• LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)

     LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)     « Accrochée à un éperon calcaire, protégé au nord, à l'ouest et au sud par des marais, elle fut, dès le Moyen-Age, une des forteresses les plus importantes de Normandie.
    Argentan a été édifiée par Henri Ier Beauclerc, duc de Normandie et roi d'Angleterre au début du 12e siècle.
         De 1134 à 1618, la ville est restée protégée par ses deux enclos : l'enclos de la ville, composé de 16 tours, et l'enclos du château, composé de 4 tours, enserrant le château, la Chapelle St Nicolas et le Donjon, encore visibles aujourd'hui.
         A l'abri de ses remparts, Argentan a accueilli des personnages illustres. Mathilde, fille de Henri Ier, roi d'Angleterre et mariée à Geoffroy Plantagenêt, y trouve refuge en 1135. Henri II, roi d'Angleterre, réunit en 1172 tous les comtes et barons du duché de Normandie pour préparer la conquête de l'Irlande. En 1189, Aliénor d'Aquitaine fixe sa résidence au château d'Argentan et y reçoit ses deux fils, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. » [1]

     

    LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)   LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)

    Plan des remparts de la ville d'Argentan d'après un dessin de C. Corvisier ; Blason par Bruno Cette image a été réalisée pour le Projet Blasons de la Wikipédia francophone — Travail personneliLe code de ce fichier SVG est valide.Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Bruno., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1233869

    Légende du plan ci-dessus et du plan ci-dessous :

    1 porte d’Or ou Saint-Germain démolie en 1750 et son boulevard.

    2 tour  dite « Grosse Tour » ou au Febvre puis Marguerite

    3 porte Saint-Martin

    4 ancien auditoire de justice et boulevard

    5 porte de la Chaussée

    6 tour à la Reine ou Grosse Tour du Château , ruinée en 1653

    7 tour de Beurre

    8 tour des Estampes

    9 barbacane du Boulevard

    10 tour et porte du Patis ou du Boulevard ou des Bouteilles, démolie après 1748.

    11 donjon et vestiges du donjon 

    12 tour du Cimetière Saint-Germain

    13 chapelle castrale Saint-Nicolas [actuel Office de Tourisme]

    14 ancien logis ducal du château [actuel palais de justice]

    15 porte de l’Horloge [porte du château vers la ville] démolie en 1727.

     

    LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)

    Plan hypothétique de la première enceinte de la ville d'Argentan

     

    LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne) LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne) LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne) LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne) LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)

     

         « Les premières fortifications de la ville d'Argentan, qu'on connaisse par l'histoire et par quelques vestiges, étaient très anciennes. Elles renfermaient toute la ville, excepté, peut-être, quelques faubourgs de peu d'importance. On voit qu'elles décrivaient à peu-près un cercle, et que l'étendue de cette place était considérable pour le temps. Rollon, premier duc de Normandie, les fît bâtir ou même reconstruire. Elles contenaient dans leur enceinte, l’église Saint-Germain, Notre-Dame-de-la-Place, et Saint-Martin, qui était près des murs. Il y avait sept portes : la porte Millet, la porte des Vignes, qui se trouvait à l'entrée du chemin d'Ecouché, il traversait alors le Marais par Beaulieu : on l'a abandonné vers la fin du 14e. siècle. Vers le petit Marais, était la Poterne, dite vulgairement Laffillard, une autre était près du grand pont. Celle qui était contre les Capucins s'appelait la porte des Telliers : la sixième était placée à l'extrémité de la rue Saint-Thomas : la dernière enfin partageait la rue de la Poterie à peu près en deux ; on la nommait la porte de l'Eguilier. Il paraît que le Père Marin, Prouvère Bicheteaux, dominicain et l'abbé de Courteilles, qui nous ont transmis cette description, ont omis une porte qui devait faire face à la rue de la Noë, où se trouvait l'ancienne route de Séez, qui se dirigeait vers le Bain-Sacré et l’église St-Martin-des Champs. [2]

     

    LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)

     Pseudo plan médiéval de la ville et des premiers remparts d'Argentan ruinés par Henri Beauclerc en 1035, tiré de l'Histoire d'Argentan de Louis Barbay, 1922. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5038009/f28.image.r=

     

         Toustain Gos reçut dans Argentan le duc Richard Ier, fils de Guillaume Longue-Epée, lorsqu'il visita son duché, en 996.

         Henri premier, roi de France, voulant profiter de la jeunesse de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, pour s'emparer de son duché, assiégea Argentan en 1046, détruisit ses anciennes fortifications et la ville où il mit le feu.

         Les fortifications furent relevées en 1090, et la ville fut assiégée et prise d'assaut en 1094, par le duc Robert et Philippe Ier, roi de France, sur Guillaume le Roux, roi d'Angleterre. Robert avait eu recours à Philippe ; le roi tenta de réconcilier les deux frères. Guillaume-Le-Roux, ne voulut point d’accommodement. Le duc et Philippe prirent la route d'Argentan. Le premier résolut d'assiéger Exmes, tandis que le roi ferait le siège d'Argentan. Roger Le Poitevin y commandait avec une garnison de sept à huit cents hommes, sans les écuyers et les bourgeois qui étaient au nombre de plus de quatorze cents combattants. Philippe fit sommer la garnison de se rendre. Roger répondit que le Roi d'Angleterre lui en ayant confié la garde, il ne pouvait la remettre qu'à lui. Aussitôt le roi Philippe fit élever une machine, du côté de la rue des Gaules ; elle fit une brèche considérable entre la tour qui joignait le boulevard, et la tour voûtée. Les assiégeants montèrent à l'assaut, et le château fut emporté l'épée à la main, malgré la résistance des assiégés. Une partie de la garnison fut passée au fil de l'épée, et le reste fait prisonnier. Robert rentré dans Argentan, le donne imprudemment, avec la forêt de Gouffern, à Robert de Bellême, 2e. du nom, qui en fut chassé par Henri Ier. roi d'Angleterre. [2]

     

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    LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)     Suivant Orderic-Vital, Henri en fit reconstruire les murailles dans un cercle moins étendu que les précédentes, et bâtir le donjon et le château ; il finit son règne, après en avoir fait élargir les fossés, en 1135. Ce prince entretenait dans Argentan une garnison. C'est ainsi qu'il mit cette ville au rang des plus fortes places de Normandie. Les nouvelles fortifications ne renfermaient que le centre de la ville. L'enceinte des remparts était à peu près carrée, hérissée d'un grand nombre de tours ou de bastions. Elle était dominée par une citadelle ou donjon. Il en reste encore une partie. L'ensemble de cette forteresse formait deux enclos ; celui de la Ville et celui du Château. L'enclos du château était séparé de la ville par un large fossé et un rempart. Au haut de cette enceinte, qui formait un carré-long, était bâti le donjon, où l'on accédait par un pont-levis qui répondait à une porte basse et étroite par laquelle on entrait dans cette place. On a découvert en 1727, lorsqu'on disposait l'extérieur du château pour y transférer le siège du Tribunal et la conciergerie de la ville, un chemin souterrain qui paraissait tendre au donjon, où il y avait aussi de ces souterrains qui conduisaient hors des fossés et boulevards. [2]

     

    LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)

     Pseudo plan médiéval de la ville et des seconds remparts d'Argentan bâtis par Henri Beauclerc en 1120, tiré de l'Histoire d'Argentan de Louis Barbay, 1922. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5038009/f59.image.r=

     

         Cette place regardée comme sûre et capable de défense, fut, après la mort du roi Henri Ier, le lieu de refuge de Mathilde, sa fille, femme de Geoffroy Plantagenêt, comte d'Anjou, à qui Étienne, comte de Blois, neveu du feu roi, disputait les couronnes d'Angleterre et de Normandie. Il vint pour les assiéger ; mais un différent survenu dans son armée, composée de Flamands et de Normands, fit lever le siège et donna lieu à une trêve qui fut conclue en 1137. Cette ville faisait partie de la dot promise à cette princesse par Henri, son père. En 1150, elle abandonna la Normandie, qu'elle avait conquise, à Henri son fils ; et se réserva, entre autres domaines, celui d'Argentan et le château de cette ville qu'elle habita. Ce fut cette princesse qui fixa le ressort de l'ancienne vicomté, qui créa des sergenteries nobles, qui établit une foire franche dite Au chambellan ou de la Pentecôte ; et enfin accorda aux habitant d'Argentan le privilège de prendre, pour armoiries de leur ville, l'Aigle impériale qu'elle conservait dans les siennes, au droit de son premier mari, l'empereur d'Allemagne, Henri V, mort en 1125. Cependant une guerre plus meurtrière que décisive continuait en Angleterre, et une bataille allait suffire pour assurer le sceptre à Henri lorsqu'en 1153, les grands ménagèrent un accommodement. On régla qu’Étienne resterait sur le trône jusqu'à sa mort, et que Henri, fils de Mathilde, lui succéderait. Il mourut en 1154, et le trône passa, suivant les conventions à Henri qui fut le deuxième du nom. Il fit en 1157 une levée de toutes les troupes de la Normandie à Argentan, pour combattre le duc de Bretagne. En 1172, ce même roi, voulant faire la conquête de l'Irlande, assembla tous les comtes et barons dans cette même ville, pour aviser aux moyens d'exécuter cette entreprise, qui lui réussit. En 1168, il y reçut les Légats du pape qui venaient pour le réconcilier avec Saint-Thomas, archevêque de Cantorbery, contre lequel plusieurs évêques d'Angleterre étaient venus lui porter des plaintes. L'archevêque rentré dans les bonnes grâces du roi les conserva peu de temps. De nouvelles plaintes les lui firent perdre. Henri, qui les reçut, était au château d'Argentan ; dans sa colère, il se servit d'expressions qui marquaient le désir qu'il avait d'être débarrassé de cet archevêque, peut-être trop entier dans la défense de ses droits et des privilèges de son église. Quatre gentilshommes normands, animés par le discours du roi, partirent de cette ville, passèrent en Angleterre où ils assassinèrent ce prélat, le 30 Décembre 1170, devant l'autel de la métropole. Le roi fâché d'avoir donné occasion à sa mort, s'en excusa et en fit pénitence : il répara le scandale qu'il avait causé, en faisant dédier l’église de l'hôpital des malades de cette ville sous l'invocation de ce nouveau saint, après sa canonisation qui se fit dès 1173.

     

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    Le logis du château d'Argentan, photos Gilloudifs

     

         A la mort de Henri II, arrivée en 1189, le château et domaine d'Argentan fit partie du domaine d’Éléonore d'Aquitaine, sa veuve, qui y établit sa principale résidence. Richard, fils et successeur du roi Henri, venait, de temps à autre, au château de cette ville. Après la mort de Richard, arrivée en 1199, Jean, surnommé Sans-Terre, son frère, après son couronnement, y vint tenir sa Cour plénière, aux fêtes de Noël de la même année. Jean jouit peu de temps du duché de Normandie qu'il négligea de défendre contre Philippe-Auguste. Argentan fut pris dès l'an 1202, par ce monarque qui fit la conquête de toute la Normandie, en 1204.

    LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)     Le château et domaine d'Argentan après avoir été sept à huit ans dans les mains de Philippe le Hardi et de Philippe-le-Bel, son successeur, fut donné par ce dernier à Mathieu de Montmorency, en 1295, à la charge d'une paire d'éperons, pour hommage.

         En 1356, lorsque les Anglais pénétrèrent en Normandie, Charles de Montmorency, premier. du nom, petit-fils de Mathieu, jouissait du domaine d'Argentan : on lui en avait fait don par lettres. Ils prirent et pillèrent cette ville et brûlèrent le château où périrent tous les titres publics avec ceux de l'Hôtel Dieu, qui y avaient été déposés pour leur conservation. Marie de Montmorency lui succéda, et elle s'en dessaisit par vente, le 26 Février 1372, en faveur du prince de Valois, comte d'Alençon, arrière petit-fils de Saint-Louis. Argentan fut réuni à ce comté par lettres patentes d'union du mois de mai de la même année, et distrait du ressort de la baillie de Caen, avec toutes les paroisses de sa vicomté, qui furent unies au bailliage d'Alençon. Le château d'Argentan, que les rois d'Angleterre avaient habité, devint le principal domicile de Pierre de Valois et des princes ses successeurs.

         Pierre II, comte d'Alençon et du Perche, mourut en 1408, à Argentan, et fut transporté au Val-Dieu où on l'inhuma.

    LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)     Les Anglais repassèrent en France, assiégèrent Argentan qui leur fut livré, par capitulation, en 1417. Maîtres de cette place, ils firent bâtir de nouveaux forts, en dehors de la porte Saint-Martin. En 1449, l'armée de Charles VII les y assiégea : ils lui opposèrent de la résistance ; mais les bourgeois lui ouvrirent les portes.

         François, duc de Bretagne, revenant de Rouen, où il avait assisté à la prise de possession du duché de Normandie, par Charles, frère du roi, pilla, en 1465, la Basse-Normandie, s'empara d'Argentan et de plusieurs autres places. Louis XI à la tête d'une armée, reprit cette ville ; et pour faire abandonner au breton le parti de Charles, arrêta un traité dans cette place avec lui.

         Coligny, chef des protestants, s'empara de cette ville en 1562. Après lui avoir imposé 10,000 livres de contribution, il se rendit à Séez et pilla la cathédrale : il fit allumer un bûcher où fut jeté le corps de St-Gerard, qui avait été déposé dans une chasse d'argent. Son armée y fit de grands dégâts. En 1568, Gabriel de Montgomery, autre chef de ce parti, assiégea Argentan. Dumoulinet, évêque de Séez, s'y était renfermé avec les seigneurs catholiques des environs. Il ne put forcer l'enceinte de la ville qui fut bien défendue. Il se retira, après avoir mis le feu à l'église St-Martin qui lui avait servi de retraite. Les Calvinistes ou Huguenots, irrités du massacre de la St-Barthélemy, reprirent les armes et se saisirent de plusieurs villes en 1574 : celle d'Argentan fut de ce nombre ; mais M. de Matignon, à la tête de 6000 hommes de troupes et de la noblesse catholique du pays, les en chassa dès la même année. Argentan entra dans le parti de la ligue ; mais en 1589, les bourgeois abandonnèrent ce parti et forcèrent le gouverneur, qui n'avait que 300 hommes de garnison, de leur remettre les clefs de la ville ; ils ouvrirent à Henri IV. Le Roi demeura à Argentan, depuis son entrée jusqu'au siège de Falaise, et la plupart du temps que dura ce siège.

         Le domaine d'Argentan fut distrait du duché d'Alençon par Henri IV, et engagé en 1586 à titre de rachat perpétuel, à Marguerite de Lorraine. Pendant toutes les guerres civiles et religieuses, le domaine de cette ville resta dans la Maison de Lorraine jusqu'à Françoise de Lorraine, duchesse de Mercoeur, qui le porta, en 1609, dans celle de Vendôme, prince légitimé, fils naturel de Henri IV. Ce nouveau seigneur engagiste d'Argentan, protégea cette ville ; mais il ne put la garantir des nouveaux malheurs qu'elle éprouva par une nouvelle guerre civile." [2]

     

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    LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)     « Sous Marie de Médicis, reine douairière, les guerres civiles firent craindre aux habitants d'Argentan que les rebelles ne s'emparassent du donjon et ne prissent avantage de cette forteresse pour les opprimer ; d'un autre côté, pour se décharger des frais que leur occasionnait la garnison qu'au moindre mouvement les rois de France envoyaient dans leur ville, les bourgeois d'Argentan présentèrent une requête au roi Louis XIII, par laquelle ils sollicitaient la démolition de cette forteresse. Cette requête fut répondue favorablement. Charles de Valois, comte d'Auvergne, fut envoyé à Argentan, en 1617, pour faire opérer les travaux. La partie donnant dans l'enceinte du château fut entièrement démolie. Dans les ruines, on trouva quantité d'inscriptions gothiques, débris d'anciens édifices employés à la construction du fort. Charles de Valois fit également abattre le rempart et acheva de faire combler le fossé qui partageait le château de la ville, de sorte qu'il ne resta plus que les remparts extérieurs, les tours qui régnaient autour de la ville et le château, du côté de la campagne. Les bourgeois restèrent chargés de l'entretien du château ; les revenus de la ville pouvaient à peine y suffire, les tours et remparts ne furent plus réparés. » [3]  Dessin ci-dessus extrait du Manuscrit de Courteilles - Médiathèque, ville d'Argentan

     

     LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)  LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)

     La tour Marguerite voir à ce sujet : http://patrimoine-de-france.com/orne/argentan/tour-marguerite-20.php

     

         « ...Les fossés, larges et profonds, ont été transformés en partie en une petite promenade sombre et basse et en places publiques. Du donjon, de forme octogone, il ne subsiste plus qu’un pan élevé où l’on a placé un calvaire, un peu au-dessus du château. (...) Une seule tour, nommée la tour couronnée, dont le crénelage et le toit pointu n’ont éprouvé aucun dommage et y rappellent bien le quinzième siècle, subsiste encore. [NdB : il s'agit de la tour Marguerite]

         L'ancien château, transformé en tribunal, est un grand bâtiment, ayant, sur le devant, trois pavillons carrés, à toits aigus, avec fenêtres à nervures, légèrement arrondies. A la porte ogivale on a substitué dans ces derniers temps un portique moderne à colonnes et frontons du style le plus grec. A l'intérieur rien de remarquable. On découvrit, en faisant au château les travaux d'appropriation nécessaires pour y installer le tribunal et la prison, un chemin souterrain qui paraissait tendre vers l'ancien donjon, d'où partaient d’autres souterrains conduisant de l'autre côté des fossés (1) ; il y en avait un notamment passant sous la Grande-Rue et sous celle de la Planchette. Ce château a sa légende romanesque comme tant d'autres. Une jeune fille du nom d'lsabeau qui y fut jadis renfermée par un méchant seigneur, meurtrier de son amant, et dans les fers duquel elle mourut elle-même pure et fidèle, y fait de nocturnes apparitions sous différentes formes : on l'appelle la Demoiselle et quelquefois la bête du château d'Argentan. » [4]

    (1) Chrétien ; Germain, p. 127.
    (2) Louis Du Bois ; Annuaire de l’Orne, 1812 ; Chrétien : Contes de l’arrondissement d‘Argentan.

     

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    Les vestiges du donjon d'Argentan, photos Gilloudifs.

     

         « La fortification appelée "donjon", est le reste des remparts d'Argentan construits au Moyen-Age par Henri Ier, duc de Normandie, roi d'Angleterre et seigneur d'Argentan. Les murs subsistants, en pierre de taille, ne sont pas antérieurs au 13e siècle. Les remparts furent partiellement démolis à partir de 1617. Le donjon est en réalité un élément de rempart de plan polygonal, non fermé. Il forme mur de soutènement d'une terrasse qui domine la ville. La muraille présente un soubassement vertical de cinq mètres de haut, puis un vaste glacis, enfin une partie supérieure avec un léger fruit. Propriété: propriété de la commune ; époque : 12e siècle et 13e siècle » [5]

     

    LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne) LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)

    Ci-dessus : ruelle Neuve des Fontaines à Argentan : des vestiges des anciens remparts sont encore visibles, de même que les jardins du château, aménagés en terrasses, au bout de la ruelle.                  Photos Gilloudifs.

     

    Sources :

    [1] http://www.argentan.fr/histoire_de_la_ville.php

    [2] " Essai sur l’histoire et les antiquités d’Argentan " par L.J. Chrétien, 1834.

    [3] " Histoire d'Argentan et de ses environs " par J.A. Germain, p.135, 1843.

    [4] " Le département de l'Orne archéologique et pittoresque " par L. de la Sicotière et A. Poulet-Malassis, p.203, 1845.

    [5] http://www.loomji.fr/argentan-61006/monument/ancien-donjon-21816.htm

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         "En juin 2016 : Une équipe de l’Inrap a effectué un diagnostic dans le centre-ville d’Argentan, dans l'Orne. D’après les sources historiques, des vestiges antiques, médiévaux et modernes sont attendus, en particulier des éléments de fortification de la ville et du château médiéval aujourd’hui disparus. D’après les plans anciens, la zone concernée, d’une surface d’environ 3 hectares, couvre la totalité du château médiéval d’Argentan (11e-12e siècle), une petite partie de la ville médiévale, ainsi que les abords sud et est du château. http://www.inrap.fr/diagnostic-archeologique-l-emplacement-de-l-ancien-chateau-d-argentan-11217

    Photo à gauche  ci-dessous : base du rempart du château installée dans le fossé, avec coupe stratigraphique. © Florian Bonhomme, Inrap ; photo à droite ci-dessous : Panneau indiquant l’emplacement des sondages et les vestiges attendus © DR

     LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne) LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)

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    Bonnes pages :

    http://patrimoine-de-france.com/orne/argentan/tour-marguerite-20.php

     

    Un livre intéressant à découvrir sur ce sujet :

    LES REMPARTS D'ARGENTAN (Orne)O Argentan et ses environs au Moyen Âge. Approche archéologique et historique, Marie-Anne Moulin, Chave Bruno Fajal, Jean-Pascal Foucher, [CMBCRAHAM] - Centre Michel de Boüard - Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévale - Alençon, Conseil général de l'Orne, 287 p., 2008

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