LES REMPARTS D'ECHAUFFOUR (Orne)     Après le décès de Madeleine Laure de Sade, le château d'Echauffour passa à sa nièce Laure de Sade qui avait épousé le baron de Mesnil­-Durand. Ceux-ci retenus sur leur terre de Mesnil Durand, près de Lisieux, n'y habitèrent pratiquement pas. Après eux, le château passa à leur petite-fille Magdeleine de Mesnil-Durand qui avait épousé Emmanuel de Gibert en 1898. Elle-même y mourut le 21 septembre 1956, léguant sa propriété au général Pierre de Lesquen qui l'habite aujourd'hui.

    Ci-dessus, blason de la famille de Lesquen par Mipast — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=56215939

     

          Les Sade furent à de nombreuses reprises les bienfaiteurs de l'église Saint André d'Échauffour, aussi leurs armoiries figurent elles en plusieurs endroits des murs et des vitraux. » [2]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Wikipédia

    [2] Extrait de l'Histoire d'Echauffour par le général P. de Lesquen - Au Pays d'Argentelles – La Revue Culturelle de l'Orne ; Juillet – septembre 1979 ; http://echauffour.chez.com/Histoire/lesquen.htm

    [3] Extrait des Antiquités et chroniques percheronnes ou recherches sur l'histoire civile, religieuse, monumentale, politique et littéraire de l'ancienne province du Perche, et pays limitrophes, Volume 1 par L. Joseph Fret ; Glaçon, 1838 https://books.google.fr/books?id=teEDAAAAYAAJ&dq=ch%C3%A2teau+d%27Echauffour&hl=fr&output=text&source=gbs_navlinks_s

    [4] Extrait d'Ordéric Vital Livre XIII – traduction Guizot Tome IV p.508 http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=7568

     

    Bonnes pages :

     

    O http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Giroie-Echauffour.pdf

    O https://www.persee.fr/doc/annor_0570-1600_1985_hos_17_1_6664

    O http://histoiresetlegendesnormandes.unblog.fr/2016/12/22/le-fameux-marquis-de-sade/

    O https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Sade_-_L%E2%80%99%C5%92uvre,_%C3%A9d._Apollinaire,_1909.djvu/15

    O http://www.laconfreriedesfinsgoustiers.org/article-deux-chateaux-deux-familles-97809129.html

    O http://remue.net/spip.php?article5999

    O http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=7568

    « LES REMPARTS DE SAINT-LEGER-AUX-BOIS (Seine-Maritime)LES REMPARTS DE RUBERCY (Calvados) »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    1
    Christian De la Huba
    Jeudi 12 Juillet à 15:31

    Encore et toujours les inepties d'Orderic Vital concernant les Montgommery-Bellême et leurs petits vassaux Giroie ! Mais quand abandonnera-t-on enfin la légende pour revenir à l'histoire ?

    2
    Jeudi 12 Juillet à 16:07
    Bonjour,
    Ordéric Vital, j'en conviens, reste un historien contreversé et partisan. Sa lecture de l'histoire est du coup subjective et à prendre avec des pincettes mais je ne fais ici que des citations. Je laisse votre commentaire comme un témoignage de la subjectivité de ses écrits.
    Très cordialement
    Gilloudifs
    3
    Christian De la Huba
    Jeudi 12 Juillet à 17:17

    C'est gentil et honnête de votre part, mais ces citations prennent la place de l'histoire et influencent directement le jugement des simples lecteurs, qui attendent non d'avoir à donner un avis, mais de la matière fiable, des renseignements vérifiés. Par exemple, imagine-t-on un instant Ernault Giroie se promenant tranquillement à cheval avec Gilbert de Montgommery, son pire ennemi dont il ravage les terres, et faisant halte chez Mabile, pour boire un coup ? Que d'inepties ! Il faut simplement lire que Gilbert, qui avait fait prisonnier Ernault, le conduisait en prison sous un soleil de plomb, raison qui lui avait fait faire halte chez sa belle-soeur, trop heureuse de voir la prise, afin de boire frais… ce qui lui fut fatal. Aujourd'hui, on appelle cela une hydrocution. Malgré tous ses efforts et ses qualificatifs odieux, le vilain moine n'a pas pu trouver d'autres accusations concrètes contre Mabile, il a donc inventé celle-là. A balayer, comme la majeure partie de son texte. 

    4
    FRANC
    Lundi 8 Octobre à 12:38

    Bonjour !

    Désolé, mais dans les chapitres Harcourt et Le Gris, deux "fuites" : Robert d'Harcourt étant baron de Beaumesnil, il brise Harcourt des deux fasces d'hermine de cette branche ; les armes des Le Gris, D'or à la fasce de gueules, sont décrites à l'inverse deux lignes plus bas...

    Des Le Gris sont au mont Saint-Michel en 1423, 27, le champ et la fasce changeant de "couleurs" selon les auteurs...

    Je considère que les "blasons" trouvés sur le net n'appartiennent pas aux dessinateurs contemporains au nom de je ne sais quel droit à l'image puisque les armes peuvent être reproduites selon leur définition écrite, leur aspect dépendant de préférence du style de l'époque concernée, style que Pierre Joubert et Robert Louis ont su "standardiser" .

    Tout ça pour un Pierre Le Gris tué à Verneuil...

    Bien cordialement et bravo pour votre "site" très intéressant par ailleurs ! Lire, relire et j'en sais quelque chose après 30 ans de recherche sur Azincourt !

    Bien à vous.

    Jean-Pierre Franc

     

    PS : un premier mail doit vous être parvenu mais mon adresse n'était pas rectifiée. Merci.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :